Don't talk anymore. Words are useless at this point.

Merci à : lyloo0145 pour avoir relu mon chapitre, je vous invite par ailleurs à aller voir ce qu'elle fait et à ne pas hésiter à l'encourager. Vous la trouverez dans mes favoris.

I can't be the one you want, can't be perfect : J'ai écrit ce chapitre avant le 3ème mais j'attendais le bon moment pour le poster. Il s'agit d'un flash-back, le prochain chapitre reviendra au présent. J'aimerais avoir une bonne excuse pour avoir mis du temps à publier un chapitre déjà écrit mais je suis juste retombée dans Skyrim pour la énième fois. Et je ne vais pas mentir, n'avoir eu aucun retour sur le dernier chapitre m'a fait mal, c'est pas la première fois, probablement pas la dernière mais parfois ça fait juste mal de mettre ses tripes sur la page et de n'avoir aucun retour. J'aimerais que ce ne soit pas le cas mais je suis humaine.

Bonne lecture.


C'est ton nom que je crains

Sixième chapitre

Ton choix


Tant de mensonges, de petites omissions. Non je ne t'aime pas, je ne te veux pas, je ne t'ai jamais voulu. Et si je tremble quand tu me touches, ce n'est que de froid. Et si tu m'embrasses, ce n'est qu'un jeu. Qu'importe qu'il dure depuis bien trop longtemps.

Des mensonges, encore, toujours. Pour ne pas avoir mal, pour ne pas te laisser entrer et risquer de te perdre. Rester à distance, même si chaque seconde que je passe sans oser te toucher est une torture. Même si je ne peux m'empêcher d'imaginer la sensation de ta peau contre la mienne.

Je ne peux te vouloir parce que je ne peux t'avoir. Alors que je passe des heures à rêver de toi tout éveillé. Que quand je couche avec elle, c'est à toi que je pense. Ce n'est pas grave, on pourra toujours être heureux un autre jour.

Dix ans plus tôt :

Une énième soirée pour fêter la fin de la guerre. Je suis venu pour faire plaisir à Blaise qui bien sûr a disparu dans la foule à la première occasion. Je sirote un cocktail bien trop sucré dans un recoin obscur. J'ai beau avoir été gracié, j'ai capté un certain nombre de regards hostiles.

Une silhouette se glisse dans l'alcôve, tout près de moi. Je lève les yeux vers le nouvel arrivant et nous sursautons tout les deux.

« On se cache de ses admirateurs, Potter ?

- Peut être bien, Malfoy. Je peux rester ? »

J'acquiesce surpris alors qu'il boit son verre. Un silence inconfortable tombe sur l'alcôve. Les bruits de la fête sont assourdis, comme si nous étions à plusieurs centaines de mètres et non juste à côté. Nos corps se touchent presque dans l'espace étroit.

Nos rapports sont cordiaux depuis la fin de la guerre. Nous ne sommes pas amis mais pas non plus ennemis. Simplement deux vagues connaissances, on se salue poliment quand on se croise et ça s'arrête là. Il fini par reprendre.

« Merci de te comporter normalement. »

Je hausse un sourcil surpris tandis qu'il fini son verre. Celui-ci se rempli automatiquement. Pratique. Il pousse un soupir avant de reprendre.

« Les gens sont devenus hypocrites on me demande des autographes et on m'envoie des paquets cadeaux. Toi, tu restes toi, ça fait du bien

Oui et toi tu ne sais toujours pas te coiffer. Rien n'a changé. »

Il ris et je prends conscience qu'il est complètement ivre. Il vacille légèrement et se rattrape en agrippant mon épaule. Un frisson me parcoure alors qu'il enchaîne les anecdotes plus ou moins absurdes qui lui sont arrivées ces derniers mois.

Je ne peux m'empêcher d'éclater de rire quand il mentionne le lion affublé d'ailes que lui a envoyé Cormac McLaggen. Sa main n'a pas quitté mon épaule. Je lui prends son verre des mains alors qu'il continue.

« Le pire c'est qu'il avait essayé de le teindre en or, pour en faire un Griffon d'or. Pauvre bête. »

Nous éclatons de rire à nouveau. Je remarque brusquement la proximité entre nous. Je sens sa hanche contre la mienne et sa main a glissé de mon épaule à ma taille. Je devrais le repousser mais je n'en ai aucune envie. Il me fait signe de me pencher vers lui.

