Il était tard lorsqu'ils arrivèrent à Konoha, et le village était plongé dans l'obscurité, déjà endormi dans sa grande majorité. Éreinté physiquement et moralement, le groupe de Kakashi passa les portes d'un pas lent, salué par les ninjas de garde. À ce moment-là encore, il était impossible de savoir.

Ils se séparèrent et chacun prit un chemin différent : les plus jeunes prirent un à un celui du retour chez eux, tandis qu'Itami et Kakashi se dirigèrent vers le bureau du Hokage. Ils savaient que, malgré l'heure tardive, il était probable qu'ils trouvent Tsunade là-bas, dans l'attente de leur retour et des nouvelles qu'ils auraient à lui communiquer. Ils avaient un rapport à faire.

Ils ne s'étaient pas trompés. Lorsqu'ils atteignirent le bureau du Hokage, les lumières allumées leur indiquèrent la présence de Tsunade. La porte du bureau étant entrouverte, ils la poussèrent, plus ou moins persuadés qu'ils allaient trouver Tsunade endormie sur son bureau, avachie sur des documents qu'elle n'aurait même pas consultés, un verre de saké à moitié vide posé sur la table.

Mais non.

Elle était à la fenêtre, assise sur le rebord, une jambe pendant dans le vide, l'autre ramenée contre sa poitrine. Et elle regardait au-dehors, le regard perdu dans le vague, un air étrange peint sur le visage. Un air de chagrin, de profonde tristesse, de remord, mais, aussi, quelque part, d'acceptation. Kakashi et Itami se figèrent. Tous deux, d'instinct, avaient compris au premier coup d'œil qu'il s'était passé quelque chose. Itami sentit son cœur accélérer son rythme dans sa poitrine, battant à tout rompre contre ses côtes. Une alarme s'était mise à hurler silencieusement dans sa tête.

-Que s'est-il passé ?

Elle eut du mal à reconnaître sa propre voix. Elle lui sembla rocailleuse et comme terriblement distante, comme venue d'ailleurs. Comme celle de quelqu'un d'autre.

Tsunade tourna lentement la tête vers eux et plusieurs secondes de silence pesèrent lourdement sur la pièce. Kakashi et Itami attendaient, et Tsunade semblait revenir lentement à elle. Enfin, elle prit la parole. Elle avait les yeux humides et ne lâcha qu'un mot. Un seul mot, mais qui suffit, qui résonna dans la pièce et leur enserra la poitrine.

-Jiraiya.

Itami eut l'impression que son cœur s'était arrêté, son sang figé dans ses veines. Un instant, ils restèrent tous trois immobiles. Kakashi et Itami tentaient d'encaisser le choc, comme un coup de tonnerre dans le bureau, et Tsunade leur laissait le temps d'avaler la nouvelle.

-Comment ?

De nouveau, c'était cette voix d'outre-tombe qui n'était pas la sienne.

-Itami… tenta Kakashi.

Elle sentit la main qu'il essaya de poser sur son épaule, mais se dégagea d'un geste brusque.

-Tsunade, que lui est-il arrivé ? insista-t-elle.

Tsunade lâcha un profond soupir, plein d'une tristesse résignée qui lui brisa le cœur.

-Il avait une piste sur le leader d'Akatsuki. Il s'est rendu au Pays de la Pluie, et il a affronté cet homme… Pain. Fukasaku, le Grand Crapaud Ermite, est venu lui-même m'annoncer sa mort. Il portait un message de Jiraiya censé nous aider à découvrir l'identité de ce Pain.

-Que disait le message ? voulut aussitôt savoir Kakashi.

-Je ne sais pas. Le message est codé.

-Il faut le dire à Naruto, les interrompit soudain Itami.

Les deux autres se tournèrent vers elle d'un même mouvement.

-Demain, décida Kakashi d'une voix sans appel.

-Tu plaisantes ? s'insurgea Itami.

