Chapitre 32. Imrad
L'après midi qui précédait la cérémonie de son Imrad vint bien trop vite au goût de Niphredil, qui tortillait nerveusement ses courtes boucles rousses entre ses doigts alors qu'Idhren, la couturière, ou plutôt l'artiste qui avait créé sa robe pour l'occasion en un temps record, procédait au derniers ajustement sur sa robe pendant que Tarnnath s'appliquait à sa coiffure.
La jeune héritière avait eu l'idée de faire retomber de ses cheveux de longs rubans couleur ivoire de ses cheveux dont la longueur dépassait timidement ses épaules, relevés en chignon pour masquer leurs faibles longueurs. Elle avait voulu orné le tout de fleurs blanches afin que les artifices occultent ce douloureux symbole de déshonneur dans les traditions sindar.
L'idée avait enchanté l'elfine qui devrait affronter dans quelques heures le regard d'une grande partie des elfes de Vert-Bois qui se rendrait à la cérémonie.
-Ne sois pas si anxieuse, déclara Tarnnath en lui subtilisant la mèche qu'elle tripotait nerveusement pour l'intégrer à sa coiffure complexe. C'est un très beau jour que tu t'apprêtes à vivre, pas un procès.
-À vert Bois, tout le monde se connaît, justement par ce que nous nous réunissons pour franchir les grandes étapes de la vie, comme l'Imrad. C'est le roi Oropher qui instaurait ses traditions, reprit distraitement Elenna, qui supervisait les derniers préparatifs avec précision, mais ce fut le roi Thranduil qui parvint à les faire respecter. Il organisa une grande cérémonie pour tous les guerriers qui perrirent à Dargolad, et non seulement pour son père… Vert-Bois s'unit dans la peine et dans une volonté de renouveau. On dit que c'était la destinée d'Aran Thranduil, celle d'être le roi Printemps, qui apporterait renouveau et prospérité aux Sindar, qui ont bien failli être exterminé dans les Flammes du Mordor.
Les paroles d'Elena lui donnèrent le vertige à Niphredil. Elle craignait jusque-là de ployer le genou devant Thranduil, de se soumettre à ses lois qu'elle trouvait parfois si dure et de ne jamais plus pouvoir lui échapper pour parcourir la terre du milieu, comme elle l'avait fait toute sa vie. Mais elle se sentait bien ingrate, alors qu'on lui annonçait qu'elle s'agenouillait devant un roi dont la destinée était de protéger les siens, de leur apporter renouveau et félicité.
Qui plus que cet ellon, mérite que l'on mette ses armes à son service ?
-Je prie les Valars qu'il n'y aura plus jamais de désastres aussi terrible que Dargolad pour notre peuple, souffla Niphredil.
-Plus que des prières, pour qu'il en soit ainsi, j'ai choisi d'appliquer le principe d'unité à l'armée, déclara la voix profonde de Sirion. En formant plus que des guerriers, mais des frères d'armes, nos combattants sont bien mieux organisés et réagisse comme un seul homme dans les manœuvres, se protégeant de fait, les uns les autres. Tel une envolée d'oiseaux, les armées de Vert-bois savent se mouvoir de manière fluide et unis, même sans qu'ils leur soient aboyé des ordres. Aujourd'hui, si la guerre survenait à nouveau, nous serions prêts, et nous reduirions à néant notre ennemi.
Le général des armées se tenait dans l'encadrement de la porte. Ses atouts bleus, cousus d'argent lui apportaient une prestance seigneuriale incontestable, magnifiquement soulignés par les deux flèches d'argent qui nouaient ses longs cheveux roux en une demi-queue simple et élégante. Les yeux qu'il posait sur Niphredil brillaient de fierté, alors qu'il s'approchait d'elle pour déposer un baiser sur son front, d'une manière a la fois affectueuse et très ritualisée.
-Tu es rayonnante, mon enfant, Idrhen a vraiment réalisé un chef d'oeuvre en un temps record! Vous en serez récompensée, ma dame ! Déclara-t-il avec un enthousiasme que seul ses proches pouvait lui connaître, car comme Thranduil, il considérait que son visage public se devait être mesuré et d'une sagesse autoritaire. Mais pourquoi avoir choisi un tissu aussi transparent ?
En effet, le dos de la robe laissé transparaître la peau de Niphredil, ainsi que ses cicatrices plus ou moins ancienne, réveillant la culpabilité tapis derrière le masque d'impassibilité du seigneur de guerre.
-C'est une demande de mon père, assura Niphredil. Il abhorre ceux qui pensent que les cicatrices doivent être caché, car elles sont notre histoire, et en rien un sujet de honte.
-Je le rejoins sur ce point, approuva le général en s'apaisant, bien que je trouve que la pudeur fait partie du charme des demoiselles à marier.
-Ce n'est pas ainsi que vous vous attirerez les faveurs d'un noble ellon, soupira Elenna. Peu d'entre eux seront conquis par votre effronterie !
