Coucou tout le monde^^

Avant de vous laisser avec Hinata, les Uchiha, puis un binôme électrique, je vous remercie pour vos reviews ;)


PARTIE II

Chapitre 8 : Colis suspect

Un léger vent faisait danser les petites fleurs roses du sakura offrant de l'ombre à l'assise en pierre qu'il surplombait. Les yeux cernés de fatigue dû à une nuit blanche, Hinata fixait les branches colorées, allongée sur le banc, les jambes pendant de chaque côté et les bras repliés pour lui servir d'appui-tête. Les devinettes de la veille l'avaient empêchée de dormir et continuaient d'envahir ses pensées. Elle tentait d'y mettre de l'ordre dans l'espoir de trouver enfin le sommeil.

Elle n'avait pas fait attention aux bruits provoqués par les domestiques qui entamaient leur journée, comme elle avait à peine pris conscience que le soleil était levé depuis deux bonnes heures. Toute son attention était accaparée par le hacker, celui qu'il disait être, celui qu'il était, ce qu'il lui avait dit… Leur jeu habituel s'était transformé en interrogatoire, mais elle n'avait pas obtenu toutes les réponses à ses questions. La plupart d'entre elles n'avaient reçu qu'un simple « confidentiel », accompagné d'un haussement d'épaules.

Elle faisait donc le point. Il disait être un anbu ─ même s'il ne l'avait pas clairement verbalisé. Un anbu fichtrement doué si elle se fiait aux barrières qu'il avait sauté jusqu'ici. Elle admirait le simple fait qu'il ait réussi à bluffer Bunta. Elle n'avait jamais rencontré le conseiller de Hiashi, mais Kô, entre autres, lui en avait souvent parlé. Durant sa jeunesse, il avait été un Soldat du Soleil réputé pour son intuition. D'après Tokuma, rares étaient les personnes qu'il ne déchiffrait pas en quelques paroles échangées. Être passé sous son détecteur et en être sortit vivant lui avait très certainement facilité son entrée au manoir secondaire.

D'après elle, son don et sa victoire face à Bunta étaient les seuls éléments qui avaient décidé Hiashi à le recruter. Et en tentant de penser comme l'aurait fait le Chef Hyûga ─ selon ce qu'elle se figurait de lui ─, elle imaginait qu'il l'avait confié à Neji et à Hanabi pour le garder sous bonne surveillance, ce qui se confirmait avec le bureau qu'il lui avait installé à côté du sien. Elle était donc certaine qu'il se méfiait de Sarige, mais qu'il ne se doutait pas de sa double identité. Et maintenant qu'elle en avait connaissance, elle se demandait comment le Chef pouvait l'ignorer ? Elle ne trouva d'autres réponses à cette question que la confiance aveugle que Hiashi avait en Bunta.

Alors elle en vint à se questionner sur ce qui avait permis à Sarige de berner ainsi le conseiller du Chef. En y incorporant les brides d'informations qu'il lui avait partagé la veille, elle se disait qu'il ne devait pas y avoir beaucoup de différence entre sa véritable identité et celle qu'il utilisait. « Comment je dois t'appeler ? » s'entendit-elle le questionner. « Shika, juste Shika » avait-il répondu d'un sourire. Elle plissa les sourcils. Était-ce son nom de code chez les anbus ? Un surnom ? Ou s'était-il tout simplement habitué à cette identité, à Shika Sarige ? Elle soupira, vide de la moindre certitude.

Et pour la énième fois depuis qu'elle avait élu domicile sur le banc, elle se remémora le regard parfaitement sérieux qu'il lui avait servi lorsqu'elle l'avait questionné sur son aveu. Il lui avait assuré ne pas avoir fuité la révélation, mais comment pouvait-elle le croire sur parole ? Si elle était convaincue qu'il n'avait rien dit à Neji ou à n'importe quel autre Hyûga, elle doutait qu'il ait caché une telle information au Namikaze. Pour quelles raisons tairait-il qu'elle n'était pas la fille de Hiashi ? Ce simple fait permettrait au Kage de signer une alliance avec le clan Uchiha, qui attaquerait le patriarche des clans pour haute trahison. Ce simple fait suffirait à détrôner le Chef Hyûga !

