Bonjour à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour un VRAI update. Oui, un vrai, pas comme le fail de l'autre jour pour lequel je m'excuse encore. Donc, aujourd'hui, je veux un tonnerre d'applaudissement pour l'apparition d'un nouveau seiyuu connu des services de One Piece !

Je vous souhaite une très bonne lecture et à très bientôt (je l'espère).

Bien à vous !

Zia

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L'hiver commençait vraiment à s'installer en cette fin de journée alors qu'ils rentraient des cours, chacun avec un manteau. Même Red avait troqué son simple sweat pour une hoodie à capuche. Alors que les deux enfants marchaient dans la rue avec Ran et Sonoko, ils discutaient des dernières nouvelles. Dans le cas présent, il s'agissait des chatons qu'ils avaient trouvés dans le garage. Le professeur remplaçant en avait conservé un, mais il en restait deux autres.

- Ils ont tous trouvé un foyer ? se fit confirmer Red.

- Hmhm. C'est Yuko-san qui les a adoptés, confirma Sonoko. Apparemment, elle est une patiente de Araide-sensei et elle adore les chats. Elle les a pris tous les deux. Au moins, on sait que ceux-là ne seront pas de nouveau abandonnés.

- Tu sais comment elle les a appelés ? demanda Ran.

- Newgate et Gold. Elle riait en disant ça et on parle de la secrétaire qui est toujours froide comme la glace.

- Bizarre comme nom, commenta Conan.

- Encore plus bizarre la façon dont elle a écrit Gold. Elle prononce Gol-D et a écrit ça sur son carnet de santé en séparant le D du reste et en le mettant en majuscule.

Red s'arrêta de marcher.

Le reste du groupe le dépassa avant de le réaliser et de se tourner vers l'aveugle.

- Quelque chose ne va pas, Red-kun ? s'inquiéta Ran alors qu'ils se retournaient vers lui.

- Tout va bien, assura le pirate avec une voix étrangement vide.

Et il reprit sa marche, seule sa canne faisait du bruit en frappant le trottoir. Conan le regarda faire sans rien dire. Cette orthographe particulière lui mettait la puce à l'oreille. Parce que de ce qu'il savait, c'était le nom de naissance de son camarade. Nom que Thatch utilisait quand Red faisait de la merde ou était dans les emmerdes. Sans parler que s'il se souvenait bien, Newgate était le nom de famille de leur défunt capitaine. Il avait un soupçon depuis sa première rencontre avec la femme et de plus en plus, il avait la certitude de ne pas se tromper et cela expliquait le froid entre les deux camarades qu'était Thatch et Red.

Mais ce n'était pas ce qui l'intéressait pour l'instant. Quoiqu'il n'avait pas vraiment quoi que ce soit à se mettre sous la dent. Les Hommes en Noir se tenaient à carreaux. Même si on voulait surveiller Kogoro, à le voir mal rasé, débraillé et à lire la page des sports avec une bière à la main… mouais, n'importe qui se ferait sérieusement chier.

- Alors ? Il vient quand ? demanda Sonoko à Ran en changea de sujet.

- Eh bien, il est parti se changer chez lui et il nous rejoint après, répondit la karatéka.

- De quoi vous parlez ? demanda Conan en se réintéressant à leur conversation.

- Je te l'ai dit ! Il y a un nouveau dans notre classe, alors, je l'ai invité à la maison, expliqua Ran.

- Un nouveau ?

Il n'était pas au courant !

- Ah oui, c'est vrai, tu dormais quand j'en ai parlé, se rappela Ran. On est devant l'escalier, Red-kun.

Red s'arrêta devant les marches et tendit la main pour attraper la rampe, suivant le groupe vers le bureau du détective.

- Pourquoi tu l'as invité ? continua Conan avec ses questions.

Ran allait répondre quand Sonoko sauta sur l'occasion pour se moquer du garçonnet et de ce qu'elle sentait comme de la jalousie. Ran ouvrit enfin la porte sur son père qui lisait pour une fois autre chose que la page des sports du journal. Et la première chose qu'il demanda à sa fille qui revenait de l'école c'était si elle voulait bien lui apporter du café car il n'arrivait pas à se réveiller et que seul celui de Ran arrivait à l'aider et à lui faire quitter sa mauvaise humeur.

- Mais en voilà des manières ! s'exclama Sonoko en manifestant ainsi sa présence.

Le détective se leva de la table et alla à la rencontre des filles en fronçant les sourcils.

- Tiens donc, si c'est pas notre pauvre petite fille de riche qui vient pinailler ! grommela-t-il.

- Si vous voulez, je peux vous donner la recette du café de l'armée que mon grand-père utilisait pour me guérir de la narcolepsie. Je peux vous assurer que n'importe quel jus de chaussette sera le bienvenu après une gorgée de ce café, proposa Red.

Kogoro baissa la tête pour voir les garçons qui avaient fait quelques pas pour entrer dans le bureau.

- Ah. T'es là toi aussi.

- Au fait, papa ! interpella Ran avec bonne humeur. Le nouveau ne devrait pas tarder à passer.

- Il veut rencontrer Kogoro-ji-san ? devina Conan avec lassitude.

- Exactement ! Il le vénère !

- Si j'avais su, je me serais arrangé, grommela le détective en plissant des yeux.

Red pencha la tête sur le côté, un mauvais sourire aux lèvres et un faux air innocent.

- C'est pas un aveux de détournement de mineur ?

- EH OH ! protesta le détective.

- Et je vous rappelle qu'il s'agit d'un garçon, pointa Sonoko avec exaspération.

- Ah bon ? s'étonna le père. Mais elle m'a parlé de quelqu'un qui ressemblait à Mizunashi Reina, non ? C'est pas ce que tu m'as dit, Ran ?

