39_ one last kiss
- « c'est hors de question. »
- « je ne te demande pas ton avis. »
Les sourcils froncés, elle repoussa la tasse sale dans l'évier et posa un regard colérique sur lui ; ils s'étaient enfermés dans la cuisine, une bonne heure en arrière, pour avoir une discussion entre adultes, mais ça ne cessait pas de prendre de l'intensité. Elle referma brutalement le robinet et retira l'alliance qui traînait à son doigt.
- « si mon avis importe si peu, pourquoi sommes-nous encore mariés hein ? » s'exclama-t-elle, durement.
D'un geste maladroit, elle balança l'alliance en argent, au visage du brun ; un grognement s'échappa des lèvres du trentenaire et il se pencha une demi-seconde pour reprendre le bijou. Il se souvenait si bien de l'instant exact où il avait mit un genou au sol et qu'il lui avait demandé d'être son épouse ; l'un des plus beaux instants de son existence.
- « remets ton alliance. » ordonna-t-il, dans un énième grognement.
- « va te faire foutre, Shikamaru. » cracha-t-elle, vulgairement.
Elle était terriblement en colère ; Gaara avait annoncé la guerre, le jour d'avant et sans même prendre la peine d'attendre un moment calme pour avoir une discussion tous les deux, il s'était imposé dans la bataille, en tant que chef du clan Nara et en tant que huitième hokage.
- « je suis le huitième du nom. » rappela-t-il, les sourcils froncés. « tu pensais vraiment que je n'allais pas me joindre à ton frère ? tu pensais quoi ? que j'allais sagement rester à la maison, pendant que des hommes iraient se battre pour mon pays ? »
- « ton pays est plus important que ta famille, peut-être ? » balança-t-elle. « et toi, tu pensais quoi ? que j'accepterai de t'attendre, en préparant le repas et en m'occupant des enfants ? »
Leurs cris se répercutaient sûrement dans toute la demeure, il n'en doutait pas ; un soupir agacé au bord des lèvres, il déposa l'alliance sur le plan de travail et fourra les mains dans ses poches. Il comprenait ce qu'elle ressentait, mais qu'était-il censé faire ?
- « tu laisses tes émotions dicter ta conduite. » continua-t-elle, adossé au lavabo. « je refuse que tu retournes là-bas, c'est hors de question. tu as déjà oublié dans quel état tu es revenu, la dernière fois ? »
- « j'en ai besoin, putain. » s'emporta-t-il. « tu ne comprends pas. je refuse de ne rien faire. ils ont tués Naruto, sans une seule seconde d'hésitation, merde. ils lui ont arrachés le coeur, alors que ses deux enfants et son épouse se trouvaient à quelques mètres. »
Les douloureux souvenirs du massacre lui revinrent d'un coup, en pleine face et il retint difficilement un sanglot ; comment était-il censé continuer de vivre, en sachant qu'ils étaient là, quelque part, à rire comme si de rien n'était ? Ils avaient tous tant perdus ce jour-là.
- « tu sais ce que je veux ? » ajouta-t-il, les traits déformés par la colère. « je veux arracher le coeur de l'homme qui s'en est prit à mon village, je veux lui faire du mal.. comme il en as fait à Naruto, Chôji et tous les autres. »
- « est-ce que tu t'entends ? ça, ce n'est pas l'homme que j'ai épousé. » dit-elle.
- « parce que toi, tu es innocente, peut-être ? » répliqua-t-il. « nous sommes des shinobis, tu l'as oublié ? et quoi que tu dises, je sais que ceux de ton village sont les pires. à quel âge est-ce que tu as tué pour la première fois ? »
- « arrête. » lâcha-t-elle, dans un soupir exténué.
- « je les tuerai, Temari. » ajouta-t-il, les poings serrés. « je les tuerai, tous. sans exception. »
Elle se heurta silencieusement à la haine qui brûlait dans le fond des prunelles du brun ; elle ne se trouvait que très rarement confronté au côté sombre de son époux, et quelque part, peut-être que ça l'effrayait un peu. Shikamaru avait toujours été quelqu'un de patient, de réfléchi et empreint de bonnes attentions ; mais que se passerait-il s'il tombait dans la vengeance ? Un frisson la prit et elle s'extirpa de la cuisine, sans un mot de plus, disparaissant dans les rues chaudes du village caché du sable.
