Aujourd'hui, une enquête d'exception où notre mascotte favorite sera au coeur même de l'enquête ! Vous aurez, du drama, de l'humour et des rebondissement !
Et en avant goût, voici ce qu'à fait remarquer ma bêta en me renvoyant le chapitre : "faut que tu arrêtes les histoires de fantôme, j'ai flippé ma mère quand mes escaliers ont craqué durant la correction."
Alors, êtes-vous prêt ?
C'est parti !
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Sonoko et Eisuke échangèrent un regard inquiet, puis regardèrent de nouveau l'énorme félin qui se tenait à côté d'un Red qui faisait des yeux larmoyants de derrière ses lunettes de soleil, avec la petite moue triste et pleine d'espoir qui va bien avec.
- Dawn… soupira Conan.
Si pour le club de détectives, la présence de la panthère n'était plus une nouveauté depuis longtemps, ce n'était certainement pas le cas pour ce qui était des plus vieux. D'où l'inquiétude des adolescents devant l'animal que Red demandait absolument à pouvoir embarquer avec eux en voyage.
Prenant son courage à deux mains, Ran s'avança et s'accroupit lentement devant le félin. En essayant de ne pas trembler, elle tendit une main vers Iro qui la renifla doucement, avant d'y mettre des petits coups de tête.
Un gros chat.
En souriant, la karatéka lui gratta le crâne entre les oreilles, faisant fermer les yeux de bien être au félin.
- Elle n'a pas l'air bien méchante. Iro, c'est ça ? sourit Ran plus rassurée.
- C'est un gros chat. Mon bébé !
Iro tourna la tête et lécha vigoureusement le visage de son papa d'adoption qui se contenta de rire en s'essuyant le visage.
Sonoko et Eisuke se regardèrent.
- Arrive à la faire monter dans le taxi sans que personne ne le remarque, et elle pourra venir, décida la blondinette.
Red poussa un cri de victoire à l'annonce.
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C'est pour ça que quelques heures plus tard, on trouvait le groupe avec Iro, dans la forêt, faisant un Janken pour savoir qui porterait les sacs. Malchanceux, le pauvre Eisuke se retrouva à faire la mule.
- Vous avez entendu ? Il paraît qu'une école a été détruite en ville, commenta Sonoko alors qu'ils avançaient sur le chemin de montagne.
- Oui, j'en ai entendu parler, souffla Eisuke avec l'effort. Edoka, non ?
- C'est pas le lycée de Kali-san ? se fit confirmer Ran en regardant par-dessus son épaule pour voir les enfants qui marchaient entre les filles et Eisuke (qui trainait la pattes) en compagnie de Iro.
- Hm. Elle doit être transférée dans une autre école le temps qu'il y ait une enquête et que l'école soit reconstruite, confirma l'aveugle.
Conan jeta un regard à son camarade, trouvant étrange le sourire du pirate pendant qu'il racontait cela. Pourquoi est-ce qu'il sentait qu'il n'était pas étranger à cette destruction ?
Les réflexions du détective miniature furent coupées par une énième plainte de Eisuke sur le fait qu'on décide au Jaken qui porterait les sacs et que malchanceux comme il était, eh bien, il avait déjà perdu cinq fois d'affilée.
- Allez, quoi, je t'invite dans la villa de ma famille, tu devrais être content ! lui dit Sonoko en souriant.
- Comment ?! s'étrangla Ran avec panique. On devait pas passer l'été à l'auberge de cette fille que tu connais ?!
- Ah bon ? J'ai dit ça ? s'étonna innocemment la riche.
- T'es pas crédible, commenta Red avec lassitude.
Même Iro était d'accord vu comment elle miaulait. Seulement, pour Ran, les affaire ne s'arrêtaient pas là. Elle avait quelque chose à se faire confirmer avant qu'ils arrivent à la fin de ces bois dans lesquels ils marchaient :
- Attends une minute… Tu veux parler de cet endroit où a eu lieu le meurtre de l'homme caché sous ses bandages ?
- Tiens, j'avais oublié cette affaire…
Absolument pas crédible.
- Ca suffit, je rentre !
- Impossible, tu n'as aucun sens de l'orientation.
Conan comprit que Sonoko avait tout calculé. Elle les avait fait descendre de voiture à mi-chemin après tout et les avait fait passer par les sentiers de montagnes exprès pour que Ran ne réalise pas où ils se rendaient, parce que sinon, elle aurait fait des pieds et des mains pour qu'on la ramène à Beika. Cela expliquait aussi pourquoi elle n'avait pas tant que ça protester à la présence de Iro.
-Excusez-moi, demanda Eisuke en arrangeant tous les sacs qu'il devait porter. Cette affaire de meurtre, a-t-elle été résolue ?
Red tourna très légèrement la tête vers le binoclard alors que Iro dressait les oreilles, le regard fixé sur son papa.
- Bien sûr ! assura joyeusement Sonoko. Et par nulle autre que moi !
- Et c'est d'ailleurs depuis cette affaire là que tu prends la même pose endormie que mon père pour résoudre des affaires, pointa la karatéka.
