NA
Perdue à jamais dans la forêt de Stephenie...
NB:
Perdue à jamais dans celle que réinvente miaokuancha


38- vol de retour ~

Je cours. Je cours vers la maison de Bella. J'y serai très bientôt. Je veux y être à l'instant. Mais je n'y suis pas. Je n'y suis pas.

Oh, Bella.

Je me rapproche ; il me faut ralentir. Je peux entendre les pensées de son père. Il regarde la télévision. Comment est-ce possible? Ne s'inquiète-t-il pas de savoir que sa fille n'est pas encore rentrée?

Je pense à là où elle se trouve vraiment. Peut-être déjà mise en pièces. Il y a des requins en plus des orques dans ces eaux. Je ne puis l'endurer. Je m'arrête, plié en deux.

Je ne peux pas. Je ne peux pas m'arrêter ici dans les bois. Il faut que j'aille de l'avant. Si Jasper est là-bas en premier; s'il met la main sur mon journal... Oh, Seigneur, quel pandémonium ce sera! Nous deux en train de nous battre. Le Chef Swan devra probablement mourir, lui aussi. Quel carnage! Comment tout est-il arrivé là?

Je me faufile derrière la maison; vois la télévision projeter des éclats bleus par la fenêtre du salon, le bourdonnement de son blabla emplissant mes oreilles avec une cruelle indifférence. Ne se demande-t-il même pas pourquoi sa fille est encore dehors? La est déjà tombée.

Depuis si longtemps.

La senteur de Bella persiste encore dans la maison, tout comme les effluves de cette monstruosité de camionnette. J'inhale les deux et ça fait mal.

Il y a de la lumière sur le côté de la maison. La lumière dans sa chambre est allumée. Je ne comprends pas. Pourquoi son père allumerait-il sa lampe? Ou bien a-t-elle oublié de l'éteindre avant de quitter la maison ce matin?

La seule de la lumière, brûlant à sa fenêtre, et d'elle, appelée à ne jamais revenir... Une nouvelle fois, me plie en deux.

Il n'y a nulle part trace de Jasper, pas d'odeur, pas un son, pas une pensée. Je ne peux remettre ceci indéfiniment. J'escalade l'arbre en silence, comme toujours, et jette un oeil à l'intérieur par la fenêtre.

Et elle est là.

Elle est juste là.

Allongée sur le ventre, en train de lire mon journal, ses tendres et adorables pieds en l'air – ses douces et minces chevilles – , et les jambes de son pyjama tombant autour de ses mollets.

Oh, Bella.

Je ne peut que la fixer du regard. Que puis-je faire? Je m'abreuve de sa vue. Quelque chose a dû changer. Je me fiche même de savoir quoi. Quelle importance, d'abord? À cet instant... elle est là. En sécurité..

Saine et sauve, avec mon journal et une sorte de devoir d'arts plastiques étalé sur son lit.

Je fixe comme un homme mort cette fille qui est en vie. Ne bouge pas. Ne bouge pas. Ne rentre pas en fracassant la fenêtre pour la serrer contre ton sein. Ne secoue pas cet arbre dans lequel tu te cache au risque qu'il tombe en pièces.

Contente-toi de regarder, et remercie le Seigneur, et ne bouge pas.

L'imprimante sur son bureau commence à émettre des claquements et des grincements, et je vois Bella bouger pour se lever du lit. Je me rends invisible derrière le tronc de l'arbre.

Elle s'affaire. J'entends du papier être déplacé, le crissement d'un cutter de précision, ses doigts glissant et cliquant sur le pad de navigation de son ordinateur portable. Entre tous ces bruits elle tourne les pages de mon journal, une à la fois, lisant sans bruits hormis ceux de son souffle, de son pouls et d'un occasionnel soupir.

Je me sens un peu jaloux qu'elle divise son attention entre mon journal et quelque projet scolaire. Combien c'est mal de ma part, ce sentiment! Je devrais seulement être reconnaissant du fait qu'elle soit en vie.

Rien de tout ce mal n'est arrivé.

Et j'ai encore une chance de m'assurer qu'il n'arrive jamais.

Je m'installe. Même si je suis en train de me cacher derrière le tronc d'arbre, elle, elle est ici. Juste ici.

