Bonjour à toutes et tous,

Aujourd'hui on en apprend un peu plus sur un personnage qui reste encore un mystère pour beaucoup.

Bonne lecture !


Chapitre 33 : Discussion à CatCo

Eddy terminait l'écriture d'un de ses articles. Les bureaux de CatCo étaient vides depuis un petit moment mais il voulait absolument terminer ce second article sur les groupes anti-aliens. Il espérait que sa nouvelle enquête dans la banlieue de National City convaincrait James de lui laisser une tribune plus importante. Avec un peu de chance, il pourrait écrire une série de sujets sur ce thème comme Kara l'avait fait l'année précédente sur les aliens de la ville.

Après avoir enregistré son travail, le journaliste envoya un mail à James et aux relecteurs du journal. Comme il en avait pris l'habitude depuis quelques semaines, il ajouta sa petite-amie en copie cachée. Elle adorait lire ce qu'il écrivait et lui appréciait ses commentaires constructifs. Eddy savait qu'elle avait du mal avec le choix de ses thèmes alors il évitait de lui en parler mais il comptait toujours sur elle pour donner son avis sur son travail.

La sonnerie d'un message reçu le surprit. Ce n'était pas son téléphone qui avait sonné et il pensait être seul. Faisant tourner son siège, il tomba nez à nez avec la cadette des Danvers. Elle lui souriait et dégageait une aura chaleureuse.

- Mais qu'est-ce que tu fais là ? demanda Eddy.

- J'avais envie de te voir.

- Tout va bien ?

- Oui, ne t'inquiète pas, répondit-elle en souriant devant sa prévention.

- Comment tu as su que j'étais là ?

- James m'a dit que tu lui avais promis un article ce soir alors j'ai tenté ma chance.

Kara ne pouvait décemment pas dire qu'elle avait été surprise de découvrir les locaux de CatCo encore occupées alors qu'elle volait dans le ciel de National City avec une cape rouge. Son excuse dût être acceptée par son petit-ami puisqu'il se leva enfin en éteignant son ordi et déposa un doux baiser sur ses lèvres. Un nouveau message arriva sur le téléphone de la Kryptonienne qui sourit en voyant s'afficher le nom de sa sœur.

La cadette s'inquiétait pour son aînée, elle savait qu'elle devait voir Kelly aujourd'hui et qu'elle stressait à cette occasion. Elle fût donc rassurée d'avoir un simple « Tout va bien ». Kara n'aperçut pas la déception qui se peint une fraction de secondes sur le visage du journaliste. Il connaissait la relation qu'entretenait les deux sœurs et regrettait de ne pas avoir vu plus souvent Alex.

Quelque part, il avait le sentiment de ne pas être à la hauteur car il n'avait pas le droit de rencontrer celle qui avait la plus grande place dans le cœur de la femme qu'il aimait. Bien sûr, Eddy avait rencontré Alexandra Danvers lors de la soirée de CatCo. Mais ils avaient peu discuté. Il devait avouer qu'il était curieux de découvrir le vrai visage de celle qu'il avait décrit dans son premier article publié dans le grand magazine dirigé par James Olsen. Ses souvenirs firent remonter les mots qu'il avait travaillés :

« Un hommage vivant aux morts du Parc du 4 juillet

7 juin 2019, pour mon premier jour dans la ville de Supergirl, ce n'est pas son nom qui est sur toutes les lèvres. L'héroïne du jour est bien humaine et son corps craint les balles et les lasers en témoignent son épaule bandée. Elle, elle est officier de la Navy et c'est déjà un exploit quand on sait le faible pourcentage de femmes qui commandent dans nos armées. Elle, c'est Alexandra Danvers.

Personne ne connaissait son nom, il y a encore deux semaines. Mais lorsqu'une Kryptonienne folle a détruit un parc rempli de vies, c'est elle qui a décidé de faire face à Reign. Tous les journaux du pays et du monde ont raconté son histoire. Alors quand je la vois assisse au milieu des officiels avec ses galons de chef officier spécialisé de niveau III, j'ai l'impression qu'elle n'est pas de ce monde. Est-ce son histoire personnelle avec la disparition de son père alors qu'elle n'était qu'adolescente ou son visage fermé qui me fait penser cela, je ne sais pas.

Si son corps porte le poids du protocole mais aussi des hommes et des femmes qui ont perdus la vie là où se tient aujourd'hui la ville, ses yeux semblent avoir leur propre volonté. Voletant d'un endroit à l'autre de la place suivant les nombreux enfants présents aujourd'hui disparaissant derrière un arbre avant de réapparaître derrière la tribune installée. Je suis étonné de voir tant de monde rassemblé en ce jour, mais plus encore, ce sont les rires et les drapeaux flottants au vent qui me frappent. Comme pour rendre hommage au lieu, il semblerait que nous fêtions notre fête nationale en avance.

L'hommage commence enfin lorsqu'une chorale d'enfants entonne The Star-Spangle Banner. Alors que l'organisation avait choisi de chanter que les deux premiers couplets, la foule entreprend de finir la chanson. Je vois quelques feuilles avec les paroles circuler comme si certains avaient prévu leur propre hommage aux 87 victimes. La Présidente apparaît alors et passe en revue les troupes des différentes organisations d'urgence. On lui présente les rescapés et elle semble leur glisser un mot à chacun.

Puis la sonnerie aux morts retentit. Plus un bruit ne s'élève du public rassemblé. Puis, un à un, les noms des victimes sont énoncés. Par leurs frères et sœurs d'armes pour les premiers répondants et de la foule pour les civils. Des voix sortant de nulle part comme des cris de délivrance. L'émotion est palpable.

