Bonjour à tous ceux qui sont encore encore là... il y a encore quelqu'un ? Il faut dire qu'il s'est passé encore une année depuis le dernier chapitre. Pour ce qui est des oeuvre culturel des Big Four... ba il reste la série Raiponce encore en diffusion... Même la reine des neiges 2 est sortie, et au vu du film, je ne pense pas qu'il y en aura d'autres. Il reste plus que les œuvres des fan pour continuer à faire vivre ces licences, et les soutiens des lecteurs, quand j'y pense j'aurais du répondre à chaque nouvelle review et je me sens un peu coupable de ne pas l'avoir fait et de vous avoir fait attendre aussi longtemps :

Merci infiniment à Alex Carthas, qui le premier à reviewer mon dernier chapitre il y a plus d'un an maintenant, CrazyWizard, LittlePhoenix59, une de mes lectrice les plus ancienne, Azilize, et Community7, qui m'ont motivé sur la dernière ligne droite (c'est toujours le plus compliqué). Je penses que j'aurais fini par abandonner sans tout ces soutiens, alors vraiment merci à tous. J'espère à chaque fois être digne de votre soutiens (et je vis dans la crainte que ce ne sois pas le cas).

Encore une fois je crois qu'il faut un petit résumé... :

Harold, Merida, Jack et Raiponce (et Krokmou le dragon d'Harold) sont maintenant dans leur troisième année à Poudlard. Après de terrible et mystérieux incidents au cours de l'année, ils découvrent qu'il s'agissait d'un plan conçu par Drago, un ancien beurkien décidé à se venger de l'île de Beurk, qui a utilisé un collier couvert de rune de manipulation pour prendre le contrôle d'un énorme dragon de glace alpha enfermé sous l'école, ainsi que d'une armée de dragons enfermés avec lui. La majorité des élèves et professeurs de Poudlard parviennent à s'enfuir du château avant l'arrivé des dragons, et ouvre un passage de feu de cheminette entre Poudlard et l'île de Beurk. Grâce à Raiponce, la queue de Krokmou est soigné et il a pu amener Harold jusqu'au château dans lequel il retrouve Vaneloppe (la sœur de Jack) il ne reste plus dans le château qu'Anna et Milo Thatch (le professeur de rune), Jack (venu chercher Vaneloppe, il a finalement risqué sa vie pour sauver Anna et Milo) et Pitch (mystérieux jeune homme qui s'est porté au secour de Jack)... C'est à se moment que je me rend compte que c'est compliqué -'. A l'extérieur de Poudlard, les combats font rage entre l'armée des dragons et les beurkiens, avec notamment Astrid, ami d'Harold, qui ont lié leurs âmes à celle de dragon avant que l'Alpha n'en prenne le contrôle. Malgré la magie de glace d'Elsa qui est parvenu à retenir momentanément l'Alpha, ce dernier est parvenu à se libérer et fait de nouveau marche vers le passage en direction de Beurk, et avec lui Drago.

... J'espère que ça suffira...

Alors maintenant place au chapitre !

Celui qui dirige les dragons

-Il faut qu'on aille le sauver, insista la petite gryffondor, il en aurait fait autant pour nous.

-Jack et le dragon sont beaucoup plus rapide que nous. Répondit Mr. Thatch avec raison. Même en les poursuivant maintenant, on aurait que très peu de chance de les rattraper. Et même si on y parvenait-on ne pourrait rien faire. Aucun de nos sortilèges ne fonctionne contre les dragons. Si on tombe à nouveau sur le dragon, ou sur une autres de ces créatures, on sera vraiment en danger.

-Mais alors qu'est-ce qu'on peut faire pour aider Jack ?

-On peut tenter de sortir d'ici par tous les moyens. Lorsque Jack se sera débarrassé du dragon, il nous rejoindra à l'extérieur. Nous devons rejoindre la gare de l'école. Jack nous a dit qu'il avait bloqué le couloir de Dantzig et qu'en plus il y a des dragons par là-bas. Cela n'arrange pas nos affaires. Je ne voulais pas en arriver là mais on va devoir utiliser les runes d'intangibilités pour se frayer un chemin à travers les murs.

-C'est génial ! Acquiesça Anna. On aurait dû faire ça plus tôt. En ligne droite on va facilement pouvoir s'en sortir.

-Ce n'est pas génial au contraire. Rectifia Milo d'un air préoccupé. C'est même dangereux. Utiliser des runes demande beaucoup de magie, encore plus si on a peu de temps pour les écrire et perfectionner les caractères, ce n'est pas une technique qu'on peut utiliser sans contrainte. D'autant plus que les murs ne perdront leur consistance qu'un court instant. Si nous ne passons pas très vite après l'activation des runes nous prenons le risque de nous retrouver bloqué dans le mur (1).

Anna n'avait pas vraiment compris, à part qu'il fallait aller vite et que c'était dangereux. Bref comme chaque événement de cette maudite soirée. A ce moment précis elle aurait donné n'importe quoi pour être chez elle, avec ses parents et sa sœur, à boire un chocolat chaud.

