Chapitre 39 : Le départ de Lupin
Note de l'auteur :
La section du milieu est un mélange sans queue ni tête de canon et de non canon. Je n'ai pas mis les passages du canon en italique parce que ça aurait eu l'air trop fouillis, mais ce n'est pas de moi.
Note de la traductrice :
J'ai fait de mon mieux pour retrouver les passages dans la traduction de J-F Ménard, et la dernière section (en italiques) est sa traduction.
LE TÉMOIGNAGE DE PETTIGROW
Black le Vengeur ?
Les titres de la Gazette du Sorcier narguèrent Harry pendant le petit déjeuer à la fin des examens. Rogue n'avait pas l'air plus heureux, le professeur Lupin n'était pas à la table des professeurs, et Malefoy regardait Harry d'un air boudeur, comme depuis le début de la semaine. Harry ne savait même pas ce qu'il avait fait cette fois, mais les rumeurs avaient rapidement révélé que Drago avait passé la nuit à l'infirmerie pour une raison inconnue la nuit où Harry avait promptement été empêché d'aller faire face à son parrain.
C'était l'idée de Ron d'aller tirer les vers du nez à Malefoy, mais Harry se disait que ça semblait être une bonne idée. Malefoy avait été étrangement solitaire cette dernière semaine, mais ça faisait encore bizarre de le trouver dans le couloir sans ses laquais.
- Oh, Malefoy, dit Ron. On veut te dire un mot.
- Je t'en prie. Ça fait trois.
- Comme si t'avais fait quoi que ce soit où on te dirait merci, dit Ron.
- Allons, Potter, dit Drago, ignorant Ron. Tu dois sûrement réaliser que quelqu'un d'autre que toi peut faire des miracles à l'occasion ? Et j'ai même réussi à tout boucler avant les examens de fin d'année. La phrase que tu cherches est 'merci, Drago.'
- Black et Pettigrow se sont enfuis. C'est ça que tu appelles tout boucler ? demanda Harry.
- Tu n'as donc rien appris du procès de cet hippogriffe ? dit Malefoy d'une voix traînante. Tu veux que ton précieux parrain affronte la justice du Ministère ?
- Buck n'a jamais eu son jugement en appel, dit Hermione. Il aurait pu gagner ! Maintenant il ne peut plus, et s'enfuir avant le procès, ça donne un mauvais genre.
- Il ne s'est pas enfui, il a été volé.
- Et ça veut dire que le parrain de Harry va être accusé de vol, même s'il est innocent de tous ces crimes, rétorqua Hermione.
- C'est un Black, dit Malefoy, arquant un sourcil avec cette expression horripilante de 'ceux qui ont grandi avec les Moldus ne feront jamais partie de notre monde, pourquoi essayez-vous ?'
- Ça ne veut pas dire qu'il est au-dessus des lois, grogna Ron.
- Ah, bien sûr, Weasley, ta famille ne peut pas se payer un avocat, n'est-ce pas.
- Les moqueries sont le premier recours d'un esprit incertain, affirma Hermione, attrapant la manche de Ron avant qu'il puisse se jeter en avant.
- Ça va encore prendre longtemps ? Je dois aller à la volière pour envoyer ça, dit Malefoy en brandissant une liasse d'enveloppes. Je dois dire à tous les gens que je connais que le professeur Dumbledore a laissé un loup-garou nous enseigner toute l'année. Au fait, vous saviez que le professeur Lupin est un loup-garou ?
Harry et Hermione tressaillirent, et Ron poussa un cri de surprise.
- Quand est-ce que tu l'as compris ? demanda Harry.
- Oh, j'ai entendu le professeur Rogue lui rappeler de prendre sa potion Tue-Loup ce matin au petit-déjeuner. Il sera viré d'ici le dîner, si pas avant.
Harry en avait assez entendu.