Je pensais que nous avions vécu le plus fort de la cérémonie, le programme de la Maison Blanche ne proposant plus que des discours par des hommes et des femmes qui pour beaucoup n'ont pas eu à prendre de décisions ce jour-là. Mais j'avais tort.

J'oubliais la plume si incisive de Cat Grant qui a longtemps vécu ici et qui a su réveiller les souvenirs de tous les habitants de la ville à travers la voix de la Présidente. Et la surprise devient encore plus grande quand la Présidente Marsdin annonce la Silver Star de l'héroïne du jour. L'Officier Danvers ne devait pas être dans la confidence car son masque de sérieux s'effrite et c'est encore plus le cas quand la Présidente vante ses mérites dans un discours qui semble très personnel.

Quand enfin, Alexandra Danvers s'approche du pupitre, sa nouvelle médaille brillant au soleil présent, toute la foule retient son souffle. L'Officier semble hésiter devant son discours mais le doute s'efface quand elle voit le monde devant elle.

Je peux dire sans risques que l'Officier Danvers n'avait pas préparé le discours qu'elle va nous donner. Ses premiers mots détonnent et le prouve : « J'avais écrit quelque chose de pénible et long. On va changer le programme, (…) j'aimerais que les enfants, tous les enfants qui le veulent, s'avancent et s'installent proches des barrières. » Dans les coulisses, je vois des assistants courir dans tous les sens comme si une bombe venait d'exploser. Sur l'estrade, une discussion silencieuse semble avoir lieu entre l'Officier et la Présidente prouvant la relation amicale que semble entretenir les deux femmes. Enfin la femme du jour est équipée d'un micro-cravate et elle s'installe au milieu d'une centaine d'enfants qui se sont installés sur le tapis rouge.

Une jeune fille s'installe sur ses genoux et l'Officier ne fait rien pour la repousser. Elle semble dans son élément au milieu d'eux et le discours qu'elle nous livre est fait pour eux autant que pour leurs parents. Des mots simples pour des idées fortes. Rien ne semble les perturber, même l'apparition de Supergirl et du Gardien venus aider les pompiers à distribuer de l'eau à la foule qui souffre de la chaleur ne la dérange pas.

Et lorsque la fille d'acier propose une bouteille à l'héroïne du jour, son regard semble emplit de fierté. Celui de l'Officier Danvers dit son respect pour la fille à la cape avec laquelle elle travaille. Mais leurs gestes semblent dire qu'il existe plus qu'une relation de travail entre les deux femmes, comme deux sœurs.

Une fois qu'elle s'est assurée que tout le monde ait pu se désaltérer, Alexandra Danvers reprend son discours comme si rien ne s'était passé. Les questions des enfants sont plus efficaces que des relances de journalistes. Elle jongle avec leurs mots et leurs idées avec une facilité que je lui envie. Quand son discours se termine, personne ne songe à applaudir. Comme une bonne musique existe que par ses silences, les paroles de l'Officier prennent leur puissance dans le calme de la foule.

La petite fille dans ses bras s'est endormie. Alors elle se relève en faisant attention et sans rien montrer de la douleur qui doit l'habiter, Alexandra Danvers traverse la foule pour rendre l'enfant à ses parents. Honnêtement, si la cérémonie n'avait pas été filmée, je n'aurais pas pu parler de la foule qui encore une fois s'approprie cette journée pas comme les autres en chantant Imagine pour clôturer un moment de communion.

7 juin 2019, premier jour à National City. 7 juin 2019, premier jour dans la ville des héros du quotidien.

E. H. »

- A quoi tu penses ?

La voix de Kara le ramena au moment présent.

- A ta sœur et à l'article que je lui ai écrit.

- Je t'ai dit que je lui avais donné ?

- Oui, répondit-il en souriant. Elle t'en a parlé ?

- Non. Mais on n'est pas là pour parler d'elle, s'exclama d'un coup Kara.

- On est là pour quoi alors ?

- Pour boire un coup ensemble.

- D'accord ! Mais une condition.

- Accepté !

- Pas l'Alien's Bar.

- Si tu veux. Pourquoi ?

Alors qu'ils montaient dans l'ascenseur, Eddy tenta d'expliquer ses envies à sa petite-amie. Il ne voulait pas être vu dans un bar pro-aliens alors qu'il voulait investir un groupe anti-aliens. Malgré le dégoût que pouvait lui apporter cette idée, la cadette des Danvers accepta.

Plusieurs minutes plus tard, les deux amoureux poussaient la porte d'un bar de la banlieue de National City. Eddy avait réussi à convaincre la reporter sommeillant en Kara de l'accompagner dans un bar où le groupe qu'il souhaitait infiltrer avait ses habitudes. L'ambiance y était proche de l'Alien's Bar à première vue mais quand la cadette des Danvers découvrit une photo de sa sœur en uniforme accompagnée d'une légende déclarant : « Officier Danvers, une vraie héroïne humaine ! », elle eût un haut le cœur. Elle se promit également de ne jamais dire cela à son aînée sinon elle risquait de venir faire un scandale ici.


RAR :

J : Moi aussi j'adore écrire ce genre de moments qui révèlent les faiblesses des personnages qui agissent comme des héros en permanence. On ne peut pas être forte comme Alex sans avoir ses propres blessures et il faut le reconnaître sous peine d'exploser un jour en vol.

HeroWitch : C'est sûr que j'ai mis un paquet de symboles dans le chapitre précédent. Je pense que de travailler avec J'onn depuis un moment aide Alex à gagner en sagesse. Elle est une excellente soeur et amie mais elle n'est pas parfaite et en a conscience. Sûrement trop puisqu'elle à plutôt tendance à se rabaisser...