Heey ! Comment allez-vous ? Le chapitre 43 est là ! Il est prêt depuis une bonne semaine mais j'ai eu de gros problèmes avec internet et je ne citerai pas le nom de mon opérateur qui a pris cher la semaine dernière... :) Merci pour vos retours qui me font toujours autant plaisir et qui me posent aussi des dilemmes ! Haha il y a deux teams, la team qui veut que Lexa se serve de Gaïa pour faire du mal à Clarke et la team qui veut que Lexa ne craque pas vis-à-vis de Gaïa... Vous aurez donc les réponses dans ce chapitre :P Merci à Mag pour son travail de relecture, un petit coucou à doubi qui n'a pas pu relire mais qui s'y remettra quand il le pourra :) Bon anniversaire à Esys (en retard) et dj3ssii3 !

Morgane : Merci pour ton retour sur le 42 ! Ah oui Clarke est en colère contre Lexa... Est-ce que leur relation va s'améliorer dans le 43 ? Je te laisse le découvrir :p

Lola : Hey ! Merci pour ton retour ! Héhé oui Clarke est froide avec Lexa car elle ne veut plus souffrir... Elle se forge une carapace... :P Une autre conquête pour Lexa ? Oulala il y a déjà tellement de personnages dans cette fic XD J'espère que le 43 te plaira car il est empli de tentations... :D

Bonne lecture !


Chapitre 43 : Tentations


Clarke marchait d'un pas assuré dans le quartier où elle se trouvait. Equipée de sa sacoche avec son matériel de médecin, elle était en route pour sa journée de bénévolat au sein des quartiers pauvres de Syracuse. Après son rapide séjour chez Victor où elle avait observé beaucoup de détresse auprès des habitants, elle n'avait pu se résoudre à continuer à exercer uniquement à l'hôpital. Cage Morello avait refusé son projet de monter une petite structure pour accueillir les personnes dans le besoin, aussi avait-elle décidé avec d'autres collègues le souhaitant de venir faire quelques heures gratuitement pour recevoir des patients n'ayant pas d'assurance médicale.

- Salut Doc ! Crièrent des jeunes qui jouaient au football sur l'unique terrain au centre des grandes tours qui allaient prochainement être démolies afin de proposer de nouvelles résidences aux normes.

- Bonjour ! Sourit la blonde. Timéo, doucement avec le ballon, je te rappelle qu'il y a un mois tu avais une entorse !

- Ça va Doc ! Grâce à vous j'ai plus mal ! Le foot c'est toute ma vie !

- Viens me voir tout à l'heure quand même que je constate cette guérison fulgurante !

- D'accord !

- Moi aussi Doc j'ai très mal ! S'amusa un autre adolescent.

- Dans ce cas tu viendras me montrer ce grand mal, s'amusa t-elle, se doutant que le jeune plaisantait pour attirer son attention.

Elle put distinguer les rires des jeunes qui reprirent leur partie de ballon tranquillement. Clarke alla saluer quelques mamans dont Allissa, la sœur de Victor. La jeune femme était avec ses jumeaux qui avaient bien grandi : Silvio et Vasco devaient approcher de leurs sept mois et observaient le ciel bleu d'un air curieux depuis la couverture molletonnée sur laquelle ils étaient posés. Malgré le temps ensoleillé et la douceur de la température extérieure, ils étaient habillés chaudement.

- Bonjour Allissa, comment vas-tu ?

- Clarke ! Bonjour ma chérie !

La sœur de Victor se leva pour aller enlacer chaleureusement la médecin qui lui rendit son étreinte. Les mères proches d'elles firent de même et rapidement Clarke fut embarquée dans des discussions diverses. Elles se levèrent toutes pour suivre la médecin vers un appartement que Victor avait accepté de leur céder pour les consultations. L'endroit avait été nettoyé grâce aux habitants ce qui avait grandement facilité la tâche à Clarke mais le fait qu'il ne soit pas correctement équipé ne lui permettait pas d'utiliser ses compétences à 100% ce qui la désolait. Allissa fut la première à passer avec les jumeaux. Clarke les ausculta ainsi que leur mère puis lorsque tout fut fait, elle s'installa derrière la petite table qui lui servait de bureau.

- Vous êtes tous les trois en très bonne forme, dit-elle avec le sourire.

- Bonne nouvelle, sourit la brune.

- Tu sais quand les nouveaux appartements sociaux seront livrés ?

- Pas avant un an, les travaux ont déjà bien avancé mais le chantier reste très lent.

- Mince...

- Victor dit que c'est normal et avec les affaires je pense qu'il a autre chose à penser.

- Je vois... Tiens, comment va Angelo ?...

Allissa perdit son sourire avant de secouer la tête ce qui fit froncer les sourcils à la médecin : Angelo était un jeune de dix sept ans qui était accro à l'héroïne. Elle l'avait sauvé in extremis d'une overdose lors d'une de ses journées de bénévolat.

- Sa mère l'a trouvé mort dans la salle de bain la semaine dernière...

- Oh non... Je suis sincèrement désolée... C'était un jeune bien...

- Oui... Il était prêt à rendre service à tout le monde malgré son addiction... Il était perdu tout simplement...

- Beaucoup de jeunes décrochent du scolaire ici non ?

- Oui énormément.

- Victor en a parlé à Lex... la Maire de Syracuse ? Il fait parti des élus il me semble non ? Demanda t-elle, se rattrapant in extremis afin de cacher son trouble : dire le prénom de son ex-compagne lui était de plus en plus difficile.

- Comme je te l'ai dit Victor ne s'occupe que du business en ce moment. Des jeunes qui meurent d'une overdose car ils sont déscolarisés il y en a des dizaines par semaine.

- Je vois... Il faudrait quand même qu'il en touche un mot... J'aimerai lui parler si possible d'ici la fin de la journée.

- Je vais voir ce que je peux faire.

- Merci... Bon et bien vu que tout va bien, je vais pouvoir prendre les patients suivants...

- Et toi ?

- Pardon ? S'interrogea Clarke, désarçonnée par la question.

- Comment tu vas ? Tu n'étais pas venue depuis plus de trois semaines, on commençait à s'inquiéter...

- Ah oui... mais le Dr Nyko est venu non ?

- Bien sûr ainsi que d'autres mais Clarke on s'inquiétait pour toi...

- Désolée... Je traverse une période difficile depuis quelques mois... Confia la médecin, brisant la distance entre la professionnelle qu'elle était et sa patiente.

- Tu veux en parler ?

- Non... Remuer les choses n'arrangera rien...

- Je comprends... Tu sais quand j'ai appris qu'Antonio m'abandonnait encore une fois alors que j'étais enceinte des jumeaux pour protéger Victor j'étais furieuse... Je lui ai dit des choses horribles alors qu'il partait derrière les barreaux...

- Antonio ? C'est le père de tes enfants ?

- Oui...

- Tu regrettes ?

- Oui et non... J'en veux surtout à Victor aujourd'hui... Il m'avait promis d'arrêter de lui donner des missions dangereuses mais au final Antonio ne voyait que par sa loyauté envers lui... Je pense qu'il a fait du chemin depuis... Je vais le voir quand je peux et il ne me parle que des enfants... Il a hâte de sortir de prison.

- Je vois... C'est bien qu'il se soit remis en question.

- Ce n'est pas le cas de la Dona ?

Le titre pour qualifier l'héritière sicilienne fit tiquer la médecin qui se crispa légèrement ce que ne manqua pas Allissa.

- Tu préfères que je l'appelle Lexa ?

- Je ne préfère rien du tout... Appelle-la comme tu veux... Se justifia la blonde.

- Même si Victor ne va pas beaucoup à la mairie, il m'a tout de même dit que vous aviez rompu ? Comment tu le vis ?

- Il y a des moments plus simples que d'autres...

- Je vois... C'est difficile d'en parler ?

- Oui.

- Qu'est-ce que tu ne lui pardonnes pas ?

- La même chose que tu reproches à Antonio. Elle m'a menti, a préféré à nouveau passer par le chemin de l'illégalité plutôt que de s'accrocher et de se battre à mes côtés...

- Et elle ne regrette pas ?

- Bien sûr que si... mais c'est comme ça qu'elle fonctionne. Elle fait toujours les mêmes erreurs puis elle regrette...

- Mais tu l'as toujours pardonné alors pourquoi ne pas le faire maintenant ?...

