Le mariage d'Arthur et Molly était un moment émouvant. Charlie dans un costume convenable les regardait en souriant. Il n'avait qu'une envie, qu'une pensée, mourir, maintenant. Malgré la présence de Ted et Paras à ses côtés. Ainsi que celle de Bilius, l'ami d'Arthur et le frère de Paras, qui était depuis l'été en permanence à côté de lui. Le jeune garçon et son frère ne semblaient pas vouloir le lâcher depuis l'annonce de la mort de la famille Weasley. Ressentaient-ils ce vide complet qu'il y avait en lui ?

Bilius le ressentait au plus profond de son être. Il avait entendu la rumeur sur Charles. Paras en avait perdu son calme. Il avait menacé Amos si violement de dire de telles obscénités que Bilius pensa un instant que son grand-frère allait jeter un sort impardonnable.

Paras refusait désormais de parler à Amos : « Si je t'entends répéter ça, je te renvoie de l'équipe de Quidditch ! »

Charles ne chercha pas à aller à l'encontre des rumeurs qui courraient désormais. Il s'était engagé dans l'ordre pour protéger les siens. Sa vie n'avait aucune importance vu ses gouts et ses envies futures qu'il ne pourrait jamais exprimer. Au lieu de ça, il avait raté sa première mission et il avait mené une part du danger à sa porte où désormais seul Arthur vivait. Tout semblait à prouver que ses parents et les Londubat avaient été visé du fait de leurs sangs-purs et de leurs propos réformistes traitres à leurs sangs. Seulement, il refusait de l'entendre et craignait que sa présence dans l'ordre en soit une raison. Peut-être car il voulait juste une bonne raison de mourir.

La rumeur détruisait le reste de leur famille. Certains membres de fratrie de Septimus commencèrent à émettre des réserves. Charles devrait faire comme son frère et se marier. Cela aurait été préférable, lui répétaient-ils toute la semaine.

Faiza Patil avait surpris ses frères. Toujours sage, première de la classe, ordonnée et discutant principalement qu'avec les filles sur des sujets inutiles, elle avait finalement affronté ses parents. Elle arriva à la fin de la cérémonie, les joues rougies d'avoir du trouver un moyen d'arriver à temps.

Elle avait fait promettre à Paras et à Bilius de prendre soin d'Arthur, Molly, Charles et du jeune Frank Londubat désormais orphelin. « On va être une famille. » Et tant pis si son père moldu et sa mère sang-mêlé ne voulaient pas les voir se mélanger avec des sangs-purs. Elle n'était plus une enfant. Comment pouvait-on juger Charlie et l'accuser de la mort de ses parents avec une rumeur aussi minable ?

Bilius attrapa soudainement la main de Charlie dans la sienne. Ce mariage n'était pas le plus heureux du monde mais au moins la « vraie » famille, leurs amis étaient-là pour leurs dire : On ne vous lâchera pas. Charles regarda l'horizon, ne voyant pas le regard de Molly sur lui. Il voulait juste se laisser mourir. Même cette main chaude dans la main, il ne pouvait la sentir. Le monde s'ouvrait et il était incapable de pleurer, riant par mécanisme de défense.

─ Monsieur We…

Appolon ne termina pas sa phrase et la flamme reflexe dans sa main disparue. Alors que tous leurs camarades pouvaient les voir, que Molly et Arthur étaient en train de prendre la pose coté de lui pour une photographie, qu'il était dans un lieu public et que Bilius lui tenait encore la main, Charles se laissa tomber en avant, accrochant ses bras autour de la nuque d'Appolon Picott. Il ferma douloureusement les yeux, ses doigts s'agrippèrent au haut de l'homme pleurant bruyamment. Plus personne ne bougea, écoutant les sanglots bruyants de Charles Weasley et fixant son corps agrippé avec force à son ainé.

Dans un nuage de fumée blanchâtre, l'homme disparu avec le garçon, venant de transplanter. Molly fronça les sourcils, un peu surprise, bien qu'elle les savait tous les deux membres d'une organisation secrète, elle ne les pensait pas aussi proche. Les jeunes se mirent à chuchoter : Avec Monsieur Picott ? Elle observa Arthur qui ne semblait pas étonné. Soudainement, au milieu des murmures, il dit d'une voix dure mais calme :

─ Monsieur Picott est notre oncle.

Molly garda le silence, souriant à son mari. Arthur lui devait une explication ! Appolon Picott n'était certainement pas l'un des six membres de la fratrie Weasley se trouvant avant Septimus. Et si Picott était un Black, elle voulait bien se couper une main.