La porte du bureau de Lupin était ouverte. Il avait presque fini de ranger ses affaires. L'aquarium vide du strangulot était posé à côté de sa vieille valise ouverte. Lupin était penché sur son bureau et ne releva la tête qu'en entendant Harry frapper à la porte.
- Je vous ai vu arriver, dit Lupin avec un sourire.
Il montra le morceau de parchemin sur lequel il était resté penché ; c'était la carte du Maraudeur.
- Je viens d'entendre… dit Harry. C'est pas vrai, hein ?
- J'ai bien peur que oui, répondit Lupin.
Il ouvrit les tiroirs de son bureau et commença à les vider de leur contenu.
- Mais pourquoi ? dit Harry. Vous ne pouvez pas être renvoyé juste parce que vous êtes un loup-garou, n'est-ce pas ?
Lupin alla fermer la porte de son bureau.
- Non, répondit-il. La dernière semaine a été le coup de trop pour Severus. Et donc, ce matin, au petit-déjeuner, il a… euh… accidentellement révélé que je suis un loup-garou.
- Vous n'allez quand même pas partir simplement à cause de ça ! s'exclama Harry.
Lupin eut un sourire las.
- Demain matin à cette heure-ci, les hiboux envoyés par les parents vont commencer à arriver. Ils ne voudront jamais que leurs enfants aient un loup-garou comme professeur, Harry.
- Vous êtes le meilleur professeur de Défense contre les Forces du Mal qu'on ait jamais eu ! dit Harry. Ne partez pas !
Lupin secoua la tête en silence et continua à vider ses tiroirs. Puis, alors que Harry essayait de trouver un bon argument pour le convaincre de rester, Lupin dit :
- Ce n'est pas seulement ça. Vous avez vu qu'ils envisagent de réviser la sentence de Sirius, dans les journaux ?
Harry hocha la tête.
- Ils ne peuvent pas – en tout cas ne veulent pas – admettre qu'ils ont eu tort à son sujet. Ils ont mis fin à la poursuite, et l'amnistie lui a été offerte en échange de leur livrer Peter – mais il doit encore trouver Peter, et il y a un certain nombre d'autres soucis… des choses dont Sirius ne peut pas s'occuper tant qu'il est en fuite. Je vais être assez occupé pendant quelques temps.
Lupin jeta ses derniers livres dans sa valise, referma les tiroirs de son bureau et se tourna vers Harry. Il hésita, puis lui donna la carte du Maraudeur.
- Je ne suis plus votre professeur, je peux donc vous rendre ceci sans me sentir coupable… Je n'en ai pas l'usage, et je pense pouvoir dire qu'elle sera utile à vous, Ron et Hermione…
Harry prit la carte avec un sourire.
- Vous m'avez dit que Lunard, Queudver, Patmol et Cornedrue voulaient m'attirer à l'extérieur de l'école… vous disiez qu'ils trouveraient ça drôle.
- C'est vrai, dit Lupin en fermant sa valise. Je n'hésite pas à affirmer que James aurait été singulièrement déçu si son fils n'avait jamais découvert aucun des passages secrets qui permettent de sortir du château.
Quelqu'un frappa à la porte. Harry fourra précipitamment la carte du Maraudeur dans sa poche.
C'était le professeur Dumbledore. Il ne sembla pas surpris de trouver Harry dans le bureau de Lupin.
- Votre fiacre est à la porte, Remus, dit-il.
- Merci, Directeur.
Lupin prit sa valise et l'aquarium vide.
- Bon, eh bien… au revoir, Harry, dit-il en souriant. C'était vraiment un plaisir de vous avoir comme élève. Je suis sûr que nous nous reverrons un jour. Directeur, inutile de m'accompagner, je trouverai le chemin… Harry, vous m'accompagnez un moment ?
Harry eut l'impression que Lupin voulait partir le plus vite possible.
- Alors, au revoir, Remus, dit sobrement Dumbledore.
Lupin cala l'aquarium sous son bras pour pouvoir serrer la main de Dumbledore.