- Parce qu'elle est allée trop loin... Elle voulait venger son frère Aden ce que je peux comprendre je pense... mais pour ça elle a mis en danger sa nièce... ma fille.

- Tu es maman ? S'étonna Allissa.

- C'est très récent... et compliqué mais oui je suis maman d'une petite Madi. Elle a quatre mois à peine...

- Quatre mois mais Silvio et Vasco vont avoir sept mois... Réfléchit à voix haute la brune.

- C'est une longue histoire... Madi est une grande prématurée, elle a passé ses trois premiers mois en couveuse... Elle a eu un début de vie compliqué...

- Oh je vois... Bon et bien ça alors ! C'est super ! Il faudra que tu l'amènes pour qu'elle rencontre les jumeaux ! Tu sais quoi ? Après tes consultations, tu viens manger à la maison ! Je vais faire une piccataromana !

- Tout dépendra de l'heure à laquelle je termine...

- On verra et s'il le faut je t'apporterai ton assiette ici !

Clarke sourit devant l'enthousiasme de la sœur de Victor. Allissa était vraiment une jeune femme adorable.


Concentrée sur la lecture d'un devis, Lexa s'obligea à ignorer le téléphone qui sonnait près d'elle. Cela faisait déjà quatre fois qu'elle se replongeait dans la lecture et au vu des chiffres annoncés, elle préférait prendre le temps de bien lire avant de le valider. Le téléphone sonna de nouveau avec insistance ce qui l'agaça et la fit décrocher :

- Oui ?!

- Madame le Maire je suis désolée d'insister... Une certaine Anya Zanetti au téléphone qui veut vous parler en personne... Elle monopolise tout le standard depuis une heure... Les habitants de Syracuse ont du mal à nous joindre...

- Bon... Passez-la moi... Merci.

L'héritière prit le temps de prendre une inspiration afin de se contrôler :

- Ah enfin ! Tu es plus dure à joindre que le Pape ! La tacla la mafieuse.

- Je suis occupée Anya, je pourrais porter plainte au nom de la mairie car tu monopolises le standard par je ne sais quel miracle.

- J'ai beaucoup d'employés au casino. J'ai promis une prime à celui qui arriverait à me mettre en communication avec toi.

- Je vois...

- Mais dépose donc ta plainte, ça me servira de PQ, on a oublié de renouveler notre stock récemment...

- Très drôle. Si tu m'appelles à propos du mariage sache que je t'ai déjà dit qu'il faut rése...

- Pas la peine, je me suis arrangée avec les futurs mariés directement ! Tu nous maries après demain à neuf heures, ensuite on va à l'église puis on prend tous notre yatch Edda Bellisima et on va faire la fête au casino.

- Pardon ?!

- Tu as bien entendu, demain il n'y a plus que notre mariage ensuite tu as ta journée. Au vu du peu d'efforts que tu as fait concernant l'organisation, j'espère que tu auras un peu plus de motivation à convaincre Clarke d'être présente et de ramener Madi. Sur ce bonne journée Madame le Maire !

Lexa n'eut pas le temps de répliquer que la communication coupa, la laissant sans voix. Le téléphone sonna de nouveau à peine eut-elle raccroché aussi répondit-elle d'une voix presque éteinte craignant qu'Anya n'en rajoute une couche :

- Oui ?...

- Madame le Maire, je voulais juste vous dire que le standard a été libéré... Je ne vous dérange plus... Merci pour votre intervention.

- De rien...

L'héritière posa le téléphone sur son socle et souffla : elle qui pensait qu'Anya finirait par se résigner, elle s'était lourdement trompée... Elle se mordit la lèvre, hésitant quoi faire vis-à-vis de Clarke. Elles venaient à peine de se retrouver et elle se voyait mal lui demander une telle chose... mais si Gustus avait été prêt à assassiner Clarke que pourrait faire Anya pour forcer la médecin à lui amener Madi ?... Elle ne put s'empêcher de craindre le pire. Elle abandonna la lecture du devis pour se saisir de son portable personnel, cherchant le numéro de Clarke : l'appeler serait sans doute mieux qu'un mail...


- Et voilà, sourit la médecin en serrant la bande qui entourait le pansement sur la jambe frêle du petit garçon devant elle.

- Dis merci ! S'agaça la mère du blessé.

- Merci Clarke...

- Merci Docteur ! Reprit de nouveau la mère.

- Clarke suffit, sourit la médecin en rassurant le petit d'un clin d'œil. Evite les paris stupides des copains la prochaine fois d'accord ? Franchement rester à côté d'un pétard avant qu'il n'explose ce n'était vraiment pas l'idée du siècle...

- Oui... Souffla le garçon en se levant de la table d'auscultation.

- Merci pour tout Docteur... Ce garnement va être privé de sortie quelques jours ça lui apprendra...

La blonde ne put que sourire d'amusement tandis que le garçonnet profitait du fait que sa mère ait le dos tourné pour lui faire une grimace. Elle les invita à sortir, faisant signe au patient suivant qu'elle arrivait dans cinq minutes car son portable sonnait. Elle pensa immédiatement à la nouvelle nourrice de Madi mais à sa grandesurprise se fut le prénom de Lexa qui s'afficha ainsi qu'une photo de l'héritière qu'affectionnait particulièrement Clarke. Elle hésita à répondre mais se dit qu'elle en profiterait pour lui dire qu'elle avait bien reçu un message d'Anya au sujet du mariage mais qu'elle comptait bien ne pas s'y rendre et encore moins avec Madi.

- Allô ?

- Bonjour Clarke, c'est Lexa...

- Oui je suis au courant, ton numéro est enregistré dans mon répertoire, répondit-elle, cinglante avant de se mordre la lèvre : pourquoi était-elle obligée d'être aussi sévère ?!

- Oui... Hm... J'espère que je ne te dérange pas ?

- Fais vite, je suis en consultation mais tiens tant que tu es au bout du fil, je voulais te parler d'Anya.

- Oui...?

- Elle m'a annoncé qu'elle se mariait avec Gustus très bien pour eux... Mais elle veut que j'emmène Madi, c'est une blague rassure-moi ?

- Malheureusement non... Je t'appelle justement à ce sujet...

- Parce que tu cautionnes cette demande ?

La réponse mit quelques secondes à venir, signe que l'héritière était embarrassée.

- Je ne cautionne pas non... Pas totalement du moins... Je pense que tu connais Anya mais pas aussi bien que moi... Elle a décidé que Madi devait venir donc elle fera tout pour...

- C'est une menace ? Elle ne va quand même pas kidnapper ma fille !

- Officiellement tu es sa mère Clarke oui mais on sait toutes les deux que Madi est la fille d'Aden et Ontari... Tu n'as pas de lien de sang avec elle contrairement à...

- Anya et Gustus non plus n'ont pas de lien de sang ! C'est n'importe quoi !

- Clarke... C'est la Famille...

- La Famille hein... Répéta la blonde sur le même ton de voix. Tu sais où tu peux te la mettre ta Famille ?! Va te faire voir Lexa ! Je ne laisserai pas Madi entrer dans votre cercle de mafieux ! Dis bien à Anya que si elle tente la moindre action concernant Madi je dénonce Gustus pour la tentative d'assassinat envers ma personne !

- Non Clarke ce n'est pas une bonne idée ! Paniqua Lexa. Tu risques de...

- J'en ai marre de devoir avoir peur dès que je prends une décision ! Merde ! Décidément décrocher à cet appel n'était pas une bonne idée ! Au revoir Lexa, répondit la médecin en coupant la communication.

Furieuse, la blonde se permit de lâcher un cri de rage avant de donner un grand coup de pied dans la chaise devant son bureau, faisant valser cette dernière au sol. Elle entendit qu'on toquait à la porte ce qui la fit se reprendre immédiatement. Elle alla ouvrir et put rencontrer les yeux inquiets de ses futurs patients :

- Tout va bien Doc ?

- Oui... Désolée... Un coup de fil désagréable... Allez à qui le tour ? Maria ? Demanda t-elle, forçant un sourire.


L'héritière se mordit la lèvre d'agacement : elle avait très mal géré l'échange avec Clarke et elle était incapable de savoir si c'était à cause de la demande inconfortable qu'elle avait dû lui formuler ou au contraire si c'était parce qu'au fond d'elle, elle ne voulait plus se résoudre à abandonner Madi... Comme l'avait si bien dit Clarke, cautionnait-elle réellement le caprice d'Anya ?

