Joyeux coronachapitre!
J'espère que vous allez tous bien, que vous n'êtes, ou un membre de votre famille ou un de vos proches, pas atteint, mais pour ça, une seule solution: RESTEZ CHEZ VOUS!
Puisque vous avez tout le temps, vous pouvez laisser une review, hinhinhin...
Allez, j'espère que ce chapitre vous plaira, bisous et à bientôt!
-Tu as bien mis toutes tes valises dans le coffre, Harry ? demanda James, prêt à refermer le coffre de sa voiture.
-Non, il m'en reste une dans le hall, répondit le petit brun en se précipitant dans sa maison.
D'un mouvement vif, le jeune homme se saisit de la poignée de l'énorme sac noir et d'un pas rapide, se dirigea vers la grosse voiture de son père avant de la balancer dans le coffre.
-Voilà ! s'exclama Harry. On est prêt à partir !
-Eh bien, quel entrain ! s'étonna Lily en sortant à son tour de la maison tout en enfilant un épais manteau noir.
-C'est vrai, tu n'avais pas l'air si impatient d'aller à Poudlard, la première fois ! se moqua gentiment James en lançant un regard goguenard à son fils.
Ce dernier rougit légèrement mais ne put dissimuler son agacement de voir ses parents traînasser. Pourquoi, alors qu'ils étaient les premiers à être systématiquement en avance n'importe où, éprouvaient-ils soudain le besoin de traîner justement le jour où il voulait absolument se dépêcher ? C'était à n'y rien comprendre !
-Oui, ben, maintenant, j'ai des amis que j'aimerais bien revoir, grogna Harry avec mauvaise humeur. On y va, maintenant ?
Il vit parfaitement ses parents se lancer un regard étonné devant sa réaction, mais Harry fit mine de ne pas l'avoir vu et alla s'installer dans la voiture en claquant obligeamment la porte. Enfin, ses parents s'assirent également dans les sièges avant de la berline et les Potter démarrèrent.
Harry en éprouva un bref soulagement. Seulement bref. À peine avaient-ils quitté la périphérie de Londres que son inquiétude revint au triple galop.
Il avait passé une dernière journée avec Ron et Hermione la veille. Ses deux amis semblaient très attristés de son départ, même s'ils savaient que c'était inévitable. Harry, lui, bien qu'aussi affligé que ces amis de devoir les quitter une nouvelle fois, avait eu du mal à cacher sa fébrilité. Depuis quelques jours, il n'avait qu'une hâte : retourner en Ecosse.
Pour être plus exact, depuis que Blaise ne lui répondait plus au téléphone.
Rien que d'y penser, Harry dut se retenir de se mordre les doigts, ce qui n'aurait pas manqué d'attirer l'attention malvenue de ses parents. Déjà que ces derniers étaient méfiants de le voir être si impatient de retourner dans un lieu où il avait vécu une horrible expérience… Mais tout de même ! il ne pouvait s'en empêcher.
Bien sûr, il n'y aurait rien eu d'anormal à ce que Blaise ne lui réponde pas une, voire deux fois de suite. Après tout, il avait très bien pu se trouver des activités à faire, n'est-ce pas ? Mais ce silence prolongé de plusieurs jours, sans donner la moindre explication ou le moindre signe de vie, était anormal.
Depuis presque une semaine, Harry se torturait l'esprit en suppositions : est-ce qu'il avait fait quelque chose de mal ? Est-ce que Blaise lui en voulait pour quelque chose ? Ou bien est-ce qu'il avait tout simplement perdu son GSM, et qu'il se faisait des idées pour rien ?
L'incertitude rendait le tout encore plus insupportable. De ce fait, Harry, depuis une semaine, ne pensait plus qu'à retourner à Poudlard et à revoir, enfin, Blaise. Les journées, pourtant bien remplies, lui avaient paru tout simplement interminables.
Et maintenant, enfin ! il n'était plus qu'à quelques petites heures de l'Ecosse et de Blaise.
« Pourvu qu'il n'y ait pas de bouchons », songea Harry en contemplant le ciel gris d'un air soucieux.
Quand ils arrivèrent à Poudlard, contrairement à la première fois, il n'y avait aucun brouillard. De ce fait, ce fut la première fois que Harry fit attention au château vu d'en bas : il était vraiment impressionnant !
Le fait de revenir à Poudlard, même si c'était ce qu'il souhaitait désespérément depuis quelques jour, provoqua un sentiment étrange à Harry. Il eut l'impression que ses multiples blessures, qui avaient peu à peu cessé de le faire souffrir pour ne devenir qu'une simple gêne grâce aux antidouleurs, se mirent soudainement à le brûler tandis qu'il repensait avec inquiétude à tout ce qu'il s'était produit en ces lieux. Toutes ses pensées centrées sur Blaise, il l'avait presque oublié…
-J'avais oublié à quel point le château était magnifique, soupira Lily en contemplant Poudlard 'un air émerveillé.