-Il est inutile de se presser certaines choses, lâcha Niphredil, avec un détachement qui surprit l'assistance.
Les elfines étaient d'ordinaire prompt à rêver au prince charmant qui ravirait le coeur et glisserait à leur doigt l'anneau d'argent, et Elena espérait bien pousser Niphredil en ce sens.
Mais la tâche ne sera pas aisé avec cette nymphe sauvage, songea la dame de la maison de l'Est en observant la scène avec distance, voyant son époux disposé à soutenir cette petite fille qu'ils n'avaient ni désiré, ni attendue.
La fuite de Lalaith de Lothlorien avait été une contrariété certaine pour Bar-Rhùnnen. Aux réunions des jardins de la reine, on avait rit dans son dos, assurant que sa fille préférait forniquer avec les humains rustres qui vivaient aux abords de la forêt plutôt que de se fiancer avec un ellon de bonne naissance.
Lalaith retrouvé morte dans un avant-poste du refuge, les rumeurs avaient eut le bon goût de se taire pour laisser Elena pleurer la chaire de sa chaire, et dans la mémoire de tous, elle était devenue une innocente massacrée sur le chemin de sa maison. La douleur de sa mort avait profondément meurtri ses fils, tous quittèrent Vert-Bois dans l'année qui suivit la crémation de Lalaith, laissant seul ce couple millénaire gérer le deuil au sein de la cité.
Elle devint le symbole des victimes innocente du Mal, qui appuyait la politique militaire de Sirion, jusqu'à ce que cette âme errante arrive en ruine aux portes de Vert-Bois dans les bras de Legolas.
Elena avait posé les yeux sur Niphredil, et n'avait pas douté un instant du sang qui coulait dans ses veines. Elle l'avait senti jusqu'au tréfond de sa chaire, et son fëa avait vibré. Mais elle n'avait nié, priant les valars que ce soit une erreur et que cette petite reparte le plus vite possible. Elle avait tout fait pour que son époux ne s'intéresse pas à elle, à son histoire, mais hélas, la vérité avait refait surface.
Sa douce fille avait frayé avec Gondren Le cruel, avait ruiné sa réputation pour ce monstre.
Comment a-t-elle pu aimer un ellon qui se plaît à faire couler le sang et torturer ses victimes ? L'âme damnée de Thranduil qui ne vit que dans l'ombre...
Cette révélation avait ruiné en un instant tout ce qu'elle avait construit pour essayer de trouver un sens à cette tragédie, et pire encore, Sirion lui en voulait d'avoir nié l'évidence de toutes ses forces, allant jusqu'à lui mentir sciemment.
Il lui avait reproché d'avoir tout fait pour le convaincre de se tenir loin de sa petite fille, d'avoir laissé Gondren gagner en influence sur elle en ce moment décisif. Pour rendre son reproche plus concret encore, il avait quitté la chambre conjugale et ne lui adressait plus la parole, sans pour autant laisser paraître publiquement cet orage.
Tout rentrera alors dans l'ordre, dès qu'elle sera fiancée…
Sirion avait entre ses mains deux flèches d'argent qu'il glissait dans ses cheveux roux. Plus petite que les siennes, elle envoyait néanmoins un message clair à quiconque posait les yeux sur Niphredil : elle était membre de Bar-Rhùnnen, une des plus puissantes maisons elfiques qui soit.
-Je ne suis pas sûr que Gondren apprécie cette petite touche, déclara Elenna avec une moue critique.
- Coiffez-la de flèches si cela vous sied, déclara-t-il sans ambage alors qu'il entrait pour étreindre sa fille, se fichant de perturber les derniers ajustements. Je regrette mon absence à tes côtés, ma fille, je m'attelais au préparatif à Gladnauth à la sécurité des événements de soir.
Une fois n'est pas coutume, Gondren avait revêtu une armure de cuir blanc et de mithril qui lui donnait une sainte allure, alors qu'une cape dorée balayait derrière ses pas. L'armure d'apparat officielle de la Garde Royale, qu'il n'avait pas dénié porté depuis la naissance de Legolas.
Tarnnath et Elenna restèrent un temps pantoises devant cette apparition, alors que délicatement, il accrochait la couronne de fleurs dans ses cheveux, alors que l'émotion teintait discrètement ses joues.
-J ai l impression qu on me prend ma fille avant que je n'aie eu le temps d être un père pour elle. Enfin, je couperais la main du premier ellon qui osera t'offrir une fleur blanche, cela dissuadera sûrement les suivants de vouloir me prendre mon enfant ! Ajouta t il, un brin provocateur.
Niphredil rit alors qu'en-dehors de Sirion, les autres blemissaient.
-Niphredil Gondreniel, sussura t-elle en admirant le rendu final dans la glace. Tout ceci… c est à peine réel…
-Ca l'est, repris l ellon brun en lui tendant le bras, il est temps de le clamer au monde.