─ Tu as demandé à me voir ?

Elle sursauta et se redressa vivement, remarquant alors la présence de son frère. Elle détourna rapidement le regard, se leva et entreprit de rentrer à l'intérieur du manoir en tentant de l'ignorer. Ce n'était pas le moment pour qu'elle l'affronte, il lui manquait trop d'heures de sommeil et son esprit était déjà assez assailli comme cela ! Cependant, il la suivit en se répétant. Cette fois, elle entendit distinctement la question, fronçant les sourcils en s'interrogeant sur la réclame incongrue. Qui avait eu l'idée loufoque ─ et erronée ─ de lui dire qu'elle voulait le voir ? Après un silence lourd de réflexion, elle consentit à lui répondre :

─ Oui, j'voulais savoir comment va Hanabi, inventa-t-elle à la volée.

─ Elle est en mission. Elle rentrera demain soir et-

Il stoppa ses mots quand elle se tourna vers lui en affichant son choc. Venait-il vraiment de lui répondre ? Et sans cette intonation froide qu'il utilisait habituellement ? « Qu'est-ce qu'il lui prend ? » s'interrogea-t-elle. Il sembla tout aussi surpris qu'elle de sa réponse immédiate. Elle s'apprêta à renchérir, mais il la devança, sans pour autant s'adresser à elle :

─ Je t'attendais.

Hinata se tourna vers le destinataire de ce commentaire, croisant le regard du hacker. Elle était tellement abasourdie par la réaction inhabituelle de son aîné, qu'elle ne put que regarder le duo quitter le manoir par la porte avant, les bras ballants et la bouche légèrement entrouverte. Elle cligna plusieurs fois des paupières. Ce n'était désormais plus une intuition, son frère avait visiblement changé. D'ordinaire, il lui aurait répondu d'un ton autoritaire en lui disant que cela ne la regardait pas.

Elle se massa les tempes et soupira longuement en abaissant les paupières. Après avoir passé la nuit à cogiter sur le hacker, voilà que l'attitude de plus en plus étrange de son frère venait la harceler ! Elle aurait donné n'importe quoi pour se débarrasser temporairement de tout cela, le temps d'une sieste. Un léger froissement de tissu vint briser le silence alentour. Elle rouvrit les yeux et les écarquilla en voyant Kô se faufiler discrètement vers la porte d'entrée.

─ Kô ?

Il se figea à son appel et bifurqua lentement vers elle, lui offrant un sourire crispé alors qu'il lâchait la poignée de la porte.

─ Hi-Hinata, répliqua-t-il d'un rire nerveux. Tu as l'air fatiguée.

─ C'est toi qui a dit à 'niisan que je voulais lui parler ?

Le regard fuyant, Kô hésita un instant avant de s'approcher d'elle pour lui chuchoter ses explications.

─ Je ne sais pas ce qu'il m'a pris, plaida-t-il, embarrassé de lui mentir. J'ai interpellé Neji-sama sans faire attention. Je m'attendais à ce qu'il me remette à ma place, mais il est resté silencieux.

Hinata resta stoïque. Pourquoi diable Kô avait-il interpellé Neji ? C'était illogique. Tout autant que le manque de réprimande à l'irrespect du domestique… Elle écouta à peine les remerciements qu'il lui offrit pour avoir instinctivement joué le jeu, préoccupée par l'agissement de Kô, les réactions changeantes de Neji et les révélations sous-entendues de Sarige. Elle ne fit pas non plus attention au départ précipité de celui qu'elle considérait comme un père, plongée dans un tourbillon de questions. Il lui fallut de longues secondes avant de remarquer qu'elle était de nouveau seule dans la pièce de vie.

─ C'est quoi ce délire ? souffla-t-elle, perdue.