Les deux garçons sentirent leur sang se glacer.

Quelqu'un qui y ressemblait ? Non…. Ce ne pouvait pas être un Homme en Noir ?

- Oui, mais je t'ai bien dit qu'il s'agissait d'un garçon ! protesta Ran.

- Pourtant, avec la façon dont tu en parlais, j'ai cru…

- NON ! IL NE FAUT PAS LE RENCONTRER ! protesta Conan avec panique.

- Hein ?

Avant que le détective ne puisse lui demander de quoi il parlait, on frappa à la porte, qui avait été refermée juste un instant avant par Ran. Les filles sourirent, devinant qu'il s'agissait de leur camarade de classe, mais Conan eut la trouille.

Non, ce ne pouvait pas…

Bam !

Conan se retrouva par terre, renversé par un adolescent qui venait littéralement de trébucher sur lui, les faisant finir aux pieds de Red qui recula pour ne pas se faire renverser à son tour. Conan se redressa en grognant et frotta son crâne, regardant l'inconnu qui l'avait renversé. Assez fin, au visage pointu ressemblant vraiment à celui de Reina. Ses cheveux noirs étaient raides, tombant et tirant vers l'avant en pointe. Il avait les yeux tellement plissés qu'il ne devait pas voire grand-chose.

- Aaaah ! Désolé, j'ai trébuché ! s'excusa l'adolescent en se mettant à genoux. Mes lunettes ! Mes lunettes…

A l'aveuglette, il se mit à chercher quelque chose sur le sol.

- Haruta ? demanda avec perplexité Red.

Dans sa recherche, l'inconnu pinça la joue de Conan alors qu'il regardait dans l'autre sens. Il sursauta et se tourna vers lui, assis sur ses genoux, se frottant le crâne avec embarras.

- Bonjour, détective Mouri ! salua le lycéen. Je suis enchanté de vous rencontrer !

- C'est Conan-kun, il vit chez nous, expliqua Ran.

- Eh ? Ah bon ?

Les yeux toujours plissés, l'adolescent tira les joues de Conan.

Sonoko lui tendit une paire de lunettes qu'elle avait ramassée. Le jeune se les mit sur le nez et se releva en s'excusant, ouvrant plus grand ses yeux clairs. Il est vrai que son physique portait à confusion, avec ses cils très longs et sa finesse. Même sa voix était assez claire pour celle d'un homme. Enfin devant le détective, il le salua joyeusement :

- Enchanté de vous rencontrer Détective Mouri ! Je suis Hondô Eisuke !

Il s'inclina en fermant les yeux, percutant le sommet du crâne de Red qui avait baissé la tête en mettant ses lunettes sur son nez. Résultat ? L'adolescent fit connaissance avec le pirate avec son front contre le sommet de la tête en béton du D.

En hurlant de douleur, Eisuke se redressa pour percuter l'armoire derrière lui en se tenant le front.

Et pour bien en rajouter, un carton en haut de l'armoire lui tomba sur la tête.

Comme si la tête de Red n'était pas déjà assez solide comme ça pour lui faire mal.

- Je crois que je comprends, en fait, Ran parlait de vous comme une copine, commenta Kogoro qui ne savait quoi faire de ce drôle de garçon.

- Il est juste un peu sensible ! défendit Ran.

- Pas du tout ! protesta Eisuke. Je suis malchanceux ! Si je fais tomber mon toast, je suis sûr à cent pour cent qu'il va tomber du côté beurré ! Quand je fais du camping, c'est toujours moi que les moustiques attaquent ! Et sur les photos de groupe, je suis le seul à fermer les yeux ! Les dieux ne m'ont pas accordé leurs faveurs ! Qu'est-ce que vous faîtes avec du béton chez vous, d'ailleurs ?

- Du béton ? demanda Ran avec perplexité.

- Ce que j'ai percuté !

Eisuke sembla chercher autour de lui, avant que Kogoro pointe du doigt Red qui se tenait à côté de Conan, aux pieds du détective.

- Rajoute à ta liste la capacité à percuter le sale gosse qui est statique pour une fois.

- Hun ?

Eisuke baissa les yeux et remarqua l'enfant.

- Ooooh ! Comment ai-je pu avoir la malchance de faire mal à un pauvre aveugle qui n'a rien demandé !

- Si tu avais été un personnage féminin d'une histoire, tu aurais été Moe, commenta Sonoko.

Des deux, c'était le lycéen qui avait dû avoir le plus mal, mais Conan ne le vocalisa pas, se focalisant plutôt sur l'étrange expression de son camarade d'infortune. Il ne savait pas comment décrire l'expression, outre la nostalgie, le désir et la tristesse. Et ce Haruta

- C'est un camarade de classe de Conan-kun. Il s'appelle Dawn D. Red, présenta Ran.

- Enchanté !

Red se contenta de hocher la tête, avant que Eisuke ne se retourne vers Kogoro avec enthousiasme.

- Je souhaitais tellement vous rencontrer ! avoua le lycéen.

- Et pourquoi donc ? s'enquit le détective.

- Pour que vous partagiez un peu de votre chance avec moi !

- Ma chance ?

Encore plus incompréhensible.

- Oui ! Vous parvenez à résoudre des affaires en dormant ! C'est une chance inouïe ! Les dieux sont sûrement avec vous en pareils moments !

- Les dieux ? répéta Kogoro.

Ran intervint pour calmer le jeu et dire à son ami que le surnom de Nemuri no Kogoro venait du fait qu'il baissait la tête pour annoncer ses conclusions, sans pour autant dormir.

