[A/N: Merci pour vos dernières reviews ! Nous sommes dans la dernière ligne droite avant l'attaque de Pain, qui va changer beaucoup de choses... J'espère que vous aimerez aussi la suite.]


Le lendemain matin, Itami rattrapa Kakashi dans une rue du village.

-Tu as pu parler à Naruto ? voulut-il savoir en la voyant parvenir à sa hauteur.

-Oui.

-Et alors ?

-Laisse-lui un peu de temps, Kakashi. Mais tu connais Naruto. Il est fort, ce gamin.

Kakashi décida de se contenter de cette réponse.

-J'allais chez Tsunade, reprit-elle. Pour avoir des nouvelles.

-Shizune travaille sur l'autopsie d'un des corps de Pain, que Jiraiya nous a envoyé par crapaud. Tsunade a confié à Ibiki le prisonnier qu'il a fait au Pays de la Pluie, et le code à l'unité de décryptage, l'informa-t-il. C'est ce que tu as raté hier.

-Alors quoi ? On attend, et c'est tout ?

Alors qu'il s'apprêtait à répondre, il s'arrêta et referma la bouche. D'un signe de tête, il lui désigna l'extrémité de la rue :

-M'est avis que voilà justement des nouvelles.

Suivant son regard, Itami s'aperçut que Shikamaru marchait droit vers eux.

-Bonjour, le salua-t-elle.

-Yo, répondit-il. Vous avez un moment ? Tsunade m'a chargé d'aider l'unité de décryptage à déchiffrer le code de Jiraiya, mais il nous faut une clé pour comprendre comment il l'a chiffré. J'ai pensé à vous.

Il tendit une photographie dans leur direction et Kakashi s'en saisit vivement. Elle montrait le dos de Fukasaku et les chiffres qui y avaient été inscrits par un Jiraiya mourant.

-9, 31, 8… 106, 7… 207, 15…, lut Kakashi d'un ton songeur.

-Ça vous dit quelque chose ? demanda Shikamaru.

-Rien du tout, soupira Kakashi. Itami ?

-Non plus, regretta-t-elle. Mais tu devrais plutôt t'adresser à Tsunade ou à Naruto.

-J'ai déjà essayé le Hokage. Bien, ça ne laisse plus que Naruto…

Visiblement agacé, Shikamaru entreprit donc de s'éloigner.

-Je suis un peu inquiet à son sujet, soupira Kakashi.

-Shikamaru ? s'étonna Itami.

-Naruto, clarifia-t-il.

-Rien ne t'empêche d'aller le voir, tu sais. De vérifier comment il va.

-Je sais. Mais je ne suis pas très doué pour ces choses-là.

-Ça se travaille, dit-elle d'un ton légèrement moqueur.

Il leva un sourcil, mais, constatant qu'elle affichait un début de sourire, éprouva un certain soulagement.

Parce qu'à son sujet à elle aussi, il était inquiet.


Kakashi s'aplatit contre le mur, d'un côté de la fenêtre. Itami croisa les bras, l'air réprobateur. Il leva les yeux au ciel et reporta son attention sur le dialogue qui leur parvenait par la fenêtre ouverte.

-… Je pense qu'il doit y avoir des indices cachés à l'intérieur des livres de maître Jiraiya, disait une voix féminine. Les chiffres du code représentent probablement l'ordre d'un mot, un nombre de lignes ou le numéro d'une page. Et ça doit avoir un rapport avec la clé du code !

-Naruto, combien de livres maître Jiraiya a-t-il publié ? fit la voix de Shikamaru.

Itami roula des yeux et lâcha un soupir.

-Je ne sais toujours pas ce qu'on fiche ici, murmura-t-elle.

-Chut, souffla vivement Kakashi.

Elle manifesta son agacement en faisant la moue, et il ne put retenir un sourire, qui fut caché par son masque. Cependant, à l'intérieur, la conversation se poursuivait :

-Euh, je ne sais pas, répondit Naruto. Quatre ou cinq, je crois.

-On va tous les vérifier. Il doit bien y en avoir un dont le titre commence par la lettre "ta".

Subitement, le visage de Kakashi sembla s'illuminer. Glissant la main dans le petit sac à l'arrière de son pantalon, il en tira un livre. Puis il se décolla du mur et fit glisser la fenêtre grande ouverte avant de se pencher par l'ouverture :

-C'est sûrement celui-là !

Dans la pièce, les trois jeunes gens sursautèrent.

-Maître Kakashi ! lâcha Naruto avec surprise.

Shikamaru, lui, s'intéressait bien plus à la couverture du livre que brandissait Kakashi qu'à son apparition inopinée. Icha-icha tactics. TA !

