42_ renaissance [épilogue].

Le bout de tissu entre ses doigts lui amenait tant de souvenirs. Un flot de sentiments le frappa, alors qu'il tenait la longue cape blanche du hokage dans ses mains ; la dernière fois qu'il avait vu cette cape, elle traînait sur le dos de Naruto. Le blond la portait si bien, il ressemblait à un sorte de super-héros, bienveillant et incroyablement beau ; son absence n'était plus aussi douloureuse, mais la souffrance restait là. Un soupir s'échappa de ses lèvres et il reporta son attention sur le village, qu'il apercevait à travers la vitre du bureau ; le village était d'une beauté simpliste, mais époustouflante. Les shinobis du village caché du sable avaient aidés à reconstruire l'endroit qui l'avait vu naître, et après qu'ils soient revenus sains et saufs de la guerre, des hommes du pays du feu avaient participés ; le pays du feu retrouvait peu à peu toute sa splendeur d'antan.

Quelques coups contre la porte du bureau le tirèrent de sa contemplation ; un soupir au bord des lèvres, il enfila la cape dans une maladresse presque attendrissante et offrit un sourire gêné à la trentenaire, qui s'engouffrait dans la pièce. Elle tenait, entre ses mains, la toge du futur hokage.

- « tu es très beau. » complimenta-t-elle, une pointe de tendresse dans les iris.
- « tu le penses vraiment, Hinata ? » demanda-t-il, nerveusement.
- « je le pense vraiment, Shikamaru. » acquiesça-t-elle, un fin sourire sur les lèvres.

L'avis de la brune était plus qu'important pour lui. Konoha était de nouveau ouvert à ses habitants et ça, c'était uniquement, parce que l'épouse du septième avait donnée son accord ; aux côtés du brun et du cinquième kazekage, ils avaient travaillés, tous les trois, sur les plans de reconstruction. Le village ressemblait énormément à l'ancien, qu'ils avaient connus dans leurs enfances, mais certains points avaient changés ; les clans Uzumaki et Uchiha avaient dorénavant leurs propres quartiers, étant donné que celui des Uchiha n'avait pas été reconstruit, après l'attaque de Pain.

- « qu'est-ce que tu penses du village ? » questionna-t-il.
- « il est très beau, lui aussi. » dit-elle, le regard perdu dans le paysage.
- « et.. est-ce que tu as fais ton choix ? » demanda-t-il, prudemment. « tu restes là-bas ? »
- « le kazekage.. » commença-t-elle. « Gaara ne voit aucun inconvénient, à ce que je reste au village, quelques temps. je ne me sens pas prête à revenir vivre, ici. il est encore.. partout. »

Le brun acquiesça, simplement. Il comprenait très bien ce qu'elle ressentait ; peut-être bien que le village avait été reconstruit, mais il restait encore tant de souvenirs de lui. De la boutique de tenues orangées, au restaurant de nouilles, à la toge qui traînait dans les mains de la brune ; Naruto était partout, et ça le rassurait autant que s'en était douloureux.

- « Karin.. la cousine de Naruto occupera l'une des maisons des quartiers du clan Uzumaki et Boruto vivra avec elle, il reviendra à Suna pour les vacances, jusqu'à ce que je sois capable de vivre ici. »
- « Karin, hein. » souffla-t-il, les mains dans les poches. « qui aurait cru qu'elle obtiendrait notre confiance à tous. »
- « elle est un peu spéciale, mais c'est une grande amie de Sakura. » lâcha-t-elle. « et Naruto l'aimait vraiment beaucoup, il mettait un point d'honneur à être présent à chacun de ses anniversaires. ils étaient une famille, et maintenant.. elle est ma famille. »
- « elle sera ma famille, à moi aussi, alors. le clan Nara veillera sur eux, ne t'en fais pas. »

Un fin sourire déforma les lèvres de la trentenaire et elle acquiesça ; elle avait une confiance inébranlable envers le brun et elle était sûre qu'il tiendrait sa promesse. Naruto ne l'avait pas choisi comme assistant, des années en arrière, pour rien ; Shikamaru avait toujours su tirer le blond en avant et ils avaient formés un binôme incroyable, pendant si longtemps.