La route du coeur de Bar Rhunnen au mystérieux Gladnauth, le bois des esprits, était orné de rubans blancs et de fleurs. Nombre d ellyns étaient sur les côtés, saluant le passage de Niphredil au bras de Gondren d'un geste militaire, puis s'inclinant profondément sur le passage de Sirion avant de rejoindre la procession qui se faisait au rythme de joyeux chants et de musique sur le thème du printemps et de l'espoir.
Intimidée, Niphredil fut néanmoins rassuré de rencontrer des regards bienveillants, voir amicaux comme Wilwarin, qui portait dans ces cheveux un lys, comme tous les elfes célibataires du royaume, mâle comme femelle.
Elle arriva sous la voûte céleste alors qu'apparaissaient les premières étoiles dans le ciel, passant là où se tiendrait bientôt un grand banquet. Mais la procession s'éloignait du lieu de festivité pour s'enfoncer dans la forêt par un passage ou elle aurait juré qu'il y avait toujours eut des arbres, alors qu'une allée pavée s'étendait à présent devant elle.
Elle suivait les torches qui brûlait le du sentier qui menait à une clairière dans laquelle les elfes s'étaient massés, chantant, le visage léger et rayonnant dans leurs plus beaux habits. Au loin, dos à la forêt dense et rendu sombre par la nuit, se tenait Thranduil.
Il était royal, sur une petite butte couverte de fleur dorée et rouge tout à fait surprenante, mais qui s'accordait parfaitement avec son manteau royal et a sa tenue tissée de fil argenté et noire. La couronne de baie rouge ceignait son front, et dans sa main droite, le sceptre royal le rendant on ne peut plus impressionnant. À ces cotés se tenait Legolas, de vert et d'argenté, s'autorisant un regard encourageant à Niphredil, qui, intimidé, serrait le bras de Gondren.
- Cher Peuple de VertBois le Grand, commença Thranduil d'un ton cérémonieux, faisant taire les chants. Nous sommes réunis ce soir pour reconnaître une de nos enfants.
-Je vous présente Niphredil, fille de Gondren Salgrand et de Lalaith Sirioniel, né en l'an 2770 du tiers age du soleil. Je fais serment qu'elle est bien la chaire de ma chaire, fruit de,l union de nos lignées, déclara Gondren d'une voix assuré.
- Moi, Sirion Maedhrosion, est témoin de la véracité de ce fait, et reconnait cette enfant comme la chaire de ma chaire, Lalaith, assura le seigneur qui se tenait face à l'assemblée, qui fut parcourue par un bref murmure, avant qu'un viva ne retentisse avant de laisser de nouveau un silence religieux accueillir les paroles du souverain sindar.
- Louée soit Elbereth, qui embrase l'étoile, d'avoir guidé cette elfine sur le sentier de ses jeunes années. Nous te reconnaissons comme des nôtres, Niphredil Gondreniel, et en ce jour, nous reconnaissons également la pierre que tu as posée à l'édifice qu'est notre peuple au printemps de ton existence, salua Thranduil d'une voix solennelle en levant les yeux vers les étoiles.
Cette fois, ce fut Naur qui sortit du rang de la noblesse, vêtu d'une tenue solaire fidèle aux couleurs de sa Maison. Il était semblable à l'astre du jour, et c'est muette d'admiration que Niphredil l'écoutait.
-Moi, Naur Belegion est témoin de sa dévotion envers notre roi et ses sujets. Cette elfine à affronter nos ennemis les plus vicieux pour sauver mon fils, pansé ses blessures et risquer sa vie pour lui rendre sa liberté. Niphredil Gondreniel est l'amie de Bar Rhùnnen, et je fais serment que les miens viendront toujours à son secours, en toute circonstance.
Thranduil posa un regard de fierté et de satisfaction sur l'assemblée touchée par les paroles du seigneur, car le deuil d Heledir était encore vif dans les coeurs. Son regard alla ensuite sur Niphredil, et d'un signe, il l'invita à prêter serment de fidélité. L'elfine fit à nouveau un pas en avant et s'agenouilla devant le Grand Roi des Elfes, la main sur le coeur, alors que ce dernier alla également à sa rencontre, s'arrentant tout juste a un pas d'elle, qui baissa la tête en signe de respect.
-Moi, Niphredil Gondreniel implore le Roi Thranduil Oropherion, Grand Roi des Elfes et souverain de Vert-Bois-le-Grand, de m'accorder l'honneur d'être reconnu comme un de ses loyaux sujets. Je jure de lui être fidèle, ainsi qu'au peuple Sindar, jusqu'à ce que Mandos m'emporte vers sa demeure, porle repos de mon Fëa…
La supplique n'était pas achevée, mais Niphredil avait relevé la tête vers son souverain, rencontrant son regard qui s'était agrandit d'inquiétude, confirmant que cette fois, elle n'était pas la seule à le sentir.
