Disclaimer : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à leurs concepteurs, je ne fais que les emprunter le temps d'une fiction.

Avertissement : cette histoire est la suite directe du Temps des gardiens.


Le temps du renouveau

Chapitre 37

An 2012

Kael se rapprocha, ne voulant pas perdre de temps, il savait que chaque seconde comptait à présent, s'ils voulaient sauver Keltyr ils devaient agir immédiatement.

Il lança un regard à Sephiroth, lequel comprit sans peine le message et s'arracha aux bras de ses compagnons pour le rejoindre.

- Allons faire ce qui est nécessaire.

Ils s'habillèrent et rejoignirent Angeal et les deux esprits ailés. Angeal soupira de soulagement, se doutant de la raison de leur venue, Esryan reprit espoir, mais Keltyr se fit plus sombre et fixa Sephiroth avec une expression proche de l'hostilité.

- Je n'ai pas besoin de votre pitié. Cracha t'il.

Sephiroth comprenait fort bien ce genre de réaction, il avait eu les mêmes jadis, il resta sans réaction, Kael ne commenta pas, Angeal non plus, mais Esryan lui eut une réaction des plus imprévues, rejoignant Keltyr il le gifla aussi fort que cela lui était possible.

Keltyr porta la main à sa joue meurtrie et leva vers lui un regard ébahi. Esryan le soutint, les larmes aux yeux.

- Comment oses tu dire ce genre de chose ? Tu as une dernière chance de survie et tu ne trouves rien de mieux à faire que de tout gâcher... tu prétendais que je ne t'ai pas laissé la moindre chance, mais quelle chance te laisse tu à présent ?

Telfer se détourna pour masquer un sourire, il ne lui déplaisait pas de voir quelqu'un faire sentir à son père qu'il s'égarait.

Keltyr était peut être celui à qui il devait d'avoir existé, mais plus il le regardait agir, moins il avait envie de se rapprocher de lui. Il n'était pas vraiment déçu, n'ayant jamais rien espéré de lui, mais il n'en était pas loin.

- Ne nous égarons pas. Intervint Kael fermement, nous n'avons pas de temps à perdre, d'autres attendent. Renouons donc ce lien et poursuivons ce qui doit être fait.

Le regard de Sephiroth se fit plus sombre. L'espace d'un instant il avait oublié que le conseil des dragons attendaient après eux. Il n'était pas tranquille à l'idée de cette rencontre, il avait un mauvais pressentiment.

Il suivit cependant docilement les instructions de Kael et rétablit le lien entre lui et Keltyr, son lié et lui échangèrent un bref regard, avant de se détourner l'un de l'autre. Pour l'heure il était bien trop tôt pour qu'ils aient envie de se rapprocher plus. Il était bien trop tôt pour que le lien entre eux soit plus qu'une ancre. Peut être plus tard...

Revenant vers Karion et Vincent, il les attira à nouveau entre ses bras, puisant du réconfort et de la force dans leur présence.

- Partons... nous devons prendre du repos avant de partir pour le territoire des dragons. Murmura t'il.

Les deux autres approuvèrent en silence.

Ils regagnèrent leur chambre sans un mot de plus et s'étendirent à nouveau sur le lit, Vincent et Karion entourant Sephiroth dont ils percevaient la tension.

- Nous ne sommes pas obligés de nous y rendre. Affirma Vincent d'un ton un peu hésitant. Nous ne leur devons rien.

Sephiroth aurait aimé pouvoir faire écho à cette affirmation, mais il savait que rien n'était moins faux. Même si, effectivement, ils ne devaient rien aux dragons, Hiyu en était un, il était même un dragon important, il ne pouvait pas lui faire faux bond, pas alors qu'il était en train de faire son possible pour assurer sa position, et la leur par la même occasion. Ce serait une grave erreur stratégique. Il ne voulait cependant pas en parler, pas pour le moment.
- Dormons, nous en parlerons plus tard. Murmura t'il en réponse à l'affirmation de Vincent.

Vincent n'insista pas, finalement soulagé qu'il n'abonde pas dans son sens.

Ils se rapprochèrent un peu plus les uns des autres, fermant les yeux, feignant de dormir, mais sans vraiment parvenir à trouver le sommeil.

