L'atmosphère était silencieuse à l'intérieur des hautes pierres de l'école de magie Hogward. Tel un orage lourd planant au-dessus du lieu, les oiseaux y voletaient à un rythme régulier préparant leurs migrations. L'endroit était devenu d'une froideur qui contrastait avec le sang brûlant qui coulait dans les veines des jeunes. Ils étaient furieux. Un bourgeon d'incompréhension suffit à faire éclore les roses de la colère. Des amitiés en étaient brisées pour une couleur tombée sur eux à l'âge de onze ans. Rangés par catégories, stigmatisés et soudainement dans la peur, le meilleur moyen de se rassurer furent pour eux de s'enfermer avec des êtres leurs ressemblant. Même s'ils ne leurs ressemblaient que par la couleur de robes. Les maisons ne se fréquentaient presque plus. Même celles habituellement proches.
Toutefois cette ambiance à couteaux tirés était moins ressentie par les plus jeunes qui n'avaient pas assistés à la querelle d'halloween. Une certaine insouciance planait chez eux qui continuaient à rire et à s'amuser dans les couloirs.
Le lendemain de la fête, le 01 novembre 1973, Dumbledore annonça gravement qu'il était désormais interdit d'user de la magie dans les couloirs en dehors des préfets et sous-préfets si cela s'avéraient nécessaire.
Le 02 novembre 1973, il fut annoncé qu'à l'exception des préfets et sous-préfets chargés de l'application de la règle, les élèves n'auraient plus le droit d'être en dehors de leurs salles communes après les repas du soir. A l'exception de ceux devant se rendre en cours. Certains cours ou certaines séances pouvaient avoir lieu la nuit comme l'astronomie, le rempotage des plantes de lunes ou la conception de potions sur le cycle lunaire.
Le 03 novembre 1973, un autre sujet préoccupait l'élève en 3ème année, James Potter. Le jeune homme aux lunettes souvent pleine de doigts et aux cheveux ébouriffés fixa ses amis Remus Lupin et Peter Pettigrow avec inquiétude. Est-ce qu'ils étaient prêts ? Et si ça se passait mal ? Ça devait bien passer. Ils n'avaient pas le choix. Ils avaient du revoir leurs plans avec les nouvelles mesures mais ça allait être parfait. Il ne restait plus qu'à attendre Sirius qui était avec Bilius Patil comme à chaque fois que le club de lecture avait lieu. C'était un autre mystère !
Madame Pomfrey s'occupait du club de lecture. Elle installait dans une salle annexe à la bibliothèque des cousins colorés et chaleureux, servait du thé et préparait des petits gâteaux. Trente-quatre élèves étaient inscrits au club de lecture. Madame Pomfrey avait séparé ces derniers en deux groupes. Dans le groupe de Sirius se trouvait cinq poufsouffles, quatre serdaigles, une serpentard qui était sa cousine Andromeda et sept gryffondors dont lui.
A la fin de la rencontre, sept des dix-sept jeunes partaient ensemble. Sirius disait toujours à Remus :
─ On se retrouve après !
Au début, Remus ne l'avait pas immédiatement remarqué. Il était normal qu'ils se séparent car Remus avait club d'échec avec Lily et Peter. Seulement, au bout de deux mois, il constatait qu'une fois le club d'échec terminé, il ne retrouvait pas Sirius dans la salle commune. Ce dernier arrivait systématiquement trente minutes après lui et était toujours accompagné de Bilius. Parfois, avec eux se trouvaient Faiza et John Jordan. Bilius avait fait promettre à Sirius de ne pas dire qu'ils se rendaient chez Hagrid pour apprendre l'histoire non-connue de Poudlard.
James qui ne participait à aucun club sur ce créneau-là confirma à Remus que Sirius ne revenait jamais directement après le club de lecture. Ils questionnèrent Sirius qui répondit vaguement qu'il faisait des « trucs » avec Faiza et Bilius après le club de lecture.
Les garçons ne cherchèrent pas plus loin. Les clubs étaient des activités prenantes et à part entière dans les journées des jeunes et depuis peu, ça prenait encore plus de temps. Les élèves avaient le sentiment que Dumbledore tentait de les occuper coute que coute. Bien que les quatre garçons, Peter, James, Sirius et Remus, aimaient passer du temps ensemble, ils acceptaient mieux depuis la troisième année d'être séparés. Surtout, qu'ils avaient tous les quatre l'autorisation de se rendre à Pré-au-lard les week-ends, ce dont ils n'avaient pas le droits avant leurs troisièmes années. Ils passaient du coup, en plus de tous les soirs, tous les cours, tout les week-ends ensemble. C'était normal d'avoir besoin de temps en temps d'être séparé.