- Lexa ? Appela la voix de Gaïa dont la tête s'était glissée etre la porte et l'encadrement du bureau.

- Oui...? Répondit évasivement la brune tout en continuant de contempler la vue sur le port de Syracuse.

- J'ai une petite surprise...

- Entre je t'en prie.

La métisse se glissa dans le bureau et rejoignit rapidement la belle brune à qui elle tendit une carte d'identité et un passeport.

- J'ai joué de mes contacts pour accélérer la procédure... J'espère que tu ne m'en voudras pas...

- Oh ? S'étonna la sicilienne en récupérant les précieux papiers de sa nièce.

Elle prit le temps de lire le prénom et le nom : Madi Griffin. La lecture du nom de famille la troubla plus qu'elle ne l'aurait souhaité.

- Il y a un problème ? Une faute de frappe ? S'inquiéta son adjointe.

- Non. Tout est parfait... Merci Gaïa...

- D'accord...

- As-tu trouvé qui est le responsable du changement de nom des précédents papiers ?

- Malheureusement non... Je crois que cet acte restera anonyme.

- Je vois...

- Corrige-moi si je me trompe mais tu as l'air triste.

Lexa ne répondit pas, gardant le silence pour éviter de craquer car une tempête s'était éveillée au sein de son esprit et la violence des vagues menaçait de faire céder le barrage près de ses yeux. Elle pouvait sentir le regard marron foncé de Gaïa sur elle et elle savait qu'elle n'avait pas le droit de paraître faible devant elle.

- Tu as le droit de craquer Lexa tu sais ? Il n'y a pas de honte... Je vois bien que tu es épuisée et stressée...

- Mes problèmes personnels n'ont pas leur place ici... Chuchota difficilement la brune avant de fermer les yeux pour se réfugier dans son mutisme protecteur.

Gaïa ne répondit rien attendant simplement que la sicilienne s'ouvre de nouveau mais Lexa semblait s'être de nouveau barricadée au sein de cette forteresse propre à la famille Donati. Délicatement, elle se rapprocha et glissa une mainautour de sa taille. Son geste eut le mérite de faire sursauter Lexa qui tourna le visage de surprise mais avant qu'elle ne puisse reculer ou dire quoi que ce soit, l'index de son adjointe se posa sur ses lèvres.

- Ton silence me fascine Lexa... Je pourrais te contempler durant de longues heures alors que ton esprit semble livrer de multiples batailles...

A nouveau l'héritière ne dit rien ce qui encouragea la fille d'Indra à continuer sur sa lancée.

- Je brûle d'envie de t'embrasser...

La métisse put lire la confusion dans les pupilles émeraudes de sa supérieure et amie ce qui la poussa à se lancer. Elle réduisit la distance entre leurs deux visages et alla déposer avec douceur ses lèvres contre celles de la brune. Lexa eut du mal à réagir tant la confusion de ce baiser inattendu balaya violemment son combat intérieur au sujet de Madi. Gaïa était une jeune femme aussi intelligente que belle et elle ne pouvait nier qu'il y avait une attirance qui les liait depuis leur rencontre. Clarke et Victor n'avaient cessé de le lui faire remarquer et bien qu'elle s'y était refusée car ses sentiments pour la médecin étaient des plus sincères, aujourd'hui elle resta dans l'incapacité de repousser la Salomon.

Gaïa sentit que la brune était pleine d'hésitation aussi se força t-elle à se détacher pour ne pas tout gâcher ce qui ne manqua pas de surprendre une nouvelle fois Lexa. Elles échangèrent un regard de gêne et de compréhension mêlées.

- Si j'ai dépassé une limite j'en suis désolée... S'excusa la métisse en se reculant.

- Gaïa... Non... Je... Hm c'est moi qui suis désolée d'être aussi impolie alors que tu as eu le courage d'être sincère...

- Tu n'es pas en colère ou déçue ?...

- Non... Enfin si mais contre moi-même... J'ai un peu de mal à comprendre pourquoi mon silence te fascine à ce point car personnellement je ne me supporte parfois pas moi-même... Tu m'effraies... Tu sembles être tout l'inverse de Clar...

Lexa ne termina pas sa phrase, gênée de citer son ex-compagne.

- Clarke et moi sommes deux femmes très différentes oui... J'ai pu cerner quelque peu sa personnalité...

- Vous êtes en totale opposition... Répondit la brune, légèrement gênée mais à la fois fascinée par cette opposition. C'est très perturbant pour moi.

- Donc c'est trop tôt...?

- Ma rupture est très récente... et ce serait injuste pour toi que je réponde à tes avances alors que tu es sincère...

- Tu as encore des sentiments pour elle ?

- Nier équivaudrait à mentir...

- Ça ne me dérange pas.

- Pardon ?

- Laissons faire le temps ?

Les sourcils de la Donati se froncèrent d'incompréhension ce qui encouragea Gaïa à expliquer le fond de sa pensée :

- Je suis seule depuis trop longtemps à cause de mon travail, toi, tu viens de vivre une terrible et injuste rupture... Peut-être que nous pourrions juste prendre du bon temps, apprendre à nous connaître... Nous reparlerons de tes sentiments plus tard... Aujourd'hui tu dois panser tes blessures et je suis prête à t'aider.

- Ce serait injuste pour toi... Pourquoi es-tu si...

- Loyale ? Compréhensive ? Parce que je ferai n'importe quoi pour toi Lexa... pour...

- Pour ?...

- Pour la Dona...

- Comment...?! Je pensais qu'Indra voulait te garder en dehors des affaires des Familles ...? S'étonna la mafieuse démasquée.

- Non ma mère ne m'a jamais rien dit. Une vraie tombe. Ta belle sœur m'a tout raconté avant de mourir... J'attendais le bon moment pour te dire que je savais mais...

- Je vois... Répondit Lexa, songeuse.

- Avant que tu ne te crées des idées... Sache que j'aime les deux versants de ton identité. Maintenant, je vais te laisser...

La métisse se recula et se dirigea vers la porte, s'arrêtant lorsque l'héritière dit son prénom :

- Gaïa ?

- Oui ?

- Est-ce que tu es libre demain soir ?

- Oui pourquoi ? Sourit Gaïa.

- Je connais un bon restaurant...

- Viens me chercher pour 20h chez moi.

- Très bien, sourit doucement la Donati.

Lexa observa son adjointe quitter le bureau avant de se mordiller la lèvre : peut-être que cette journée n'allait pas si mal se finir finalement.


La journée de la médecin avait été bien remplie : elle avait enchaîné les consultations mais avait fini par en voir le bout. Elle avait donc pris le temps de monter chez Victor et Allissa pour partager le repas du soir. Octavia lui avait indiqué qu'elle avait récupéré Madi chez sa nourrice ce qui l'avait encouragé à prendre un peu de temps pour elle. Elle riait aux histoires du plus grand des enfants de la jeune femme quand elle entendit la porte d'entrée s'ouvrir. Victor se présenta ce qui la fit se lever, le dealer sourit et vint l'enlacer avant de l'embrasser chaleureusement.

- Ah Clarke ! Çafait un moment qu'on ne t'avait pas vue !

- Je sais oui mais tu te doutes bien de pourquoi.

- Hm hm...

- Dis-moi Victor il faut qu'on parle... Se risqua la blonde.

- Oh déjà... Soupira t-il, fatigué d'avance. Je n'ai même pas le temps de manger quelque chose ?

- Bien sûr que si je ne suis pas une sauvage... Grimaça la médecin.

Clarke prit son mal en patience et continua à vider lentement le contenu de son assiette qu'Allissa avait pris un malin plaisir à remplir à ras bord. Des sujets légers furent abordés tout au long du repas jusqu'à ce que le café soit servi. La blonde choisit ce moment pour se lancer :

- Est-ce que tu es au courant pour l'overdose d'Angelo ?

- Evidemment c'était un bon gamin.

- Un bon gamin qui avait accès à de la drogue et devine qui le fournissait ?

- Je ne force personne Clarke.

- Mais tu ne fais rien pour les prévenir du danger que représente l'héroïne.

- Parce que t'as déjà vu un dealer faire de la prévention à ses clients ? Répondit-il de façon très neutre.

- Avec un peu de prévention Angelo aurait pu ne pas sombrer, en attendant tu as la mort de ce gamin sur la conscience.