-Anna ! Dit Milo en lui secouant l'épaule. Je sais que ça fait peur mais tu vas devoir me faire confiance.

-Non, ça va Milo, lui assura Anna avec une expression qu'elle voulait déterminée. Je suis une Gryffondor, je n'ai pas peur.

Le sourire de Milo qui se forma sur le visage du professeur n'était pas vraiment confiant, mais Anna y vit une fierté qui la rassura.

-Alors on y va, dit-il. On va passer par l'escalier nord, avec un peu de chance il y aura moins de dragon par là-bas.

La petite fille acquiesça, le professeur réajusta sa prise sur son énorme livre et ils se mirent à courir de nouveau. Anna fut surprise de voir que le rythme du professeur n'avait pas ralenti alors qu'elle commençait à sentir des premiers signes de fatigue. Il ne fallait surtout pas qu'ils croisent un nouveau dragon. Dans l'état actuel, ils n'avaient aucune chance de lui échapper. Fort heureusement, ils traversèrent la série de couloir sans voir la moindre créature écailleuse.

-C'est là ! Indiqua Thatch en montrant un mur parfaitement ordinaire.

Il ouvrit de nouveau son livre, sortit sa baguette et demanda à la jeune fille de prendre son bras. Alors qu'elle s'exécutait, Thatch traçait des symboles lumineux sur la paroi qui les séparait de leur voie de sortie. Une nouvelle fois les anciens murs perdirent leur consistance, juste assez longtemps pour que le professeur et la petite gryffondor le traverse. La première fois tout s'était passé trop vite pour qu'Anna le comprenne, mais cette fois, alors qu'elle le traversait, Anna sentit le mur comme si elle passait à travers un énorme bloc de guimauve. Et ils se retrouvèrent dans un autre couloir.

-Est ce que ça va ? Demanda Thatch, son inquiétude à peine dissimulée.

Du point de vue d'Anna, c'était plutôt pour le professeur qu'il fallait s'inquiéter, des cernes s'étaient formées sous ses yeux et des gouttes de sueur étaient visible sur son front. Alors elle hocha la tête et raffermie sa prise sur l'avant-bras du professeur. Luttant clairement contre la fatigue, Thatch traça de nouveau les runes d'intangibilités et ils traversèrent un autre mur. Aux bouts de la troisième fois, Anna commençait à s'habituer à la sensation de la pierre visqueuse. Milo Thatch en revanche paraissait au bout du rouleau. Le professeur de runes semblait avoir vieillit en quelques secondes. Il tremblait et sa respiration était sifflante.

-Ça va aller, dit Milo en prenant appui sur le mur qui venait de retrouver sa consistance.

Le professeur n'essayait même plus de cacher sa fatigue mais il refusait de la laisser prendre le dessus. Il avait bien l'âme d'un Gryffondor (2). Anna se jura que s'ils s'en sortaient elle trouverait un moyen de le remercier. Le professeur de rune prit quelques secondes pour reprendre son souffle avant de se placer face au dernier mur. Il posa l'extrémité de sa baguette sur la pierre mais avant qu'il n'ait pu tracer le moindre symbole, une violente vibration secoua le couloir et fit tomber Thatch et Anna.

-Mais qu'est-ce que…

Anna n'eut pas le temps de finir sa question que le mur qu'il s'apprêtait à traverser s'écroula, révélant l'escalier Nord. Ou du moins ce qu'il en restait, et il n'en restait plus grand chose. Les antiques marches de marbre avaient été éventré et réduite en gravas. De l'immense cage d'escalier il ne restait qu'un grand vide avec l'amorce de quelques escaliers qui continuaient à tourner malgré la perte du reste de leur marche. Un énorme trou avait été ouvert dans le sol, si grand qu'il était impossible d'en déterminer la profondeur, et ce malgré l'intense lumière provenant de l'extérieur. Le mur nord avait en effet été complètement démolie par la créature titanesque qu'éclairaient maintenant les lumières du parc. Anna n'arrivait pas en croire ses yeux. C'était la plus grande créature magique qu'elle est jamais vu, bien avant les grapcornes ou les basilics. C'était un dragon mais sans doute le plus gros de tous les dragons du monde. Il était au moins aussi grand que le château royal d'Arendel. Il avait des écailles blanches comme la neige et sa seule silhouette dégageait une impression glaciale.

-C'est impossible, Ça ne peut pas être ça… !

Milo Thatch était parvenu à se relever et était venu la rejoindre. Malgré sa fatigue, seule la stupéfaction se lisait sur son visage, ses paupières papillonnaient, comme s'il cherchait à se réveiller d'un mauvais rêve.

-Qu'est-ce que c'est ? Demanda Anna.

-C'est… enfin je crois que c'est un Iceburg. Répondit le professeur d'une voix faible. C'est un monstre de l'ancien temps. Le roi des dragons. Ils ont censé avoir disparu depuis des centaines d'années…

-Mais alors qu'est-ce qu'il fait là ?

