42 | Avoir des ordres (ou non)

o Jeudi, Londres, Département d'application des lois magiques, Brigade

Ron accueille mon appel avec un air de patience affectée qu'il abandonne avant même que j'ai fini ma troisième phrase.

"Je viens", est son commentaire. "On se retrouve là-bas. Je vais voir si je peux trouver du monde, mais ce n'est pas un bon jour pour ça... Une visite surprise de la Coopération italienne vient de nous rafler tout ce qui trainait dans les couloirs !"

Groves met sa main sur mon bras et rajoute : "Je suis un peu court moi aussi, lieutenant. Pour les mêmes raisons. Shannen va aller avec Iris. Je vais assurer les arrières et on trouvera bien un ou deux oisifs."

"Lieutenant, est-ce que je dis à Wintringham de nous rejoindre ?", je me risque alors que Ron a l'air de quelqu'un qui va interrompre notre conversation pour aller directement à l'aire de transplanage. "Il est dans le camion qui ramène le butin."

"Avec qui ?"

"Mark et Alderton."

"Alderton suffit. Rapatrie Heathcote et Mark. Je vais essayer de trouver un ou deux tireurs pour le cas où on aurait de nouvelles surprises..."

Et pour mettre en action les nouvelles directives de fusion des équipes chères à notre Commandant, j'apprécie in petto. Je ne sais pas ce qui oppose si profondément Kahn et Weasley, mais je sais pourquoi ce dernier est lieutenant.

Malgré toutes ses objections médicales, Silverspoon n'ose pas me retenir. Shannen recrute deux agents sur le chemin de l'aire de transplanage - l'expérimenté Barty Larrimer et le jeune Greg Thickey. Disons que ça fait une moyenne. Elle les briefe alors que j'appelle Heathcote. Ce dernier prend la nouvelle avec la mâchoire serrée et un air déterminé qui ne vacille que lorsque je lui dis que Weasley le veut dans l'opération. Sans doute s'était-il attendu à l'inverse. Moi, dès que j'ai un neurone de disponible, je me répète que, si je lui avais fait plaisir, Colleen n'aurait pas pu me convaincre qu'aller faire du porte à porte était une bonne idée... C'est une drôle de nou velle responsabilité dont je ne sais que faire.

"Tu ramènes Mark avec toi et, si vous êtes là avant nous, vous attendez !", je termine en espérant avoir l'air suffisamment intimidante pour être écoutée. "Weasley vient", je rajoute pour bonne mesure.

"Je veux qu'on sorte Colleen de cette baraque", me répond lentement Heathcote. "Ça veut certainement dire mettre toutes les chances de notre côté, pas foncer dans le tas. Juré, Iris."

Quelques minutes plus tard, on est tous derrière le mur qui sépare le jardin de la maison où on sait nos collègues retenus. Ron a bien trouvé deux tireurs - Bruce Wind, que je connais de notre dernière mission de protection auprès du Département de la Coopération, et Astrix Broodmaer, qui a tellement de prévention contre les garous que je me demande parfois si mon père l'a saqué dans ses cours.

Ron a aussi un plan : "Les enfants, c'est simple : on sait qu'ils sont au deuxième étage. On sait qu'il n'y a pas d'autres sorciers que nos agents. Vu le rapport des analystes, on peut penser qu'il y a des elfes - je ne vous apprends rien, on ne les détectera pas avant de les voir. Donc, on ne sait pas combien. Le mieux est d'ouvrir trois fronts une fois qu'on a placé une solide barrière anti-transplanage. On va le faire au dernier moment - un dans chaque équipe, en coordination."

On acquiesce tous plus ou moins martialement.

"Je prends la porte d'entrée avec...", il a un regard périphérique et désigne un des Tireurs et le plus jeune policier : "notre ami Bruce et notre ami Greg. On frappe. On nous ouvre, on parlemente ; on nous ignore, on entre. Même si on nous ignore, notre entrée fait diversion. Bruce en couverture, Greg en liaison avec les autres équipes - et ça va être important la liaison, mon garçon", précise encore Ron. Le jeune policier que je connais assez hautain opine avec une notable sobriété, clairement intimidé. "Quand on trouve les camarades, tu en évacues un sans te poser de questions."