Une étendue de sable chaud s'offrait à elle, un paysage d'une telle beauté ; pourtant, son regard ne se détachait pas de la silhouette, à quelques mètres d'elle. Il était là, accoudé à la rambarde et elle se retint douloureusement de le prendre dans ses bras ; son coeur battait douloureusement dans sa cage thoracique, elle était totalement effrayé. Les mots du rouquin ne la quittait pas ; il avait annoncé la guerre, il avait annoncé toutes ces choses et elle se sentait si mal. Des images de ce jour-là la frappaient, encore et encore et elle avait été incapable de fondre dans les bras de Morphée, la nuit dernière ; le visage souriant de son défunt époux ne la lâchait pas et bordel, ce qu'il lui manquait terriblement.
- « je sais que tu es là. »
La voix du trentenaire lui arracha un léger sursaut ; il lui tournait toujours le dos, le regard perdu dans les rues de son village. Elle se rapprocha silencieusement et plongea, à son tour, son regard dans le paysage ; le palais du kazekage était bien l'endroit le plus haut du village et elle appréciait ça, le vent fouettait délicatement les traits de son visage.
- « comment est-ce que tu m'as trouvé ? » demanda-t-il.
- « je commence à bien te connaître. » répondit-elle, simplement.
Elle ne doutait pas une seule seconde que l'annonce l'avait touché lui aussi, bien qu'il était celui qui l'avait fait et elle n'avait pas étonné de trouver le bureau du kazekage totalement vide, quelques minutes en arrière ; forcément, le roux était là, sur le toit du palais, seul. Il aimait cet endroit, il lui avait dit, une fois, que ça la rassurait d'une certaine manière et avait avoué, la seconde d'après, qu'il s'était immédiatement réfugié là, après avoir prit le poste de kazekage ; il avait été si effrayé sur l'instant, qu'il avait eu besoin d'être seul.
- « je suis un idiot. » souffla-t-il, du bout des lèvres.
- « pourquoi est-ce que tu dis ça ? » interrogea-t-elle, les sourcils légèrement froncés.
- « je suis effrayé. » avoua-t-il, de suite. « je suis effrayé, alors que je ne devrais pas. »
Et il se haïssait pour ça ; il se sentait si faible, à cet instant. Il était le kazekage du village caché du sable, et pourtant, tout son corps tremblait à l'idée de se battre, dans quelques jours. Le sourire d'un certain blondinet ne le quittait pas et ça lui faisait si mal, là, dans sa cage thoracique.
- « j'ai été habitué à la solitude, tu sais. » ajouta-t-il, au bout de quelques minutes. « j'étais seul, et ça ne me dérangeait pas ; les autres voyaient un démon en moi. ils me haïssaient et attendaient patiemment que je meurs, mais là.. » il prit une inspiration douloureuse. « là.. dès que je regarde derrière moi, je vois le visage de mon fils, de ma soeur, de mon frère. »
Le visage, déformé par le désespoir, de sa grande-soeur était là, dans son esprit ; le jour d'avant, à l'instant où Shikamaru Nara s'était imposé dans la bataille, une flamme intense dans les prunelles, il avait entendu les sanglots de sa soeur, mais il n'avait rien fait. Demain, ils iraient tous les deux se battre, abandonnant tant de gens derrière eux.
- « je n'ai pas le droit de perdre la vie, là-bas. » dit-il. « des années en arrière, je serais allé me battre, sans un regard en arrière, mais là.. » il déposa une main sur le côté gauche de sa cage thoracique, et serra douloureusement le tissu de sa tunique entre ses doigts. « je ne suis plus tout seul. j'aimerais ne pas y aller.. c'est lâche, je sais. j'aimerais prendre la fuite, mais une partie de moi est incapable d'accepter que les meurtriers de Naruto soient encore en vie. »
Naruto lui avait sauvé la vie, plus d'une fois ; quel genre d'ami serait-il s'il laissait ces monstres en vie ? Il refusait de faire ça ; un feu brûlant lui sciait les tripes et à cet instant, il était vraiment heureux qu'un démon ne soit plus enfoui au fond de lui, parce qu'il aurait certainement perdu le contrôle.