Aujourd'hui, contrairement à leur première arrivée, la grille était grande ouverte et plusieurs voitures se dirigeaient vers le château : de nombreux pensionnaires étaient rentrés dans leurs familles respectives à l'occasion des fêtes. Aussi, lorsque les Potter se garèrent sur le parking de Poudlard, une quinzaine de voitures étaient alignées et il y avait plus de monde autour du château qu'Harry n'en avait jamais vu.
-Eh bien, déclara James en sortant de la voiture, il y en a, du monde !
Harry acquiesça silencieusement et, après avoir détaché sa ceinture, sortit à son tour. Il fit un tour sur lui-même, un peu étourdi par ce monde qui papotait joyeusement et par tous les élèves s'interpellant à force de cris. Harry commença à s'étirer avec volupté, les membres raides d'être restés si longtemps dans la même position, lorsqu'il aperçut Luna, une dizaine de mètres plus loin, à côté de son père.
Le jeune homme sentit un léger sourire naître sur ses lèvres tandis qu'il s'approchait de la petite blonde qui regardait distraitement le ciel.
-Salut, Luna ! la salua-t-il avec un large sourire une fois qu'il fut à ses côtés.
-Harry ! s'exclama cette dernière.
Elle paraissait ravie de le revoir. Elle s'approcha de lui et le serra dans ses bras, mais très doucement, remarqua Harry, sans doute par égard pour ses blessures. Le petit brun sentit son sourire s'élargir. Il ne s'en était pas rendu compte, mais Luna, ses cheveux blonds attachés en chignon grâce à un stylo, ses boucles d'oreille en forme de radis, ses yeux bleu délavé et son air rêveur lui avaient vraiment manqué !
Les parents de Harry arrivèrent à leur tour et saluèrent le blondinette, heureux de la revoir. Luna fit les présentations entre les Potter et son propre père, Xenophilius Lovegood.
-Ravi de faire votre connaissance, Mr Lovegood, le salua poliment James en lui serrant la main, un sourire aux lèvres.
-Enchanté, enchanté, s'exclama Mr Lovegood avec impatience. Bonjour, Harry. Ah! Mais je vois que tu ne t'es toujours pas débarrassé de tes Joncheruines !
-De… de ces quoi ? demanda Lily Potter, perplexe.
Elle jeta un coup d'œil interrogateur à son fils, qui se contentait de sourire largement, depuis longtemps habitué aux créatures qui peuplaient le monde des Lovegood.
-Ah bon ? s'étonna-t-il.
Mr Lovegood hocha la tête d'un air affligé.
-Ils sont nombreux, mon garçon, très nombreux. Heureusement que Luna est là pour te tenir informé de leur éventuelle progression, dit-il en déposant des mains affectueuses sur les épaules de sa fille.
Harry adressait un sourire à cette dernière, quand Mr Lovegood reprit :
-Tu n'es pas débarrassé de tous tes problèmes, mon garçon !
Le jeune homme sentit son sourire se faner, sans en comprendre la raison. C'était stupide, il ne s'agissait que de la prétendue présence de Joncheruines ! Mais cela le troublait.
-Ah ! Mais j'aperçois le professeur Snape ! s'exclama Mr Lovegood. Veuillez nous excusez, je voulais m'entretenir avec lui avant mon départ.
Il fit un sorte de courbette en guise de salut, avant de s'éloigner à grands pas vers l'enseignant, sa fille dans son sillage. Les deux adultes restèrent un instant pantois, rendus perplexes par l'attitude et les propos légèrement… excentriques de l'homme.
-Oui, dit Harry en souriant avant qu'ils aient pu lui demander quoique ce soit, Luna est toujours comme ça, elle aussi.
-Heureusement que Sirius n'a finalement pas pu nous accompagner pour te dire au revoir, marmonna James en lançant un regard torve au Professeur Snape.
Sirius avait en effet été retenu en dernière minute par une obligation à son travail, bien qu'il ait initialement été prévu qu'il accompagne les Potter jusqu'en Ecosse.
-Oh, ça suffit, James ? demanda Lily d'un air exaspéré. Vous avez tous quitté l'école depuis plus de quinze ans ! Pour ma part, j'irai saluer Severus avant qu'on quitte Poudlard, que ça te plaise ou non !
James marmonna quelque chose d'inintelligible, mais se tut rapidement en avisant le regard menaçant que lui adressait sa femme. On pouvait dire ce que l'on voulait, Lily pouvait être terrifiante, quand elle le voulait !