Seul le silence lui répondit. Plus rien ne semblait avoir de sens, plus rien à part qu'ils devaient s'enfuir. Et en ce moment leur fuite semblait une nouvelle fois dans une impasse. Les escaliers qu'ils cherchaient à atteindre depuis tout ce temps n'étaient plus que gravas. La pensée qu'ils devaient rejoindre un autre escalier suffit à affecter sérieusement le moral d'Anna, d'autant plus que les escaliers Nord et Ouest étaient les escaliers les plus proche de la gare, s'ils utilisaient un autre escalier, ils devraient marcher encore plus une fois une fois à l'extérieur… avec un énorme dragon juste à côté !

-Qu'est-ce qu'on fait monsi…

Anna s'interrompit brusquement, Milo Thatch venait de s'effondrer, son livre toujours serré entre ses doigts. La petite fille courue auprès du corps du professeur qui ne bougeait plus. Les mains tremblantes, Anna prit maladroitement son pouls. Heureusement il respirait encore.

-Professeur ! Professeur ! Cria la petite fille en le secouant de toutes ses forces. Réveillez-vous, je vous en prie !

Mais le jeune homme ne réagit pas. Anna senti les larmes lui monter aux yeux. Jamais elle ne s'était sentie aussi impuissante. Sa sœur aurait sans aucun doute sur quoi faire à sa place. En fait, Elsa aurait déjà résolu le problème avec facilité comme à son habitude. Elle aurait utilisé un sort de soin sur Milo, aurait créé un escalier de glace pour remplacer ceux que le dragon avait détruit et aurait congelé tous les reptiles qui se seraient mis sur sa route. Alors qu'elle, la cadette, elle ne pouvait que fuir dans les couloirs et se réfugier derrière des sorciers qui devaient la protéger. C'était tellement injuste. Elsa passait des heures et des heures à s'entraîner. Avant même d'entrer à Poudlard, elle savait déjà lancer pleins de sorts, et retenait tout ce qu'elle apprenait super facilement. Combien de fois avait-elle vu sa sœur penchée sur un épais volume de magie ? Elle avait perdu le compte depuis longtemps. Mais Anna n'avait jamais fait ça. Elle s'était contentée de regarder, applaudissant à chaque étincelle qui sortait de la baguette de sa sœur, mais elle n'avait jamais essayé de l'imiter. Contrairement à Elsa qui avait révélé sa magie dès ses 6 ans, celle d'Anna ne s'était manifestée qu'après son dixième anniversaire, alors il lui avait toujours paru normal d'avoir un peu de retard. Elle était loin d'être la meilleure de sa classe non plus, ses notes étaient bonnes mais restaient généralement dans la moyenne. Pourtant aucun reproche ne lui avait été fait, personne ne lui avait dit de travailler plus, et personne n'avait comparer ses résultats avec ceux de son aîné. En fait, jamais personne ne l'avait réellement comparée à Elsa. Sa sœur était toujours comme une étoile. Magnifique et inaccessible. En ce moment, Anna aurait tout donner pour être avec elle.

-Elsa ! Au secours ! Cria-t-elle

-Anna ?! Mais qu'est-ce que tu fais là ?

Les yeux humides d'Anna se levèrent au moment où un dragon se posa devant eux. C'était une bête énorme, aussi noire qu'une nuit sans lune et avec une double rangée de dents acérées. Anna poussa un cri aigu et se recroquevilla contre Milo.

-Calme toi, Anna. C'est moi.

Harold descendit du dos du dragon et vint prendre sa main.

XxXxXxXxXxXxXxX

Astrid prit une profonde inspiration, profitant du répit et redoutant la reprise des combats. Le sortilège de glace qui avait forcé tous les dragons à se replier pour libérer leur alpha avait permis aux beurkiens de se regrouper, de se réorganiser et de préparer pour la suite. Les mains d'Astrid se crispèrent sur le seau d'eau qu'elle portait, avant d'en verser le contenu sur l'une de leurs catapultes qui était en train de brûler. Après qu'elle ait été jeté à terre par sa dragonne, la jeune viking s'était tant bien que mal repliée derrière les lignes Beurkiennes. Après l'abandon de sa toute nouvelle reflet de l'âme, elle était comme clouée au sol. Privé de sa hache et de sa baguette, elle ne pouvait plus participer aux combats. Elle en était donc réduite à soutenir ceux qui étaient en possibilité de combattre. Évidemment, elle regrettait de ne pas pouvoir véritablement affronter les dragons, et cela ne diminuait en rien l'échec de sa tentative pour aider Harold, mais en tant que beurkienne elle savait qu'une défaite personnelle ne méritait jamais que l'on s'apitoie dessus s'il restait quelque chose que l'on puisse faire pour le clan. C'était aussi pour ça que le peuple de Beurk ne regrettait que peu ses erreurs et avait pu continuer à avancer malgré les plus terribles événements de son histoire. Alors Astrid avait pris un seau et entreprit d'éteindre les incendies. Varek l'avait rapidement rejoint, les jumeaux Dur étaient retournés au chargement des catapultes et Rustik participait à l'aiguisage rapide des haches. Ils avaient tenté quelque chose, avaient échoué, maintenant retour à la réalité.