- « je les tuerai, un par un, dans d'atroces souffrances. » annonça-t-il, les mains tremblantes de rage. « je le ferai, je n'en doutes pas, mais.. je me déteste pour ça. j'ai l'impression de faire un bond en arrière, d'être de nouveau cet adolescent plein de haine. »
Il se souvenait parfaitement des regards que les villageois lui lançaient, à cette époque, il se souvenait de tout ce sang sur ses mains ; et peut-être bien que le démon en lui avait joué un rôle dans tout ça, mais il ne se voilait pas la face. Il avait fini par devenir un meurtrier, parce qu'il aimait ça ; parce qu'il mourrait d'envie de faire taire toutes ces voix malsaines qui lui hurlaient qu'il aurait dû mourir, dans les entrailles de sa mère.
- « je ne sais pas si je serai capable de résister à ma rage. » termina-t-il.
Et ça, ça l'effrayait bien plus que l'idée de perdre la vie, là-bas, sur le champ de bataille ; et s'il redevenait ce garçon ? Naruto ne serait pas là pour lui tendre la main, cette fois, il serait seul, tout seul et personne ne le sauverait ; une main délicate s'accrocha doucement aux siennes, presque tremblantes et il tourna la tête vers Hinata, qui contemplait le ciel bleu.
- « promets-moi que tu reviendras. » supplia-t-elle, du bout des lèvres.
Un morceau de son coeur se brisa, à l'entente des mots de la brune ; et elle, comment se sentait-elle, dans toute cette histoire ? L'absence de Naruto la pesait, sûrement bien plus que n'importe qui et malgré tout, elle élevait ses deux enfants et aidait le kazekage pour prendre soin du village ; Gaara comprenait que le blond soit tombé amoureux de ce bout de femme, elle lui inspirait tant de force, de courage et de délicatesse. Il acquiesça silencieusement et à l'instant où elle s'apprêtait à retirer sa main, il resserra sa prise, entremêlant leurs doigts ; il irait se battre, mais là, il voulait simplement profiter de l'instant, encore un peu.
Il déplaça silencieusement l'une des pièces sur le plateau et effleura du regard les traits épuisés de son père ; l'émeraude de ses iris s'accrocha douloureusement à la cicatrice qui barrait le visage du brun. Tant de questions lui brûlaient les lèvres ; qu'est-ce qui s'était passé là-bas, dans les ruines du pays du feu ? Qu'est-ce qui avait causé cette trace ? Et qu'est-ce qui l'avait empêcher de sombrer dans la folie ? Shikadai se sentait idiot, aux côtés de son père ; maintenant, il savait. Il connaissait les passés de tous ces adultes et il se rendait durement compte qu'il n'était rien, par rapport à eux ; que pendant qu'il se perdait dans un énième jeu-vidéo, eux, à l'époque, se battaient férocement pour vivre un jour de plus. Un claquement de doigt le tira de ses sombres pensées et il bafouilla quelques excuses, bougeant une autre pièce.
- « à quoi est-ce que tu penses ? » demanda l'adulte, en attrapant une pièce entre ses doigts.
- « est-ce que tu es vraiment sûr de ce que tu fais ? » lâcha l'adolescent, dans un souffle incertain.
Shikamaru n'avait pas besoin de plus pour comprendre les mots de son fils ; les cris qu'il avait échangé avec son épouse, quelques heures en arrière, n'étaient pas passés inaperçus et quand il s'était tiré hors de la cuisine, il s'était confronté au visage de l'adolescent, assis sur le canapé du salon.
- « la dernière fois que j'ai été si sûr de moi. » commença-t-il, le regard fixé sur le plateau. « ta mère remontait l'allée et s'apprêtait à me prendre pour époux. »
Un fin sourire déforma le coin de ses lèvres. Il n'oublierait jamais cet instant, l'instant où ses prunelles brunes s'étaient accrochés au sourire rayonnant sur les lèvres de la jeune femme ; il s'était promis de ne plus jamais regarder ailleurs.
