Bonjour !
Je publie ce chapitre depuis mon lit dans lequel je suis joyeusement en train de décéder (juste un gros rhume).
Bref...
J'ai changé trois fois d'avis sur ce que j'allais mettre dans ce chapitre et ait finalement opté pour la version longue et qui craint (ça vous surprend ?!)...
J'espère que ce chapitre un peu particulier, et dont la moitié du contenu n'était pas prévu, va vous plaire.
Sur ce... Bonne lecture !
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– Amon Sûl –
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Elaiano chevaucha toute la journée sans s'arrêter, ou presque. Elle ne se laissa que quelques brefs pauses pour grignoter, boire, et permettre à Isilmë de se reposer.
Lorsque le soir tomba, elle trouva une clairière dans un bois peu touffu et décida de s'y installer pour la nuit. La jeune fille commença par attacher sa jument à un arbre en lui laissant suffisamment de marge pour qu'elle puisse bouger, puis, elle sorti de son sac les affaires qu'elle avait emporté. Il ne lui fallut pas plus de quelques minutes pour ramasser assez de bois pour alimenter un feu de camp durant toute la nuit et, lorsqu'elle revint au campement, elle fut surprise de voir qu'un deuxième cheval était attaché, qu'un feu brûlait déjà, et qu'une silhouette était en train de lire une carte à la lueur du feu.
Sur ses gardes, l'adolescente s'approcha doucement et demanda à l'attention de l'inconnu :
« Qui êtes-vous ?
- Tu ne me reconnais pas ? répondit la silhouette en relevant la tête.
- Glorfindel ?! Mais… Que fais-tu là ?
- Je t'accompagne.
- Mais, pourquoi ? demanda la jeune fille en se rapprochant de son ami afin de pouvoir poser son chargement de branchages à côté du feu. Tu n'aimes pas Maglor et… c'est ma quête.
- Et alors… Si ce que tu entreprends est si important, toute aide sera la bienvenue… De plus, j'ai promis à Dame Galadriel et au Seigneur Celeborn que je te protégerais.
- Ils savent que je suis partie ?
- Crois-tu vraiment que tes préparatifs soient passés inaperçus dans la cité ?
S'asseyant, la jeune fille ne répondit pas. Au vu de ce que venait de lui annoncer le tueur de Balrog, son départ précipité avait été remarqué… Et elle se sentait encore plus mal de ne pas en avoir parlé à quiconque. Comprenant son trouble, l'elfe posa une main réconfortante sur l'épaule de l'adolescente et lui dit :
- Ne t'inquiètes pas… Ils ne t'en veulent pas et comprennent que tu ais préféré le garder pour toi.
- Merci, de m'accompagner… souffla-t-elle.
- Je ne fais que ce qui m'a été demandé… répondit-il un petit sourire en coin.
- Peut-importe… Merci, reprit-elle en baillant la fatigue du voyage lui retombant d'un seul coup dessus.
- Dors… Je m'occupe de monter la garde.
La jeune fille commença à s'allonger avant de s'arrêter…
- Et toi ? Tu devrais aussi te reposer…
- Ne t'inquiètes pas. Dors maintenant, une longue route nous attends demain.
L'adolescente voulue répliquer mais, d'un seul coup, sans qu'elle comprenne pourquoi ni comment, tout son corps se relâcha, des paupières se fermèrent et sa tête retomba. Elaiano sombra alors dans le sommeil. A quelques mètres, Glorfindel sourit, puis se replongea dans l'observation de la carte, les sens en alerte.
Lorsque le soleil commença à poindre à l'horizon, il secoua la jeune fille lui indiquant qu'il fallait partir. Sans trop poser de questions, l'adolescente se leva, remballa ses affaires, enfourcha Isilmë et les deux amis reprirent leur route vers l'ouest.
Ils chevauchèrent ainsi pendant plusieurs jours, s'arrêtant de temps en temps pour se restaurer et se poser. Le soir, ils trouvaient un endroit abrité et s'y posaient jusqu'au petit matin. Alors, ils repartaient. Ce fut vers la fin d'un après-midi, qu'ils virent se dessiner un monticule un peu en surplomb de la plaine. Avant qu'Elaiano ait pu poser la moindre question, Glorfindel y apporta une réponse :
- Voici l'ancienne tour de guet d'Amon Sûl. Elle a beau être détruite, elle offrira un bon refuge cette nuit.