Elle ne savait plus à quoi penser en premier lieu. Devait-elle s'inquiéter de la nervosité de Kô, du changement brusque de son frère ou des semi-révélations du hacker ? Peut-être devait-elle dormir quelques heures avant de s'embarquer dans des réflexions hasardeuses, songea-t-elle. Sur cette pensée intelligente, elle se dirigea dans sa chambre et se pelotonna sous sa couette. Les paupières closes, un sourire fleurit sur son visage. Cependant, il disparut en un claquement de doigts lorsque la voix de Sarige vint résonner dans son esprit : « Est-ce que tu serais mon alliée ? ».

Après une profonde inspiration, elle se mit sur le dos, posa ses mains sur son ventre et garda les yeux fermés. Elle n'avait fourni aucune réponse à cette question, et le hacker ne s'en était pas formalisé. Il en avait même souri avant de l'abandonner près du lac en lui clamant qu'il la laissait y réfléchir. Et elle ne faisait que cela depuis. Sans prendre en compte tout ce qu'une réponse positive engagerait, elle aurait spontanément accepté, pour la simple et bonne raison qu'ils tendaient tous les deux vers le même but : détrôner Hiashi. Mais il lui était impossible de faire simplement abstraction de ce que son accord provoquerait.

Si elle s'alliait à lui, c'était comme si elle collaborait avec le Kage… Et si jamais le Kage prenait la décision d'attaquer Taiyô ? S'il venait à considérer Neji et Hanabi comme ses ennemis ? Elle aurait alors joué un rôle dans tout cela, et ceci lui était inenvisageable. Elle gardait le secret sur son statut d'enfant illégitime uniquement dans le but d'éviter ce genre de drame, ce n'était pas pour tout ruiner maintenant ! Elle n'était pas idiote, elle devinait sans peine que la seule aide qu'elle pouvait fournir au hacker était des informations. Il lui demandait clairement d'être parfaitement transparente avec lui, or elle doutait qu'il le serait avec elle ! Les « confidentiels » qu'il lui avait servi le prouvait.

Toujours les yeux fermés, son front se plissa. Peut-être qu'en étant parfaitement transparente, elle pourrait faire comprendre au Kage et son agence secrète que son frère et sa sœur n'avaient d'autres choix qu'obéir aux ordres du patriarche ? Peut-être pouvait-elle réclamer un retour à cette aide pour mettre certaines personnes en sécurité ? Peut-être pouvait-elle même poser ses conditions ? Elle souleva prestement ses paupières en y songeant, puis se leva de son lit pour se saisir de son bloc-note. Elle nota alors ses exigences sur une page vierge, espérant pouvoir en discuter avec Sarige dans la soirée.

Une fois ceci fait, elle relu sa liste de souhait en souriant, bien contente d'avoir trouvé comment se débarrasser de cette torture psychologique. Si Shika Sarige acceptait ses conditions, alors elle l'aiderait dans sa mission. Satisfaite, elle se recoucha et tenta de s'endormir. Malheureusement pour elle, son frère prit la relève. Son caractère changeant vint l'accaparer, lui arrachant un gémissement plaintif. Elle voulait juste dormir un peu !

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Dans le champs à l'arrière du manoir héritier, pianotant les doigts de sa main gauche sur son coude droit, Itachi avait les yeux braqués sur le colis ramené par son coursier quinze minutes plus tôt. Ses prunelles noires fixaient le sceau scellant le petit carton rectangulaire, déviant de temps à autre sur l'identité du destinataire : Mikoto Uchiha. Il se retenait de l'ouvrir. D'après Yashiro, son coursier, un certain Tokuma Hyûga lui aurait remis le paquet à la frontière nord de Honô. Ce n'était donc pas une livraison officielle, car Hiashi n'avait pas envoyé son messager habituel, comme trois jours plus tôt ─ pour une lettre de la maîtresse de Taiyô à l'intention de la même personne.

Le prénom de cet Hyûga lui était pourtant familier, il avait déjà entendu parler de lui, mais il ne parvenait pas à se souvenir si c'était Hinata qui l'avait mentionné ou son grand-père lors de leurs innombrables discussions. Alors avant même d'avertir sa mère, il avait contacté Shisui et Madara afin qu'ils l'éclairent. Le premier arrivant dans le champ fut le plus jeune, le tirant de son observation distraite.

