Autour d'une Tasse de Thé

Il reporta son regard onyx sur le jeune homme et plongea dans ses yeux émeraudes si expressifs. Les yeux de Lily.

« Tu es tout ce qui reste d'elle. »

Harry respira lentement alors qu'il assimilait ce que l'homme venait de lui dire. Snape faisait tout cela pour sa mère. Il le protégeait pour elle. Il l'avait toujours fait.

« Alors pourquoi ... pourquoi toute cette haine ? Vous savez que je ne suis pas comme mon père. Je le ressemble juste un peu ... »

« Tu es son portrait craché. Pour ça, tu peux me croire sur parole, Potter. Je l'ai suffisamment vu pendant sept longues années. Nous étions dans la même promotion. Cela dit, tu as les yeux de Lily. Mais cela, tu le savais déjà. Et je ne te déteste pas. C'est juste l'image que tu renvoyais à Poudlard qui me rappelait ton père et ... j'ai peut-être un peu abusé de la situation. A tes dépends. »

Le Maître des Potions ôta sa main de l'épaule du Gryffondor et s'écarta.

« Si tu as besoin d'aide, je te l'apporterai mais tu dois savoir que j'ai un rôle à jouer, à maintenir jusqu'à la fin. Officiellement, je suis du mauvais coté justement pour vous aider, l'Ordre et toi. Ils te recherchent, tu t'en doutes. »

« Ils ne doivent pas me retrouver. »

« Tu pourrais avoir besoin de tes amis. »

« Ils ne sont pas des cibles, pas encore. S'ils me rejoignent, ils le deviendront. »

« Miss Granger deviendra une fugitive par nécessité. Elle est une Née-Moldue. Si elle retourne à Poudlard ou si elle se fait attraper, elle sera jugée et condamnée pour avoir soi-disant volé la magie à un sorcier. »

Le visage d'Harry se mua dans une expression de choc et d'horreur.

« Mais c'est totalement ... »

« Absurde ? Oui, en effet. Mais telles sont les choses actuellement. Miss Granger sera une fugitive si elle tient à la vie. »

« Et Ron ? »

« En tant que Sang-Pur, les Weasley, s'ils décident de rester neutres, ne risquent rien. S'ils décident de venir en aide aux Nés-Moldus et de combattre l'ordre établi ... »

Le Gryffondor ferma douloureusement les yeux en soupirant. Severus Snape posa à nouveau une main sur son épaule, plus doucement, rassurante.

« Et si nous rentrions pour discuter plus calmement ? Je n'ai pas beaucoup de temps à vous consacrer. »

Harry hocha la tête et les deux hommes rentrèrent, plus comme des ennemis mais comme des alliés. Drago les observa et à la lueur qu'il vit dans le regard de son parrain, il eut un sourire. Une bonne chose de faite. Harry s'arrêta devant la table du salon et regarda la théière d'un regard suspicieux.

« Drago, rassure-moi, » commença-t-il.

« Non, je n'ai pas renversé le pot de sucre dans la théière cette fois, je te le promets, » sourit le brun. « Je n'en ai pas mis du tout en réalité. Je te laisse faire. »

« Ce n'est pourtant pas compliqué, » soupira Harry. « Il faut juste mettre six cuillères... »

Tout en disant cela avec un sourire en coin, amusé, le roux avait mis le sucre dans la théière et terminé de préparer le thé avant de le verser.

« Alors ? » fit Severus. « De quoi avez-vous besoin ? »

« Tu vas rire, Sev ? Mais pour le moment, rien, » répondit Drago.

Le Maître des Potions releva un sourcil, amenant le Sang-Pur à développer.

« On ne peut pas aller à Square Grimmaurd sans risquer de croiser l'Ordre du Phénix et par conséquent Harry retournerait avec eux, ce qu'il ne souhaite pas, et moi j'aurais probablement de très gros ennuis. Sans parler du fait que sa quête pour les horcruxes qui serait d'autant plus difficile à mener discrètement. On n'a aucun indice pour déterminer combien d'horcruxes il y a exactement et ce qu'ils seraient. Tout ce que nous savons, c'est que le Seigneur des Ténèbres est un descendant de la famille Gaunt. Je n'ai plus accès aux livres de la famille Malfoy et aller à Square Grimmaurd étant exclus, je ne peux pas faire de recherches sur cette famille. Il nous restait donc l'énigme de l'homme de l'Impasse du Tisseur. Tu es là, donc l'énigme est résolue, » termina-t-il simplement. « J'ai bien résumé ? » demanda-t-il ensuite en se tournant vers Harry.