- « tu te sens prêt ? » interrogea-t-elle, au bout de quelques minutes.
- « j'en sais rien, mais je suis là. » dit-il. « je suis terriblement nerveux. »
- « tu seras un excellent hokage, je n'en doute pas et Naruto le savait, lui aussi. »

Elle tourna la tête vers lui et pendant un court instant, il tomba dans son regard nacré ; il aurait aimé qu'elle reste au village, qu'elle l'aide dans son parcours, mais il comprenait qu'elle soit incapable de vivre ici. Le kazekage prendrait soin d'elle, il en était sûr ; Gaara ferait ce qu'il faut. D'un geste doux, elle se hissa sur la pointe des pieds et déposa la toge sur le sommet de son crâne, fourrant délicatement les quelques mèches brunes qui tombaient devant ses pupilles d'un bel ébène.


Un cri de joie flotta dans les airs et il déposa un regard doux sur la petite fille, fermement accroché à l'une de ses jambes ; Mitsuha attendait patiemment, un grand sourire sur les lèvres, que Shikamaru apparaisse sur le toit du bâtiment administratif du village caché de la feuille. L'émeraude de ses iris plongea dans le bleu des prunelles de la brune et elle lui adressa un sourire, quémandant doucement qu'il la porte ; dans un geste doux, il la hissa dans ses bras et accepta joyeusement le baiser qu'elle déposa sur l'une de ses joues.

- « tu es contente d'être là ? » demanda-t-il, doucement.
- « oui. papa va être le plus beau. » annonça-t-elle, joyeusement.
- « et moi, alors ? je ne suis pas beau ? » s'amusa-t-il.
- « Shikae est plus beau que toi, tu es troisième. » expliqua-t-elle.

Le rire qui s'échappa des lèvres de l'enfant lui mit un peu de baume au coeur et il haussa simplement les épaules, heureux d'être au moins à ses goûts. Il jeta un coup d'oeil à sa mère, qui discutait avec Ino et Karui, puis à Chôchô qui riait aux éclats avec Inojin et Sarada ; ils semblaient tous heureux et ça, ça lui plaisait.

- « prince de Suna. » entendit-il, à quelques mètres.

Un minois qu'il commençait à bien connaître se tira de la foule, qui attendait patiemment le début de la cérémonie d'intronisation du nouvel hokage, et le salua, d'un grand sourire.

- « et la princesse de Suna. » ajouta-t-il, amusé. « n'as-tu point remarqué la magnifique fille à mon bras, Sayaka ? »
- « dans tes bras, tu veux dire. » rectifia-t-elle, un sourcil arqué. « qui est cette magnifique fille ? »

Le brun déposa un tendre regard sur Mitsuha, lui proposant silencieusement de faire les présentations elle-même, mais elle n'était pas encore très à l'aise avec les inconnus ; elle enfouit simplement son visage dans son cou, dans un petit grognement adorable.

- « excuse-la, elle est timide. » expliqua-t-il. « elle s'appelle Mitsuha, c'est ma petite soeur. »
- « elle est vraiment trop mignonne, contrairement à toi. » lâcha-t-elle, dans un sourire amusé.
- « qu'est-ce que tu fais là ? » demanda-t-il, curieusement. « tu ne devrais pas être à Suna ? »
- « eh bien, tu as devant toi le nouvel élève du docteur Uchiha. » annonça-t-elle, fièrement. « elle m'a proposé de la suivre, ici, pour une formation plus approfondie. elle m'a aussi dit que ce ne serait pas de tout repos, étant donné qu'elle avait déjà un élève très doué. »

Le sourire sur les lèvres de la jeune femme s'agrandit considérablement, au fur et à mesure que les mots s'échappaient de ses lèvres ; le brun laissa échapper un doux rire.