─ Le recruteur du clan, annonça Shisui en s'avançant vers lui. Vingt-deux ans, fils de Sangi Hyûga, famille noble mais cheveux courts.

─ Trahison ?

─ Impossible de savoir, haussa-t-il des épaules. Alors c'est ça, le colis ?

Itachi répondit en inspirant profondément, baissant le regard sur le sceau rouge où une flamme apparaissait en relief. Il se souvenait maintenant du prénommé et fouilla sa mémoire jusqu'à pouvoir le visualiser lors d'une poignée de main. Ce fut le moment que choisit Madara pour arriver. Il attira ainsi l'attention de ses petits-enfants.

─ Shisui, le CV du coursier, réclama-t-il en s'approchant.

─ Recruteur, vingt-deux ans, fils de Sangi Hy-

─ Sangi Hyûga, un excellent Soldat du Soleil, mort en mission, coupa instinctivement l'ancien. Un sang noble.

─ Il a les cheveux courts.

Madara braqua son regard sur Shisui, qui s'empressa d'ajouter qu'il n'en connaissait pas la raison. Il le tourna ensuite sur Itachi, espérant qu'il puisse lui en dire davantage, car si sa fiancée savait quelque chose, elle aurait pu le lui confier. C'était une information qu'il jugeait importante, car lorsqu'un noble Hyûga était déshonoré, c'était soit parce qu'il avait enfreint les lois communes, soit pour avoir trahit la famille héritière.

─ Je l'ai rencontré il y a quatre ans, quand il faisait sa confirmation au manoir secondaire, partagea le Chef de son calme habituel. Hinata l'aimait bien, et c'est rare qu'elle apprécie les futurs confirmés de Hiashi. Cela signifie forcément que ce Tokuma obéit à son Chef par obligation et non par conviction.

─ Il est probablement fidèle à quelqu'un de plus digne selon son point de vue, argumenta Shisui en hochant de la tête.

─ Et livre ce paquet pour lui, termina Madara, faisant opiner les deux autres. Je préviens Atomi d'un colis suspect.

Il les quitta sur ses mots, laissant l'informaticien et le Chef échanger un regard. Puis celui de Shisui dériva sur le petit carton posé au sol et entouré d'herbes sèches, et plus précisément, sur le prénom et le nom écrit en noir. Le clan Hyûga sollicitait beaucoup Mikoto, selon lui. Connaissant sa tante, il était prêt à parier que cela la réjouissait. D'un sourire, il informa son cousin qu'il allait chercher la destinataire.

Itachi l'observa s'éloigner, puis soupira. Il doutait que ce colis soit à caractère dangereux. Bien que, d'après ses souvenirs, Tokuma n'avait pas été très amical avec lui lors de ses visites à Hinata. À l'époque, il était déjà assez observateur pour juger cette inimitié comme une jalousie mal refoulée. Et de ce qu'il se rappelait des propos de sa fiancée, Tokuma renfermait une certaine rancœur contre son Chef et l'héritier. Alors si Shisui avait raison le concernant, il était certain que ce colis provenait de quelqu'un qu'il pouvait considérer comme un allié, mais qui ?

. . .

Mikoto fixait la silhouette d'Atomi accroupie au loin, écoutant distraitement les quelques chuchotements qu'échangeaient son fils et son neveu. Ce colis l'intriguait. La mention de Tokuma Hyûga par Itachi, dès son arrivée au champ, l'orientait dans l'hypothèse qu'il provenait de la maîtresse Hyûga. Elle se souvenait parfaitement de leur plus récente conversation, où elle avait pu la questionner sur sa famille après avoir révélé que Uruchi avait été sa nourrice. Elle se remémorait sans mal la mention de deux frères, ainsi que d'une nièce, Natsu, et d'un neveu, Tokuma. Et à en croire Shisui, le jeune recruteur était possiblement fidèle non pas à son Chef, mais à quelqu'un de plus intègre, qu'elle imaginait être Fuki.