De nombreuses familles se rencontraient et discutaient entre elles. Harry eut ainsi l'occasion de revoir Neville et de faire la connaissance de sa grand-mère, une femme énergique mais peu commode ! Ensuite, ce fut Dean Thomas qui vint, tout content, à sa rencontre…
Bien qu'il fut très content de revoir tous ces visages amicaux, Harry ne pouvait s'empêcher d'en chercher un en particulier. Tout en écoutant d'une oreille la discussion entre ses parents et la mère de Dean, il jetait de longs regards circulaires autour de lui dans l'espoir de repérer le regard doré de son petit ami, ou encore les cheveux blonds de Draco ! Mais, malheureusement, les deux demeuraient introuvables.
-Ah ! Harry ! Mr et Mme Potter !
Les trois susnommés se retournèrent en direction de la voix. Le Professeur Dumbledore se dirigeait vers eux, les bras ouverts en guise de bienvenue, ses yeux bleu vif étincelant d'une lueur malicieuse et sa barbe argentée étincelant au soleil.
-Comment allez-vous ? J'espère que ces quelques semaines de vacances vous ont fait du bien ?
Les adultes échangèrent les formules de politesse, tandis que Harry se contentait d'adresser un sourire au directeur, son esprit toujours occupé à scanner les environs.
-Et si nous allions discuter dans mon bureau ? proposa le Professeur. Nous y serions plus à l'aise et surtout… à l'abri de ce vent de tous les diables !
Les Potter acceptèrent avec reconnaissance car, en effet, même si le soleil dardait de ses rayons, un vent gelé glaçait toutes les personnes présentes jusqu'aux os.
Harry fut désappointé de la décision des adultes : il ne pourrait pas surveiller les différentes arrivées depuis le bureau directorial. Cependant, la pensée que Blaise était peut-être tout simplement déjà arrivé et qu'il l'attendait à l'intérieur raviva son espoir de le croiser dans les couloirs. Il suivit donc de bonne grâce les adultes à l'intérieur du château.
En effet, de nombreuses personnes étaient présentes à l'intérieur du château. Ce monde inhabituel et le brouhaha des différentes conversations donnaient un je-ne-sais quoi de réconfortant aux couloirs du château, habituellement si vides.
Cependant, malheureusement pour Harry, parmi toutes ces personnes, nulle trace de Blaise ou de Draco.
Harry remarqua que de nombreux pensionnaires le dévisageaient à son passage et murmuraient frénétiquement à l'oreille de leurs parents ou entre eux dès qu'il les avait dépassé. En effet, sa mésaventure avait bien entendu fini par faire le tour du château et, même si personne ne savait avec certitude ce qu'il s'était produit, tous avaient remarqué que Barty Croupton Jr avait été emmené par la police et que les parents de Harry, qui avait passé plusieurs jours à l'infirmerie, avaient débarqué à Poudlard en catastrophe.
Forcément, les rumeurs allaient bon train. Encore plus maintenant que tous pouvaient voir la cicatrice barrant le front du petit brun.
Harry, gêné par cette attention, ramena quelques mèches de cheveux devant son front en espérant dissimuler la plus grande partie de sa blessure et se félicita d'avoir mis un pull à col montant, qui dissimulait le début de cicatrice qui descendait jusqu'à son torse.
Enfin, le petit groupe arriva devant le bureau directorial et, après avoir gravi les fameux escaliers en colimaçon, Harry eut le loisir de s'installer dans un des confortables fauteuil faisant face au bureau de Dumbledore.
-Alors, Harry, s'enquit celui-ci une fois que tous furent assis, comment se sont déroulées ces vacances ? Reposantes, j'espère ?
Harry haussa les épaules en adressant un léger sourire à l'homme.
-Beaucoup, Professeur, je vous remercie.
-J'imagine qu'être en dehors de Poudlard durant quelques semaines doit t'avoir fait le plus grand bien, supposa le directeur, mais il s'adressait plus aux parents qu'à Harry.
Ceux-ci prirent le relai, assurant que ces quelques semaines au repos dans un environnement familier avec tous des gens qu'il aimait avait fait le plus grand bien à Harry, que, malgré ce qui lui était arrivé, il ne présentait pas de symptômes post-traumatiques ( selon le psychologue qu'il avait dû aller voir régulièrement à Londres, on n'allait pas le laisser sans soins juste après ce qui s'était passé ! ), qu'il avait eu l'occasion de bien se reposer, blablabla…
Bien sûr, Harry omit de mentionner le fait qu'il soupçonnait fortement de faire une nouvelle amnésie probablement due à Tom. Une fois de plus. Il aurait l'occasion de se pencher sur la question plus tard, une fois qu'il aurait retrouvé Blaise.