- « alors, c'est toi son nouvel élève ? » souffla-t-il. « attention, il paraît que ce garçon est très très doué. »
- « je n'en doute pas, prince de Suna. » dit-elle, dans un haussement d'épaules. « mais je suis très douée, moi aussi. il devrait vraiment faire attention à ses jolies petites fesses. »

Il s'apprêtait à répliquer quelque chose, mais un léger rire étouffé lui parvint et il se retint de se joindre à celui-ci, amusé.

- « qu'est-ce qui te fait rire, Mitsuha ? » interrogea-t-il, même s'il connaissait déjà la réponse.
- « elle a dit un mot drôle. » répondit la concernée, le visage toujours dans le cou du brun.
- « ah oui ? et quel mot ? » demanda-t-il, en échangeant un regard amusé avec la blonde.

Mitsuha profita de cet enfant pour prendre un peu de courage, elle retira sa tête du cou du garçon et posa un regard rieur sur lui.

- « fesses. » murmura-t-elle, un grand sourire sur les lèvres.
- « tu parles de fesses avec ta petite soeur ? »

Temari se rapprocha d'eux, un sourcil arqué, mais une pointe d'amusement dans les iris.

- « ce n'est pas ce que tu crois. » répliqua-t-il. « elle a surpris une conversation, et ce mot l'a fait rire. »
- « une conversation, hein. » répéta la trentenaire. « et dans quel contexte est-ce que ce mot est sorti ? »
- « maman. » grogna le brun, légèrement gêné. « ce n'est pas ce que tu crois, je te jure. »
- « hm, d'accord. » acquiesça-t-elle. « tu me présentes ton amie ? »
- « je l'ai rencontré à l'hôpital de Suna, elle s'appelle Sayaka. » présenta-t-il.
- « et à partir de maintenant, je suis l'élève du docteur Uchiha. enchanté, princesse de Suna. »

Et sous les regards amusés de l'adolescent et sa mère, elle se pencha en avant. Un rire s'échappa des lèvres de la trentenaire et elle lui intima immédiatement de se relever.

- « ne fais pas ça. » s'amusa-t-elle. « et appelle-moi Temari. dis-moi, qu'est-ce que tu fais, ce soir ? »
- « ce soir ? » répéta-t-elle. « je n'ai rien de prévu, pourquoi ? »
- « Shikadai aura quinze ans, demain. » souffla-t-elle, fièrement. « une petite fête en famille aura lieu à la maison. Sakura et quelques amis seront là, tu veux te joindre à nous ? »
- « euh, eh bien.. oui, pourquoi pas. » accepta la blonde. « si Shikadai est d'accord. »
- « bien sûr. » acquiesça le concerné, un fin sourire sur les lèvres.

La mère de l'adolescent s'empressa de rejoindre ses amies, lorsque les traits de l'épouse du septième se dessinèrent sur le toit du bâtiment administratif ; l'attention de Mitsuha se focalisa immédiatement sur l'homme, qui se tenait à ses côtés, et elle plaqua une main sur les lèvres de son frère.

- « c'est papa, chut. » ordonna-t-elle, sévèrement.


D'une démarche assurée, mais presque tremblante, Hinata se hissa près de la rambarde, le dos droit ; la cérémonie d'intronisation du nouvel hokage commencerait avec elle, avec sa voix. Parce qu'il ne restait aucun des anciens hokages, mais qu'elle était l'épouse du septième du nom ; elle était tombée amoureuse du septième, elle avait porté en son sein leurs enfants et à présent, elle serait celle qui annoncerait le nom du nouveau protecteur aux villageois. Eux, ils attendaient patiemment.