« J'ai quelque chose à te demander. »

Je m'exécute, troublé par la situation incongrue. La tête me tourne légèrement alors que je sens son souffle contre mon oreille. Sa main sur ma taille m'incite à me rapprocher encore plus. Je suis si proche de lui qu'on pourrait croire à une étreinte. J'aperçois la fête qui continue à l'extérieur.

« J'ai besoin de potion de sommeil sans rêve, on m'a dit que tu pouvais m'en procurer.

Pourquoi tu n'en achètes pas ?

Les journalistes me suivent partout, je ne veux pas que Ginny ou le reste du monde sachent que j'en ai besoin. »

J'acquiesce, je comprends qu'il n'ai pas envie que son intimité soit dévoilé au grand jour. Je lui propose de passer au Manoir sous peu pour les récupérer. Il commence à me parler du payement, je balaie la question d'un geste.

« Tu as témoigné en ma faveur, je te dois bien ça. Par contre, tu peux rester boire un verre et me raconter d'autres anecdotes sur tes admirateurs. Ça faisait longtemps que je n'avais pas autant ri. »

Il me remercie avant de se pencher pour déposer un rapide baiser sur ma joue. Je me sens rougir dans la pénombre, troublé par son geste. On reste un instant comme ça, sans rien dire, sa main n'a pas quitté ma taille. Finalement il se tourne vers la fête.

« Encore merci, Malfoy. Je suppose que je dois y retourner. A bientôt. »

Il s'écarte doucement, presque à regret. Je le regarde s'éloigner. Il se retourne et me lance un grand sourire. Une chaleur m'envahit, je lui rends son sourire avant qu'il disparaisse dans la foule.

Il m'a envoyé un hibou le jour suivant me demandant s'il pouvait passer le soir même pour prendre les potions. J'ai accepté. Il ne devrait plus tarder. Je me sens étrangement nerveux. Je ne cesse de passer la main dans mes cheveux et de vérifier que je n'ai rien oublié.

Je me précipite à la porte quand j'entends frapper. Il a relevé la capuche de sa cape, je distingue à peine l'éclat de ses yeux vert sous celle-ci. Je m'écarte pour le laisser entrer avant de refermer la porte derrière lui. Son regard parcoure la pièce.

« Je n'aurai jamais cru revenir ici. Tu as fait des changements, non ?

- Oui, j'en avais besoin.

- J'aime beaucoup.»

Il m'adresse un grand sourire et ma nervosité augmente. Je lui propose d'aller au salon. Sur la table basse, les potions l'attendent. Il s'installe sur le canapé alors que je prends place sur le fauteuil. Un feu ronfle dans la cheminée. Il attrape une des potions et l'examine.

« C'est toi qui les prépare ?

- Oui, en général pour moi mais ça m'arrive d'en donner.

- Tu as toujours été doué en potion, je suis sûr que tu pourrais les vendre. »

Je détourne le regard, touché par son compliment. Je ne suis pas habitué à en entendre. Mes parents n'ont jamais été du genre à me féliciter pour quoi que ce soit et les autres Serpentards me craignaient plus qu'ils m'admiraient. Il repose la potion d'un geste un peu brusque.

« Bon tu m'as promis un verre, il est où ? «

Je me lève et me dirige vers le meuble contenant l'alcool. Je lui propose différent alcool et fini par revenir avec une bouteille de whisky-pur-feu et deux verres. Je nous sers en silence et esquisse un geste vers le fauteuil. Sa voix m'arrête.

« Viens à côté de moi, ce sera plus convivial, non ? »

J'acquiesce persuadé qu'il est conscient de mon trouble. Je m'installe à ses côtés, maintenant une distance prudente. Il propose un toast à cette réconciliation improbable et j'accepte. Nos verres s'entrechoquent tandis que ses yeux se plantent dans les miens.

Je vois les flammes se refléter sur le verre de ses lunettes, comme un avertissement. J'ai l'impression étrange qu'on pourrait faire bien plus que se brûler ce soir. Nous buvons nos verres en parlant de banalités. Je nous ressers et je le sens se rapprocher imperceptiblement.

Il me parle de son désir de devenir Auror avec animation. Ses yeux flamboient de passion et son excitation est perceptible. Les sujets s'enchaînent en même temps que les verres. La discussion est fluide, nos rires sincères. Ça faisait longtemps que je n'avais pas autant apprécié la compagnie de quelqu'un.

