Bonsoir ! J'avais dit ce weekend et j'ai tenu parole ! Bon d'accord, il est presque 23h00 et on est le dimanche (des rameaux). Mais techniquement, je suis toujours dans les clous !

Bref, j'arrive avec un nouveau chapitre et... je n'ai rien à dire pour vous préparer au bazar que ça va être. Alors, lisez lentement...

Sur ce, l'habituelle proposition musicale. Je vous propose The Eternal Forest de BrunuhVille. Je vous conseille, si vous êtes du genre à lire vite, de laisser passer une bonne minute de musique voir même deux avant de commencer.

Bref... Bonne lecture !

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Lorsque les sentiments s'en mêlent –

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- Mais… Qui est Élisa ?

La question d'Elaiano jeta un froid et, Glorfindel et Maglor échangèrent un regard paniqué. Puis, croyant que l'adolescente leur faisait une blague, le fëanorion lâcha :

- Ce n'est pas drôle ! Tu sais très bien qui elle est !

La jeune fille le regarda avec un regard emplit d'incompréhension et répéta sincère :

- Je ne vois absolument pas de qui tu parles !

Comprenant qu'elle disait la vérité, Glorfindel s'approcha de l'adolescente et lui demanda :

- Si je te dis que tu as été élevée par des humains dans un monde appelé Terre, cela ne te dis rien ?

- Je…

Elle hésita, perplexe.

- Je…

Elle plissa les yeux, les fermant presque, comme si elle cherchait dans sa mémoire des traces de ce que venait de lui demander Glorfindel. Puis, se prenant la tête dans les mains tant cet effort de concentration semblait difficile, elle baissa la tête. Et, d'un seul coup, elle laissa retomber ses mains et conclut.

- Ce que tu me racontes me semble familier mais, je n'arrive pas à me rappeler de quoi que ce soit qui y ait trait.

- A quand remonte ton premier souvenir ?

Elaiano hésita un instant.

- Je dirai, qu'il doit dater de mes cinq ans… C'était le première fois que ma mère m'a montré la lisière de la forêt.

Les deux elfes se regardèrent perplexes. Puis, prit d'un doute, Maglor serra les mains de l'adolescente dans les siennes et, plantant son regard dans le sien, il murmura :

- Tu te rappelles donc tout ? De ce souvenir, jusqu'à maintenant ? demanda-t-il en se doutant pourtant de la réponse.

- Non… Il y a comme, un brouillard entre mes vingt-cinq et le moment où je me suis retrouvée en Mordor. D'ailleurs… Elle marqua un temps. Comment me suis-je retrouvée là-bas ?

- Je ne sais pas. Tu ne m'as jamais dit pourquoi tu t'étais retrouvée sur les flancs d'Orodruin, murmura Maglor attristé.

- Le… volcan ?

- Oui.

Mais la jeune fille ne lui répondit pas, les yeux dans le vague comme si elle était plongée dans ses pensées. Sa question n'avait été que rhétorique et était plus une expression de sa pensée qu'une demande. Pas vraiment présente, elle se mit à lâcher des bribes de paroles constituant ainsi et sans le vouloir, un chemin retraçant ce moment de sa vie à ses deux amis.

- Le volcan… C'est le Nazgûl qui m'a attrapée et qui m'a emmenée à Barad Dur… C'était lui qui… m'avait…

Sa voix se tue alors qu'elle se concentrait. Et d'un seul coup, sans crier gare, elle bondit et chercha à s'enfuir les yeux écarquillés. Maglor la rattrapa et l'empêcha de s'en aller. Paniquée et les yeux écarquillés, Elaiano se retourna et cracha au visage du fëanorion :

- Lâches-moi ! Je ne sais pas qui tu es ! Je ne sais pas pourquoi tu veux me tuer ni où tu veux m'emmener. Je ne te suivrait pas ! Je te hait ! Lâche-moi, monstre ! Immondice ! Nazgûl !

Sous le choc et blessé par les dures paroles de la jeune fille, Maglor la laissa partir mais, elle fut interceptée par Glorfindel qui la coinça face à lui contre un mur la faisant crier de rage. Tout en maintenant l'adolescente en furie, il se retourna vers le fëanorion, toujours choqué et lâcha :

- Qu'attends-tu pour m'aider ?

- Elle ne veut pas de moi…

- Cesse de faire l'elfing… Tu sais très bien qu'elle ne te dirais jamais ça ! Pas si elle en était consciente !

