Un blanc manteau neigeux couvrait l'homme encapuchonné. Il fut secoué d'un spasme de douleur et se tordit sur la pierre du cénotaphe à l'hommage de Morgane. Quand la violence se calma, il eu un fin sourire étiré par une goutelle de sang. Ses pupilles orangées se dirigèrent vers Marc-Aurèle Greengrass. Tel père, tel fils, songea-t-il. L'endoloris vint lui foudroyer les entrailles, Marc-Aurèle tardant à relever sa baguette. Il regarda la marque de brûlure sur la pierre.
─ On perd le contrôle, Picott ? Ne tournez pas de l'œil maintenant. Nous avons des questions. Mon père ne devrait pas tarder à arriver. Il doit avoir hâte de vous retrouver. J'ai appris que vous lui aviez brisé le cœur …
─ Pas que le cœur ….
En ce premier janvier 1969, les rayons du soleil disparaissaient dans le crépuscule d'une nuit terrifiante. Le glaçant hiver brûlait les joues de l'adolescent fugueur. Son nez avait la peau pelée et rêche. Sale dans des vêtements ne lui allant guère, Charles Weasley n'était plus que l'ombre de lui-même. Il savait que des parents étaient mortifiés et inquiets. Ils devaient le chercher partout. Il n'y retournerait pas ! Il ne retournerait ni à Poudlard ni au terrier. Il n'y avait plus sa place. Il ne pourrait jamais y être chez lui. Il savait parfaitement ce qu'il avait pendant les vacances avec l'autre garçon de son âge. Il savait surtout qu'il ne pourrait pas s'empêcher de vouloir le refaire. Il avait aimé voir de son partenaire se contracter. Il avait aimé lui agripper ses hanches, son étroitesse et cette virilité masculine qui ornait son corps.
Personne ne devait savoir. Surtout pas sa mère ! Elle avait lutté pour pouvoir épouser l'homme qu'elle aimait. Ils y avaient perdu la fortune, l'influence, le pouvoir, des amis et la famille Black. Il était devenu des pestiférés et sa mère parvenait seulement maintenant à remettre un peu de fortune dans ses malchances. Assumer leurs différences était une vraie complexité dans ce monde raciste, alors il ne pouvait pas l'obliger à assumer un fils homosexuel.
Bonne année, Charlie …. Grelottant, le garçon attrapa la bouteille à coté de lui, tendant sa casquette, espérant un peu d'argent. Juste une pièce. N'importe quoi au final. Même un sourire. Il espérait surtout un pull tricotté avec amour et la lettre C notée dessus. Il aurait aimé que ce ne soit pas si difficile de parler de ce qui le hantait. Le pire, c'était même pas comme-ci il ressentait de l'amour pour le partenaire qu'il avait eu. C'était juste de l'attirance et qui venait surtout d'une autre personne. C'était peut-être encore soignable ? Il essayait tant bien que mal depuis le début de l'année de se retenir et ça le détruisait de plus en plus. Faire semblant lui brûlait l'estomac.
Sur le sol sale, froid et gelé, il regardait les bottes gadoueuses passer. Ses bras encerclèrent ses jambes. Il donnerait n'importe quoi pour un peu de chaleur. Il avait déjà les joues rouges de l'alcool qu'il tenait à la main pour essayer de se tenir chauffer.
Un majordome s'arrêta à sa hauteur. Il portait un parapluie sombre. Son visage quelconque scruta le corps de ce petit gars fragile qui tremblait. Un flocon de neige qui s'éteindrait dans la nuit.
« Petit … Tu es prêt à faire quoi pour un lit chaud ?
─ Tout.
─ C'est bien ce que je voulais entendre. Suis-moi. »
Le faste et la luxure brillaient dans la demeure où il se trouvait. Charles se nettoya les cheveux, regardant ses mèches jaunes après avoir décoloré ses cheveux roux. D'autres jeunes hommes et jeunes filles se tenaient dans le salon où on les avaient habillé avec soin. L'endroit sentait le tabac et l'alcool. Les première fois, il avait été avec des plus vieux. Ils lui avaient montré comment prendre soin de son corps pour ne pas l'abimer, comment soigner les plaies éventuelles, les positions à prendre, les sorts utiles et les mots à user. Charles avait emmagasiné ça avec torpeur. Il avait accepté avec difficulté l'intrusion entre ses cuisses blanches, le nettoyage obligatoire pour les clients, les quelques coups de buttoirs et les relations protégées obligatoires pour éviter d'attraper ou transmettre une quelconque maladie.
