Chapitre 42 :

La Réponse

Le Professeur Lockhart longeait les murs dans les couloirs sombres de Poudlard. Il n'avait plus de potion, le niveau de ses réserves était critique et il devrait bientôt songer à renflouer ses stocks. En attendant, il continuerait à racler les murs dans l'ombre la plus totale.

"Professeur Lockhart !" cria une jeune élève, derrière lui. "Est-ce que vous avez un instant pour le journal de l'école ?"

Ah, ce n'était que la p'tite fouineuse Weasley… Ça ne serait pas un problème. Néanmoins, il ravala une goutte de potion, juste au-cas-où… ça devrait rallonger l'effet de quelques dizaines de minutes.

"Non." répondit-il en se collant davantage au mur de brique. "Allez-vous-en, l'heure du couvre-feu est passée."

"Mais... c'est pour la photo..."

"Non !" cria-t-il, sèchement. "Moins cent points pour Gryffondor."

"C'est injuste..."

"La vie est injuste." dit-il. "Allez-vous-en."

Il entendit des pas s'éloigner, vérifia qu'il était bien seul dans le couloir d'un coup de baguette et accéléra sa marche jusqu'à ses appartements.

"Lumos." dit-il mais la lumière resta éteinte. "Lumos." répéta-t-il.

Il eut à peine le temps de brandir sa baguette quand la lumière s'alluma enfin… et les grands projecteurs l'éblouirent. Ce n'était pas normal.

"Monsieur Lockhart." murmura la voix d'un élève qui lui tournait le dos dans un immense fauteuil. "Je vous attendais…"

"Expelliarmus." dit-il mais le sortilège ricocha.

"Pitoyable..." commenta Harry Black, en tournant le fauteuil pour lui faire face. "Aïeuh, saleté de chat !"

Une chose horrible violette avec d'immenses dents l'avait griffé alors qu'il lui caressait simplement le dos avant de s'enfuir vers sa bibliothèque où il cachait son chaudron personnel… et les quelques fioles qui lui restaient.

"Alors comme ça, le Célèbre Gilderoy Lockhart refuse d'être pris en photo..." dit Harry.

"Alors comme ça, le Célèbre Harry Potter se cache sous une fausse identité…" répondit Lockhart.

Contrairement à ce qu'il aurait espéré, Harry ne parut pas surpris et il osa même en rigoler doucement. Aurait-il deviné ? Peut-être... ça ne changeait rien. Tant qu'il était seul, il n'était pas une menace. Rien ne pourrait bouleverser le Grand Plan.

"Stupef…" commença Harry.

"Protego."

Le sortilège ricocha, d'abord sur le bouclier du Professeur puis sur celui de l'élève et encore et encore et encore... jusqu'à perdre toute sa puissance et il s'évanouit dans un 'pouf'.

"Vous pensiez vraiment pouvoir m'atteindre ?" railla Gilderoy Lockhart. "… après tout ce qu'il s'est passé durant notre petit duel..."

"Vous atteindre ? Non." répondit Harry. "Mon attaque était juste la diversion."

La diversion ? Quelle diversion ? songea Lockhart avant de se sentir extrêmement faible, sa vision s'obscurcit et il tomba, inconscient.

Noir… Tout était noir.

Il n'y avait plus rien : ni vision, ni odeur, ni bruit… Aucune sensation... Rien.

D'ailleurs, il n'avait plus vraiment de conscience non plus. Il ne savait plus où il était, ni qui il était... Existait-t-il, au moins ?

"Appuie sur le bouton power !" entendit-il.

"Tu me prends pour un imbécile ???"

"Oui."

"Vas te faire casser des oeufs sur le crâne, Piaf-à-bec."

"Aaah, attends… Y'a de l'image ! Mais on a perdu le son. Bouge un peu vers la droite... ah ! Un peu vers la gauche... voilà, saute sur un pied…"

"N'importe quoi."

