Disclaimer : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à leurs concepteurs, je ne fais que les emprunter le temps d'une fiction.

Avertissement : cette histoire est la suite directe du Temps des gardiens.

Petit mot à l'intention de Suu Kuni : C'est une langue inventée pour le peuple Adari. Merci beaucoup pour les encouragements cela fait vraiment plaisir.


Le temps du renouveau

Chapitre 36

An 2012

Arvo entrouvrit les yeux et Storm, qui le surveillait, assis sur le bord du lit, se pencha immédiatement vers lui.

- Comment te sens tu ? S'enquit il d'un ton soucieux.

Arvo prit le temps de ressentir ce que lui disait son corps avant de répondre. Il ne se sentait plus si fatigué, ni en proie à un froid que rien ne semblait pouvoir dissiper, mais il n'était pas pour autant totalement remis. Il n'osait pas espérer vraiment qu'il soit en bonne voie pour guérir.

- Mieux... je crois... dit il d'un ton un peu hésitant.

Storm soupira de soulagement. La façon dont son lié s'était endormi brutalement, à peine s'étaient ils retrouvés, lui avait fait redouter le pire, mais à présent, même s'il ne voulait pas se bercer de faux espoirs, il constatait qu'un peu de couleur était revenu sur les joues du jeune homme, son regard était plus vif également, sa peau plus chaude sous la sienne.

- J'ai l'impression que tu vas un peu mieux. Mais tu vas devoir te reposer encore, prendre des forces, tu n'es pas totalement remis... dit il d'une voix tout aussi peu assurée que celle d'Arvo.

Un temps de silence, s'installa, Arvo fut le premier à le rompre.

- Je peux te voir sous ta vraie forme ? Demanda t'il d'une voix tremblante.

Storm le regarda avec surprise, étonné par cette demande imprévue.

- Tu es certain de vouloir ? Je n'ai pas changé depuis notre rencontre... murmura t'il.

- Je crois que j'en ai besoin. Répondit Arvo.

Storm hocha la tête, se recula un peu et se transforma en un clin d'œil. Arvo se redressa lentement et s'appuya à la tête du mur afin de l'observer attentivement.

Le corps souple du dragon, aux écailles bleu vert, se lovait sur le sol devant lui. Les griffes de ses pattes avant s'entrechoquaient dans un léger bruit, trahissant sa nervosité.

Arvo tendit la main et effleura le côté de la tête de Storm du bout des doigts. Il s'attendait à ce que les écailles qu'il touchait soient froides, mais elles étaient tièdes et douces sous sa peau.

Malgré la visible nervosité du dragon, qui tremblait presque à son contact, il n'avait pas peur.

- Tu es magnifique... souffla t'il. Je n'avais pas réalisé...

Storm frissonna et le regarda droit dans les yeux, lui dévoilant son angoisse. Arvo déplaça sa main sur son front avec lenteur.

- Tu peux reprendre forme humaine ?

Storm le fit sans attendre, soulagé de ne pas devoir rester plus longtemps sous son autre forme. Même s'il se sentait bien lorsqu'il était un dragon, il avait l'impression qu'Arvo aurait plus de facilité à l'accepter s'il avait un aspect plus familier.

Arvo réprima un bâillement, Storm l'aida à se recoucher et le regarda plonger à nouveau dans le sommeil. Cette fois, il n'était pas inquiet, il sentait que les choses étaient en bonne voie.

oOo

Esryan hésita, puis, presque à regret, il se tourna vers Keltyr. L'ancien commandant de la garde royale était immobile, couché sur le sol, sa chevelure sombre répandue autour de lui. Ses yeux gris et brillants rivaient sur lui un regard douloureux.

- Je sais que je n'ai probablement pas le droit de te dire ces mots... mais j'attendais... j'attendais Esryan, que tu fasse le premier pas... que tu parle franchement au lieu de me tourmenter comme tu le faisais... j'attendais et j'avais mal, de plus en plus mal... je redoutais de me tromper à ton sujet et d'être rejeté si j'osais aller vers toi. Tu me rendais fou... à chaque fois que je trouvais une nouvelle preuve de ton passage, toujours en mon absence, j'étais en proie à l'espoir et à la souffrance...