Quand il a reçu la confirmation qu'il attend de Greg Thickey, Weasley se tourne vers moi.

"Iris, avec Mark, vous allez pendant ce temps-là entrer par le haut. Il y a différents vasistas, vous allez bien trouver comment. Je crois que le plus discret est le mieux ; il ne faudrait pas qu'ils s'affolent trop vite. Astrix, tu les accompagnes, tu les couvres. Mark à la communication et l'évacuation. Iris est décisionnaire", il insiste, et je me dis qu'il sait aussi à qui on a affaire avec Broadmere. Merlin, si la question n'était pas de sortir Colleen et le jeune Bellchant - aussi agaçant soit-il - du pétrin, je pourrais abuser de la situation !

"Heathcote, tu prends le sous-sol avec Barty et Shannen... Barty à la communication et évacuation ", décide encore Ron, les yeux sur la maison, étonnamment silencieuse et fermée en cet après-midi printanier.

Les deux policiers articulent un "Oui, lieutenant", mais Heathcote soupire et s'agace : "Ron, sauf ton respect, tu me mets dans l'équipe qui arrivera la dernière, et c'est tellement délibéré que je n'ai pas de tireur !"

"D'abord, je ne prétends pas savoir ce qui va se passer quand on va assaillir cette maison.. Ils peuvent décider d'une stratégie qui nous échappe pour l'instant et qui privilégiera les caves", lui répond gentiment Ron, détournant pour la première fois les yeux de la bâtisse assez longtemps pour avoir l'air de s'intéresser à quelqu'un. Heathcote se raidit sous son regard mais reste calme. "Barty et Shannen, tu sais que tu peux compter sur eux. Vous allez bien veiller sur lui, hein, vous autres ?"

"Je ne vais pas faire de connerie. Lieutenant, n'est-ce pas l'occasion de montrer que je ne fais pas de connerie ?", plaide Heathcote Wintringham. "Même si, Merlin, j'aurais toutes les excuses !"

"Wintringham, tu pourrais être en train de vider un camion au Ministère", lui rappelle Ron, toujours gentiment. "Ma confiance est celle-là. Ni plus ni moins. A prendre ou à laisser."

Heathcote me regarde et je lis sa résignation dans ses yeux.

"Je prends l'équipe de la cave, lieutenant", il articule.

"On est partis", conclut Ron en lui frappant sur l'épaule.

oo Jeudi, Pembroke, Maison voisine de celle de Menna

Le premier vasistas s'ouvre, mais la pièce est bourrée de meubles et de cartons. Le second n'offre pas davantage de résistance et un accès à une chambre simple et sans doute occupée que très occasionnellement. Mark envoie de ma part un message à Thickey pour dire qu'on est en place. On nous répond d'attendre.

J'en profite pour vérifier que Mark a en tête les singularités de la magie des elfes ; Broadmere étouffe un bâillement que mon aspirant ignore courageusement. Ses réponses sont satisfaisantes, notamment sur la nécessité même avec une barrière de transplanage de lancer un sort spécifique pour empêcher nos éventuels opposants elfes de nous filer entre les doigts. Je me sens juste obligée de rajouter que nos barrières anti-transplanage sont réglées pour laisser passer tout porteur des jetons de sauvetage émis par le Département.

"Et c'est ton job, ça, Mark. Prendre un des agents et le sortir de là", je rappelle. Mark confirme qu'il le sait. Broadmere marmonne que rien que pour n'avoir jamais à jouer les baby-sitter, il est content de ne pas être Auror. "Grâce à la protection du Tireur Broadmere, Mark, on est en totale sécurité", je persifle. Le Tireur préfère faire comme s'il n'avait pas compris. Mark écarquille les yeux, et je me sens un peu puante.

"Chef, le décompte", souffle Mark le jeton à la main. L'ordre est enfin arrivé.