-Bien ! s'exclama le directeur d'un air satisfait lorsque les Potter eurent fini de parler. Je suis ravi d'entendre tout ça. De mon côté, je suis content de vous annoncer que nous n'avons pas chômé non plus ! Toute la sécurité a été refaite, on a finalement réussi à localiser l'endroit par où Barty a pu sortir de Poudlard, une grille était légèrement de travers, et il a réussi Dieu sait comment à passer entre…
Harry laissa son esprit vagabonder tandis que le directeur expliquait en long et en large en quoi la sécurité était désormais plus performante qu'auparavant. Après tout, lui n'en verrait même pas la différence, mais le professeur Dumbledore prononça alors un nom qui ramena toute son attention sur la discussion.
-… et le Professeur Riddle m'a assuré qu'il n'avait plus l'intention de laisser Harry lui cacher quoique ce soit.
Ah.
Riddle. Un autre problème auquel Harry n'avait plus vraiment pensé depuis qu'il était loin de lui, mais qui n'en était pas moins… handicapant.
Le moins qu'il pouvait dire, c'était qu'il n'avait vraiment pas hâte de se retrouver à nouveau seul à seul avec l'homme. Devoir à nouveau affronter ses regards pénétrants, ses sourires en coin, ses airs de savoir parfaitement ce qu'il se passait dans son crâne… et faire comme s'il ne s'était rien passé entre eux.
Le jeune homme grimaça discrètement. Il savait qu'il allait bien devoir un jour mettre les choses au clair avec son psychiatre à propos des… événements survenus avant Noël. Un jour, sans doute. Mais pas tout de suite.
Lily Potter commença immédiatement à prendre la défense du psychiatre, disant qu'il n'était pas responsables des cachotteries de Harry, qu'ils avaient tous été pris au dépourvu, que Harry avait toujours été très indépendants pour régler ses problèmes au point que ça en devenait handicapant…
Harry se sentit étonnamment contrarié que sa mère prenne ainsi la défense de Riddle, alors qu'elle ne l'avait rencontré en tout et pour tout que trois ou quatre fois. Évidemment, Riddle était doué pour se mettre les gens dans sa poche. Harry se demandait comment sa mère réagirait si elle apprenait que quelques mois plus tôt, ce même psychiatre embrassait son fils – mineur, faut-il le rappeler - comme si sa vie en dépendait. Rien que ce souvenir suffit à faire rougir le petit brun.
Non, décidemment, il n'avait vraiment pas hâte de revoir le psychiatre.
-Bien, je crois que nous avons tous abordé, déclara le Professeur Dumbledore en se levant de son fauteuil.
Les trois Potter en firent de même et, après avoir chaleureusement salué le directeur, sortirent du bureau.
-Ça alors, il est déjà si tard ? s'étonna Lily en avisant à travers une fenêtre le ciel qui commençait déjà à s'assombrir.
Les couloirs étaient déjà largement plus vides que lors de leur premier passage. De nombreux parents étaient déjà partis, laissant les pensionnaires se retrouver.
-En effet, nous n'allons pas tarder non plus, déclara James en jetant un coup d'œil inquiet à sa montre.
Sa femme et lui avaient trois heures de route au moins pour le retour, et les petites routes sinueuses d'Ecosse étaient déjà assez dangereuses en plein jour.
La petite famille prit alors la direction du parking, car il fallait encore décharger toutes les valises de Harry et les transporter jusque dans sa chambre.
Harry passa d'abord à l'accueil pour récupérer la clef de sa chambre. Dobby l'accueillit avec une joie non-dissimulée et échangea quelques mots amicaux avec lui avant de devoir s'occuper d'autres pensionnaires.
-Eh bien, tu déménages ici ou quoi ? s'exclama James en apercevant la quantité de valises en ouvrant le coffre.
-Quoi ? Je reste six mois cette période, c'est normal que j'ai plus d'affaires à prendre ! se défendit le jeune homme.
Heureusement, ils n'eurent qu'un seul trajet à faire, chaque membre de la famille prenant deux valises. Harry jetait de nombreux regards autour de lui, espérant toujours apercevoir la peau foncée de son petit ami ou les yeux anthracite de Draco. Malheureusement, il ne repéra aucun des deux. Cependant, il attirait toujours autant les regards.
-Pfiou ! s'exclama James en déposant les lourdes valises sur le sol de la chambre de son fils. Rien de tel pour faire travailler les muscles ! plaisanta-t-il.
-Tu veux qu'on t'aide à ranger tes affaires dans les armoires, mon chéri ? demanda Lily en se penchant déjà, prête à ouvrir les bagages.
Harry remarqua que son père faisait discrètement une grimace en jetant un regard au ciel qui s'assombrissait à vue d'œil.