-Je voulais savoir comment vous vous en sortiez, alors j'ai décidé de passer, se justifia Kakashi.

-Menteur, intervint alors la voix d'Itami en le tirant en arrière par le dos de son gilet.

Kakashi essaya de la repousser d'un coup de coude. Elle lui tira la langue.

-C'est le livre que l'ermite pervers écrivait pendant notre entraînement, réalisa soudain Naruto.

Cessant de se chamailler, Itami et Kakashi reportèrent leur attention sur les autres :

-J'avais raison, s'exclama Shikamaru. C'est bien à toi que la clé était destinée.

Itami lui lança un regard blasé et préféra ne pas relever le fait qu'il s'était adressé à Naruto en dernier.

-Alors la première partie du code, ce 9 dont Naruto a deviné qu'il s'agit en fait de la lettre "ta", pointerait directement vers ce livre…, reprit Kakashi, songeur.

-En général, intervint Shiho, quand le code concerne un livre, on commence par s'intéresser au numéro des pages. Dans notre cas, nous avons 31, 8, 106, 7, 2017 et 15. Six pages au total. Commençons par la page 31.

Kakashi feuilleta le livre jusqu'à s'arrêter sur la page convenue :

-J'y suis. Et maintenant ?

-Regardons la première lettre ou le premier mot de cette page. Lisez la phrase à voix haute.

Kakashi pâlit brusquement.

-Hein ? déglutit-il, l'air ahuri.

-C'est quoi, le problème ? s'égosilla Naruto. Dépêchez-vous un peu !

Le regard de Kakashi se posa de nouveau sur la page en question, et ses joues se tintèrent de rouge. Il balbutia :

-Mais… euh…

Itami leva les yeux au ciel et lâcha un long soupir. D'un geste vif, elle lui arracha le livre des mains et lut la phrase à voix haute :

-"Le prendre, est-ce que tu m'aimes vraiment ?"

Shiho nota scrupuleusement la phrase.

-Ok, page 8, maintenant.

-"Vrai, mais c'est comme un échange".

-Page 106 ?

-"N'est pas possible…"

-C'est noté. Page 7 ?

-"Pas croyable, sa taille est vraiment impr…"

Elle marqua une pause et foudroya Kakashi du regard avant de finir :

-"Impressionnante".

Shiho ne broncha pas et écrivit le dernier mot.

-Page 207, réclama-t-elle ensuite.

-"L'un ou l'autre…"

-Et finalement, page 15.

-"D'eux. Lorsque la chaise commença à grincer, …", ok, je vais m'arrêter là.

D'un mouvement souple du poignet, elle lança le livre à Kakashi, qui le reçut dans la poitrine. Kakashi était mortifié. Heureusement, la voix de Shiho l'arracha à sa gêne :

-"Le vrai n'est pas l'un d'eux".

-Qu'est-ce que ça veut dire ? maugréa Naruto.

-Transmettons ça à maître Fukasaku, suggéra Itami. Il aura peut-être une idée, vu qu'il a aussi combattu Pain.

Comme tout le monde était d'accord, ils se mirent en route pour le bureau du Hokage. Dès leur arrivée, Tsunade convoqua Fukasaku, et ils tendirent au crapaud la feuille de papier où ils avaient déchiffré le message.

-Alors ? le pressa Naruto.

-Je ne suis pas sûr, avoua le crapaud. C'est encore bien vague…

-Vous n'avez pas une hypothèse ? lui demanda Shikamaru.

-Je vous ai déjà tout dit au sujet de Pain. Il semble être capable de revenir d'entre les morts. J'hésite donc à avancer de simples hypothèses… Et dans ces conditions, il serait trop dangereux de l'affronter. Nous devons d'abord découvrir ses secrets.

-Où en est le reste de l'enquête ? voulut savoir Kakashi, faisant référence à l'autopsie et l'interrogatoire du prisonnier.

-Cela va encore prendre du temps, soupira Tsunade. Au moins une semaine pour l'autopsie complète.

Naruto eut l'air abattu.

-Qu'est-ce qu'on fait, alors ? demanda Shikamaru à Tsunade.

-Nous devons attendre, c'est tout. J'ai mis Shizune à la tête de l'autopsie, donc ça devrait être légèrement moins long que d'habitude.

-Je vais aller voir où elle en est ! décida Naruto.

-Laisse-la donc travailler en paix, intervint Itami.

Naruto s'arrêta, visiblement tendu.

-Je ne peux pas juste rester à rien faire, déclara-t-il.

Les autres échangèrent des regards préoccupés. Mais, étrangement, ce fut Fukasaku qui reprit la parole le premier :

-Mon garçon… Maintenant que le code est déchiffré, tu n'as plus grand-chose à faire.

