Résumé du chapitre précédent:

Annabeth regarde l'entraînnement de Jason en compagnie de Nico, qui dessine et parle italien.

Ce soir-là, c'est le tant attendu specacle de dance drag. Jason et Nico sont habillés par Piper. Percy fait une apparition surprise à la fin du spectacle (alors qu'il avait dit à Annabeth qu'il était encore à la piscine), ce qui enchante Annabeth. En rentrant du spectacle, Annabeth invite Percy à leur premier rencard, à l'aquarium.

Mark, le coéquipier de Percy, fait des blagues de mauvais goût et est juste une terrible personne.

Percy se rend à l'aqurium, où il va retrouver Annabeth, et sa réaction en la voyant est juste de dire "buh". Voilà voilà. Bon chapitre!


28. Rencards et gages

- C'est un bon « buh » ou un mauvais « buh » ? demanda Annabeth, les joues roses.

Percy dû prendre un moment pour que son cerveau se rallume et fonctionne à nouveau. Annabeth était… belle. Non pas qu'il ne la trouvait pas belle d'habitude, mais d'une beauté qui rendait sa posture un peu plus droite, son sourire un peu plus ample, ses yeux un peu plus brillants. C'était la vraie Annabeth, pas celle qui se cachait sous l'uniforme de Bolt ou celle qui portait une perruque pour ressembler plus à une fille à Hestia's Hearth. Elle n'était ni l'une ni l'autre, mais les deux et c'est ce qui la rendait parfaite.

- Désolé, fit Percy, souriant facilement. C'est un « buh » magnifique.

Annabeth sourit et Percy aurait pu être catapulté en orbite et son estomac aurait été dans la même situation. Il espérait qu'elle ne pouvait pas voir à quel point sa nuque chauffait, mais elle était trop occupée à lisser l'avant de sa robe avec ses mains. Le coucher du soleil derrière elle donnait l'impression qu'elle brillait.

- Tu veux entrer ? demanda-t-elle, croisa son regard.

Percy calla. Son cerveau partit dans les égouts.

- Qu.. Quoi ?

- À l'intérieur. L'aquarium ?

Elle montra les deux tickets et Percy inspira.

- Oh, oui. C'est pour ça qu'on est là, non ?

Il se dépêcha d'arriver à la porte et l'ouvrit pour la laisser passer en premier. Quand elle le dépassa, il sentit un parfum de citronnelle et dû se retenir de soupirer sur elle. Il sera les lèvres et la suivit.

Le hall d'entrée était énorme. Le plafond vouté par-dessus eux était l'équivalent en biologie marine de la Chapelle Sixtine. C'était un mural représentant presque toutes les créatures de l'océan, depuis la plus petite des crevettes brillant comme les étoiles dans le noir jusqu'aux baleines bleu foncé qui chantaient des chants que Percy aurait juré pouvoir entendre. Du bruit résonnait autour d'eux, des cris d'enfants excités, des pas sur le sol en marbre, la musique d'une vidéo promotionnelle d'une nouvelle exhibition pour méduses. Pour un vendredi soir, c'était suprêmement plein, surtout aussi proche des vacances.

Une hôtesse près de l'entrée de la première exhibition prit leurs billets, les coupa en deux, et les rendit à Annabeth avec un sourire. Annabeth emmêla son doigt dans une de ses boucles, ses yeux cloués au sol, et se précipita vers l'exhibition des requins.

Percy se dépêcha de la suivre et prit sa main dans la sienne. Elle le regarda, les yeux ronds comme si surpris, mais elle se détendit en voyant son sourire.

- Qu'est-ce qui ne va pas ? demanda-t-il, en suivant une petite foule.

- Rien. Tout va bien.

- Ce ne pas ta tête de « rien », ça.

Annabeth se crispa légèrement en regardant par-dessus son épaule. Percy suivit son regard, ne sachant pas qui ou quoi elle cherchait. Elle se tourna de nouveau vers lui et ses doigts se serrèrent autour de sa main.

- Je n'arrête pas de penser que quelqu'un va me reconnaître, dit-elle en gardant sa voix basse.

- Quelles sont les chances que ça arrive ?

- Non, je sais, c'est pas probable. Mais je ne peux pas m'en empêcher.

- Je comprends.

Annabeth soupira, et un groupe de filles d'environ son âge qui la regardaient attira son attention. Aux yeux de Percy, ce n'était qu'un regard superficiel et sans importance, mais pour Annabeth ça semblait être plus. L'une des filles se tourna vers les autres et murmura quelque chose dernière sa main.

Annabeth rougit et grogna.

- Cette robe me rend ridicule.

- Vraiment pas.

- Je devrais me changer.

- Non.

- Je sens comme si l'arrière de ma robe va se relever et tout le monde va voir mes sous-vêtements.

- Tu n'es juste pas habituée.

- Mais les gens me regardent, dit Annabeth en ajustant son serre-tête et en essayant de ne pas regarder les filles qui les fixaient toujours.

Percy arrêta de marcher, mit sa main sur celle d'Annabeth, puis les baissa, les laissant debout en train de se tenir la main au milieu du couloir. Annabeth décolla ses yeux du groupe de filles qui s'étaient mises à rire, surement pas de quelque chose les regardant, mais ça ne l'empêcha pas de rougir.

- Tu ne crois pas que peut-être ils me regardent moi et mon incroyable beauté, plutôt ?

Il remua les sourcils, essayant de la faire sourire, et ça marcha presque parce qu'elle siffla entre ses dents et secoua la tête. Mais elle garda les yeux cloués au sol et Percy s'adoucit.

- Hé, dit Percy, faisant lever la tête à Annabeth. Tu peux ressembler à ce que tu veux, mais je trouve que tu es magnifique, et je suis très heureux de passer la soirée avec toi.