- Mais pourtant, il répond toujours évasivement aux interviews après une affaire en disant soit qu'il a tout oublié, soit de s'adresser à la police ! protesta Eisuke.

- C'est parce que ça l'ennuie ! Je t'assure qu'il se souvient de tout ! N'est-ce pas, papa ?

Kogoro ne répondit pas, et derrière lui, Sonoko avait une mine pensive en constatant qu'elle aussi ne gardait aucun souvenir.

Conan soupira. Ils étaient mal tombés avec lui.

Il se tourna vers son camarade.

- Haruta ? répéta-t-il à voix basse.

- Douzième commandant. Un mec d'allure androgyne de petite stature, avec les cheveux brun clair, très agile. Un sabreur de renom. Je me suis reçu une sacrée engueulade de sa part quand je l'ai pris pour une femme la première fois que je me suis adressé à lui. Avec lui et Thatch, on était l'ATH. On a rendu chèvre la moitié de l'équipage. Quand il y avait une sale blague, on était généralement dans le coup, tous les trois.

Un sourire nostalgique apparut sur le visage de l'aveugle.

- Ce Hondô a la même voix que mon nakama, d'où la surprise. Il n'y peut rien, mais ça fait mal.

Conan rapporta son attention sur le lycéen qui harcelait Kogoro pour avoir la possibilité d'une démonstration. Rien d'un bretteur ou d'un pirate, sans compter qu'il n'avait pas les cheveux brun clair mais noirs.

C'est à cet instant qu'on toqua à la porte et Sonoko ouvrit sur un homme d'une trentaine d'années.

- Excusez-moi, est-ce bien le bureau du détective Mouri ?

- En effet, confirma Ran.

- Seriez-vous un nouveau client ? demanda Eisuke avec espoir.

- C'est-à-dire que…

Avant que l'homme ne puisse finir sa phrase, Eisuke poussa une telle exclamation de joie qu'il cogna son nez contre l'arrière du crâne de Red.

- Mon nez ! gémit le lycéen.

Il recula, percuta la table, et tomba à la renverse, emportant le meuble avec lui. Red passa une main dans ses cheveux et la ressortit poisseuse de sang.

- Il s'est cassé le nez, je pense.

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Il s'avéra que le nez n'était pas cassé, malgré le sang, c'était donc un bon point pour Eisuke qui n'eut pas à aller à l'hôpital. Un bon gros pansement et l'histoire fut réglée, permettant à Kogoro de s'occuper de son visiteur autour d'un bon café.

Une disparition.

L'homme cherchait sa petite-amie qui s'était évaporée le matin même. Elle n'était pas chez ses parents et son téléphone était éteint. Le motif de la disparition ? Une dispute de la veille. Chose courante dans le couple.

Kogoro engueula les curieux qui étaient réunis dans son dos pour écouter l'affaire, avant de se rapporter à son client qui lui disait que les disputes commençaient toujours par le fait qu'ils passent peu de temps ensemble à cause de son travail à lui.

Hier soir, elle l'avait accusé d'avoir changé et lui-même lui avait répondu qu'il était impossible de revenir en arrière au temps de leur premier rendez-vous.

Ce furent les derniers mots échangés, avant qu'ils n'aillent se coucher. Au matin, elle avait disparu avec la voiture.

- Ce genre d'histoire est courant, commenta Sonoko d'un air sceptique.

- Cette affaire n'ira pas loin, accorda Eisuke.

- Une simple fugue, continua la blonde.

- Je suis sûre qu'elle reviendra d'ici deux ou trois jours, rassura doucement Ran.

- Je ne peux pas attendre ! protesta l'homme. J'ai laissé dans la voiture des documents que je dois présenter demain à ma société ! Je dois la retrouver aujourd'hui absolument !

- Oh ? Donc, vous vous faites plus de soucis pour votre paperasse que pour votre nana ? s'étonna Red depuis son perchoir sur le bureau de Kogoro.

- Bien sûr que je me fais du souci pour elle ! assura l'homme.

- Je comprends bien, mais nous n'avons aucune piste, lui pointa Kogoro.

- Est-elle au courant pour ces documents laissés dans la voiture ? demanda Conan avec ses mains dans les poches.

- Oui, assura le client.

- Alors, elle s'amuse peut-être à vous faire peur !

- Comment ça ? demanda Kogoro.

- Mais oui ! Elle veut sans doute qu'il la cherche à l'endroit où ils jouaient tous les deux au Sugoroku [AC1] autre fois !

Les adultes ne comprenaient pas de quoi il parlait.

- Ce ojisan parlait d'une situation sans retour, c'est pas comme au Sugoroku ? L'autre jour, on y a joué avec Ran et je n'ai pas pu faire machine arrière !

Red ramena sa capuche sur sa tête pour ne pas se faire prendre en train de rire.

- On y a joué en regardant un feuilleton à la télévision, raconta Ran. Conan-kun est très fort.

Eisuke ajuste ses lunettes et se pencha vers Conan en plissant des yeux.

- Toi, tu es un idiot ! Ce monsieur parlait de la situation de son couple, quand il a dit sans retour…

Eisuke s'interrompit, alors que l'illumination prenait tout le monde. Il avait été question de revenir en arrière, au temps de leur premier rendez-vous. Elle était peut-être partie sur les lieux en question. Il arrive souvent qu'après une dispute, dans un couple, l'un d'eux fasse le malin et se rende dans un endroit précis pour que l'autre vienne le chercher.

Et ici, il était question d'une station de ski à Gunma.