Acquiesçant, l'adolescente observa la tour, ou tout du moins ce qu'il en restait. Le lieu ressemblait plus à une ancienne place aux murs effondrés qu'à une tour. De plus, avec le soleil couchant et le brouillard qui se levait, l'endroit n'inspirait pas confiance. Jetant un regard autour d'elle cherchant s'il n'y avait pas un autre endroit plus accueillant, elle ne vit que la lande et de minuscules arbres déchiquetés. Il s'agissait en effet du seul endroit plus ou moins protégé aux alentours. Reportant son regard sur la colline, un frisson parcouru le dos de la jeune fille et, un nœud se forma dans son estomac. Une étrange sensation de déjà-vu s'installa en elle, et un pressentiment particulièrement désagréable la parcouru… Quelque chose n'allait pas avec ce lieu. Quelque chose s'était passé ou, allait se passer ici. Et quoi que ce soit, ce n'était rien de bon.
Lorsqu'ils arrivèrent à la tour, des nuages s'amoncelaient dans le ciel. Craignant qu'il ne pleuvent, les deux amis s'abritèrent sur le place principale qui restait légèrement protégés par une paroi en pierre recourbée. Il était évident que si la pluie venait à tomber, ils seraient tout de même trempés. Ne voulant pas attirer l'attention car les lieux n'étaient pas sûrs, même Glorfindel était tendu, ils n'allumèrent pas de feu et préférèrent rester sans lumière au cours de la nuit.
L'elfe prit le premier tour de garde laissant la jeune fille exténuée dormir. Pourtant, bien avant que son tour de veille, celle-ci s'éveilla un frisson désagréable lui parcourant le dos. Se redressant, elle porta sa main à ses dagues qu'elle gardait toujours auprès d'elle. Elle se mit en garde et avança lentement dans le noir. Il était presque impossible d'y voir car le lune n'en était qu'à son premier quartier et les nuages la cachait, ne laissant filtrer qu'une infime partie de ses rayons argentés. Jetant un regard vers l'horizon, elle comprit que le soleil n'allait pas se lever avant un long moment. Vers l'ouest, des nuages encore plus sombres cachaient le ciel, alors qu'à l'est, les étoiles étaient visibles. Celles-ci scintillaient, claires et lumineuses, comme si elles appelaient l'adolescente à faire demi-tour et suivre ce qu'avait demandé Varda. Bien qu'aucun mot n'ait été prononcé, Elaiano comprit que la Valië lui intimait de revenir en arrière. Braquant ses yeux sur l'étoile la plus brillante, la jeune fille murmura d'un ton ferme :
- Non. Il n'en est pas question.
Un craquement derrière l'adolescente la fit se retourner vivement lames au clair. Son mouvement défensif fut intercepté par une épée, jaillie de nulle part. S'avançant, son propriétaire jaillit des ténèbres et la jeune fille se détendit :
- Désolée… Je ne savais pas que c'était toi.
- Je t'ai entendu parler… A qui était-ce ?
- Personne… Je te cherchais… mentit Elaiano se sentant mal de devoir cacher la vérité à son ami.
L'elfe marqua un léger temps avant de répondre :
- Je n'étais pas loin. Je faisais une ronde. Tout va bien ?
- Oui… soupira l'adolescente essayant de cacher la tension dans sa voix. Peine perdue.
Glorfindel plissa les yeux et répéta sa question…
- Es-tu sûre que tout va bien ?
- Hum…. Non. Il y a quelque chose qui me dérange avec ce lieu. Ce n'est rien d'important… Juste, une impression.
Le tueur de Balrog resta silencieux, avant de faire signe à la jeune fille de le suivre. Contournant un ancien mur écroulé, il amena l'adolescente au centre de ce qui devait être le cœur de la place-forte. En son centre, trônait un piédestal brisé. S'approchant, Elaiano effleura du bout des doigts la pierre avant de retirer vivement sa main comme si quelque chose l'avait piqué.
-Qu'y avait-il ici ?
- Un Palantír.
- Un quoi ?