Les lèvres d'Annabeth formèrent enfin un sourire. Percy lui donna un tout petit bisou. Son rouge à lèvre avait le goût aux fraises, et il sourit lui aussi.

- Maintenant, viens, dit-il en la poussant vers l'avant. Je veux que tu me dises tout ce que tu sais sur les requins.

L'humeur d'Annabeth s'améliora considérablement tandis qu'ils se promenèrent d'aquarium à aquarium. Quoique les appeler « aquariums » ne semblait pas juste. Chaque habitat pour requin était rempli d'algues ou de coraux, ou une épave de bateau (dépendant de l'espèce), avec beaucoup d'autres poissons nageant autour d'eux. Chaque aquarium était long d'environ trois piscines olympiques et haut comme un bâtiment à deux étages. Percy et Annabeth purent se promener autour des vitres, pointant du doigt chaque requin qu'ils croisaient.

Sans surprise, Annabeth savait beaucoup de choses sur les requins. La manière qu'elle avait de juste stocker de l'information comme ça et juste la réciter ensuite paraissait incroyable à Percy. Il se contenta en majorité d'écouter, médusé. Il aurait aimé pouvoir dire qu'il se souvenait de tout ce qu'elle disait, mais il se surpris plusieurs fois à penser à quel point il était chanceux de l'avoir dans sa vie. Mais il devait se concentrer. Il ne voulait pas en prendre un seul mot.

Le meilleur aquarium était celui du requin-marteau. Il y avait un tunnel par lequel ils pouvaient marcher, les requins nageant par-dessus leurs têtes. Il n'était pas trop compliqué pour Percy de s'imaginer assit au fond de l'océan.

- Tu sais, dit Percy, sa voix résonant dans le tunnel. Quand j'avais six ans, pendant la journée des métiers, j'ai dit à tout le monde que j'allais être une sirène quand je serais grand. Et ce garçon, Bobby Carlson, m'a dit que les sirènes n'existaient pas, alors j'ai vidé mon carton de jus d'orange sur sa tête.

Annabeth rit.

- Oh non ! Tu as été puni ?

- Complétement. Mais ça en valait le coup.

Annabeth couvrit sa bouche et pouffa.

- Étrangement, dit Percy en la pointant. C'est exactement ce qu'a fait ma mère.

- Quoi, rire ?

- Elle a du prétendre être fâchée, en face du directeur et tout ça, mais elle avait l'air d'une folle dans le métro en rentrant, riant sans pouvoir s'arrêter.

- Tu vas rentrer chez toi à Noël, pour la voir ?

- Non, dit Percy en mettant les mains dans ses poches.

Il aurait vraiment pu dire le contraire. Annabeth hocha la tête, compréhensive.

Percy ne pouvait pas s'empêcher de se sentir coupable de rester à Bolt. Mais sa mère avait insisté il devait s'entrainer, et s'entrainer bien. Elle allait le voir pour la remise des diplômes, de toutes façons, donc ils pouvaient économiser un peu d'argent. Ça ne l'empêchait pas d'être inconfortable.

- Pour ce que ça vaut, dit Annabeth. Je crois que tu aurais été une sirène magnifique.

Le rire de Percy remplit le tunnel.

Peut-être après les JO, il pourrait travailler comme garde du littoral, ou quelque chose comme ça. Il n'y avait pas vraiment pensé avant, une carrière ou quoique ce soit. Et s'il n'était pas venu à l'Aquarium avec Annabeth, il doutait très fort qu'il y aurait pensé. L'idée d'aller aux Jeux Olympiques n'était pas hypothétique il devait allait aux JO. Mais il pouvait envisager une vie hors de la natation, une vie qui incluait Annabeth, et ça ne le dérangeait pas du tout.

Peut-être un jour quand tout était fini, il achèterait une maison sur une île quelque part, peut-être près de l'eau. Et tous les jours il pourrait aller à la plage et il y trouverai Annabeth, l'attendant déjà, et elle pourrait préparer leur voilier et l'emmener se promener sur le vaste océan bleu avec rien à part le vent et la mer pour les déranger. Ça semblait être une vie agréable.

Bien sûr, il n'allait pas lui dire. Il ne voulait pas la faire fuir, lui faisant croire qu'il prenait déjà cette relation très sérieusement quand il y avait d'autres choses plus importantes, comme elle prétendant être un garçon et tout ça. Mais il n'avait jamais été connu pour ne pas rêver.

Éventuellement, ils arrivèrent à l'exposition de poissons tropicaux, où ils firent semblant d'être les voix des poissons et eurent des conversations débiles entre eux. La majorité d'entre elles comprenaient des jeux de mots, de très mauvais, terribles, jeux de mots, qui les laissèrent tous les deux morts de rire. Ils reçurent des regards ahuris des autres visiteurs, mais Percy s'en fichait. C'était le meilleur rendez-vous qu'il ait jamais eu.

Ce ne fut que quand l'estomac de Percy commença à gargouiller (affreusement fort) qu'ils partirent et se dirigèrent vers le restaurant italien où Annabeth avait réservé. Quand ils arrivèrent à l'entrée, une porte encadrée vignes et un signe en bois sculpté à la main disant « Dion's », Percy vu ce que tout le monde portait à l'intérieur.

- Je ne crois pas que je suis habillé correctement pour cet endroit, dit Percy.

Les hommes assis près des hautes fenêtres étaient tous en costumes et mocassins. Même les serveurs portaient des cravates et servaient du vin. Percy se ferait remarquer avec son jean et son t-shirt, et pas de la bonne façon.

Annabeth se mordit l'intérieur de la joue.