Son pouls. Son sang.

Dieu est en son paradis et tout va bien dans le monde.


Il est plus d'une heure du matin, et enfin, enfin, elle est endormie. Je peux entrer et aller à elle à présent. Comme je l'ai fait chaque nuit. Grâce à mes méprisable ressources, la fenêtre coulisse sans le plus petit bruit.

Je prends ma place sur le rocking-chair, et la contemple.

Si j'avais une âme, je l'enverrais s'étendre à côté d'elle.

Ah, l'heureux fantôme.

Sous les couvertures, Isabella dort, nageant dans son monde de rêves.

Elle est en vie, en un seul morceau, complètement ignorante de l'ombre de mort qui a suivi chacun de ses pas – même ici, ici, jusqu'à l'espace privé de sa propre chambre.

Je laisse les minutes et les heures passer, me servant de la vue tangible que j'ai d'elle pour laver mon esprit de chaque horrible futur que j'ai vu cette nuit. Je me rappelle à moi-même de ne pas me balancer dans le fauteuil, de ne pas même respirer.

Couche après couche, les tristes images sont effacées, jusqu'à ce que je me sente à nouveau propre. À nouveau moi-même.

Tel est le don de son silence.

Que je prends, toujours si voracement, des deux mains.

La nuit dérive, marquée par le métronome de son cœur.

Je ne peux pas rester.

Je le veux pourtant. Dieu sait que c'est ce que je veux. En présence de cette fille, je suis enfin en paix. Je me sens en sécurité. Je suis heureux. Je ne veux pas retourner à ma famille, à l'école, à toute ces choses que tous nous aurons à faire demain pour cacher ce que nous sommes, agir comme si rien d'inhabituel ne s'était produit ces dernières vingt-quatre heures, rendre des comptes aux autorités scolaires pour expliquer le retour de Jasper. Je suis sûr qu'il est revenu, maintenant. Alice l'a vu.

Le ciel est noir, et les étoiles sont recouvertes par des nuages, mais le moment vient où je peux sentir la planète se tourner vers le matin.

J'envisage de kidnapper Bella et d'aller quelque part, loin, juste elle et moi. Je fantasme un petit cottage dans les bois, comme dans quelque conte de Hans Christian Andersen. Je chasserais pour nous deux, le sang pour moi et la viande pour elle.

J'imagine une fée au bon cœur brandissant sa baguette, et qui nous transporterait, moi et cette fille dans les pages restées blanches à la fin de mon journal, pour que nous vivions là, dans ce pays non-écrit, la vie que j'aurais dû avoir. Cette pensée, porteuse de trop de douleur, m'est insupportable, et je dois lui fermer mon esprit.

Je ne sais même pas si elle m'apprécie.

Comment le pourrait-elle, vraiment ? Après les choses que je lui ai dites.

Sans parler de ce que je suis.

Le Chef Swan est agité, cette nuit. Il se réveillera tôt, j'en suis sûr. Je ne peux pas rester. Des mots vont devoir être dits avec ma famille. Même si Bella est saine et sauve, rien ne peut plus être pareil, à présent. Cette idée m'effraie. Je me demande ce que voit Alice.

L'image de toute notre troupe, partant pour l'école dans trois heures, faisant semblant d'être humains, flotte, surréaliste, dans mon esprit comme une scène du Chien Andalou. Ce simulacre nous est-il même encore possible, maintenant ?

Les minutes passent, et je demeure toujours assis, les genoux jusqu'au menton comme une gargouille, là, sur le rocking-chair de Bella.

Cette chambre, cette pulsation du coeur, le susurre de son souffle, sa forme endormie, les éventuels mots marmonnés – je les enveloppe autour de moi . Je ne veux pas les lâcher.

Je pense à cet autre endroit où j'avais trouvé l'apaisement. C'est là qu'est sa place...

Même la senteur de son sang, pour autant quelle me soit douloureuse – et douloureuse, elle l'est – m'est devenue si familière. Je ne veux pas lâcher cela non plus.

Lui rendre visite ainsi chaque nuit, planant sur elle comme un grand oiseau sombre, cela va à l'encontre de toutes les lois de la décence. Ma soif de la boire n'a pas changé. Jamais elle ne changera. Elle fait partie de moi. C'est ce que je suis. Il n'y a aucune fausse prétention possible quant à cela.