-Non, répondit le petit brun précipitamment, pas la peine, Maman, je m'en occuperai. Vous devriez vous mettre en route, il fait de plus en plus sombre.
James eut un sourire et adressa un regard de remerciement à son fils qui lui répondit par un clin d'œil complice. Après tant d'années de mariage, il était amusant de constater à quel point James craignait de contrarier sa femme.
Harry raccompagna ses parents jusqu'au parking. La plupart des voitures avaient à présent disparues, tous les parents ayant laissé leur progéniture aux bon soins de l'Institut psychiatrique. Celle des Potter étaient l'une des dernières encore présente.
Lily serra fort son fils dans ses bras. Harry répondit à son étreinte, remarquant sans peine que sa mère avait du mal à dissimuler son inquiétude de le laisser dans cet endroit où il lui était arrivé tellement d'horribles choses.
-Tu nous appelles, murmura-t-elle d'une voix légèrement éraillée. Ne nous laisse pas sans nouvelles, d'accord ?
-Promis, répondit Harry en lui adressant un sourire rassurant. Je vous appelle samedi. Tout ira bien, ajouta-t-il, voyant les yeux de sa mère devenir brillants.
-Oh, mon chéri, souffla Lily, sa voix s'étranglant de plus en plus. J'ai l'impression de t'abandonner une deuxième fois. C'était déjà si difficile en octobre et maintenant…
Harry échangea un regard alarmé avec son père qui vint enrouler ses bras autour de sa femme et de son fils.
-La situation n'a plus rien à voir, Maman, tenta de la rassurer Harry. Quand je suis arrivé en octobre, je n'allais pas bien du tout, je ne connaissais rien et personne ici, et on était tous persuadés que j'étais un meurtrier !
Lily eut un petit rire étranglé.
-Harry a raison, reprit James en embrassant le front de sa femme. Il est passé à travers des épreuves difficiles, et malgré ça, son état n'a rien à voir à ce qu'il était il y a six mois ! C'est ici qu'il a fait tous ces progrès, Lily, murmura James, désemparé.
-Oui, je sais… Vous avez raison…
Lily Potter prit une profonde inspiration et secoua légèrement la tête, avant de se forcer à sourire à son fils.
-Excuse-moi, mon chéri. Tu vas me manquer, tu sais.
-Toi aussi, Maman, murmura Harry en la serrant contre lui.
Lily l'embrassa sur le front avant d'aller s'installer rapidement dans la voiture, sans doute pour y laisser libre cours à ses larmes.
Harry lança un regard chargé d'inquiétudes à son père.
-Qu'est-ce qui lui arrive ? demanda-t-il.
-Elle s'inquiète, tout simplement, répondit James en serrant à son tour son fils contre lui. Elle est en droit, non ?
-Rassure-là, d'accord ? demanda Harry. Tout va bien se passer.
-Je te fais confiance, mon grand, sourit James. Mais, Harry…
James s'écarta d'un pas pour pouvoir regarder son fils dans les yeux, avec un visage devenu très sérieux.
-Si tu vois que les choses dégénèrent, ou quoique ce soit… n'essaie plus de régler les choses par toi-même, d'accord ? Regarde où ça t'a mené.
Harry essaya vraiment de penser à autre chose que sa nouvelle amnésie.
-D'accord, Papa, toussota-t-il.
Mais James, malheureusement, connaissait très bien son fils. ses yeux se plissèrent.
-Sérieusement, Harry. Je veux que, au moindre problème, tu nous appelles ou que tu ailles en parler à ton psychiatre ou au Professeur Dumbledore. Tu as failli être tué !
Harry regarda son père droit dans les yeux, un air sérieux sur le visage.
-Je te promets, Papa. Si je vois qu'il y a un truc d'anormal, j'en parlerai. Promis.
James sonda le regard de son fils pendant un petit moment, sans doute à la recherche de la moindre trace de mensonge… mais, apparemment, il ne trouva rien, car il se redressa, l'air un peu plus tranquille.
-D'accord.
Il réattira son fils dans une dernière étreinte.
-Je t'aime, fiston.
-Moi aussi, Papa.
Ensuite, James alla à son tour s'installer dans sa voiture et démarra. Les Potter firent de nombreux signes de la main à Harry, qui resta sur le parking et les regarda s'éloigner en répondant à leurs gestes, jusqu'à ce que la voiture soit totalement hors de vue.
Harry laissa alors retomber son bras le long de son corps, un léger sentiment de culpabilité dans la gorge.
Après tout, il n'avait pas vraiment menti… En parler à Blaise et Draco, ça restait en parler, non ?