- Ça a vraiment l'air pompeux, j'avoue.

- Merde. Je suis désolé. Je l'ai ruiné. J'aurais dû porter quelque chose de chouette…

- T'inquiètes pas. De toutes façons, j'ai pas trop envie de manger italien.

Annabeth souri, même si Percy se sentait terriblement coupable. Elle avait tout organisé et il avait ruiné le rendez-vous parfait. Elle lui prit la main et l'entraina vers le port. Le ciel était sombre mais le port était tout le contraire. Des centaines de personne marchaient le long des planches en bois, certains portant des peluches énormes provenant de la foire quelques kilomètres plus loin, d'autres mangeant des glaces et buvant des smoothies, et quelques couples d'embrassant.

- J'ai un peu envie de taco. Tu veux un taco ? demanda Annabeth, lui montrant un stand de nourriture mexicaine sur le port.

Avait-elle vraiment besoin de demander ?

Elle leur prit un taco enveloppé d'aluminium à chacun, et ils se promenèrent sur le port en mangeant. C'était bien mieux qu'un diner sophistiqué à la lumière des chandelles. Ici, il pouvait être lui-même. Rien ne pouvait être mieux que ce moment.

Elle lui raconta sa vie en tant qu'Annabeth Chase : la fille avec deux jeunes demi-frères, et un Berger Allemand qui adorait les hot-dogs (comme Percy), une maison avec des citronnier poussant face à la fenêtre, donc si elle voulait un citron elle pouvait juste en prendre un directement sur une branche. C'était la première fois qu'elle était aussi ouverte avec lui. La liberté d'être hors de l'école faisait ressortir l'Annabeth qu'elle avait enfermée en elle. Pourquoi ils n'avaient pas fait ça avant était un mystère pour Percy.

- Donc, c'est mon histoire, dit-elle en faisant une balle d'aluminium et la jetant dans une poubelle en passant (Percy avait fini son dîner quelques secondes après l'avoir acheté).

Elle soupira dans l'air marin, ferma les yeux, et enlaça ses doigts avec ceux de Percy. Il balança leurs bras et tint fermement.

- Quelle histoire, dit-il. Ça doit être difficile, de vivre deux vies. Est-ce que tu fais des gaffes, des fois ? Accidentellement dire quelque chose que tu ne devrais pas dire ?

- Au début, oui. Je devais pensais rapidement pour couvrir mes traces.

Percy fronça les sourcils.

- Leo pense que j'ai une sœur jumelle, expliqua Annabeth.

- Oh non, dit Percy, maintenant le mot malgré son sourire. Tu l'as fait tellement pire. Il ne va jamais te laisser en paix maintenant.

Annabeth ricana.

- Je suis content que tu ne m'es pas servi ce mensonge-là, dit-il.

- Je ne crois pas que tu m'aurais cru, de toute façon.

Percy sourit légèrement. Il s'arrêta, ce qui fit qu'Annabeth s'arrêta aussi, dos à l'océan. Il passa sa main derrière son cou, et tint son menton, puis pressa ses lèvres contre les siennes. Ce fut un long baiser, un baiser privé, un baiser qui était complètement et purement à eux. Il le savoura, espérant pouvoir rester là pour toute l'éternité. Quand il dut se séparer d'elle, le soupir d'Annabeth caressa sa joue. Elle embrassa le bout de son nez, et il rit.

Il y avait quelque chose dans les yeux d'Annabeth, quelque chose qui fit frémir ses joues. Quelques soient ses pensées, elle ne voulait pas en parler.

- Quoi ? demanda-t-il.

- Non, c'est juste une idée bête. Oublie.

- Quoi ? Dis-moi.

Elle se mordit la joue.

- Tu ne peux pas rire.

Percy la regarda, d'un regard tout sauf innocent.

- Promis.

Annabeth plissa les yeux, plaisantant, et soupira.

- C'est comme si j'étais Cendrillon, et à minuit je vais devoir retourner à la réalité, alors je veux savourer chaque minute que j'ai ici.

- Attends, ça veut dire que je suis le prince Charmant ?

- Je suppose, ouais.

- Cool. Je peux faire fonctionner la galanterie, sans problème.

Elle le poussa légèrement.

- Tu te moques de moi.

- Pas du tout ! Je te le promets !

- Bien sûr que si !

- Annabeth, en tant que prince, te mentirais-je ?

- T'es débile, dit-elle, même si elle souriait.

Elle essaya de lui faire un croche-pied, et il sauta haut de portée.

- C'est comme ça que tu traites la royauté ? dit-il, la pointant du doigt.

- Viens-là, grogna-t-elle, et elle essaya de l'attraper par le cou.

Il partit en courant le long du ponton, riant quand elle le chassa. Elle le rattrapa facilement parce que Percy riait trop fort. Il y avait beaucoup de choses à faire sur le ponton, mais Annabeth fut attirée par les jeux de la foire. Elle le défia au stand de lancer (Percy gagna), mais elle le battu facilement à la course de pistolets à eau et au stand de tir.

- Okay, je ne vais jamais rompre, dit-il en riant. J'ai vu à quel point tu sais manier une arme.

- Tu as peur, hein ? demanda-t-elle, prenant le panda en peluche géant que lui tendit l'homme du stand. Le prix était presque aussi grand qu'Annabeth.

- Eh bien, je n'avais pas prévu de rompre de toute façon, donc je suppose que je rien à craindre, dit Percy.

- Très bonne réponse, dit-elle. Pour ça, je t'offre ça.

Annabeth lui tendit le panda pour qu'il le porte sur ses épaules. Percy secoua la tête et rigola. Ils terminèrent la nuit s'asseyant sur la plage, discutant et regardant la lune traversant la nuit. Ils utilisèrent le panda comme un oreiller, et le sable comme lit. Si le paradis existait, Percy était sûr de l'avoir trouvé.