-Et alors ? répliqua méchamment Naruto.

-Laisse-moi finir ! De toute façon, tu n'es pas encore assez fort pour battre Pain. Alors voilà ma proposition : pars avec moi. Je t'apprendrai le jutsu des ermites au mont Myoboku, comme je l'ai fait pour le petit Jiraiya autrefois.

Naruto eut l'air stupéfait.

-Ça me permettra de battre Pain ? voulut-il savoir.

-Je ne peux rien te promettre, mais pour le moment, tu n'as pas la moindre chance. Tsunade, vous n'y voyez aucun inconvénient ?

-Pas le moindre. Va donc t'entraîner, Naruto.

-Mais je dois te prévenir, reprit Fukasaku. L'art des ermites est extrêmement difficile.

-Si maître Jiraiya a pu l'apprendre, alors moi aussi ! Je ferai de mon mieux.

-Bien dit ! approuva le crapaud. Alors c'est décidé. Le petit vient avec moi.

-Nous vous en sommes reconnaissants, le remercia Kakashi.

Déjà, Naruto fonçait hors du bureau pour aller préparer ses affaires. Ce fut à peine s'il les salua de la main en partant. Itami gloussa et Kakashi eut un sourire amusé.

-Ah, revoilà notre Naruto…


Cependant, le reste de la vie de Konoha ne pouvait arrêter son cours. Et tandis qu'on s'acharnait à déchiffrer les derniers indices laissés par Jiraiya, le village devait s'acquitter de son lot habituel. Ainsi, dès le lendemain du départ de Naruto, Tsunade envoya Itami en mission, et elle dut quitter le village pour deux ou trois jours. Le soir de son retour, elle laissa la fatigue la vaincre et s'affala dans son lit pour une nuit de repos bien méritée. Mais, dès l'aube du lendemain matin, elle gagna son terrain d'entraînement habituel.

C'était une belle journée et elle savoura le trajet, l'odeur d'herbe dans l'air, les bruits du village qui s'éveille à son rythme, la terre molle sous ses pieds. Arrivée sur le terrain d'entraînement, elle laissa tomber sa veste de Jonin par terre et enleva ses sandales. Pieds nus, simplement vêtue de son pantalon et d'un haut qui découvrait les muscles de son estomac, elle commença à travailler ses postures et ses attaques.

Elle s'exerça ainsi jusqu'à ce que le soleil soit haut dans le ciel, seule, appréciant la tranquillité et le calme qui régnaient. Du moins, jusqu'à ce qu'on vienne les troubler.

-Gaï m'a dit que tu étais rentrée, fit soudain une voix sur sa droite.

Elle suspendit son geste, s'immobilisant en plein mouvement, et tourna la tête vers Kakashi, qu'un déplacement instantané venait d'amener à proximité.

-Hier soir, confirma-t-elle. On s'est croisé quand j'allais faire mon rapport. Et toi ?

-Ce matin, de bonne heure. Je suis passé chez toi après mon rapport, mais tu étais déjà sortie. J'ai pensé que tu serais ici.

-Et tu t'es dit que tu allais interrompre mon entraînement ? le taquina Itami sans la moindre trace de rancune dans la voix.

-Je me suis dit que j'allais l'améliorer, la corrigea Kakashi.

Comme elle levait un sourcil curieux, il ôta à son tour son gilet de Jonin et se mit en garde.

-Oh-oh, fit-elle avec amusement. Tu es sûr que tu ne veux pas remettre ça à demain ? Tu rentres tout juste de mission.

-C'est pour te laisser une chance, rétorqua-t-il en souriant.

Itami éclata de rire, puis se mit en garde à son tour :

-J'attends de voir ça.

Kakashi attaqua le premier, lançant son poing fermé vers l'avant, et Itami bloqua son coup de la main. Il enchaîna aussitôt et, de nouveau, elle bloqua l'attaque au dernier moment. Dégageant en arrière, Kakashi entama un enchaînement de coups rapides et précis. Itami commença par les arrêter mais fut bientôt obligée de battre en retraite pour éviter une redoutable attaque de taijutsu. Ayant bondi un mètre ou deux plus loin, elle en profita pour riposter :

-Katon, boule de feu suprême.

Kakashi utilisa le déplacement instantané pour éviter l'attaque et le feu se perdit dans les airs. Il réapparut dans son dos, mais elle avait déjà fait volte-face et croisa les poignets devant elle pour parer son taijutsu. Puis elle lui envoya son pied dans l'estomac, et Kakashi tituba en arrière. Profitant de l'ouverture, elle lui balaya rapidement les pieds, et il tomba sur le dos. Itami resta sur place, les mains sur les hanches.