-Dis Astrid. Demanda Varek à voix basse alors qu'ils remplissaient tous les deux leur seau. Tu l'entends toujours ?

Astrid hocha légèrement la tête. Bien sûr qu'elle l'entendait, et même si elle priait tous les dieux d'Asgard pour ne plus l'entendre, elle savait que cela ne cesserait pas. À la frontière de son esprit, elle entendrait toujours les pensées de son reflet de l'âme. Sa dragonne. Tempête. Elle n'avait jamais vraiment réfléchi au fait de refléter l'âme d'un dragon. Lorsqu'Harold en parlait pendant leur leçon de dragon, ça avait l'air si simple, comme discuter avec quelqu'un ou ces échanges de regard qui disent quelque chose en silence. Lorsqu'elle l'avait décidé, quelques heures plus tôt, c'était sur le coup de l'urgence, elle l'avait fait parce qu'il fallait le faire. Lorsqu'elle était montée sur le dos de Tempête, tout était simple, elles n'avaient fait qu'un, deux corps unis par le même esprit et le même objectif. Mais maintenant qu'elle l'avait rejeté, le souvenir de cette osmose parfaite n'en était que plus douloureux. Elle en venait à regretter la nuit de Snogeltog, où Tempête avait tenté de l'attaquer après qu'Harold ait fait une autre de ses bourdes. Au moins elle avait ressenti une vraie connexion avec la dragonne, non pas à cause d'un quelconque lien mental magique, mais juste par la profondeur de leurs regards… Astrid sentit le seau lui échapper des mains alors que tout devenait clair dans sa tête.

-Hé Ho Astrid ! protesta Varek alors qu'il recevait toute l'eau sur les pieds. Qu'est ce qui t'arrive ? D'habitude c'est Harold qui nous fait des trucs comme ç...

-Varek, le coupa Astrid. Je crois que j'ai compris pourquoi nos dragons se sont retourné contre nous.

-Mais on sait pourquoi. C'est juste qu'ils ont refusé de s'en prendre à d'autres dragons, même pour leur reflet de l'âme. J'ai l'impression que tu as oublié la première leçon du cours anti-dragon, un humain ne peut pas faire confiance à un dragon. On a juste été un petit peu trop optimiste.

-Non, protesta la blonde, ça ne peut pas être seulement ça. Si c'était le refus de combattre d'autres dragons, alors on se serait fait désarçonner beaucoup plus tôt, probablement dès qu'on a engagé le combat. Pareil pour un quelconque respect vis à vis de l'Alpha, lorsque cette maudite créature est apparue, je n'ai ressenti aucun respect dans l'esprit de ma dragonne. Juste de la méfiance. Le moment où ça a commencé à changer c'est quand...

-... C'est quand l'Alpha a poussé son premier cri. Termina Varek. Et quand il a regardé vers nous. Oui ça pourrait être ça !

-Je suis presque sûr que c'était ça, mais je ne suis pas sûr de comprendre le comment. Et plus important encore, comment s'en protéger.

-Sur ce point, j'ai une théorie. Répondit le responsable des enclos à dragon. Les dragons possèdent des sens très développé, et certains dragons en profite. On a récemment capturé un Mélodie Mortel, un dragon qu'on n'avait pas vu depuis plusieurs décennies, et qui peut attirer les autres dragons grâce à des modulations hypnotique de son cri. Ce qui est intéressant c'est que lorsqu'on l'a mis dans une cage adjacente à nos dragon vipère…

-Abrèges Varek ! Le pressa Astrid, capturant l'épaule du gros viking de sa poigne de fer, et accompagnant ses dires d'un regard noir. On a besoin de protéger nos dragons contre ce qui les a perturbés, par savoir une liste de la ménagerie dont tu t'occupes. Alors qu'est ce qui a posé problème avec l'Alpha ?

-Son cris, son regard, sans doute des genres d'infrasons qu'il pourrait émettre. Répondit Varek très vite.

-Comment on en protège nos dragons ? Demanda la jeune fille, en approchant un peu plus son visage.

-Mais de toute façon nous n'avons plus nos dragons. Répondit Varek, avant de rapidement reprendre lorsque la poigne d'Astrid se fit encore plus sévère sur son épaule. Il faudrait les priver au maximum leurs sens, leur bander les yeux et boucher les oreilles. Mais avec ça ils ne pourront plus voler.

-Ce ne sera pas un problème. Est ce qu'on a quelque chose pour supprimer les sens de nos dragons ?

-Les cagoules des dragons. On s'en sert pour supprimer tout stimulus extérieur lorsque l'on transporte les dragons.

-Parfait, alors va en prendre quelques-unes et retrouve moi là-bas, derrière le bosquet en forme de maquereau.

Sans lui laisser le temps de répondre, la gryffondor se retourna et se mit à courir en direction du dit bosquet.