Une présence, une aura puissante et forte ; un vent chaud souffla sur l'assemblée, éteignant une partie des torches alors que pourtant, il était tout juste assez puissant pour faire voler les cheveux des convives.
Ce ne fut qu'un instant, mais Niphredil le vit. Immense, avec un crâne de Cerf sur la tête qui le rendait plus terrible encore, flottant dans des vêtements bleu nuit, se tenant dans les ombres qui s'était formé au-dessus de Thranduil, avant de disparaître après un signe d'approbation.
-Sois forte sans peur face à nos ennemis, reprit Thranduil, le souffle court, balayant le vague murmure qui commençait à s'élever dans l'assistance.
-Sois juste et droite, pour demeurer dans la lumière d'Elbereth,
Honore ta famille et protège les innocents, garde les du Mal qui s'étend,
Tel est ton serment.
Il la gifla avec force, griffant son visage d'une de ses bagues, et poursuivit :
-Et ceci, pour t'en rappeler.
Debout, Elleth Sindar, lève toi !
Niphredil se leva, légèrement chancelante, alors que retentissait les vivas. Thranduil, lui aussi était toujours troublé par ce qu'il venait de se produire, lui accorda un regard intense, inondé de questions, mais ces dernières devraient attendre.
Une ambiance légère et joyeuse se répandait dans l'atmosphère, alors que les convives se dirigeaient vers la clairière des banquets pour célébrer cet événement.
Tenant toujours une allure protocolaire, père et fille se dirigèrent vers la piste de danse, ou ils étaient attendus pour ouvrir le bal. Le guerrier millénaire entraînait sa fille dans une valse douce et élégante, qui raisonnait à leurs oreilles avec une fierté évidente.
Sirion et Elena ne tardèrent pas à les rejoindre, suivi par d'autres couples qui se laissaient emporter par le flot de notes enchanteresses. Quand elle fut sûre que l'attention n'était plus uniquement sur eux, elle demanda :
-Tu n'as rien remarqué de… Disons.. Étrange durant le rituel ?
-J'aurais bien eu du mal à ignorer l'apparition de Mandos alors que ma fille prête serment à mon roi… C'est un honneur rare ma fille, mais je te recommande de l'accueillir avec humilité, car un Valar ne se manifeste jamais sans raison.
Niphredil soupira et baissa la tête :
- Je ne comprends pas ce qu'il désire.
-Tu le seras en temps voulu, ne te tracasses donc pas avec ca ce soir. Cette nuit et la tienne, jeune elleth, alors, va, amuse toi, et rencontre donc Vert-Bois, il est grand temps.
La musique s'acheva, et Gondren déposa un dernier baisé sur son front ceint de fleur blanche avant de prendre place à la table des seigneurs de Vert-Bois qui accueillait Arphen, rapidement rejoint par Sirion dès qu'il eut fini de valser avec sa petite fille.
-C'est une demoiselle hors du commun que vous avez là, monseigneur, fit le prince du Beleriand, alors que cette dernière continuait de danser joyeusement, envoûté par la musique festive, faisant virevolter les rubans blancs de sa chevelure de manière souple et gracieuse.
-Son audace pourrait vous paraître choquante, commença Elena sur un ton d'excuse, mais…
-De timide elleths effarouchés, il y en a des milliers sur arda, Dame, coupa le prince à la longue chevelure brune. La dame qui siégera à mes côtés ne peut pas être ainsi.
Sans doute est ce pour cela que votre couche est célèbre pour le défilé d'humaine qu'elle accueille, fit aigrement Thranduil, qui n'était pas sûr d'apprécier le regard qu'il portait à sa jeune amante, et encore moins ce qu'il insinuait de ses projets à son égard.
-Ah, dit Arphen avec un geste et une mine théâtrale, je plaide coupable, j'avoue avoir été séduit par les amantes humaines, qui aiment la vie avec une telle intensité ! Mais ce n'est plus de cela dont il est question, soyez en certains, messire Thranduil, déclara le noble ellon en déposa une fleur blanche devant le garde royal avant de quitter la table d'un bon gracieux, s'en allant vers la piste de dans, et plus précisément vers Niphredil.
- Un prince de noble naissance pour premier prétendant, la famille de la petite a de quoi s'enorgueillir, commenta Elloth, en observant attentivement les réactions des seigneurs qui l'entourait.
-Une belle surprise, sourit Elena, et si vite ! Je peine à y croire !
Silencieux, les yeux fixés sur le prétendant, Gondren ne répondit rien, se contenant de broyer dans sa main le lys qu'on venait de déposer devant lui. Si un regard pouvait tuer, à n'en pas douter, Arphen n'aurait jamais eut le temps de s'incliner devant Niphredil, ni de saisir sa main pour l'entraîner sur un air lascif.
-Ma petite fille a passé bien trop de temps ces dernières années loin de son peuple et de sa famille, fit Sirion, plus diplomatique, je souffrirais de la voir à nouveau partir.