- Un de plus un de moins...

- Victor... Grommela Allissa, peu encline à entendre de telles paroles dans la bouche de son grand frère.

- Tu encourages les tiens à mourir Victor... J'en parlais avec Allissa tout à l'heure, beaucoup de jeunes ici sont déscolarisés et donc tournent en rond... ils finissent par tomber dans le trafic pour se faire de l'argent facilement.

- Il t'a fallu autant de temps pour faire ce constat Doc ?

- Sois sérieux Victor, tu dois mettre des limites.

- Des limites ? Tu ne vis pas ici Doc, ces gamins sont conscients de leurs actes bien avant d'atteindre l'adolescence. J'ai signé pour être le chef de cette communauté pas le père de tous ces mômes.

- Pourtant tu devrais les considérer comme tels Victor ! S'agaça sa sœur. Leurs mères viennent te voir lorsqu'elles ont un problème avec leurs enfants. Tu es comme un second père.

Victor souffla d'agacement avant de reprendre :

- Je vois que tu as bien monté ma soeur contre moi hm ?

- Clarke ne m'a rien dit, je suis assez grande pour avoir mes propres opinions et tu sais très bien que toi et moi sommes en conflit sur beaucoup de tes choix.

- C'est pour ça qu'on laisse les femmes en dehors des affaires, donc restes-y ! Aboya t-il ce qui calma immédiatement sa sœur. Le Doc a une autorisation particulière.

Clarke se désola de voir Victor aussi autoritaire et machiste envers Allissa. Elle décida de mener un combat à la fois et continua donc sur sa première idée.

- Laisse-moi faire de la prévention avec des jeunes motivés. Je pourrais même former certains d'entre vous aux premiers secours...

- Hm... Moi qui pensais être tranquille pendant encore une année...

- Que veux-tu dire ?

- Ne fais pas l'innocente Doc. Je sais très bien que tu as baratiné la Dona pour qu'elle fasse construire un espace entier dédié à la santé au rez-de-chaussée des futurs immeubles sociaux où nous allons habiter.

- De quoi ? S'étonna Clarke.

L'étonnement de la médecin surprit le dealer qui soupira et demanda à son neveu de lui apporter une petite mallette en cuir de crocodile qui ne manqua pas de faire grimacer la blonde. Victor qui avait entre temps allumé une cigarette souffla sa fumée sur le côté avant de dire :

- Quoi ? Tu vas me péter les couilles sur le braconnage et le bien-être animal aussi ?

- Chaque chose en son temps Victor, un vieux crocodile comme toi il ne vaut mieux pas trop le gratter... Se moqua la médecin.

- Tss...

Après quelques secondes de recherche, Strand sortit un dépliant sur lequel était dessiné et schématisé les futurs immeubles sociaux. Clarke put alors constater que le rez-de-chaussée était exclusivement réservé à une structure médicale ainsi qu'aux commerces de quartier. Lexa ne lui avait jamais parlé de cette idée ce qui lui pinça le cœur : même dans son silence, la brune agissait et tapait juste.

- Intéressant... Tu sais si le cabinet sera privé ou rattaché à un hôpital ?

- Aucune idée.

- Je vais me renseigner, si la structure est déjà prévue et qu'il n'y a pas de loyer peut-être que Cage Morello accepterait de financer du matériel et de le parrainer par l'hôpital...

- Je te laisse gérer ça Doc.

- Compte sur moi.

- En attendant fais ce que tu veux avec les jeunes du quartier mais ne t'aventure pas dans mes affaires compris ?

- Je crois que nous avons un accord, sourit la médecin en tendant sa main au chef des Negros.

Sa poignée de main lui fut rendue ce qui lui permit de profiter du reste de la soirée en compagnie de Victor et Allissa.


- Asystolie... C'est terminé Dr Griffin.

- Bordel ! Enragea la chirurgienne ce qui fit baisser les yeux de ses assistants.

Clarke avait été appelée juste avant la fin de son service au bloc pour sauver la vie d'une jeune femme qui s'était faite percuter par une voiture en centre ville mais malgré la dextérité de la blonde, les divers hémorragies internes avaient eu raison de la jeune femme. Elle serra la mâchoire de colère avant de souffler en regardant l'horloge fixée au mur.

- Heure du décès : 19h57.

Elle demanda à ses assistants de recoudre la pauvre victime avant de quitter la salle d'opération et de quitter sa tenue pleine de sang. Elle se lava les mains et le visage avant de sortir avec son uniforme bordeaux, invitant après une respiration la famille de la jeune femme à la suivre dans une salle. Comme elle l'avait appris à l'école de médecine et sur le terrain, elle annonça de manière neutre le décès de sa patiente suite à des complications dues à plusieurs hémorragies internes. Elle détestait faire ces annonces et bien que les années passaient, elle restait toujours amère à l'idée de devoir masquer sa colère et sa tristesse face à l'échec. Elle passa le relais à Maya afin qu'elle accompagne la famille voir leur fille puis se précipita dans le vestiaire. Elle ne prit pas le temps de prendre une douche au vu de l'heure et après s'être changée à la va-vite fila vers le parking sous terrain de l'hôpital afin de récupérer la Jeep que Raven lui avait gentiment laissé à disposition.

Elle roula à une vitesse bien supérieure que celle autorisée pour rejoindre au plus vite la maison de la nourrice de Madi. Cela ne faisait qu'une semaine qu'elle avait enfin trouvé une professionnelle sérieuse et voilà qu'elle arrivait déjà quatre fois en retard pour récupérer la petite. Octavia et Raven l'avaient déjà dépannées deux fois mais à ce rythme la nourrice finirait par en avoir marre. Elle se gara à plusieurs dizaines de mètres de la maison, râlant face à une voiture de sport bleu marine qui prenait deux places au lieu d'une ce qui l'avait obligée à aller plus loin.

La nourrice lui ouvrit dès qu'elle sonna et la fit entrer, lui soufflant d'un air embêté :

- Docteur Griffin je suis désolée mais...

- Oui je sais Helena... Je suis une catastrophe de la ponctualité... Je suis vraiment vraiment désolée... J'aimerai vous dire que ça ne se reproduira plus mais...

- Oh... Non, ne vous en faites pas pour ça... Vous avez été claire concernant la flexibilité de vos horaires de chirurgienne...

- Vous n'êtes pas en colère alors ? S'étonna Clarke.

- Non ne vous en faites pas...

- Alors pourquoi êtes vous désolée ? S'inquiéta soudainement la blonde.

- Eh bien... Il s'avère que j'ai gardé une nouvelle petite aujourd'hui et...

- Il est arrivé quelque chose à Madi ?

- Non non ! C'est juste que la mère de la petite Edda dit vous connaître et m'a demandé si elle pouvait vous attendre afin de discuter avec vous...

- Edda...?

- Oui...

- Bon sang... Je préférai éviter si c'est possible... Pouvez-vous aller me chercher Madi ?... Demanda Clarke qui avait deviné qu'Anya était là.

La nourrice grimaça et montra d'un air gêné une liasse de billets qu'elle sortit de sa poche en jean. Clarke comprit immédiatement dans quelle position embarrassante se trouvait Helena et prit donc son courage à deux mains.

- Où sont-elles ?

- Dans la cuisine, elle lui donne à manger...

Clarke traversa l'entrée et marcha jusqu'à la cuisine et put reconnaître Anya qui était de dos.

- Madi ! Laissa échapper la médecin en parcourant la distance entre elle et la mafieuse qui berçait la fille d'Aden entre ses bras.

- Elle commence à s'endormir, sourit la Zanetti.

- Je peux savoir à quoi vous jouez ?! Lança sur un ton modéré mais colérique la médecin, utilisant le vouvoiement pour instaurer une distance.

- Lexa m'a envoyé un message pour m'informer qu'elle n'avait pas réussi à te convaincre d'amener Madi au mariage.

- Evidemment que je ne vais pas l'emmener à votre mariage !... Votre futur mari a essayé de me tuer ! Et Madi est ma fille à présent, elle n'a plus rien avoir avec votre Famille !

- Gustus a fait une erreur. Que crois-tu ? Tu as menacé ce qu'il a de plus précieux après Edda. Lexa est sa première fille et tu lui as brisé le cœur, lui volant sa nièce alors qu'elle a fait d'énormes sacrifices pour la récupérer. Tu méritais d'être punie Griffin bien que la mort était un sort un peu trop sévère. Au final, il ne t'a rien fait.