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Dans la voiture, Eisule éternuait, et comment ne pas le comprendre, puisqu'il était le seul malchanceux à être tombé malade avant le départ. Après tout, les deux lycéens avaient voulu venir, et Conan au passage. Red, vaguement curieux, avait juste suivi le mouvement, là où Sonoko avait choisi de rentrer chez elle, chose compréhensible avec la neige au dehors. Ran avait Conan sur les genoux pour lui tenir chaud, faisant rougir le garçonnet jusqu'aux cheveux, alors que Eisuke avait un Red endormi et narcoleptique qui ronflait comme un loir sur ses propres jambes.

A l'avant de la voiture de location, Kogoro discutait avec son client pour savoir les circonstances de sa rencontre avec sa petite-amie. Apparemment, il l'avait ramassée sur cette route quand elle était tombée en panne avec trois amis à elle.

Au détour de la route, sous la neige, ils purent voir une voiture à l'arrêt entre les arbres, qui se recouvraient lentement de neige. Celle qu'ils cherchaient.

Une affaire simple.

Le client se gara et sortit en courant dehors pour rejoindre la voiture.

Conan tourna la tête en sentant quelque chose lui tirait la manche avec insistance : Red, avec une expression fermée.

Comprenant que le pirate avait saisi que quelque chose n'allait pas, Conan ouvrit la porte passagère et sauta des genoux de Ran pour courir dans la neige et rejoindre la seconde voiture. Déjà, leur client tambourinait contre la vitre en appelant la femme à l'intérieur.

Elle était clairement inconsciente et il y avait du scotch dans l'habitacle, tout autour de la vitre, comme pour empêcher l'air de passer. Et c'était la même chose de ce qu'il voyait de la fenêtre d'en face. En se hissant sur la pointe des pieds, il nota un poêle à charbon qui était placé sur le siège à côté de la conductrice.

Un suicide ?

Avec un double des clefs de la voiture, ils essayèrent d'ouvrir la porte. Kogoro, qui les avait rejoints, tira de toutes ses forces sur la poignée, le scotch était sacrément bien placé pour empêcher de l'ouvrir. Conan se détourna pour voir que Red l'avait rejoint avec sa capuche sur le crâne pour se protéger de la neige. Le D. secoua la tête.

- Il n'y a personne d'autre de vivants outre nous. Il n'y a plus rien à faire, souffla le pirate.

Qu'il l'ait entendu ou non, Kogoro sortit son téléphone pour contacter la police et leur demander de l'aide pour ouvrir cette voiture, sauf que le petit-ami avait une méthode plus radicale.

Du coffre, il sortit une batte de base-ball qu'il utilisa pour fracasser le pare-brise devant sa compagne immobile, s'attirant un étrange regard de Conan. Une fois le trou dans le verre, il passa dans l'habitacle et se jeta sur sa petite-amie pour la secouer, mais rien à faire. Kogoro l'appela, lui demanda de retirer le scotch qui bloquait la portière côté conducteur, mais c'était trop solidement collé. Il n'y arriverait pas.

Se rappelant de la présence d'un cutter dans la boite à gant, il se jeta dessus et se tourna vers la portière de l'autre côté pour défaire le scotch, avant de sortir comme un ouragan de l'habitacle, sans savoir qu'un petit détective avait suivi tous ses gestes avec attention.

Mais dans la neige, il fallait se rendre à l'évidence.

Emi, la victime, ne respirait plus.

- J'appelle l'ambulance et la police départementale, annonça Kogoro en prenant son téléphone.

- Je l'ai déjà fait ! assura Eisuke derrière le détective. Apparemment, le policier qui va venir est quelqu'un avec qui « vous faîtes bien la paire » !

Le détective pâlit sous la neige.

Ils étaient à Gunma, ce ne pouvait tout de même pas être…

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- Aaaah… aaaah… atchoum ! éternua Yamamura.

C'était bien ce qu'il craignait.

- Comment ça, on fait bien la paire ? demanda Kogoro avec agacement au policier qui surgissait de son véhicule.

- C'est bien la seule chose de positif qu'il m'arrive en ce moment, grommela le flic simplet. Nous avons arrêté tous les criminels dans toutes les affaires où nous avons travaillés ensemble. Mais à côté, non seulement j'arrive à rien, mais en plus de ça, j'ai reçu la visite d'un policier de la capitale très peu agréable ! Ce Nakamura a vraiment besoin de se calmer.

- Nakamura ? C'est pas lui qui bosse sur les affaires concernant Kaitou KID ? se fit confirmer Ran à son père.

- Il m'a accusé d'être ce nouveau voleur, ce Hiken, parce que mes collègues ont fait remonter l'information comme quoi lui et moi on avait la même voix. Je suis pas un criminel ! Je lui ressemble pas du tout ! J'ai pas sa carrure ! protesta Yamamura.

Conan ne devrait pas rire. Vraiment.

Mais après avoir entendu tout récemment la voix adulte d'Ace, le petit détective réalisait vraiment la ressemblance frappante entre les deux. Sans l'accent exotique du pirate, on aurait pu presque croire qu'il s'agissait d'une seule et même personne qui parlait.

- Vous n'avez pas non plus son panache ou sa classe, nargua Red.

- Non mais dis donc, toi ! protesta le policier en se penchant vers le petit pirate.

- En attendant, vous avez du travail, rappela à l'ordre Mouri en montrant la voiture.

- Ah, oui, c'est vrai !

L'inspecteur retrouva son sourire et brandit un camescope.

- Aujourd'hui, je vais filmer Nemuri no Kogoro !

- Désolé, mais il n'y aura rien à filmer. Regardez la voiture où est morte la femme. Les vitres étaient scellées de l'intérieur au scotch, sans parler du poêle à charbon réduit posé juste à côté. On a réussi à sortir la pauvre femme de là grâce à une batte de base-ball en métal en brisant le pare-brise. Sans ça, nous n'y serions pas arrivés. Il est clair qu'elle s'est enfermée pour s'empoisonner avec le monoxyde de carbone dégagé par les braises. C'est un suicide.