Thranduil lui, restait muet, fixant la scène qui se déroulait avec intensité en portant machinalement une coupe de vin à ses lèvres pour cacher sa jalousie grandissante.
-Nous ne pouvons rêver de meilleurs prétendant ! Intervint Elena, alors qu'Armiel faisait mine de les rejoindre, Arphen est un descendant de Thingol, et..
- A peine plus qu'un esclavagiste, coupa Sirion, qui a usé des milliers de vie mortelle pour rebâtir les ruines d'un royaume maudit à des semaines de voyage de la ou les siens prospère. L'attachement à la terre est une noble chose, mais il ne faut pas confondre cela avec de la folie.
- Gondren se leva d'un bon alors qu'il voyait Arphen s'autoriser un geste caressant sur le long de l'échine de sa fille, et grogna en sortant son poignard :
-Je crois que notre ami princier souhaite se délester de sa main gauche…
Armiel l'imita, mais pour se placer devant lui, certes intimidé, mais souhaitant que nul autre n'aperçoivent sa lame, au risque d'un incident diplomatique alors que ce jour devait etre celui de sa nièce.
-Seign… hum.. Oncle… Oncle, n'est ce pas ? Vous qui êtes le père de ma cousine ! Par pitié, ne troubler pas ce jour, laissez moi, faire !
Sans attendre de réponse, le fils de Sirion s'en alla prestement murmurer quelque chose à la compagnie d'éclaireur de Wilwarin. Le capitaine s'en allait alors glisser quelques mots aux musiciens alors qu'un très faible murmure courait auprès des divers soldats de l'armée de Vert-Bois.
Wilwarin peinait à se faire entendre cheffe des musiciens.
La musique s'achevait, et alors qu'Arphen fit mine de porter sa main à la fleur blanche qui ornait ses cheveux ; Armiel jaillit brusquement entre les danseurs :
-Ma nièce ! Si merveilleuse nièce, pardonne moi d'avoir tant tardé à te présenter mon admiration en ce jour, fit-il en s'inclinant en guise d'excuse, j'aurais du t'inviter à danser bien plus tôt ! Bien que je serve le seigneur Arphen depuis bien longtemps, j'aimerais partager la valse des officiers avec toi ! Si monseigneur Arphen le permet.
Ce dernier foudroyait son compagnon de route du regard, cherchant dans son regard à comprendre ce qui se passait, mais l'ombre qui passait son visage s'eclipsa rapidement au profit d'un sourire charmeur :
-Je ne saurais séparé si joyeuse famille en ce soir de festivité ! Demoiselle Niphredil, au plaisir de votre compagnie.
Il déposa un chaste baisé sur sa main qui fit rougir Niphredil et laissa place à Armiel, qui fut rejoint par plus d'une dizaine de couples de danseurs qui s'enjaillaient sur un rythme plus entrainant, où les partenaire s'échangeaient dans les rires et les pas rapides et sautillants. Niphredil suivit du regard le prince à la chevelure brune, et remarqua avec amusement que Legolas s'était fait entraîné sur cette nouvelle danse par Tauriel, resplendissante dans sa robe verte, ses cheveux parsemé de petites fleurs blanche.
L'ambiance se détendit nettement dans les rires et les sauts joyeux des guerriers de Vert-Bois qui apprenait à leur cadette une de leurs danses emblématique. Cependant, Elenna était contrarié par ce qui venait de se dérouler, et siffla :
-Vous ne pourrez pas l'empêcher éternellement de trouver un époux !
-Et je n'y compte pas, mais je tiens à ce que ce soit un ellon qui soit digne d'elle, pas un coureur de bordel, rétorqua Gondren.
-Vous parlez d'un prince mon ami, pas d'un soûlard de taverne ! Reprit Elenna, alors que le rouge lui montait aux joues, à mon sens, digne d'une elfine qui a grandi avec des nains, qui se sont emparés de sa v…
- Depuis l'instant ou Niphredil m'a appeler père, coupa Gondren, elle est devenue la chose la plus précieuse à mes yeux qui foule cette terre. Vous et moi savons ce que je peux faire par dévotion, alors mesurez soigneusement vos paroles.
- Il suffit, coupa Thranduil, avant que la situation ne s'envenime. Je ne permettrais pas que Niphredil prenne un époux qui ne soit pas de ce royaume. Nous avons que trop bien vu ce qui en résultait à chaque fois qu'elle quittait nos frontières, et je ne permettrais plus que de pareilles infamies aient lieu.
L'intervention laissa tout le monde muet. En tant que roi, il avait bien entendu le devoir de bénir les unions et jamais jusqu'à ce jour, il n'avait émis d'avis défavorable, se détournant généralement des jeux d'alliance qu'il trouvait bien futile. Mais Elena vit ce changement net de comportement comme le témoin d'un pouvoir chancelant.
