C'était à ne plus rien y comprendre ! Depuis quatre ans, Molly Prewett ne cessait de se plaindre du concierge. Tous les jours, elle trouvait à redire sur lui ! Tout le monde aurait du coup pensé qu'elle aurait été satisfaite de voir qu'il n'était pas là à la rentrée et ne semblait plus travailler pour Poudlard.

L'information s'était confirmée quand en octobre, l'homme n'avait pas montré le début d'une étincelle. Au lieu de s'en réjouir, Molly Prewett ne cessait de dire que c'était n'importe quoi les règles depuis qu'il n'était plus là ! Toutefois, il commença à être évident pour tous que le nouveau concierge Rusard, au air sadique, n'était pas la seule problématique rencontrée en ce début d'année.

Le directeur de l'école, Albus Dumbledore, était régulièrement absent. Nul ne savait ce qu'il faisait et où il pouvait être. Il avait des missions pour le ministère anglais, pour les sorciers mondiaux et dans de nombreux pays. En cette crise, il était normal qu'il soit moins souvent présents mais ça laissait un grand vide à l'intérieur de l'école. Nombreux parents de sorciers avaient craint d'envoyer leurs élèves cette année. Ils savaient toutefois que leurs enfants n'auraient jamais été mieux à l'abri qu'avec le plus grand mage. Celui que même Grindelwald avait craint d'affronter. Aucun ne devait réaliser le lien qui unissait Grindelwald et Dumbledore.

Les absences des Picott et Dumbledore se rajoutaient à la mauvaise humeur de McGonagall qui exhorta dès le début de l'année les élèves à bien se tenir, à ne pas se promener dans les couloirs, à ne faire aucune plaisanterie et à se concentrer sur leurs études. Elle intima aussi d'une voix ferme et claire que personne n'ennuie Sirius Black sur sa blague de l'année dernière. Le passé était le passé. Elle houspillait que les règles durciraient s'ils étaient incapable d'écouter !

Molly aurait bien aimé grondé Sirius bien davantage entre sa plaisanterie au bal qui avait gâché un merveilleux baiser avec Arthur et celle dans le wagon qui l'avait empêché de profiter des lèvres de son aimé. Toutefois, elle fit preuve de prudence. Charlie avait semblé perturbé par l'histoire. Il lui avait dit qu'il n'était pas là au moment des faits s'étant soi-disant rendu aux toilettes. Il n'avait pas vu Sirius léviter. Il ne voyait pas comment un élève de seconde année avait pu créer un sort magique aussi puissant toutefois et encore moins beaucoup Sirius aurait voulu mettre en valeur les couleurs de serpentard. Il n'y croyait pas et dit à Molly de faire attention à Sirius Black cette année. Ca restait quelqu'un de sa famille, même si les Weasley en avait été renié. Les échanges avec Charles étaient de plus en plus difficiles. Depuis son départ avec Appolon Picott, il semblait avoir vieillit durement et ne plus être la même personne.

Devenue préfète en chef, elle redoubla de prudence à l'égard de Sirius quand Faiza Patil se mit à le défendre alors que des sixièmes années s'en prenaient à lui. Elle les menaça de sa baguette tout en rappelant qu'elle était préfète et qu'elle n'hésiterait pas à aller les dénoncer. Faiza et Molly ne s'adressaient pas souvent la parole avant cet été mais depuis elles étaient devenues très proches. Faiza avait toujours pensé que Molly avait une mauvaise influence sur son frère Bilius. Cet été encore, son frère avait rejoint la jeune fille chez les Prewett pour s'entrainer au Quidditch mais cette fois-ci elle les avait rejoint. De ces vacances étaient nées une amitié certaine et une douleur qu'elles ne pourraient l'une et l'autre jamais oublier.

─ Pourquoi tu prends la défense de Black ? Il a fait perdre la victoire à notre maison, questionna Félicia avec curiosité.
─ Parce que c'est idiot cette histoire de sabotage pour les serpentards, d'agent infiltré ou de blagues de mauvais goûts. Sirius Black est un gamin et on agit avec lui comme-ci c'était Salazar Serpentard.
─ C'est peut-être son descendant, il est fourbe !
─ Sirius est tout de même dangereux, coupa Molly, même si ce n'était pas lui la plaisanterie, il a tout de même hier renversé de la mélasse verte sur les cheveux de Severus Snape juste pour faire rire ses amis et a créé un sable mouvant au passage de Lucius Malfoy. Il augmente la guerre entre les serpents et les lions.
─ Moi, aussi, avoua Félicia, j'ai essayé de lui faire comprendre que Sirius était dangereux. En plus son petit frère débarque, j'ai pas confiance !
─ Félicia ! disputa Faiza.

Elle lui donna un coup de pied sous la table.

─ Si vous voulez savoir, mais ça doit rester entre nous, dit-elle, je ne crois pas que ce soit Sirius au bal et je ne crois pas que Sirius soit un agent infiltré.
─ Pourquoi ?
─ Il les hait, il hait tout ce qui provient d'eux. Même Tom Jedusor. Vous auriez du le voir s'amuser à déchirer chaque page de son livre pour attiser le feu du salon gryffondor. Et il ne veut plus dire « Par Merlin », prétextant que Merlin était à serpentard. Même lui ne peut pas être aussi bon acteur. Et puis surtout, dès qu'il le pouvait, il révisait avec Bilius et moi pour ses examens. Je peux vous assurer que Sirius n'avait pas envie d'être dernier au classement. Vu qu'il a obtenu un passable en potion, je peux vous assurer qu'il a révisé car il partait de vraiment loin.
─ C'est à se demander comment il peut avoir le moindre résultat correct, selon Elizabeth, il ne fait que dormir en classe.