Red se mit à compter dans sa tête combien de temps il faudrait pour que Conan dise que non, c'était un meurtre.

Un Stefan, deux Stefan, trois Stefan…

- Comment ?! s'exclamèrent en cœur Yamamura et Eisuke. Nous ne verrons pas Nemuri no Kogoro ?!

Ils se regardèrent d'un air interloqué avant de se présenter l'un à l'autre, partageant après tout le même enthousiasme envers Kogoro. Puis, dans une très belle harmonie, ils éternuèrent en cœur.

Un homme de la police scientifique interpella Yamamura et lui montra une bouteille contenant des traces de somnifères qu'ils avaient trouvés dans la voiture.

Pour Kogoro, l'explication était simple, c'était pour doubler ses chances de mourir.

- C'est peut-être parce qu'elle n'arrivait pas à dormir ! proposa innocemment Conan.

Merde, Red avait l'impression que son camarade était en train de le faire mentir.

- Elle était à la place du conducteur, aucune raison de dormir, pointa Kogoro avec agacement.

- Mais je l'ai pourtant vu ! Elle avait un pli dans le dos de sa veste ! Normalement, on s'en rend compte tout de suite et on arrange son vêtement ! Mais elle ne l'a pas fait !

Kogoro réfléchit à l'instant où la femme avait été portée dans les bras de son compagnon. Il y avait bien un pli sur la veste.

- Et regardez sur le siège du conducteur ! pointa Conan avec un doigt vers la vitre de la portière.

Comme Kogoro ne comprenait pas, Conan attrapa la main de Ran et la tira vers la voiture, lui demandant de s'accroupir à côté et de faire semblant de tenir le volant. Elle s'exécuta, le dos bien droit et les mains en parallèle au volant de la voiture.

- Vous voyez ?! La femme devait être à peu près dans cette position. Vous ne trouvez pas que son siège est trop éloigné ? Ce devait être parce qu'elle avait du mal à s'endormir qu'elle l'a reculé ainsi ! Pour se reposer !

Il est vrai que pour une femme le siège était trop loin pour conduire.

Le compagnon intervint, proposant que si elle l'avait reculé, c'était peut-être pour poser le poêle à ses pieds.

Yamamura sauta sur l'idée en disant que puisqu'elle l'avait trouvé trop chaud, elle avait dû finalement le mettre à côté d'elle.

Il s'arrêta dans ses suppositions et regarda l'homme.

- Qui êtes-vous, au fait ?

- Misumi Atsushi, cette jeune femme était ma compagne.

Kogoro reprit ses questions pour en savoir plus et il s'avéra que la victime était apparemment insomniaque.

Affaire classée. Suicide.

- Tu me fais vraiment mentir ou je rêve ? demanda Red en bougonnant à l'intention de Conan.

- Je sais ce que tu fais, alors arrête immédiatement, lui reprocha Conan. Oui, c'est un meurtre.

- Je le savais ! Et ce type, c'est l'assassin ! Pas vrai !

Conan soupira en roulant des yeux devant l'évidence, avant de revenir à la voiture. Il n'arrivait juste pas à savoir comment l'homme avait-il fait pour s'extirper de la voiture après l'avoir scellée. Il avait endormi sa partenaire puis installé le poêle, mais ensuite ? Qu'est-ce qu'il s'était passé ensuite ?

Red s'éloigna de quelques pas et sortit son téléphone portable pour faire un appel rapide à Kali.

« Commandant ? » demanda la brune en répondant.

- Fais-toi transférer sans attirer les soupçons dans la classe de Mouri et Suzuki. Tu as carte blanche sur la méthode.

« Mission ? »

- Surveillance, et enquête. La cible est un garçon. Nom Hondô, prénom Eisuke.

« Bien reçu »

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L'affaire était conclue, donc. Pour Yamamura, il était temps de rentrer. Son camescope en main, il fit demi-tour et manqua de tomber à cause d'une différence de niveau dans la neige.

Il était dans un étrange rectangle, dans la neige, de la taille d'une voiture.

Vu la différence, et le fait qu'il avait neigé toute la nuit, cela voulait dire que quelqu'un s'était arrêté ici un moment.

- Ooooh ! C'est justement la taille de la voiture de location que le monsieur barbu a louée pour nous conduire ! remarqua Conan.

Kogoro se tourna vers Misumi pour lui demander quand il avait fait la location et la réponse était dans la soirée d'hier.

- Je l'ai fait précipitamment parce qu'après notre dispute, Emi m'a dit qu'elle se servirait de ma voiture aujourd'hui. J'en avais besoin, moi aussi… mais jamais j'aurais pensé qu'elle l'utiliserait à pareille fin.

- Vous n'avez vraiment pas fait attention ! pointa Conan. Vous saviez qu'elle voulait prendre votre voiture, mais pourtant, vous y avez laissé des documents importants pour votre société !

- Eh bien, je pensais les prendre ce matin… se justifia maladroitement l'homme.

Yamamura demande des explications que Kogoro lui donna. Un gars de la scientifique vint les voir pour annoncer qu'ils avaient d'ailleurs trouver les documents en question à l'arrière de la voiture, sans parler de son sac à main qui contenait l'allume-cigare de la voiture. L'objet avait laissé une brûlure sur la couverture d'un livre qui était paru aujourd'hui en tirage limité. Livre sans la moindre empreinte.

Pourquoi faire ça ?

- Elle détestait les cigarettes, expliqua Atsushi. Et moi, je suis grand fumeur. Alors, elle cachait souvent l'allume-cigare pour m'empêcher de fumer dans la voiture, il semblerait qu'elle se soit fait avoir par cette manie.