Je ne veux pas m'en aller, mais je le dois.

Aussi, au final, c'est ce que je fais.


Je récupère ma voiture à l'école, et rentre à la maison en roulant à l'extrême limite des possibilités de ma machine. Notre allée, les grands arbres, la pelouse verdoyante, les jardins d'Esme et les murs de verre qui les regardent – tout est exactement tel que c'était lorsque nous partîmes tous, hier matin à présent. Le jour de la Saint-Valentin. Jasper allait la tuer le jour de la Saint-Valentin.

Ils m'attendent, bien sûr. Alice avait vu mon retour. Et ça se passe encore une fois dans la salle à manger, bien sûr. Je vais vers eux. Que puis-je faire d'autre ?

Tout le monde est là. Jasper aussi. Je repense à la dernière fois où nous nous sommes assemblés autour de cette table – -ce vraiment seulement il y a treize jours de cela ? Toutes les choses que moi et Alice – et que tous en fait – avons essayé de faire pour empêcher le futur de dégringoler d'une falaise.

J'ai vendu Bella pour maintenir la cohésion de la famille.

Et pourtant, nous voilà, divisés et à vif, quoi que l'on tente.

Alice a vendu Jasper pour l'empêcher de faire du mal à Bella.

Et pourtant Jasper a traqué Bella, en dépit de celà.

Ce peut-il qu'il n'y ait jamais vraiment qu'un seul futur possible ? Et que tous les futurs alternatifs qu'Alice voit, qui semblent être prédiqués sur la base de décisions prises dans le présent, ce peut-il que tout cela ne soit que diversions, illusions, contre-mesures ? N'y a-t-il vraiment que le seul destin, qui nous tire en avant, un pas après l'autre et le libre arbitre ne serait-il que le conte de fées ?

Je vois dans l'esprit de chacun qu'il ont déjà discuté entre eux en détail des événements d'hier, qu'ils en ont déjà conclut comment s'accommoder de ce qui a été fait et de ce qui ne l'a pas été. En revenant maintenant, tandis que le ciel dehors commence à pâlir, je me trouve être une fois de plus, l'intrus. Comment est-ce arrivé ? J'étais le premier de Carlisle. Son seul, même, pour un temps. C'était là la seule chose qui rendait supportable ma nouvelle et absurde ''vie'' : ce que j'étais et ce que je signifiais pour lui. Ce lien entre nous.

Jasper perçoit ma résistance et se retient d'interférer dans mes sentiments. Il sait qu'il n'y a pas intérêt ! Mais Esme se précipite vers moi et m'enveloppe dans ses bras.

– Edward ! Oh, Edward !

Elle n'avait jamais eu besoin de Jasper pour savoir ce que j'éprouvais. Je vois dans ses pensées tout le passé et combien elle se sentait coupable du changement qu'elle avait été pour Carlisle et moi comme elle ne se sent pas entière si je ne suis pas avec eux combien, effectivement, comme l'avait remarqué Emmett, je suis leur préféré, à elle et Carlisle.

Je devrais me sentir réconforté, mais au lieu de cela je me sens mesquin, et désireux d'échapper à son étreinte.

– S'il te plaît Edward, s'il te plaît. Reste. Ne t'en vas pas. Nous avons besoin de toi. Nous voulons de toi.

Vraiment ? Le veulent-ils vraiment ? Vouloir de moi ?

C'en est trop pour Jasper et il ferme les yeux de douleur. De manière surprenante, c'est Rosalie qui s'avance pour se tenir à côté d'Esmé.

– Nous somme une famille, dit-elle. On ne laisse personne derrière nous.

Les pensées de Carlisle viennent sur devant parmi toutes les leurs.

Le pardon. Qu'avons-nous donc, en dehors de cela ? Comment continuer, sinon par sa grâce? Car qu'allons-nous affirmer en nous-mêmes et entre nous ? Nos pires actes ? Ou bien nos meilleures intentions ? Nos haines ? Ou bien nos amours ?

Je veux que cela s'arrête. Toute cette communication silencieuse, sub-rosa. Je veux fulminer, rager. Ils me doivent au moins cela.

Je baisse les yeux sur Alice.