- Parce que notre chienne Juliette l'en a empêché ! Rétorqua Clarke qui n'était pas prête à pardonner au mafieux.

- Peu importe, tu es vivante et il a largement payé son erreur avec la tentative de suicide de Lexa. Il ne pouvait pas y avoir pire punition pour lui, dit durement la Zanetti. Maintenant tu sais qu'il ne faut pas menacer Lexa au risque de te retrouver dans une merde noire.

- Je ne fais pas partie de votre Famille donc vos menaces vous savez où vous pouvez vous les mettre.

Anya claqua sa langue d'agacement avant de sourire finement :

- C'est amusant comme tu entres et sors de cette Famille selon tes envies au travers de Lexa. Tu es loin d'être la parfaite petite chirurgienne que tu essayes d'être. Tu es attirée par la noirceur comme une mouche par un pot de miel Griffin. Je ne crois pas une seconde à ton numéro de victime et je trouve le comportement de Lexa stupide à ton sujet. Elle se morfond alors qu'elle devrait enfin respirer car si votre relation est si maligne c'est parce que tu es la tumeur Doc.

Les mots de la mafieuse furent d'une telle dureté que Clarke les encaissa en silence. Elle avait toujours pensé que Lexa était le problème car c'était elle qui cachait toujours la vérité et qui avait du sang de mafieux. Jamais personne ne lui avait présenté la situation inversée.

- Pas besoin d'être médecin pour comprendre ça.

- Vous dites n'importe quoi. Rendez-moi ma fille ! Répondit Clarke, la colère la saisissant violemment alors qu'elle sentait qu'elle allait bientôt perdre tous ses moyens.

- Ou quoi ? Un claquement de doigts de la part de Lexa et elle récupère Madi. Tu n'es rien Doc sans notre Famille. Madi est la fille d'Aden Donati et Ontari Barzetti, tous deux héritiers des deux plus grandes familles mafieuses. Si Lexa te l'a laissée c'est uniquement parce qu'elle se voile la face à cause du venin que tu as répandu dans son cœur mais viendra un jour où elle n'aura plus mal et elle te la reprendra. Nous l'aiderons et tu n'auras aucun soutient.

- ASSEZ ! Cria Clarke alors qu'elle sentait les larmes lui brûler les yeux.

- Ah on dirait que j'ai touché une corde sensible Doc hm ?

- Il y a des lois et elles sont de mon côté...

- La Mafia emmerde les lois.

- J'ai des contacts chez la police, vous ne pourrez pas...

- N'importe quel flic est corruptible. Ils ont tous un prix.

- Anya rends-moi ma fille... Supplia finalement Clarke, blessée au plus profond d'elle-même et privée d'arguments, repassant au tutoiement par désespoir.

- Uniquement lorsque j'aurai ta parole que tu l'emmèneras au mariage.

- Je ne peux pas...

- Tu ne pourras pas cacher la vérité à Madi éternellement, coupa sèchement la mafieuse. Son père et sa mère sont des mafieux, elle finira par poser des questions comme tout enfant coupé de ses racines. Emmène-là partout dans le monde, les mêmes questions reviendront toujours. Que feras-tu lorsqu'elle sera assez intelligente pour comprendre ses origines ?

Les larmes se mirent à couler en silence le long des joues de la médecin. Bien sûr qu'elle avait pensé à de nombreuses reprises à la façon dont elle allait dire la vérité à sa fille mais elle s'était rassurée à l'idée que cette conversation n'aurait pas lieu avant plusieurs années.

- Je ne te force pas à venir à la mairie et à l'Eglise mais je veux que Madi soit à Gela pour les photos de famille. Sur ce, bonne soirée.

La Zanetti embrassa délicatement Madi sur le front qui s'était endormie entre ses bras avant de la donner à la blonde qui serra la petite contre elle.

- Edda ! On y va ma chérie !

Clarke entendit des pas de course venir d'une autre pièce avant que la porte ne se referme, la tension qu'avait installée Anya dans la pièce sembla s'évaporer avec elle. La médecin sentit ses jambes devenir tremblantes aussi se glissa t-elle rapidement sur une chaise de la cuisine. Elle éclata ensuite en sanglots ce qui fit venir timidement la nourrice qui s'affaira autour d'elle, lui déposant finalement une tasse de thé bien chaud afin de la réconforter.


Lexa descendit de la voiture et raccompagna la Salomon jusqu'à sa porte d'entrée. Gaïa était tout sourire et lui attrapa avec douceur la main pour y apposer une légère caresse.

- Merci pour cette agréable soirée Lexa...

L'héritière sourit, tentant de masquer son trouble face à la caresse :

- Tu as aimé vraiment ?

- Oui, le restaurant était délicieux et l'opéra qui a suivi très agréable à l'oreille.

- Tu m'en vois ravie alors.

- Tu veux entrer...?

La question surprit la brune qui chercha à refuser poliment afin de pas vexer la métisse. Gaïa anticipa et reprit :

- Un peu rapide pour un premier rendez-vous ?

- Oui... Que dirais-tu de m'accompagner à Gela pour la fête de mariage d'Anya et Gustus ?

- Avec plaisir. Bonne nuit Lexa.

- Bonne nuit Gaïa.

Les lèvres de la métisse se posèrent délicatement sur les lèvres de la sicilienne qui frissonna. Elle répondit avec légèreté avant de se détacher et de reculer après un dernier regard. Elle remonta dans le véhicule arrêté devant la maison et attacha en silence sa ceinture de sécurité.

- A la maison Camillo.

- Bien Dona.

Lexa ne put s'empêcher de repenser au baiser et au goût des lèvres de la fille d'Indra, il y avait tant de différences avec celles de Clarke... Elle soupira, espérant trouver le sommeil pour être en forme demain afin de réussir à faire face à Gustus et de se montrer professionnellepour le mariage.


L'église était pleine de monde. Les familles mafieuses ainsi que leurs amis s'étaient déplacées pour être témoins de l'union d'Anya et Gustus. La cérémonie à la mairie s'était faite avec autant de monde et s'était déroulée pour le mieux pour le plus grand soulagement de Lexa qui avait simplement évité de fixer trop longtemps le Giordano dans les yeux.

Le mafieux avait semblé tout aussi gêné qu'elle mais n'avait pas tenté de l'approcher ou de lui parler. Il était à présent aux côtés d'Anya qui était devenue officiellement Madame Giornado pour sa plus grande fierté une petite heure avant leur arrivée dans le lieu de culte. Leurs fiançailles s'étaient éternisées depuis leur fuite pour échapper aux Barzetti et il en avait presque oublié qu'ils devraient se marier un jour. Aussi quand sa compagne lui avait annoncé être en train d'organiser leur mariage cela avait eu le mérite de le sortir de son mutisme causé par la tentative de suicide de Lexa. La culpabilité l'avait totalement terrassée et il s'était complètement laissé aller aux remords.

Anya portait une robe de mariage faite sur mesure. La finesse du tissu et les broderies cousues main ne laissaient guère de doute sur la provenance de la robe. La Zanetti avait choisi un grand styliste italien pour réaliser cette dernière tandis que Gustus portait un costume italien très chic, venant aussi d'une boutique italienne renommée. Les deux mafieux échangèrent un regard complice, tandis que le Giordano sentait sa femme sur le point d'exploser face à la lenteur du prêtre. Ce dernier récitait quelques versets bibliques pour accompagner son discours de mariage. Une véritable torture pour Anya qui, n'étant pas croyante, avait beaucoup de mal à écouter sans ciller. Elle avait organisé ce mariage religieux pour faire plaisir à son compagnon.

- On peut passer la deuxième ? S'enquit Anya, agacée. J'ai envie de pisser… Rajouta t-elle dans un chuchotement.

- Anya… Grommela Gustus.

Le prêtre ne sembla pas entendre et continua sa litanie pour finalement finir sur les vœux de mariage qui furent échangés très brièvement.

- Je vous déclare unis devant Dieu par les liens sacrés du mariage. Vous pouvez embrasser la mariée, sourit le vieil homme.

Un tonnerre d'applaudissement éveilla l'église jusqu'ici silencieuse, accompagnant le baiser du Giordano sur les lèvres d'Anya qui enlaça sa nuque avec force afin de répondre avidement à son baiser.