L'idée était folle. Celle qu'elle était il y a encore quelques mois n'aurait jamais tenté quelque chose comme ça. Mais elle avait beaucoup changé depuis qu'elle était entrée à Poudlard. Entre ses amies à Gryffondor, les cours de soins aux créatures magiques et tout ce qu'elle avait vécu avec Harold, elle avait découvert une partie d'elle-même qu'elle ne soupçonnait pas. Une partie qui n'avait plus peur de faire confiance aux autres, une partie qui espérait le meilleur même quand le monde était pire. Malgré sa fatigue, il ne lui fallut qu'une minute pour atteindre le bosquet et se dissimuler derrière celui-ci. Mieux valait éviter d'être vu et reconnu.

"Lorsque tu auras un dragon, tu pourras lui parler par la pensée. C'est difficile à expliquer parce qu'un reflet de l'âme, c'est à la fois ton partenaire et une autre part de toi même. Alors quand vous serez ensemble, il est plus clair de faire comme si tu lui parlais directement, alors que si vous êtes séparé, fais comme si tu te parlais à toi même, ton dragon comprendra."

Le souvenir des conseils d'Harold lors de leur première leçon de dragons lui revinrent en mémoire, apaisant ses craintes. Lorsqu'il parlait de dragons, son ami avait vraiment une voix inimitable. Elle était calme et réfléchie, mais aussi confiante et sûre d'elle, une voix qui donnait envie sans jamais forcer, très loin des cris de Gueulfort qu'elle avait subis. Astrid ferma les yeux, tentant de se concentrer sur ces sensations qu'elle savait venir de sa dragonne, un mélange confus de peur, d'instinct, de dévouement et de sauvagerie. Lentement elle laissa l'esprit de la dragonne venir à elle, sentie dans son corps les multiples sensations qui aimaient son reflet de l'âme. Par le cri et le fracas des armes, elle sentit que la dragonne vipère avait rejoint la ligne des combats, elle ne devait être très proche et pourtant elle lui semblait être inaccessible. C'est à ce moment qu'elle comprit à quel point leur première connexion avait été minime. Leurs esprits étaient maintenant comme entortillés, à tel point qu'Astrid ne savait plus quelle sensation provenait de son propre corps. Contacter son reflet de l'âme s'était finalement révélé facile, mais s'adresser à elle lui paraissait beaucoup plus compliqué. La jeune viking ne s'était jamais parlée à elle-même. La chose lui était complètement inutile, et si on avait un cerveau correct, il n'y avait aucune raison de se dire à soit même quelque chose que l'on savait déjà. De son point de vue, c'était au mieux la preuve d'un grave handicap social, au pire un premier signe de folie. Pourtant elle devait bien essayer, les conseils d'Harold sur les dragons s'étaient toujours révélé exacte, et malgré son incongruité, elle était prête à tenter cette technique.

-Tempête ? Murmura la jeune fille. Tempête s'il te plait répond moi… montre-moi un signe que tu m'entends.

Sa voix résonna dans ses oreilles, se mélangeant avec les cris des vikings et des dragons. Elle lui parut bien seule, bien inutile. Il y a encore un an, elle aurait probablement laissé tomber. Mais pas aujourd'hui, pas après avoir vu auprès d'Harold la joie qu'apportait un reflet de l'âme, pas après être resté au sol si souvent alors qu'Harold s'élevait dans les airs. "Un dragon n'est pas ton serviteur, ni même ton ami, alors quand tu voudras convaincre ton reflet de l'âme de faire quelque chose, en réalité c'est toi même que tu devras convaincre. Montrer à toi même que ce que tu souhaites est important pour vous deux. Ne souhaite pas quelque chose de difficile ou de trop gros, mais plutôt plusieurs petites choses petite et facile".

-Tempête, viens me rejoindre. Viens vers moi. Retrouve-moi. Nous serons plus forte ensemble. Nous avons besoin d'être ensemble.

A cet instant, la jolie viking ne pouvait pas imaginer quelque chose de plus important. Si Tempête avait vraiment été manipulé par ce dragon, alors elle se devait de la libérer. Seule, aucune d'elles ne pouvait rien faire, mais ensemble elles pourraient voler de nouveau. Au travers de leur connexion Astrid pouvait sentir toute la confusion de la dragonne alors qu'elle ressentait toute la détresse de la jeune fille. Plus rien ne comptait dans leurs esprits, ni la désastreuse situation d'Harold, ni les combats meurtriers, ni les ordres de cet alpha tyrannique. Astrid s'en sentit libérée. Maintenant elle était sûre que sa dragonne l'avait entendu, sûre qu'elle s'était débarrassée de l'influence du dragon alpha, et sûre que sa dragonne ne l'avait pas abandonné.

-On peut faire plus, affirma la jeune fille, les yeux toujours fermés. Viens jusqu'à moi. J'ai besoin de toi. Il y a un garçon que je dois aider.