Ils avaient d'ailleurs prévu de se rendre ce week-end à pré-au-lard. Cela aurait par ailleurs un gout particulier, car seul les troisièmes auraient le droit de s'y rendre. Les plus âgés étaient punis ce week-end pour une bagarre qu'ils y avaient eu lieu le soir d'Halloween, et les deux premières années n'avaient pas le droit de s'y rendre.
Ainsi le 3 novembre 1973, James attendait avec impatience le retour de Sirius de son « truc. » Finalement, avec un peu de retard, Sirius arriva accompagné de Bilius Patil et John Jordan. Ils riaient joyeusement en vive conversation. Un silence soudain s'installa et Sirius regarda les élèves présents. Eh ! Il avait rien fait !
Soudainement tous les élèves présents se mirent à chanter joyeusement un « Joyeux, Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire Sirius, en ce jour …. »
Les yeux ronds Sirius réalisèrent rapidement ce qui était en train d'arriver et il se mit à rire joyeusement, étant à la fois ému et s'étant pourtant préparé à ce que James lui prépare un évènement pour son anniversaire. Il rougit, malgré lui, sous la surprise.
Sirius fêta ses treize ans entouré par de nombreux gryffondors. Les parents de James Potter avaient cédé à leur fils et avaient couvert Sirius Black de cadeaux. Cela amusa Sirius, car il n'en avait guère besoin, il était aussi fortuné que son ami. Toutefois, l'intention comptait bien plus que le geste. Il était ému de voir James être aussi heureux, voir plus heureux que lui, à chaque fois qu'il déballait un cadeau. Il était ému de voir les dessins de James sur leur groupe non-précieux à l'instant mais le deviendraient un jour. Il était touché par Remus qui avait frappé juste dans son seul et unique cadeau.
Le soir venu, Sirius se glissa dans le lit de Remus, il vint l'observer alors que ce dernier était en train de lire. Peter et James jouaient à une partie d'empire sorcier, le jeu de société. Sirius laissa sa tête retomber à coté de Remus, attendant, trépignant un peu. Remus tenta de se concentrer sur sa lecture, mais au bout du dixième soupir de Sirius, il releva un sourcil :
─ Quoi ?
─ Je veux l'essayer ce soir.
─ Laisse-moi terminer le chapitre du devoir du professeur Binns avant !
─ Fichtre, je te raconterai la bataille des vélanes si tu veux, mais allons essayer !
─ Tu n'as pas lu le livre, Sirius.
─ Je te jure, je te raconterai, allez s'il te plaît !
James se mit à rire, tournant la tête vers eux.
─ Fallait pas lui offrir ça, Remus,
─ Sirius ! gronda Remus
─ Teu-plaît ! chouina le garçon.
─ Tu n'as vraiment pas grandi, même avec un an de plus !
─ Mais … Tout le monde dit ça !
Peter et James explosèrent de rire, manquant de faire tomber leurs pièces. Ils étaient entièrement d'accord avec Remus. Finalement ce dernier céda. Ils se faufilèrent dehors. Sirius profita des épais arbustes pour se dissimuler sortant le cadeau de Remus. Remuant, ses mains, les petites boules lumineuses s'agrandirent, s'étireraient avant de retomber sur le sol. Ce n'était pas évident à maîtriser.
James vint pincer la joue de Remus, soufflant :
─ Comment tu as deviné que c'est ce qu'il voudrait ? Je suis jaloux.
─ J'ai vu comment il nous regardait dans le train quand on lui a parlé des artistes présents au match de Quidditch.
─ Je crois que Dumbledore a raison, Remus, tu nous rends meilleurs.
─ Hm ?
Les lumières allaient et venaient entre les mains de Sirius. Regulus reposa son livre, donné par son mentor pour apprendre de nouveaux sorts. Deux sentiments se déchiraient en lui. Il était heureux de voir Sirius si joyeux, si différent que cet été, il avait envie de le voir en permanence ainsi avec cette insouciance. De l'autre, il était déchiré par la peine et la tristesse : Sirius était bien plus heureux sans lui. Sirius était bien plus heureux loin de sa famille. Regulus ravala sa peine.
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