Je pose la main sur ma poitrine pour indiquer que je pose la Barrière. Je n'ai pas envie de rajouter du stress à Mark et j'ai une méfiance sans doute exagérée mais tenace en Broadmere.

"Compte", j'ordonne à Mark en me concentrant.

A neuf trois-quart, je lance mon sortilège et je le sens rejoindre les autres pour venir enfermer la maison dans une bulle quasi impénétrable, traversable uniquement par les jetons de transplanage du Ministère. Je vois dans les yeux de Mark et Broadmere quand ils sentent la Barrière se poser sur la maison.

"Ordre d'investir les lieux", annonce Mark d'une voix étrangement précise et timide.

Je désigne donc la porte et je pose ma main sur la poignée quand un gong retentit depuis les entrailles de la maison, sans doute pour prévenir que quelqu'un demande visite. Je pousse la porte de la chambre sans craindre d'être entendu. J'imagine que Wintringham suit une progression inverse depuis la cave. Je mets Broadmere en avant-garde, Mark au milieu et, moi, je ferme la marche. La maison qui a connu des jours meilleurs est organisée autour d'un grand escalier centrale, avec balustrade qui aurait besoin d'une certaine rénovation et des tapis qui sont propres mais élimés. Reste que l'ensemble a eu une certaine grandeur.

En se penchant à peine, on distingue une elfe, les oreilles en arrière, qui hésite à descendre ouvrir. Plusieurs fois, elle s'engage dans les escaliers pour renoncer et remonter. Jamais elle ne lève la tête. Broadmere me demande silencieusement s'il l'abat et je refuse d'un geste de la tête. Il faut éviter de créer plus de confusion qui pourrait se retourner contre nos otages.

Finalement, la patiente légendaire de Weasley ayant atteint ses limites connues, la porte d'entrée s'ouvre à la volée, et on entend la voix du lieutenant répéter qu'il agit pour le compte du Département d'application des lois magiques. Étonnamment, cette affirmation semble décider l'elfe qui se projette dans l'escalier en s'excusant avec confusion d'avoir mis autant de temps à répondre et en se cognant la tête contre la rambarde avant que Ron ne l'arrête fermement.

"Elle ne veut pas qu'ils montent trop vite. Allons", j'indique à mon équipe. "Je passe devant. Mark reste en pivot." Broadmere prend ça mieux que je l'aurais pensé. "Si on trouve les agents, Mark, tu files avec le premier que tu peux atteindre. Priorité absolue", je rappelle.

"Je suis prêt, chef", me promet Mark avec patience, et on descend l'escalier avec un sortilège d'amortissage sous nos pieds bien que notre progression soit toujours notablement couverte par les échanges de l'entrée. Au rez-de-chaussée, Ron parlemente toujours et on entend l'elfe lui raconter que "Madame" se repose et qu'il ne faut pas la déranger.

A l'étage inférieur, mon équipe ouvre plusieurs portes sur des chambres plus ou moins poussiéreuses et une salle de bains avant de tomber nez à nez avec un autre elfe, sec à force d'être maigre qui glapit en nous voyant. Je place le sortilège pour l'empêcher de transplaner avant qu'il n'ait décidé s'il veut battre en retraite, fuir ou protéger sa maîtresse. Parce qu'il y a une cheminée dans la pièce où nous sommes entrés et qu'une femme âgée est installée dans une chaise longue de jardin en plastique, avec de grandes roues de chaque côté, sous une pile de couvertures et édredons.

"Qui est-ce, Vardo ? C'est toi, Menna ?", demande la vieille dame d'une voix faible.

Alors que j'hésite à me présenter officiellement, Mark met une main sur mon bras et désigne de sa baguette deux silhouettes allongées sur des lits jumeaux dans la chambre contiguë. J'opine et il s'élance. Ledit Vardo essaie de se dégager de mon sortilège d'entrave pour l'en empêcher. Broadmere le met en joue. La vieille dame répète ses questions en essayant de parler plus fort. Des pas lourds et nombreux courent dans l'escalier. Je vois Mark se retourner une dernière fois vers moi, il tient la main d'une des silhouettes. J'acquiesce et, à mon ordre non verbal, il disparaît avec l'un des agents. J'espère vaguement, sans savoir si j'ai raison de le faire, qu'il a laissé Colleen pour Heathcote. La suite prouve que oui.