Quand l'heure de partir arriva, Percy attacha le panda sur le siège arrière comme si c'était une personne, et ramena Annabeth chez Piper pour qu'elle puisse se changer. Il attendit juste quelques minutes dans la voiture avant qu'elle ne ressorte, de nouveau habillée comme Andy. Son sourire n'avait plus la lumière qu'il avait avant, et Percy se sentit mal. Il avait remarqué à quel point elle était libre pendant leur rencard, et maintenant elle devait retourner vivre un mensonge. Il ne savait pas quoi dire, ou comment lui remonter le moral, alors il se contenta de les conduire chez eux.

Ils rentrèrent dans leur chambre (avec leur panda, nommé « Pete » par Percy) et Percy laissa Annabeth entrer la première. Elle posa son sac sur la chaise et sortit la robe qu'elle avait porté pendant la journée et le pendit dans l'armoire.

Percy retira ses chaussures d'un coup de pied, et le jeta près de son bureau.

- Cette soirée était très chouette, dit-il. On devrait le refaire, bientôt.

- Peut-être quand on aura nos diplômes. C'était trop dangereux, aujourd'hui. Quelqu'un aurait pu me voir. Je ne peux pas me le permettre à nouveau.

Percy pinça les lèvres. Ce qu'elle devait faire pour réaliser ses rêves… Percy aurait qu'il puisse en être autrement.

Annabeth se retourna, et vit le paquet que Percy avait laissé sur son échelle plus tôt dans la journée. Elle fronça les sourcils et elle s'en approcha.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle, s'emparant de la boîte.

- Oh, seulement un petit quelque chose pour toi.

- Je ne veux pas que tu dépenses de l'argent pour moi…

- Non, mais tu as besoin de ça. J'ai pensé que tu étais le genre de personne qui préfère des choses que tu peux utiliser, de toute façon. Donc n'y pense pas comme un cadeau. Penses-y comme à un… Juste, ouvre-le.

Annabeth fit une grimace, à moitié amusée, avant d'ouvrir la boîte. Elle n'était pas emballée, ni rien (Percy n'était pas aussi doué) mais il espérait que ça n'importerait pas.

Quand elle sortit le cadeau de la boîte, elle eut d'abord l'air confuse.

Il expliqua rapidement :

- C'est un binder. Des bandages de la poitrine, en fait, au pluriel. Pour quand tu es à l'école. C'est soi-disant beaucoup plus confortable et beaucoup plus sûr que ce que tu fais. J'ai fait des recherches après avoir vu ce que les bandes que tu utilises t'ont fait, ouais. C'est un peu près tout.

Ça n'avait pas l'air trop différent d'un soutien-gorge de sport, et ce n'était pas si cher. Un était noir, l'autre beige. Et si ça pouvait soulager un peu Annabeth, il espérait que ça valait le coup.

- Waouh, dit-elle, sans souffle, passant son pouce sur la fabrique.

- Tu aimes ?

Elle rayonnait.

- C'est incroyable. Tu n'en as aucune idée. Et tu as pris de la peine pour moi…

- Non, c'était pas grand-chose.

- Ouais, mais tu n'avais pas pourquoi le faire.

- Percy…

Il pouvait voir tous les mots qu'elle voulait dire derrière ses yeux.

- Non, dit-il en levant la main. Sérieusement, ma mère m'a donné un peu d'argent en plus pour Noël. Je l'ai fait parce que… je tiens à toi, beaucoup. Et c'est ma manière de te montrer que je veux te soutenir.

- En me donnant quelque chose qui me soutient littéralement ?

Percy laissa échapper un petit rire, et en deux foulées, Annabeth avait ses bras autour de lui, le serrant fort contre son corps. Elle enfouit son visage contre son épaule, et il pouvait sentir sa respiration à travers sa chemise. Embrasser Annabeth était la cerise sur le gâteau.

Il embrassa le côté de sa tête, et mis ses mains sur le bas de son dos. Peu importe si Annabeth était habillée en garçon ou en fille, Percy serait avec elle tout le long.

Ses vacances étaient parmi les meilleures qu'il ait eues, même s'il n'était pas avec sa mère. La neige lui manquait, comme le petit arbre mignon qu'elle décorait tellement qu'il menaçait de tomber, et l'odeur de son pain frais au matin de Noël. C'était des petites brioches à la cannelle qu'il pouvait manger jusqu'à qu'il ait envie de vomir, puis en manger encore quelques-uns. Mais depuis qu'il était à Bolt, les choses étaient différentes.

Quand Grover était son coloc', il invitait Percy à dîner avec sa famille, mais à chaque fois, Percy « devait s'entrainer ». C'était un mensonge, pour deux raisons. Un : il ne voulait pas dérangait M. et Mme. Underwood, and deux : il ne voulait pas être traité différemment, même s'ils avaient pitié de lui. Le pauvre Percy Jackson, pas de famille où aller, trop triste. Percy préférait manger une boule d'herbe que de vivre ça.

Mais Grover avait l'air de comprendre à chaque fois, même après avoir eu son diplôme. Percy avait reçu un message quelques jours après Noël, d'ailleurs, montrant un gâteau à la carotte bleu que sa mère avait fait que pour lui, présent en pensée. Percy aima le geste.