Il n'y eut aucune réponse et pourtant Astrid sentit que l'esprit de la dragonne vipère l'approuvait, qu'elles avaient de nouveau un but commun. La jeune viking exposa rapidement son plan à sa partenaire et en décrivit chaque étape, confortée dans ses idées par l'assentiment de son reflet de l'âme. C'est avec cette pensée rassurante en tête qu'Astrid ouvrit les yeux. Pour trouver Rustik et Varek penchés sur elle, mais surtout beaucoup trop près. La viking réagit d'instinct. D'un même mouvement, elle envoya son poing dans la figure de Rustik et son pied dans le ventre de Varek, les deux garçons tombèrent violemment au sol alors que la jeune fille se relevait souplement.

-Tu n'avais pas besoin de frapper aussi fort, se plaignit Varek en se tenant le ventre. Ça fait mal.

-Vous êtes sûr que c'est Astrid ? Demanda Rustik en se relevant. La Astrid qu'on connaît n'est pas du genre à parler en dormant, et elle n'aurait jamais frappé son prince charmant venu la réveiller d'un doux…

Astrid ne lui laissa pas le temps de finir, et le renvoya dans la poussière d'un direct du droit bien placé.

-Ouais c'est totalement elle, confirma CraneDur qui avait observé le coup de poing avec un œil de connaisseur.

-Dur pur Astrid, renchéri sa sœur.

-Mais pourquoi tu les as amenés ? Chuchota la jeune fille à Varek tout en l'aidant à se relever.

-Je n'ai pas vraiment eut le choix. Je ne savais pas quoi répondre quand ils m'ont demandé où j'allais. Et puis ce sont des reflets de l'âme aussi maintenant.

Astrid acquiesça de mauvaise grâce. Elle n'avait pas prévu ça mais ce n'était pas forcément une mauvaise chose. 5 dragonniers valaient mieux que 2, à condition qu'elle arrive à leur faire comprendre comment contacter leurs reflets de l'âme.

-Merci d'être venu m'aider pour la deuxième partie de notre opération "formation dragons beurkiens"

-Elle a un nom maintenant notre opération ? S'étonna KogneDur.

-Perso, je suis juste venu pour voir Rustik se prendre un pain. Ajouta son frère.

Astrid hésita un instant à mettre un autre coup au jumeau, avant de décider qu'il y avait de meilleurs moyens pour s'assurer leur attention.

-On va récupérer nos dragons, expliqua-t-elle. Maintenant qu'ils se sont éloignés de l'Alpha on a une chance de les récupérer. Avec eux on pourra combattre les autres dragons, on pourra voler dans les airs et mettre le feu à plein de trucs.

-Je n'ai pas tout suivi avant ton "mettre le feu à plein de trucs". Dit CraneDur, enthousiaste. Mais je suis d'accord avec tout ce que tu as dit.

-Parfait ! Dit Astrid, fière de sa petite ruse. Alors pour que votre dragon revienne, il faut que vous le contactiez mentalement. C'est ce que j'étais en train de faire quand vous êtes arrivés. Est-ce que vous entendez une voix dans votre tête ?

-Oui, confirma CraneDur, mais c'est bizarre, c'est bien la première fois que la voix dans ma tête parle avec des cris de dragon.

-C'est très bien. Alors vous devez vous concentrer sur ces cris, et leur parler normalement pour les convaincre de vous rejoindre. Leur donner une bonne raison de venir jusqu'ici.

-Je peux te donner plein de poisson ! Hurla Aussitôt Rustik. Reviens !

-Ce n'est pas comme ça que ça marche. Dit Astrid, qui avaient toutes les peines du monde à garder son calme. Il faut être plus diplomate.

-Diplomate ce sont bien ceux qui ont un diplôme ? S'enquit KogneDur.

-Non ça c'est les diplômés. Rectifia Varek

-En plus ma technique marche, fit remarquer Rustik. J'ai déjà attiré un dragon.

Astrid fit volte-face et porta instinctivement la main à son ceinturon, avant de se rappeler qu'elle n'avait plus sa baguette, et de remarquer qu'il n'y avait aucun danger. Tempête s'extirpa du buisson où elle venait d'atterrir et vint se frotter contre son reflet de l'âme, qui lui caressa la tête en retour. Les autres beurkiens observèrent la scène en silence, malgré Varek qui enviait clairement Astrid, et Rustik qui enviait clairement le dragon.

-Maintenant on passe à l'étape suivante. Dit la gryffondor. Varek passes moi une cagoule. Si on empêche nos dragons de voir l'Alpha, il ne pourra pas en prendre de nouveau le contrôle.

-Ça je comprends, répondit Varek en lui tendant une des cagoules à dragon qu'il avait emmené. Mais avec ça ton dragon ne pourra pas s'envoler, et s'il reste au sol, il ne survivra pas longtemps. Un dragon descendu…

-... est un dragon décédé. Récitèrent en chœur Varek et les deux jumeaux.

-Sauf que nous ne resterons pas au sol. Répliqua Astrid, tout en enfilant la cagoule à sa dragonne. Grâce à notre lien mental, je vais pouvoir donner à tempête toutes les informations dont elle a besoin, et nous pourrons voler sans risque autour de l'Alpha.

