Chapitre 44 : Drago s'entraîne à avoir l'air cool
Note de la traductrice :
Les passages en italique sont extraits de la traduction de J-F Ménard.
- Désolé pour vos caramels, dit Harry à mi-voix à Fred et George alors qu'ils se rendaient à la Coupe de Quidditch.
Ils haussèrent les épaules à l'unisson, mais avaient l'air vraiment démoralisés, car ils ne répondirent pas avec une blague.
- Mes Menthes Pensantes ne marchent presque pas, mes Guérisseurs à la Cerise ont un goût de sang, et mes Chocolats Calmants… bon, ils fonctionnent, mais ça reste une version moins bonne des chocolats de Honeydukes. Dudley a bien aimé mes Framboises Acides, mais je ne vois pas pourquoi – elles sont conçues pour faire tomber la langue. Façon de parler.
- Harry a raison, dit George.
- La vie est souffrance, ajouta Fred.
- Et la souffrance, c'est de l'art, conclut George.
Harry ne voyait pas trop ce qu'ils voulaient dire, mais les jumeaux eurent l'air satisfait.
- Nous voulons quand même ajouter tes bonbons à nos formulaires de commande.
- Le professeur Rogue va me pendre par les pieds et m'écorcher, dit Harry en fronçant les sourcils. Il a dit que je n'ai pas le droit d'utiliser ses leçons pour créer une pharmacie, et je pense que ça inclut les bonbons.
- La vie est plus simple si tu n'écoutes pas les professeurs, lui dirent les jumeaux, et Harry ne pouvait pas vraiment les contredire. Mais comme il ne voulait pas non plus donner son accord, il les laissa et rejoignit Ron et Hermione.
La Coupe du Monde de Quidditch fut fabuleuse, mais se réveiller en pleine nuit pour se disperser dans les bois, pas du tout.
Les lanternes colorées qui avaient éclairé le chemin du stade étaient à présent éteintes. Des silhouettes sombres trébuchaient parmi les arbres ; des enfants pleuraient ; des cris angoissés, des voix paniquées retentissaient autour d'eux dans l'air froid de la nuit. Harry se sentait poussé en tous sens par des gens dont il n'arrivait pas à voir le visage. Puis il entendit Ron lancer un cri de douleur.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda Hermione d'une voix inquiète en s'arrêtant si brusquement que Harry la heurta de plein fouet. Ron, où es-tu ? Oh, c'est idiot… Lumos !
Elle fit jaillir de sa baguette un rayon lumineux et éclaira le chemin. Ron était étalé de tout son long par terre.
- J'ai trébuché sur une racine, dit-il avec colère en se relevant.
- Avec des pieds de cette taille, c'est difficile de faire autrement, dit une voix traînante derrière eux.
Harry, Ron et Hermione se retournèrent et virent Drago Malefoy, seul, appuyé contre un arbre, l'air parfaitement détendu. Les bras croisés, il avait dû regarder ce qui se passait sur le camping à l'abri des arbres.
Ron conseilla à Malefoy de faire quelque chose qu'il n'aurait sûrement pas osé répéter devant Mme Weasley, Harry en était convaincu.
- Surveille un peu ton langage, Weasley, dit Malefoy, une lueur étincelante dans ses yeux pâles. Vous feriez peut-être mieux de vous dépêcher. J'imagine que vous n'avez pas envie qu'elle se fasse repérer.
Il fit un signe de tête en direction d'Hermione. Au même moment, une détonation aussi puissante que celle d'une bombe retentit dans le camping et un éclair de lumière verte illumina brièvement les arbres qui les entouraient.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? lança Hermione d'un air de défi.
- Granger, je te signale qu'ils sont décidés à s'en prendre aux Moldus, répondit Malefoy. Tu as envie de montrer ta culotte en te promenant dans les airs ? Si c'est ce que tu veux, tu n'as qu'à rester où tu es… Ils viennent par ici et je suis sûr que ça nous ferait tous bien rire.
- Hermione est une sorcière, répliqua Harry avec colère.
- Tu me brises le cœur, Harry.
- Depuis quand tu l'appelles Harry ? demanda Ron.
- Oh, depuis l'année dernière, par là, dit Drago en agitant la main d'un air vague.
Une nouvelle explosion, encore plus forte, retentit de l'autre côté des arbres, provoquant des hurlements autour d'eux.
Malefoy eut un petit rire.
- Ils ont vite peur, dit-il d'un ton nonchalant. J'imagine que ton père vous a dit de vous cacher ? Qu'est-ce qu'il fabrique ? Il essaie d'aider les Moldus ?
- Oui, il essaie, dit Harry d'un ton sec. Et je parie que je sais où est ton père, donc arrête de parler de celui de Ron.
Drago leur lança un regard froid.
- Vous vous en sortirez. Dégage, héros. C'est au tour de grands de jouer ce soir.
- Fais gaffe que le Ministère ne te prenne pas pour un d'eux, Drago, dit Harry. Une erreur est si vite arrivée.
Drago arqua les sourcils, mais leur fit signe de filer au lieu de sortir sa baguette. Harry n'avait vraiment pas le temps de s'occuper de lui ce soir.