Les deux équipes du bas entrent ensemble dans la pièce. Thickey rejoint sans attendre la seconde silhouette, prend un poignet qui me paraît féminin mais se retourne et questionne: "Wintringham ?"

"Tu as tes ordres", rappelle Heathcote d'une voix distante.

Greg Thickey n'hésite pas davantage et active son Portoloin alors que Ron, lui, n'a marqué qu'un temps d'arrêt en entendant l'échange. Il a rejoint la vieille dame et l'interroge.

"Mon nom est Sunniva Terfel", lui répond la vieille dame. "Qui êtes vous ? Je ne peux pas vous voir. Vous êtes des sorciers, c'est sûr, mais..."

"Nous sommes des Aurors, Madame Terfel", lui précise Weasley.

"Oh", commente la vieille dame. "Qu'est-ce qu'ils ont fait !?"

"Vous saviez que nous étions sorciers", remarque Ron. Harry a plein d'histoires sur la première fois que son pote est venu passer des vacances moldues à Londres. Il semble avoir fait des sacrés progrès. "Pourtant vous-même ne l'êtes pas. Vous sentez notre magie ?"

"Je suis née cracmolle, mais mon défunt mari était sorcier lui... Et nos enfants aussi, pour le bien que ça leur a fait quand les gens de votre Voldemort sont venus nous rançonner et que mes garçons ont essayé de s'y opposer. Vous n'étiez pas là ce jour-là, hein ?"

"Non", admet Ron qui était sans doute un bébé à l'époque. Se rendant sans doute compte que la conversation va être longue. il se retourne vers nous. "Mettez les deux elfes là où on peut les surveiller. Wind et Broadmere, ils sont pour vous. N'oubliez pas qu'ils sont plus puissants qu'ils ne le mesurent eux-même. Shannen et Bart, faites le tour des lieux, ne touchez à rien mais repérez les lieux à fouiller. Et Wintringham, va à Ste-Mangouste et voit dans quel état sont nos camarades. Je veux un rapport dès que tu sais. Ce sont tes ordres."

Heathcote a un temps d'hésitation qui me fait penser à Mark puis accepte avec un imperceptible mais sincère : "Merci, lieutenant"

"Ce sont vos elfes ?", demande Ron revenant à Sunniva Terfel sans vérifier que Heathcote a obtempéré.

"Oui, ma nièce Menna me les as offerts. Ils s'occupent bien de moi."

"Ils ont assommé deux de nos agents, madame Terfel, l'informe Ron toujours très aimable.

"Vous allez les arrêter ?", imagine la vieille dame. "Mais qu'est ce que je vais devenir, moi ?

"Iris... on va avoir un problème là", commence Ron. Autant dire qu'il est en train d'en faire mon problème. Je sais bien lequel : d'abord arrêter des créatures suit un protocole particulier, ensuite, il faut trouver des remplaçants pour s'occuper de madame Terfel.

"On peut appeler le *Bureau de régulation des créatures", je propose.

"Iris a tout le temps des bonnes idées", commente Weasley pour Sunniva Terfel. "Que diriez-vous d'une tasse de thé ? Mark va nous préparer ça et prendre notre discussion en notes."

Ayant moi aussi mes ordres, je sors de la pièce pour passer l'appel.

ooo

Il fait presque nuit quand Ron décide qu'on en a assez fait pour aujourd'hui. Sa participation active à la rédaction des dossiers, mise à part quelques appels qu'il a passés hors de nos oreilles, a permis de régler rapidement et efficacement des détails pénibles comme les conditions de pré-détention de la femme d'Alfie Cowan avec son bébé ou le remplacement des elfes de la tante Sunniva. Les autres services du Ministère ont tendance à collaborer avec un lieutenant.