Sonoko se contenta de rire devant le « oh » de Eisuke. Mais Ran n'en avait pas fini avec sa distribution de laurier puisqu'elle se pencha vers un Conan tout sourire.
- Et c'est Conan-kun qui m'a sauvé des griffes de l'Homme aux Bandages !
- Ah ? Il était là, lui aussi ? s'étonna Eisuke en regardant le petit détective tout content du compliment de Ran.
- Je te raconterai les détails à notre arrivAAAAH !
Sonoko fit un saut en arrière quand Iro jaillit d'une branche d'arbre pour atterrir juste à ses pieds pour aller voir Red. Quand est-ce que le félin avait disparu ? Bonne question. En attendant, l'animal semblait miauler quelque chose à l'attention de son père d'adoption qui fronça les sourcils.
- La route est coupée, traduisit l'aveugle.
- Oh, tu la comprends ? s'enthousiasma Ran.
- Bah oui.
Comme si comprendre un animal était une compétence accessible à tout le commun des mortels.
- Comment ça, « la route est coupée » ! protesta Sonoko. Et dit lui de se tenir tranquille !
Pour toute réponse, Red fit un câlin à la panthère qui le lui rendit. Avec un claquement de langue, la blondinette annonça qu'il était temps de reprendre la route et c'est ce qu'ils firent.
Pour voir rapidement que la panthère avait raison. La passerelle qui permettait de traverser le ravin qui les séparait de la maison de vacance des Suzuki s'était effondrée. Conan se pencha vers le bord, à quatre pattes et expliqua ce qu'il s'était passé :
- La passerelle s'est écroulée depuis ses bases. Typiquement du travail bâclé, voilà tout…
- Ah oui ? grinça Sonoko.
- C'est ennuyeux, on a plus accès à la villa, soupira tristement Ran.
- La voiture qui nous a amené est repartie et ma grande-sœur, ainsi que les autres, n'arriveront qu'en fin d'après-midi, grommela la riche héritière.
- Nous n'avons qu'à les appeler pour qu'ils viennent nous chercher ! proposa Eisuke.
- Il n'y a pas de réseau ici, lui dite tristement la blonde.
- Et attendre ici, c'est pas une option ? demanda Red.
- Non, rien ne dit qu'ils ne feront pas le choix de s'arrêter en route pour faire le reste du chemin à pied, comme nous. En ce cas, on serait un groupe encore plus nombreux de coincer dehors.
- Alors, pourquoi nous n'irions pas voir cette autre villa et leur emprunter leur téléphone ? proposa Conan en montrant une maison qu'on voyait toujours dépassée des arbres, un peu plus haut sur la colline. Il y a peut-être quelqu'un.
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C'est ainsi qu'ils arrivèrent devant l'autre villa, assez épuisés par toute cette marche. La façade vieille et sans entretien n'inspirait guère confiance, mais ils n'avaient pas le choix. Ran sonna une fois. Deux fois. Mais pas de réponse.
- Ils ont peut-être vu le fauve et ils ont pris peur, pronostiqua Sonoko.
- Arrête d'accuser Iro de tous les malheurs du monde, défendit machinalement Red en s'asseyant contre le mur à côté de la porte.
Iro vint s'allonger à côté de lui et posa sa tête sur le ventre du D. qui entreprit de lui caresser machinalement son poil moucheté.
- Eh bien, nous n'avons plus qu'à redescendre, pointa Ran.
Sonoko allait parler quand un van s'arrêta devant la maison, avec trois personnes à l'intérieur, surprises de voir des visiteurs. Deux hommes et une femme, tous d'environ la trentaine. Quand on leur expliqua le souci, ils acceptèrent de les laisser utiliser le téléphone et leurs proposèrent même de rester chez eux en attendant. Ils ne firent même aucune remarque sur Iro, se contentant d'un « ah ok, original » quand on présenta le fauve comme une sorte de chien d'aveugle. Après, la panthère était juste tellement calme et tellement sage, Conan voulait bien admettre qu'il fallait être un froussard pour avoir peur d'elle.
Ainsi, pendant que Sonoko partait passer son coup de fil, Eisuke complimenta la villa dont tout le luxe était concentré entre ses murs.
- Ceux qui l'ont fait construire étaient des riches, répondit l'un des hommes, un certain Tendô. Mais nous, nous sommes des gens ordinaires qui avons su la marchander à bon prix.
- Oooooh… s'émerveilla Red.
Il ne pouvait peut-être pas voir la richesse des lieux, mais il pouvait très bien apprécier les talents de négociations du trio qui les avaient dépannés.
- Nous formons un groupe, expliqua Makino, la femme du trio. Et nous cherchions un lieu où composer et pratiquer notre musique en toute tranquillité.
Conan était certain d'avoir entendu ce nom autre part et vu le sursaut qu'avait eu Red en entendant le nom de la bonne femme, le petit détective avait une petite idée d'où.
- Et nous avons trouvé cette occasion, conclut Tendô.
- Une occasion qui a dû vous coûter cher, non ?
- Eh non, pas du tout ! répondit Kuramoto, le dernier du trio. Apparemment, cette villa a un passé assez sombre… si elle n'avait pas été vendue, elle aurait été démolie !
Cela alluma le radar de détective de Conan alors que Ran et Eisuke déglutissaient.