– Comment as-tu pu !

Ses propres paroles, renvoyées en plein visage.

– Je devais le faire, Edward ! Je le devais ! Tous les autres chemins auraient été pires ! Tu ne sais pas ce que c'est, de voir comme je vois. Tu penses que tu le sais, mais non !

Jasper l'aide, le salaupard, en m'imbibant de tout ce qu'elle éprouve : l'impuissance, la terreur, le désespoir que son don lui vaut. C'est une malédiction, comme tous nos talents. Le pouvoir amène la souffrance. Au moins a-t-elle ramené Jasper près d'elle. Ils forment de nouveau un front uni. Et je peux voir la famille se resserrer autour d'eux. On a pardonné aux amoureux leur petite querelle.

– Et Bella ? Est-ce que personne ne s'en préoccupe? Elle est innocente dans tout ça. Innocente ! En quoi a-t-elle jamais mérité de mourir ?

– C'qui y a, tu vois, c'est qu'al est pas morte, Edward. T'l'a vu par toi-même maint'nant, j'imagine. C'est-y pas l'plus important ? Qu'a soit toujours en vie ? Sans même qu'on y touch' un ch'veux.

– Mais vous l'auriez permis. Tous.

Je n'oublierai jamais la façon dont lui, Rosalie, Alice m'avaient cloué à terre.

– Je vous ai suppliés ! Je vous ai suppliés !

Mes frères et sœurs détournent tous le regard. Honteux. Deux-mêmes ? Oui, mais aussi honteux pour moi. Je peux le lire dans leurs esprits – à l'exception d'Alice, et d'Esme – ,combien ils sont embarrassés pour moi, que j'en arrive à cette extrémité pour cette humaine que je ne pourrai jamais avoir – à moins que je décide de tout envoyer balader et de juste prendre son sang, accomplissant ainsi la totale monstruosité qui est ma nature.

Une fois encore, je hais Carlisle de m'avoir transformé. Si 'javais pris fin, comme j'étais supposé le faire...

Bella serait morte, elle aussi. Écrabouillée entre sa camionnette et le van de Tyler.

Tous les autres chemins auraient été pires.

Esme me tiens toujours dans ses bras. Femme obstinée.

– Nous t'aimons, Edward, ne le vois-tu pas ? Ce qu'Alice a vu – Bella serait morte si tu y étais allé et avait interféré avec le cours des événements. Elle a vue que ton arrivée sur eux forçait la main à Jasper. Personne n'aurait été sauvé. Et Jasper allait te laisser le tuer. Et puis il y avait des témoins. Toutes ces vies sur ta conscience. Et Bella morte, elle aussi. Alice a vu tout cela te rendre fou au final.

Est-ce là ce qu'Alice leur a dit ? Ses propres souvenirs des visions sont impossiblement emmêlées à présent. Je ne peut les trier, pas plus que je ne peux faire de tri dans les miennes. Est-ce réellement vrai, alors, que le fait d'arrêter Jasper avant qu'il ne tue Bella n'ait été qu'un souhait de ma part, et jamais un à venir ?

– Je vous hais tous !

Et la voilà. Ma petite crise de nerfs. Se déversant de ma bouche comme du poison, tandis que je repousse Esme.

– Et c'est moi que vous traitez d'égoïste ! Que pensez-vous donc être, vous ?

Ils sont de nouveau embarrassés pour moi. Je suis embarrassé pour moi-même, mais je continue à leur hurler dessus, jurant, déballant au grand jour pour que chacun puisse l'entendre chaque pensée faible et mesquine que chacun d'entre eux avait jamais eue. J'ai une mémoire parfaite et totale, je refuse d'épargner quiconque.

Personne ne questionne mes arguments, personne ne résiste, et c'est tellement insatisfaisant. Je veux les secouer, chacun d'entre eux, mais au lieu de cela, je finis seulement par démolir la table faite-main d'Esme. Elle a un battement de paupière mais le permet, ce qui me fait d'autant plus enrager.

Jasper en a assez. Il intervient, poussant son don sur moi. Je tente de le bloquer mais je ne le peux pas. Il pousse en moi les émotions de Carlisle et d'Esme. Celles d'Alice aussi. Les siennes sont vides, un vase pour contenir et présenter les leurs. Ils ont mal pour moi. Mal d'une douleur que je peux à peine endurer.