Harry eut l'irrésistible envie de se mettre à la recherche de Blaise immédiatement après le départ de ses parents mais, étrangement, quelque chose le retint. Peut-être était-ce la crainte que Baise ne l'évite sciemment, ou bien de la fierté. Toujours est-il qu'au lieu de se mettre à parcourir les couloirs du château à a recherche de son petit ami, Harry prit sur lui et décida de retourner dans sa chambre.
Sur le chemin, il eut le loisir de constater que, maintenant que ses parents n'étaient plus à ses côtés, la plupart des élèves ne se gênaient pas pour le reluquer ouvertement. Harry afficha une belle indifférence, même si en réalité, il était particulièrement mal à l'aise d'être devenu le centre de l'attention. Comme s'il en avait besoin…
De ce fait, il fut assez soulagé de refermer la porte de sa chambre derrière lui, le mettant à l'abri de tous ces regards scrutateurs. N'éprouvant décidemment pus aucune envie de parcourir les couloirs s'il devait affronter les autres pensionnaires, Harry n'avait donc plus qu'à attendre l'heure du souper, où Dumbledore ferait apparemment un petit discours de bienvenue. Il lui restait donc une bonne heure à patienter.
Désœuvré, Harry se mit alors à sortir toutes ses affaires de ses valises et entreprit de les ranger. Il mettait une attention inhabituelle à soigneusement plier ses vêtements et à les trier dans son armoire. Ensuite, il rangea lentement ses affaires de toilette dans la petite étagère qu'il y avait en-dessous du lavabo de la salle de bain, en les déposant avec une minutie frisant le ridicule.
Enfin, un léger brouhaha dans le couloir indiqua au petit brun que les élèves commençaient à se diriger vers le réfectoire. Soulagé et en même temps légèrement anxieux, Harry sortir à son tour et suivit le mouvement.
Contrairement à d'habitude, au lieu d'aller se servir directement au self-service avant de s'installer, les élèves restèrent debout. Au fond de la pièce, une petite estrade en bois avait été montée et l'ensemble du corps professoral/médical y était perché, Dumbledore au centre.
Une fois tous les élèves présent, le professeur Dumbledore leva les bras comme pour les accueillir. Le silence se fit aussitôt parmi les pensionnaires.
-Bienvenue, chers élèves ! s'exclama le directeur d'un air jovial. Je suis ravi de vous revoir après ces quelques semaines de congé qui, je l'espère, ont été bénéfiques pour tous.
Harry laissa son regard dériver du directeur et parcourut les professeurs qui se tenaient droits à ses côtés. Un frisson violent le secoua quand son regard tomba sur Riddle.
L'homme n'avait pas changé mais, allez savoir pourquoi, peut-être était-ce le fait de ne plus l'avoir vu pendant un certain temps, mais Harry le trouva encore plus impressionnant : toujours aussi grand, toujours aussi fort et toujours aussi beau…
Comme s'il avait pu sentir le poids de son regard, l'adulte tourna son regard onyx vers lui et le plongea dans les yeux verts de Harry.
Automatiquement, l'adolescent sentit ses joues se mettre à rougir furieusement. Cependant, il soutint la regard de son psychiatre.
Riddle lui adressa son petit sourire en coin avant de lui adresser un léger signe de tête. Harry se mordilla légèrement la lèvre avant d'y répondre avec hésitation. Ensuite, à son grand soulagement, l'adulte le délaissa du regard.
Harry poussa un léger soupir. Après tout, peut-être arriverait-il à avoir une relation moins conflictuelle avec son psychiatre… Soudain, un nom prononcé par Dumbledore le força à reporter son attention sur lui.
-… vous savez sans aucun doute que l'un de nos pensionnaires, Barty Croupton, s'est vu dans l'obligation de quitter notre établissement en décembre.
Harry se redressa légèrement, mal à l'aise. Dumbledore allait-il donc parler de ce qui lui était arrivé ?
-Je ne souhaite pas entrer dans les détails de cette sordide affaire, mais je comprends vos interrogations. Sachez seulement que le jeune Barty avait un esprit particulièrement malade, ainsi qu'une propension à la violence. Cela l'a conduit à blesser gravement l'un de nos pensionnaires.
De nombreux regards se tournèrent alors vers Harry, qui dut lutter de toutes ses forces pour ne pas baisser les yeux et continuer de fixer le directeur.
-Nous avons pour but à Poudlard de vous aider, vous élèves ayant des maladies ou difficultés mentales, à vous soigner et à vous intégrer ensuite dans la vie active comme n'importe qui d'autre. Cependant, nous sommes malheureusement incapables de traiter des cas tel que celui de Mr Croupton. Ce dernier a donc été intégré dans un établissement plus… adapté à ses besoins.
Le directeur parcourut de son regard bleu vif la foule d'élève devant lui, un air grave inscrit sur son visage.
