Chapitre 41 : IV : Harry Potter et la Maison Black
Note de la traductrice :
Je n'ai pas lu tous les tomes en français, et là je suis arrivée à un point où je ne sais pas qui tutoie ou vouvoie qui. Si quelque chose vous paraît bizarre, merci de me le dire dans les commentaires.
- Dudley, dit Harry, sans lever les yeux de la haie qu'il était en train de tailler.
Son cousin s'arrêta là où il était, sur le trottoir de l'autre côté de la haie.
- Tu penses que tu pourrais me couvrir pour quelques jours ? Dire que tu viens de me voir et que j'allais au parc, un truc de ce genre ?
Dudley émit un grognement indifférent.
- J'ai laissé un gâteau au citron à trois étages dans ta chambre, dit Harry à la haie. Avec des fraises dessus.
- Pas au chocolat ? demanda Dudley dans le vide.
- Je pourrais en faire un au chocolat quand je rentrerai. Si tu me couvres.
- Je veux un gâteau au chocolat à quatre étages. Avec un glaçage au chocolat.
C'était bien de savoir que certaines choses dans la vie de Harry ne changeraient jamais.
- Si tu les distrais vraiment – que tu leur dis que tu m'as dit de manger dans ma chambre parce que je te dérangeais ou je sais pas quoi…
- Me dis pas ce que je dois faire, répondit Dudley par réflexe. Lui et Harry restèrent silencieux un moment, réfléchissant à comment rattraper ce faux-pas conversationnel.
- Je veux aussi ces petits trucs bleus, là, dit Dudley.
- Tu aimes les Framboises Acides ?
Les petits bonbons bleus avaient été une tentative de la part de Harry de décourager Dudley de voler ses expériences en créant un bonbon assez acide pour détruire la langue. L'idée de voir Dudley goûter un des bonbons à effets magiques, et les conséquences sur la paix délicate de l'été avaient plutôt bien motivé Harry.
Percevant une rébellion dans ses colonies, Dudley bondit :
- Un sac entier, ou tu oublies.
- D'accord.
Harry n'allait certainement pas empêcher son cousin de se torturer lui-même. Peut-être que ça avait été une meilleure idée qu'il le pensait ?
- Je pars ce soir.
- Tu vas où ?
- Londres.
- Pourquoi ?
Harry ignora la question, et il finit par entendre Dudley s'éloigner en maugréant des insultes dans les bourrelets de son menton.
Harry avait réfléchi à son plan pendant plusieurs semaines, depuis la discussion nocturne avec Sirius. Échanger des lettres avec ses amis, c'était sympa, mais il avait espéré passer davantage de son été avec Ron, et il n'avait encore eu aucune nouvelle à ce sujet. Il ne tenait plus en place, et il avait ruminé les mots de Sirius encore et encore – si tu as besoin d'un endroit où aller. 12 square Grimmaurd, Londres. Choisis ta propre chambre.
Ce n'était pas comme si Harry prévoyait de se pointer sans invitation. Il avait une invitation. Et il était curieux, et durant les nuits claires il regardait le ciel étoilé et pensait à la navigation aux étoiles et à vraiment voler comme il n'avait pas osé le faire l'été d'avant. Il repensa à son trajet en voiture volante avec Ron, et ajouta une bouteille d'eau à son sac, observant ses affaires et essayant de décider ce qui était nécessaire et ce qui ne l'était pas – son chaudron était trop lourd, même s'il avait très envie de le prendre. Peut-être qu'à la maison de Sirius il y en aurait ? Quelques vêtements sorciers et moldus, une carte de la région avec le trajet de Little Whinging à Londres bien tracé, Le Quidditch à travers les âges, sa baguette… à ce point son sac était rempli et Harry passa bien trop longtemps à se lamenter sur le reste de ses livres et la frugalité qui l'avait retenu d'acheter un sac avec un intérieur plus grand que l'extérieur. Ça aurait été exactement comme dans Doctor Who, et il aurait pu emporter son chaudron et ses livres, mais non, ce n'était pas recommandé pour les élèves. Hmpf.
Honnêtement, ça signifierait juste qu'il perdrait ses affaires plus souvent.
Il avait emprunté un des cadenas d'Oncle Vernon pour verrouiller sa chambre de l'intérieur, il avait verrouillé sa malle et rangé tout ce qui était vraiment important, comme ses lettres, dans l'espace secret sous le lit, il avait expliqué à Hedwige où ils allaient… est-ce qu'il y avait quelque chose d'autre ? Il ne pensait pas…
Juste avant de sortir par la fenêtre, Harry s'arrêta, se frappa le front, sortit sa cape d'invisibilité de sous le lit et la drapa comme il pouvait autour de lui, son sac et son balai. Beaucoup mieux. Ça allait être chiant à cause de la résistance au vent, mais il n'aurait pas d'autres soucis pour avoir violé le Code International du Secret Magique.