- Oui, expliqua sombrement Tendô. Elle a été construite par deux frères très riches. Ils venaient chacun avec leur fiancée y passer un mois, à cette époque de l'année. Un soir de grosse pluie, le frère aîné s'est soudain mis à prononcer détranges paroles…
- Il a dit qu'un mystérieux esprit maléfique avait surgit par la fenêtre ! continua Makino.
- Un esprit maléfique ! paniqua Ran.
- Dommage que Kal' soit pas là, ça aurait été une très bonne affaire pour elle, commenta Red en gratouillant le cou de Iro assise à côté de lui.
- Oui, continua la musicienne. Il a ensuite cloué cette fenêtre de manière à ce qu'elle ne s'ouvre plus. Mais il était trop tard, d'après lui, parce que l'esprit maléfique s'était déjà installé dans la villa.
- Elle a été ensuite entièrement rénovée, reprit Tendô. Les sols et les papiers peints ont tous été changés.
- Mais un an après cette réfection, un incident eut lieu, informa Kuramoto.
- Un incident ? demanda Ran avec peur.
- La fiancée du frère aîné était en train de jardiner à l'arrière de la villa, quand la fenêtre verrouillée s'est tout à coup ouverte… et elle a vu quelqu'un qui regardait fixement dans sa direction !
- Comment ! s'étrangla Ran.
- C'était l'esprit maléfique ?! s'exclama Eisuke.
- Peut-être bien… ricana Kuramoto.
- Quelques jours plus tard, cette jeune femme s'est pendue dans sa chambre du premier étage de la villa. Comme si elle avait été possédée par l'esprit.
- Le frère aîné a en quelque sorte suivi la destinée de sa fiancée. Il s'est défenestré du haut de sa chambre au deuxième étage, expliqua Tendô.
- L'autre couple, désirant fuir ces mauvais souvenirs, a décidé de vendre la villa à bon prix.
- Alors ? demanda Makino en souriant. Vous ne trouvez pas c'est un lieu idéal pour composer de la musique ?!
- Carrément ! s'exclama joyeusement Red.
Tout dépendait le genre de musique dont il était question, mais il était d'accord que ça déchirait comme idée !
- Cette fenêtre était-elle vraiment verrouillée ? s'enquit Eisuke.
- Vous pouvez le vérifier vous-même ! leur pointa Kuramoto.
- Comment ça ?
- Eh bien, elle est toujours au premier étage, cette fameuse fenêtre, lui dit Makino.
Et tout le monde alla donc voir la fenêtre en question. Qui avait été littéralement clouée.
Eisuke essaya en vain de l'ouvrir, mais rien à faire, elle ne bougea pas.
- J'peux essayer ? proposa Red.
- Non, toi, tu vas arracher le mur, lui reprocha Conan.
Iro se rapprocha de la fenêtre et se mit à la renifler, les deux pattes sur le rebord. Quand les adultes tournèrent le dos à celle-ci en discutant des travaux qu'ils avaient refusé pour la remettre en état, Conan remarqua que la panthère avait le museau contre le mur, à la hauteur de la fenêtre, et semblait suivre quelque chose le long de la rainure du mur.
- Que penseriez-vous de rester dormir ? Vous rencontrerez peut-être l'esprit, proposa Kuramoto.
- Sans façon ! refusa net Ran.
- En tout cas, nous avons eu de la chance de vous voir arriver, pointa Eisuke.
- Personne ne nous avait répondu à la porte, nous nous apprêtions à redescendre, confirma Ran.
- Ah bon ? s'étonna Makino. Nous étions, certes, partis en course, mais l'un d'entre nous était resté.
- Oui, Rinko.
- Impact dans trois, deux, un… décompta avec amusement Red en posant ses mains à l'aveuglette sur les oreilles de la panthère qui était revenue vers lui.
SBAM !
La porte s'ouvrit à la volée sur une femme folle de rage qui leur reprocha de faire trop de bruit et qui l'empêchait de se concentrer. Aussi vite qu'elle était venue, elle referma la porte avec autant de violence.
S'il y avait bien un esprit maléfique dans cette baraque, ce devait être cette femme.
- C'était Rinko, informa calmement Tendô. Depuis notre arrivée ici, elle est déprimée.
- Mais on ne peut rien y faire, soupira Kuramoto. C'est elle qui compose les chansons des Dorcus, notre groupe.
- Les Dorcus ! Mais je vous connais ! s'exclama Ran enthousiaste. Vous êtes connus dans le milieu de la musique indépendante ! J'ai même un de vos disques !
- Merci, ça fait plaisir, salua Tendô.
A cet instant Sonoko arriva pour leur dire qu'elle avait réussi à avoir sa sœur et qu'elle passerait les chercher dans environ deux heures.
Puisqu'ils avaient deux heures à tuer, autant faire un peu de tourisme.
- Si nous allions faire un tour dans le jardin ?! proposa Conan. On pourra voir de dehors la fenêtre d'où l'esprit a regardé !
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- Ano… Hondô-nii-san… tu veux faire un pari avec moi ? demanda innocemment Red alors qu'ils passaient à l'arrière du jardin.