Pas spécialement doué, ni mauvais, il passait inaperçu au milieu des autres prostitués de la maison close. Il ne prenait aucun plaisir avec les clients en tant que soumis mais s'amusait parfois avec d'autres jeunes de son âge ou des clients des positions de dominant qui l'éveillait davantage. Expérimentant dans les pires conditions son attirance pour les hommes devenant le camouflet des Weasley. Il ne pourrait plus jamais regarder ses parents dans les yeux.
Au bout de deux semaines, il s'était habitué au rythme de la maison close. L'homosexualité dans le monde sorcier n'avait guère d'autres lieux que ces endroits sordides pour s'exprimer, autant qu'il y reste. Lui et les autres jeunes étaient des objets à abimer par ceux des riches n'assumant pas ce qu'il était. Charles était étonné du nombre de noble réclamant d'être sodomisé en cachette des chambres. Il commençait pas avoir ses clients réguliers et à avoir assez d'argent pour se nourrir et acheter de petits extras.
Renfermant ses bras autour de ses jambes, sa décision était prise. Il regrettait de savoir qu'il ferait du mal à Arthur, Perceval et ses parents. Sa mort serait moins douloureuse toutefois que d'apprendre ce qu'il était advenu de lui. Il était mieux qu'ils apprennent que leur fils était mort que de savoir qu'il avait été dans ce genre d'endroit. Qu'est-ce qu'ils diront de lui, s'ils apprenaient ? Car ça finirait bien par être su au vu du nombre de sangs-purs et de personnes du ministère qui venaient ici.
Ses yeux virent un client qu'il connaissait entrer dans la salle, son manteau encore humide. L'homme était accompagné de clients. Il avait déjà été avec. Ce dernier ne le remarqua pas : Charles ne l'avait pas satisfait aussi l'avait-il oublié. Commode Greengrass avait une magnifique famille. Riche, de sang-pur et bien positionné au sein de la société anglaise, il était aussi l'un des pires clients de la maison close. Il avait une passion pour les scénarios de viol avec violence et torture. Charles se renfrogna sur lui-même. Il espérait que l'homme ne demande pas l'un de ses amis. Les autres jeunes étaient pour la plupart des cracmols, atteints de maladies magiques ou venant d'autres pays. A sa connaissance, il était le seul sorcier anglais qui avait été scolarisé à Hogward parmi les prostitués. Il n'empêche, que les enfants de l'homme avait l'âge des jeunes gens qu'il choisissait. C'était sordide.
Greengrass et ses clients firent signe à de jeunes adolescents à peine plus âgés que Charles et ils allèrent s'enfermer dans un salon où ils pourraient s'adonner à la perversion et aux affaires.
Charles sombrait dans une déréliction de plus en plus importante. Il déplorait de ne pas passer à l'acte, remettant son suicide au lendemain. Le jouvenceau se refusait en réalité de mourir. Il voulait vivre et il en cherchait une raison dans ce monde obscur qu'il découvrait.
Monsieur Greengrass revenait souvent. A chaque fois Charles voyait dans l'état où il mettait les adolescents qu'il choisissait. Parfois, certains jeunes ne revenaient pas. Charles essayait de se rassurer : ils devaient avoir fuit. Pourquoi est-ce que lui-même ne fuyait pas ?
Au bout de deux semaines, pourtant, monsieur Greengrass cessa de venir. Son absence de six jours fut remarqués car l'appétit de l'homme était immense et qu'il avait élu domicile dans cette coquette maison d'hôtes. Charles su ainsi qu'il venait ici depuis de très nombreuses années. Ils étaient davantage mariés à cet endroit qu'à sa pauvre femme.