-Je vous demande, pour que des événements d'une telle gravité ne se reproduise plus, de faire attention. Si vous voyez qu'un de vos camarades a des comportements inquiétants ou, au contraire, qu'il semble mal, je vous en prie, ne restez pas sans rien faire. Allez en parler à un adulte qui…
Soudain, Harry reçut une forte tape à l'arrière du crâne. Le petit brun mit une main sur son crâne en étouffant un cri et se retourna vers l'importun, une volée d'injures au bout des lèvres, quand il reconnut des cheveux d'un blond presque blanc et des yeux gris acier.
-Salut, le balafré ! chuchota joyeusement Draco en adressant un sourire mauvais à Harry. Comment se sont passé tes congés en convalescence ?
-Draco ! s'exclama Harry à voix basse, un large sourire aux lèvres.
Toute velléité oubliée, le petit brun mit une bourrade amicale dans l'épaule du blond, sachant que ce dernier ferait probablement un infarctus s »il lui faisait un câlin.
-Tu as passé de bonnes vacances ? Tu es retourné chez toi ? demanda Harry, sincèrement heureux de revoir son ami.
Draco leva les yeux au ciel.
-Ma mère qui a débarqué à l'improviste et qui m'a pratiquement ramené de force au Manoir pour Noël. Un vrai cirque, avec ma tante Bellatrix qui cherche des noises à tous les invités et qui vient me demander haut et fort si « j'ai réglé mes problèmes de personnalité narcissique. » Non mais quelle folle… Elle devrait être internée à Sainte-Mangouste…
Harry rit discrètement en se cachant dans ses mains. Ah, le ton sarcastique de son ami lui avait vraiment manqué !
-Eh, tu as vu Blaise ? demanda alors Draco, alors que Harry s'apprêtait à lui poser la même question.
Harry sentit ses sourcils se froncer.
-Non, je ne l'ai pas vu. Et ça fait quelques jours qu'il ne me répond pas au téléphone. C'est bizarre, non ?
Il avait tenté de prendre un ton dégagé, mais Harry ne parvint pas à masquer totalement son inquiétude.
Draco lui lança un petit regard.
-Ne nous énervons pas, dit-il. Regarde tout ce monde autour de nous. Si ça se trouve, il est tout simplement coincé entre deux toxicos et il n'arrive pas à s'en débarrasser…
Malgré son inquiétude, Harry ne put réprimer un sourire. Bon sang, qu'est-ce qu'il ferait sans Draco…
Enfin, le discours du directeur prit fin. Aussitôt, les élèves se précipitèrent pour aller chercher des plateaux et se servir de nourriture : ils mourraient de fin.
Draco et Harry suivirent le mouvement en jetant de nombreux regards autour d'eux mais, une fois assis à deux autour d'une table, leurs plateaux pleins à ras bord, ils durent se rendre à l'évidence : il n'y avait aucune trace de Blaise dans le réfectoire.
-Mais où est-ce qu'il peut bien être ? murmura Harry.
Il avait un très mauvais pressentiment à propos du silence de Blaise depuis le début, et il avait l'horrible impression qu'il avait raison d'être inquiet.
-Tu as été voir à l'infirmerie ? demanda alors Draco en entreprenant de couper sa saucisse. Peut-être qu'il s'est blessé. Et Mme Pomfresh charcute quiconque ose s'approcher de son téléphone.
-Oui, c'est vrai !
Harry sentit l'espoir le gagner. Qu'il était stupide ! Il avait oublié l'infirmerie, où les téléphones portables étaient interdits.
-On ira voir dès qu'on aura fini de manger.
Les deux adolescents, d'un commun accord, entreprirent donc d'engloutir le contenu de leurs assiettes le plus rapidement possible, s'attirant des regards curieux ou dégoûtés des tables voisines.
Une fois leurs estomacs pleins à craquer, ils allèrent se débarrasser de leurs plateaux et se dirigèrent à grands pas vers l'infirmerie où ils frappèrent de grands coups sur la porte.
-Voilà, un instant, je vous prie, gronda Mme Pomfresh en arrivant, mécontente. Oh, Mr Potter ! Comment allez-vous ?
-Très bien, merci, s'empressa de répondre Harry. Dites, Mme Pomfresh, est-ce que Baise est ici ?
-Mr Zabini ? Ma foi, non, je ne l'ai plus vu depuis votre dernière excursion dans mon infirmerie.
Harry sentit un grand poids lui tomber sur l'estomac. Il échangea un regard rempli de consternation avec Draco.
-Vous ne savez pas où il pourrait être ? demanda ce dernier en reportant son regard sur l'infirmière.
-Non, navrée, jeunes gens. Vous feriez bien de retourner dans vos chambres avant le couvre-feu, vous devez être en forme pour vos cours demain. Allez, ouste !