Comme Esryan restait silencieux, incapable de prononcer un seul mot, tant la détresse de Keltyr lui serrait la gorge, l'ancien commandant des gardes ferma les yeux, espérant que son tourment prenne enfin fin.

Il avait espéré si longtemps... mais cette dernière souffrance était de trop. Il n'en pouvait plus.

oOo

Sephiroth se réveilla en sursaut, la gorge serrée, le cœur battant à tout rompre. Il ne savait pas pourquoi, mais il avait le sentiment que quelque chose n'allait pas... qu'un danger rodait. Sans bouger, pour ne pas troubler le sommeil des deux autres, il regarda autour de lui. Il ne voyait rien d'anormal, ni de dangereux, mais son impression ne changeait pas. Il avait du mal à respirer.

Malgré lui, un frisson l'agita et éveilla Vincent et Karion qui se redressèrent pour le regarder avec soucis.

- Que se passe t'il mon sphène ? Questionna Vincent.

- Je ne sais pas... souffla péniblement Sephiroth.

Karion posa une main sur son front et soupira.

- Tu es lié à un membre de la race dont tu as les ailes. Malheureusement, le lien est en train de se rompre et lui est en train de s'éteindre. Dit il avec tristesse.

Sephiroth le considéra avec perplexité.

- Comment cela ? Demanda t'il.

Telfer les rejoignit, le visage crispé. Il savait ce qui était en train de se jouer et même s'il affectait de ne pas se préoccuper de celui à qui il devait d'avoir vu le jour, il était chagriné de le savoir en train de s'effacer.

Il aurait bien demandé à Kadaj de faire quelque chose, mais le jeune homme n'était pas en état de rendre la vie à Keltyr, il n'avait pas encore recouvert totalement ses forces. Lui demander cet effort serait une erreur qui pourrait avoir des conséquences fâcheuses.

Surtout, même s'il n'avait pas approché son géniteur, il l'avait observé de loin et jugé de son caractère. À n'en pas douter, Keltyr refuserait que leur jeune souverain s'épuise pour le sauver. Il fallait que quelqu'un d'autre intervienne. Mais... à qui demander cet effort ?

Karion le regarda et se redressa vivement.

- Conduisez nous à lui. Dit il de sa voix calme.

Telfer inclina la tête et tendit la main vers lui, sans prendre garde à sa nudité. La pudeur ne lui importait que peu, pas alors que la vie de son père était en jeu.

Il n'attendit pas que qui que ce soit proteste et les mena dans la pièce où étaient Esryan et Keltyr.

Keltyr était au bord de l'inconscience, il accueillait sa fin prochaine avec soulagement.

Le souvenir du moment pénible où, alors qu'il était en quête d'Esryan, ainsi que sa fonction l'y obligeait, après le décès du roi sans ailes les lois voulaient que l'intendant partage le sort des gardes ayant failli, il avait découvert le corps sans vie de ce dernier. Sachant ce qui l'attendait, Esryan avait choisi de mettre fin à ses jours pour ne pas endurer le supplice d'une lente mise à mort.

Lorsqu'il l'avait trouvé, l'intendant reposait au pied d'un arbre, paisiblement adossé au tronc, le visage serein. La fiole de poison qu'il avait absorbé se trouvait encore dans sa main gauche.

Keltyr n'oublierait jamais cet instant où il avait posé les yeux sur lui et su immédiatement qu'il arrivait trop tard.

Lui, qui avait espéré pouvoir le sauver, quitte à y perdre son honneur, il n'avait pu que s'agenouiller près de lui et le prendre dans ses bras, le cœur dévasté par le désespoir.

Ce jour là, une fois encore, Esryan ne lui avait laissé aucune chance, il avait agi sans l'attendre, sans rien espérer de lui... Il l'avait abandonné.

Malgré lui, il céda au désir de rouvrir les yeux, de contempler une dernière fois celui qui avait su le captiver.

Alors qu'il le fixait, un autre souvenir, plus ancien, lui revint, celui de leur première rencontre.

