La neige tombait sur les cheveux châtains de Remus Lupin. Le jeune adolescent âgé de treize ans découvrait dans la douleur les prémices d'un sentiment apparu quelques mois auparavant pour son ami Sirius Black. Cet amour délicat fit naître une particularité nouvelle chez lui : il devenait pudique. Petit à petit, l'idée de devoir se déshabiller devant Sirius lui semblait saugrenu et le mettait mal à l'aise. Il détournait le regard quand Sirius le faisait, étant lui très à l'aise sur le sujet.
Peter qui avait toujours été pudique remarqua que son ami le devenait aussi. James finit également par le remarquer également. Le brun aux cheveux emmêlés s'installa sur le lit de Rémus.
─ Tes cicatrices te mettent mal à l'aise ? questionna-t-il.
─ Un peu, avoua Remus.
─ C'est pour ça que tu ne te changes plus devant nous ?
─ Je sais pas. On n'est pas un peu trop grand pour ça ? questionna Remus.
─ Bah, non ! Au quidditch, même les plus grands se changent devant nous.
─ Cela me gêne, avoua Remus, je sais pas. Il y a des choses qu'on faisait avant qui me gène maintenant …
James comprenait parfaitement ce que Remus voulait dire. Avant, ça ne le gênait pas quand Sirius venait l'enlacer en permanence. Désormais, quand Sirius le faisait, ça le mettait mal à l'aise d'entendre les ricanements et de voir les sourires amusés. Il avait bien remarqué que ce comportement chien-fou de Sirius très tactile et visible n'était pas une habitude adoptée par les garçons plus âgés.
Lorsqu'il en avait parlé à Sirius, ce dernier avait semblé chagriné. James avait insisté sur le fait qu'ils ne devaient plus s'étreinte de la sorte car ils n'étaient plus des enfants. Aussi il comprenait ce que Remus voulait dire.
─ Eh ! Têtes de crabes-des-trois-feux de Morgane ! Qu'est-ce que vous faîtes ?
─ On discute, qu'est-ce que ça a donné la conversation Faiza?
─ Elle nie avoir répété ce que j'ai dit, ça m'énerve !
─ Tu la crois ?
─ Mouais, maugréa le garçon.
Il devait bien reconnaître qu'il croyait Félicia et Faiza quand elles juraient n'avoir répété à personne leur conversation. Elles n'étaient pas des pestes. Il pouvait leur faire confiance. Pas autant qu'il faisait confiance à Peter, Remus et James, mais assez pour ne pas s'en inquiéter. Il avait profité de tout le temps d'être au club d'histoire et juridiction pour cuisiner Faiza au cas où et essayer de lui faire sortir les vers du nez mais elle avait tenu bon. Elle était formelle : ni elle, ni Félicia n'avait répété la conversation qu'elles avaient eu ensemble. D'ailleurs, Félicia souligna plusieurs fois à Sirius qu'il n'avait jamais parlé de potion à prendre ou des cheveux de Severus. La moindre des choses quand on répétait, c'était de répéter sans déformer !
Sirius était irrité. Depuis ce satané article, que Severus lui fasse la tête, il pensait en avoir rien à faire. Si cet idiot croyait n'importe quoi de n'importe qui c'est que ça valait rien de perdre son temps avec lui ! Par contre, qu'on puisse le mettre dans les histoires, ça l'ennuyait. Personne ne critique un Black sans en subir les conséquences !
─ Tu vas pas passer ta journée à chercher le coupable, grogna James, c'est le dernier jour de Remus avec nous.
─ Oh, c'est vrai ! s'exclama Sirius.
Il verrait bien plus tard comment quelqu'un avait pu entendre ce qu'il avait dit. Il vint sur le lit les rejoindre, enlaçant brutalement Remus, pour geindre.
─ Pourquoi tes parents refusent que tu sois avec nous pour noël, ils sont monstrueux. Les élèves de Poudlard doivent fêter noël ensemble !
─ Je ne suis pas le seul à rentrer, il n'y aura pratiquement personne cette année.
─ Mais ! Mais, oui ! Où est Peter ? s'exclama James.
Les yeux de James s'agrandirent. Sa mère l'obligeait à rentrer pendant les vacances. Il le chercha des yeux. Peter aurait du revenir du club « plantes et mystère de la terre » depuis longtemps si Sirius avait terminé son club d'Histoire et Juridiction.
─ Il n'a pas l'air heureux de rentrer, soupira Remus, je ne crois pas qu'on le verra.
─ Il va partir sans nous dire au revoir ?
James s'était redressé sur ses deux pieds avec colère. Il en était hors de question ! Jamais ! Jamais, il ne laisserait son ami partir ainsi. Il les regarda.
─ Il faut aller le chercher, s'écria-t-il.
─ S'il veut pas dire au revoir, on devrait le respecter, dit Sirius en haussant des épaules, j'aime pas non plus vous embêter quand je suis triste.