Après un peu plus d'une heure de route maritime, le yacht arriva enfin à destination, libérant les invités sur le port d'accueil privé réservé aux bateaux touristiques souhaitant faire un arrêt au casino de Gela. Tous se dirigèrent à la suite des deux Giordano qui les menèrent jusqu'à une immense salle de réception où énormément de nourriture était installée sur des tables très raffinées. Une scène avait été installée pour l'occasion afin d'y accueillir plusieurs groupes de musique tout au long du weekend.

La fête put commencer pour le plus grand plaisir d'Anya qui fit signe au photographe en chef de s'approcher :

- Dépêchez-vous de faire vos photos que j'enlève cette putain de robe, c'est clair ?

- Bien Madame !

L'homme fila vers ses collègues et leur transmit ses instructions afin que chacun quadrille une zone de l'immense salle. Anya l'observa partir avant de chercher du regard si elle voyait l'ex-compagne de Lexa mais la blonde ne semblait pas être présente. Elle lâcha un claquement de langue agacé avant de se rapprocher de Gustus qui discutait avec d'autres mafieux.


Ses mains étaient crispées sur le volant alors qu'elle arrivait enfin à l'entrée principale du casino où plusieurs voituriers attendaient afin d'aller garer la voiture des invités. La Jeep de Raven faisait pâle figure face aux voitures de luxe qui arrivaient sans fin. Le voiturier s'abstint pourtant de tout commentaire et invita la blonde à descendre du véhicule. Clarke ne s'était pas habillée de manière particulière pour l'occasion et elle comptait bien partir dès que les photos seraient faites. Elle détacha le siège du système auto afin que Madi reste dans un certain confort et se dirigea vers l'entrée. La porte lui fut ouverte par un employé ce qui lui rappela le gala où elle avait rencontré pour la première fois Lexa. Toutes ces manières la mettaient mal à l'aise et elle sursauta en serrant plus fort sa prise sur la poignée du siège auto quand elle sentit que quelqu'un tentait de le lui prendre.

- Un peu d'aide Madame ? S'enquit un nouvel employé.

- Non merci ça ira… Je peux porter ma fille toute seule, répondit-elle, retenant un ton agressif.

- Je vous emmène à la salle de réception dans ce cas ?

- Si vous y tenez…

Clarke suivit l'employé pendant plusieurs minutes. Le casino était aussi immense qu'il le paraissait de l'extérieur. Bien que le design extérieur des bâtimentsavait été dessinépar son père, l'intérieur avait dû être repensé par d'autres architectes d'intérieur au vu de tous les détails raffinés, un seul homme ne pouvait pas être l'auteur d'un si bel endroit. Deux immenses portes furent finalement poussées pour offrir l'accès à la salle de réception où se déroulait la fête. La médecin inspira avant de se jeter dans le bain de mafieux, restant sur ses gardes. Elle eut la désagréable impression d'être l'unique gazelle à se promener entre des lions affamés et regretta que Raven n'ait pas pu l'accompagner. La mécanicienne avait assisté aux mariages civil et religieux car elle avait été désignée témoin d'Anya mais avait prévenue la mafieuse qu'elle ne pourrait pas profiter de la fête pou des raisons personnelles.

- Madi, tu ne pourras pas dire que je ne t'ai pas présenté ta famille de sang… Souffla t-elle à la petite qui observait les alentours avec de grands yeux curieux.

A vue d'œil, elle ne reconnut personne et sentit même une pointe de déception à l'idée de ne pas trouver Lexa du regard ce qui l'aurait légèrement rassurée.

- Tu es enfin là.

La blonde se tourna pour faire face à une Anya droite et fière qui la toisa sévèrement.

- Oui. Hm... Peut-on faire ces photos rapidement ? Je ne souhaite pas rester plus que nécessaire.

- Ça prendra le temps qu'il faut. Tiens.

La Giordano tendit une carte à la médecin qui fronça les sourcils tout en la récupérant.

- C'est le passe de ta chambre.

- Je n'ai pas besoin de chambre Anya ! Je pensais qu'en une heure ce serait réglé !

- Il faut croire que non. Libre à toi de rester ici si tu le souhaites ou de monter te cacher. En attendant, je vais prendre Madi.

- Je reste avec elle… L'avertit la blonde en tenant fermement le siège de transport.

- Fais ce que tu veux Clarke, soupira la mafieuse, agacée.

- Madi ! S'exclama Edda en arrivant en courant vers sa « cousine », surprenant la médecin.

La fille des Giordano s'agrippa sur les rebords du siège ce qui obligea Clarke à se baisser. Edda en profita pour poser un baiser affectueux sur le front de la petite qui la regarda d'un air hébété.

- Tu viens Edda ? On va faire des photos avec toi et Madi ?

- Oui ! Maman quand est-ce que j'aurai une petite sœur dis ?

- Ohhh ne parle pas de malheur petite démone ! S'esclaffa sa mère en lui mettant une petite claque affectueuse sur les fesses ce qui ne manqua pas de faire rire la petite qui adorait embêter sa mère à ce sujet.

- Papa ! Regarde ! Cria Edda en fonçant dans les jambes de son père pour attirer son attention sur sa cousine.

Le regard de Gustus se planta immédiatement dans celui de la médecin qui le toisa sévèrement, nullement impressionnée par l'ancien garde du corps de Lexa. Le visage du mafieux se ferma légèrement avant qu'il ne saisisse sa fille dans ses bras pour la porter.

Clarke suivit Anya qui avait sorti Madi de son siège et observa à distance la séance photo. Elle termina par s'installer au bar le plus proche et commanda de l'eau pétillante. Elle avait cette désagréable boule au ventre tant elle était stressée. Elle se crispa encore plus lorsqu'elle vit Gustus se détacher du groupe posant pour la photo pour venir la voir.

- Docteur Griffin, la salua t-il.

- Gustus, répondit-elle.

- Merci d'avoir amené Madi. Je ne pensais pas que vous le feriez.Ça compte beaucoup pour Anya et moi.

- Il faut croire que je me préoccupe plus du bien-être de ma fille que vous du sien. Je ne veux pas lui cacher ses origines.

Le mafieux encaissa en silence, se doutant que la blonde faisait référence à sa tentative de meurtre. S'il l'avait tuéece soir-là, il aurait privé Madi de sa mère adoptive.

- Je suis désolé, j'ai commis une erreur.

- Parce que tenter de tuer une personne innocente peut être qualifiéd'erreur ? S'agaça t-elle.

- Le mot n'est sans doute pas le bon mais je voulais que vous sachiez que je ne menacerai plus votre vie ni celle de vos proches. Lexa vous porte un intérêt très particulier malgré tout le mal que vous lui faites…

- Si vous pensez vous racheter une conscience c'est trop tard Gustus. Vous pourrirez bien quelque part que ce soit l'enfer ou dans un trou. Foutez-moi la paix maintenant et laissez Lexa en dehors de nos griefs. Vous avez manquéde la tuer en plus de moi ce soir-là, je serai morte de honte à votre place.

Le Giordano serra la mâchoire devant l'affront de la blonde mais cela ne l'empêcha pas d'aller au bout de ses pensées. Il sortit une enveloppe de son costume qui fit froncer les sourcils à Clarke.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Le remboursement pour les soins du chien de votre amie.

- Non mais je rêve ! S'exclama Clarke, outrée. Allez vous faire voir tous ! Quand est-ce que vous comprendrez que tout ne se règle pas avec la violence ou de l'argent ?!

- Clarke ? Interrogea une voix bien connue de l'oreille de la médecin.

La blonde tourna la tête pour reconnaître Lexa qui affichait une mine soucieuse. La sicilienne était superbe. Ses yeux étaient légèrement maquillés ce qui renforçait le magnifique vert de ses iris. Ses longs cheveux bruns étaient coiffés en un magnifique chignon tressé dans lequel des pics à chignon surmontés de petites pierres émeraude et ambre étaient parsemées. La brune était habillée d'un magnifique tailleur entièrement blanc qui la changeait de ses éternels tailleurs sombres, lui donnant une allure plus noble que jamais.

- Tout va bien ...? Demanda t-elle en regardant la médecin ainsi que le mafieux tour à tour.

- À ton avis ?! Répondit-elle de manière acerbe.