Harry décolla dans le ciel sans nuages, cala l'Étoile Polaire par-dessus son épaule, repéra ses points de référence, et lança son Éclair de Feu dans un vol fabuleux.
Harry trouva Londres en balai sans problème, mais trouver le Square Grimmaurd se révéla plus difficile. Finalement il descendit de son balai, enroula sa cape d'invisibilité autour, et demanda au premier Moldu qu'il rencontra, épuisé dans la lumière de l'aube. Après avoir prétendu, larmoyant, s'être perdu en se rendant chez son oncle, là où son oncle l'attendait, Harry se retrouva, très surpris, avec un billet de dix livres et de l'aide pour appeler un taxi. Le chauffeur de taxi était très gentil aussi, et Harry le quitta avec la sensation perturbante que la plupart des gens n'étaient pas comme les Dursley, et qu'il venait d'être aidé par un parfait inconnu qui n'avait jamais entendu parler de sa cicatrice pour la première fois de sa vie.
Harry avait été un enfant remarquablement invisible, même avant d'être le fier possesseur d'une cape d'invisibilité.
Il prit une grande inspiration et toqua à la porte du numéro 12.
Un elfe de maison à l'apparence épouvantable ouvrit la porte, dit "Le Maître n'est pas là" et claqua la porte au visage de Harry.
Harry réfléchit quelques secondes.
Harry toqua à nouveau à la porte.
L'elfe de maison rouvrit, et répéta "Le Maître n'est pas-"
- Il a dit que je pouvais venir, l'interrompit Harry. Sirius a dit ça.
L'elfe de maison lui claqua à nouveau la porte au nez.
Harry toqua à la porte.
L'elfe de maison ouvrit la porte. Harry commençait à trouver ça amusant.
- Je suis son filleul, Harry Potter. Ravi de te rencontrer.
- Kreattur n'est pas heureux de vous rencontrer. Kreattur pense que les traîtres au sang sont écœurants. Des amis horribles, le jeune Sirius avait.
- Il a des amis horribles. Il est sorti de prison, tu sais.
Les oreilles de Kreattur se redressèrent.
- L'enfant horrible peut entrer, dit Kreattur.
Harry se glissa à l'intérieur, dissimulant son sourire, alors que Kreattur continuait :
- S'il parle à Kreattur de Maître Sirius.
- Sirius a dit que je pouvais choisir ma chambre. Il y a des chambres en haut ?
- Ce ne sera pas la faute de Kreattur si l'enfant horrible meurt, dit Kreattur avec un rictus maléfique, avant de disparaître.
Bon, Sirius lui avait dit que l'elfe de maison était fou. Harry regarda autour de lui avec intérêt. Tout était incroyablement sale, ce qui ne ressemblait pas du tout au travail d'un elfe de maison – mais peut-être c'était un signe de folie chez les elfes de maison. Harry se dit avec un ravissement grandissant qu'il pouvait laisser tout ce désordre et toute cette crasse exactement où c'était et que personne ne lui crierait dessus.
C'était effectivement une excellente idée.
Comme Sirius avait dit que la maison était pleine de magie noire et d'objets dangereux, Harry décida que le mieux à faire était de ne toucher à rien. Il était obligé de toucher les poignées de porte à l'étage, mais c'était tout, et à part un moment un peu délicat avec un tapis ensorcelé, aucun objet n'essaya de tuer Harry. Il jeta un coup d'œil à toutes les pièces, tour à tour fasciné et écœuré. Il y avait tellement de trucs, des objets bizarres dans des armoires vitrées, des tables couvertes d'objets en vrac et plein d'autres meubles à l'allure repoussante, le tout recouvert d'une épaisse couche de poussière, toiles d'araignées et saleté. Les pas de Harry laissaient des empreintes sur le sol poussiéreux. Il y avait des lits dans un certain nombre des pièces de l'étage, mais c'était difficile d'en choisir une et encore plus difficile d'arrêter d'explorer. Harry était si curieux.
Harry tendit la main vers une poignée de porte en forme de cobra, et Kreattur apparut devant lui. Harry étouffa un cri.
- L'enfant horrible ne va pas aller dans la chambre de Maître Regulus, dit Kreattur d'un ton menaçant.