- « je.. je comprends. » annonça le garçon, dans un simple hochement de tête. « je n'accepte pas ta décision de te rendre là-bas pour une énième guerre.. mais je pense que je comprends pourquoi tu as.. besoin de le faire. »
Les jours s'échappaient et il se rendait tristement, mais fièrement compte que son petit garçon ne l'était plus tant que ça ; Shikadai semblait soudainement lui paraître si adulte, qu'il se retenait tant bien que mal de le prendre dans ses bras, pour ne plus jamais le laisser prendre la fuite, loin d'eux. Il retint difficilement les battements maladroits de son coeur et attendit la suite, impatiemment ; l'époque où il bordait tendrement son fils lui manquait, quelque part.
- « j'ai été.. horrible avec toi. » confia-t-il, le souffle court. « je t'ai dis toutes ces choses blessantes.. je ne comprenais pas, mais maintenant, c'est différent. je comprends. »
Le rire d'un enfant s'éleva dans les airs, une petite poignée de secondes ; Shikamaru ressentait durement le besoin de se rendre sur le champ de bataille, une dernière fois, il souhaitait réellement que ces hommes meurent, mais ça lui faisait mal. Il abandonnait derrière lui une épouse, deux fils, une fille et tant de personnes qu'il aimait profondément.
- « tu n'as pas à être inquiet. » lâcha l'adolescent, comme s'il lisait dans ses pensées. « je suis là. je prendrais coin d'eux. de maman, de Shikae et Mitsuha. de tante Ino et du docteur Uchiha. je prendrais soin de tout le monde. alors pars tranquille et.. reviens. »
Une pointe de détermination brûlait dans le fond de l'émeraude des prunelles de son garçon et il se sentit fondre, face à l'intensité ; est-ce que tout ça, tous ces sentiments qui le frappaient constamment dès qu'il posait un regard sur le brun, ça voulait dire qu'il avait fait du bon boulot ? Qu'il était un bon père ? Un léger rire maladroit s'échappa de ses lèvres et il étouffa tant bien que mal les larmes qui perlaient au coin de ses prunelles, avant de mettre une pièce en mouvement sur le plateau.
La nuit était calme, tranquille ; seuls les quelques rayons de la lune qui perçaient à travers les vitres éclairaient la demeure. Un doux ronflement s'échappait de certaines pièces et elle s'engouffra dans la chambre conjugal, sur la pointe des pieds ; tous ses muscles hurlaient à l'épuisement, depuis combien de temps ne s'était-elle pas défouler autant ? Dans la matinée, elle s'était retrouvé face à l'une des facettes de son époux qu'elle craignait le plus ; que ferait-elle si, à son tour, le brun se perdait dans la cruauté ? Gaara avait sombré du mauvais côté, très tôt et elle avait été si proche de le perdre, plus d'une fois. Elle se débarrassa des vêtements qu'elle portait, silencieusement et glissa dans l'un des t-shirts de son époux ; un amer parfum de tabac froid l'enveloppa immédiatement.
- « il est tard. »
Le murmure lui arracha un sursaut et elle étouffa tant bien que mal les battements de son coeur ; l'émeraude de ses prunelles se confronta très vite à l'ébène des iris du brun, assis entre les draps du lit.
- « je suis là, maintenant. » lâcha-t-elle, simplement.
Elle se glissa, sans un mot de plus, dans les draps défaits et son regard ne tarda pas à se perdre dans la contemplation de l'alliance, sagement disposé sur le bois de la table de chevet ; elle se retint douloureusement de la mettre à son doigt, là où elle devrait être.
- « est-ce que.. » commença-t-il, la bouche sèche. « est-ce que tu me détestes ? »
La question s'échappa maladroitement des lèvres de son époux et elle osa, enfin, un regard vers lui ; il était là, installé dans le lit, le regard perdu sur le mur d'en face. Et pourtant, elle n'eut aucun mal à remarquer la pointe de souffrance dans ses iris d'un bel ébène. Elle le connaissait depuis si longtemps, des années à partager ses rires, ses craintes et ses draps.