-Je suis d'accord avec Kakashi, émit Tsunade. Votre mission n'a pas été un succès, n'est-ce pas ?

-Non, convint Itami. Sasuke Uchiha a tué son frère, et Akatsuki a mis la main sur le garçon avant nous.

Tsunade accusa le coup et digéra la nouvelle avant de reprendre :

-Alors laissons la nuit à Naruto. Il en a sans doute besoin. De toute façon, nous avons beaucoup à faire avant d'apprendre à Konoha le décès de Jiraiya. Ces informations sur Pain…

-Nous avons aussi rencontré Akatsuki, l'informa Kakashi.

-Raison de plus, soupira Tsunade. Votre rapport presse.

-Sûrement…, voulut négocier Itami.

-Non, rétorqua le Hokage. Itami… Jiraiya était mon coéquipier. Mon plus vieil ami. Ne crois pas que sa mort me laisse indifférente. Mais nous sommes des ninjas et nous avons un devoir à accomplir, des questions pressantes à traiter, un ennemi à affronter. Nous aurons le temps de pleurer nos morts.

La vérité de ces paroles la heurta durement. Elle manqua vaciller sous le choc invisible de l'horrible réalité : Tsunade avait raison et ils n'avaient pas de temps à perdre. Ou Jiraiya serait mort pour rien. Et c'était tout bonnement inacceptable.

-D'accord, accepta-t-elle à regret. D'accord.


Ils ne dormirent guère cette nuit-là. Ils passèrent des heures à voir les détails de leur mission, ce qu'on avait appris de celle de Jiraiya, et lorsqu'enfin Kakashi et Itami quittèrent le bureau du Hokage, aucun ne put trouver le sommeil. Itami passa la nuit à se retourner dans son lit puis, à la première heure, elle quitta son appartement. L'aube pointait à peine, mais Kakashi l'attendait déjà au coin de la rue, adossé à un mur. Elle n'en fut pas vraiment surprise.

-Tu as pu fermer l'œil ? demanda-t-il en se redressant pour venir marcher à côté d'elle.

-Non. Toi ?

Il secoua légèrement la tête.

-Je n'arrêtais pas de penser à Minato, avoua Itami.

-Parce qu'il était l'élève de Jiraiya ?

-Parce qu'il aurait su quoi dire à Naruto. Il était plus doué que moi pour ces choses-là.

-Tsunade lui annoncera elle-même la nouvelle.

-Mais après, Kakashi ? Sur quelle épaule ira-t-il pleurer ? C'est mon neveu. Et pourtant, ce ne sera pas la mienne. Parce que j'ai choisi de l'abandonner au lieu de l'élever.

Kakashi ne sut pas ce qu'il pouvait répondre à cela. Il aurait pu lui rappeler qu'elle avait été une adolescente de quatorze ans dont la famille venait de mourir. Ou lui dire que, lui aussi, à sa façon, avait choisi la fuite. Lui assurer que Naruto, quand il saurait, comprendrait. Mais elle avait déjà entendu tout cela, de sa bouche ou d'une autre. Il aurait voulu la serrer dans ses bras, mais il n'osa pas. Et le moment passa.

-Alors, comment Tsunade prévoit-elle de faire les choses ?

-Elle a fait convoquer Sakura et Sai. Il faudra bien qu'ils apprennent aussi la nouvelle et elle a pensé que Naruto aurait besoin de la présence de ses amis. Je vais aller le chercher moi-même.

Itami se contenta de hocher mollement la tête. Kakashi chercha quelque chose à ajouter tandis qu'ils marchaient en silence, mais en vain. Il se maudit intérieurement et regretta que ni Asuma, ni Minato ne soient plus là. Itami avait raison. Eux, ils auraient su quoi dire.


Quand Naruto entra dans le bureau de Tsunade, il se figea net. Ses yeux passèrent du dos de Kakashi, juste devant lui, à Sai et Sakura, puis d'Itami à Shizune et Tsunade, et, enfin, s'arrêtèrent sur les crapauds présents dans la pièce. Il se tramait quelque chose, et s'il devait en croire les expressions sur ces visages, quelque chose d'important.