Compte tenu de ce que Dobby pouvait faire quand il était en colère…
- Sirius a dit que tu étais là pour t'occuper de la nourriture, dit Harry pour changer de sujet. Pendant que je suis là.
- Si le Maître voulait que Kreattur s'occupe de la maison, le Maître devrait le dire à Kreattur.
Ça, pensa Harry toujours aussi amusé, ressemblait fort à un elfe en train de bouder. Il pensa aux sorciers maléfiques qu'il avait rencontrés.
- Il doit aller tuer quelqu'un, dit-il à Kreattur avec son expression la plus sérieuse. Il est vraiment occupé par ça en ce moment, tuer quelqu'un.
Les oreilles de Kreattur semblèrent indiquer que c'était une occupation raisonnablement respectable pour son maître.
- Je suis sûr qu'il sera là pour te donner des ordres dès qu'il aura fini de tuer, continua Harry, improvisant à toute vitesse. Il va t'insulter à cause de l'état de la maison et t'ordonner d'aller désherber le jardin.
Il y avait une lueur d'espoir dans les yeux de Kreattur.
- Il n'est pas digne de pénétrer dans la maison de Maîtresse.
- Maîtresse ?
- … Maîtresse va décider quoi faire de l'enfant horrible. L'enfant horrible va suivre Kreattur.
Harry suivit Kreattur, moins concentré sur l'identité de cette mystérieuse Maîtresse que sur comment convaincre l'elfe de maison de s'occuper du petit déjeuner. Harry avait faim.
Kreattur amena Harry en face du portrait imposant d'une femme qui rappelait à Harry à la fois Sirius et Drago Malefoy.
Harry fut immédiatement suspicieux.
- Intrus ! Voleurs ! Mets-le dehors, Kreattur ! hurla le portrait.
- Je suis Harry Potter, le filleul de Sirius, dit Harry, montant la voix même si pas autant que le portrait.
- Les enfants devraient être vus et pas entendus, dit le portrait, comme si elle n'avait pas été en train de hurler à pleins poumons une minute plus tôt. Les portraits étaient bizarres.
- Oui, madame, dit Harry, selon la théorie qu'il devait être poli avec la famille de Sirius. (Était-elle folle ? Sirius avait mentionné des portraits fous).
- Vous êtes le fils de ce James Potter, dit le portrait, le regardant d'un air mauvais.
- Oui, madame, à part qu'il est mort.
- Bon débarras. Et Sirius ?
- Oh. Il n'est plus à Azkaban, parce qu'ils ont réalisé qu'il n'avait pas tué tous ces gens.
- Il n'a jamais eu le cran de faire de la vraie magie, commenta le portrait avec le plus grand calme (Harry se retint de grimacer). Pourquoi êtes-vous là, jeune homme ?
- Sirius a dit que je pouvais venir ici, comme c'est mon gardien maintenant, dit Harry d'un air innocent.
- Comme s'il était le bienvenu dans la maison de mon père ! Par Licorus, quand j'aurai l'occasion de dire deux mots à ce garçon-
Harry réfléchit très vite et pensa à Tante Pétunia.
- Est-ce que vous aimeriez me dicter une lettre ? Je pourrais lui envoyer par hibou, comme ça il saurait ce que vous pensez, proposa-t-il.
- Kreattur ! hurla le portrait. Une plume et du parchemin pour le garçon Potter.
- Et un petit déjeuner, ajouta Harry à la hâte. Un gros petit déjeuner.
Et ce fut comme ça que Harry se retrouva à écrire une longue lettre en tâchant de n'en pas écouter un mot, avec des remarques continuelles sur ses manières, puis d'autres remarques sur ses manières à table alors qu'il mangeait son petit déjeuner et écoutait docilement le portrait insulter ses cheveux, ses ancêtres, Sirius, et ses lunettes.
Cet endroit, songea Harry, était vraiment comme à la maison. Et Kreattur, quel que soit son état mental, pouvait préparer des œufs pochés à tomber par terre.
("Emporte cette lettre jusqu'à l'océan et laisse-la tomber dedans, tu veux bien, Hedwige ?" chuchota Harry à sa chouette dans le jardin très effrayant de Sirius. "Bonne chance."
Puis il fila à l'intérieur, parce qu'il ne pensait pas que ça serait poli de mettre le feu à l'intéressante collection de plantes magiques carnivores de Sirius, et une d'elles tendait une tige vers lui.)