Ils avaient tous trois conscience que des moments délicats les attendaient sur les terres des dragons. Certaines choses ne s'effacent pas si facilement.

oOo

Pendant qu'ils essayaient de trouver le repos, Hiyu lui parcourait d'un pas rapide l'un des couloirs du palais où il avait été admis. Malgré les années écoulées depuis son départ, rien ne semblait y avoir changé, ce qui ne l'étonnait en rien, pour les dragons les traditions se devaient d'être respectées, les choses ne bougeaient que peu.
Il marqua un temps d'arrêt avant de pousser la dernière porte, richement ornée, celle qui donnait sur une chambre qu'il connaissait par cœur... il y avait passé tant de nuits, à veiller sur le sommeil d'un enfant que le décor choisi par sa propre mère remplissait d'une angoisse terrible.

Lorsqu'il entra enfin, son regard se posa sur le décor inchangé de la chambre royale. Les tableaux qui terrifiaient tant Makura enfant étaient toujours aux murs, les statues grimaçantes encadraient toujours le lit.

Hiyu serra les dents, il lui semblait encore entendre la jeune voix de l'enfant, Makura n'avait que cinq ans lorsqu'il avait été installé dans les lieux, c'était un enfant timide et sensible, que le décor rendait nerveux en journée et qui se cachait sous ses couvertures pour ne plus rien voir une fois la nuit tombée.

Il avait plus d'une fois tenté d'intercéder auprès de la mère de l'héritier du trône pour que le décor bien trop impressionnant pour un enfant aussi sensible soit changé, mais en vain. La femme estimait qu'il fallait que son fils s'endurcisse, et bien qu'en étant le géniteur, Hiyu n'avait pas son mot à dire sur le sujet.

Makura avait du se faire à ce qui l'entourait, dans la douleur et les larmes, sous les yeux impuissants d'Hiyu il avait continué à trembler de nombreuses nuits, jusqu'à ce que, finalement, avec le temps, il cesse d'avoir peur.

Mais ce temps là était révolu, et ce décor l'était également. Hiyu n'entendait pas le conserver plus longtemps. Maintenant qu'il était admis parmi la noblesse, parmi les héritiers, il allait procéder à certains changements.

Se retournant vers ceux qui le suivaient, certains à contre cœur, d'autres avec plus de curiosité que d'envie de le servir, il leur désigna les lieux d'un geste vif.

- Je veux que cet endroit soit vidé et redécoré de façon plus simple et fonctionnelle. Je vous donne jusqu'à ce soir pour exécuter mes ordres. Dit il d'un ton impérieux.
Il en vit plus d'un se tendre devant cette demande qui remettait en question l'équilibre auquel ils étaient habitués, mais personne n'osa protester.

Alors qu'il regardait, avec une satisfaction qu'il ne cherchait même pas à dissimuler, les travaux progresser, il sentit plus qu'il entendit, quelqu'un s'approcher de lui.

Le parfum familier qui lui parvint fit accélérer son rythme cardiaque.

Sans se retourner il savait déjà qui était là, à quelques pas de lui, il ne connaissait que trop bien cette odeur. C'était celle de la veuve de Makura, une femme qu'il avait vu grandir, qu'il aimait et à qui il n'avait jamais rien avoué, par respect pour celui à qui elle était promise puis mariée.

Il retarda autant qu'il le put le moment de se retourner, même lorsqu'elle posa la main sur son bras, doucement.

Elle n'exigeait rien, ne parlait pas, elle se tenait juste derrière lui, une main simplement posée sur sa manche.

Il baissa les yeux sur cette main aux ongles soignés mais laissés au naturel, aux longs doigts fins qui ne faisaient qu'effleurer le tissus, sans s'y agripper. Il se retourna avec lenteur, en retenant son souffle.

Elle n'avait pas changé, même si elle avait troqué ses robes vertes pour une robe d'un gris clair tirant sur le mauve, ornée de broderies blanches représentant des motifs géométriques. Sa chevelure noire était tressée avec soin, au lieu de tomber librement sur ses épaules comme c'était le cas avant qu'il ne quitte la terre des dragons. Ses yeux gris le fixaient avec un mélange d'espoir et de chagrin. Il pouvait voir des larmes briller au coin de ses paupières.