- Un pari ? Tu veux parier quoi ? s'étonna le lycéen.
- Je mets en jeu deux mille trois cents yens* qu'il va y avoir un crime ici et que le coupable sera un des membres du groupe.
Eisuke hésita et sortit son porte-monnaie pour compter l'argent qu'il avait dedans avant de grimacer.
- Deux mille yens* , qu'il n'y aura rien, ça te va ?
- Marché conclu.
Les deux parieurs échangèrent une poignée de main et enfin, ils arrivèrent devant la façade arrière de la villa. Première étage, quatrième fenêtre en partant de la droite, elle se différenciait des autres parce que les volets étaient fermés. Rien d'anormal. Vu que les volets n'étaient pas cloués et seulement la fenêtre, on pouvait facilement oublier qu'elle avait été condamnée.
Mais l'attention de Iro n'était pas sur les fenêtres. Elle était une panthère intelligente, et elle savait que ce qu'elle venait de voir dans l'arbre, entre les feuillages, c'était un nichoir. Et qui disait nichoir disait peut-être nourriture. Donc, agilement la panthère parvint à sauter sur le tronc pour se projeter vers la branche soutenant le nichoir. Elle colla son œil par l'ouverture et poussa un miaulement déçu avant de revenir à terre. Curieux, Conan escalada l'échelle appuyée à l'arbre et alla voir dans le nichoir.
- Il n'est pas habité, c'est pour ça que Iro a réagi ainsi. Pas de nid non plus.
Il souleva la porte du nichoir.
- Il n'y a qu'une soucoupe blanche, qu'est-ce qu'elle peut bien faire là ?
- Moi aussi je veux voir ! s'exclama Eisuke en commençant à monter l'échelle.
Ran tenta de le dissuader, mais trop tard. Son pied ripa et il tomba de l'échelle, heureusement de pas très haut, sur le dos. Red s'était dégagé juste à temps pour ne pas se faire écraser sous lui.
- Est-ce qu'il te reste un semblant de fierté après ce genre d'incident ridicule ? s'enquit le pirate.
- Il est vraiment très maladroit, commenta Sonoko d'un air blasé.
- Rien de cassé ? demanda avec inquiétude Ran.
- Je ne crois pas… souffla Eisuke avec le souffle coupé.
Red avait une méthode bien à lui pour le savoir : il lui marcha directement sur le ventre pour passer par-dessus lui, faisant cracher le lycéen à terre.
- Red-kun ! rabroua Ran.
- Il va bien, pas besoin de pleurer, marmonna Red.
L'incident étant clos, les deux filles eurent envie de partir à l'exploration du reste de la maison, pendant que Eisuke se relevait en se massant le dos. Alors qu'il allait se retourner pour voir s'il n'avait rien perdu dans sa chute, son regard se porta sur la façade de la maison. Il poussa un hurlement strident et trébucha malencontreusement sur Iro en reculant, tomba de nouveau par terre pour le plus grand agacement du félin si on en jugeait sa façon de relever les babines. Agacée, Sonoko se tourna vers lui, les mains sur les hanches pour savoir ce qu'il s'était passé.
Eisuke avait eu une vision.
Une vision effrayante.
Il avait vu quelqu'un les regarder depuis la fenêtre verrouillée.
Ce qui était normalement impossible, pourtant, il en était certain.
- Ta tête a tapé trop fort par terre, accusa Sonoko.
- Mais non, je vous assure ! protesta Eisuke d'une voix blanche.
Histoire de confirmer la chose, Conan partit en courant vers la villa, montant quatre à quatre les marches jusqu'à la pièce qui abritait la fenêtre en question. Son irruption dans la pièce surprit Makino qui organisait les livres. Sans répondre aux interrogations de la femme, Conan se précipita vers la fenêtre clouée à proximité du mur. Le gamin se jeta sur la fenêtre et tira de toute ses forces.
Rien à faire. En observant de plus près, il ne remarqua aucune trace de clous qu'on aurait enlevés.
Personne n'avait touché à cette fenêtre.
Avant d'avoir pu faire un commentaire, des bruits sourds à la porte à côté les alerta. Tendô cognait à la porte voisine, appelant Rinko, alors que Kuramoto descendant l'escalier jusqu'à leur étage en rallant après le bruit.
- Je voulais lui passer un CD qu'elle avait demandé. Je le lui ai acheté en faisant les courses, mais elle ne répond pas, expliqua Tendô à l'autre homme du groupe.
- Elle dort peut-être ? supposa Kuramoto.
- Eh bien, c'est ce que j'ai cru ! Je lui ai glissé le CD par la fente sous la porte, mais j'ai entendu un bruit, comme s'il avait buté contre quelque chose. Je me suis baissé pour regarder à l'intérieur de la pièce… je n'ai vu que des pieds… qui flottaient en l'air !
L'horreur saisit tout le monde.
- POUSSEZ-VOUS ! hurla Red.
Tout le monde s'écarta et Iro fonça sur la porte. Une fois. Deux fois.
Au bout de la troisième fois, la porte céda, laissant voir la vision d'effroi.