Il n'a cessé de se rapprocher et nos genoux se touchent presque. Il éclate une énième fois de rire alors que je lui raconte la fois où je m'étais caché dans mon propre placard pour échapper à Pansy. Sa main se pose sur ma cuisse. Mon rire s'étrangle dans ma gorge sous la surprise.

Avec délicatesse, il retire ses lunettes et les pose sur la table basse. Il se tourne vers moi, son regard s'accroche au mien. Je me sens nu sous ce regard, comme s'il pouvait lire en moi comme dans un livre ouvert.

« Elle n'était pas vraiment ton genre, n'est ce pas ? »

Je secoue la tête pour confirmer et son sourire se fait malicieux. Sa main sur ma cuisse me brûle. Sa façon de me regarder ne fait qu'ajouter à ma confusion, l'alcool n'arrangeant rien. Je prends conscience de la situation.

Nous sommes seuls au milieu de la nuit, complètement ivres près du feu. Et ses yeux verts me regardent comme si j'étais la seule chose qui comptait au monde. Un frisson me parcoure et je ne saurai dire si c'est de peur ou d'envie.

« J'ai tellement envie de t'embrasser. »

La phrase résonne dans le silence. Ce n'est pas un murmure, ni un cri, un simple constat dont il me fait part avec calme et précision. Je secoue la tête, incrédule. Il s'approche doucement et je n'ose plus faire un geste.

Il s'arrête, si proche de moi que je sens son souffle sur mes lèvres. Je ne vois que ses yeux, je me raccroche à eux, à l'éclat qui s'y trouve. Il est parfaitement sérieux, je n'ai aucun doute là dessus malgré ma surprise.

« Je peux ? »

Pris au dépourvu, je hausse les épaules ne sachant que répondre. Je réalise que je n'ai pas envie de dire non. J'ai la gorge sèche et un sentiment d'irréalité s'empare de moi alors que ses lèvres touchent les miennes.

C'est un baiser timide, très doux. Sa main se glisse contre ma joue et je ferme les yeux. Je ne bouge pas, craignant de briser le moment alors qu'il met fin au baiser. Il ne s'éloigne pourtant pas. J'ouvre les yeux, ses mains s'emparent des miennes alors que nous restons figés, front contre front.

La culpabilité me mord l'estomac mais je me sens incapable de le repousser. J'ai envie de l'embrasser à nouveau. J'ai envie de le toucher, de le serrer contre moi mais je ne fais pas un geste. Je ne devrais pas en avoir envie. Je n'en ai pas le droit.

Alors je reste ainsi ne sachant quoi faire. Des millions de pensées se bousculant sous mon crâne. Je cherche un sens à son geste. Mon esprit embrumé me souffle que je ne suis probablement pas le premier, qu'il cherche simplement à échapper à son quotidien, que ça n'a rien à voir avec moi.

Je me demande si j'ai fait quelque chose pour le provoquer mais rien ne me vient. C'est son choix, sa décision et je n'ai rien à voir avec. Je me raccroche à cette pensée alors qu'il m'embrasse à nouveau.

Il s'éloigne juste assez pour pouvoir me regarder. Son regard sur moi est une brûlure qui me ronge au plus profond de mon âme. Il y a une intensité dans celui-ci, quelque chose qui me retourne plus que l'alcool tourbillonnant dans mon estomac.

« Où est ta chambre, Draco ? »

L'entendre prononcer mon nom me trouble presque autant que nos baisers. Il attrape ma main tandis que je le guide dans le Manoir vide. Mon cœur bat trop vite. Je sais trop bien qu'il n'y aura pas de retour en arrière si nous franchissons cette ligne mais il est trop tard pour reculer. Autant sauter maintenant. On pourra toujours regretter demain.

J'ai une hésitation sur le seuil de la porte mais il s'avance et l'ouvre, m'entraînant dans son sillage. Il se laisse tomber sur le lit et je m'assois à ses côtés. Un rire me prends à la gorge. Cette situation est surréaliste. Harry Potter est sur mon lit, visiblement en train de se battre avec sa robe de sorcier.

Je retire la mienne et la pose, pliée, sur ma table de chevet. Lui jette la sienne en un tas désordonné sur le sol. Il me fait signe d'approcher. Je m'exécute, un nœud dans l'estomac. Les choses deviennent soudain très réelles alors que je sens sa main s'insinuer sous ma chemise.