Il s'inclina légèrement devant elle.

- Dame Renge...

Les yeux de Renge cillèrent, elle baissa la tête, ses lèvres se crispèrent, puis elle retira sa main avec tristesse.

Elle le salua à son tour, puis se détourna en silence. Lorsqu'elle avait su qu'il était de retour, elle s'était empressée d'aller le trouver, il lui avait tant manqué pendant toutes ces années. Elle avait beau savoir qu'il s'était marié de son côté, qu'il était veuf et avait perdu le seul enfant qu'il ait eu avec son épouse, elle avait voulu croire que quelque chose était encore possible entre eux. Elle était tombée amoureuse de lui alors qu'elle n'était encore qu'une petite fille, même s'il n'avait jamais rien fait pour l'encourager dans ce sens.

Elle fit quelques pas, puis se retourna brusquement. Elle n'allait pas renoncer, pas alors que Makura n'était plus un obstacle entre eux, qu'il ne voudrait pas l'être. Elle refusait de laisser Hiyu continuer à se laisser guider par des préceptes d'un autre temps.

Désignant d'un geste la chambre où s'activaient les employés.

- Alors, comme cela, il est acceptable de changer le décor, mais pas ce qui compte vraiment ? Makura ne voudrait pas cela. Dit elle d'un ton contrarié. S'il était là, il dirait que notre union n'a jamais été autre chose qu'une de ses responsabilités. Des responsabilités dont il ne voulait pas et dont il s'est délivré avec soulagement. Il avait certes de l'affection pour moi, mais nous n'étions pas amoureux.

- Comment pouvez vous dire cela ? Makura vous adorait, au point de m'en vouloir des sentiments que vous aviez pour moi. Protesta Hiyu.

- Il s'en était convaincu, parce que c'était là ce qu'attendait de lui sa mère, et parce qu'il souffrait, mais son obsession pour moi n'aurait pas duré si je ne m'étais pas montrée indifférente à ses sentiments. J'espérais le décourager, c'est tout le contraire qui s'est produit. Peut être aurai-je pu m'attacher à lui, s'il n'y avait pas eu le vol de notre œuf... je ne sais pas et ne le saurai jamais. Mais je sais qu'il a fini par guérir de cette obsession, lorsque enfin il s'est éteint, il était en paix. J'étais à ses côtés, je sais ce qu'il en est.

Le ton assuré de Renge prouvait qu'elle ne mentait pas, elle disait la vérité, sa vérité. Hiyu ignorait si cela était également celle de Makura, mais c'était sans importance, comme elle l'avait si bien souligné, il n'était plus là pour en témoigner.

L'approche des personnes chargées de transformer le décor de la chambre les obligea à s'écarter, mais Renge n'entendait pas cesser si vite leur discussion. Le regardant droit dans les yeux, elle lui fit signe de la suivre.

Malgré la tension qu'il ressentait, il lui emboîta le pas.

Il était temps pour eux de faire la paix avec leur passé et de mettre enfin les choses à plat concernant ce qui les avait rapproché et écartés tour à tour.

Il l'accompagna jusqu'à un salon où elle avait toujours aimé à se tenir.

Elle prit place contre la fenêtre, regardant dehors, comme elle l'avait fait pendant des années. De sa position elle avait une vue parfaite sur les jardins du palais. Des années plus tôt, alors qu'elle était en deuil de son enfant volé, elle regardait de cette position les jeux des autres enfants de son époux. Même si cela lui tordait le cœur à lui donner envie de hurler, elle ne cessait d'y revenir.

Sans les approcher elle avait appris à les connaître et elle avait vite su que l'autre fils de son mari n'était pas heureux, que les autres jeunes dragons se complaisaient à le tourmenter et cela ne lui avait pas plu.

Elle avait tenté de s'en ouvrir à Makura, mais ce dernier n'avait pas d'intérêt pour sa progéniture et il n'avait pas voulu l'écouter, lui intimant le silence. Elle n'avait pas insisté, mais avait trouvé un autre moyen pour préserver l'enfant, même si ce dernier lui en voulait encore pour ce qu'elle avait fait en ce but.