Ce dernier hocha simplement la tête. Severus soupira mais ne leur tint pas rigueur. Il en aurait fait de même. Chercher les informations sûres avant d'aller vers les plus dangereuses...

« Comment va Mère ? » demanda alors le brun.

« Cissie va bien. Plus ou moins. Elle cache bien sa tristesse, même pour moi. Si je ne l'avais pas surprise dans un salon privé à laisser aller ses sentiments à l'écart des autres, je n'aurais rien remarqué. Tu lui manques énormément. »

Drago hocha la tête, remerciant son parrain d'avoir été honnête.

« Vous m'avez parlé d'un rôle, Snape, quel est-il exactement ? » demanda Harry.

« Je dois rester officiellement fidèle au Lord le plus longtemps possible. Recueillir un maximum d'informations pour pouvoir te protéger. Et durant l'année à venir, je m'efforcerais de protéger au mieux les élèves de Poudlard des Carrow. »

« Les Carrow ? » répéta le Gryffondor sans comprendre alors que Drago avait pâli.

« Ils seront à Poudlard ? » demanda ce dernier.

« Oui. En tant que professeurs. Et ils se chargeront aussi de la discipline à ce que j'ai cru comprendre. Je suis promu directeur ... La belle affaire ... Enfin, c'est une des meilleures places que je pouvais avoir pour avoir une meilleure vue d'ensemble et surtout pouvoir continuer d'assurer mon rôle et échanger avec Dumbledore. »

« Est-ce qu'il avait par hasard une idée de l'emplacement du prochain horcruxe ? » demanda le Gryffondor.

« Non, Potter. Mais il avait dans l'idée de vous faire hériter deux choses. L'une d'entre elles est à Gringott's entre les mains du Gobelin en charge des affaires de Dumbledore, l'autre est en ma possession, dissimulée aux yeux de tous. »

« Savez-vous ce que c'est ? »

« J'ignore ce qu'i Gringott's, » répondit Severus. « Mais je dois vous remettre l'épée de Gryffondor. »

« Okay ... La dernière fois que je me suis servie de cette épée, j'ai fini avec un crochet de basilic dans le bras ... »

« Mais cette épée peut être votre seule arme contre les horcruxes, Potter. Dumbledore s'en ait servi pour en détruire un. »

Drago réfléchissait à ce qu'il entendait alors que les deux autres parlaient. L'épée de Gryffondor était un artefact très ancien. Et malgré le temps, Harry avait pu s'en servir terrasser le monstre de Serpentard en la lui plantant dans le palais. Il claqua des doigts.

« Sev, est-ce que l'épée a été faite par des Gobelins ? »

« C'est le cas, » répondit le Maître des Potions avec un sourire en coin.

« Cela change quoi ? »

« Ta culture est déplorable Harry, » soupira le Sang-Pur.

« Non, elle est juste différente de la tienne. Tu as vécu dans le monde sorcier, moi, dans le monde moldu. Et je n'ai pas eu le temps d'apprendre beaucoup de choses autres que les cours entre deux attaques d'un taré, les entraînements de Quidditch et mes retenues, désolé. En quoi le fait qu'elle ait été forgée par les Gobelins rend l'épée de Gryffondor si spéciale ? »

« Parce qu'elle n'est pas soumise à l'épreuve du temps et est enchantée pour n'absorber que ce qui la renforce, » répondit Severus.

« Donc, quand tu as tué le basilic avec l'épée, » continua Drago. « Elle a du absorber plus que probablement son venin et comme tu as détruit le journal de Jedusor avec un crochet ... »

« Oh ! C'est génial ça. Au moins on sait comment les détruire ..., » soupira Harry. « Maintenant reste plus qu'à les trouver. »

Il se laissa aller en arrière dans le canapé et ferma un instant les yeux. Les émotions de la journée l'avait un peu épuisé. Drago l'observa un instant avant de faire un sourire en coin.