D'après ses observations, la maîtresse de Taiyô aimait profondément son époux, renfermait une lourde culpabilité envers sa cadette et cachait difficilement une certaine crainte envers son propre clan, sans que Mikoto ne soit parvenue à en déceler la cause exacte. Alors si ce paquet provenait bien d'elle et qu'il avait été envoyé en-dehors des procédés officiels qu'utilisait Hiashi, cela signifiait que ce qu'il contenait l'éclairerait sur le profil qu'elle dressait de l'épouse Hyûga. Elle l'espérait en tout cas. Et si cette hypothèse se révélait exacte, ce colis détenait possiblement une information cruciale.

Elle s'impatienta en voyant Atomi se redresser avant de venir vers eux, le petit carton entre les mains. Que ce soit Madara, Itachi, Shisui ou elle, personne ne fut surpris de constater que le paquet n'avait aucun caractère dangereux. Elle offrit un sourire au démineur Uchiha avant de plonger son regard à l'intérieur du colis, découvrant un étui à cigare dont elle se saisit. L'ouverture cylindrique était recouverte de cire rouge, la même que celle du sceau qui avait scellé le paquet. Mikoto jeta un coup d'œil à son père avant de forcer l'ouverture. Elle en extirpa ensuite le contenu, qui s'avéra être une lettre.

─ C'est l'écriture de Fuki-sama, souffla-t-elle en levant brièvement les yeux sur son fils.

Itachi fronça les sourcils. Il ne s'était pas attendu à cet émetteur ni à qui que ce soit d'autre d'ailleurs. Hinata ne lui parlait pas assez des siens pour qu'il ait un avis sur eux. Les rares Hyûga qu'il se permettait de profiler étaient ceux qu'il avait pu observer ou ceux ayant été ou étant proches d'Hinata, ce qui ne se résumait qu'à quelques personnes : Hiashi, Fuki, Neji, Hanabi, Tokuma et certains domestiques comme Kô ou Kilari. Et s'il faisait le point sur ce qu'il avait appris de la mère de sa fiancée durant les deux repas avec les Hyûga, il ne l'imaginait pas être une potentielle alliée.

─ Que dit cette lettre ? réclama-t-il.

─ Vois par toi-même, répondit Mikoto en lui tendant la feuille.

Il s'en saisit immédiatement et se fit rejoindre par Madara et Shisui, qui regardèrent par-dessus ses épaules pour lire les quelques mots écrits :

« Mikoto-sama,

Cela parait quelque peu déplacé de vous faire ainsi parvenir une lettre officieuse cependant, je n'ai d'autre choix. Vous êtes la seule vers qui je peux me tourner, car vous êtes une mère, vous pouvez me comprendre. Je sais que Hinata sera en sécurité près de vous. Ce n'est pas le cas pour Neji et Hanabi, je crains pour leur vie.

Je me dois de vous avertir que Hiashi ne considère pas le clan Uchiha comme nos alliés. Il vous trahira dès qu'il le pourra. Le mariage de nos enfants lui importe peu, la vie de Hinata lui importe peu. Je crains qu'il attaque Honô. Je ne sais rien de ses desseins, mais je peux vous assurer que ses intentions ne sont pas louables, ni envers vous ni envers Konoha.

Le clan Uchiha est le seul qui puisse nous venir en aide, protéger Taiyô et mes enfants. Je vous en supplie, Mikoto-sama, il faut arrêter Hiashi avant qu'il ne soit trop tard. »

Itachi replia lentement la lettre, son cœur battant à tout rompre. Grâce à la coalition, il connaissait en partie les desseins du Chef Hyûga, il s'attendait déjà à la trahison mentionnée et craignait pour la sécurité d'Hinata. Pourtant, les mots de l'épouse du patriarche envenimaient son appréhension, lui donnant l'impression que le danger était imminent.

─ Que faisons-nous ? s'inquiéta Mikoto, les yeux rivés à ceux de son père.

─ Discuter, dans un premier temps.

Itachi hocha affirmativement la tête à la réplique spontanée de Madara, imité par Shisui. Le calme apparent de l'informaticien témoignait sa concentration. En effet, il cogitait sur une phrase en particulier : « Le mariage de nos enfants lui importe peu, la vie de Hinata lui importe peu ». Cela le perturbait, car quelques lignes plus tôt, elle affirmait être rassurée que sa cadette devienne une Uchiha. Il subtilisa la lettre aux mains d'Itachi quand Madara les invita à retourner au manoir, attirant un coup d'œil de son cousin. Celui-ci ne fit aucune remarque, continuant simplement de cheminer à ses côtés en laissant le père et la fille les précéder.