Oh, Edward.

Je ne veux pas abandonner. Je ne le peux pas.

– Vous êtes des hypocrites, tous autant que vous êtes! Tout ce qui vous importe c'est–

– Nous !, Finit Carlisle. les uns les autres. Cette famille, dont tu es le premier, mon fils.

– Ah, non ! Ne me fait pas ce coup-là !

Ne me retourne pas mes propres pensées dans les dents. Comme je viens de le faire pour chacun d'entre eux.

L'envie d'en découdre me déserte précipitamment. Peut-être que Jasper y a contribué. Peut-être que je ne suis qu'un être faible. Je suis enveloppé dans l'abstention et la contrition qui m'entoure. C'est humiliant. Ils me cajolent. Tous sauf Alice. Alice irradie l'espoir.

– Tu n'as pas vu, Carlisle. Il...

Je ne peux même pas mettre de mots sur ce souvenir.

– Elle... Il … Tu n'as pas vu ce qu'il a fait !

Une douleur profonde passe sur son visage. Il se peut qu'il n'ait rien vu, mais il l'a imaginé.

Par la Grâce de Dieu ce destin ne s'est pas accompli, murmure-t-il. Et il ne le sera pas. Car son destin est passé en d'autres mains.Oh, mon fils.

– Tu as lu dans nos cœurs, Edward. Quelle que soit la façon dont le moindre d'entre nous s'est égaré en s'opposant à toi, c'était par amour, non par malice. Tu sais cela. Et pas le moindre d'entre nous n'a jamais haï la jeune fille. Tu sais cela aussi. Son père est mon ami. Un bon ami. Que je dois encore laisser derrière.

Une image passe dans un bref éclair : une tombe encroûtée par le temps, de l'herbe négligée, de la brume, Charles Swan, père dévoué et fonctionnaire, 1967 – . Une paire de lys blancs dans la main de Carlisle cache la vue de la date finale. Il ferme son esprit à ce moment dès qu'il se forme, mais, bien sûr, je l'ai vu.

Les mots de Rosalie résonnent en écho dans ma tête. Tu ne peux pas aimer une humaine, Edward.

Ils meurent. Ils meurent et passent. Bella, aussi, sera couchée sous la terre. Pas aujourd'hui, mais un jour. Ma colère n'est plus. La vision d'Alice, celle de Bella dans son cercueil, mon journal, une pierre qui avec le temps sera oubliée... Non, pas oubliée je la trouverai, et lui rendrai visite. Je le ferai. Je le ferai.

Je m'assois sur la chaise près de moi qui est parvenue à survivre à ma colère. Esme vient m'attirer contre elle comme si j'étais vraiment son enfant.

– Il est six heures – nous rappelle Rosalie. – c'est mieux si nous ne conduisons pas comme des malades pour arriver à l'école à temps.

Je me rappelle que mes vêtements sont humides et dégoûtants de laine et de sang de mouton, de résine d'arbres. J'ai besoin de me changer. Esme sourit tandis que je me détache d'elle et pose un regard chagrin à ce que j'ai fait de sa robe et de la pièce.

– Ce n'est rien, Edward. Nous sommes tous saufs. Et Bella maintenant l'est aussi.


NA :
Un chien andalou – Macabre court-métrage surréaliste, tourné par Luis Buñuel et Salvador Dalí en 1928. Ma petite révérence à Pattinson pour son rôle dans Little Ashes.

NB :
Little Ashes : Film hispanico-britannique de 2008 sur la rencontre dans les années 20 et les relations d'amitié entre les trois jeunes futurs phares de l'art que furent les surréalistes Salvador Dalí, Luis Buñuel et Federico Garcia Lorca. Le film explore notamment la relation intime que le premier semble avoir entretenue avec le dernier. Pattinson joue le rôle de Salvador Dalí.

NA
Ce chapitre est publié avec la plus grande gratitude envers Aveburysubtlegift, geo3, SaritaDreaming et Woodlily. Je n'aurais jamais pu le faire sans vous. Et pour tous mes chers lecteurs, merci. Parce que vous êtes là, écrire n'est pas une entreprise solitaire.