Charlie ouvrit la porte de la chambre, ils devaient être en Europe. C'était la première fois qu'il venait en Hongrie. Les pierres blanches du bâtiments et la belle forêt par son ampleur et sa hauteur prodigieuse l'impressionnaient. Il ne savait pas à qui appartenait la maison où Appolon l'avait conduit. Le premier jour, Appolon l'avait simplement gardé contre lui jusqu'à ce qu'il se rendorme et il s'était réveillé allongé sur lui, Appolon lisant calmement. L'homme s'était levé, caressant le front de Charles avec tendresse. Ce gamin l'avait appelé. Appolon ne comprenait pas comment Charles avait fait, mais en pleine mission, il s'était retrouvé avec la vision de ce mariage.

Depuis, il l'entrainait pour sa future mission. Leurs chambres étaient situées l'une à coté de l'autre. Le propriétaire de la maison était aimable mais Charlie ne comprenait pas sa langue qui sonnait rudement à ses oreilles. Il n'avait pas été assez attentif en cours de langues pour connaître les bonnes formules servant à traduire.

Un soir, il entra dans le lit d'Appolon qui ne dormait pas. L'homme le foudroya du regard, mais le jeune Weasley vint s'agenouiller près de lui. Ses larmes étaient encore visibles dans ses yeux. Il avait encore pleuré. Depuis qu'Appolon l'avait conduit ici, il pleurait tous les jours. Il se les frotta doucement.

─ Puis-je dormir avec vous …. Je n'y arrive pas seul …
─ (…), soupira Appolon

Après quelques secondes il se décala, laissant le jeune homme se placer contre lui. Il lui laissa même son bras comme oreiller. Depuis son arrivée, il chassait Charles. Depuis son arrivée, Charles n'arrivait pas à se concentrer et était de plus en plus épuisé ne dormant que lorsqu'il était dans la même pièce. S'il pouvait dormir ainsi, alors autant qu'il dorme, peu importe l'endroit.

─ Puis-je vous toucher ?

Le silence d'Appolon répondit à Charles. Le plus jeune se retourna pour faire face à son ainé. Ses doigts tremblant se mirent à défaire les boutons de la chemise du pyromancien.

─ Vous êtes un enfant, objecta Appolon.
─ Je viens de fêter mes dix-huit ans, nia Charles.
─ Vous ne les aurez qu'en décembre, corrigea le plus blond.
─ Vous connaissez mon anniversaire ? s'étonna victorieusement Weasley.

Appolon grogna contre lui-même, il avait l'air douteux, il en avait conscience. Il ne savait pas à quel point. Charles avait analysé tous les mots et les gestes d'Appolon depuis trois ans. Jamais Appolon n'avait dit : « Vous ne me plaisez pas. Vous n'êtes pas mon genre. Je ne suis pas vraiment interessé par les hommes, c'était qu'une mission. » Appolon disait : « vous êtes jeune. Je suis vieux. Vous n'êtes qu'un enfant. Vous êtes fragile. Vous me prenez pour votre serveur, je ne le suis pas. Vous perdez la tête. Profitez des jeunes de votre âge. Cela ne se fait pas. »

Après son anniversaire, qu'allait-il trouver ? Car plus âgé, Appolon le serait pour le restant de leurs vies. Il n'allait pas pouvoir toujours l'user comme barrière. Charles glissa ses doigts sur le torse de l'homme, découvrant cette peau blanche et délicate. Appolon le laissa faire, le berçant de ses doigts. Il ne savait pas s'y prendre avec Charles. Il savait qu'il aurait mieux fait de ne pas se rendre à ce mariage. Il savait qu'il aurait dû ne pas s'en mêler. Il ne voulait ni l'encourager, ni le repousser.

L'encourage serait de la pure folie et il ne vaudrait guère mieux que ceux se retrouvant à Azkaban, le repousser serait risquer de le voir disparaître et se renfermer. Par Nérida, que Malcom, n°1 et n°2 ne voient jamais cela.

Il n'avait aucune idée de ce qu'il devait faire. Aussi essaya-t-il simplement d'écouter les battements du cœur qui se calmaient et du corps qui s'endormait usant de sortilèges silencieux pour endormir Charles. Les doigts de Charles se firent sages, parcourant son dos, luttant après le sort : ce n'était pas la première fois qu'Appolon usait de ce tour de parent envers des enfants agités.

Au final, ce fut Appolon qui s'endormi le premier, Charlie le regarda souriant tendrement. Appolon ne comprenait pas à quel point l'enfant, c'était lui, à trop vouloir lui céder pour être gentil. Se redressant, Charles inversa leur position, callant le visage de l'homme sur son bras, le blottissant contre lui, passant le revers de ses doigts sur la cicatrice au-dessus de son nombril.