Il venait tout juste d'arriver au palais, pour avoir secouru le roi sans ailes lors d'une escapade de ce dernier, il avait retenu son attention et été nommé à la tête de la garde royale sans l'avoir demandé, ni même souhaité. Le roi sans ailes lui avait semblé farfelu, mais inoffensif, jusqu'à ce que, lors d'un repas, pendant que les serviteurs s'affairaient pour servir les convives attablés, le roi ne s'emporte sur un tout jeune serviteur qui avait frôlé son verre et manqué le faire tomber. Seuls les réflexes de l'intendant, qui surveillait le jeune garçon de près, avaient évité la chose. Cependant, quelques gouttes s'étaient répandues sur la nappe, la marquant d'écarlate, déclenchant la fureur du souverain.

Avant que le roi ne frappe l'enfant, l'intendant s'était interposé, le jeune garçon s'était agrippé à ses habits en tremblant, tandis qu'il faisait face au roi en colère.

Le roi sans ailes l'avait considéré avec une expression proche de la haine, sans parvenir à lui faire baisser les yeux ou reculer.

Malgré le nombre d'années écoulées depuis, Keltyr se souvenait toujours de chaque détail.

La tenue noire, sobre, de l'homme protégeant l'enfant, sa longue natte soignée, son regard clair qui ne cillait pas.

Le roi avait grondé de fureur.

- Il a commis une faute ! Avait il hurlé. Il doit être puni.

- Majesté, il n'a pas encore douze ans, il est trop jeune pour endurer un châtiment. Laissez moi prendre sa place. Avait répondu l'intendant.

Un sourire malsain s'était posé sur les lèvres du roi sans ailes.

- Qu'il en soit ainsi. Avait il dit avec une visible jubilation.

Le châtiment qui avait suivi avait eu lieu en présence de nombreuses personnes. Bien qu'humilié, mis entièrement nu et frappé sans ménagement, l'intendant, dont Keltyr ignorait encore l'identité, avait gardé son air digne jusqu'à la fin. Jusqu'à ce que le roi se retire, suivi de sa cour. Seuls étaient restés quelques serviteurs qui s'étaient empressés autour du châtié pour le détacher et le soigner, visiblement soucieux pour lui. L'un d'entre eux, un véritable colosse, l'avait soulevé entre ses bras afin de le reconduire dans ses quartiers.

Pour la première fois, Keltyr avait ressenti la morsure de la jalousie, à les regarder s'éloigner, ainsi que celle du dépit. Pas une seule fois celui qui venait d'être puni n'avait regardé vers lui.

Il aurait voulu être celui emportant l'intendant, prendre soin de lui, mais avant de céder à ses pulsions, il se devait de découvrir les raisons de la haine que le roi semblait vouer à son intendant.

Il n'y parvint jamais, Esryan ne s'ouvrait jamais sur ce sujet, et le roi n'était pas de ceux que l'on questionne.

- Tu peux me le dire à présent ? Demanda t'il soudain, prenant Esryan par surprise.

- Te dire quoi ? S'étonna l'ancien intendant.

- Les raisons de la haine du roi à ton encontre.

Esryan se troubla et referma nerveusement les doigts de sa main gauche sur son bras droit.

- Est-ce vraiment important ? Balbutia t'il.

Angeal entra dans la pièce, sans prendre la peine de frapper à la porte, quelques instants plus tôt, un appel de Genesis l'avait prévenu de ce qui était en train de se produire. Il n'avait eu aucun mal à le croire, il ressentait au plus profond de son être le malaise qui tenait celui à qui il était lié par ses gênes. Esryan se tourna vers lui et baissa la tête pour éviter son regard, trop honteux pour le soutenir. Dans le même temps, il était pourtant soulagé de cette arrivée qui lui évitait de répondre à la question de Keltyr.

Angeal considéra les deux esprits ailés avec un peu d'angoisse, lorsque Genesis l'avait prévenu de la situation, il s'était précipité, mais il n'avait aucune idée de ce qu'il convenait de faire.

Keltyr le regarda avec un peu d'agacement. Son arrivée l'ennuyait, le lien entre lui et Esryan avait beau être rompu, il n'en restait pas moins celui qui avait eu l'honneur de se voir attribué son âme.

- Vous voulez quoi au juste ? Questionna t'il avec froideur. Si c'est seulement pour nous regarder comme des bêtes curieuses, la porte que vous venez de passer s'ouvre aussi dans l'autre sens.