Furieuse, la médecin se leva du bar avant de chercher Madi du regard mais la petite n'était plus dans les bras d'Anya. La panique la saisit sans prévenir et elle se mit à courir partout dans la salle pour retrouver sa fille.

L'héritière resta figée face à la réponse agressive et tourna un regard courroucé vers Gustus qui baissa les yeux devant elle.

- Ne l'approche plus, ordonna t-elle.

- Lexa… Tenta t-il.

- Pas maintenant.

La brune partit sur les talons de son ex-compagne. Gaïa et elle avaient discuté avec de nombreuses personnes influentes ce qui avait empêché l'héritière de voir arriver Clarke. Malgré tout, au détour d'une conversation, elle avait reconnu la blonde de dos, assise au bar et elle n'avait pas pu s'empêcher de s'inquiéter pour elle lorsqu'elle avait vu Gustus s'approcher.

- Clarke ! Appela t-elle, tentant d'être discrète tout en accélérant pour rattraper la jeune femme qui semblait prise de panique.

- Où est-elle ?! Criait la médecin à qui voulait bien l'entendre.

La médecin se stoppa brusquement devant une femme entourée par des enfants qui lui étaient inconnus.

- Helena ?! Interpella t-elle, surprise de voir la nourrice de Madi ici.

- Oh bonjour Dr Griffin, sourit la femme en se tournant ce qui permit à Clarke de se calmer : Madi était dans les bras de sa nourrice.

- Bon sang... Comment a-t-elle atterri dans vos bras... Il y a un instant elle était dans ceux d'Anya...

- Elle a eu un petit accident couche, sourit la nourrice, se voulant rassurante. Je suis allée la changer. Vous voulez la prendre ?...

- Oui...

La médecin récupéra la petite et la serra entre ses bras, encore tremblante de stress. Elle l'embrassa plusieurs fois ce qui fit sourire Madi qui babilla légèrement.

- A peine quatre mois et tu me fais déjà devenir folle d'inquiétude... Soupira la blonde.

- Tu l'as retrouvée... Souffla Lexa en s'approchant précautionneusement.

- Oui... Plus de peur que de mal... Répondit Clarke, plus douce maintenant que la peur l'avait quittée.

- Tant mieux...

La Donati lui sourit légèrement avant de se tourner en sursautant lorsqu'elle sentit une main délicate se poser au creux de ses reins sous sa veste de tailleur. Geste que ne loupa pas la médecin dont le visage avait subitement pâli de nouveau.

- Je t'ai vue courir... Tout va bien ? Souffla Gaïa qui s'était approchée des deux jeunes femmes.

- Tout va bien oui... Répondit d'un air gêné.

- Tant mieux... C'est que je n'ai plus l'habitude de te voir courir maintenant que les élections municipales sont terminées, plaisanta t-elle avec un léger baiser sur la joue de l'héritière. Oh Madi ! Qu'est-ce que tu es belle...! Sourit la métisse en se permettant d'aller caresser la joue de l'enfant.

Clarke resta paralysée, incapable de réagir tant son cœur battait à tout rompre.

- Nous avons reçu ses papiers d'identité Clarke... Tu devrais passer à la mairie lundi si c'est possible ? Demanda la Salomon.

- Ah... Oui... Je... Je verrais... Répondit la médecin qui se surprit à avoir du mal à articuler tandis qu'elle sentait sa gorge se nouer subitement.

- Gaïa... Est-ce que tu pourrais aller me chercher une de ces délicieuses flûte de champagne ? Cette petite course m'a assoiffée... Demanda la brune qui voyait Clarke se décomposer au fil des secondes.

La Salomon acquiesça doucement et s'éloigna pour aller chercher l'alcool.

- Clarke avant que...

- Je vois que tu n'as pas perdu de temps... Souffla la blonde, profondément blessée.

- Clarke... Ce n'est pas...

Lexa n'eut pas le temps de finir sa phrase que son ex-compagne redonnait Madi à sa nourrice qui avait assisté malgré elle à la scène, s'excusant faiblement d'avoir besoin de prendre l'air. L'héritière ne put que l'observer la fuir une nouvelle fois. Elle sentit son cœur se serrer : jamais elle n'aurait pensé que Clarke viendrait à cette fête de mariage sinon elle ne se serait pas permise de venir en compagnie de Gaïa. Elle jeta un regard hésitant à la Salomon qui discutait à présent avec sa mère et tenait deux flûtes de champagne. La métisse lui fit signe de venir mais la sicilienne fit volte facepour marcher de nouveau sur les pas de la médecin qui filait rapidement.


- Clarke ! Appela t-elle tandis que la blonde qui marchait rapidement s'était finalement mise à courir dès qu'elle eut quitté la salle de réception.

La Donati n'hésita pas plus et partit à sa suite, avalant les marches des escaliers jusqu'à être essoufflée après quelques étages. Impossible qu'elle soit la seule des deux à être essoufflée, aussi s'arrêta t-elle au sixième étage car les bruits de pas de Clarke semblaient s'être stoppés à cet étage.

- Clarke, réponds ! J'aimerai qu'on parle... Gaïa et moi ce n'est pas ce que tu crois...!

Elle entendit finalement une porte se fermer et sachant que le casino avait été privatisé pour le mariage de ses deux amis, elle n'eut aucun mal à identifier la distance la séparant de la blonde. Elle se fit silencieuse, cherchant à capter le moindre bruit et identifia finalement un sanglot semblant venir d'un salon privé dans lequel elle entra. Pour son plus grand soulagement, la médecin s'y trouvait.

Le salon possédait son propre charme grâce à d'immenses bibliothèques en chêne. Des canapés et fauteuils en cuir marron étaient dispersés un peu partout dans la pièce et un immense billard trônait au milieu de la pièce non loin d'un bar au-dessus duquel des lampes suspendues descendaient et éclairaient la pièce de façon tamisée.

- Clarke écoute-moi...

- Laisse-moi ! Cria la médecin, furieuse qui alla se réfugier derrière le grand billard.

La sicilienne resta à distance, observant en silence son ex-compagne qui tentait vainement de lui cacher ses larmes.

- J'aimerai t'expliquer... Clarke...

- M'expliquer quoi ?! Depuis quand tu couches avec elle ?! Tout s'explique maintenant !A peine un mois et demi que l'on ne vit plus ensemble et tu as déjà retrouvé quelqu'un? Alors que j'ai mis je ne sais combien de mois à réussir à entrer dans ta vie ?! Laisse-moi rire ! Voilà pourquoi tu ne me parlais plus, ne me regardais ni ne me touchais plus depuis des mois ! Et moi qui pensais que c'était le deuil de ton frère ! Tes putains d'affaires de mafieuse ! QUELLE CONNE !

- Ne dis pas n'importe quoi... Gaïa et moi nous sommes...

- Amantes ?! Merci je ne suis pas aveugle ! La question est depuis quand ?! C'est depuis ce dîner n'est-ce pas ? Cette histoire de langoustine ! J'aurai dû m'en douter ! Je t'ai fait confiance, j'ai fermé les yeux mais tu te l'es tapée ce soir-là ! N'est-ce pas ?! Ose me dire le contraire ! Et puis non tu sais quoi ?! Je m'en fous ! Dégage ! Je ne veux pas te voir ni discuter avec toi !

Lexa se mordit la lèvre, elle était mal à l'aise d'avoir été vue avec Gaïa par Clarke mais d'un autre côté la colère de la blonde avait fait naître en elle l'espoir que les sentiments que la médecin avaient pour elle étaient peut-être encore intactes malgré leur séparation. Elle s'avança avec précaution vers elle ce qui fit totalement vriller Clarke dont les larmes coulaient à torrent sur ses joues. Sans prévenir, une boule de billard vint s'écraser non loin de la brune qui l'esquiva de justesse.

- Ne m'approche pas !

- Clarke je t'en prie calme-toi... Parlons comme deux adultes responsables...

- Va te faire foutre ! Dégage ! DEGAGE !

La brune refusa d'écouter et continua à avancer. Une seconde puis une troisième boule volèrent vers la Donati qui les esquiva de nouveau mais grâce au lancer grossier de son ex-compagne. Les boules s'écrasèrent avec fracas sur le parquet raffiné de la pièce qui ne manqua pas d'émettre un douloureux cri effronté.