Parfois, lorsqu'elle y repensait, elle avait un peu honte de la méthode utilisée, mais elle se consolait en songeant qu'il avait eu une vie bien meilleure loin des dragons.

Il ne tarderait pas à revenir, elle le savait, elle avait le don de voir parfois l'avenir, même si ses capacités étaient des plus restreintes. Elle pourrait alors lui parler à nouveau, et cette fois, elle entendait bien lui dire la vérité.

Puis, elle sentit la vibration familière qui envahissait son cerveau et se tendit, prête à fuir comme elle n'en avait l'habitude à chaque fois que cela se produisait.

- Je dois partir... murmura t'elle.

Hiyu la regarda avec étonnement, surpris par ce brusque changement d'attitude.

Renge s'efforça de rester impassible, de masquer son état, elle n'avait plus qu'une idée en tête : rejoindre ses appartements et s'y enfermer, le temps de prendre l'infusion qui lui permettait de stopper le phénomène.

Hiyu la laissa partir, surpris, mais ne voulant pas s'imposer à elle.

- Je reviens dans un moment, affirma Renge avant de passer la porte.

Hiyu resta à côté de la fenêtre, regardant pensivement au dehors. Il avait le sentiment qu'elle ne s'était pas tenue là par hasard. L'espace extérieur était désert pour l'heure, mais à le regarder, il se souvint que lorsqu'il vivait encore en ces lieux, les enfants y jouaient souvent. Peut être se plaçait elle là pour les regarder.

Son cœur se serra alors qu'il l'imaginait, seule et triste, mère privée de son enfant, regardant ceux d'autres femmes en train de jouer.

Comme elle l'avait dit, Renge revint, au bout d'un assez long moment. Avant même de se tourner vers elle Hiyu sut que quelque chose n'allait pas. Une odeur se dégageait de Renge, une odeur qu'il avait déjà senti par le passé, lorsqu'il était enfant et qu'on l'avait conduit auprès du dernier dragon oracle, afin que ce dernier lise son avenir. L'oracle, un très ancien dragon blanc, était déjà terriblement vieux, son pouvoir le torturait tellement, qu'il se droguait entre les séances. L'odeur de la drogue, qu'il consommait beaucoup, planait en permanence dans la salle où ils avaient été mis en présence.

Renge réalisa qu'il savait et se recula, les lèvres tremblantes. Elle était la reine, l'épouse de Makura, personne ne se permettait de se questionner sur ses actions, personne n'osait lui dire quoi que ce soit, ni même la regarder ainsi qu'il le faisait à présent. Personne ne se préoccupait du fait qu'elle ait recours à ces plantes. Nul ne se doutait qu'elle était une oracle, ou personne ne voulait le savoir. Pour les dragons, les oracles n'existaient plus, même s'il y avait encore des dragons des rêves, ils étaient rares et peu puissants, aucun n'avait l'envergure nécessaire pour affirmer être un oracle.

- Renge, es-tu une oracle ? Demanda doucement Hiyu.

La lueur d'angoisse qui traversa le regard de Renge fut une confirmation suffisante, tout comme sa protestation véhémente.

- Non ! Cria presque Renge.

Hiyu soupira. Il comprenait sa peur, être un oracle n'était pas chose facile, ceux qui portaient ce fardeau étaient appréciés mais encore plus craints, ils étaient isolés, approchés avec réticence. On souhaitait les entendre, mais on redoutait également ce qu'ils avaient à dire, ce qu'ils pouvaient voir.

Se rapprochant, il prit doucement Renge dans ses bras, sachant que l'infusion préservait cette dernière pour un temps.

- Dis moi depuis quand. Dit il simplement.

Renge frissonna, tout d'abord raide et réticente, elle se laissa finalement aller contre lui.

Jamais encore elle n'avait parlé de ce qu'elle ressentait. Elle avait trop peur d'être enfermée dans un rôle dont elle ne voulait pas.

- Il n'y a rien à dire... souffla t'elle nerveusement.

- Renge, je ne dirai rien à personne, à moins que tu ne m'autorise à le faire. Mais je crois que tu as besoin d'en parler. Insista doucement Hiyu. Je sais que c'est un lourd fardeau. Je me souviens du précédent oracle, de la souffrance de son regard, je ne veux pas qu'il t'arrive la même chose.