- Une pierre de vision. Elle permet à son détenteur de voir le lieu qu'il souhaite peu importe son éloignement. Elle permet aussi de communiquer avec d'autres personnes utilisant des Palantír.
- Les téléphones de Terre du Milieu quoi… lâcha la jeune fille sans réfléchir.
- Les quoi ? l'interrogea l'elfe.
- Les…
L'adolescente tiqua.
- Je ne sais plus… Étrange. Continu, ça me reviendra peut-être. Qu'est-il arrivé à cette pierre ?
- C'est un peu complexe, commença-t-il. Pour faire simple… Cette tour a été le théâtre de nombreuses batailles entre différents royaumes dont celui d'Angmar… Une terre maudite et gouvernée par le chef de ceux qui sont maintenant nommés Ulairis, Nazgûl ou, les Neufs. Ce royaume et d'autres, convoitaient la pierre de vision de cette tour car elle était connue pour être la plus puissante de l'Arnor. Ils ont été nombreux à vouloir s'en emparer mais, un roi a fui avec la pierre et nul ne sait ce qui en est advenue. La rumeur veut qu'elle ait coulé et qu'elle se soit perdue dans le tréfonds marins de la mer qui s'étend à l'ouest. La tour a ensuite été rasée en l'an 1409 de cet Age et depuis, elle est restée abandonnée. Il nous a été signalé quelques présences orcs il y a une quinzaine d'année, mais rien de significatif.
Ayant terminé, l'elfe fit demi-tour voulant probablement rentrer au campement. Jetant un dernier coup d'œil au piédestal brisé, la jeune fille emboita le pas de son ami en sentant que ce qui la gênait tant avec ce lieu, n'était pas son histoire passé et son Palantír. C'était autre chose, comme un pressentiment. Peut-être que cette horrible chose n'était pas encore arrivée… Peut-être qu'il ne s'agissait que d'une impression, mais de ce dernier point, la jeune fille en doutait.
En retournant à l'endroit où ils avaient posés leurs affaires, Glorfindel jeta un coup d'œil au ciel toujours chargé de nuages et affirma :
- C'est ton tour de garde… Tu penses y arriver ?
- Mais oui… Ne t'inquiètes pas. Je te réveille dans trois heures, répondit-elle d'un ton voulu le plus assuré possible.
L'elfe s'allongea et s'endormit presque aussitôt laissant l'adolescente face à la noirceur de la nuit.
Seule, Elaiano s'en voulu assez rapidement d'avoir accepté ce tour de garde. La tour n'était pas rassurante et il était bien plus compliqué de monter la garde sans lumière ni feu pour se rassurer et se réchauffer. Assise en tailleur, son arc sur ses genoux et ses dagues à portée de main, elle tendit l'oreille afin de détecter le moindre bruit anormal.
La nuit avançait et la jeune fille avait de plus en plus de mal à rester attentive tant le froid de la nuit s'engouffrai dans ses vêtements la frigorifiant. A un moment, un vent venu du nord se leva. Il traversa les décombres en sifflant. Insaisissable murmure dans les ruines. Intouchable courant d'air faisant voler les cheveux de l'adolescente et finissant de la geler.
Resserrant ses vêtements autour d'elle dans un maigre espoir de se réchauffer, Elaiano se leva et décida de faire un tour de ronde. Sans pour autant lâcher du regard le campement, elle s'éloigna de quelques pas scrutant l'obscurité. Arrivant à une extrémité de la place, elle parcouru du regard la plaine qui entourait le lieu. Le brouillard qui s'élevait la veille s'était renforcé et montait presque au niveau de la tour. Les quelques arbustes qui de jour paraissaient petits, presque invisible dans le paysage, étaient de nuit tels des bras morts et rachitiques dressés vers le ciel amenant une ambiance macabre au paysage.
Un craquement suivi d'un battement d'aile se fit entendre derrière la jeune fille et celle-ci fit volte-face. Pourtant… Elle ne vit rien d'autre qu'un corbeau, ombre dans la nuit, quitter la tour en direction de l'est. Soufflant lentement pour se rassurer, l'adolescente poursuivit sa ronde de plus en plus tendue. Cette sensation que quelque chose n'allait pas ne cessait de grandir et l'envahissait implacablement. Pourtant cette fois, ce n'était pas le même sentiment. La jeune fille avait plus l'impression que quelque chose ou quelqu'un était en train de l'observer, caché dans le noir, quelque part non loin. Et, cette chose n'était pas amicale. Déglutissant, l'adolescente poursuivie sa ronde en ne cessant de se répéter que cela devait être son esprit qui lui jouait des tours et lui donnait l'impression qu'un réel danger était tapi non loin dans l'obscurité.