Grover se plaisait bien à GreenPeace. Ça lui allait bien. Pour un gars qui protestait passionnellement (tout seul, au milieu d'un orage, à minuit) pour l'aide aux scarabées, un truc qui n'intéressait personne, il était exactement où il devait être. En ce moment, il était stationné en Amazonie, et n'avait pu rentrer qu'une journée pour voir sa famille. Il avait ramené sa copine Juniper, qu'il avait rencontré pendant leur lutte contre la déforestation. Si on se basait sur l'Instagram de Juniper, ils étaient parfaits ensembles. Un couple d'activistes hippies fait l'un pour l'autre. Avec un peu de chance, avait dit Percy par SMS, il pourrait venir pour la cérémonie de fin d'année de Percy. C'était la meilleure nouvelle de la journée. Ce serait incroyable e revoir son vieil ami. Il lui manquait tellement, c'était surréaliste.

Mais, pensa Percy, si Grover n'était pas parti, Annabeth n'aurait jamais été son colocataire.

La manière qu'avait le monde de fonctionner faisait mal à la tête de Percy, des fois.

Il passa la grande partie de ses journées, comme d'habitude, à s'entraîner. S'il n'était pas dans la piscine, il était dans la salle de sport, et s'il n'était pas dans la salle de sport, il regardait ses courses passées. Tout mis ensemble, il en avait pour quatorze heures par jour, en partie parce que les cours n'avaient pas encore repris et il avait beaucoup de temps libre. Avoir Annabeth en rentrant chez lui aidait beaucoup aussi.

Des fois, elle allait à ses entraînements, des fois elle le retrouvait à la sortie de la salle de sport pour qu'ils aillaient courir ensemble, des fois elle lui apportait à manger. Peu importe ce qu'elle fasse, il était toujours heureux de la voir.

Les semaines passèrent, les cours reprirent, l'air se réchauffa, et Mars était presque fini quand Percy réalisa qu'il n'avait plus que deux mois avant les Nationaux, deux mois pour être sûr d'être dans sa condition idéale.

Tout d'un coup, les entraînements ne semblaient pas aussi monotones. Percy pouvait voir la fin du tunnel. Il était si près qu'il pouvait presque le goûter.

Coach Hedge avait aussi senti que le temps commençait à manquer, car l'entraînement de la journée fut particulièrement intense. Le plis entre les sourcils du Coach était permanent, et sa passion irradiait presque la piscine. Percy inspira fortement, émergeant de l'eau quand il toucha le mur, et enleva son bonnet pendant que le Coach faisait les cent pas.

Mark fini à ses côtés un moment plus tard.

- Mark, dit Hedge, que s'est-il passé au virage ?

- Trop court, dit-il.

Percy mit ses lunettes sur le dessus de sa tête et jeta un regard à Mark. Mark fumait. Sa mâchoire était serrée, et son regard, fixé sur le carrelage sous ses mains, aurait pu brûler un trou dans le soleil.

- Trop court, répéta Hedge.

Mark ne dit rien.

- J'attends plus de toi à ce stade. Ne laisse plus ça arrivait encore une fois. Si tu veux être aussi bon que Percy, tu dois le montrer.

Tout ce que Mark fit fut serer encore plus les dents, les muscles de sa mâchoire tendus.

Hedge se tourna vers Percy, le pli sur son front un peu moins prononcé.

- Tous les deux, faites vos refroidissements et terminez avec vos étirements.

- Merci, Coach, dit Percy en laissant ses lunettes et son bonnet sur le bord de la piscine.

Hedge se dirigea vers le reste de l'équipe, hurlant des instructions, et Percy se poussa, sur son dos, avec le mur.

Mark attendit quelques secondes de plus face au mur. Percy ne pouvait pas voir son visage, mais il pouvait voir à l'allure de ses épaules qu'il était en pleine réflexion. Malgré tout, en un mouvement fluide, il suivit Percy, son visage imperméable.

- Code rouge ! dit Percy, levant la tête à son bureau. On n'a plus de Cheetos !

Il regarda Annabeth, qui était perchée sur son lit, jambes croisées sous elle, travaillant sur son ordinateur. Elle utilisait Pete le Panda comme support pour ses bras.

- Est-ce vraiment une situation « code rouge » ? demanda-t-elle.

- Je suis en galère. Ce n'est pas le moment de négocier.

Annabeth sourit légèrement, riant tout bas, puis retourna à son clavier.

Percy prit les clés de sa voiture sur sa table de nuit.

- Je vais faire un tour au magasin, faire le plein. Il ne me reste presque plus de barres de protéines, de toute façon. Tu as besoin de quelque chose en ville ?

- Pas vraiment, dit-elle.

- D'accord, je me dépêche.

Annabeth se pencha par-dessus les barres de son lit et l'embrassa avant qu'il parte.

Percy salua Leo qui travaillait au FEST, avant de sortir du bâtiment pour se diriger vers le parking. Il regarda son portable pour voir s'il avait reçu des emails, et fit tourner ses clés sur son doigt, comme un tireur prêt au duel.

Blackjack l'attendait à sa place habituelle, sous l'ombre d'un sapin sur le bord du ciment. La voiture était vraiment immonde, nécessitant d'urgence un nettoyage. Ce n'était peut-être pas une mauvaise idée de s'arrêter au lavage en rentrant du magasin. Percy empocha son portable et commença à faire le tour de la voiture pour arriver à la portière du conducteur avant de s'arrêter net.

Une partie de la carrosserie avant avait été nettoyée.

Il ne s'en serait probablement jamais rendu compte si la lumière provenant du soleil au dessus de sa tête ne l'avait pas rendu évident. Percy ralentit et s'arrêta, fixa l'endroit. Il se courba, comparant la zone propre au reste de la carrosserie poussiéreuse. C'était comme si quelqu'un c'était appuyé sur sa voiture, et la poussière était partie sur leur vêtements. Percy passa son doigt sur la poussière.