Après avoir envoyé sa lettre, Harry fut forcé de se tenir debout sans bouger et de réciter son arbre généalogique à un portrait pendant une bonne heure, puis d'entendre réciter l'arbre généalogique des Potter. Puis il y eut d'autres remarques sur son éducation. Harry hocha la tête aux moments adéquats, et se dit que c'était bien intéressant d'apprendre que son arrière-grand-père avait épousé une Black – il était vaguement cousin de Sirius et des Malefoy ?
Parler de Drago Malefoy se révéla être une erreur, parce que le portrait exigea de tout savoir à propos de Malefoy et de qui ses amis étaient à l'école, et Harry décida qu'il était temps de filer avec un "Je dois aller dire à Kreattur de faire le ménage !"
Harry avait le sentiment d'être toléré uniquement comme source de ragots, et il voulait pouvoir faire durer ça le plus longtemps possible pour éviter de devoir jeter un sort à l'elfe de maison de son parrain, ou à la maison de son parrain. Il n'était pas sûr que Sirius ne regrette pas l'horrible portrait de sa mère, même s'il se demandait si c'était possible de la regretter.
Harry eut une discussion assez serrée (et un échange de regards noirs) avec Kreattur au sujet de son choix de chambre, que Kreattur avait fait pour lui en s'appuyant sur un ensemble de règles dont Harry n'avait strictement rien à faire, même s'il comprit que la chambre était relativement proche de la vieille chambre de Sirius et de la bibliothèque.
Harry prit les encouragements de Kreattur à explorer ladite bibliothèque comme signe que la bibliothèque essaierait de le tuer, et décida de faire ça un autre jour.
- Il y a un endroit où je peux faire une lessive ? demanda-t-il à Kreattur. Les draps ont besoin d'être changés.
- La cuisine est là où la lessive est faite, dit Kreattur.
- Je peux voir la cuisine ?
- Non.
Bon, c'était pratique. Harry, qui passait une matinée fabuleuse, décida que la meilleure chose à faire était d'explorer. Avec un peu d'espoir, le temps qu'il trouve la cuisine, ça serait l'heure du déjeuner.
Harry arriva dans la cuisine à l'heure d'un déjeuner très tardif fatigué, noir de crasse, et avec une mauvaise coupure à la main à cause d'une poignée de porte qui l'avait mordu quand il avait essayé de fermer la porte derrière lui.
- Salut, Kreattur, dit Harry d'un ton aimable à l'elfe, qui était en train de bricoler un truc avec le four. Qu'est-ce qu'il y a pour le déjeuner ?
- Le déjeuner est du rosbif, de la tarte à la mélasse et des pommes de terre. Dans la salle à manger, là où mangent les sorciers civilisés.
- D'accord.
Harry, fatigué, indiqua à l'évier de lui fournir de l'eau et se lava les mains pour enlever le sang et la crasse.
- Est-ce qu'il y a un moyen plus rapide d'aller à la salle à manger d'ici ?
- Le garçon Potter va suivre Kreattur, murmura Kreattur, et Harry monta à sa suite un escalier en spirale qu'il était absolument certain de ne pas avoir vu avant. Oh, bon. C'était vrai qu'il avait fait pas mal de détours. Il sortit un bonbon rouge de sa poche et le mâchonna d'un air pensif en suivant Kreattur, observant les effets sur sa main. Le saignement s'arrêta bel et bien, mais Harry ne savait pas pourquoi le bonbon avait un goût de sang. Il avait utilisé un parfum de cerise, mais ça ne semblait pas tenir.
Il s'avéra que pour avoir le droit de déjeuner dans la salle à manger des Black, il fallait avoir l'allure d'un sorcier, ce qui impliquait un brin de toilette et mettre des robes de sorcier au lieu d'un vieux jean. Harry se sentait davantage comme lui-même, en fait. Il valait probablement mieux mentionner le fait qu'il n'avait pas passé trois ans à Poudlard à se préoccuper des 'bonnes manières sorcières'. Ron n'utilisait pas les bonnes manières sorcières, et il était le meilleur sorcier que Harry connaissait. D'un point de vue esprit, pas magie, bien sûr.
Harry pensa à Ron en mangeant son rosbif et en essayant de calculer la probabilité pour que Kreattur l'empoisonne.
- Dis-moi, Kreattur, est-ce qu'il y a un labo de Potions quelque part ?
- Oui. Il est au deuxième étage, au-dessus de la bibliothèque.
Voilà qui était… suspicieusement généreux, en fait.
- Est-ce qu'il risque de me tuer quand je vais y aller ?
- Le laboratoire de potions ne va pas essayer de vous tuer.
Harry le regarda, plissant les yeux.
- Est-ce que des choses dans le labo de potions vont essayer de me tuer ?
- Le laboratoire de potions est un endroit très sûr.