Évitant avec précaution l'ancienne salle où trônait toujours le piédestal du Palantír, Elaiano se vit forcer de quitter le campement des yeux pendant quelques instants. Alors qu'elle revenait vers Glorfindel qui dormait toujours, un craquement suivit d'un étrange bruit de respiration fit paniquer la jeune fille. Sans réfléchir, elle courut auprès de son ami qui, sans qu'elle n'ait à le réveiller, ouvrit les yeux et, alerte se redressa, parfaitement éveillé. Faisant signe à l'adolescente de se placer derrière lui, il s'avança jusqu'au milieu des ruines de la tour tournant lentement sur lui-même afin de s'assurer une vision sur l'ensemble du lieu, il plaça son épée devant lui prêt à en découdre.
Campé sur ses pieds, tous les sens en alerte, Glorfindel nota un léger mouvement dans l'ombre à quelques pas. D'un bond, il se jeta sur la silhouette et croisa le fer avec lui. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il découvrit que l'ombre n'était autre qu'un des Neufs. Il se battit quelques instant contre ce dernier avant que le Nazgul ne le repousse et ne disparaissent dans une sorte de tourbillon encore plus sombre que la nuit. Se figeant, il se retourna le cherchant des yeux, et ne pu s'empêcher d'exprimer sa surprise :
- Où est-il ? Elaiano est-ce que tu l'as vu partir ? Est-ce que…
Il ne termina pas sa phrase en voyant l'état dans lequel était son amie. Cette dernière était figée, les yeux braqués sur l'endroit où se tenait le serviteur de l'Ennemi pas plus de quelques secondes auparavant. Paniqué, à l'idée qu'elle ait été blessée, l'elfe s'approcha et attrapa le bras de l'adolescente :
- Elaiano ? Tout va bien ?
Pourtant, la jeune fille restait complètement figée, les yeux perdus dans le vague. Complètement perdu, le tueur de Balrog secoua doucement l'adolescente comme s'il pouvait la faire revenir. D'un seul coup, un frémissement parcouru cette dernière et elle inspira un grand coup. Glorfindel, la retint car elle était sur le point de tomber, et lui redemanda ce qu'il s'était passé. La jeune fille le regarda bizarrement avant de répondre :
- Rien… C'était juste terrifiant. »
L'elfe sentit bien qu'elle ne lui disait pas tout mais ne força pas les choses. Quel que soit la réponse, l'adolescente devait avoir une bonne raison de le garder pour elle. Il se doutait aussi que la jeune fille savait exactement ce qui venait de se passer. En tout cas, c'était ce qu'il semblait s'il se fiait à la réaction qu'elle avait eu.
Mettant toutes ses questions dans un coin de sa tête, il jeta un coup d'œil à l'adolescente qui évitait son regard et, après un petit soupir, lui proposa de retourner au campement et de reprendre la garde. La jeune fille se coucha rapidement faisant complètement confiance à l'elfe. Pourtant, bien qu'elle fasse extrêmement bien semblant de dormir, Glorfindel vit qu'elle ne ferma plus l'œil de la nuit.
Dès que le soleil commença à reparaître à l'horizon écartant les nuages et le brouillard, l'elfe secoua l'adolescente lui indiquant qu'il était temps de partir. En quelques minutes, ils furent prêts et rejoignirent les chevaux qu'ils avaient attaché un peu à l'écart de la colline. Heureuse de retrouver Isilmë, Elaiano n'hésita pas à lui faire un câlin avant de l'enfourcher arrachant un léger sourire à l'elfe.
Enfin, ils se dirigèrent vers l'ouest à la poursuite de celui qui avait fui, à la poursuite de Maglor.
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Voilà voilà !
Certain(e)s pensaient que ça allait être un chapitre flippant mais personnellement je dirai qu'il est plus sombre que flippant.
Bref...
J'espère que ce chapitre vous aura plu !
A la prochaine !