-Ainsi donc, voilà le disciple du petit Jiraiya ? demanda le vieux Fukasaku.

-Oui…, confirma Tsunade, assise à son bureau. C'est Naruto Uzumaki. Probablement l'enfant de la prophétie.

Le cœur d'Itami se serra un peu plus. Un temps, on avait pensé que c'était son frère, l'enfant de la prophétie. Elle avait bien noté le regard scrutateur du vieux Fukasaku lorsqu'elle était entrée dans le bureau et qu'elle avait prononcé son nom de famille.

-C'est qui, cette vieille grenouille ? maugréa Naruto.

-Surveille ton langage, Naruto ! le sermonna Tsunade. Tu as devant toi maître Fukasaku, un des deux grands sages du Mont Myoboku. Il a fait tout ce chemin pour venir te parler.

-Pour être exact, je suis l'un des deux grands crapauds ermites, la corrigea Fukasaku. Mais passons. Tu es vraiment le disciple du petit Jiraiya ?

-"Le petit Jiraiya" ? tiqua Naruto d'un ton agressif. Comme si l'ermite pervers était un gosse ! Elle se prend pour qui, la vieille grenouille ?

-Naruto ! aboya Tsunade. Je t'ai dit de surveiller ton langage ! Maître Fukasaku est celui qui a enseigné le jutsu ermite à Jiraiya.

Naruto arrondit les yeux, stupéfait. Fukasaku, lui, éclata de rire :

-L'ermite pervers ! Voilà un surnom approprié pour le petit Jiraiya !

-Alors, qu'est-ce que vous me voulez, papy ermite ? voulut savoir Naruto.

Tout sourire disparut de l'expression du crapaud.

-Eh bien, je ne sais pas vraiment par où commencer… Mais je suppose que le principal, c'est que… Le petit Jiraiya est mort au combat.

Le temps sembla se surprendre. Naruto parut brusquement K.O debout, figé sur place.

-Quoi ? lâcha-t-il d'une voix rauque.

Tous les regards étaient braqués sur lui, désormais. Celui de Kakashi, indéchiffrable. Celui de Sai, neutre. Celui de Sakura, inquiet. Celui de Shizune, compatissant. Celui de Tsunade, résolu. Et celui d'Itami, en proie à une tempête d'émotions contradictoires.

-Qu'est-ce que… Qu'est-ce que vous racontez ?

Alors on lui raconta tout. Le vieux Fukasaku relata à l'assemblée tout ce qui s'était passé au Pays de la Pluie, où Jiraiya était parvenu jusqu'à Pain avant de l'affronter. Ou plutôt, de les affronter. Car ils étaient six, qui possédaient tous les mêmes yeux, le terrifiant Rinnegan, et qui voyaient chacun ce que les autres pouvaient voir. Il raconta comment Jiraiya s'était battu avec l'aide de ses invocations, et comment il avait fini par périr.

-Le petit Jiraiya a eu la gorge broyée lors du combat, expliqua-t-il. Mais il m'a quand même laissé un message avant de mourir. Le voici.

Et aussitôt, Fukasaku ôta son manteau et se tourna pour leur dévoiler son nom.

-Il l'a écrit en code pour que Pain ne puisse pas le comprendre. C'est ce que le petit Jiraiya nous a laissé.

Naruto avait baissé la tête. D'une voix douce, un peu faible, qui contrastait avec l'accusation qu'elle contenait, il demanda :

-C'est vous qui l'avez envoyé là-bas, la vieille ?

Tsunade n'essaya même pas de nier. Elle l'avait laissé partir, après tout.

-C'est exact, confirma-t-elle.

-Pourquoi l'avez-vous laissé prendre ce risque ? s'emporta Naruto. Vous connaissiez l'ermite pervers mieux que personne ! Comment avez-vous pu l'envoyer seul dans un tel endroit ?