Comprenant son erreur, Maglor s'approcha et aida le tueur de Balrog à maintenir la jeune fille contre le mur. Une fois tout proche d'elle, il put alors remarquer qu'une sorte de brume flottait dans les pupilles de la jeune fille. Il fit par de cette information à Glorfindel qui essayait tant bien que mal de bloquer l'adolescente, tout en évitant les coups qui pleuvaient, mais celui-ci ne put lui répondre car un coup de pied d'Elaiano avait enfin trouvé sa cible et, elle l'envoya rouler contre le mur de l'autre côté du couloir. Désemparé, Maglor se retrouva seul pour calmer la jeune fille et, ne trouvant aucune solution il finit par faire quelque chose qu'il n'aurait jamais imaginé…

Attrapant l'adolescente par les épaules, il plaqua vivement ses lèvres contre les siennes. Aussitôt les coups faiblirent puis cessèrent tout à fait. Maglor sentit alors la jeune fille se détendre et accepter le cadeau qu'il lui faisait, lui rendant son baiser. Puis, tout en douceur, le fëanorion éloigna son visage de celui de son âme sœur jusqu'à la regarder dans les yeux.

Ceux-ci étaient enfin débarrassés de la brume qui les cachaient mais, à la place, ils brillaient doucement comme s'ils allaient verser des larmes.

- Je… Je suis dés… commença-t-elle avant que Maglor ne pose un doigt sur ses lèvres lui intimant le silence sans pour autant la lâcher du regard.

Ils restèrent là, à se regarder pendant plusieurs secondes qui s'égrenèrent aussi lentes et délicates que l'éternité, puis, Elaiano papillonna des yeux et une larme coula le long de sa joue. Elle ne chercha pas à l'essuyer et se fut Maglor qui s'en chargea. Alors qu'il passait délicatement son doigt sur la joue de la jeune fille, une autre larme coula et il l'a recueilli sur son doigt. Elle était minuscule et fragile, à peine plus grosse que le plus petit des boutons de Niphredil au printemps. Détachant son regard de celui de Maglor, Elaiano écarta doucement la main de ce dernier et se blottie dans ces bras, des larmes coulant le long de ses joues.

- Merci… souffla-t-elle dans un murmure à peine audible.

Quelques pas derrière eux, Glorfindel se releva à peine secoué par le coup de pied qu'il avait reçu même si celui-ci lui avait définitivement ôté tout appétit. Puis, remarquant la situation et se sentant de trop, il s'éloigna le plus discrètement possible afin de laisser les deux tourtereaux ensemble. Il fut si discret que ni Maglor, ni Elaiano ne notèrent son départ trop occupés à se regarder dans le blanc des yeux. La dernière image qu'il vit fut la jeune fille en pleurs dans les bras du fëanorion.

Tout fut ensuite très flou pour Elaiano. A un moment, elle sentie l'elfe la soulever et la porter jusqu'à sa chambre avant de la déposer avec une infinie douceur sur son lit, puis la recouvrir avec une couverture. A peine éveillée, elle voulut le retenir mais, Maglor se contenta de sourire face à sa piètre tentative et, la saluant, il sortit de la chambre et s'en alla vers la sienne. L'adolescente n'eut pas la force de se relever pour le rattraper et, elle plongea dans le sommeil sans même sans rendre compte.

Lorsqu'elle s'éveilla, tout était sombre autour d'elle. Il devait encore faire nuit. Pourtant parfaitement éveillée, elle se leva, prit une torche contre un mur et sortit de sa chambre. Sans trop savoir où aller, la jeune fille se prit à déambuler dans le royaume des Nains, parcourant chaque couloir et tentant de mémoriser le dédale qui le composait.

Alors qu'elle marchait, elle arriva dans une immense salle pourvue de gigantesques tentures. Deux rangées de colonnades montant jusqu'au plafond et au pied moucheté d'or formaient une grande allée au sol couvert d'or.

L'or reflétait tant la lumière que la jeune pu accrocher sa torche à un support vide contre un mur. Puis, s'avançant lentement, la jeune fille prit pied sur la surface brillante un peu hésitante. Tant de richesses devait attirer la convoitise de nombreuses personnes ou êtres malfaisants. Étrangement, en ce faisant cette remarque, elle eut une impression de déjà-vu et les paroles de Balin lui revinrent en mémoire accompagnées d'images. Un grand dragon était déjà venu ici et s'était emparé des richesses de la montagne. Parcourant la salle du regard, elle nota que l'or au pied des piliers semblait être des éclaboussures et non juste une décoration. S'approchant d'un pilier, elle laissa glisser son doigt sur la surface froide qu'était la pierre en se demandant ce qui avait pu se passer en ce lieu.