Quelle que soit la personne qui s'était frottée à sa voiture était probablement reparti les fesses tâchées. Percy se sentit un peu coupable, après tout il devrait s'occuper un peu mieux de sa voiture, mais il haussa les épaules et entra dans la voiture.

Il ferma la portière et mis le contact. Blackjack prit vie, et Percy sortit du parking. Il alluma la radio pile à la moitié d'une de ses chansons préférées, et il la fredonna en approchant l'intersection. Il appuya sur le frein pour le stop à la fin de la rue, mais…

Rien ne se passa.

Percy appuya à nouveau, plus fort.

La voiture ne ralentissait pas.

Percy écrasa le frein, avec ses deux pieds, mais la voiture continua d'avancer. Incontrôlable, il grilla le stop et tourna dans le trafic, klaxons hurlant et pneus crissant. Furieusement, Percy se rabattu sur le bord de la route, et tira sur le frein à main. La voiture trembla, roulant sur l'herbe jusqu'à finalement s'arrêter dans un petit ravin.

Percy coupa le contact et reposa son front contre le volant. Son cœur battait à toute vitesse. Il récupéra son portable et passa un coup de fil.

- Ouaip, dit Léo, faisant briller sa lampe-torche sous le capot de Blackjack. Ta ligne de frein est cassée.

- Sérieusement ? demanda Percy, voyant le même cable que regardait Léo et essayant très fort de ne pas le croire.

- Je connais mes voitures, mec, dit Léo. Tu as eu de la chance de ne pas avoir été sur l'autoroute ou quelque chose comme ça.

- Comment c'est arrivé ? demanda Percy.

- Des fois, les lignes de frein s'usent, surtout dans des voitures assez vieilles, comme la tienne. Tu sais, la rouille et tout ça. Mais ce n'est pas ce qu'il s'est passé ici. Regarde.

Percy se pencha un peu plus sur le moteur et vit ce que Léo lui montrait.

- C'est une coupure nette, dit Leo. Ce n'est pas normal.

Percy regarda Leo dans les yeux.

- Tu es en train de me dire que quelqu'un a fait ça.

- Hé, je ne sais pas. Je ne suis pas un professionnel. Tout ce que je dis c'est que ce genre de truc n'arrive jamais.

L'estomac de Percy se remplit de plomb. Les pièces commençaient à s'éclaircir.

- Ça va ? demanda Leo, voyant l'obscurité envahir le visage de Percy.

Percy prit une pause avant de réponse, mais hocha la tête.

- Ouais… Ça va.

- Je suis content que tu ne sois pas blessé. Ça aurait pu être bien pire.

- C'est sûr, dit Percy.

- Tu devrais appeler une dépanneuse, dit Leo en éteignant sa lampe-torche. Ils peuvent l'emmener au garage pour toi.

Percy prit conscience soudainement.

- Merde, dit-il en faisant trainer le mot.

- Tu dois aller quelque part ?

- Plus maintenant, dit Percy. Mais combien crois-tu que ça va me coûter ?

- Pas sûr. Cent ? Peut-être deux ? Ma mère est mécanicienne, mais elle est au Texas. Si elle pouvait, elle te ferait un prix.

- Ouais, merci quand même, dit Percy.

Il fixa son portable, essayant de décider quoi faire après. Il soupira, ne trouvant pas d'option.

- Tu peux m'aider à la pousser dans le parking ? demanda-t-il.

Leo accepta, et ensemble, ils balancèrent la voiture jusque ce qu'elle sorte du trou vers la route. Ils n'arrêtèrent le trafic qu'un petit instant, le temps que Leo passe derrière le volant et que Percy pousse. Il transpira en ramenant la voiture sur la place de parking la plus proche. Blackjack n'allait nulle part pendant longtemps.

Percy remercia Leo avant que ce dernier doive retourner travailler, et Percy ne s'attarda près de la voiture qu'assez longtemps pour reprendre son souffle. Il s'adossa au coffre, et regarda les autres voitures passer sur la route dur laquelle il aurait pu avoir un accident juste une heure auparavant.

L'endroit propre sur le capot aurait dû être son premier indice que quelque chose n'allait pas bien. Il voulait vraiment, vraiment croire que ça avait été de la mauvaise chance que ses freins n'aient pas marché, mais un sentiment désagréable lui disait que ce n'était pas le cas.

Quel genre de maniaque essaierait vraiment de le blesser ? C'était absurde d'y penser. Mais Leo avait raison. Ce n'était pas une coïncidence. Quelqu'un le voulait hors du cadre.

Ce n'était pas difficile d'imaginer de qui il s'agissait. La seule personne qui bénéficierait de son absence était Mark.

Mais avant de sauter sur cette conclusion, il allait prétendre que tout allait bien. Il n'allait pas laisser quelque chose comme ça l'ébranler. Il était têtu.

Pour le moment, il allait prétendre aller bien, et rester sur ses gardes.

Son téléphone vibra, et il le regarda pour y trouver un message d'Annabeth. Il disait : « tu es vivant ? :) »

Percy éteint l'écran et mit sa main sur son front. Il savait qu'Annabeth ne faisait que plaisanter, mais la blague toucha près du cœur. Malgré son envie de ne pas l'être, il était secoué. Mais il ne voulait pas que ça dérange Annabeth. Il ne voulait pas qu'elle pense qu'il avait une cible sur son dos. Il allait se débrouiller tout seul.

Annabeth le saurait quand il aurait plus d'information.

Percy répondit qu'il était bientôt là, et se dirigea vers sa chambre.

Pour la première fois depuis des mois, Annabeth pouvait respirer.