- Keltyr, sois plus poli, il est mon ancre. Protesta Esryan.

- Non, il ne l'est plus. Grogna Keltyr. Tout comme Sephiroth n'est plus le mien. S'ils l'étaient, nous ne serions pas en train de disparaître.

Cet échange poussa Angeal à intervenir. Il ne pouvait pas leur rendre la vie, mais il pouvait renouer le lien brisé.

Tendant les mains vers Esryan il se lança, le cœur un peu étreint par l'émotion. Il ne connaissait pas encore celui qui était là, qui le regardait avec appréhension, mais il voulait avoir le temps de le découvrir.

- Je suis venu pour rétablir le lien, si cela vous convient. Dit il en efforçant de maîtriser son stress.

Esryan le regarda avec un mélange d'espoir et d'incrédulité tandis que Keltyr se reculait nerveusement. Il ne voulait pas priver Esryan d'une chance de survie, mais il n'en souffrait pas moins. Lui n'avait rien à attendre de celui à qui il avait été lié. Quand bien même Sephiroth saurait, il ne ferait rien, pourquoi ferait il quelque chose ? Il avait bien assez avec ses deux compagnons et ses anciens amants. Il n'avait pas besoin d'un lié. D'ailleurs, pourquoi étaient ils là ? Il n'avait pas besoin d'un public à son agonie.

oOo

Sephiroth fut brusquement séparé des autres et posa les yeux sur le décor imprécis de la rivière de la vie et il réprima un soupir. Ces convocations surprises commençaient à être vraiment pénibles...

- Désolé, mais c'est nécessaire. Affirma Kael en le rejoignant.

- Nécessaire, je n'en doute pas, mais pour qui ? Répliqua Sephiroth.

- Pour nous tous. Je dois m'assurer que vous mesurez bien la portée de ce que vous vous apprêtez à faire. Renouer le lien brisé n'est pas anodin.

Sephiroth fronça les sourcils.

- Je dois avouer que ne comprends pas bien, je suis revenu à la vie, le lien n'aurait il pas du se reconstruire de lui même ?

- Ce n'est pas si facile. Expliqua Kael. Si lors de votre conception le consentement n'était pas nécessaire, il l'est par la suite, lors que le lié vivant décède et revient à la vie, il se doit alors de donner son accord pour que le lien renaisse aussi.

- J'accepte de renouer ce lien, mes compagnons y sont favorables, je suis prêt à assumer les conséquences. Affirma Sephiroth d'un ton assuré. Par contre, je n'apprécie pas d'avoir été séparé d'eux de la sorte.

- Je sais cela, eux non plus, ils ne vont d'ailleurs pas tarder. Affirma Kael paisiblement.

Il avait à peine fini sa phrase que Karion et Vincent les rejoignaient. Kael leur expliqua la situation en quelques mots.

Ils s'apaisèrent, non sans lui lancer un regard réprobateur, avant de se tourner vers Sephiroth.

- Tu vas bien ? Lui demandèrent ils d'une seule voix.

Sephiroth réprima un sourire. Il n'était pas surpris de leur question, pas d'avantage de la façon dont ils s'exprimaient à l'unisson.

- Je vais bien, mais vous ? Vous êtes d'accord pour que je renoue le lien avec celui qui se meurt ?

Karion et Vincent hochèrent la tête en silence, en signe d'accord. Sephiroth les regarda avec affection et fierté.

- Même si cela veut dire que je vais devoir lui consacrer du temps, que vous n'aurez pas ? Les taquina t'il.

Deux paires d'yeux, presque aussi dorés l'une que l'autre, le fixèrent avec un peu de réprobation.

- Nous saurons nous en arranger. Répondit finalement Karion, ayant perçu la taquinerie. Après tout, nous serons tous les deux, nous nous consolerons mutuellement de ce temps que tu ne nous donneras pas.

Vincent le regarda d'un air incertain, tandis que Sephiroth se mettait à rire, amusé par la réponse. Cela était plaisant de voir Karion répliquer de la sorte, lui qui avait été si longtemps réservé et peu enclin à l'audace.

Devant l'expression de Vincent, Karion et Sephiroth l'enlacèrent pour le rassurer.

- Tout va bien mon pyrope, ce n'est que de l'humour. Affirma doucement Sephiroth.