La femme était pendue devant la porte, provoquant le hurlement d'horreur. Ran prit les choses en main, annonçant qu'il fallait appeler la police et une ambulance, pendant que Conan étudiant la scène. Un examen de la serrure lui dit que la porte était belle et bien fermée de l'intérieur. Il tourna la tête pour regarder la taille de la victime alors que Kuramoto et Tendô s'afféraient pour descendre la femme pour essayer de la sauver. Il remarqua un porte-clef à la taille de la femme. La clef de la chambre devait y être. Sauf que non. Il y avait une clef de vélo, une clef de voiture, avec une autre pour ouvrir un verrou électronique, mais rien ne pouvant servir à verrouiller la porte de sa chambre. Il regarda partout à la recherche de la clef pour la voir sur le piano, à l'autre bout de la pièce. Un autre tour lui dit que toutes les issues étaient closes. Donc, de fortes chances que ce soit un suicide.
Il regarda les deux hommes allonger au sol la femme qui ne respirait plus.
- Edogawa.
Conan se détourna de la victime pour regarder Red qui tenait fermement contre lui sa panthère agitée au vu du tic qui retroussait ses babines et le battement de sa queue.
- Qu'est-ce qu'il y a, Dawn ? demanda le petit détective.
- Iro sent la mort. Ou plutôt, un meurtrier. Et si on fait pas arriver rapidement la police… elle le tuera. Je peux la retenir jusqu'à un point, j'ai plus autant de force qu'avant.
L'aveugle resserra sa prise sur la fourrure de son amie à quatre pattes.
Si Iro se montrait violente, il aurait dû mal à empêcher qu'on la lui retire. Et on remarquerait l'akuma no mi du félin. Beaucoup trop d'explications et trop de choses louches pour ne pas attirer de l'attention mal venue.
- On fera notre possible, promis le petit détective.
Conan s'accroupit devant le félin et posa une main entre les deux oreilles de la panthère.
- Trouvons tous les deux le meurtrier. Aide-moi à résoudre cette affaire, d'accord ?
L'animal détourna son regard de Kuramoto et Tendô pour fixer le petit détective. Un long regard, intense, puis elle baissa la tête, comme pour lui dire qu'elle lui faisait confiance. Avec un souffle, elle s'assit sur son train arrière. Conan cligna des yeux. Il n'aurait jamais cru que la panthère le comprendrait aussi bien. Secouant la tête, le petit détective retourna à l'affaire.
Pourquoi diable la clef de la chambre n'était-elle donc pas sur le trousseau ?
Ses réflexions furent coupées par le cri de Sonoko au sujet de l'esprit maléfique qu'avait vu Eisuke et qui les avait espionnés depuis la fenêtre condamnée. Si Kuramoto s'en prit à Eisuke, persuadé que c'était lui qui racontait des conneries, pour Makino, c'était une preuve en plus qu'un esprit maléfique avait bel et bien élu domicile dans cette maison. Après tout, la chambre où Rinko s'était pendue était la même où la fiancée du riche propriétaire avait trouvé elle-même la mort. De la même façon. Pendaison.
- Je vais la transporter sur le sofa, on ne peut pas la laisser par terre, commenta Tendô en ramassant le corps encore chaud de sa collègue qu'il avait allongée sur le sol.
Avec l'aide de Kuramoto, il la hissa dans ses bras pour la transporter, mais marcha malencontreusement sur les clefs. Et chose très astucieuse, le porte-clef était aussi un mètre à mesurer rétractable.
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Province de Gunma.
Donc, c'était Yamamura sur l'affaire, pour la plus grande peine de Red.
Cela avait failli virer au carnage à cause de Iro, jusqu'à ce que le petit D. ne brandisse un simple papier d'aspect officiel à l'inspecteur, lui clouant le bec.
- Donc, si vous attaquez Iro, vous aurez des ennuis pour avoir tué un spécimen d'une espèce en danger critique d'extinction ! annonça le petit pirate avec un sourire jusqu'aux oreilles.
- Qu'est-ce que tu fais avec un animal de ce genre, alors ? Sa place est dans un zoo, lui pointa Sonoko.
- Il vaut mieux qu'elle soit avec moi, plutôt que vivre dans une cage pour satisfaire la curiosité des foires. Va en prison et on reparlera de vivre derrière des barreaux, c'est tout sauf drôle. Et ce papier dit que Iro peut rester avec moi ! Et na !
On pouvait difficilement répondre quoi que ce soit à l'enfant, surtout quand l'animal était uuultra pacifique.
- Et si au lieu de vous intéresser à Iro, vous vous concentriez sur cette affaire ? demanda Conan.
Yamamura fit donc un tour d'horizon de l'affaire.
La victime, Honami Rinko était enfermée dans sa chambre pour composer quand Tendô était allé lui apporter un CD qu'elle avait demandé qu'on lui achète durant les courses. Ils avaient frappé à la porte en vain, et vue qu'elle s'était enfermée à clef, Tendô s'était résolu à lui faire passer le CD sous la porte. C'est là qu'on avait constaté que quelque chose clochait avec les pieds qui flottaient.
- Vous avez forcé la porte…
- Non, répondit Kuramoto. C'est la panthère qui l'a faite. Elle s'est jetée trois fois dessus avant qu'elle ne cède.
- Ah.