Shisui lut une deuxième fois le message de la maîtresse Hyûga, cette femme qu'il avait trouvée extrêmement introvertie lors de leur rencontre. Fuki avait certes souri à ses blagues, mais ne lui avait pas une seule fois adressé volontairement la parole, pas plus qu'avec les autres. De plus, elle n'avait rien démontré qui puisse prévoir qu'elle n'était pas fidèle à son clan et son époux, ce qui rendait cette lettre d'autant plus surprenante.

─ Itachi ? appela-t-il soudainement. Nous devons absolument savoir pourquoi ta fiancée a si peu de valeur.

─ Elle ne me diras rien, soupira-t-il d'agacement. Tu ne la connais pas, elle est bornée.

La grimace agacée qui accompagna la réplique arracha un sourire amusé à Shisui, qui tourna la tête vers leurs aînés.

─ Qu'est-ce que tu as trouvé ? enchaîna le Chef.

─ Elle dit craindre pour la vie de l'héritier et la benjamine, mais pas pour Hinata, parce qu'elle va devenir l'une des nôtres. Pourtant elle clame que Hiashi-sama se fout de votre union, comme de ta fiancée.

─ C'est contradictoire.

─ Ou informatif. Il est probable qu'elle sache qu'il n'attaquera Honô qu'après votre mariage, supposa-t-il.

─ Nous devons agir avant.

─ Hm.

Ils échangèrent un regard entendu pendant lequel Shisui lui rendit la lettre, lui arrachant un sourire discret. Itachi s'attarda à la lire de nouveau. Il se concentra ensuite sur le dos de son grand-père, apercevant l'emblème Uchiha à travers les longues mèches blanches. Toutes ses pensées étaient focalisées sur cette lettre, sur l'avertissement et l'appel à l'aide qui y étaient transcrit. Puis il songea à Hinata, et après une poignée de secondes, il partagea ses réflexions avec son conseiller.

─ Elle appelle ses parents par leur prénom…, elle aime sa mère, mais son père…, soupira-t-il, ne trouvant pas l'émotion adéquate. Elle ne m'en parle pas assez. Elle s'est bien gardée de me dire que son frère la battait… ! Elle est difficile à déchiffrer, et elle me connait, elle ne tombe pas dans mes pièges.

─ J'ai hâte qu'elle vive à Honô, glissa Shisui avec amusement.

─ Elle te plaira, affirma-t-il sans hésitation.

Shisui lui octroya un coup d'œil, sentant un pincement désagréable au sourire qu'il affichait. Cependant, il ne perdit pas son faciès enjoué.

─ Je suis heureux pour toi, mon cousin, sourit-il faussement, bien que sincère. Je te souhaite tous mes vœux d-

─ Hinata est ma meilleure amie Shisui, juste ma meilleure amie.

Il fut surpris de la réplique comme du ton ferme d'Itachi, qui ne semblait pas vouloir le regarder. Il ne sut comment l'interpréter. Pourquoi semblait-il gêné d'avoir des sentiments pour Hinata ? C'était une bonne chose, surtout en prenant en compte qu'ils avaient été fiancés très jeunes.

─ Mon père disait que s'unir à sa meilleure amie assure un mariage heureux, tenta-t-il, lui accordant une œillade taquine.

Itachi ne répliqua pas, lui offrant seulement un sourire pour valider l'affirmation. Il avait longtemps cru qu'en réussissant à tomber amoureux d'Hinata, il serait enfin libéré de ses entraves invisibles, il serait enfin heureux. Mais le baiser qu'ils avaient échangé à leur dernière entrevue lui avait prouver que peu importe ce qu'il ferait, ce qu'il souhaitait, il ne pourrait jamais changer celui qu'il était. Pourtant, il avait toujours foi en les mots de Kagami. Shisui était son meilleur ami.