Il se murmurait depuis la mort de la reine que le roi perdait la raison. Les siècles suivants ce drame, le roi avait vidé ses appartements de ses serviteurs, et la dame du sud avait cru que c'était un prémisse de folie, mais jamais Thranduil n'avait failli dans ses devoirs durant près d'un millénaire.
Pourtant, elle était sur qu'il n'était plus le puissant souverain d'antan et depuis la mort d Heledir, elle était sur de le voir vaciller. Il avait laissé son trône et sa couronne à son fils pendant plusieurs jours, disparaissant de ses appartements. Gallion était revenu de ses appartements blessé, et certains serviteurs disaient l'avoir vacillé, ivre dans les couloirs.
Aujourd'hui, pour la première fois, il s'opposait à une alliance, et pas n'importe laquelle : celle du seul ellon en ce monde à pouvoir disputer le trône des sindars a sa lignée, alors la seule fille du général de ses armées.
Mais au grand damne d'Elena, Sirion ne semblait pas réaliser cela, car alors qu'il regardait la foule de joyeux danseurs, ou riait Niphredil et Wilwarin d'un air complice, chahutant avec Amdir et Tarnnath.
Loin des intrigues politique,Niphredil passa une soirée on ne peut plus joyeuse, ne voyant pas le temps passé alors qu'elle ne quittait jamais longtemps la piste de danse. Virevoltant jusqu'à ce que les étoiles soient moins vive et que les musiciens annonce la dernière danse.
Thranduil, qui n'avait eut que peu de temps pour se laisser aller à la légèreté, doutait.
Il doutait de ce qu'il devait faire, alors qu'il voyait avec rage les seigneurs détailler Niphredil, évaluer si leurs maisons avaient intérêt à se lier à son elleth. Il lança un regard à son fils, rieur, qui tournoyait joyeusement avec une danseuse au pied léger sur la piste de danse, à des lieues de ses soucis avec envie.
Que dirait-il si il savait que son père entraînait une autre elleth que sa mère dans sa couche ?
Mais sa réserve pourrait être remarquée, car un roi se devait d'honorer une nouvelle elleth d'une danse, hors il n'avait pas honoré cette tradition jusque-là.
La distance doit être rétablie. Je dois réparer mes erreurs sans lui causer de tort.
C'est avec un sourire lumineux qu'elle l'accueillit, les joues rosées et les yeux brillants.
-Tu passes une bonne soirée, pinig ? S'enquit-il.
- Merveilleuse ! Je n'ai de cesse de rencontrer des ellyn adorable ! Je me sens… Chez moi.
-Tu m'en vois ravi, répondit le souverain, sincère. Il aimait la voir heureuse, mais ses sombres ruminations l'empêchaient de partager pleinement sa joie. Tu goûtes enfin à la vie parmi les tiens, avec ta famille…
-Merci pour tout, Thranduil, dit-elle en plongeant ses yeux dans les siens, merci pour tout ce que tu as fait pour moi… C'est peu de choses, un remerciement, mais à ce jour, je n'ai que ça, et mon serment d'allégeance. Sans toi... Par Eru, rit-elle en essuyant une larme d'émotion, tu es digne du titre de Grand Roi, ton père doit être si fier de toi…
Ce dernier fut surpris alors que ces mots l'atteignaient en plein coeur, pensant une de ses plus grandes terreurs alors que ses joues rougirent légèrement de plaisir. Thranduil déglutit péniblement, et alors que les dernières notes se jouaient, il embrassa son front. Etait-ce un geste d'attachement ? Une bénédiction ?
Personne dans l'assistance n'aurait su le dire, mais au jeu de pouvoir qui se déroulerait les jours suivants, ceci ne serait pas oublié.
Que j'aime la douce folie qu'elle instille en moi...
Niphredil était enfoui sous ses draps, pour la première fois heureuse d'avoir une servante qui lui permit de rester au calme de ses appartements pour vivre pleinement sa magistrale gueule de bois.
Elle avait espéré pouvoir ainsi jouir d'oisiveté et de repos quelques jours, mais sa paix fut troublé bien trop vite à son goût, alors qu'on frappait avec énergie à sa porte. Elle fut surprise de découvrir Arphen devant sa porte, croquant dans une pomme,entrant dans ses appartements avant même qu'elle ne l'ait invité, suivi de Rose qui portait une robe dans ses bras.
-Bonjour charmante Niphredil ! J'espère que tu as réussi à te remettre de cette bien belle soirée que fut ton Imrad ! Oh, et elle aurait put être bien plus éprouvante, si ton oncle Armiel ne t'avait pas escorté jusqu'à ta chambre ! Rit-il, alors qu'il fit signe à la servante de Niphredil qui semblait mal à l'aise de lui apporter des fruits.
-Que me vaut le plaisir, Ernil Arphen? Demanda-t-elle en essayant de ne pas se laisser décontenancer par l'attitude du brun qui se comportait comme si il était dans ses propres appartements.