Elle finit par atteindre le billard et se mit à tourner autour cherchant à réussir à atteindre Clarke. Le manège dura quelques minutes jusqu'à ce que la blonde ne s'en éloigne, fatiguée par ce jeu du chat et de la souris. La médecinse mit à courir et traversa la pièce afin d'atteindre la porte du salon quand elle se fit plaquer brutalement contre car son ex-compagne avait parcouru les quelques mètres les séparant sans prévenir. Coléreuse, la blonde tenta de se défaire avec quelques mouvements indistincts mais Lexa maintint la pression contre le corps de la blonde qui sous l'épuisement commença à céder, son armure s'entrouvrant légèrement.

- J'ai mal... Lâche-moi... Supplia t-elle. J'en peux plus... Dégage... Sors de ma vie... Toi et tous tes foutus secrets... Sanglota t-elle.

Malgré la supplication, Lexa n'en fit rien, il était hors de question qu'elle la laisse fuir une nouvelle fois, elle en avait assez de rester passive dans leur relation chaotique. Son corps appuyait contre celui de Clarke, l'étouffant presque tandis que ses propres larmes s'échappaient de ses yeux et que sa respiration était sifflante. Lorsqu'elle sentit les appuis de la blonde devenir plus faibles, elle lui permit uniquement de se tourner dos contre la porte pour que leur position soit plus confortable. Leurs deux corps étaient collés l'uns contre l'autre, leur souffle était rapide du fait de l'émotion. Les larmes continuaient de submerger la brune qui sentit l'épuisement la saisir à son tour après cette lutte qu'elle aurait préféré ne jamais avoir avec la femme qu'elle aimait. Tant de souffrances alors qu'elles étaient faites l'une pour l'autre pourtant elles n'arrivaient pas à se dire au revoir. Leurs visages étaient si proches qu'elles pouvaient sentir le souffle de l'autre. Lexa ne résista pas plus longtemps et posa ses lèvres sur celles de la médecin qui se paralysa.

La volonté de Clarke sembla se faire souffler comme une flamme de bougie. Elle avait eu tellement mal en voyant le rapprochement entre l'héritière et la métisse... Elle sentit les lèvres de Lexa quitter les siennes qui étaient restées immobiles face à ce baiser. Elle plongea son regard océan dans celui forêt de la brune un court instant, la bouche à demi ouverte pour respirer du mieux qu'elle pouvait alors qu'elle semblait hésiter à la réponse à donner à la question silencieuse posée par la brune. Sans réfléchir plus longtemps, elle se jeta contre les lèvres de la sicilienne. Le baiser devint rapidement chaotique, totalement désordonné tant les deux femmes mourraient d'envie de s'embrasser à n'en plus finir. Elles se stoppèrent un court instant pour reprendre leur souffle avant de céder à la tentation, leurs deux corps s'appelant en écho. Le corps de la blonde fut poussé brutalement contre la porte par celui de la brune, arrachant un geignement de douleur et d'excitation mêlées à Clarke. Les lèvres de Lexa se firent violentes et avides, léchant et suçant la peau de la blonde, lui apposant de violents suçons dans le cou tandis que les mains de la médecin se crispaient et griffaient sa nuque par excitation pure.

Leurs corps semblaient en ébullition et Lexa détacha précipitamment le bouton de jean de la médecin pour aller frotter avec excitation et appétit le sexe de la blonde qui laissa échapper un gémissement incontrôlé. La jambe droite de Clarke vint enlacer la cuisse de la brune, la faisant se rapprocher encore plus dans leurs retrouvailles sauvages. Lexa continua ses mouvements circulaires tout en embrassant la poitrine durcie de la médecin par dessus son haut. Sous un nouvel assaut, Clarke se laissa submerger par la vague de plaisir incontrôlée que lui offrit l'héritière qui elle-même saisit par l'excitation de faire jouir son amante se laissa happer à son tour.

Les deux femmes restèrent quelques secondes dans un état second, leurs respirations chaotiques empêchant le silence de s'installer. Lexa ferma un instant les yeux après avoir retiré sa main du jardin secret de la blonde qui semblait reprendre enfin ses esprits. Lorsque les émeraudes se dévoilèrent à nouveau, elles rencontrèrent les saphirsà nouveau emplis de doute de son ex-compagne qui avala difficilement sa salive alors qu'elle réalisait ce qu'elle venait de céder à la brune : l'espoir.

- Je t'en supplie Clarke... Je n'aime que toi... Je le jure... Souffla la Donati sans une once d'hésitation dans la voix. Reste...

La blonde se défit pourtant de l'étreinte, les joues encore rouges de plaisir bien que la honte semblait peu à peu prendre du terrain. Elle baissa le regard au sol, honteuse d'avoir cédé à ce moment de sexe sauvage alors que la brune venait de lui briser le cœur en s'affichant avec cette femme qu'elle détestait.

La douleur put se lire sur le visage de l'héritière mais elle s'abstint de tout commentaire, se contentant de reculer tout en interrogeant silencieusement du regard Clarke qui souffla :

- On devrait y retourner... Madi...

Les jambes encore piquantes de plaisir, la blonde rattacha rapidement son jean et se dirigea prudemment vers l'ascenseur car elle ne se sentit pas capable de reprendre les escaliers. Elle entra à l'intérieur, s'observant dans l'immense miroir. Décoiffée, essoufflée et triste, elle faisait peine à voir.

Elle se tourna finalement, butant sur Lexa qui l'avait suivie en silence et qui se tenait devant les portes, n'osant pas monter avec elle. Le cœur de Clarke se serra tandis que les portes de l'ascenseur se refermaient devant la brune dont le chignon tressé ne ressemblait plus à rien et qui la regardait avec ce regard brisé et suppliant. Elle déglutit en baissant les yeux, luttant difficilement afin de ne pas céder à la tentation de lui rouvrir son cœur.

Lexa détourna les yeux tandis que de grosses larmes se mirent à rouler le long de ses joues de nouveau. Les portes de l'ascenseur s'étaient fermées, emportant Clarke de nouveau et quelque chose lui disait que la blonde avait pris sa décision finale, la fuyant pour de bon. Leurs retrouvailles avaient été si brutales et excitantes à la fois... Jamais elles n'avaient fait l'amour avec tant d'ardeur et de violence. Elle allait se tourner vers les escaliers lorsque les portes de l'ascenseur se rouvrirent soudainement, laissant Clarke en sortir. La blonde fonça droit sur la brune et encadra son visage de ses mains pour l'embrasser avec force, s'accrochant à ses lèvres comme à une bouteille d'oxygène. Le cœur de l'héritière s'accéléra brutalement tandis qu'elle enlaçait avec force le corps tremblant de la médecin qui l'embrassait avec passion cette fois. Elles s'embrassèrent finalement avec plus de douceur, entamant un ballet de danse entre leurs langues jusqu'à ce que la blonde souffle :

- Viens.

Elle tira la brune derrière elle, appuyant sur le bouton du dernier étage.


L'héritière s'éveilla dans un soupir fatigué. Elle remua légèrement entre les draps du lit de la chambre et ouvrit les yeux alors que les vibrations d'un téléphone résonnaientdans la pièce. Elle tendit le bras sur le côté, cherchant à trouver contact avec le corps de son amante mais elle ne trouva que du vide. Elle se redressa aussitôt, appelant :

- Clarke ?

Aucune réponse ne lui vint, aussi se leva t-elle pour chercher dans les différentes pièces de l'immense suite dans laquelle la médecin l'avait entraînée pour le reste de la journée. Elle tomba finalement sur un mot manuscrit de la blonde :

"A très bientôt…, Clarke "

Lexa se mordit légèrement la lèvre tout en sentant son cœur s'emballer.


Et oui vous êtes de nouveau à la fin du chapitre x) Alors qu'en avez-vous pensé ? :D J'espère avoir réussi à vous faire hurler face au Gaia/Lexa haha ! Mais finalement hé... le Clexa semble prêt à repartir ? C'était chaud bouillant non ? :D Je crois que j'ai adoré écrire chaque scène sauf celle avec le mariage que j'ai rendu bref... Ouais je suis pas du tout à l'aise avec les mariages sorry xD Mais j'ai surkiffé le passage entre Clarke et Anya chez la nourrice, les mots pour Anya venaient direct, je la voulais dure et réaliste afin que Clarke se bouge et se remette en question ! Qu'est ce que vous en pensez vous ? C'est Clarke le problème du clexa ou Lexa ? :D Allez je vous dis à courant avril pour la suite, prenez soin de vous !