"C'est pas mal, là. Par contre, y'a de la neige... pas dehors, idiot, dans la télé."

Peu à peu, Lockhart reprenait ses esprits. Il savait qu'il était à Poudlard, il se souvenait de sa mission et il avait même reconnu la voix d'Harry, Max et Michael. Oh… merde.

"Pose ce paquet de jambon sur ta tête, voilà. N'ouvre pas la bouche, tu risquerais de faire tomber la cuillère… et l'oeuf qui va avec. N'arrête pas de battre des bras, on y est… L'image, la couleur et le son. Tout est parfait."

Il fallait qu'il sorte... mais Lockhart n'avait plus sa baguette et il était enchaîné dans un brouilleur magique. Peut-être que s'il arrivait à atteindre son couteau, en bougeant délicatement sa jambe… tout doucement...

"QU'EST-CE QU'IL SE PASSE, ICI ?!" gronda le Professeur Rogue.

"Mmmfff…" cria le Professeur Lockhart.

"Nooooon…" hurla Harry. "On a perdu l'image et le son !!! Toute ma vidéo-conférence est fichue…"

"Est-ce que vous avez ligoté un Professeur ?! Un Professeur !!!"

"Fichuuue…" répéta Harry.

Severus Rogue remua sa baguette, en informulé pour libérer son collègue mais il heurta une vingtaine de barrières magiques toutes plus solides et farfelues les unes que les autres. Géniaux… ce n'est pas une faute : ces gamins sont géniaux. Ahem, il devrait plutôt être fâché, non ?

"Est-ce que vous avez une explication logique pour ça ou c'est comme pour le cri de la loutre ?"

"J'en sais rien, Harry nous a kidnappé." expliqua Michael et Max hocha la tête.

Au vu de la mauvaise posture de son collègue, il était le seul ici à être venu sous consentement et il en ressentait une petite fierté. Sans compter qu'il n'aurait pas pu avoir un meilleur cadeau de Noël que de voir Gilderoy Lockhart aussi misérable.

"Je vous jure que si ça n'a aucun lien avec la Chambre des Secrets, je... je..." commença Severus avant de prendre une grande inspiration. "… je retirerais des points à Serpentard."

"QUOIII ???" hurlèrent Harry et Max.

"Waw, c'est historique." commenta Michael.

Harry sautilla sur sa jambe, remua des bras et l'oeuf tomba au sol.

"Qu'est-ce que vous faites, au juste ?"

"J'essaie de faire fonctionner ce téléviseur... mais tant pis." déclara-t-il et il ouvrit le paquet de jambon pour faire une distribution gratuite après rémunération.

Pendant que Gilderoy Lockhart bougeait lentement son bras pour tenter d'attraper son couteau (il avait déjà planifié le meurtre des deux enfants inutiles, simultané et… il savait quoi faire d'Harry Potter et Severus Rogue), Max et Michael s'installèrent dans leurs gros coussins en mangeant des pop-corns et le Professeur des Potions resta planté comme un piquet devant la porte, c'était sa position de détente par excellence.

"Bien... Très bien... Je peux commencer." dit Harry. "Cette histoire commence un jour de Juillet, par un hurlement de femme, il y a onze ans. Je suis né."

"… est-ce que ça a un quelconque rapport avec la conclusion de votre récit ?!" demanda Severus Rogue.

"Ça raconte pourquoi je suis aussi génial et ça commence au berceau... j'ai environ 665 pages en plus de la page de garde, ça ne sera pas long."

"Sautez cette partie."

"Vous avez de la chance, j'ai coupé le passage de la copulation parce que j'ai pensé que vous ne seriez pas très à l'aise d'imaginer ma mère faire l'amour avec..."

"Moins dix points pour Serpentard." dit le Professeur Rogue.

"Oh merde. Vous étiez sérieux ?!"

Entre le regard mortellement sérieux de son Directeur de Maison et celui meurtrier de son professeur de Défense contre les Forces du Mal, Harry songea qu'il était temps d'arrêter de faire des blagues et commença à être plus sérieux.