-Donc ton plan c'est de te lancer à l'attaque de la plus grosse ruche draconique qu'ait connue Beurk depuis plus de trois générations, sur le dos d'un dragon aveugle en le guidant avec ce pouvoir bizarre que tu as acquis il y a moins d'une heure et qui a déjà failli tous nous faire tuer, résuma Kranedur. C'est du niveau de folie du justaucorps de Loki. J'adore !

-Je suis sûr que c'est possible. Insista la blonde. Harold m'a dit qu'il y était arrivé… une fois… et qu'il était resté en vol pendant plus d'une minute.

-Donc en plus ton plan repose sur les paroles de Harold l'incapable ? Répondit Rustik. Le même qui prétendait être entrée dans une ruche de dragon vipère pour expliquer le fait qu'il était en retard en cours ?!

Mais Astrid n'écoutait plus. Elle savait que Harold avait raison, et elle sentait qu'elle pouvait le faire. Elle comprenait très bien ce que ressentait ses camarades. C'était une histoire difficile à croire et tant qu'ils n'auraient pas de preuve, ils n'y croiraient pas. Alors c'était à elle d'apporter cette preuve. Elle enfourcha sa dragonne, caressa la douce peau écailleuse de sa monture et leurs esprits se mêlèrent. Enfin elles ne faisaient plus qu'une. Elle n'avait pas besoin de s'entraîner à utiliser ses ailes car elles avaient toujours été sienne, pas plus qu'elle n'avait besoin de temps pour apprendre à utiliser ses yeux. Ses deux bouches se fendirent du même sourire.

-Si vous voulez m'aider, dit Astrid à ses camarades, contactez votre dragon, faites-le revenir jusqu'à vous, mettez-lui une cagoule et ramenez-le sur Beurk.

Sans laisser le temps à la moindre question ou à une quelconque parole d'adieu, elle ouvrit ses ailes et s'envola. Vers la ruche. Vers l'Alpha. Vers Harold.

XxXxXxXxXxXxXxX

Harold se laissa tomber du dos de Krokmou et prit Anna par l'épaule. Nom de Thor, jura-t-il intérieurement, combien y avait-il de petite sorcière dans ce château ? C'était vraiment si compliqué de comprendre que les dragons étaient la chose la plus dangereuse au monde ? Et par tous les dieux d'Asgard, où était passé Jack ?

-Ça va aller Anna, dit le Poufsouffle avec douceur. Dis-moi ce qui s'est passé.

-C'est Milo… parvint à bégayer la petite Gryffondor. Il voulait lancer un sort et ensuite…

La voix d'Anna s'éteignit dans un sanglot. Harold n'eut pas le temps d'être mal à l'aise devant les pleurs d'Anna ou de demander qui était ce Milo, qu'il remarqua le corps étendu à ses côtés.

-Monsieur Thatch ! S'écria-t-il.

Le petit viking vérifia rapidement l'état de santé du professeur et fut rassuré de voir qu'il n'était qu'évanouie.

La présence du professeur changeait beaucoup de chose. Avec juste Anna, Vaneloppe et Jack, Krokmou pouvait sans doute encore voler, mais avec Mr. Thatch en plus, même le furie nocturne ne parviendrait pas à quitter le sol. Et même sans compter Mr. Thatch, la surcharge que constituerait tous ces passagers rendrait les esquives beaucoup plus difficiles, un exercice suicidaire considérant l'armée de dragons présente à l'extérieur.

-Il est où Jack ? Demanda Vanellope en descendant à son tour de Krokmou.

Harold se tourna vers la petite fille mais ne sut pas quoi répondre. "calmes toi" s'ordonna le petit poufsouffle. Une bonne volonté qui menaçait d'être renversé par l'envie de Krokmou de s'enfuir au plus vite. Fût-ce au prix de la vie des deux gryffondors et du professeur. D'habitude c'était Harold qui hésitait et Krokmou qui lui apportait le courage de le faire. C'était la première fois qu'Harold devait affronter l'instinct de conservation de son reflet de l'âme et sa conscience humaine n'était pas suffisante pour cela. Les dragons n'ont pas de véritables prédateurs. Seul un autre dragon et certains sorciers peuvent représenter une menace pour eux. Pourtant un dragon n'hésitera jamais à prendre la fuite, et dans ce cas, rien ne peut espérer le retenir. Pourquoi fallait-il toujours que Gueulfort ait raison ? Même entre les murs de Poudlard, c'était les principes de Beurk qui prévalait en ce moment et ces principes se résumaient en une phrase : On ne peut pas sauver tout le monde.

Harold n'avait jamais aimé le principe de son île qui considérait la vie comme une ressource parmi tant d'autre. C'était au nom de cette idéal que chaque beurkien était prêt à mourir et à tuer. Accepter la mort comme une fatalité et même la provoquer si cela pouvait sauver ou aider les autres. Protéger le village méritait le sacrifice d'un être cher. Un choix pragmatique. Un choix beurkien.

-Il faut qu'on bouge. Dit finalement le poufsouffle tout en continuant à retenir Krokmou, posant instinctivement la main sur l'épaule de son reflet de l'âme. En restant ici on est une proie facile pour les dragons.

