PROMPT : Boucle
1994
Comme il le lui avait promis, Severus était présent au réveil de Harry. Le Maître des potions détourna le regard - un peu gêné - face au regard vert plein de gratitude et profita du fait qu'ils étaient seuls pour lui parler de ce qu'il avait vu dans son esprit.
- Monsieur Potter… Harry, vous ne devez parler à personne de ce qui s'est passé sous ce dôme étrange. Pas même à vos amis les plus proches. Il faut découvrir ce qui s'est passé avant tout.
Harry hocha la tête d'un air sérieux.
- Je ne comptais pas en parler, Monsieur. Mais que dois-je dire ?
- Le Seigneur des Ténèbres est revenu, et vous avez réussi à fuir en récupérant votre camarade. Vous n'avez aucun souvenir des détails. Personne ne vous en voudra, et Madame Pomfresh pourra confirmer que vous étiez en état de choc.
Le Gryffondor se rembrunit soudain, et se replia sur lui même.
- Cédric est mort par ma faute. Si je n'avais pas proposé qu'il prenne ce portoloin…
- Ne culpabilisez pas. Vous ne pouviez pas prévoir qu'il s'agissait d'un piège.
- Qui…
- Qui a placé le trophée ? J'ai ma petite idée et je compte bien le démasquer. En attendant, ne faites rien de stupide qui pourrait vous mettre en danger une fois de plus. Restez tranquille.
Severus quitta à grands pas l'infirmerie. Harry somnolait depuis peu de temps lorsque Hermione entra et se jeta sur lui, les larmes aux yeux.
- Tu vas bien ? J'étais si inquiète !
Harry eut un sourire triste et lui raconta ses aventures, se conformant à ce que Severus lui avait conseillé. Il avait confiance en Hermione mais il savait que les enjeux étaient bien trop importants pour prendre le moindre risque. Il suffirait d'une oreille indiscrète pour provoquer un désastre.
Madame Pomfresh vint l'examiner, et le déclara suffisamment en forme pour sortir de l'infirmerie. Le jeune homme eut un large sourire et se dépêcha d'obéir, entraîné par Hermione.
Son entrée dans sa salle commune entraîna un lourd silence avant que tout le monde ne se jette sur lui pour lui demander des détails.
Hermione utilisa son autorité naturelle pour calmer tout le monde et leur ordonner de laisser Harry en paix. Il y eut quelques protestations mais les Gryffondor laissèrent leur camarade tranquille.
Avec un serrement de cœur, Harry constata que Ron restait à l'écart. Le rouquin l'observait mais il ne fit pas le moindre geste envers son ami. Avec un soupir, le brun rejoignit son dortoir : il rêvait d'une douche et de vêtements propres. Il verrait plus tard pourquoi Ron était redevenu si distant.
Le lendemain, à la fin du cours de défense contre les forces du mal, Maugrey Fol'Oeil lui demanda de rester pour lui parler. Harry obéit et répondit aux questions du professeur. Là encore, il resta évasif sur ce qui s'était passé, mal à l'aise. Les questions de son professeur étaient de plus en plus précises, et il attendait avidement chaque réponse.
Lorsque Harry tenta de quitter la pièce, Maugrey le retint en lui attrapant le bras, serrant si fort que Harry gémit et laissa échapper une plainte de douleur. Soudain, le jeune homme comprit et il écarquilla les yeux, cessant de se débattre.
- C'est vous ! C'est vous qui avez placé le trophée !
Maugrey ricana.
- Bien vu jeune homme ! Et la boucle est bouclée !
Puis il se vanta de ses exploits, expliquant comment il avait placé Krum sous Imperium pour qu'il se débarrasse des autres candidats gênants. Il reprocha au Gryffondor de s'être montré trop gentil en voulant partager la victoire avec son petit camarade…
Puis, déterminé, il leva sa baguette, annonçant qu'il allait accomplir ce que le Seigneur des Ténèbres rêvait de faire depuis longtemps : détruire Harry Potter.
La porte vola en éclat et Rogue apparut, stupéfixant Fol'Oeil et jetant un regard inquiet à Harry. Derrière lui, Dumbledore suivait, les sourcils froncés.
- Harry, mon garçon. Que s'est-il passé ?
Harry détailla ce qui venait de se passer avec Fol'Oeil. Severus en profita pour attraper la flasque qui ne quittait jamais le vieil Auror et grimaça.
- Polynectar.
Il fallut peu de temps avant que Fol'Oeil ne laisse place à la véritable apparence qui se cachait sous le polynectar. Severus eut un hoquet de stupeur.
- Croupton Junior ! Mais… il était mort !
Dumbledore secoua la tête.
- Il faut croire que non… je suppose que son père a fait le nécessaire pour son fils finalement.
Avec l'assurance qu'il serait désormais en sécurité, Harry fut invité à retourner dans son dortoir en attendant que les Aurors n'arrivent pour arrêter l'imposteur.
Quelques heures plus tard, il fut convoqué dans le bureau de Dumbledore. Il dut raconter une nouvelle fois ce qui s'était passé à partir du moment où il avait prit le trophée en main, et ses hésitations convainquirent apparemment le Directeur qu'il avait occulté de sa mémoire des évènements traumatisants.
Le vieux sorcier pinça les lèvres et annonça froidement à Harry qu'il passerait l'été chez les Dursley, comme les autres années. Quand Harry essaya de protester, Dumbledore lui rappela la mort de Cédric Diggory en lui demandant s'il souhaitait faire le vide autour de lui de cette façon.
En sortant du bureau directorial, le jeune homme partit à toute vitesse en direction des cachots, se rendant dans le bureau de Severus, des larmes de colère et de chagrin perlant au coin de ses yeux. Il savait que le Maître des potions savait ce qui se passait dans sa famille, et il avait besoin d'en parler. Tous ses rêves de passer du temps avec Sirius venaient de s'écrouler.
Severus serra les poings en comprenant que Harry risquait de passer un été compliqué. Il le consola du mieux qu'il put, déterminé à faire quelque chose… bien qu'il ne sache pas encore quoi.
Dans le Poudlard Express, Harry s'était résigné. Dumbledore était tout puissant, et il n'avait apparemment pas le choix : une fois encore, il allait devoir échapper aux coups de son oncle du mieux qu'il le pouvait et il ne mangerait pas à sa faim…
Arrivé à King's Cross, il s'apprêtait à sortir de la gare, tête basse, quand Lucius Malefoy l'intercepta. Harry se raidit légèrement mais l'aristocrate se contenta de lui tendre un parchemin avec un sourire amusé.
Méfiant, Harry le saisit et laissa échapper une légère exclamation de surprise. En effet, c'était un message de Voldemort en personne. Le Seigneur des Ténèbres l'informait que son Mangemort Severus Rogue l'avait informé des maltraitances dont il était victime. Compte tenu de la trêve qu'ils avaient conclu, il souhaitait le placer en sécurité - après tout, il voulait que son adversaire soit au mieux de sa forme s'ils venaient à s'affronter.
En conséquence, il était invité à suivre Lucius Malefoy, qui l'hébergerait dans son Manoir où il serait en parfaite sécurité.
Harry hésita. L'offre était tentante, mais il craignait légèrement l'aristocrate. Cependant il croisa le regard de Drago et il soupira. Puis il accepta l'offre. Après tout, le Serpentard s'était toujours montré amical et il l'avait soutenu durant cette année difficile, et Harry brûlait de le connaître un peu mieux.
Quoi qu'il en soit, ce ne pourrait pas être pire que dans sa famille moldue.