Les filles se tournèrent vers Sirius Black. Le jeune homme était assis de coté sur son banc, le chevauchant. Sa robe était débraillée, ses cheveux mal coiffés et son air un peu coquin. Il avait récupéré des couleurs depuis la rentrée et bronzé malgré un ciel plutôt nuageux. La baguette entre ses doigts fins tournoyait. Il s'amusait à faire apparaître des petites boules de couleurs, essayant de jongler avec, attendant avec impatience que ses amis finissent d'étudier.

─ Je vais l'inviter au bal d'halloween, dit soudainement Faiza.
─ Je comprends mieux pourquoi tu prends sa défense, répondit Félicia, d'ailleurs Molly ? Maintenant que Charles et Arthur ne sont plus là, avec qui iras-tu ?
─ Les sorcières et fières n'ont pas besoin de cavalier.
─ Enfin de sages paroles, madame Prewett, oubliez les garçons, conservez votre vertu.

Rougissant de la tête aux pieds, Molly redressa le regard vers Appolon. Ce dernier portait un costume strict, ses cheveux étaient couverts d'une capuche marron et ses joues étaient creusées. Il avait des traits tirés mais le regard toujours aussi souriant. Ses yeux bleus se posèrent sur la table des professeurs. Il se pencha en avant, davantage, pour souffler à son oreille :

─ Cela dit, je pense qu'Arthur aimerait savoir que vous vous amuserez pour votre anniversaire.

Elle dodelina de la tête. Elle croisa son regard et s'abstint de lui demander comment aller Charles, Fabian et Gideon. Elle sentait que ce n'était ni le lieu ni le moment de le faire. Appolon claqua des doigts, une flamme dansante se mit à jongler entre eux. Les yeux de Molly s'y accrochèrent elle se mit à pleurer silencieusement.

Elle se leva, accompagnée par Faiza et Félicia. Elles s'enfermèrent dans les toilettes du second étage occupée par le fantôme de Mimi-Geignarde, un fantôme d'adolescent au caractère difficile. Molly, Faiza et Félicia furent rejointe par Petty et Andromeda. « Ca va aller, Molly … Ca va aller Molly … »

Andromeda attrapa la main de Molly dans la sienne, lui faisant regarder la bague à son annuaire.

« Tu es de ma famille maintenant, Molly Weasley, je serai toujours là pour toi. »

Le champs rouge des cadavres empilés face à l'obscurité d'un voile de l'autre coté d'une rive infranchissable. Recouvert d'une cape épaisse, à la main une baguette et au doigt une pierre à la valeur inestimable. Le voile se déchira, offrant une avenir radieux de l'autre coté. Il se retourna vivement en direction de du jeune adolescent roux face à lui.

─ Albus, on y est arrivé.
─ Tu y es arrivé. Je suis fier de toi.
─ Non, nous y sommes arrivés. Viens, …
─ Non, Gellert.
─ Albus …

La baguette dans sa main lui échappe et arrive dans la main du roux. L'adolescent semble avoir le regard brisé.

─ Albus, … viens. On y est arrivé. Où vas-tu ?
─ Mon ange, soupira tristement le roux.

Il posa tristement ses doigts sur la tempe du blond, qui ne parvint pas à en ressentir le contact, déjà le roux semblait s'évaporer.

─ Ne pars pas.
─ Je ne suis jamais partie, Gellert. C'est toi qui a fuit ? Ne fais pas celui qui a oublié. Ce n'était qu'un jeu, non ? Tu voulais tester avec moi ton pouvoir de persuasion. Il est temps, Gellert, tu as gagné. Va !

Le blond se retourne vivement, la cape lui échappe, la bague à son doigt sombre sur le sol, il marche vers l'autre rive et se retourne brutalement. Ses yeux s'agrandirent : qu'est-ce qu'il était en train de lui cacher ? Au-dessus du roux, la marque des reliques de la mort venait d'apparaître. Elles étaient toutes au même endroit. Elles s'appelaient.

─ Albus … sais-tu où elles se trouvent ?
─ Ne devais-tu pas partir …
─ Qu'est-ce que tu me caches ? Albus, réponds-moi !
─ NON !

Grindelwald ouvrit les paupières sans bouger une seconde du cachot où il était enfermé. L'homme vieillit, à l'apparence misérable rejeta la nourriture qu'on lui avait apporté. Le peu de lumière l'avait presque rendu aveugle. Il se traina dans un coin de la pièce, gravant un triangle sur la pierre. Que lui cachait ce misérable Dumbledore ?

Dumbledore ouvrit des yeux épuisés dans l'hôtel de Moldavie où il séjournait. A l'exception de la baguette qu'il possédait, les autres reliques de la mort étaient introuvables : pourquoi l'avaient-elles alors pointés. Si jamais Grindelwald découvrait ce qu'il cachait, Dumbledore ne donnait guère cher des murs où il était enfermé. Il était entré sans le vouloir dans le rêve de ce dernier. Jamais il n'aurait vu Grindelwald comme un puissant sorcier. C'étaient ses souvenirs et rêves à lui. Pauvre vieux fou, se gronda-t-il. Un été à l'âge de 16 ans avait suffit à changer toute sa destinée.