- « non. » répondit-elle, dans un souffle. « mais je suis en colère. »
Comment était-elle censé ne pas l'être ? Une énième guerre s'annonçait et elle était tellement effrayé, son coeur se tordait douloureusement dans sa cage thoracique, chaque fois qu'elle se rappelait le regard vide de son époux, lorsqu'il était revenu du massacre. Et là, elle était censé ne rien dire et le laisser retourner sur le champ de bataille ?
- « et.. j'ai peur. » avoua-t-elle, finalement. « j'ai terriblement peur. »
La main du brun trouva la sienne, presque automatiquement.
- « et ce n'est pas l'idée que tu ne reviennes pas qui m'effraie le plus. »
Silencieusement, il tourna la tête et effleura les traits du visage de son épouse, du bout du regard. Elle ne le regardait pas, fixait un point imaginaire dans la pièce, mais elle le sentait ; il était là et il ne bougeait pas, il attendait patiemment.
- « c'est l'idée que tu reviennes et que cette fois.. tu ne sois pas en mesure d'aller mieux, Shikamaru. j'ai peur qu'en plus de perdre mon époux, je perds mes frères. »
Une telle souffrance s'échappait de la voix de la blonde, qu'il eut du mal à se retenir de la prendre dans ses bras ; il comprenait. Il comprenait parfaitement ses craintes, ses doutes, ses peurs, mais qu'était-il censé faire ? Ignorer la brûlure constante que les souvenirs de Naruto et Chôji lui imposait ? Effacer tout ce sang de son esprit ? Faire comme si rien ne s'était passé ? Une partie de lui lui soufflait de faire ça, d'oublier, de juste vivre, mais ensuite, il se heurtait aux vides laissés par les personnes absentes de son entourage. Il trébuchait sur la souffrance de Sakura, qui s'était heurté au corps inerte de son époux, pendu au milieu de l'appartement qu'ils partageaient, à la force dont Hinata faisait preuve, elle qui élevait deux enfants, seule, au handicap de Sai, qui tentait de vivre comme avant, alors que l'absence de l'une de ses jambes lui ramenait la réalité en pleine face constamment, à la cicatrice qui barrait son propre visage.
Peut-être que quelque part, Temari avait raison d'être inquiète ; il n'était pas sûr qu'il reviendrait, lui ou les deux frères de la blonde. Mais il était revenu, la première fois, il était revenu de ce massacre, bercé par les souvenirs de son épouse et son fils ; il s'était tiré douloureusement de la souffrance, des souvenirs macabres et était revenu, auprès d'elle. Et il le ferait toujours. Parce qu'elle était là et qu'il n'imaginait pas une seule seconde, une existence sans son rire.
- « je reviendrais. » annonça-t-il, au bout de quelques minutes. »
Elle se heurta silencieusement à l'assurance dans les mots du brun ; son regard s'accrocha un instant au sien et il lui adressa un sourire. Un sourire qui lui arracha plus d'un battement de coeur.
- « pas seulement moi. » continua-t-il. « tes frères reviendront. et est-ce que tu sais pourquoi ça se passera comme ça ? » le sourire sur ses lèvres s'agrandit et il resserra sa prise sur sa main. « parce que nous t'aimons profondément. j'ai une dizaine de raisons de ressortir vivant de cette bataille, de revenir auprès de toi. tu es la plus belle chose que j'ai, en dehors de nos trois merveilleux enfants. tu es la personne que j'aime le plus au monde, et bordel ce que c'est cliché, mais c'est la vérité. »
Un rire nerveux s'extirpa des lèvres du brun et il effleura la joue de la trentenaire, du bout des doigts.
- « tu n'as même pas idée à quel point je suis amoureux de toi, Temari. » souffla-t-il, d'une voix douce. « je t'aime tellement, que j'ai laissé ma fille jouer avec une paire de ciseaux et mes cheveux, parce que j'étais trop occupé à te faire ma demande. »
- « attends, quoi ? » lâcha-t-elle, les sourcils froncés. « qu'est-ce que tu viens de dire, Shikamaru ? »
Les doigts du garçon s'attardèrent un court instant sur sa joue, un fin sourire sur les lèvres ; il lui semblait presque qu'il tentait de sauvegarder chaque recoin de sa peau dans son esprit et ça l'effrayait. Un soupir s'échappa finalement de ses lèvres et il repoussa le drap qui le couvrait, bien qu'il portait un bas de jogging sombre ; l'instant d'après, il déposait maladroitement un genou sur le matelas, le corps légèrement tremblant.