- « bien, que commence la cérémonie d'intronisation du huitième hokage. » s'exclama-t-elle, d'une voix forte. « tout ça est organisé par l'épouse du septième du nom, moi-même, Hinata Uzumaki. merci de votre présence. »

Un tonnerre d'applaudissements la coupa dans ses mots et elle adressa un doux sourire à la foule ; le sacrifice du septième hokage resterait dans leurs mémoires, pour un tas d'années et ça, ça la touchait profondément. Naruto avait toujours voulu que les autres le remarquent, l'aiment et là, c'était exactement ce qu'il se passait ; ils l'admiraient.

- « que l'homme qui sera le huitième du nom se présente à la vue de tous. » ordonna-t-elle.

Du coin de l'oeil, elle remarqua le brun qui se hissait maladroitement près d'elle ; elle ressentait sa nervosité, mais il allait être un excellent hokage, elle n'en doutait pas une seule seconde. Pendant des années, il avait soutenu Naruto, en tant qu'ami et en tant qu'assistant ; il avait l'étoffe d'un grand homme.

- « Shikamaru Nara. » présenta-t-elle, fièrement.

Quelques cris de joies retentirent au pied du bâtiment et le brun accorda un sourire d'une maladresse attendrissante aux villageois. Elle se retira légèrement en arrière et le laissa seul, en avant.

- « en tant que nouvel hokage, je nomme une amie très chère à mon coeur, en tant qu'assistante. » confia-t-il, les mains tremblantes. « vous la connaissez tous. elle a été l'élève de deux hokages, la meilleure amie d'un héros, et l'épouse d'un grand homme. elle n'a pas hésité une seule seconde, avant de prendre les choses en main à Suna. beaucoup d'entre nous sont encore là, grâce à elle. » il prit une inspiration, le coeur battant. « Sakura Haruno. »

Les iris d'un bel ébène du trentenaire se posèrent dans l'émeraude des prunelles de la concernée et d'un hochement de tête silencieux, il lui intima de se mettre à ses côtés ; la rose se tira près de lui, doucement et salua la foule. Une nouvelle vague d'applaudissements retentit ; les villageois accueillaient fièrement leurs nouveaux dirigeants et pendant un court instant, Hinata se perdit dans la contemplation du ciel.

- « qu'est-ce que tu en penses, Naruto ? » lâcha-t-elle, dans un doux murmure.


Le crépuscule enveloppait délicatement le village et il étouffa une pointe d'admiration entre ses lèvres. Le bleu du ciel cédait à une teinte orangé et ça donnait un arrière goût époustouflant au paysage ; la cérémonie s'était terminée, deux bonnes heures en arrière et Shikadai avait de suite proposé à Sarada de le rejoindre, plus tard, au-dessus des visages des hokages taillés dans la pierre. L'endroit avec un goût de nostalgie, bien qu'à la différence d'auparavant, Shikamaru avait ordonné que le visage de Sasuke Uchiha rejoigne le mur des hokages, à la gauche du visage de Naruto Uzumaki et à la droite de l'emplacement où le Nara verrait bientôt son propre visage. Et il se sentait extrêmement fier d'être le fils d'un tel homme.

Ils étaient passés par tellement d'épreuves, l'année précédente et maintes fois, Shikadai avait bien cru être incapable d'aimer à nouveau son paternel ; il s'était perdu dans une haine injustifiée, un caprice d'enfant, mais maintenant, c'était différent. Il avait comprit le sacrifice de son père, il avait comprit et il était prêt à protéger son "roi". Il ferait en sorte que les générations suivantes apprennent la vérité sur tous les hommes qui étaient mort au combat, dont l'enfance avait été sacrifié pour une paix quelconque ; il apprendrait aux côtés de Sakura Uchiha et veillerait à ce que les personnes qu'il aime soient heureuses.

L'émeraude de ses iris tomba sur les traits du visage de la brune à ses côtés et le sourire sur ses lèvres s'agrandit ; il en était tombé amoureux. Et il refusait d'attendre plus longtemps.