-Hé bien, plusieurs choses, répondit-il. D'abord, je voulais te ramener cette servante, Rose, que Gallion a formé, dit il à ta demande. Maintenant que tu es officiellement de noble lignée, il est inimaginable que tu n'es pas au moins une servante ! Pas question qu'elle serve en cuisine !-Je vous remercie ernil nin, mais… voulut reprendre Niphredil.
Fëa, Mandos. Je ne suis pas sûre qu'il y est quelqu'un dans tout ce royaume, pour t'éclairer sur ce sujet. Pourtant, il est essentiel de s'atteler à cela, sans délai. Un Vala n'agit jamais sans une bonne raison, et sa présence a ton Imrad est un insigne honneur, mais aussi une marque de son impatience…
-Et vous pouvez me venir en aide ? S'étonna Niphredil, qui peinait de plus en plus a cerner cet ellon étrange.
-Absolument. J'ai vécu parmi les empreintes que les Valars ont laissés après la guerre de la Colère. Elles sont fortes et puissantes, dangereuses parfois, si bien que nul n'ignore en mon royaume comment l'on doit se comporter pour y survivre. J'ai également retrouvé et étudié de nombreux ouvrages du passé sur le sujet. Viens, allons au temple, ce sera un meilleur endroit pour commencer. Allons, Rose va t'aider à te préparer, je t'attendrais au temple.
Niphredil se retrouva seule avec la servante aux cheveux cendré en un instant. Après une pose pour assimiler tout ce qui venait de se passer, elle déclara :
-Tu es libre de partir si tu le souhaites, Rose. Tu es une femme libre, nul ne te possèdes. Les propos d'Arphen…
-Sont très généreux, coupa-t-elle. Le seigneur Arphen m'a sauvé la vie, en m'achetant à mon père alors que ce dernier voulait me vendre dans un bordel pour éponger ses dettes de jeu. Ne me renvoyez pas, Dame Niphredil, je vous jure que je saurais me rendre utile et me faire discrète, pitié…
Elle s'était mise à genoux dans sa robe grise typique de servante, suppliante. Niphredil soupira :
-Bien, bien. Fais… Fais ce que tu as à faire, je vais m'apprêter... seule.
-Biensur, maîtresse. Tenez, ceci est un présent du seigneur Arphen. Il souhaite que vous la portiez au temple.
Il a tout prévu, songea-t-elle en emportant la robe de soie fluide dont la forme et la couleur rappelait une fleur de glycine, à la foi simple et précieuse que lui avait présenté sa nouvelle servante. Les manières de Thranduil...
Est ce donc avec des présents que les souverains s'assurait de la loyauté de ses gens ?
Une question aux allures rhétorique à l'esprit de Niphredil, car elle connaissait bien la réponse : Thorin lui avait dit un jour qu'un seigneur se devait de récompenser généreusement ses vassaux les plus importants, de les rendre dépendant de lui. La question qui lui restait à l'esprit était de savoir pourquoi Arphen appliquait cette politique à elle.
C'est vêtu de la précieuse robe violette qu'elle se rendit au temple, qui se trouvait taillé dans la roche, dans le mur le plus au sud de la cité. La porte se trouvait être taillée entre deux arbres de pierre polie, soutenant chacun dans leur branche une lampe. Bien que moins impressionnant que le sanctuaire de l'Oracle, les sculptures de marbre blanc représentant les valars, chacun dans une alcôve dédié dans la salle circulaire était saisissante de réalisme grâce à la minutie de la sculpture. L'endroit était baigné dans une délicate lumière orangée, avec en son centre une statue d'Elbereth debout, les mains dans une pose gracieuse levée vers le ciel vers la seule source de lumière de cette pièce, ses pieds entourés d'un bassin ou barbotait de petits poissons multicolore.
L'air était chargé d'une forte odeur d'encens, Arphen était la méditant en murmurant des chants dans une langue proche du sindarin, mais qu'elle ne comprenait pas totalement, vêtu d'un blanc immaculé. Il l'accueillit d'un geste pieu, portant la main à sa tête avant d'esquisser un geste invitant, auquel elle répondit cérémonieusement.
Il lui désigna ensuite la statue de Mandos, dont elle reconnut les traits fidèles au premier coup d'oeil , lui rappelant cet étrange songe qu'elle avait fait alors qu'elle se mourait... Et qui était, semble-t-il, bien plus qu'un songe. Niphredil s'inclina profondément la statue et murmura :
-J'ignorais tout de cet endroit.
-Pas étonnant, les sindar de cette partie du monde sont pieu en leur coeur, mais ils ne sont pas adeptes de temple.
Tu es au bon endroit, petite elfe…enfin…
La voix avait résonné si fort dans ses oreilles qu'elle ne put réprimer un gémissement, portant machinalement les mains à ses oreilles. Arphen tiqua et se saisit de ses mains :
-Qu'y a t-il ?
-Ce n'est rien….