- « Shikamaru ? » appela-t-elle, le souffle court.
- « je t'ai blessé. plus d'une fois. je le sais. » dit-il, nerveusement. « et si j'étais toi, je dirais non. parce que je suis un idiot. parce que je t'ai fais du mal. parce que je m'apprête à retourner me battre. parce que tu mérites mieux. et parce que je.. je t'ai presque tué, cette nuit-là. »
Il étouffa la culpabilité qui s'appuyait sur ses épaules tremblantes et esquissa un sourire maladroit, en attrapant les mains de la trentenaire dans les siennes.
- « tu m'as offert quinze ans de purs bonheurs. quinze ans de réveils à tes côtés, de fous-rires, de baisers. tu m'as offert tout ça, et quand je suis revenu.. j'avais constamment cette petite voix dans ma tête, qui me hurlait que tu méritais mieux qu'un monstre, un assassin, quelqu'un de si.. brisé. mais tu es resté, quoi qu'il arrive. »
- « bien sûr que je suis resté, idiot. » grogna-t-elle, au bord des larmes. « je n'avais aucune raison de m'en aller. »
- « si, justement. tu en avais une centaine. » contredit -il, le coeur tremblant. « là où un tas de femmes auraient pris la fuite, tu es resté. et chaque fois que je suis tombé sur ton sourire, sur tes mots doux, ta patience, tes efforts, ta force, je suis tombé amoureux un peu plus. au point de me dire, un matin.. bordel, c'est elle, ça a toujours été elle et ça le sera toujours. »
Quelques unes des perles au coin des paupières de la trentenaire s'échappèrent et roulèrent le long de ses joues, sous l'oeil attentif du brun ; d'un geste tendre, il effaça les larmes.
- « épouse-moi. » lâcha-t-il, simplement. « épouse-moi, encore une fois. je veux une grande cérémonie. je veux que Mitsuha nous apporte les alliances. je veux que Shikadai sois mon témoin, habillé de son plus beau costume. je veux te prendre pour épouse, encore et encore, et.. » un rire s'échappa de ses lèvres. « je sais que c'est loin d'être une demande romantique, c'est d'ailleurs vraiment nul comme demande, en fait. mais je t'aime. et je reviendrais. je t'achèterai une autre bague. je ne veux que toi, Temari, et je-. »
Les mots se perdirent contre les lèvres de la sunienne, alors qu'elle s'agrippait désespérément à ses joues rugueuses ; elle s'était hissé si vite sur ses genoux, qu'il avait été incapable de faire quoi que ce soit et maintenant qu'elle l'embrassait, il fondait contre sa bouche délicieuse.
- « est-ce que c'est un oui ? » demanda-t-il, difficilement, contre ses lèvres.
- « c'est un fais-moi l'amour. » grogna-t-elle, en fleurissant quelques baisers sur sa mâchoire. « on verra pour le re-. »
Il ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase, récupérant ses lèvres dans un baiser brûlant ; bordel ce qu'il aimait le goût de sa bouche contre la sienne, un délice frissonnant. Dans un grognement impatient, la blonde plaqua ses mains sur son torse et le repoussa, le dos contre le matelas, avant de se mettre à califourchon sur ses cuisses. Les mains du trentenaire glissèrent le long de son dos, embrasèrent ses sens et attrapèrent sa taille, créant une envoûtante friction entre leurs bassins. Ils n'étaient jamais allés plus loin que les légers instants qu'ils avaient partagés, au fil des semaines, depuis qu'il était revenu ; des séances de baisers enflammés, désireux et des caresses tendres, à couper le souffle. Mais chaque fois, il avait été dans l'incapacité d'avoir une érection, aussi magnifique et tentante était son épouse et bien qu'elle le rassurait constamment, il haïssait ça. Et là, alors qu'elle l'embrassait comme si c'était la dernière fois, il était effrayé à l'idée de ne pas être capable de lui faire l'amour. Il se sentait si idiot et-.