Commode Auguste revint au bout du septième jour accompagné. L'homme l'accompagnant était pour Charles un ange à habiller et déshabiller. Le genre de personne qu'il fallait couvrir de la tête aux pieds pour ne pas risquer d'en être tenté, qu'il fallait enfermer dans une prison pour éviter de perdre pied, la personne qui était responsable de son malheur !
Estomaqué et soufflé, Charles regarda l'homme qui accompagnait Greengrass. Il était la raison de son enfer ici. La raison qui l'avait poussé à franchir le pas avec l'étudiant en décembre. Cet abcès qu'il avait creusé dans le fond de son ventre, le bouffait totalement. L'afflux des souvenirs lui fit presque oublier de l'observer davantage. Appolon Picott avait coiffé ses cheveux à l'arrière. Ses yeux changeaient rapidement de couleur. Ses doigts fins se rapprochaient entre eux. Charles remarqua que l'homme enfonçait ses ongles entre eux. Il répéta plusieurs fois ce tic avant de glisser ses doigts sensuellement sur son visage, rangeant une mèche de cheveux sensuellement derrière son oreille avant de rire joyeusement amusé aux mots de monsieur Greengrass. Il minaudait, roucoulait et séduisait.
Charles senti son estomac le brûler. Ce concierge arrivé en septembre 1968, il le pensait inaccessible. Être riche, puissant et avec de l'argent suffisaient finalement pour l'avoir à son bras ! Ce type qui donnait des leçons de moral, nettoyait les tableaux et soufflait d'apprendre à retenir ses émotions, était une carcasse à homme mur. Lui qui avait osé lui dire en novembre : « Weasley ? Comme Arthur Weasley ?
─ Vous saviez pas qu'il existait plusieurs familles de Weasley ?
─ Certes. Quoiqu'il en soit, monsieur Weasley n°2, ne vous compliquez pas la vie, apprenez à dissimuler vos attirances. »
Charles cracha en lui-même. Visiblement le concierge ne dissimulait pas grand-chose. Les lèvres rosées d'Appolon Picott vinrent effleurer délicatement l'oreille de monsieur Greengrass, chuchotant chaleureusement, roucoulant presque. Greengrass semblait possédé. Bien que dans le salon se trouvait des amis du sang-pur, l'homme ne pouvait visiblement pas s'empêcher d'attirer Picott contre lui avec une jalousie viscérale à l'égard de tout homme qui aurait voulu s'approcher. Il vint l'embrasser, le plaquant contre l'épais pilier en bois. A la stupeur de Charles, il vit Appolon Picott répondre avidement comme lui aussi possédé par l'homme. La jambe de l'homme remontait sur la hanche de Greengrass gémissant ostensiblement au point où des prostitués détournèrent eux-mêmes le regard. La main du concierge glissait sur le tee-shirt tirant dessus. Alors que le plus âgé vint lui dévorer le cou, il tourna le regard et ouvrit de grands yeux bleus virant en un violet trouble en voyant Charles Weasley le regarder.
Que foutait ce gamin ici ? Il devait rester impavide. Comment pourrait-il rester stoïque alors que l'enfant disparu depuis la rentrée se trouvait en face de lui.
Rabattant sa capuche sur ses cheveux blonds pour dissimuler une gêne qu'il devait ravaler, il attira Commode Greengrass dans un bureau. La porte resta un instant ouverte avant d'être claqué par un coup de baguette, sans doute utilisé à l'intérieur. Les spectateurs protestèrent vivement de se retrouver devant la porte. Ils allèrent toutefois chacun vaguer à leur occupation sachant que Greengrass en aurait pour longtemps. Il perdait la tête depuis une semaine pour ce jeune homme coruscant sorti de nulle part. Personne ne savait encore que c'était le nouveau concierge de Poudlard.
Charles écouta un majordome qui grondait sévèrement un garçon de son âge pétrifié à l'idée de devoir aller dans ce bureau. Il se redressa, prenant le linge entre les mains du majordome qui le tendait à l'adolescent effrayé.
─ Je vais y aller à sa place.
─ Il t'a bien amoché la dernière fois et t'a à peine payé, t'es sur ? Vous devez tous y passer, il faut être juste et il n'y a pas encore été lui.
─ Ca me dérange pas, répondit Charlie.