Harry avait vraiment de la chance que Kreattur soit un aussi mauvais menteur. Quand Harry ne sembla pas pressé de sauter de sa chaise et de courir au laboratoire de potions pour se faire sagement tuer, Kreattur disparut avec un 'pop' boudeur.
Harry envisagea d'inviter ses amis pour l'aider à explorer, mais alors les parents de Ron sauraient que Harry était seul sans supervision adulte (à moins que le portrait compte, mais probablement pas). C'étaient des chouettes parents, mais ils semblaient avoir vis-à-vis des Dursley un point de vue auquel Harry préférait ne pas songer. Il faillit écrire une lettre à Hermione pour l'inviter à venir, mais une courte discussion avec Kreattur à propos de qui il invitait provoqua un torrent de hurlements à propos des sang-de-bourbe Harry envisagea d'exposer Hermione à ça et préféra n'en rien faire. À la place, il força Kreattur à admettre que les protections repousse-Moldus étaient toujours actives, et sauta par la fenêtre de sa chambre au premier étage avec son balai pour tourner autour de la maison et au-dessus du jardin en spirales serrées, frôlant la végétation meurtrière et évitant de justesse des lancers de graines.
Il rentra pour le dîner, s'écroula dans un lit garni de draps propres dans une chambre toujours incroyablement poussiéreuse, et s'endormit comme une bûche.
Harry avait prévu de rester juste quelques jours, maximum jusqu'à la fin de la semaine. Mais il y avait toujours quelque chose de nouveau à faire, et l'idée du long vol pour rentrer chez les Dursley ne lui faisait pas du tout envie. La météo n'était pas très propice non plus, avec une succession de nuits nuageuses qui compliqueraient la navigation. Surtout depuis qu'il avait découvert que quand il portait la cape d'invisibilité les portraits des Black avaient beaucoup moins d'opinions à son sujet – c'était fantastique. Il avait ressenti la même chose pendant sa première année à Poudlard, tout était nouveau, différent, et un peu dangereux.
Le troisième jour passé au numéro 12, Harry réussit à convaincre Kreattur de lui montrer la vieille chambre de Sirius – il dut insister un peu, mais le résultat en valait largement la chandelle parce que Sirius, lui, n'avait pas ensorcelé tous les livres qu'il possédait, et il avait encore tous les livres de cours de Poudlard sur une étagère. Harry passa deux jours vautrés sur son lit à lire l'histoire du Quidditch et à imaginer comme il allait monter affronter héroïquement le labo de Potions, le faire sien et ne pas nettoyer.
Le quatrième jour au numéro 12, Harry dut menacer Kreattur pour réussir à utiliser la cuisine et cela rendit les choses, eh bien, intéressantes. Kreattur avait un sacré vocabulaire.
Harry fit bouillir du sucre, ajouta de l'extrait de menthe et tourna les bonbons comme il avait l'habitude, et à la fin de l'après-midi il avait un sachet de bonbons tout neufs dans sa poche. Il y avait quelque chose de rassurant à avoir de la nourriture dans sa poche et dans son sac.
Les deux jours suivants furent un peu délicats, car Kreattur était à la fois en grève et essayait de le tuer 'par accident', ce qui impliquait essentiellement des meubles flottants et forcer Harry à préparer ses propres repas. C'était un bon exercice pour esquiver, même si Harry regrettait de ne pas pouvoir utiliser de magique, et Kreattur semblait entravé par le refus de tuer directement l'invité de son maître. Jusque là, Harry aimait bien Kreattur, mais Kreattur ne semblait pas éprouver les mêmes sentiments.
Le septième jour, Harry décida d'aller explorer le laboratoire de Potions, ayant examiné la bibliothèque pendant les jours précédents et n'étant pas mort de façon horrible.
La pierre noire sur la table de travail avait eu l'air tellement intéressante, d'une certaine façon. Il l'avait juste prise pour la regarder, et avait décidé qu'il était plutôt fatigué et avait besoin de d'asseoir. Il observa la pierre lisse. La façon dont elle reflétait la lumière d'été qui traversait la poussière des fenêtres était fantastique. Ça lui donnait… très sommeil…
Note de la traductrice :
Bon, maintenant que vous avez lu le chapitre, je précise : les interactions où je ne sais pas si c'est tutoiement ou vouvoiement sont :
- Kreattur à Harry (bon, celui-là est assez facile, j'imagine mal un Elfe d'une vieille maison tutoyer un sorcier)
- La mère de Sirius à Harry (je n'en ai aucune idée, je ne sais même pas si elle lui adresse la parole dans le canon)