Les mains de la trentenaire sur ses joues rugueuses le tirèrent de ses sombres pensées et il se noya silencieusement dans cet émeraude attirant qui remplissait ses pupilles. Un fin sourire sur les lèvres, elle déposa un doux baiser sur la commissure de sa bouche.
- « éteins ton cerveau, un instant, tu veux ? » lâcha-t-elle, contre ses lèvres. « c'est juste toi.. et moi.. dans un lit, nus. »
- « je ne suis pas nu. » dit-il, amusé et un peu moins inquiet.
- « je m'occupe de ça, t'en fais pas. » souffla-t-elle, dans un souffle rauque.
La seconde d'après, les doigts de son épouse s'attaquaient impatiemment au bas de son tee-shirt et à l'instant où le tissu s'écrasa sur le sol, dans un bruit étouffé, son souffle se coupa. Ce n'était pas la première fois qu'il apercevait le corps presque nu de la blonde, et pourtant, il se sentait aussi nerveux que la première fois qu'ils avaient partagés les mêmes draps ; elle était là, sagement installé sur son bassin et il la trouvait si belle. Il se surprit à craindre l'instant où ils se retrouveraient totalement nus, l'un en face de l'autre, mais ça ne dura pas longtemps ; les lèvres de la trentenaire fondirent désespérément sur les siennes et une vague de passion l'emprisonna. Il la voulait, elle, toute entière.
Il répondit à l'appel de ses lèvres, sans attendre une seule seconde de plus et retraça un chemin imaginaire du bout des doigts, sur le corps quasiment nu de la blonde ; il voulait prendre ses lèvres en otage, encore et encore, et il lui semblait qu'elle n'était pas contre l'idée, puisqu'elle cessa le baiser, uniquement lorsqu'elle lui arracha l'inutile jogging qu'il portait. Leurs vêtements actuels ne se résumait qu'à une simple culotte noire et un caleçon à la teinte d'un pourpre sombre ; elle se souvenait lui avoir offert, un jour en rentrant d'une sortie entre filles, elle se souvenait qu'il avait légèrement râlé, à cause de la couleur, mais qu'il l'avait porté, le jour d'après, fièrement. D'un geste empreint d'une confiance en soi exquise, elle déposa sa main contre la zone la plus sensible du corps masculin ; un bruit à mi-chemin entre un gémissement et une plainte s'échappa de ses lèvres, alors qu'il balançait sa tête en arrière, contre le matelas, les paupières à moitié closes.
- « oh merde. » gémit-il, d'une voix rauque.
Un sourire étira les lèvres de la blonde et elle s'empressa de faire quelques mouvements de haut en bas, le regard fixé sur le visage du garçon ; des grognements dévastateurs s'échappaient de ses lèvres, des grognements qui la rendaient toute chose. Depuis combien de temps n'avaient-ils pas été si proche ? La peau du brun sous ses doigts lui avait terriblement manqué.
Shikamaru arrêta les mouvements, quelques minutes plus tard, d'une poigne forte autour du poignet de la trentenaire ; elle s'apprêtait à dire quelque chose, mais se retrouva bien trop vite submergé par le regard assombri de son époux. Il fondit sur elle, lui prenant un baiser empreint de sensualité ; une seconde plus tard, elle se retrouvait dos contre le matelas, le souffle coupé et se confronta au sourire espiègle du brun. Les lèvres de celui-ci effleurèrent un nombre incalculable de fois sa poitrine nue, il jouait avec elle, elle le sentait ; il la réduisait à des gémissements incontrôlés, alors qu'il déposait une centaine de baisers sur les grains de beautés qui traînaient sur sa peau, entre ses deux seins. D'un geste tendre, avide de contact, elle glissa ses mains dans ses mèches brunes et se cambra, en sentant les doigts de son époux qui descendait maladroitement le dernier morceau de tissu qui la couvrait.