Vincent s'empourpra légèrement, baissant la tête une seconde, gêné de ne pas l'avoir compris. Il se mordilla la lèvre inférieure, mais Sephiroth ne le laissa pas faire et le fit cesser d'un baiser.

Lorsque Vincent osa le regarder à nouveau, il lui sourit.

- Tu vas devoir t'y faire. Ajouta t'il.

Vincent hocha la tête en silence, tandis que Karion se tournait vers Kael qui les observait de la position où il s'était placé, s'étant reculé un peu pour les laisser discuter.

Ils échangèrent un regard, l'espace d'un instant Kael eu le sentiment que Karion lisait son âme comme un livre ouvert, ce qui était probablement le cas, celui qui était là avait des pouvoirs qui surpassaient les siens.

Puis le regard ambré se détourna, un sourire un peu triste passa sur les lèvres de l'homme à peau brune et l'espace d'un instant, ils ne furent plus auprès de Vincent et Sephiroth, mais très loin de là, dans cet endroit à la fois familier et inconnu où Kael aimait à se rendre et qui n'était visiblement pas connu de lui seul. Cet endroit où vivaient des êtres sans noms dont il valait mieux éviter la compagnie. Il se tendit instinctivement et se prépara à fuir, pour éviter ceux qu'il ne voulait pas voir, et son regard se posa sur celui qui l'avait conduit en ces lieux sans lui demander son avis.

Karion avait laissé place à Adar, la divinité primordiale se dressait devant lui, dans toute sa splendeur inhumaine.

Bien qu'ayant été témoin de choses fabuleuses, Kael ne put réprimer un gémissement et s'inclina instinctivement, plaçant un genoux en terre, tandis que l'être fabuleux le considérait de ses yeux d'un vert tendre. Kael le regardait sans oser le fixer ouvertement, ému d'avoir l'honneur de le découvrir sous sa véritable apparence.

La peau brune de l'être était sillonnée de fines racines, qui sortaient de sa chair par endroits et s'y enfonçaient à d'autres. A sa chevelure noire se mêlaient de souples branches de saules, qui jaillissaient de son front avant de retomber gracieusement dans son dos, des branches de sapin émergeaient de son dos, juste en dessous de ses épaules, formant comme des ailes végétales, des lianes de glycines s'enroulaient autour de ses bras, partant de ses épaules d'où elles jaillissaient, elles allaient jusqu'à ses poignets. De l'eau ruisselait sur son corps tout entier, coulant jusqu'à terre. Il était nu, mais les plantes qui couvraient son corps dissimulaient son bas ventre et l'arrière de son corps depuis les hanches.

Très grand, bien plus grand que Kael, qui pourtant n'était pas petit, il n'avait plus grand chose d'humain. Sa présence impressionnante était cependant tempérée par la bonté de son regard.

Cette vision ne dura que le temps d'un battement de cœur, ils furent très vite de retour auprès des deux autres et Karion était à nouveau Karion. Un être humain banal, qui n'osait pas soutenir son regard.

Kael se reprit avec effort, retenant ses larmes. Il savait pourquoi Karion n'osait pas le fixer, la valeur du présent qu'il venait de lui faire.

Cette apparence, il en avait été dépouillé des millénaires auparavant, la lui montrer était un luxe qu'il ne se permettait qu'en prenant de gros risques, qui pouvait lui valoir de nouveaux châtiments.

Vincent et Sephiroth ne s'étaient pas rendu compte de leur absence momentanée. Karion les rejoignit sans un mot, se contentant d'être auprès d'eux, s'efforçant de ne plus penser à ce qu'il venait de faire.

Cela lui avait semblé nécessaire, Kael était comme lui, obligé de se dissimuler, de vivre selon les règles de gens qui n'acceptaient pas volontiers ce qu'ils étaient. Ils se reconnaissaient l'un dans l'autre, même s'ils n'avaient ni le même âge, ni les mêmes origines.

Pour l'heure, il ne voulait plus que penser à ce que Sephiroth devait faire, à ce qui restait à faire pour les esprits ailés dont Kadaj était le nouveau souverain.

Tant d'entre eux étaient encore à ressusciter... Karion s'en attristait. Peut être pourrait il faire quelque chose...

à suivre