Il entra dans la pièce avec les serviettes et les vêtements. Ils les déposa sur le meuble d'appoint et referma la porte après lui. Commode Greengrass était activement occupé. Le bureau produisait un bruit de grincement. Les deux hommes semblaient lutter. Les chaussures, une chaussette, le pantalon et le sous-vêtement du concierge trainaient. Charles pouvait devenir que c'étaient ceux du blond puisque que Greengrass était encore habillé. De dos, Greengrass cachait totalement Picott. Un claquement humide se faisait entendre, les bruits produits par le concierge étant totalement indécents, geignant et implorant par des soupirs vulgaires. Charles vit une main apparaître et laisser une empreinte sur le bureau de transpiration.
─ Monsieur ?
Le regard féroce, Greengrass tourna le regard vers le jeune homme qui l'observait. Qu'est-ce qu'il foutait là, lui ? Pourquoi est-ce qu'il regardait ainsi ? Ah, oui. Les vêtements demandaient et les accessoires ! Parfait ! Greengrass remarqua immédiatement que le jeune prostitué tournait la tête sur le coté pour essayer de voir l'autre homme.
─ Tu veux mater, c'est ça, petit ? Reste. Regarde.
Commode Greengrass avait retourné Appolon qui laissa échapper un cri. Il colla son corps à lui, offrant une vue difficilement plus explicite à Charles d'autant ni l'un ni l'autre protégé. Encore vêtu de sa chemise, Picott tira dessus, fermant ses lèvres. Un instant, Charles pensa le voir rougir. Commode Greengrass le força à revenir vers lui. Il déchira la chemise du concierge pour être davantage nu devant l'adolescent qui regarda intrigué les yeux ambrés de Picott ancrés dans les siens n'exprimant plus aucune expression.
Ni plaisir, ni haine, ni envie, ni dégout, Appolon avait le visage résolument fermé et sérieux. Il ouvrit juste les lèvres pour respirer, inspirer et expirer alors que son corps subissait les assauts du taureau. Un instant, son regard se détourna du jeune homme pour fixer un vase qui devait lui semblait intriguant puisqu'il l'observa un long moment jusqu'à être ramené à Charles par les doigts de Greengrass.
« Putain de chienne, t'es à moi, tu sais que je t'aime ! Exprime-toi, allez, montre-lui comme tu aimes ça. Ca me rend fou quand tu te tais. Parle ! » Râla énergiquement l'homme furieux du silence soudain de son amant.
Appolon garda les lèvres résolument fermées malgré la violence qui vint s'abattre sur lui. Il se cambra, ses bras passant autour du cou de Greengrass, offrant de ce fait davantage son corps à la vu de l'adolescent, soufflant à l'oreille de son amant.
« ─ Je voulais être seul …
─ Et j'aime te sentir fébrile et si serré quand ce petit est là. »
Bâtard.
Une heure passa avant que Commode ne puisse même avec la magie retrouvé de l'énergie. Charles obéit à l'homme et vint nettoyer les cuisses souillées du concierge laissant ce dernier regard avec colère Commode sachant parfaitement qu'il appréciait simplement de voir le sang et le sperme taché le linge blanc entre les mains de l'adolescent. Charles regarda Commode Greengrass se rhabiller, Appolon vint lui mettre sa cravate, l'embrasser, nu dans sa chemise déchirée.
─ On se revoit ce soir, c'est insupportable de te quitter, Picott.
─ Je dois aussi retourner à Poudlard, si Albus voit que j'ai disparu, il pourrait se poser des questions. Que diront tes amis en apprenant que je suis là-bas ?
─ Ils viendront davantage voir leurs enfants à l'école.
L'homme disparu. Appolon regarda l'étudiant face à lui. Tremblant Charlie garda le linge rouge entre ses doigts, détournant les yeux en rougissant.
─ Tu viens de passer une heure à me regarder et tu m'as nettoyé le corps, tu ne m'as pas laissé une seconde de répit seul avec lui et là tu détournes les yeux ?
D'un coup de baguette, Appolon avait nettoyé ses plaies et les traces de l'homme montrant une pointe d'agacement dans ses propos, nettoyant également le linge entre les mains de Charles. Il n'avait pas le temps de prendre une douche. Il voulait partir de cet enfer. Il accepta les vêtements.