Les bandages que Percy lui avait achetés étaient des miracles. Elle ne comprendrait jamais pourquoi elle n'en avait pas acheté plus tôt. Elle avait été si focalisée sur le grand jeu qu'elle n'avait pas pensé aux détails. Peut-être, dans l'arrière de son crâne, elle n'avait jamais cru arriver si loin. Peut-être avait-elle eu des doutes.

Bien sûr, ça, ça avait été avant d'avoir trouvé de vrais amis qui pouvaient l'aider.

Elle se sentait plus légère, plus forte en grande partie parce qu'elle pouvait respirer, mais aussi parce qu'elle sentait qu'elle était en contrôle. Elle se retrouva dehors souvent, passant plus de temps avec ses compagnons de classes dans la salle de repos, étant plus proche de Jason et Nico, et de Frank et Leo.

Frank était surprenamment doux pour sa taille. Instinctivement, Annabeth sentait qu'elle devait le protéger. C'était comme s'il était trop gentil pour ce monde. Ils jouaient beaucoup au babyfoot ensemble.

Leo était difficile à gérer, mais elle y arrivait quand même. Quand elle le faisait, il était bien moins terrible. Elle aimait parler de science avec lui, mais quand il parlait ingénierie et technologie, elle avait du mal à suivre. C'était un vrai petit diable.

Jason invitait Annabeth dans sa chambre bien plus souvent. Ils jouaient aux cartes, et quand ils rentraient, Nico et Percy se joignaient à eux. Mais Annabeth aimait jouer avec Jason. Il était rapide et malin, et elle sentait qu'elle avait beaucoup en commun avec lui.

Nico était, en gardant les métaphores de jeu, un joker. Elle ne savait pas encore comment le définir. Une minute, il était heureux et bruyant, puis la suivante il se rabattait sur lui-même, silencieux et timide. C'était comme s'il se rappelait à lui-même qu'il n'avait pas le droit d'être heureux.

Elle ne croyait pas qu'il était conscient de ce qu'il faisait, mais elle ne pouvait s'empêcher de le noter. Peut-être avait-il ses raisons. La seule chose qu'elle pouvait faire était être là pour lui.

D'ailleurs, elle était avec Nico un Samedi après-midi pluvieux, étudiant assidument pour leurs examens de mi-semestre. Ils étaient assis sur un bureau près de la fenêtre, où l'eau coulait en rivières sur la vitre. L'air sentait tant le moisi que le vieux livre dans lequel elle avait son nez, et elle griffonna une note sur l'architecture précolombienne dans son classeur.

Elle sentit des yeux posés sur elle, et leva la tête pour trouver Nico la fixant, son stylo flottant au-dessus de sa page. Quand leurs yeux se croisèrent, Nico remua sur sa chaise et regarda partout sauf vers elle.

- Tu es boqué ? demanda-t-elle.

Nico secoua la tête.

- Non, pardon. Je suis juste fatigué, je crois.

- L'éducation civique peut faire ça au meilleur d'entre nous, dit Annabeth en souriant.

Nico lui rendit son sourire.

- Ouais. Je pense qu'il est temps de faire une pause.

- Ça me semble un aussi bon moment que n'importe quel autre.

Annabeth posa son stylo, passa ses doigts dans ses cheveux, et respira un bon coup. La bibliothèque était assez pleine, surtout vu que tout le monde faisait des révisions de dernière minute pour leurs examens. Presque toutes les tables étaient pleines, tous les rayons avaient une personne assise au sol relisant un livre de référence, des bas murmures remplissaient tous les creux de la pièce, semblant maintenir chaque pilier de l'immeuble en place, même les étagères. Elles étaient remplies de tellement d'information qu'Annabeth s'attendait presque à les voir tomber si un simple petit livre était mal rangé.

Nico la fixait à nouveau, elle le sentait. Elle se tourna vers lui et il rougit.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle, soudainement très consciente de sa personne.

Elle se demanda si elle avait quelque chose dans les cheveux, comme un bout de papier qui se détachait de ses feuilles.

- Rien, rien, je suis juste dans la lune.

- Tu pensais à quoi ? demanda-t-elle.

Nico haussa une épaule.

- Tu fais ça souvent, pas vrai ? dit-elle. Hausser les épaules. Pourquoi ?

Nico commença à hausser les épaules à nouveau avant de s'arrêter mi-geste.

Annabeth sera les lèvres quand elle sourit, et regarda ses notes à nouveau. Elle devait se souvenir de beaucoup pour son examen, mais elle savait qu'elle allait y arriver. Chaque ligne était codée par couleur dépendant du sujet et de l'importance, et son écriture était méticuleusement propre pour pouvoir la relire facilement.

- J'ai juste…

La voix de Nico ramena Annabeth vers lui. Il fit une petit pause avant de continuer, comme s'il n'était pas confiant.

- J'ai juste beaucoup réfléchit à ce que tu m'as dit, avant le concours de drag.

- Qu'est-ce que j'ai dit ? C'était méchant ?

- Oh ! Non, non ! Pas du tout. C'est juste quelque chose… quelque chose sur moi.

Annabeth pencha la tête, intriguée.

- Sur toi ?

Nico souffla et regarda autour de lui, mais personne n'était aux alentours.

- Tu te souviens quand on était sur les gradins, à l'entraînement de Jason, et tu as dit que je te cachais des choses ?

- Ouais, dit Annabeth. Ça me revient.

- Genre, je ne t'ai pas parlé d'Arachné, ou je ne t'ai pas dit que je dessinais… ou même que je parle italien.

- C'est vrai. Tu n'es pas vraiment vantard.

- Pas trop, dit Nico, laissant échapper un sourire.

Annabeth sourit et balaya des traces de gomme invisibles de ses feuilles, trouvant quelque chose à faire. Elle avait l'impression qu'il avait envie de s'ouvrir à elle, et elle ne voulait pas lui mettre la pression, de peur qu'il se renferme à nouveau.