-Ça suffit, Naruto.

La voix d'Itami avait sèchement claqué dans l'air. On lui adressa des regards de surprise, et Naruto lui-même sembla déstabilisé, s'attendant visiblement à ce que quelqu'un d'autre se permette de le reprendre. Le moment de surprise passé, il la défia du regard.

-Tu sais sans doute mieux que personne ce que doit ressentir Tsunade en ce moment, continua Itami d'un ton sévère.

-Si l'ermite pervers avait été Hokage, il n'aurait jamais laissé la vieille y aller, lui ! rétorqua furieusement Naruto.

Sur ces mots, il tourna vivement les talons et ouvrit la porte du bureau à la volée.

-Naruto ! l'appela Sakura.

Il l'ignora et sortit en claquant la porte derrière lui. La jeune fille fit mine de se lancer à sa poursuite.

-Laisse-le aller, ordonna Itami. Je m'en charge.

-Itami…, commença Tsunade.

Elle fit volte-face vers le Hokage et foudroya Tsunade du regard. Cela suffit pour que Tsunade lève les yeux au ciel en signe d'acceptation, et Itami quitta le bureau à son tour.

Lorsqu'elle déboucha à l'extérieur, Naruto n'était nulle part en vue. En revanche, elle tomba sur Iruka, qui avait été le professeur de Naruto à l'Académie.

-Itami ! l'appela-t-il en l'apercevant.

-Pas maintenant, marmonna-t-elle en continuant de chercher Naruto des yeux, déjà prête à avoir recours à sa perception du chakra.

-J'en ai seulement pour une seconde. Je viens de croiser Naruto…

Itami posa alors enfin les yeux sur lui, l'air soudain intéressé, et il en tira la confirmation de ce qu'il avait déjà déduit de son bref échange avec son ancien élève :

-Il s'est passé quelque chose ?

-Maître Jiraiya est mort, avoua-t-elle avec tristesse.

Iruka prit quelques instants pour digérer la nouvelle.

-Je vois…

-Je vais essayer de lui parler, expliqua Itami.

Il acquiesça de la tête, mais semblait douter quelque peu :

-Tu es sûre que…

-Tu sais, Iruka. Tu sais ce qu'il est pour moi. J'aurais dû être là pour lui autrefois, et j'ai commis la bêtise irréparable de prendre mes jambes à mon cou. Pas aujourd'hui. J'ai besoin d'essayer.

Iruka comprit. De nouveau, il hocha doucement la tête.

-Il est parti par-là, lui indiqua-t-il avec un signe du menton.

-Merci.

Itami prit la direction indiquée et finit par rejoindre Naruto, qui avançait d'un pas lent, en traînant les pieds, la tête baissée.

-Naruto ! l'appela-t-elle.

Il marqua un temps d'arrêt puis lui tourna le dos et, les épaules voûtées, commença de nouveau à s'éloigner.

-Fichez-moi la paix, grogna-t-il.

-Pour que tu te morfondes ? Ce n'est pas ce que Jiraiya aurait voulu.

-Qu'est-ce que vous en savez, d'abord ? répliqua Naruto avec colère.

Au moins, il s'était arrêté et avait fait volte-face, de sorte qu'il la regardait enfin.

-Tu sembles oublier que j'ai connu maître Jiraiya bien avant ta naissance, lui rappela-t-elle. C'était le maître de mon frère, tu te souviens ?

-Ouais. Et alors ?

-Alors, Minato a toujours éprouvé une grande admiration pour Jiraiya. En grandissant, il est devenu plus que son disciple. Il est devenu son ami. Et moi, j'habitais sous le même toit. Je pourrais te raconter pendant des heures ces soirées où Jiraiya venait dîner chez nous. On ne s'ennuyait jamais, avec maître Jiraiya.

Itami eut un sourire en coin à ces souvenirs, mais il disparut rapidement, et elle fourra les mains dans les poches et baissa légèrement la tête.