─ Nous partons, monsieur Weasley n°2.
─ Que …
─ Vous n'allez pas rester ici. Venez. Je vous ramène à Poudlard.
Le garçon regarda le concierge face à lui qui tendait la main dans sa direction. Il la repoussa rougissant de honte.
─ Vous allez me faire la morale ? C'est bien des gallions qu'il y a sur cette table à vous attendre. Il vous paye bien. Dumbledore n'est pas aussi généreux ?
─ Je suis adulte !
─ Et vous coutez cher. Il n'a jamais donné autant pour l'un d'entre nous. J'ai même pas eu droit à un quart de ça ! Est-ce que les élèves et professeurs qui ont les moyens y ont aussi le droit à Poudlard ?
Appolon soupira lourdement. Il ne savait pas quoi faire. Sa mission était importante, il ne pouvait pas l'abandonner mais est-ce qu'il pouvait laisser un enfant, un Weasley, être ici ? Dans ce monde obscur d'adultes ? Les magiciens autour d'eux, non scolarisés, perdus, fuyards ou cracmols étaient déjà dans des états terribles qui lui retournaient l'estomac mais ce gosse : il y avait encore tellement d'espoir pour ce gamin.
─ Vous ne claquez pas des doigts ….
─ Pardon ?
─ Devant l'homme, vous ne claquez pas des doigts. dit Charles, prenant les mains d'Appolon entre les siennes pour regarder les petites cicatrices s'y trouvant.
─ Effectivement.
─ C'est pour ça que vous enfoncez vos ongles dans votre peau ? Vous ne voulez pas qu'il voit vos flammes ?
─ Vous êtes observateur, monsieur Weasley, une qualité qui me fait souvent défaut. Ne venez plus assister à cela. Même s'il vous le demande. J'aimerai être seul avec mon amant. Je vous payerai s'il le faut pour que vous partiez d'ici et me laissiez tranquille.
─ J'aime mieux apprendre de vous comment faire fortune.
─ Sale petit … Nous en reparlerons, rajouta Appolon.
Il sembla à Charles avoir vu les yeux d'Appolon se perdre à nouveau dans le vague sans identifier pourquoi ça le perturbait autant. Il le vit partir, laissant la porte ouverte puis revenir le soir-même. Le lendemain, deux jours plus tard. A chaque fois Charles se glissait dans la pièce. Commode appréciait ce petit domestique qui lui apportait des jouets, des draps, des potions et restait à les observer. Appolon était plus fragile quand le garçon était là, l'homme le sentait, il griffait sa peau pour encaisser les coups et ne rien dire, il se retenait de braire, il l'implorait parfois en chuchotant de ne pas autant en montrer à ce petit.
─ Vous ne devriez pas le laisser vous faire ça.
Appolon nettoya le sang de sa nuque, ses yeux amusés se posèrent sur Charles et il eu un petit rire. Savait-il seulement qui manipulait qui dans cette histoire ?
─ Ne vous en faîtes, j'ai bientôt terminé. Vous m'aideriez en ne venant plus.
─ Si je n'étais pas là, il vous briserait en deux.
─ L'enfer est pavé de bonnes intentions, monsieur Weasley.
Cette fois-ci, Greengrass y avait sans doute été trop fort. Il voulait faire plier Appolon Picott de cette retenue devant le garçon. Il voulait le voir perdre pieds devant témoin. Qu'on voit qu'il lui appartenait, qu'il lui était entièrement dévoué. C'était trop pour l'adolescent qui voulu intervenir !
Charles s'était fait frappé et projeté au mur, le corps ligoté et contraint de voir le blond se tordre sous l'assaut. Greengrass fulminait. Appolon se cramponna au meuble près de lui, sonné par les coups. Il était couvert de marques. Greengrass lui redressa le corps et planta solidement la dague au niveau de son nombril commençant un sort de cicatrisation, alors même que la lame était encore dedans pour que jamais Appolon ne puisse la faire disparaître. Il était à lui !
Seulement, ça ne dura guère longtemps. Commode Greengrass se retrouva transformé en un castor, une cage se formant autour de lui.