« Déjà fatigué ? »

« Je n'ai pas eu une nuit complète, je te rappelle, » répliqua le Gryffondor. « Je ne suis pas fan de voir des Mangemorts se faire torturer. Sauf peut-être Bellatrix Lestrange... »

« Vous entrez encore dans sa tête ? » fit Severus, les sourcils froncés et le regard dur.

« Pas volontairement et vous le savez. Et avant que vous disiez que je ne fais pas d'efforts, je travaille sur mon occlumancie. C'est juste ... difficile. »

« Sev, je te l'avais dit, » réprimanda ensuite le Sang-Pur. « Si tu voulais qu'il se protège, il fallait lui apprendre correctement l'occlumancie dès le début. Maintenant, il doit faire avec. Et puis, il commence à avoir des défenses. Elles ne sont justes pas préparées à résister à quelqu'un d'aussi puissant que le Lord. »

Le Maître des Potions hocha finalement la tête. Il devait admettre qu'il était un peu fautif dans l'histoire également. Finalement, il se leva.

« Je vais vous laisser. J'ai beaucoup de choses à faire encore aujourd'hui. Je vais demander à Phinéas Black de jeter un oeil à Square Grimmaurd pour savoir si quelqu'un y est entré ces dernières semaines. Tachez de rester en vie. Oui, même toi Potter. Restez en vie, s'il vous plait. »

L'homme sortit de la maison en laissant un Gryffondor sur le cul. Heureusement, il était déjà assis dans le canapé. Venait-il de rêver cette journée ou avait-il vu un Severus Snape relativement Poufsouffle ? Un regard échangé avec Drago lui confirma la réalité et il soupira.

« Là, c'est sûr, ma vie est complètement chamboulée, » soupira Harry. « Il n'y a plus qu'une seule constante. »

« Laquelle ? » demanda Drago.

« Face-de-Serpent. Il est le seul à ne pas avoir changé. Il est encore et toujours mon ennemi. »

Le Sang-Pur posa une main sur l'avant-bras de son ami en signe de soutien avant de se lever.

« Je vais me doucher. »

« Okay. »

Harry débarrassa rapidement toute trace du thé et rangea rapidement le salon. Il alla ensuite se poster à la fenêtre pour observer le soleil qui se couchait.

Durant les jours suivants, Harry et Drago continuèrent leur routine, étudier l'occlumancie, les runes et la magie noire en attendant des nouvelles de Severus Snape. Elles arrivèrent une semaine plus tard en la présence de Tobias Snape qui vint frapper à leur porte.

« Bonjour, » fit-il alors que le Gryffondor lui ouvrait la porte. « Mon fils a envoyé ceci pour vous. »

Le Moldu leur tendit un paquet de la taille d'une boite à chaussures. Il y avait l'adresse de l'Impasse du Tisseur dessus. Il y avait des traces d'une lettre qui y avait été attachée. De toute évidence l'homme l'avait lue. Harry prit le colis.

« Merci beaucoup, Mr Snape, » dit-il simplement. « Voulez-vous... Voulez-vous entrer une minute ? Boire un thé ? »

« Non merci, gamin. Je ne faisais que passer déposer cela. Je tiens juste à te dire que mon fils n'est pas un mauvais gars. Il n'a juste pas eu une vie facile à cause de moi. Ne le juge pas trop vite. »

« J'ai cru comprendre en effet. Merci Mr Snape. Bonne journée. »

Le vieil homme repartit sans rien ajouter de plus. Harry referma la porte et posa le colis sur la table. Drago était dans la cuisine à surveiller qu'il n'y avait personne d'autres puisqu'ils n'avaient en temps normal aucune visite, la maison semblant abandonnée.

« Qui c'était ? » demanda le Serpentard.

« Le père de Snape, » répondit Harry.

« Voilà qui est rassurant, je crois. »

« Mouais. Snape nous envoie ça, » continua le Gryffondor en montrant le colis.

Les deux jeunes hommes s'installèrent autour et déballèrent le paquet.