-Enfin, c'était il y a bien longtemps. Maintenant, de ces gens-là, il ne reste que moi. C'est horrible, n'est-ce pas, de faire partie de ceux qui restent ?

Naruto ne répondit pas. Mais il lui sembla qu'un peu de sa colère avait disparu de son visage. Pour laisser place à du chagrin, certes, mais c'était un début.

-La mauvaise nouvelle, c'est que ça ne s'améliore pas. Jamais.

-Et la bonne ?

Bon. Une réaction, un peu de curiosité… On faisait des progrès.

-Il n'y en a pas, répondit-elle. On ne s'y fait pas. Chaque fois, c'est aussi dur que la précédente. Plus, même, parfois, en fonction de qui… Bref. Rester derrière, survivre, ça m'est arrivé plusieurs fois. Trop de fois, à vrai dire. Et tu ne comprends pas, bien sûr. Pourquoi eux, pourquoi toi ?

Naruto baissa les yeux pour cacher les larmes qui commençaient à y apparaître, mais Itami ne se laissa pas duper.

-Lorsque mon frère est mort, se rappela-t-elle, ç'a été la goutte d'eau de trop. Ces deux années-là, j'avais perdu des amis, de très bons amis. C'était la guerre, après tout, mais ces morts-là… Je les ai encore dans la peau, gravées en moi, dans ma chair. Comme une cicatrice qui ne se referme pas, même après toutes ces années.

-Ça se referme, un jour ?

-Non. Simplement, tu apprends à vivre avec. C'est le plus difficile. Se lever, chaque matin, et vivre son quotidien. Se laver, manger, discuter, rire, même. Vivre, et plus encore, être heureux, ça demande du courage. Porter cette souffrance en soi et être heureux malgré ça… Ça demande des tripes. C'est une des choses les plus ardues qui soient.

-Je voulais juste…

Naruto déglutit et s'essuya les yeux. Les larmes avaient commencé à couler sur ses joues.

-Je voulais juste qu'il continue de veiller sur moi, qu'il me voie devenir Hokage. Et à la place, il m'aura juste vu faire l'andouille.

-Ah, oui… C'est terrible, n'est-ce pas ? Ils ne sont plus là, et on se demande comment on va faire pour vivre tous ces moments-là sans eux. À quoi bon, après tout, puisqu'ils ne sont plus là ? Et en même temps, on se met à œuvrer de toutes nos forces pour que tout soit parfait, pour devenir le meilleur, pour réussir sa vie, pour qu'ils soient fiers de nous. Alors qu'ils ne sont plus là.

Itami tendit la main et la posa doucement sur son épaule. Il leva des yeux mouillés vers elle.

-Mais tu sais, fier de toi, Jiraiya l'était déjà. Crois-moi. Déjà, il n'aurait pas pris n'importe qui comme disciple. Et surtout, il adorait t'enseigner. Il te considérait comme son propre petit-fils, et il a toujours cru, du plus profond de lui-même, que tu deviendras un jour un Hokage formidable.

Naruto la considéra un instant, incrédule.

-Fais ton deuil, Naruto, reprit Itami. Prends le temps qu'il te faut. Il m'a bien fallu douze ans, à moi… Mais deviens le Hokage que Jiraiya a vu en toi. Et surtout, ne baisse pas les bras. Ce n'est pas cet homme-là qu'il a fait grandir.

Soudain, comme pris d'une subite impulsion, Naruto glissa ses bras sous les siens pour l'enlacer. Itami se figea, le souffle brusquement arrêté, les yeux ronds. Elle ne s'était pas attendue à cela. Elle pensait, à vrai dire, qu'elle avait renié tout droit à ce genre de choses quinze ans plus tôt, lorsqu'elle avait fait le mauvais choix.

Mais au bout de quelques instants, constatant que Naruto ne la lâchait pas, elle se laissa aller à respirer de nouveau et lui rendit son étreinte.