Alors qu'Elaiano était sur le point de se détourner pour poursuivre son chemin, un mouvement dans l'or attira son attention. Clignant des yeux pour s'assurer qu'elle n'avait pas rêvée, elle regarda plus attentivement et aperçu comme un enchaînement de scènes qui s'affichaient dans l'or. Celles-ci passaient sans ordre apparent et, la plupart d'entre elles éveillaient comme une sensation de mal-être ou de vide au creux de la conscience de l'adolescente. Et ce, sans qu'elle ne sache réellement pourquoi.

Intriguée, elle s'approcha du phénomène après avoir vérifié qu'il n'y avait personne dans les environs. Puis, reportant son attention sur les images et scènes qui s'affichaient elle put y voir d'étranges choses qui lui semblaient familières.

Ce fut d'abord la montagne du Destin, le volcan en éruption qui se dressait en plein cœur du Mordor puis, se fut un lieu très étrange avec des maisons serrées les unes contre les autres et certaines empilées. A cette vue, un mot s'immisça à la conscience de la jeune fille… Ville. Dans ce ville donc, elle vit plusieurs hommes habillés de bleu assemblés autour sur une place où, un vélo et un sac à dos traînaient. L'un d'eux portait des gants et observait des traces de sang contre un mur non loin. Puis, sans crier gare, la scène bascula et s'enchaînèrent une multitude d'images que l'adolescente eut à peine le temps d'apercevoir. Et d'un seul coup, l'enchaînement cessa et une dernière image apparue. Il s'agissait d'une dame dans la quarantaine, des cheveux bruns et raides formant une coupe au carré et, elle avait un grain de beauté très particulier sur le côté du nez.

Surprise Elaiano se pencha et passa sa main sur la surface doré sous laquelle l'image s'affichait et, plus elle se concentrait, plus ce visage lui était familier et, plus des images tels des échos jaillissaient dans son esprit.

- Élisa ? Est-ce bien toi ?

Mais, pour seule réponse, l'image se troubla et commença à s'effacer.

- Non ! Élisa ! Reviens ! hurla-t-elle comme si son cri pouvait arrêter le phénomène et permettre à celle qui l'avait élevée de l'entendre.

Mais, malgré ses appels, l'image disparu et le sol retrouva son éternelle couleur dorée.

La jeune fille resta alors là, les mains sur la paroi brillante, dans un ultime espoir que l'image revienne mais, rien ne vint. Tout resta silencieux et froid. Comme si toute chaleur et douceur avaient déserté les lieux. Murmurant le nom de celle qui s'était occupée d'elle pendant de longues années, Elaiano versa quelques larmes, dépassée par les événements. Et, alors qu'elle se croyait encore seule, une voix glaciale et coupante la coupa.

- Tu as toujours été faible, aveuglée par tes sentiments et la peur. Rejoins-moi… rejoins-Le. Il n'est pas trop tard.

L'adolescente se figea. Ce timbre de voix n'était que trop caractéristique. Se retournant, elle le foudroya du regard.

- Pourquoi me poursuivre sans cesse ?

- Tant de familiarité… Je ne te poursuis pas pourtant. C'est toi qui m'appelle… répliqua l'ombre à peine visible dans l'obscurité.

- Ce n'est pas vrai ! Montres-toi, Nazgûl !

L'ombre s'avança et une torche l'éclaira. Il transparaissait à peine dans l'ombre du lieu et de la nuit mais, son manteau noir et déchiré était nettement visible et se distinguait, notamment grâce au sol doré. Celui-ci fit quelques pas et répliqua avec un ton où l'on pouvait distinguer une touche de déception.

- Tu penses donc que je suis l'une de ces ombres qui Le servent ?

La jeune fille se figea complètement déroutée.

- Que veux-tu dire ?

Mais, ne répondant pas, l'ombre se contenta de quelques pas sur le côté et poursuivi.

- Tu ne cesses de penser à moi. Je le sais… Lorsque tu étais à Barad-Dur, j'ai hanté plus d'une de tes nuits et, lorsque tu t'es évadée, tu ne cessais de me fuir peu importait où tu allais. Même derrière les protections des tiens, tu ne pouvait t'empêcher de penser à moi. Tu l'as bien caché… Mais, je sais plus de chose sur toi que tes amis ou même ton ''âme-sœur'' ne connaissent. Sache que c'est moi qui ait lancé cet avis de recherche. Je voulais voir comment tu allais réagir.