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La circulation était fluide à cette heure tardive. Au volant, phares allumés, Naruto conduisait à bonne allure, ignorant royalement son Uchiha de passager. Celui-ci avait un coude appuyé sur son genou relevé, pouvant ainsi poser son menton sur sa paume tout en fixant le marquage dessinant l'asphalte de la voie express. Cela faisait plus de deux heures qu'ils avaient quitté Suna, dans un silence pesant. Naruto l'avait brisé après une centaine de kilomètres en activant la radio. Cependant, la musique n'était qu'un simple fond sonore.

Ils avaient tous deux reçu l'ordre de revenir à Konoha, mais pour des raisons différentes. L'Uzumaki avait été réquisitionné par son Chef pour la mission de sauvetage organisée par la coalition au quartier Koyâ. Cette affectation temporaire lui convenait, ce que témoignait son air déridé, et avait chassé sa déception à son manque de réussite concernant la fiancée Sari. Quant à Sasuke, il avait été dans l'obligation d'obéir au Chef No Sabaku, qui avait conditionné leur rencontre à ce qu'elle se déroule à la Tour du Sable. Il va sans dire que cela lui déplaisait fortement, ce que son expression fermée attestait.

Le simple fait de répondre à l'exigence du nouveau Chef lui donnait la désagréable impression de lui être inférieur. Certes, hiérarchiquement, ils n'étaient pas au même niveau, mais Sasuke n'accordait aucune valeur à une personne comme Gaara, qu'il soit Chef ou un simple exécutant. Sans le rôle dont il s'était lui-même incombé pour cette mission, il n'aurait jamais offert le moindre intérêt à cet homme autre que dans la manière la plus efficace de lui ôter la vie. Il jalousait d'ailleurs son binôme actuel, car infiltré Koyâ avait été son objectif premier sous les ordres de Madara.

Cependant, Itachi avait refusé de l'inclure dans les agents confiés à la coalition sous les ordres du Kage. D'ailleurs, la raison que lui avait fourni son frère ne lui plaisait pas le moins du monde. Il était conscient de son impulsivité, mais cette excuse était de piètre qualité pour amener à un refus. Il était tout de même le troisième meilleur Assassin de Honô, il savait prendre en considération les risques qu'engendraient ses décisions ! Si durant la mission, l'assassinat du Chef mettait les autres agents de la coalition en danger, il aurait su se retenir. Sauf qu'Itachi ne voyait pas les choses sous cet angle et préférait confier les Assassins sélectionnés à Izumi.

Il respectait l'ordre de son aîné, malgré qu'il ne fût pas du même avis que lui. Premièrement parce qu'Itachi était son supérieur hiérarchique. Et deuxièmement parce que sa cousine possédait la même aversion que lui envers le père et le fils cheftaines de ce clan de proxénètes. Il savait pertinemment que si l'occasion se présentait, Izumi n'hésiterait pas à la saisir. Et au vu de son niveau sur le tableau des records accroché dans la salle des tatamis du manoir héritier, elle offrirait une mort nette et sans bavure à l'ordure qu'était le Chef de Koyâ. Cela le rassurait assez pour ne pas trop songer à sa mise à l'écart. Malheureusement pour lui, cela revenait à cogiter plus que nécessaire sur l'exigence outrageante dudit Chef.

Pour chasser son irritabilité, il décida de ressasser la mission No Sabaku depuis l'alliance officieuse entre son clan et le gouvernement du Namikaze. Madara l'avait réquisitionné pour cette mission bien avant la coalition. Avec l'aide d'Izumi, il avait pris en charge les Assassins infiltrés à Suna et était assez fier d'avoir sauvé dix-neuf filles d'un esclavagisme sexuel, malgré l'indignation qu'avec témoigné son binôme lors de leurs partages d'informations. Il avait néanmoins échoué dans son objectif d'infiltré Koyâ. Comme il l'avait précisé à son grand-père, les frontières murées de ce quartier étaient vraiment bien protégées, que ce soit par les gardes ou par l'héritière en personne.