"Je suis génial, comme je n'ai pas pu vous le démontrer… Si j'avais pu, vous auriez compris pourquoi je suis le seul à m'être posé cette question : comment ai-je pu perdre un duel contre cet abruti de Gilderoy Lockhart ?!"

Michael regarda Max.

Max regarda Michael.

Lockhart regarda Rogue.

Rogue regarda Lockhart.

"Est-ce que t'as assommé, kidnappé et enchaîné un Professeur parce que tu as perdu un DUEL ???"

"J'ai assommé, kidnappé et enchainé un Professeur parce que je n'aurai PAS dû perdre ce duel." répondit Harry. "Je vais vous démontrer pourquoi et surtout... n'avez-vous jamais remarqué que le Professeur Lockhart ici présent est incapable de combattre des créatures pourtant inférieures à celles qu'il décrit dans ses livres ?"

"Il t'a mis K.O. en un coup de baguette et il est incapable de gérer des lutins de merde..." résuma Max. "Si j'étais toi, je me poserai des questions."

"Nan mais c'est pas con, en fait." releva Michael. "Tu penses à ce que je pense ?"

Harry sourit. Michael sourit. Et ils dirent d'une même voix :

"Le Professeur Lockhart est un imposteur !"

"Je le savais." dit Michael. "Depuis quand t'es au courant, toi ?"

"Plus longtemps que toi."

"Attendez. Attendez." coupa Max. "C'est quoi cette histoire d'imposteur ? Vous êtes sérieux ?!"

"Oui." dit Harry. "Y'a énormément d'indices que je n'ai pas pu vous énoncer parce que j'ai dû sauter un demi-millier de pages d'explications… C'est dommage, vraiment. En tout cas, Michael est d'accord avec moi et c'est tout ce qui compte."

Les deux garçons se regardèrent et…

"À 42, on donne la réponse..."

"Ok. 42… 41… 40… 39… 38… 37…"

"Abrégez !!!" ordonna Max.

Alors, ils lancèrent d'une même voix :

"Le Professeur Lockhart a imaginé la plupart ou la totalité de ses récits." dit Michael.

"Le Professeur Lockhart est un mangemort sous polynectar." dit Harry.

"QUOI ?!" hurlèrent-ils, finalement. "Mais t'es malade, toi ! Ça n'a aucun sens !!!"

Michael commença par énoncer ses preuves, notamment en ce qui concernait l'hypnose étrange qui émanait de Lockhart et surtout son incapacité à combattre ne serait-ce qu'un moustique rouge du Pérou.

"Nan, nan, nan. Amateur." coupa Harry.

À son tour, il divulgua ses indices : cette histoire de choixpeau-flou, la photo qu'il avait refusé et surtout, surtout sa puissance.

"C'est pas des preuves, ça ! T'es juste en colère d'être plus faible qu'un lutin."

"Je ne suis pas plus faible qu'un lutin."

"Ah oui ?!" Alors pourquoi est-ce que tu..."

"Les garçons." coupa Max.

"QU'EST-CE QUE TU CONNAIS DE MA VIE POUR OSER DIRE ÇA ???"

"Beaucoup plus que toi-même, j'ai lu toutes les encyclopédies sur la famille Potter !"

"De quel droit est-ce que tu divulgue mon nom ???"

"Je te signale qu'on..."

"Les garçons !"

"Et je ne..."

"LES GARÇONS !!! TAISEZ-VOUS !!!" cria Max, amplifiant sa voix avec un sortilège.

Harry lâcha sa petite cuillère et Michael rengaina sa baguette. Ils se tournèrent vers Max, furieux mais elle fixait Lockhart d'un air étrange. Ils levèrent les yeux et...

"HAHA !" s'écria Harry. "J'avais raison !"

"Ah bah merde." dit Michael. "Il avait raison..."

-Fin du 42ème chapitre-

…à suivre…