Yamamura jeta un regard méfiant à l'animal qui ne lui accorda pas la moindre attention. Par précaution, l'inspecteur mit un peu de distance entre eux deux, avant de reprendre le point de la situation.
Donc, une fois la porte ouverte, ils avaient trouvé leur amie pendue au bout de la corde.
L'inspecteur, encore pro, regarda ses notes, se faisant confirmer qui avait fait quoi, puis chercha la clef de la chambre, que Conan lui montra sur le piano, à l'autre bout de la pièce. Bien entendu, Yamamura prit la peine de vérifier que c'était bien la bonne clef. Ce qui était le cas.
- Il semble bien s'agir de la clef de cette pièce, constata l'inspecteur en faisant jouer l'objet dans la serrure. Avez-vous aussi des passe-partout ?
- Non, il n'y a, a priori, que cette clef, répondit Makino.
- Quelqu'un a pu en faire refaire une en cachette ! tenta le policier.
- Je ne crois pas, expliqua Tendô.
- Quand nous avons acheté la villa, les clefs ont été remplacées et c'est Rinko, qui nous les a distribuées ! pointa Kuramoto.
- Quelqu'un a pu aller discrètement fermer une fenêtre après votre entrée dans la pièce…
- Impossible, je suis le seul à m'en être approché et elles étaient toutes fermées, expliqua Conan.
Yamamura se redressa, les yeux fermés.
- La porte était verrouillée de l'intérieur, la clef se trouvait dans la pièce et toutes les fenêtres étaient fermées. Autrement dit, la pièce était totalement close ! Tout porte à croire au suicide…
- Excusez-moi… commença Conan.
- J'aimerais pouvoir en être sûr, mais ce n'est pas le cas… annonça avec un sourire féroce l'inspecteur.
Eh ?
- Il s'agit d'un meurtre en chambre close méticuleusement planifié ! Et le meurtrier se trouve parmi vous !
Il brandit un doigt théâtral vers les trois musiciens avant de se tourner tout sourire sur le reste du groupe.
- N'est-ce pas, détective Mouri ?
Red se massa les yeux sous ses lunettes noirs avec exaspération.
- Otousan n'est pas avec nous, pointa Ran.
- Pourquoi ça ?! s'exclama l'inspecteur. Pourtant, il est tout le temps avec vous !
- Pas toujours… sourit nerveusement Ran.
- Qu'est-ce qui vous fait penser à un meurtre à huis clos ? demanda Kuramoto en revenant au sujet.
La réponse vint en pointant la chaise qui avait été utilisée pour décrocher la victime.
- Eh bien, ce n'est sans doute pas évident pour des néophytes, mais un policier comprend en un clin d'œil ! C'est à cause de cette chaise, bien évidemment ! En général, dans le cas d'un suicide par pendaison, on monte sur un marchepied que l'on repousse ensuite. Cette chaise est toujours debout, et elle est située juste en dessous de là où est installée la corde ! C'est la preuve que quelqu'un l'a étranglée avant de suspendre son cadavre.
- Ano… intervint Ran. Cette chaise a été placée là après notre entrée dans la pièce.
- Quoi ?! Comment ça ?!
- Oui, lui dit Sonoko. On l'a prise pour faire descendre Honami-san ! On espérait qu'elle soit toujours vivante !
- Mais la chaise était par terre à notre arrivée, renchérit Eisuke.
- Ah bon…
L'Inspecteur sortit son carnet et nota la conclusion de l'affaire comme un suicide.
Il changeait vite d'avis.
Un bruit alerta tout le monde pour voir que Iro avait cessé de rester tranquillement auprès de Red pour se diriger vers le corps pour jouer avec le porte-clef de la victime, tirant sur le ruban avec obstination.
- Dis à ce… ce truc de s'éloigner du corps ! rouspéta Sonoko.
- Ce truc a un nom et c'est Iro, lui dit froidement Red sans pour autant rappeler le félin qui donnait des coups de pattes joueurs dans le ruban.
- C'est tout de même un porte-clef très extensible, remarqua Yamamura.
Conan fixa la panthère qui avait fini par retourner auprès de son père. Elle faisait littéralement son travail à lui ! Il ne savait pas s'il devait la bénir ou bouder.
Sentant un regard sur lui, Conan jeta un œil par-dessus son épaule pour voir Eisuke tourner brusquement la tête. C'était peut-être mieux ainsi que la panthère s'y mette à sa place.
- Rinko m'avait expliqué qu'il s'utilisait aussi comme mètre à mesurer et qu'il peut s'étendre jusqu'à quatre mètres, expliqua Makino.
- C'est vachement pratique, admit l'inspecteur.
Quoi ? C'est tout ce que ça lui suggérait, cette découverte ? Essayant de pousser discrètement l'homme dans la bonne direction, Conan s'adressa en ces termes à Red :
- Elle était un peu stupide, non ? pointa le détective miniature avec son ton enfantin.
- Pourquoi ? s'étonna le pirate surpris que son camarade lui parle sur ce ton de voix.
- Eh bien, si elle avait mis la clef de sa chambre sur le porte-clef, elle aurait pu ouvrir la porte, même de loin !