Il m'embrasse à pleine bouche et soudain plus rien n'a d'importance. Il n'y a que ses mains sur ma peau, ses lèvres contre les miennes, son cœur que je sens cogner dans sa poitrine alors qu'il m'aide à retirer ma chemise. Il retire la sienne et nos torses nus se touchent.

Un frisson électrique me parcoure mais je ne fais pas un geste. Son choix, pas le mien, ce doit être le sien de bout en bout. Ses mains parcourent mon corps, bientôt rejointes par ses lèvres. Il embrasse chaque parcelle de mon torse nu avec une application qui confine à la dévotion.

Je me sens transpercé alors qu'il plante son regard dans le mien. Ses mains se sont arrêtées au niveau de ma ceinture et il attends mon approbation. Je hausse à nouveau les épaules. Fais moi ce que tu veux, Potter, tout ce que tu veux.

Je ne te refuserais rien ce soir, tant que tu ne me demandes pas d'en prendre la responsabilité. Il m'aide à retirer mon pantalon puis le sien. Je le détaille dans l'obscurité de la chambre. Je le trouve beau dans le clair de lune. Une beauté étrange mais qui touche quelque chose en moi.

Ses cheveux en bataille, ses muscles fins, sa maigreur. Il y a quelque chose d'harmonieux et d'éclectique en lui. Je me retiens d'avancer la main vers lui pour le toucher. Pour m'assurer qu'il est bien réel. Lui ne se retient pas et la douceur de ses mains sur ma peau me fait frissonner.

Je ferme les yeux, je ne suis plus que sensations brutes. La tête me tourne délicieusement, entourant toute la scène d'une aura onirique. Le silence n'est rompu que par le bruit de nos respirations de plus en plus haletantes.

Il n'y a que ses mains qui existent dans ma réalité, que son corps contre le mien qui fasse sens. Le reste n'est qu'un rêve qui s'éloigne chaque seconde un peu plus. Il approche son visage du mien et capture mes lèvres à nouveau.

C'est surréaliste, le foutu sauveur du monde sorcier, mon ennemi depuis mes onze ans est en train de m'embrasser comme si sa vie en dépendait. J'ai dû trop boire et m'endormir sur le canapé. C'est la seule explication rationnelle à ce qu'il se passe en ce moment.

Mais au fond je sais que c'est faux. C'est trop réel pour être le fruit de mon imagination. Bien au delà de tout ce que j'aurai pu inventer. Et un rire me prends à la gorge. Et je ris, je ris à gorge déployé devant l'incongruité de la situation.

Tu stoppes tout geste pour me regarder et je ne peux m'empêcher de te sourire. Ton expression interloqué fait place à un sourire hésitant. Je continue à rire et il fini par se joindre à moi. Nous rions longtemps sans pouvoir nous arrêter.

Sa main tient la mienne, s'y accroche avec une sorte d'urgence. Comment un tel instant peut-il être empreint d'autant de solennité ? Et je te veux si fort à cet instant. Tu es beau quand tu ris, beau à m'en faire perdre la tête. Et c'est le cas, quoi que tu fasses, tu me feras toujours perdre la tête.

En bien ou en mal, tu ne m'as jamais laissé indifférent. Tu chamboules mon monde, mes certitudes bien ancrées. Peut être que ça ne pouvait que se terminer ainsi. Tu t'allonges près de moi et tu te mets à parler. Tu me racontes tes rêves et tes craintes.

Tu me confies tes secrets les plus enfouis alors que nous approchons de l'aube. Je t'écoute patiemment, apprenant à te connaître pour la première fois. Et tu ne cesses de me regarder, de me toucher. Je me sens réel sous ton regard, avec une acuité que je n'avais jamais ressenti.

Finalement l'aube est là. Tu te lèves et regarde le soleil se lever. Je te rejoins, tu m'embrasses avec urgence, avec quelque chose de désespéré dans les gestes. Tu me serres contre toi, si fort, qu'une part de moi voudrait presque s'enfuir.

« Merci pour cette nuit. Tu ne sais pas à quel point j'en avais besoin. »

Tu te détaches de moi et transplane avant que je puisse répondre quoi que ce soit.

A suivre ...


Posté le 12 Mars 2020 à 17h47.

Merci de m'avoir lu.

Mary J. Anna.