"On a clairement de quoi les faire tous tomber", je remarque alors que nous nous retrouvons subitement seuls tous les deux.

"Et Shannen et toi, vous allez faire ça très bien, demain", il me répond.

"Elle ne pouvait pas rester ce soir", je reconnais." La vérité est que si je ne lui avais pas dit d'aller s'occuper de son fils malgré les appels de sa mère, elle serait encore là."

"Et il n'y a aucune raison de se précipiter. Dis aux autres qu'ils en ont assez fait. Félicite-les et dis-leur 'A demain les gars, revenez en forme'. Shannen sera là. Heathcote et Temple seront revenus et plein de bonne volonté", il rajoute avec un clin d'œil.

"Deux elfes qui te tombent dessus en embuscade, tu n'as aucune chance", je défends Collen et son jeune collègue. "Je sais bien que tout le monde va se moquer de Temple et Bellchant, mais c'est pourtant la vérité. Deux policiers, comme deux Aurors."

"J'ai toujours dit que si les Gobelins avaient embauché les elfes quand ils nous ont fait la guerre, la statue de l'atrium du Ministère aurait une toute autre gueule", il abonde. "N'hésite pas à les défendre. Je sais que tu es du genre qui ne laisse pas les autres abuser devant toi mais, si tu en as besoin, sache que je suis derrière toi. Et puis Sam a besoin de toi, c'est leur premier jour de vrai procès demain. Va, Iris. Tout ça sera là demain."

Je répercute les ordres qui m'ont être donnés, mais je pars avec les dossiers de la famille Terfel sous mon bras. Sam a déjà commandé des plats indiens - nos préférés, pas que Sam soit aventureux culinairement, mais c'est un signe de besoin de sécurité. Il est plongé dans ses propres dossiers quand je rentre. D'un accord tacite, on se met à table sans attendre parce qu'on sait qu'on va bosser derrière et se lever tôt. Il me questionne sur ma journée et arrête de manger autour de ma narration de l'arrivée de Khan sur les lieux.

"Ton Mark va avoir du mal, quand vous allez avoir des affaires normales", il commente sans que je sache bien s'il rigole ou non.

"Eh bien, c'est censé être une affaire normale", je persifle. Il sourit, et ça me semble forcé mais je ne sais pas comment revenir à plus léger. "La police magique pourrait être seule face à tout ce bordel et nous avoir appelé trop tard - quand Temple et Bellchant ont été enlevés !"

Je continue ma narration, et Sam se contente de peu de commentaires. Il finit par jeter ce qu'il n'a pas mangé, nettoyer son assiette et me dire qu'il a du boulot. Je prends le temps de finir mon propre plat et de prendre un dessert avant de venir m'asseoir à côté de lui. Il est en pleine relecture d'interrogatoires auxquels je n'ai pas assisté. De ce que j'entrevois, j'imagine que ça a un rapport avec les NGuyet mais je ne demande rien.

Je préfère me plonger dans un document auquel je n'ai pas eu le temps d'accorder l'attention qu'il mérite : l'inventaire de la grange de Pembroke. Il est contresigné par Alderton qui certifie que tout est arrivé à Londres. Il y en a des pages et des pages, produits moldus et sorciers. Alderton qui est du genre consciencieux a pris sur lui d'envoyer la liste des produits moldus à la police moldue et a obtenu des confirmations.

"Merlin", souffle brusquement Sam, et je me rends compte que lui lit par dessus mon épaule.

"Alderton, il n'aime pas trop l'action mais il tient debout comme enquêteur", je commente.

"Dire qu'on est passé à côté de tout ça, Zoya et moi ! Et que tout le monde nous protège : elle parce qu'elle court après les gosses disparus dans toute l'Europe et moi à cause du procès !", il rétorque ; visiblement on n'a pas les mêmes angoisses.

"Tu as des nouvelles de Zoya ?", je questionne parce que si j'avais eu le temps je l'aurais déjà appelée.

"Non, pas eu le temps", il marmonne. "Je ne vais plus oser regarder Weasley dans les yeux..."