- C'est toi l'idiot ! se moqua Yamamura en allant se pencher vers Conan. Pour cela, il aurait fallu qu'elle allonge le bras !
Ce n'était pas du tout là où Conan avait voulu en venir.
- Je peux me défénestrer ? demanda plaintivement Red à son camarade alors que le policier s'éloignait d'eux.
- Non.
Une exclamation de Eisuke attira l'attention sur lui. Avec un grand sourire, le lycéen expliqua ce qu'il avait compris.
- Je sais ! Si cette clef avait été sur le porte-clefs, le système de la chambre close aurait pu sans problème être installé !
Il montra la corde encore accrochée au lustre.
- La corde utilisée pour la pendaison est placée juste à côté de la porte, le meurtrier a tiré sur le porte-clefs attaché à la ceinture de Honami-san, l'a fait passer sous la porte et il est sorti de la pièce. Une fois qu'il a eu verrouillé la pièce, il lui a suffi de lâcher la clef pour qu'elle retourne immédiatement à sa place initiale !
- Mais la clef a été enlevée du porte-clef, informa Yamamura.
- Honami-san a sans doute voulu effacer tout signe de meurtre afin que son suicide ne mettre personne dans l'embarras, ou alors…
Eisuke referma la bouche quand Red se mit à rire et à applaudir.
- Qu'est-ce qu'il y a ? s'enquit le lycéen.
- Je suis peut-être aveugle, mais je sais qu'une femme qui se retrouve pendue à un lustre a peu de chance de descendre pour effacer les preuves pointant son assassin et ensuite remonté pour se reprendre ! se moqua le pirate.
- L'enfant a raison, pointa Tendô. Quant à cette idée de chambre close, je serais curieux de voir comment elle a fini par être fermée.
- Je vais procéder à des interrogatoires, afin d'être certain de qui était où et quand, et savoir qui a vu la dernière fois Honami-san pour la dernière fois. Ah et ce que vous faisiez avant la découverte du corps.
Kuramoto passa en premier et Iro retroussa ses babines tout au long du discours du brun :
- Je l'ai vue pour la dernière fois quand elle est venue dans la pièce voisine pour nous demander de nous taire. Ensuite, je suis resté dans ma chambre, juste au-dessus de la pièce voisine à jouer de la guitare, jusqu'à ce que Tôru fasse du vacarme devant la porte en se plaignant que Rinko ne répondait pas.
Là, il se tourna vers son camarade qui confirma qu'ils étaient ensemble à cet instant, quand Rinko était venue leur crier dessus.
Tendô reprit ensuite la parole, disant que suite au coup de gueule de la victime, il avait rejoint sa chambre qui était elle aussi au-dessus.
- Je me suis rappelé que je n'avais pas encore donné à Rinko le CD que je lui avais acheté, je suis donc descendu jusqu'à sa chambre pour le lui passer. Vous voyez sous la chaise, c'est le fameux CD.
Iro y donna littéralement un petit coup de patte, comme le gros chat curieux qu'elle était. Tout le monde regarda l'objet qu'elle avait éjecté de dessous la chaise, la queue s'agitant nerveusement, avant qu'elle ne redonne un coup dedans. La queue s'agita encore plus.
Nouveau coup de patte.
Et on agite un peu plus la queue.
- Euuh… il fait quoi ce truc ? demanda Yamamura en montrant l'animal qui s'était hissé sur ses pattes et continuait d'attaquer le malheureux CD.
- Je suis aveugle, j'ai l'air de pouvoir répondre ? lui demanda froidement Red. Et c'est un femelle, merci d'en prendre note.
- On dirait Goro quand il joue, compara Ran.
Elle s'agenouilla et gratouilla la tête du félin qui chassait le CD.
- C'est vraiment une panthère ? se fit confirmer Sonoko d'un air dubitatif.
- Dawn. Ton chat joue avec une preuve, reprocha Conan.
- Suffisait de le dire. Iro~… tu fais des bêtises… ? Tu te souviens de ce qu'il s'est passé avec Kotatsu, quand il a fait chier Beckman ? Tu veux finir comme ça~?
Avec un cracha de chat effrayé, le prédateur fila droit se cacher derrière son père qui lui frotta le crâne.
- Bon chaton.
Qui était ce Kotatsu et ce qui lui était arrivé… n'était certainement pas une information que Conan voulait obtenir. Pour sa santé mentale.
Un policier ramassa donc le CD délaissé et ils purent poursuivre l'enquête, avec cette fois Makino racontant ce qu'elle avait fait :
- Je suis restée dans la même pièce où elle était venue se plaindre afin de ranger des livres. L'ancien propriétaire nous avait vendu cette villa à bon prix, à condition que nous prenions tout ce qui se trouvait dedans. Nous n'avons gardé que les livres, car eux seuls étaient susceptibles d'être revendus. Le choix n'a pas été difficile, tous les livres sont parfaitement ordonnés.
Alors que Yamamura demandait le pourquoi de cette bonne affaire, Conan remarquait que sur l'étagère du bas, les livres de l'encyclopédie n'étaient justement pas dans l'ordre. Cinq, six, trois, quatre, un et deux. Non, ce n'est certainement pas dans l'ordre. Donc, soit elle avait besoin de lunettes, soit il y avait anguille sous roche. Conan posa une main sur l'épaule de Red, attirant son attention et lui chuchota quelque chose. Le pirate hocha la tête et fit un câlin à sa panthère.