- Bizarre, je vous ai pas senti fumer, commenta Red qui se tenait à côté de Conan avec les mains dans les poches de son blouson.

- Eh bien, je me retiens depuis tout à l'heure ! prétexta l'ami de la victime. D'ailleurs, si vous le permettez, je vais aller fumer dans la voiture de location.

Et il partit en courant se mettre au chaud dans la voiture pour fumer.

Des cigarettes…

- Tu penses à quoi ? demanda Red en penchant la tête vers son camarade.

- Donne-moi une minute, je reviens, dit tout bas Conan à son compagnon d'infortune.

Et en courant, il se précipita vers la voiture/lieu du crime pour arriver jusqu'à la porte ouverte devant laquelle se tenait deux experts de la police scientifique. En dépit de leurs protestations, il grimpa sur le siège et se précipita vers les rangements devant la boite de vitesse. Dedans, il trouva un message écrit sur une couverture en papier qui devait servir à protéger un livre.

Voilà ce qu'il cherchait. Il avait désormais la certitude que c'était Atsushi le meurtrier, mais pour avoir réussi son crime en « chambre close », il devait y avoir un truc.

Les bras croisés dans un geste pensif, Conan se laissa docilement attraper par la capuche par un des agents qui le retira de la voiture.

Ziuoup !

- PUTAIN D'BORDEL DE MERDE ! TU M'CHERCHES !

Conan tourna la tête pour voir ce qu'il se passait. Eisuke était par terre, sur les fesses, et à ses pieds, Red se redressait, de la neige encore sur le visage qui fondait rapidement.

- Red-kun ! Tu ne dois pas parler aussi vulgairement ! rouspéta Ran.

Elle se tourna vers Eisuke qui se relevait en se massant le bas du dos.

- C'est toujours moi qui glisse et me retrouve par terre en faisant tomber tout le monde au passage ! gémit l'adolescent.

Ah.

Tout s'expliquait.

Conan retrouva le plancher des vaches et rejoignit le trio. Apparemment, le garçon maladroit s'était ouvert le doigt. Certainement parce qu'il était tombé sur un éclat de pare-brise.

- Attends, j'ai des pansements, montre ton doigt ! lui dit Ran en fouillant ses poches.

- Tiens…

Eisuke offrit son doigt à Ran et se mit à rougir comme un fou quand une bouche se referma dessus et lui suça le sang… avant de réaliser que c'était Conan qui venait de le faire en attirant le membre jusqu'à lui. Le gamin recracha le sang sur le côté et offrit un grand sourire à Ran.

- Il suffit de sucer le doigt ainsi pour qu'on arrête le saignement !

- Il faut quand même lui mettre un pansement, lui pointa Ran.

Conan attrapa la bande médicale et la donna à Eisuke. Il n'avait qu'à se le mettre lui-même.

- Y'a de la jalousie dans l'air~ ! caqueta Red.

Conan regarda son camarade pour lui faire une réflexion et remarqua quelque chose.

- Tu as perdu ta lentille gauche.

Réaction immédiate, Red plaqua sa main sur son œil le temps de baisser ses lunettes de soleil devant ses yeux.

- C'est génial les pansements, commenta joyeusement Eisuke en se mettant son pansement. Ils stoppent en un instant toutes les petites coupures et regardez !

Il montra son doigt bandé avec un grand sourire presque niais.

- On dirait que je ne me suis jamais blessé !

- En attendant, j'ai perdu une lentille par ta faute, lui reprocha Red. Donc, t'es mignon, mais tu me la retrouves !

- On va la trouver en s'y mettant tous, Red-kun, elle ne doit pas avoir fini bien loin, lui dit Ran.

Conan n'écoutait pas un traitre mot de ce que disait Ran. Il s'était retourné vers la portière que Atsushi avait ouvert pour sortir avec la défunte.

Et si…

Lentement, il alla voir le scientifique.

- Ano, ojisan…

- Encore toi ? reprocha l'adulte agacé.

- J'ai vu qu'on avait oublié quelque chose dans la voiture tout à l'heure, je peux aller le chercher ?

Et avant d'avoir la réponse, il se précipita vers l'ouverture et s'assit sur le siège, observant méticuleusement le scotch.

Il esquissa un sourire.

Il avait la clef de l'énigme.

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Red était en train de faire le deuil de sa lentille qu'on ne retrouverait jamais, pendant que Kogoro répétait à Yamamura et Eisuke qu'il était question d'un suicide, il n'y aurait pas de « show ». C'était une déception pour les fans, après tout, tout le monde attendait la vidéo avec impatience. Les gens, vraiment tous des idiots ! Au lieu de se réjouir d'échapper à un meurtre, ils tiraient des têtes de huit pieds de long pour un spectacle qu'ils ne verraient pas.

- Kogoro-occhan ! appela Conan. J'ai trouvé quelque chose, vous venez ?!

Et sans laisser le temps à l'adulte de dire quoi que ce soit, il l'attrapa par la manche et l'attira jusqu'à la portière ouverte de la voiture, lui demandant s'il ne la trouvait pas étrange.

- Vous aurez votre show, grommela Red.

Et comme d'habitude, Kogoro se fit avoir par la piqure anesthésiante de Conan, finissant assis dans la neige. Yamamura l'entendit tomber et alla voir, poussant un cri très fangirlesque.

- Kyyyyyaaa ! Il a pris la pose avec son aire absorbé et dédaigneux ! C'est Nemuri no Kogoro !

Absorbé et dédaigneux ? D'où est-ce qu'il sortait ça ?

Mais il était temps de passer aux choses sérieuses.