Retirant leurs capes d'invisibilité, les Prewett se regardèrent taquinement. Grands, roux, semblable dans leurs corps musclés, il était difficile de les différencier. Tomber lourdement au sol, Charles vit l'un venir à sa hauteur pour s'assurer qu'il n'était pas blesse et l'autre venir aider Appolon à se relever, soignant la plaie malheureusement déjà enchanté.
C'était eux : cette forme fantomatique qu'il avait cru voir dans le reflet d'Appolon ces derniers jours, c'était eux qu'Appolon fixait. Quel jeu sordide jouaient-ils ? Il les regardait eux. Combien de fois avaient-ils été là ? C'était un jeu pervers ?
─ Qu'est-ce que vous avez fait, s'agaça Appolon, pourquoi vous êtes intervenus ? Vous devez lui pomper le cerveau, pas lui aplatir la queue.
─ Merci t'arracherait ta jolie gueule d'ange, Picott ?
─ Tu viens de ruiner notre mission, Prewett n°2, d'où je te remercierais ?
─ Tu savais qu'on allait en arriver là !
─ Oui. On a parlé. QUAND le gamin serait absent.
─ Il avait pas l'air de vouloir te lâcher, beugla l'un des jumeaux roux.
─ Il ne devait pas y avoir être témoin !
─ Habille-toi Appolon, indiqua le jumeau qui été resté calme.
─ T'aimes plus me ma…. ?
Le jumeau pointa du doigt Charles. Appolon maugréa faisant venir à lui les vêtements préparés par ce dernier. Il les mit tout en écoutant le jumeau continuer de parler :
─ Qu'est-ce qu'on y peut s'il y avait toujours ce môme. C'est lui qui a l'air d'aimer te mater.
─ Tu crois qu'il avait le choix ou quoi ? C'est ce vieux tordu qui veut qu'il nous regarde.
─ Il a pas eu l'air de beaucoup le forcer, dit l'un des jumeaux
─ Putain, je sais pas comment tu fais Appolon pour avoir accepté ça, enchaina l'autre jumeau qui avait attrapé un fouet trainant près du castor.
Il vint poser tendrement sa main sur le visage d'Appolon qui haussa des épaules, lui prenant la main pour l'éloigner de sa peau avec prudence. Sans qu'il ne puisse le faire longtemps rapidement encercler par les deux Prewett dont les lèvres se posèrent sur ses joues.
─ Plus jamais ce genre de choix en mission, dirent-ils.
─ Ca m'indiffère, je vous l'ai dit.
─ Je me suis inquiété, dit le plus calme des jumeaux.
─ J'aurais aimé le tuer quand il a posé la main sur toi, dit le plus vif des jumeaux.
─ Il n'a pas posé que la main, rit Appolon boutonnant sa chemise.
─ Appolon, ne sois pas si cruel.
─ Pourquoi vous êtes intervenu ? C'était facile pour vous de lire son esprit, on obtenait des informations et on avait décidé de reporter le transfert puisque ça fonctionné.
─ Albus. Il a deviné qu'on prenait notre temps. On lui a dit pour le gamin et la raison de ton refus de passer à l'acte.
─ MGrmere.
─ Il a pas apprécié. Il nous a dit d'intervenir immédiatement, même s'il y avait le gosse.
─ Super et il compte faire quoi de lui ?
─ Il veut le voir.
─ Mirabile Dictu, grogna ironiquement Appolon. Mais qu'est-ce qu'il compte en faire ?
─ Ne sois pas toujours aussi railleur.
Finissant de s'habiller, Appolon regarda l'un des jumeaux prendre l'apparence de l'homme changé en castor. Il vint pincer la hanche du concierge.
─ A quel point devons-nous donner le change ?
─ Arrête tes conneries Prewett n°2. Prewett n°1, ta cape, le castor, allons ! On a pas la soirée, on a un vieil homme à voir, il ne doit pas se coucher trop tard à cet âge.
─ Monsieur ? parvint enfin à parler Charles qui était resté silencieux tout du long.
─ Monsieur Weasley, nous partons. Venez.
─ … Mais …
─ On vous parlera ensuite, venez. Monsieur Greengrass doit vous acheter.