- « tu sais. » commença-t-il. « je suis vraiment content d'être là, avec toi. »
- « ah oui ? » souffla-t-elle, en tournant la tête vers lui.
- « oui, tu es vraiment importante à mes yeux, Sarada. »

Il sentait les battements saccadés de son coeur dans sa cage thoracique. L'ébène des prunelles de la jeune fille l'appelait à s'y perdre, mais ce n'était pas le moment ; il repoussa la tentation dans un coin de sa tête et reporta son attention sur le paysage.

- « je n'aurais jamais crû que j'en arriverais là, un jour. » ajouta-t-il, nerveusement. « j'étais persuadé que je tomberai amoureux d'une fille ordinaire, que j'aurai une existence ordinaire, mais ce n'est pas le cas. »
- « Shikadai ? » appela-t-elle, les sourcils légèrement froncés.
- « je suis tombé amoureux de toi, Sarada. » avoua-t-il, du bout des lèvres.

Le brun scella immédiatement ses lèvres, le souffle court ; est-ce que son père s'était senti ainsi la première fois qu'il avait avoué ses sentiments à sa mère ? Il s'était vu, inlassablement, tomber amoureux d'une fille ordinaire, d'une de ces filles ni trop belle ni trop laide, sans aucun réel talent ; et pourtant, son coeur s'était soudainement mis à battre pour elle. Comment est-ce que c'était arrivé ? Quand est-ce qu'il était tombé amoureux ?

Une poignée de minutes passèrent et un silence gênant commençait à prendre forme. Il prit une inspiration, empreinte d'un peu de courage et tourna la tête vers elle ; il tomba dans un ébène embué. Elle semblait sur le point de fondre en larmes et une petite voix lui soufflait que ce n'était pas de bonheur, qu'il n'aurait pas dû dire ça.

- « Sarada ? » interrogea-t-il, les sourcils froncés. « si tu ne peux pas me rendre mes sentiments, ça va. je comprends, tu sais. ce n'est pas un-. »
- « ce n'est pas les sentiments, le problème. » confia-t-elle, au bord des larmes. « je.. je crois que je t'aime, Shikadai. »

Une étrange vague chaleureuse étouffa sa cage thoracique et il acquiesça ; si elle l'aimait, pourquoi semblait-elle si triste ?

- « mais j'aime aussi Boruto. » continua-t-elle. « et je suis avec.. lui. »
- « oh. » lâcha-t-il, le coeur en vrac. « tu.. tu es avec lui, comme dans un.. couple ? »
- « il m'a avoué ses sentiments, il y a une semaine. » acquiesça-t-elle. « j'ai dit oui. »
- « mais tu.. » murmura-t-il, dans un souffle douloureux. « tu as dis que tu.. »

La pointe de souffrance qui l'attrapa à la gorge, le cloua à sa place et il reporta son attention sur le paysage, effrayé à l'idée d'être faible sous ses yeux à elle. L'horrible vérité était là ; peut-être qu'elle serait avec lui, à l'heure actuelle, s'il n'avait pas attendu si longtemps. Il l'aimait. Il l'aimait vraiment et sûrement que c'était aussi le cas de Boruto ; et dans le fond, ils allaient bien ensemble tous les deux, ils se connaissaient depuis l'enfance, leurs parents avaient été des amis intimes et tout le monde s'en doutait un peu. Mais, et lui, dans tout ça ? Il était censé accepter la situation et rien d'autre ? Et puis, est-ce qu'ils pourraient encore être amis, maintenant qu'ils connaissaient leurs sentiments respectifs ? Un soupir empli de regret s'échappa de ses lèvres et il passa une main dans ses mèches brunes, cherchant un peu de courage, quelque part au fond de lui ; il aurait aimé pouvoir fondre en larmes, là, au-dessus des visages des hokages.

- « Shikadai, je suis vraiment dés-. » commença-t-elle, un léger tremblement dans la voix.
- « oye, Sarada. » entendirent-ils, dans leurs dos.