- Red-kun, va chercher Misumi-san, le fiancé de la victime, c'est le personnage essentiel de cette affaire, demanda Conan.

Dans la voiture, toujours à fumer, Atsuhi remarqua qu'on l'observait. Pas le temps de se poser la question que la portière s'ouvrit et que Red le tira sans ménagement de derrière le volant pour l'entrainer vers le détective.

- Le coupable est dans la place ! annonça Red.

Et avec un bon coup de pied, il força l'adulte à tomber à genoux dans la neige.

- Aïe ! Mais qu'est-ce qui va pas avec ce gosse ! Et pourquoi il parle de coupable ! protesta l'adulte.

- Vous êtes l'assassin de votre fiancée, lui dit Conan avec la voix de Kogoro. Et vous avez essayé de maquiller son meurtre.

- Quoi ?!

Pas sérieux pour un sou, Yamamura filma avec attention Kogoro et Atsushi avec son camescope.

- Tu vois, il ne fait que parler avec la tête basse, pointa Ran. Les dieux ne sont pas descendus l'habiter, pointa Ran à Eisuke alors qu'elle regardait le déroulement de l'affaire avec les mains dans le dos.

- C'est vrai, accorda Eisuke en arrangeant ses lunettes. Mais tu ne trouves pas ça étrange ?

- Quoi donc ?

- Que les garçons soient à côté de lui, comme ça.

- Ah ? Red-kun et Conan-kun ? Mon père fait souvent appel à Conan-kun durant ses exposés, comme un assistant, et Red-kun est toujours à proximité de son ami quand il est avec nous, c'est pour ça qu'ils sont à côté de outousan.

- Je vois…

De son côté, Atsushi demandait à ce que Mouri arrête de se moquer de lui. Après tout, il avait fait appeler au détective pour la retrouver, ce n'était pas logique.

- Vous aviez besoin de quelqu'un pour attester de votre bonne foi. Et pour cette voiture, vous avez fait en sorte qu'elle paraisse scellée !

- Je ne comprends pas, avoua le suspect.

- Vous pensez que le meurtrier a élaboré un stratagème ? demanda Yamamura avec son camescope braqué sur Kogoro. Ces messieurs du service d'identification ont pourtant affirmé que le scotch était solidement fixé et qu'on aurait eu du mal à l'enlever…

- Effectivement, il n'a pas été possible d'ouvrir la voiture une fois les loquets déverrouillés, confirma Kogoro.

- Vous voyez bien qu'elle était scellée, c'est donc un suicide, se défendit Atsushi.

- C'est vrai pour la portière côté conducteur, mais c'est sans compter sur cette entaille laissée sur le scotch posé sur la portière côté passager !

- Ooooh… vicieux… je vais garder l'idée, commenta Red avec un petit sourire.

- Mais, Mouri-san, vous avez bien vu quand ce monsieur a coupé le scotch avec son cutter ! pointa Yamamura avec perplexité.

- Exact, confirma Conan avec la voix du détective. J'ai bien vu qu'il plaquait sa main sur le scotch qui avait été légèrement collé sur cette entaille, et j'ai bien vu avec quelle adresse il le coupait tout en appuyant dessus.

- Il n'était donc pas vraiment collé ?

- Z'êtes lent, m'sieur flic, même moi j'ai pigé le truc ! se moqua Red.

- AH ouais ! Et dis-nous donc comment ça s'est passé quand tu es incapable de voir devant toi ! rouspéta Yamamura clairement vexé.

Sa remarque lui valut un coup de canne dans les genoux qui le fit hurler de douleur.

- Ils sont venus à deux ici, expliqua Red. En chemin, il a dû la droguer à son insu. Une boisson chaude, ce genre de trucs où on met une tonne de somnifère. Quand elle dort, on change les places et enfin, on scelle la bagnole. Ensuite, il découpe le scotch côté passager, ouvre la portière et remet une couche de scotch du côté intérieur de la voiture pour cacher la coupure une fois la porte refermée. Il allume le poêle, sort, verrouille la bagnole et l'affaire est dans le sac.

- Et c'est exactement ça, confirma Kogoro.

Toujours en se massant les genoux, Yamamura grommela contre l'aveugle.

- Misumi-san avait besoin de quelqu'un pour s'assurer que le scotch côté conducteur était parfaitement fixé, avant de casser le pare-brise avec sa batte. Une fois dans la voiture, il n'avait qu'à appuyé sur le scotch pour le faire adhérer et recouper dedans pour faire croire ainsi au suicide et commettre son meurtre en espace clos.

- J'ai compris ! s'exclama Eisuke. Si on veut aider quelqu'un assis à la place du conducteur, on va évidemment tenter d'ouvrir la portière de son côté, et bien entendu, on va penser que le scotch que l'on voit à travers la vitre est lui aussi solidement fixé !

- Exactement. Personne ne saura jamais qu'il n'était que posé, confirma Conan. Regardez donc là le scotch a été coupé du côté passager, vous verrez dès que la découpe sur les couches n'est pas identique, c'est la preuve à ce que je viens d'avancer. Si on rajoute le siège conducteur reculé et le pli de la veste de la jeune femme, on a toutes les preuves pour dire que c'est lui qui a conduit la voiture ici et qui a déplacé sa fiancée endormie sur l'autre siège.

- Pas si vite ! protesta Atsuhi. Ne me suis-je pas précipité pour l'extirper de la voiture à notre arrivée ici ?! Je n'arrive pas à croire que vous interprétiez cet acte de manière aussi négative ! Sans parler que vous n'avez pas de preuve !

- Vous croyez ? J'en ai une, au contraire. Elle est dans le cendrier de la voiture. La victime cachait l'allume cigare dans son sac à main, non ? Ce n'était pas seulement pour empêcher Misumi-san de fumer, c'était pour qu'il ne voie pas ce qu'elle avait caché dans le cendrier avant qu'elle ne soit descendue de la voiture.