-Qu'est-ce que tu disais à propos de me laisser une chance ? chantonna-t-elle, l'air narquois.

Kakashi se releva tranquillement et s'épousseta. Puis il leva une main à son bandeau de ninja et le releva, dévoilant son Sharingan.

-Ah, lâcha Itami avec un sourire satisfait. Je préfère ça.

Quarante minutes plus tard, Kakashi passa la tête sur le côté du tronc d'arbre derrière lequel il s'abritait et observa scrupuleusement les alentours d'un regard méfiant. Il avait le souffle court et la joue barrée d'une égratignure, et sa manche droite portait des traces de brûlure. Tout en restant sur ses gardes, surveillant les environs, il se frotta la poitrine sans vraiment s'en rendre compte. Un méchant coup dans le sternum lui avait coupé la respiration et l'avait laissé endolori. Néanmoins, il était à peu près certain qu'Itami n'était pas dans un meilleur état, et cette pensée le consolait quelque peu.

Du moins, jusqu'à ce qu'elle se matérialise soudain juste devant lui, un kunai à la main. Surpris, il ne parvint pas à éviter totalement l'attaque, et il sentit la morsure de la lame sur son front. Son bandeau de ninja était tombé une vingtaine de minutes plus tôt, découpé par un shuriken qui avait bien failli lui crever un œil, et il n'avait pas réussi à le récupérer. Aucune plaque de métal ne put donc empêcher le kunai de lui couper le front.

Il lâcha un juron. Il avait pourtant parfaitement dissimulé son chakra, comment avait-elle pu découvrir sa position ?

Alors l'évidence le frappa. La scène se rejoua dans sa tête :

-Où as-tu placé ton sceau ? avait-il demandé.

-Sur toi, lui avait-elle répondu.

Il se serait frappé d'avoir été si bête. Et maintenant, il allait en payer le prix… Il se défendit rageusement, mais Itami le projeta finalement à terre. Son dos heurta brutalement le sol, et il ne put retenir une grimace en sentant une pierre s'enfoncer douloureusement dans son omoplate. Puis il sentit le métal mordre sur la peau de son cou. Itami était agenouillée au-dessus de lui, un genou planté de chaque côté de son ventre, et avait posé son kunai contre sa gorge. Elle haletait presque autant que lui et sa peau luisait de sueur. Bien – le combat n'avait donc pas été trop facile.

-Tu as perdu, annonça-t-elle d'un ton triomphant.

-J'admets ma défaite, marmonna-t-il.

Elle eut un léger rire, visiblement satisfaite, et releva sa lame. Elle fit tourner son kunai autour de son index avant de le glisser à l'arrière de son pantalon.

-Et tu faisais le malin…, se moqua-t-elle.

Au fond, son amour propre était un peu malmené, mais Kakashi n'avait que faire de son ego. Itami avait l'air bien trop content pour qu'il y accorde la moindre importance. Et il aurait donné n'importe quoi pour avoir la possibilité de rester ainsi le plus longtemps possible, allongé dans l'herbe de ces bois qu'il connaissait par cœur et qu'il aimait tant, avec cette femme si près de lui. Instinctivement, il posa une main à l'arrière de sa cuisse. Itami lui adressa un regard curieux, plissant les yeux une fraction de seconde.

-Mais tu as triché, dit-il, la bouche sèche, dans une vaine tentative de gagner encore un peu de temps.

-Triché ? tiqua-t-elle en levant un sourcil, vexée.

-Ton Hiraishin.

Alors elle éclata de rire. Puis elle commença à se relever, et Kakashi éprouva un pincement de regret. Elle lui tendit une main pour l'aider à se remettre sur pied, et il la saisit en faisant la moue :

-Tu ne m'as jamais dit où tu m'as placé ton sceau.

-Top secret, répondit-elle avec un clin d'œil.

-Ni pourquoi tu m'en as collé un quelque part.

Itami ouvrit la bouche comme pour répondre, puis la referma vivement et détourna le regard. Kakashi la scruta des yeux, perplexe.

-Disons simplement que je préfère savoir qu'au besoin…

Elle n'acheva pas sa phrase et eut un geste de la main qui signifiait clairement de passer à autre chose.

-Bon, comme prévu, le perdant paye le déjeuner ?

Kakashi prit le temps d'enregistrer l'information. Puis la pièce tomba.

-Quoi ? s'insurgea-t-il.

Le temps qu'il réagisse, Itami lui avait déjà tourné le dos et avait entrepris de s'éloigner d'un pas guilleret. Il dut bien se résoudre à la suivre, les mains dans les poches et marmonnant pour lui-même.

-J'ai comme l'impression de m'être fait avoir, moi.