-Ne me mens pas, Niphredil, fit-il d'un ton profond et autoritaire en se saisissant de son menton pour la forcer à le regarder dans les yeux, dis moi.
-J'entends… J'entends une voix… Parfois. Ne dis rien, je t'en prie…
Arphen posa sur elle un regard pénétrant, puis lui adressa des paroles qu'il voulait rassurant :
- Je pense que Mandos tente d'entrer en lien avec toi. Pour s'en assurer et découvrir ce qu'il veut, je vais te faire entrer en transe, ma jolie petite Niphredil. Tu n'as pas à avoir peur, c'est comme rêver, et il ne peut rien t'arriver de mal, je suis avec toi, et sois en sûr, Mandos ne te veut aucun mal.
Il lui prit la main et la mena dans la fontaine et s'assit dans l'eau en ignorant les poissons qui s'affolaient autour d'eux. L'entrainant dans sa descente, à genou dans l'eau a quelques centimètres à peine de son visage alors qu'elle bataillait pour ne pas tomber sur lui. Se fichant de leur posture inconvenante, il lui tendit une fiole :
-Ce n'est pas grand chose, juste de quoi te détendre.
- Je… Je... Dit-elle, tremblante, alors qu'elle revoyait Frorin verser son ignoble poison dans son vin.
-N'aie pas peur, je jure dans ce temple et sous le regard des valars, sur l'honneur de ma lignée qu'il ne t'arrivera rien. Mandos nous regarde.
Niphredil hésita un temps, renifla le breuvage avec l'appréhension d'horrible souvenir lui revenant à l'esprit, mais l'odeur de cannelle et d'hellébore emplissant ses narines la rassura; et elle vida la coupe d'argent d'un trait.
Il l'invita d'un geste doux à se reposer sur lui, alors qu'il commençait une incantation, comme un murmure à son oreille, alors qu'il sentait la tension se relâcher de ses muscles. Niphredil se sentait glisser le long des paroles, tranquillement, sans pour autant perdre pied. C'est sereine qu'elle ferma les yeux, alors qu'elle sentait l'eau autour d'elle devenir vaporeuse, puis l'air devient plus chaud, et quand un instant plus tard, elle les ouvrit, l'elleth rousse fut ébloui. Elle était debout dans un jardin merveilleux entouré d'une forêt verdoyante, baigné dans une lumière lunaire. Mais la seule chose sur laquelle elle fixait son attention, était Mandos, majestueux dans sa tenue d'argent et bleu nuit.
Elle s'agenouilla devant lui et murmura :
-Seigneur Mandos… C'est un immense honneur.
- Te voilà enfin, Niphredil… Mon enfant… Lève-toi, tu n'as pas à me craindre.
Niphredil obéit, peinant à soutenir le regard profond du valar, alors que celui ci poursuivit, sur un ton agréable :
- Tu te remets admirablement bien de tes mésaventures. Il semblerait que j'ai bien fait de croire en toi.
-Cela n'est possible que grâce à votre… baiser, monseigneur.
-Tu as plus de force que tu ne le crois. Je me souviens de la supplique de ta mère qui te donnait vie, seule dans les bois. Je me souviens du nourrisson que je vis, qui résistait au froid et à la solitude dans un lieu de mort quand ta mère fut tué, et c'est en vérité à ce moment-ci que j'ai baisé ton front pour la première fois. Tu ne m'as pas déçu depuis ce jour, jeune elleth, mais a présent, il est temps que tu remplisses une mission.
-Quoi que vous m'ordonniez, je le ferais, assura-t-elle avec un empressement qui fit sourire le valar.
-Tu dois tout faire pour protéger tes frères sindar des sombres temps qui arrivent à grand pas, Niphredil.
-Alors, c'est ce que je ferais, tant que je vivrais, jura-t-elle, bien que j'ignore comment…
Mandos sourit, mais ne répondit rien. Alors qu'elle sentait qu'elle devait prendre congé, Niphredil osa néanmoins une dernière question :
-Seigneur Mandos… Était-ce vous qui murmuriez à mon oreille ?
-Qui d'autre ? Fit-il avec un sourire. Les elfes sont déjà bien des maux qui pèsent sur leurs vie fragile, heureusement, ce type de folie n'en fait guère parti. Va maintenant. Tu n'as pas de temps à gaspiller. L'orage s'en vient pour ton peuple.
A suivre
Lexique rapide
Arphen : Noble
Ernil : prince
Aran : roi
Merci pour vos reviews ! Je les lis toujours avec attentions, ça me permets de réfléchir au chapitre suivant, et j'ai moins l'impression de faire quelque chose d'inutile ^^"
Je sais que j'ai tardé pour ce chapitre, j'en suis navré, mais j'avais une vile panne de motivation pour raccrocher les wagons entre les idées posées, sans aller trop vite, trop lentement...
mais je ne vous oubli pas les p'tits elfes !
A bientôt