Son clan avait donc une avance considérable lors de l'alliance officieuse pourtant, il ne pouvait nier que l'ANBU du Kage fournissait une aide précieuse. Contrairement à lui, un de leur agent ─ Hatake s'il se souvenait bien ─ avait réussi à se mettre en contact avec Temari No Sabaku, ce qui avait permis une évolution conséquente dans leurs actions. Preuve en était que dans quelques jours tout au plus, une unité exceptionnelle, formée par des agents venant de chaque branche de la coalition, s'introduirait dans Koyâ. Même si c'était pour un sauvetage, le Kage avait autorisé l'assassinat de Rasa et Gaara No Sabaku si leur capture s'avérait impossible.

Apercevant un panneau routier qui indiquait leur approche de Konoha, Sasuke quitta sa position pour jeter un regard au faux brun qui conduisait. L'Uzumaki était silencieux, ce qui était bien rare. Son actuel binôme n'était pas un mauvais agent, mais son hyperactivité et son sourire d'idiot fini ne rendaient pas cette constatation évidente. Il le trouvait épuisant, mais d'une certaine manière, cela l'amusait. Car Naruto se vexait tout aussi vite qu'il se déridait, il était donc une cible parfaite pour ses taquineries. Et avec ces quelques jours passés à Suna, il pouvait affirmer qu'il n'était peut-être pas un anbu de terrain, mais il en avait les qualités. Il se réjouissait d'ailleurs que malgré leur entente en dents de scie, ils aient réussi à s'accorder.

Il songea soudainement au fait que Naruto parvenait plutôt aisément à le comprendre. Il réussissait à suivre le fil de ses pensées avec peu de mots échangés, il décryptait facilement ses réactions ou ses intentions, et contre toute attente, il l'avait suivi dans chacune de ses directives, même s'il avait râlé en amont. Rares étaient les Assassins avec lesquels il faisait un bon duo, alors il avait douté pouvoir y parvenir avec un Uzumaki. Pourtant, leur binôme fonctionnait plutôt bien, surtout lorsque l'on prenait en compte qu'ils venaient de clans autrefois ennemis.

─ Namikaze-sama t'a dit dans quelle équipe tu seras pour la mission ?

Cette réclame inattendue attira un bref coup d'œil de Naruto. Se recentrant sur la route en sortant de la voie express, il répondit :

─ Oui, l'équipe 2, celle qui sera aux portes du quartier.

─ Hm, tu ne pénètreras pas Koyâ, constata-t-il plus pour lui-même qu'autre chose.

─ Non, et même si ça avait été le cas, je n'aurais pas eu besoin de tes ordres, Uchiha.

La réplique défensive arracha un sourire à l'Assassin, ce que Naruto vit grâce à une œillade. Qu'il s'inquiète pour cette mission alors qu'il ne faisait pas partie de l'unité réquisitionnée l'irrita. Il s'imaginait donc que son prétentieux binôme allait encore faire des plans sur la comète pour imposer son point de vue. Sauf que cette fois, il ne pouvait décider de quoi que ce soit. Cette constatation le fit récupérer son sourire apaisé.

─ As-tu une quelconque influence sur ton père ?

Naruto fut surpris de cette question, ne prenant pas la peine de le cacher. Il bifurqua sur Sasuke, puis revint sur la route.

─ Pourquoi ça t'intéresse ?

─ Si tu as une influence sur Namikaze-sama, alors peut-être pourrait-on faire d'une pierre deux coups avec cette mission.

Naruto fronça les sourcils tout en gardant le silence, incitant implicitement l'Uchiha à s'expliquer. Celui-ci le fit dans la seconde, de ce ton habituellement autoritaire et supérieur que l'Uzumaki n'appréciait pas. Cependant, il resta attentif et fini par esquisser un sourire carnassier qui plut à Sasuke.

─ J'en toucherai un mot à mon père, déclara-t-il à la fin des explications.

─ Fait en sorte d'être convainquant.

Naruto leva les yeux au ciel. L'Assassin ne pouvait-il pas simplement se réjouir qu'il le suive, encore une fois, dans ses idées de plans ? Non, bien sûr, il fallait qu'il rajoute son petit commentaire hautain !

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09/03/2020

Prochain chapitre : « Dangereuse répartie »