"Sam, là, c'est toi qui psychotes", je soupire. "Il t'a dit ce qu'il avait à te dire..."

"Oui, que j'ai intérêt à ce que le procès Graves, Nguyet donne quelque chose. Et ce n'est pas si facile !"

Je laisse mes parchemins s'enrouler pour le regarder.

"Sam, Seamus et toi, vous avez toutes les cartes en main."

"Toi, tu sais alléger la pression !", il proteste.

"Tu sais ce qu'il m'a dit Ron quand il est arrivé à la grange ?", je risposte. Sam me regarde - j'ai toute son attention, pas de doute. "Je rêve ou tu flippes ?"

"Merde", s'inquiète Sam.

"Ron me connaissait quand j'avais peur de monter à plus de quatre mètres sur un balai", je relativise.

"Merde, je flippe", m'avoue Sam. Il continue à se livrer avant même que j'insiste "Il y a trop d'enjeux autour de ce procès. S'il ne s'agissait que de ma carrière, je crois que ça irait ; s'il ne s'agissait que d'une exigence morale que j'aurais, ça irait aussi, je pense. Mais là, ça se mélange, et je flippe."

"Et si tu oubliais ta carrière et que tu pensais au procès, juste au procès. On te demande de faire de ton mieux pour que les coupables écopent de la peine qu'ils méritent. En fait, le reste devrait suivre."

"Ce procès est plein de chausse-trappes."

"Je sais. "

"Ne dis pas "je sais", Iris !", il s'agace. On a passé l'après-midi dessus avec Paulsen - c'est pour ça que Ron ne nous a pas mobilisés pour votre opération. Il n'a pas osé nous enlever à Paulsen. Mais si quelqu'un méritait de devoir sortir Temple et Bellchant de ce bordel, c'est bien moi !"

"Sam, c'est ridicule de te rendre responsable d'un truc qui aurait pu se passer sans que je sois impliquée, sans que tu n'en saches rien. Même si vous aviez... pris le temps de demander un complément d'enquête, Zoya et toi, ça aurait pu se passer, Sam. Ils auraient pu suivre leur propre piste et se faire descendre par ces deux elfes, adorables au demeurant, qui voulaient juste protéger leurs maîtres. La moitié du recel à été déplacé par ces deux elfes quand la vieille dame faisait la sieste - tu m'as écouté quand je racontais ? Le Bureau de régulation des créatures veut se porter partie civile contre les Terfel."

"Tu sais à quoi il va falloir que vous fassiez attention quand le procès viendra ?" Je secoue la tête, saisie par son ton et le changement d'obsession. "Que l'opinion publique ne pense pas que vous en fassiez un peu trop contre des petites gens qui n'ont pas la chance d'une bonne éducation. Des sorciers d'avant, comme mes parents, Iris. Qui ont aidé leur grand-mère et tante cracmolle, qui n'ont pas voulu perdre leurs biens, qui n'ont pas accès aux carrières bien tracés et rémunératrices. À qui on reproche que leurs elfes soient loyaux et attentionnés. Je force le trait mais attention que ce procès ne devienne pas un procès de la société toute entière. "

"Tu crains ça aussi pour le tien ", je réalise.

"Non, je sais déjà qu'avec un producteur de musique, un quart de Harpie, un sorcier de bonne famille, un artisan peu regardant et une famille de migrants voulant s'enrichir trop vite, j'ai de quoi remplir la Gazette, articles et courrier des lecteurs, pendant des semaines."

oooo Notes

Les trois équipes

Weasley avec le Tireur Bruce Wind et le jeune agent Greg Thickey

Iris avec le Tireur Astrix Broadmere avec qui elle avait eu maille à partir dans Dans une famille normale et notre ami Mark

Wintringham avec Barty Larrimer et Shannen, deux agents expérimentés.

Je promets que la Morsure est en train de sortir doucement de son ornière... en attendant, Iris a des trucs à nous raconter, ça tombe bien. Je ne suis pas arrivée à trouver quelle phrase sortir de ce chapitre pour ma pub sur Facebook, proposition bienvenue !