Renge ferma les yeux.

- Il est déjà trop tard... souffla t'elle.

- Comment cela ? Que t'est il arrivé ? Questionna encore Hiyu.

Renge secoua la tête avec chagrin, rouvrit les yeux à regret.

- Un jour que je venais manipuler mon œuf dans le nid qui lui avait été attribué dans la salle d'incubation, j'ai vu qu'il allait disparaître, qu'un enfant mâle en sortirait, mais que je devrai attendre très longtemps pour enfin faire sa connaissance. J'ai su qu'il aurait la chance de grandir à tes côtés. J'ai tenté d'empêcher cela de se produire, mais personne n'a voulu me croire, la salle d'incubation était un lieu sacré pour les dragons et ceux travaillant pour eux. Nul ne pouvait oser s'y introduire pour accomplir un tel sacrilège, voler un œuf de dragon...

Elle s'agrippa de toutes ses forces au vêtement d'Hiyu. Cette fois, son expression neutre s'était envolée, il voyait la femme brisée de chagrin qu'elle était devenue après la perte de son enfant.

- Dis moi ce qu'il en est de mon fils... de mon Akio... tu l'as élevé, parle moi de lui.

Hiyu ne pouvait pas refuser. Il mesurait l'erreur qu'il avait fait en ne prenant pas contact avec elle lorsqu'il avait découvert l'acte d'Hojo. La honte et la culpabilité qu'il avait ressenti alors l'avaient dissuadé de prendre contact avec les dragons. Il se sentait coupable de ce que son fils avait fait, ne savait comment prévenir son peuple. Une foule de questions l'avait torturé sans relâche à l'époque, sans qu'il parvienne à en trouver les réponses. Les dragons l'écouteraient ils ? Sauraient ils pardonner ? Même si Hojo le rejetait, il n'en restait pas moins son fils, il espérait encore le voir changer et prendre une meilleure voie. Il avait choisi de se taire au final, par lâcheté et il s'en voulait.

Renge leva la main et lui caressa la joue.

- Tu n'as pas à t'en vouloir, tu as fait ton possible et tu n'étais pas responsable des actes de ton fils. Certes, tu n'as pas ramené l'enfant qu'il avait volé, mais tu as fait en sorte qu'il survive et qu'il ait une vie convenable. Tu ne peux pas porter à jamais le poids des erreurs de tes fils.

Hiyu soupira tristement.

- Alors, tu sais pour mon autre fils...

- J'ai toujours su. Ce n'est pas parce que la plupart ici font comme si tu n'avais aucun lien avec lui, qu'ils ignorent tous ce qu'il en est. Ils savent aussi que seul ton sacrifice a permis à Makura d'être un dragon noir sa vie entière. Désormais, ils savent que ton dragon est revenu à toi, et ils ne pourront pas s'opposer à ton avènement.

- Je ne suis pas encore roi, corrigea Hiyu, je ne suis pas le seul héritier en âge de régner... il y a ton fils, son frère et le dernier héritier des précédents souverains...

Renge le regarda droit dans les yeux.

- Ne sois pas ridicule, nous savons tous les deux qu'aucun d'entre eux ne veut le trône. J'ai bien peur que tu ne doives te résoudre à assurer cette fonction, du moins jusqu'à ce que le petit fils de Makura soit assez âgé pour décider s'il veut ou non prendre la suite.

Hiyu ne pouvait pas protester, Renge disait vrai, ni Akio, ni Ren-Qing, encore moins Taï, ne voulait monter sur le trône. Il ne restait que lui, en attendant que le fils de Ren-Qing soit en âge de faire valoir sa volonté.

Il en avait conscience avant même d'arriver en ces lieux, et tous ceux dont il avait croisé la route le savaient aussi. Bon gré, mal gré, il allait devoir régner pendant plus d'une dizaine d'années. Ce ne serait pas chose facile, bon nombre de dragons n'appréciaient pas qu'il prenne la suite de Makura, pour certains, qu'il ait renoncé à son dragon, même s'il l'avait récupéré, le rendait indigne d'eux.

À suivre