- Il y a une dernière chose dont je veux vous parler, expliqua Lupin alors que Harry cheminait à ses côtés, démoralisé.
- Oui, Professeur ?
- Je pense que vous pouvez m'appeler Remus, puisque je ne suis plus votre professeur. Voyez-vous, Sirius était votre parrain – il serait devenu votre gardien, si les choses s'étaient déroulées autrement – au vu des circonstances, il espérait que vous accepteriez qu'il vous écrive, de temps en temps ? Ou peut-être vous rende visite ? Je lui ai dit d'être patient-
- Ça serait super, l'interrompit Harry d'une voix ferme.
- Je vous déteste.
- Cela ne m'étonne aucunement, Harry Potter. L'année scolaire est terminée, ce qui signifie trois mois de bonheur où je n'aurai pas à être responsable de votre bien-être. Sortez de ma classe.
- Vous avez fait renvoyer le professeur Lupin ! C'est le seul professeur de Défense correct qu'on ait jamais eu.
Rogue se tourna dans un mouvement de robes.
- Il possédait des informations qui auraient permis la capture de Black plus tôt dans l'année et les a gardées pour lui. Il l'a reconnu. La négligence criminelle est une raison suffisante pour renvoyer quelqu'un.
Harry se figea, puis serra les dents.
- Ce n'est pas pour ça que vous l'avez fait ! Vous l'avez fait parce que vous le détestez !
- Oui, en effet. Et vous avez le droit de prendre son parti, et j'ai le droit de le détester, mais cela ne signifie pas que je n'avais pas de raison suffisante. Vous êtes trop jeune pour comprendre.
Harry lui lança un regard noir, haletant, regrettant de ne pas pouvoir envisager de lancer un sort à son professeur et survivre sans se faire renvoyer.
- Je veux apprendre à faire la potion Tue-Loup, dit-il en essayant de garder un ton calme. S'il vous plaît.
Rogue ricana.
- Vous êtes au moins à cinq ou dix ans d'avoir les capacités de préparer cette potion, quand bien même vous y arriveriez un jour.
- Alors donnez-moi une potion similaire mais plus simple que je peux apprendre, et laissez-moi retenir la recette de la potion Tue-Loup pour plus tard.
Rogue le regarda, les yeux brillant toujours de fureur, avant de hocher la tête.
- En échange, Monsieur Potter, nous ne parlerons plus de Remus Lupin.
- Ça marche.
Rogue lui tendit deux morceaux de parchemin, après y avoir noté deux recettes de mémoire (parfois Harry le détestait pour plus d'une raison).
- Je vous verrai à la rentrée de septembre, Monsieur Potter.
- Au revoir, professeur.
Dans le train, Harry réalisa que le professeur Rogue l'avait appelé par son prénom, quelque part entre deux hurlements de rage.
- Je t'appellerai pour la Coupe du Monde ! lança Ron, tandis que Harry poussait en direction de l'oncle Vernon le chariot sur lequel il avait posé sa valise et la cage d'Hedwige.
Son oncle l'accueillit à sa manière habituelle.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? grogna-t-il en regardant l'enveloppe que Harry tenait toujours serrée dans sa main. Si c'est une autorisation à me faire signer, tu peux toujours…
- Ce n'est pas ça, l'interrompit Harry d'un ton joyeux. C'est une lettre de mon parrain.
- Ton parrain ! s'exclama l'oncle Vernon. Tu n'as pas de parrain !
- Si, j'en ai un, répondit Harry. C'était le meilleur ami de mon père et ma mère. C'est un assassin condamné à perpétuité, mais il s'est évadé de la prison des sorciers et il est en fuite. Il m'écrit quand même, de temps en temps… Il prend de mes nouvelles… pour savoir si je suis heureux…
Avec un large sourire devant l'expression horrifiée de l'oncle Vernon, Harry se dirigea vers la sortie de la gare, en poussant bruyamment Hedwige sur son chariot. L'été s'annonçait bien meilleur que celui de l'année dernière !
À suivre…