Dans un soupir d'impatience, Temari enfouit son visage dans les draps au parfum de tabac froid et étouffa tant bien que mal un gémissement, plus fort que les autres, entre ses lèvres, lorsque le brun posa ses lèvres sur l'intérieur de ses cuisses presque tremblantes. Et bordel, elle se retint difficilement de faire du bruit ; il était là, si proche et elle voulait plus, beaucoup plus.
Leurs lèvres se trouvèrent une énième fois et elle repoussa le caleçon qui couvrait encore les fesses de son amant ; à bout de souffle, il lui adressa un petit sourire, claquant un tendre baiser contre son front.
- « je.. je n'ai pas de préservat-. » lâcha-t-il, maladroitement, mais un doigt sur ses lèvres le fit taire.
- « pilule du lendemain, tu connais ? » souffla-t-elle, amusé. « je te ferais bien un cours, mais là, tout de suite, j'ai vraiment, vraiment envie d'autre chose. »
Elle se mordilla immédiatement la lèvre, glissant ses mains dans le dos du brun et bordel, il se retint de lui dire qu'il l'aimait, encore et encore ; d'un simple coup de bassin, la blonde inversa les positions et le prit en elle, une pointe de malice dans les prunelles.
- « merde. » grogna-t-il, le souffle coupé.
Les mains du brun s'accrochèrent presque timidement à ses hanches, ce qui lui arracha un doux sourire, et elle entama rapidement des mouvements saccadés ; il lui semblait qu'elle dansait sur son corps et la simple pensée de cela, attisa un peu plus son plaisir. Les quelques rayons de lune qui s'écrasaient contre la peau de la blonde attirèrent son attention, il se perdit dans la contemplation de l'émeraude de ses iris, des grains de beautés qui parsemaient sa peau à certains endroits, aux légères cicatrices ; les mains appuyées de chaque côté de son torse, elle lui semblait être une déesse à cet instant. Il ne savait pas vraiment si c'était le fait qu'elle soit totalement aux commandes ou qu'elle était délicieusement sexy ou encore, ses hanches qui ondulaient avec force sur son membre, mais bien trop vite, il se retrouva submergé par son plaisir ; un long râle s'échappa de ses lèvres, alors qu'il atteignait le point de non-retour et la tête enfoncée dans le matelas, il tenta de reprendre une respiration correcte. Dieu qu'elle le rendait fou.
Soudain, le fait accompli lui revint en pleine visage. Il se redressa maladroitement sur ses deux coudes et osa un regard vers la blonde, toujours sur lui.
- « j'ai joui. » dit-il, gêné. « au bout de dix minutes, comme un adolescent. »
Un grognement s'extirpa des lèvres du brun et il attrapa un oreiller, étouffant son visage dans le tissu ; le doux rire de son épouse le tira de ses grognements incompréhensibles, il ne dit rien, lorsque ses lèvres se posèrent sur sa mâchoire, alors qu'elle caressait son torse du bout des doigts. Il était vraiment gêné, elle avait attendue si longtemps, pour.. ça.
- « regarde-moi, Shikamaru. » ordonna-t-elle, d'une voix douce.
- « je suis tellement désolé. » s'excusa-t-il, en repoussant l'oreiller.
- « ne t'excuses pas, ça arrive à tout le monde. » souffla-t-elle.
Elle glissa un tendre baiser sur ses lèvres et s'extirpa du lit, un fin sourire au coin des lèvres.
- « mais tu sais.. » lâcha-t-elle, au bout de quelques secondes, d'une voix terriblement sensuelle. « tu as encore toute la nuit pour te faire pardonner. en attendant, je vais prendre un bain. »
Dans un mouvement suggestif, sûrement parce qu'elle savait très bien que les prunelles brunes de son époux ne la quittait pas, elle se pencha et ramassa le tee-shirt qu'ils avaient égarés, une bonne demi-heure plus tôt ; et elle s'échappa au détour de la porte de la salle de bain. Le coeur totalement à la merci de la blonde, il se tira rapidement hors du lit et s'empressa de la suivre dans la pièce, nu ; il comptait bien se faire pardonner, et bien plus.