─ T'es vraiment … comment tu dis ? Un crabe-de-feux ! C'est notre rôle d'ami de le trouver et le consoler ! Franchement, Sirius, je me demande parfois si t'as eu des amis dans ta vie à part nous !
─ Eh ! Je te permets pas, par Morgane ! Oui, j'avais des amis.
Remus se redressa calmement.
─ On se sépare ?
─ Et comment on fait pour se retrouver ?
─ Il faudrait un moyen de communiquer, songea James.
─ Je crois pas que ça existe, dit Sirius, mais on pourrait l'inventer …
─ Comme-ci on avait pas assez à faire avec la carte, la création de la potion et …
─ JAMES !
Remus n'aurait pas réagit si Sirius ne s'était pas écrié pour stopper son meilleur ami. Pourquoi la création d'une potion était un sujet tabou ? Qu'est-ce qu'ils étaient en train de lui cacher ?
Ils se mirent d'accord pour se retrouver dans une heure dans la salle du professeur Luzon.
Personne n'aimait se rendre dans la salle des mathématiques et de logique. Personne n'aimait les matières qui n'avaient rien de magique et qui les contraignaient à être à égalité avec les moldus. La professeure Luzon était très sévère : « même un moldu parviendrait à régler cette équation ! », « Un cracmol sans le moindre talent en aurait davantage que vous ! »
Sirius et James tellement rit quand Pandora Bellsens une serdaigle avec un grand sens de l'humour avait imité madame Luzon s'était époumonait après le pauvre Antonius Belby de sa maison. « Deux plus deux égal quatre, quatre ! Il y a pas d'autre résultat. Chaque problème n'a qu'un résultat. UN SEUL, monsieur Belby ! IL N'Y A PAS de ça dépend ! Vous m'entendez ? »
Ils avaient à leur tour imiter la professeure très coquette qui avait fait pleuré, encore une fois, Sarah : « Non mais ! Non mais ! Non mais ! Comment une soustraction avec deux chiffres négatifs peuvent conduire à un résultat positif ? Si je VOUS enlève 10 POINTS pour bavardage avec madame Evans au lieu de vous concentrer ET que je vous VOUS enlève ENCORE DIX POINTS pour votre stupidité, vous ne gagnerez pas 20 points !
─ Et ça c'est dommage, cornebouille, dit Sirius.
─ 10 POINTS en moins pour monsieur Black ! »
Les cours de mathématique et logique étaient vraiment haït par tous les élèves à l'exception de quelques psychopathes psychorigides. Autant dire qu'on évitait comme la peste l'entrée de sa salle de classe austère aussi mignonne soit la professeur.
Une heure après avoir décidé de chercher Peter, Sirius entra dans cette dernière. A l'intérieur Remus attendait, installé sagement à une table en train de lire. Sirius se demandait bien pourquoi Remus lisait autant. Surtout qu'il n'était pas dans le club de lecture. Il disait que ça le gênait quand on parlait des histoires sur les créatures et les monstres. Sirius le soupçonnait de ne pas vouloir parler en public étant très timide. Remus n'exprimait pas souvent ses gouts. C'était dommage, comme Severus avec le duel, Remus aurait eu sa place dans le club.
─ Eh, dit Sirius.
─ Chut !
─ …
Quelques minutes plus tard, Sirius posa sa tête sur l'épaule de Remus.
─ Il est où James.
─ Je lis, Sirius.
─ mais …
Quelques secondes s'écoulèrent, Sirius chouina à nouveau, enfonça son visage dans le cou de Remus.
─ Remus ? On devrait aller le chercher …
─ Sirius, laisse-moi terminer ce chapitre …
─ Mais …
Soupirant, Remus ferma son livre. Cela arrivait souvent quand Sirius était dans la même pièce que lui. Il fut immédiatement attendri de le voir le regarder. Il était incapable de lui en vouloir. Après tout, Sirius l'attendait une fois par mois à l'orée du bois après ses changements en loup. C'était devenu réconfortant d'attendre avec lui l'arrivée de monsieur Picott ou madame Pomfrey, allant se dissimuler si c'était cette dernière. Sirius était toujours d'une tendresse sans égal lors de ces moments-là. Depuis peu, Remus, Peter ou les deux venaient également se cachant sous la cape d'invisibilité pour ne pas que monsieur Picott le sache.
Sirius colla son nez à l'épaule de Remus.
─ De quoi parle ton livre ?
─ Tu n'as qu'à le lire.
─ J'aime mieux quand tu me racontes !
─ Ça parle de Gregory le Hautain et l'invention de la pommade pommadante Grégoire.
─ Barbant ! grogna Sirius, on s'en fiche de cette potion. C'est Serpillère qui en aurait besoin.
─ Sirius, ça va finir dans le journal de l'école ça !
Remus se mit à rire en voyant son ami se renfrogner. Il pinça son nez.
─ En parlant de potion, pourquoi tu me caches cette histoire avec James ? Qu'est-ce que tu prépares comme mauvais coup encore ?