Les mains d'Appolon passèrent des cheveux de Charlie à son propre visage, essayant de cacher sa honte et ses rougeurs. Dans des bruits humides et gutturaux, Charlie remonta son visage et le descendit sur cette tige impressionnante. Sa langue donna des petits coups, déglutissant de plaisir de telles réactions provoquées. Appolon essaya de se retenir. Il ne parvint pas à le faire. Il criait et suppliait son nom. Il offrait une vue de débauche incroyable. « Défonce-moi … » Les mots crus firent rire Charlie. Les jambes écartées, Appolon remua les bassins avec impatience. Fébrile, Charlie sentit que l'espion de Dumbledore ne pourrait pas tenir longtemps. Il observa l'impatience dans le regard de l'homme, le surplombant : qui était l'enfant maintenant ? Il lui ordonna froidement de se retourner et de lui présenter son antre. Appolon dégluti, se retournant, ses doigts venant découvrir davantage la cible de Charlie, offrant une vue insupportable.

Ouvrant les yeux sur la surprise, Charlie se senti humide et sale dans son boxer. Il devait aller se changer rapidement. Putain ! Heureusement qu'Appolon dormait, sinon Charles serait mort de honte d'un tel rêve. Alors qu'il tenta de se lever, Appolon les blotti davantage dans ses bras. Il gémit plaintivement, électrisant Charles dont le rêve échauffé lui cria de se retourner et de le tenter. Il devait se retenir alors que l'adulte se la jouait succube à côté de lui ? Le nez du concierge se posa contre sa nuque, donnant un petit coup de langue. Appolon l'embrassa doucement.

« Diggory … »

Les yeux de Charles s'ouvrirent avec surprise. Il écouta Appolon souffler sensuellement à nouveau le nom. Il finit par se taire laissant le cœur du plus jeune broyé. Charles ne connaissait qu'un Diggory. Amos Diggory était dans la même maison que lui et avait un an de moins. Il était présomptueux, arrogant et se vantait en permanence. Il était fasciné par le Quidditch. Il ne supportait pas le concierge arrivé pendant leurs scolarité et il le provoquait régulièrement.
Appolon le punissait souvent. Charles l'avait souvent entendu dire malicieusement à Amos qu'il devait aimer passer du temps dans son bureau. Combien de fois Charles avait rêvé de se retrouver seul à sa place dans le bureau d'Appolon ?

Est-ce que Amos en avait profité ? Avait-il pu voir autre chose que de la complaisance dans les yeux du concierge ? L'avait-il retourné sur le bureau et avait-il enfoncé son tire-bouchon ridiculement en Picott ? Le concierge avait-il jouit son nom ? Amos n'était qu'un lâche refusant de parler aux Weasley depuis la mort de leurs parents. Cet enfoiré, en plus d'être un lâche, avait-il en plus volé son dernier espoir ?

Charles n'avait jamais cru en l'histoire d'âge d'Appolon vu comment ils s'étaient rencontrés sur ses principes moraux. C'était qu'un foutu prétexte !

Amos le payerait. Charles se mordit la langue. Il ferrait mordre la poussière à cet enfoiré et il ferrait ensuite pareil à Appolon. Ce n'était qu'un menteur, un enfoiré et un lâcheur. Mais c'était le sien. Même si Appolon l'avait fait avec ce petit porcinet, il ne le laisserait pas s'enfuir aussi facilement.

Appolon, il ne pourrait pas le perdre. Même s'il fallait user d'une potion d'amour ! essaya-t-il de son convaincre. Charlie ne voulait pas être seul. Il ne pouvait pas être seul. Et si Appolon le lâchait et parfait avec Amos ? Il n'aurait plus rien. Arthur était marié et lui plus seul que jamais. Il enlaça le corps contre lui, se mettant à sangloter, réveillant Appolon. Se frottant les yeux, Appolon le berça, renversant la position, se redressant pour veiller sur lui pendant son sommeil. « Ca va aller, Monsieur Weasley. »

─ Vous semblez acharné en ce moment.
─ Il ne reste que peu de temps pour s'entrainer !

Charlie se mit à rire, jouant parfaitement la comédie. Il n'était pas membre de l'ordre du phénix pour rien. Il regarda Appolon lui sourire et se remettre à l'entrainer, tout en songeant à son plan pour que Appolon ne puisse plus jamais lui être retiré. Et encore moins par cet Amos !

Appolon qui n'avait aucune idée des pensées du garçon aux cheveux décolorés ne cherchant pas à violer son esprit ne pouvait deviner la supercherie. Il voyait bien que Charles était moins tactile et demandeur envers lui. Tant mieux. Il se concentrait enfin sur sa mission. Il se glissait toujours dans son lit, toutefois. Les rares fois où Appolon s'endormait, il se réveillait écrasé et maintenu par Charles. Si un jour Charles se trouvait enfin quelqu'un, il faudra qu'il songe à le prévenir qu'il était un koala. C'était un risque à tuer son partenaire pendant la nuit.