D'un même mouvement, ils tournèrent la tête vers Boruto, qui faisait de grands gestes, à plusieurs mètres d'eux ; le brun se renfrogna immédiatement.

- « tu viens ? » lança le blond, un grand sourire sur les lèvres.
- « oui, attends. » s'exclama-t-elle, en séchant discrètement ses larmes.

Elle se hissa maladroitement sur ses deux pieds et tendit une main au brun, encore assis au sol ; la tentation de ne pas la prendre l'enveloppa, mais il l'attrapa et se releva, en regardant tout, sauf elle.

- « oh, salut Shikadai. » salua joyeusement Boruto, à l'écart. « Sarada et moi, on passera à ta fête dans une petite heure, d'accord ? »

Le brun aurait aimé lui dire qu'il n'y avait plus de fête, qu'il s'en fichait de tout ça, mais aucun son ne s'échappa de ses lèvres et il acquiesça faiblement, le regard perdu sur un point imaginaire à ses pieds. Les bras frêles, et pourtant si puissant, de la brune le tirèrent dans une étreinte douce et courte ; il ne répondit pas, il en était incapable à cet instant. Il l'observa simplement rejoindre le blond, le coeur brisé.


- « joyeux anniversaire ! »

Les cris lui arrachèrent un léger sursaut ; à peine avait-il passé le pas de la demeure, qu'ils s'étaient exclamés en coeur. L'émeraude de ses iris effleura un instant la pièce ; les meubles avaient été repoussés pour permettre plus de place, des décorations aux couleurs chaudes traînaient sur les murs, accompagnés de photos embarassantes de lui et une telle joie enveloppait les quelques personnes dans la pièce. Ino secouait joyeusement une bouteille de saké, sous le regard amusé de son époux, dont les genoux étaient occupés par Hanako. Karui tenait un énorme dans ses mains. Sakura lui adressait un si beau sourire, alors que Shikae s'amusait avec quelques-unes de ses mèches d'un beau rose. Miraï et sa grand-mère tenaient chacune l'extrémité d'une pancarte, où il reconnaissait les coups de pinceaux de sa soeur. Chôchô et Inojin chantonnaient un "joyeux anniversaire" entre deux éclats de rire. Shikamaru et Temari le regardaient, avec une telle fierté dans le regard, qu'il se retint de fondre en larmes. Et Sayaka traînait, au beau milieu de tout ce monde, un fin sourire sur les lèvres.

Dans un cri surexcité, Mitsuha se jeta sur lui et il la rattrapa de justesse, quelques perles au bord des paupières ; la petite fille l'observa, d'un regard légèrement inquiet, alors qu'il la hissait dans ses bras.

- « pleures pas, Shikadai. » lâcha-t-elle, d'une petite voix. « tu es triste ? »
- « ne t'inquiète pas. c'est des larmes de joie, Mitsuha. » souffla-t-il.
- « tu es content, alors ? » demanda-t-elle, un brin d'espoir dans les prunelles.
- « oui, je suis très content. » acquiesça-t-il. « merci d'être là, Mitsuha et merci d'être toi. »

Le brun se doutait qu'elle ne comprenait pas le réel sens de ses mots, ils étaient sûrement anodins à ses oreilles ; il sentait les morceaux de son coeur qui tombaient un à un dans sa cage thoracique, il sentait la souffrance d'un premier chagrin d'amour qui le submergeait, mais ses mots, il les pensait vraiment. Mitsuha le rendait heureux ; les minutes s'échappaient, inlassablement et il était de plus en plus heureux dans son rôle de grand-frère. D'un revers de manche maladroit, il effaça les quelques larmes au coin de ses paupières et adressa un grand sourire à l'assemblée, qui l'attendait joyeusement ; quoi qu'il arrive, il n'était pas seul. Il était entouré d'une belle et grande famille.