Yamamura entra dans la voiture et, son camescope toujours en main, il trouva la lettre que Conan avait découvert précédemment.

- C'est une lettre de rupture, annonça froidement le détective.

- « Tu voudrais m'emmener à notre lieu de rencontre pour que redevenions comme avant, mais j'ai changé. Je suis désolée, Emi. »

Tout était dit. Si on établissait que c'était bien la victime qui avait écrit ça, ils avaient la preuve que Atsushi était responsable du meurtre. Alors, la dernière défense restait l'attaque : tout mettre sur le dos de quelqu'un qui ne peut se défendre, dans le cas présent, la défunte.

- C'est un piège ! s'énerva Atsushi. Emi a tout mis en scène ! Elle a maquillé son suicide en meurtre en me faisant passer pour l'assassin ! Elle avait prévu que j'utiliserais le cutter sur l'entaille faite dans le scotch ! C'est elle qui l'avait installé ! Et elle a laissé ce message pour me faire accuser !

- C'est lettre n'est pas notre preuve, lui dit Kogoro. Il s'agit plutôt de la couverture du livre sur laquelle la lettre a été écrite.

En effet, si on y regardait de plus près, on constatait qu'il s'agissait du papier qu'on mettait sur les livres en librairie, et il correspondait parfaitement avec le livre à tirage limité sorti aujourd'hui-même. Une erreur, un simple oubli qui faisait qu'on trouverait probablement ses empreintes sur cette lettre. Et dire que la femme était censée avoir disparu à son réveil, le matin même.

Et il suffisait d'aller voir le vendeur pour savoir s'il se souvenait du suspect.

Sans nulle part où fuir, il passa aux aveux.

Il avait été aux petits soins pour sa fiancée, il lui obéissait au doigt et à l'œil. C'était elle qui avait demandé ce livre. Depuis qu'il la connaissait, il avait toujours été à ses petits soins, répondant à ses moindres désirs. Concerts, vacances, et la voiture… Il voulait être son roi, mais il n'était seulement son serviteur.

Il était cocu.

Il avait découvert un mégot de cigarette dans la voiture où il n'avait justement pas le droit de fumer.

Et quand il l'avait confrontée, elle lui avait avoué sans remord et avec un sourire défiant qu'elle et son amant prenaient souvent la voiture pour leurs promenades.

Un emprunt pour payer la voiture qui servait à un autre. Un parfait imbécile.

- Mais vous devez me croire ! sanglota l'homme en prenant Yamamura par les épaules. Je l'aimais ! Je n'ai pas voulu revenir ici uniquement pour le bon déroulement de mon stratagème ! C'était aussi pour elle ! J'avais des remords ! Et puis, je me suis dit qu'elle avait peut-être survécu ! C'est pour cela que j'ai brisé le pare-brise !

Le rire narquois de Red coupa le drama de la scène avec autant d'efficacité qu'un couteau.

- Ce n'est pas drôle ! Tu ne peux pas comprendre gamin ! s'insurgea le coupable.

- Je pense qu'il a justement tout compris, pointa Kogoro. Alors, arrêtez votre comédie. Je ne sais pas ce qu'il y avait entre vous, mais ce n'était plus de l'amour.

- Que dîtes-vous ?! s'étrangla Atsushi.

- Si vous aviez vraiment voulu la sauver, c'est pas le pare-brise que vous auriez casser et surtout pas côté conducteur, pointa Red. Vous auriez choisi l'arrière ou le côté passager, afin de ne pas la blesser. Ce sont les vandales qui commencent par l'avant.

- Vous saviez qu'elle ne respirait plus, acheva Conan. Vous voulez juste tout casser. La voiture, et votre histoire avec elle.

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Ils furent raccompagnés chez eux par la police, avec Yamamura qui félicitait Kogoro pour ce qu'il avait fait. Pour Mouri, assis derrière le détective en baillant, ne voyait pas de quoi il était question. Yamamura observa son film, tout content, avant de réaliser qu'il avait oublié de retirer le bouton pause durant la démonstration. Tout plein d'espoir, il se tourna vers le groupe à l'arrière pour demander si on pouvait tout refaire. Chose qui fut bien évidemment refusée.

De son côté, Ran savait qu'en fait, les lauriers revenaient à Conan.

- C'est grâce à toi que cette affaire a été résolue ! Tu as vu que le scotch était louche après qu'on ait parlé de pansement, et tu as pu le dire à papa, n'est-ce pas ?

- Plus ou moins, marmonna Conan avec une petite voix.

- On te vole toujours la vedette ! Pauvre Conan-kun !

Conan la regarda sans comprendre. Elle avait vraiment réalisé ça ? C'était mauvais.

- Comment ça ? s'intéressa Eisuke.

- Conan-kun a toujours le même rôle, raconta en souriant Ran. Quelqu'un dit quelque chose d'apparemment anodin et il le transforme en élément clef pour résoudre l'affaire.

- Drôle de petit garçon… commenta Eisuke en se penchant sur Conan en plissant les yeux.

Mais c'était qui ce gars, bon sang ? Conan commençait à avoir des sueurs froides.

- Oi, si tu veux pas que je te laisse courir sous la neige, arrête de bouger, t'es pas tout seul, siffla Red.

Eisuke sursauta si violemment en se rappelant qu'il avait l'enfant sur les genoux qu'il se cogna contre le plafond de la voiture.

- En parlant de neige…

Ils regardèrent au dehors, finissant par réaliser que le temps s'était vraiment éclaircit.

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A.N. Sorte de jeu de l'oie