- Cette bonne affaire et ces dons, c'est certainement parce qu'il souhaitait ne jamais revenir. Après tout, son frère et sa fiancée se sont suicidés dans cette villa, expliqua Makino.
- On n'a plus touché à la fenêtre d'où avait surgi l'esprit, dit Tendô.
- L'esprit ? s'étonna Yamamura.
- Vous voulez la voir ? elle se trouve dans la pièce voisine, là où j'étais.
Petite visite de la pièce en question avec la fenêtre toujours clouée. Apparemment, la pièce était utilisée en débarras pour déposer des ustensiles ou des choses mises au rebus par le domestique. Cela se poursuivit par une petite visite des chambres, laissant le duo Iro/Red avec le corps. Donc, on avait le domestique qui avait vécu au premier étage, pendant que la fiancée du frère cadet était au rez-de-chaussée à l'époque, chambre utilisée aujourd'hui par Makino. Au second, c'était la chambre des deux hommes. Kuramoto dormait dans celle du frère aîné qui s'était défenestré et Tendô, juste à côté, avait celle du cadet.
Quelle ne fut la surprise du groupe, en entrant dans la pièce, de voir Iro se tenir devant la porte.
Pourtant, l'animal ne les avait pas suivis. Elle attendait là, patiemment, assise sur son train arrière, sa queue autour d'elle.
Yamamura fit un sacré bond en arrière en la voyant d'ailleurs.
- Mais comment elle est arrivée là ! s'étonna Eisuke.
- Comme l'assassin ! répondit une voix enfantine étouffée.
Une porte de l'armoire dans un coin de la pièce s'ouvrit et Red s'en extirpa avec un peu de difficulté.
- Iro a senti un truc bizarre avec la bibliothèque de la chambre de la défunte, alors, je l'ai suivie ! sourit innocemment le petit pirate. Et regardez ce que j'ai trouvé !
Il brandit sa main qui tenait un long morceau de corde. Il avait tout de même ses gants de cuir pour ne pas contaminer un potentiel indice.
- C'est un passage secret en fait ! expliqua Red. Iro a dû s'en douter, parce qu'elle arrêtait pas de renifler le mur à côté de la fenêtre condamnée ! En fait, elle est pas clouée totalement ! Quelqu'un a construit un étroit mur pour faire passer un escalier menant d'ici, jusqu'en bas, avec la partie…
Le pirate s'arrêta un instant dans son explication en faisant jouer ses mains, avant que la panthère vienne à son aide pour parvenir à se localiser dans l'espace en dépit de sa cécité.
- Merci Iro ! Donc, la partie gauche de la fenêtre a été décalée pour atterrir dans le passage secret, ce qui devait servir certainement pour espionner le jardin pour une raison X ou Y ! Pour en sortir, suffit de pousser des livres dans la chambre de la défunte et le tour est joué ! Et je suis certain que cette corde est pas étrangère à cette affaire.
Un sourire froid apparut sur le visage du pirate alors qu'Iro grognait doucement à l'adresse de Kuramoto.
- Je doute que ce passage secret soit connu de tout le monde. Donc, la personne qui nous a regardé tout à l'heure par la fenêtre a dû laisser ses empreintes dans la poussière et sur le volet de gauche dans le renfoncement. Alors… qu'il passe aux aveux… ou emporte son silence en taule.
Kuramoto préféra les aveux.
Raison du meurtre : Rinko avait dénigré une énième fois ses talents de musicien et de guitariste.
L'espèce humaine était pathétique.
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On décida qu'au vu de l'aide qu'avait offerte Iro, on pouvait lui offrir cette affaire. Red savait qu'il avait attiré l'attention de Hondô sur lui, pour le coup, mais du moment qu'il ne se concentrait pas sur Conan, ça lui allait. Parce que Kudô Shinichi était un détective, un allier de la justice, là où Portgas D. Ace était un pirate sans foi ni loi qui avait déjà bien assez de cadavres sous ses pas.
Et qui était aussi un bon joueur d'échec.
Le lundi suivant, cela se prouva très vite.
- Comme vous le savez tous, suite à ce qu'il s'est passé avec le lycée Ekoda, les élèves de cet établissement ont été répartis dans les écoles de la capitale, annonça le professeur principal à la classe de Ran. C'est pour cela qu'aujourd'hui, et jusqu'à la réhabilitation du lycée, vous aurez de nouveaux camarades. Faîtes-leur un bon accueil.
Entre Aoko et Kuroba, Kali affronta la classe qui serait l'environnement de sa nouvelle mission. Son commandant lui avait donné un ordre, et elle l'exécuterait sans faute.
Sans savoir pourquoi, Eisuke, assis à sa place, sentit un frisson d'effroi lui remonter la colonne. Quelqu'un venait-il de marcher sur sa tombe ?
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. AN : Alors, la première valeur revient à un peu plus de vingt cinq euros, quand la seconde est d'environ seize, voir presque dix-sept euros.