─ Silence et bouche cousue !
─ Sirius, si c'est pour les vacances, dis-moi, je veux savoir. Je serais même pas là pour le voir.
─ C'est pas pour ça, juré !
─ Dis ! Allez !
─ Nhaon ! Dis-moi plutôt, Mu-mus, il raconte quoi de bien ton livre ? Car tout le monde sait que Gregory usait de sa potion pour devenir le meilleur ami du roi Richard et ainsi profiter de sa fortune.
─ Si tu veux savoir, dit Remus, ça raconte que Gregory voulait en réalité séduire la sœur de Richard, Marguerite. Il a donc fait un filtre d'amour mais il s'est trompé dans la formule. Alors qu'il lui a fait boire la potion, au lieu du premier baiser qu'il attendait d'elle, il n'eut qu'un simple : « tu es mon meilleur ami »
─ C'est déjà beaucoup, se renfrogna Sirius pour qui l'amitié semblait plus importante qu'un stupide baiser.
─ Pas quand on veut l'amour, Sirius, et alors comprenant qu'il s'était trompé, Gregory décide de manipuler Richard et de profiter de son influence pour séduire Marguerite. Seulement Marguerite …
Pendant la demi-heure suivante, Remus raconta l'histoire de son livre.
─ Et ensuite ? questionna Sirius.
─ J'en sais rien, tu m'as arrêté.
─ Il a eu son baiser ?
─ Je ne sais pas, je te dis !
─ Franchement, faire tout ça pour un baiser !
─ C'est important le premier baiser Sirius.
Sirius haussa des épaules de manière indifférente. Attisant la curiosité du lycanthrope, Remus demanda après une hésitation :
─ Tu t'en fiches de savoir qui t'embrassera en premier ?
─ Oui, je m'en fiche, affirma Sirius
─ T'es sérieux ?
─ Attends ….
Le garçon à la peau bronzée et aux yeux gris se mit à réfléchir avec d'avantage d'attention. Remus pouvait presque sentir le cerveau de Sirius fonctionner quand soudainement il s'écria :
─ Mais j'ai déjà eu mon premier baiser.
─ Quoi ? Mais quand ? Où ? Avec qui ? Pourquoi ?
─ Ici, à Poudlard et …
Pourquoi cela sembla soudainement gênant à Sirius de le dire ? Il n'avait pas caché le baiser de Severus. Il avait simplement oublié d'en parler ce jour-là car il était trop fier d'avoir vaincu un épouvantard et super énervé que Picott-toi-le-nez puisse lui avoir enlevé des points. Puis il avait ensuite joué avec les cadeaux d'anniversaire de James. L'histoire avec Severus s'était alors envolée dans son esprit. Ce jour-là, sinon, il l'aurait raconté sans la moindre honte.
Pourquoi cela lui semblait soudainement impossible de dire le prénom de Severus ?
─ Sirius ! gronda Remus, t'as embrassé quelqu'un, c'était quand ?
─ L'année dernière, marmonna Sirius, pourquoi tu y accordes tant d'importance ?
─ Tu m'en as jamais parlé ! T'as déjà embrassé plein de fois et je suis pas au courant ! Je pensais que tu trouvais ça dégoutant ?
─ Hm. Pas « plein de fois », deux fois.
─ Qui ?
─ C'était pas les mêmes.
─ Qui Sirius ?
─ Je m'en rappelle plus ! baragouina Sirius.
Agacé, le châtain se redressa et commença à partir de la pièce. Il fut rattrapé par Sirius qui l'embrassa en posant ses lèvres sur les siennes. Remus soufflé senti ses pieds s'ouvrir sous lui, il y avait un trou béant qui venait de l'aspirer. C'était doux. Les lèvres de Sirius, elles étaient comme une glace en été, un chocolat chaud en hiver, un bonbon après un examen, une tarte aux pommes au goûter. C'était agréable. Sans s'en rendre compte, Remus avait entrouvert les lèvres, pour approfondir le baiser, pinçant des siennes celles de Sirius qui s'écarta sous la surprise de ce baiser plus intense que celui que lui avait donné Severus qui n'était qu'un simple bisou ou du léger baiser de son percepteur.
─ … voilà, dit Sirius, t'as ton premier baiser, trouva-t-il bêtement à dire, les joues rougis de sentir encore l'humidité de Remus sur ses lèvres. Pourquoi avait-il ouvert la bouche ?
─ T'ES VRAIMENT QU'UN MORGANE DE MERLIN DE STRANGULOT !
─ Remus …
Alors que James et Peter rentraient dans la pièce, ils se firent bousculer par Remus qui partait, en oubliant son livre. Peter qui avait les yeux rouges se mit à courir après lui :
─ Remus, on va louper le train ! Tu vas où ?
─ … Qu'est-ce que t'as fichu ?
James regarda Sirius qui ne comprenait plus rien. Franchement, parfois, Remus était un vrai mystère.