- Je, euh, commença-t-il. Ouais, je n'aime pas vraiment parler beaucoup de moi, parce qu'ils y a des parties de ma vie que je ne veux pas imposer aux autres.

Annabeth fronça les sourcils. Elle était inquiète.

- Je te considère comme un ami, et je veux partager avec toi, alors j'attendais pour le bon moment pour le dire. Mais je suppose qu'il n'y a pas de bon moment, en fait.

- Tu vas bien ?

Nico hocha la tête vigoureusement. Il tripotait son stylo, le faisant passer de doigt à doigt, le regardant. Elle sentait qu'il se donner le courage de dire quelque chose.

Quand leurs yeux se rencontrèrent, elle se rendit compte que ceux de Nico étaient brillants.

- Ma grande sœur, euh, Bianca, est morte l'année dernière, dit-il.

Les veines d'Annabeth se glacèrent.

- Oh, Nico. Je suis désolée.

- Ça va, vraiment.

Annabeth voulait toucher sa main, pour lui montrer son soutient, mais elle ne savait pas si c'était quelque chose qu'Andy Chase ferait. À la place, elle s'agrippa au bord de son cahier.

- Je suis content de l'avoir dit, en fait, dit-il, la voix cassée.

Il sourit, même si Annabeth savait qu'il se forçait.

- C'est juste que je n'aime pas en parler beaucoup. Je pense beaucoup à elle et je me sens coupable.

- Pourquoi ?

Nico secoua la main, comme s'il chassait une mouche.

- Elle a été malade longtemps. Cancer. J'aurais aimé pouvoir faire quelque chose, mais c'était juste une mauvaise situation. Tu sais, elle jouait souvent à Mythomagic avec moi. Et même quand les choses ont empiré, elle m'a dit que tout allait s'arranger et que nous allions rejouer très vite.

Annabeth sentit ses yeux brûler. Elle refusait de cligner des yeux, craignant laisser tomber une larme.

- Mais comme ma meilleure amie du monde était souvent à l'hôpital, je me sentais très seul. C'était facile de me refermer, parce que c'était plus facile que laisser entrer des gens dans ma bulle. Je croyais être fort pour Bianca, en ne montrant pas comment je me sentais, et c'est juste resté pareil jusqu'à aujourd'hui. Je ne voulais pas laisser quelqu'un trop près de moi, ou trop me connaître, parce que, ben, c'était ce que j'avais toujours fait. Alors je suis désolé… si j'ai eu l'air distant.

- Tu n'as pas à demander pardon pour ça, dit Annabeth. Ça va.

Ils furent silencieux un moment, écoutant la pluie contre la fenêtre. Annabeth ne savait pas quoi dire. Elle aimait que Nico se confie à elle sur tout ça, mais elle ne voulait pas le rendre inconfortable en lui faisant revire de mauvais souvenirs. Peut-être charger de sujet pouvait l'aider.

- Tu es proche de ta famille ? demanda-t-elle.

- Mon autre sœur, Hazel. Elle est un an plus jeune que moi, mais elle est tellement intelligente. Elle fait ressortir le meilleur de moi-même. Elle va aller à Herald l'année prochaine.

- Ah, c'est super. Elle pourrait être la colocataire de Piper.

- Ce n'est pas une mauvaise idée, dit Nico, reprenant de la vie.

Annabeth sourit.

- Hazel a l'air d'être quelqu'un de bien. Je suis contente que tu puisses lui parler.

- Ouais… Je me sens mieux après t'avoir parlé à toi aussi. Je ne parle de Bianca qu'à mes amis les plus proches, donc je suppose que c'est un signe. Hazel me dit toujours que les gens qui jugent n'importent pas, et ce qui importent ne jugent pas. Donc je suppose que tu es important.

Annabeth sourit, même si elle avait une douleur pour Nico qu'elle ne pouvait pas guérir.

- Toi aussi.

Nico hocha la tête et inspira. C'était comme s'il n'avait pas respiré depuis un moment, et la couleur retourna à son visage.

- Hazel dit aussi, dit-il, ses yeux regardant son cahier avant de se fixer sur Annabeth, de me fier à mon instinct parce que c'est ce qui me rendre le plus heureux.

Annabeth eut soudainement mal au cœur. Elle ne savait pas comment ou pourquoi elle savait, mais à la manière qu'avait Nico de la regarder, elle savait ce qu'il allait dire avant qu'il ne prononce les mots.

- Est-ce que tu voudrais, euh, sortir avec moi un jour ? demanda-t-il.


Bon, près d'un an et demi, ça doit être mon nouveau record. Bref.

Pendant tout ce temps, j'ai eu mon diplôme, j'ai commencé mon master, et j'ai un travail à mi-temps. Qui l'eut cru.

Ce chapitre est long, certes, mais pas un-an-et-demi long. Donc je m'excuse vraiment de ce "retard".

WolfBlut gagne un gâteau pour avoir deviné très vite que Nico allait tomber amoureux d'Andy.

Merci à tous pour votre patience malgré les mois et les mois d'attente. Merci à tous ceux qui prennent le temps de lire et de laisser un petit message. Merci à la personne qui m'a envoyé un message il y a un mois, ce qui m'a redonné envie d'écrire.

J'espère qu'il y a encore du monde qui veut connaître la suite. À bientôt!


Réponse aux reviews anonymes:

Guest (1): Merci de la review :)

Guest (2): Ce genre de review fait tellement plaisir. Je m'excuse des si longues attentes entre chapitres. Je suis très heureuse que ça te plaise, et j'espère que les nombreux mois écoulés ne t'enlèverons pas l'envie de lire la suite.