- Et ? répliqua la jeune fille sentant que la situation lui échappait.

- Tu as fuis, exactement comme je m'y attendais. Tu ne t'en ait jamais rendue compte mais, j'ai toujours veillé sur toi lorsque tu étais sur Terre. Je savais qu'un jour il te faudrait faire face à un choix. Et, lorsque ce jour est venu, je suis intervenu. Mais, j'ai sous-estimé la force qui sommeillait en toi et tu m'as résisté. Ce jour-ci, sans même savoir ce que tu gardais avec toi, ni ayant connaissance de la puissance qui sommeillait autour de ton cou, tu m'as échappé. Temporairement certes, mais tu as refusé de me suivre, moi ! Je sais pourtant qu'un jour tu te tourneras vers moi et, que tu abandonneras tes amis. Cela à déjà commencé. Tu les ignores, les évitent, leur ment. Tu…

- Assez ! hurla-t-elle. Cesses de raconter n'importe quoi ! Je ne te connais pas ! Je ne sais pas qui tu es ! Si tu n'es pas un de ces anciens hommes maudits, alors qui es-tu ? Pourquoi leur ressembles-tu autant ?

- Tss… siffla-t-il mécontent. Tant de questions et si peu de temps. Saches que les 9 font peur rien qu'à la mention de leur nom. Il n'est que plus aisé de sembler être l'un des leurs… Et, pour qui je suis… Cela n'a aucune importance.

- Dites-le moi !

- Non. Le temps n'est pas encore venu. Concentre-toi pour l'instant sur le choix qui est tien. Rejoins-moi… Si tu le souhaites, tu n'as qu'à m'appeler, et je viendrais. Mais, si tu ne me rejoins pas, je tuerai tout ceux qui te sont chers. En commençant par cette humaine qui t'as mit dans cet état. Quel était son nom déjà ? Ah ! Élisa…

- NON !

- Elle mourra si tu ne me rejoins pas bientôt. Et, n'en parle pas à tes ''amis'', sinon je la tuerai dans l'instant.

- Vous ne pouvez pas faire ça ! hurla-t-elle en se jetant sur l'ombre.

Mais, loin d'être surprit, celui-ci se contenta d'éviter la jeune fille la blessant à l'épaule d'un couteau caché dans sa manche pendant qu'elle s'étalait de tout son long sur la surface lisse et dorée.

- Nous nous reverrons sous peu. Je t'attends.

Et, il sortit un pendentif en tout point semblable à celui de l'adolescente et, disparu dans un tourbillon plus noir que la nuit.

De rage et de désespoir, Elaiano hurla et d'un seul coup, tout se brouilla et elle se réveilla trempée de sueur dans son lit.

Complètement désorientée, elle chercha ses repères et ses yeux se posèrent sur une torche accrochée à un de ses murs. Celle-ci éclairait d'une lueur rougeoyante la pièce apportant un peu de lumière dans les ténèbres de la nuit.

Elle n'eut pas le temps de reprendre ses esprits que Maglor faisait irruption dans la chambre de la jeune fille son épée à la main. En voyant l'adolescente hagarde dans son lit, il s'approcha doucement d'elle et, posant son épée sur le sol, il la pris dans ses bras.

- Je t'ai entendue crier, j'ai cru qu'on t'attaquais. Tout va bien maintenant. Je suis là…

Elaiano voulu lui dire tout. Tout ce qui s'était passé mais quelque chose la retint. Cela ne devait être qu'un mauvais rêve, rien de plus. Et, alors qu'elle se confortait dans cette idée, Maglor passa sa main sur les épaules de la jeune fille et celle-ci tressaillit de douleur. Intrigué, l'elfe remonta la manche de l'adolescente et découvrit une coupure nette et toute récente qui saignait encore.

- Que s'est-il passé ? demanda-t-il inquiet.

- Je… Rien, souffla-t-elle n'osant lui raconter son rêve, trop inquiète que celui-ci soit réel.

Et, en disant ses mots, une voix glaciale retentit dans son esprit, tel un murmure ou un écho résonnant entre eux pics enneigés.

- Je t'attends…


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Bon... Je vous dévoile petit à petit toute l'ampleur du bazar qu'est cette histoire.

Et je vous préviens, la suite va être très euh... sombre. J'espère que vous avez quand même aimé !

Sur ce, je vous laisse et vous dit à la prochaine !