Pour la première fois depuis leur arrivée au Mont Olympe, Bêta et Sue ne se crièrent pas dessus en se réveillant. En fait, pour être honnête, Bêta s'était considérablement adoucie depuis qu'elle sortait avec Gamma. Sue avait, semble-t-il, compris qu'il ne fallait pas toucher aux affaires des autres - Cerise aussi d'ailleurs - et Rinka... Bah, Rinka n'avait jamais eu de problème avec ses colocataires. C'est donc dans un calme olympien que la chambre N°16 se prépara pour cette nouvelle journée d'entraînement.
Dans la chambre N°5, celle de Riccardo, Samguk et du duo feu/glace N°2, les matins étaient plus calmes aussi, bien que les deux amoureux continuaient de se disputer. Mais bon, c'était leur routine. Riccardo avait mis en pratique ce qu'il avait ''appris'' en observant tous les couples, emmenant sa petite amie dans un endroit magnifique des Jardins d'Aphrodite.
Doug et Michael n'osaient plus s'embrasser devant les autres, trop gênés de leur mésaventure, bien qu'en réalité, Doug s'en fichait, il était si parfait. Mais Michael... Il ne s'en était pas encore remis et avait même interdit à son petit ami de le toucher avant leur retour chez eux, quand ils seront sûrs et certains que personne pouvait les surprendre.
Byron et Nathan avaient passé la nuit dans le même lit, en ne faisant rien de plus que s'embrasser, et se câliner, se fichant un peu de la présence d'Arion et Sol, tandis que Aitor, de son côté, s'était amusé à embêter Gabi lui demandant si maintenant, ils pouvaient faire des trucs ''de couples'', à savoir... Le bleu n'avait pas pu finir sa phrase, interrompu par le crampon du rose dans sa figure, sous les rires de J-P et Njord.
Dans la chambre N°6, ce fut un cri de terreur pure qui réveilla ses membres. En effet, Scotty s'était amusé à fabriquer un masque horriblement laid et effrayant pour faire peur à Austin et Lucien qui, les pauvres, étaient tous les deux tombés de leurs lits, malheureusement les deux du haut. Le petit diable s'était fait ensuite réprimander par Zack, qui lui n'était pas très crédible dans le ce rôle.
Dans la salle des trônes, Hermès rendait son rapport à son père, aidé d'Iris qui rendait le sien à Héra.
- Ils font ce qu'ils veulent. C'est insupportable ! se plaignait le dieu des voleurs. J'en ai surpris deux qui faisaient des galipettes dans les jardins d'Aphrodite. Certains ne dorment pas dans leurs chambres, rejoignant leurs petits copains ou petites copines. Et le pire, c'est quand ils font des trucs - qui soit dit en passant ne sont pas de leur âge, ils ont entre treize et seize ans bordel ! - mais qu'ils laissent tout derrière eux, et que les nymphes doivent nettoyer ! Ce n'est pas normal, Père.
- Laisse-les. Ils sont suffisamment matures pour savoir ce qu'ils font non ? Une partie d'entre eux a voyagé à travers le temps et l'espace, l'autre partie à parcouru un pays entier pour combattre de faux extraterrestres. Tu sais, ta mère n'étais pas très âgée quand elle et moi t'avons...
- Ça va ! Je ne veux rien savoir de plus. Mais les nymphes en ont marre. En plus, depuis que vous avez libéré leurs manageuses qui ne doivent plus cuisiner, elles ont beaucoup plus de travail !
- Hermès. Nous avons besoin de ces enfants pour notre survie. Alors, ils font ce qu'ils veulent.
- On verra ce que vous direz le jour où vous en verrez l'un d'entre eux assis sur votre trône, Père, râla Hermès en s'affalant dans son siège divin.
- Moi, je les aime beaucoup, ces petits mortels. Ils sont amusant, et il y a tellement de rebondissements dans leurs vies, intervint Iris en souriant.
- Je dois avouer qu'ils nous distraient. Cela faisait longtemps que nous n'avions pas eu autant d'animation à l'Olympe, approuva Dionysos.
- Oh, toi, espèce d'alcoolo ! Tu leur a fourni des boissons qui les a rendu encore plus bêtes ! recommença Hermès
- Hey ! Ils faisaient une fête ! se défendit le dieu du vin.
- Et alors ? On peut faire une fête sans alcool !
- Bon, maintenant, ça suffit ! tonna Zeus en se levant de son trône d'or. Ces enfants sont notre salut. Point barre.
- Et nous sommes des dieux, bon sang ! Ils nous doivent quand même un minimum de respect ! Fut un temps où vous n'auriez même pas toléré que l'un d'eux vous regarde ! bouda son fils.
La discorde s'était invitée dans leur réunion, visiblement. Même si Éris n'était pas présente en personne, on sentait bien sa petite touche personnelle dans la dispute qui opposait le père et le fils. Athéna tenta de jouer les médiatrices, elle qui était si fort attachée aux joueurs et manageuses, épaulée par Artémis qui n'était pas mécontente d'avoir des jeunes gens qu'elle aidait à s'améliorer. Bien vite, Hermès se retrouva seul contre les onze autres dieux. Oui, même Arès prenait la défense des enfants.
- Quoi, ils sont les guerriers idéaux pour mener une guerre, vu la puissance avec laquelle ils frappent le ballon, se justifia-t-il faussement.
Le messager soupira. Bon, après tout, c'est vrai qu'ils n'étaient pas si mal comme gamins. C'est vrai, les manageuses, malgré qu'elles n'avaient plus besoin de le faire, étaient toujours prêtes à aider les nymphes pour les repas et le linge. Et les joueurs ne manquaient jamais de faire la vaisselle, par groupe, chacun leur tour, sans que personne ait eu besoin de le leur demander, ni même de dire à quel groupe c'était le tour. Et puis, Hermès se remémora une mésaventure qui lui était arrivé deux jours avant. Il transportait une montagne de chose dans ses bras, et avait trébuché sur un ballon qui traînait dehors. Tout s'était étalé par terre, et directement, alors que c'était leur pause de midi, Arion, J-P, Lucien, Rosalina, Fei, Goldie, Skie, Camélia, Darren, Austin et Mark étaient venus l'aider. Bon. C'étaient des êtres comme les autres après tout. Ils n'étaient pas bien différents des dieux, si on excluaient les pouvoirs et l'immortalité.
- Très bien. Je vais passer l'éponge. Mais je vous en prie, je me fait harceler par les nymphes, faites quelque chose pour elles quand même !
- Soit, qu'il en soit ainsi. Je vais demander à Hécate de mettre au point un sort qui nettoiera leurs couvertures automatiquement, pour soulager les nymphes de ce point là.
- Merci, Père.
Derrière les portes de la salle des trônes, deux petits fouineurs avaient maintenant les joues rouges en entendant l'énumération de leurs bêtises. Arion regarda Rosalina avec de grands yeux, avant de s'enfuir en courant vers le réfectoire, dans le bâtiment qui faisait face au palais de l'Olympe. Le tout jeune couple n'était pas - encore - concerné par les dires d'Hermès concernant les draps de lit, mais ils connaissaient très bien l'identité de ceux qui l'étaient. Ils rejoignirent leurs camarades pour le petit-déjeuné, comme si de rien était. Pourtant, dès que leurs regards se croisaient, ils étaient pris d'une furieuse envie d'éclater de rire.