Forcés, Harry et Draco s'éloignèrent lentement de l'infirmerie, stupéfaits.
-Il doit bien être quelque part, déclara soudain Draco en se redressant. Potter, tu as ton téléphone sur toi ?
Harry approuva d'un signe de tête.
-Alors, on part chacun de notre côté à sa recherche. Le premier qui le trouve envoie un message à l'autre, ok ?
-D'accord, approuva Harry. Bonne idée.
Les deux jeunes gens partirent alors chacun de leur côté à la recherche de leur ami.
Voyant que Draco se dirigeait vers les étages supérieurs, Harry se dirigea vers le rez-de-chaussée. Il parcourut le réfectoire, rentra dans toutes les salles de classe, appela Blaise le long des couloirs, demanda à d'autres pensionnaires s'ils ne l'avaient pas vu, alla frapper de grands coups à la porte de sa chambre, mais, après avoir passé deux bonnes heures à fouiller le moindre recoin des trois premiers étages, il dut se rendre à l'évidence : personne ne savait où était Blaise.
Désespéré, Harry se dirigea vers le parking. Et si Blaise était sorti se promener et qu'il s'était blessé ? Et si…
Harry se secoua la tête. Non, c'était ridicule, on aurait bien remarqué si Blaise avait disparu depuis plusieurs jours ! Mais alors, où était-il ?
Refusant d'abandonner, Harry eut une dernière idée : tenter de l'appeler sur son téléphone, encore une fois.
Tremblant de froid à cause du vent absolument glacial, Harry sortit son gsm de sa poche et appuya sur le numéro de Blaise avant de le coller contre son oreille.
« Bonjour, vous êtes bien sur le répondeur de Blaise Zabini, vous savez quoi faire après le bip ! »
Comme d'habitude.
Harry rangea son téléphone avec des gestes lents. Il claquait des dents et retenait à grande peine ses larmes. Mais où était Blaise ?
Il se décida cependant à rentrer en voyant à quel point le ciel était noir. Il devait avoir dépassé le couvre-feu depuis longtemps.
Le petit brun monta les escaliers en se dirigeant lentement vers sa chambre, quand soudain, une interpellation le fit brusquement sursauter.
-Potter !
Harry se retourna d'un geste vif et aperçut le professeur McGonagall s'approcher de lui à grands pas, l'air sévère.
-Potter, qu'est-ce que vous faites dans les couloirs ? Le couvre-feu est terminé depuis une bonne vingtaine de minutes !
-Excusez-moi, Professeur, balbutia Harry. Je n'avais pas remarqué.
L'enseignante le dévisagea un bref instant, puis son visage s'adoucit légèrement.
-Bon, ça ira pour cette fois, Potter. Mais que cette situation ne se reproduise plus !
-Non, c'est promis… Professeur ? demanda-t-il en relevant des yeux suppliants vers l'adulte. Est-ce que vous sauriez où est Blaise Zabini ? Je le cherche depuis que je suis arrivé…
La psychiatre haussa ses sourcils.
-Mais enfin, Potter, Mr Zabini est parti.
Ce fut comme si on avait foudroyé Harry.
-Parti ? répéta-t-il, son ton presque affolé. Comment ça, parti ?
-Parti, Potter, c'est ce que je vous dit, répondit le professeur McGonagall d'une voix impatiente. Sa mère est venu le chercher quelques jours avant la fin des vacances. Ça faisait un certain temps que Mr Zabini était autorisé à quitter Poudlard, mais il disait qu'il préférait rester ici, allez savoir pourquoi…
-Mais… c'est impossible ! s'exclama Harry. Sa mère n'a même pas fêté Noël avec lui ! Pourquoi est-ce qu'elle serait venue le chercher juste après ?
-Est-ce que je sais, Potter ? s'impatienta l'enseignante. En tout cas, les papiers ont été signés de sa main, j'ai vu le dossier à mon retour de vacances, hier soir. Mr Zabini a quitté Poudlard définitivement.
L'expression sévère du professeur McGonagall se transforma alors en quelque chose proche de la compassion alors qu'elle regardait le visage abasourdi de son élève.
-Je suis navrée, Potter. Je sais que vous et Zabini étiez proches. Allez, retournez dans votre chambre, maintenant.
Comme un automate, Harry s'exécuta. Il était abasourdi, ahuri… et dévasté.
Blaise avait quitté Poudlard. Blaise l'avait quitté. Blaise était revenu à une vie normale, avec des gens normaux. Des gens qui n'entendaient pas des voix.
Et Blaise n'avait visiblement pas envie d'avoir quoique ce soit affaire avec lui.
Tindinnnn! Alors, vos avis, vos impressions, vos théories? N'hésitez pas à me les partager via une petite review! allez, bious, restez chez vous!