-Mais pourquoi ils nous attaquent les dragons ? Demanda Anna qui semblait plus inquiète que jamais. C'est pour nous manger ?

-Mais bien sûr que non, répondit Harold, c'est juste…

Le beurkien s'interrompit brusquement quand la solution lui traversa l'esprit. Ici ou sur Beurk c'était leur rôle de protéger les autres sorciers des dragons. C'était si simple qu'il se maudit de ne pas y avoir pensé plus tôt, et avec ça tout le monde pourrait être sauvé. Enfin presque tout le monde.

- … C'est juste un malentendu. Termina Harold. Maintenant allez-vous mettre à l'abris, et emmenez monsieur Thatch avec vous. Lorsque tout sera terminé je… quelqu'un viendra vous chercher.

-Et pour Jack ? Insista Vaneloppe.

-Ton frère s'en sortira, promit Harold. Allez vite vous cacher maintenant. Tout va bien se passer.

Harold vérifia que les deux petites gryffondor faisaient bien ce qu'il leur avait demandé, et enfourcha Krokmou tout en lui expliquant ce qu'il voulait faire. Le furie nocturne se hérissa en comprenant ce qu'envisageait son reflet de l'âme. Il brûlait de s'éloigner le plus du danger. Pas de s'en approcher.

-Krokmou, s'écria Harold à voix haute. Je sais que tu as peur. Et… moi aussi j'ai peur. Je me serais probablement enfuie et caché au fond d'un trou si tu n'avais pas été là. Parce ce que tu as toujours été la partie courageuse de mon esprit. Tu n'as jamais hésité quand tu voulais me sauver, de Dumbroch, de Drago et même… d'Astrid... Sans toi je ne serais jamais devenu ce que je suis aujourd'hui. Je n'aurais pas pu accomplir toute ces choses depuis que je suis à l'école. Je n'aurais pas été vu un "big four". Sans toi… je serais sûrement toujours tout seul. Alors aujourd'hui, je te demande d'être courageux encore fois. D'être encore une fois le sauveur de la situation. Juste de ne pas l'être pour moi cette fois, cette fois, je te demande de le faire pour les autres.

Krokmou ne pouvait pas parler. Il ne communiquait que par des vagues d'émotions. Pourtant au milieu de toute les pensé qui se bousculaient dans la tête de Krokmou, pour la première fois, Harold compris des mots. Non pas qu'ils ne pouvaient être transmis par des émotions, mais parce que Krokmou voulait que lui et son reflet de l'âme soient au même niveau, qu'ils échangent comme deux amis.

-Je ne suis pas courageux mon frère, dit le dragon, mais toi tu l'es, alors aide moi à faire ce qui est juste.

Le cœur d'Harold rata un battement. Il serra la tête de Krokmou contre sa poitrine, mais le relâcha tout aussi vite. Ils avaient une mission à accomplir. Le viking enfourcha le dragon qui décolla. Deux corps mais une seule volonté.

XxXxXxXxXxXxXxX

Pour la énième fois, Merida étouffa un gémissement lorsque sa patte toucha le sol. Sa forme animale pouvait être extrêmement résistante, mais la mêlée contre la horde de dragon avait été particulièrement violente. Les griffes et les crocs de ces créatures lui avaient valu de nombreuses blessures sur la majorité de son corps, et si aucune ne paraissaient véritablement profonde, elles étaient toute douloureuses. Après qu'Harold et Krokmou, soudain guéri, aient décollé en direction du château pour aller y chercher Jack, le père du petit viking, et les deux jeunes filles n'avaient plus eu d'autre chose à faire que de reprendre leur retraite en direction du feu de cheminette, toujours brûlant dans la cabane du garde-chasse. La jeune écossaise avait choisi de conserver sa forme d'ours malgré la cible facile qu'elle offrait aux dragons qui les poursuivaient, autant pour la force et la résistance dont elle disposait sous cette apparence, que pour attirer l'attention de ces affreux reptiles et ainsi éviter qu'ils ne s'en prennent à Raiponce. Heureusement les dragons ne semblaient plus se préoccuper d'eux, et seul quelques petits dragons de la taille d'un chat tentaient encore de les attaquer. Cependant l'instinct de Merida lui hurlait que cette sécurité serait brève et qu'ils ne leur restaient pas beaucoup de temps pour se mettre à l'abris derrière les dernières lignes de défenses beurkiennes.

-Ça va Merida ? Demanda justement la serdaigle.

Sous sa forme animale, l'héritière des Dumbroch ne pouvait pas répondre mais elle émit un petit grognement pour rassurer la jeune blonde. Merida s'inquiétait plus pour son amie, entre une ourse et le chef viking, elle avait du mal à rester à leur niveau. Dans la précipitation de leur fuite, elle n'avait même pas eu le temps de renouer ses cheveux et ceux-ci traînaient maintenant derrière tel en un long ruban doré.

-Arrêtez de discuter et gardez votre souffle pour courir, les réprimanda Stoik, on y est presque.

Le chef viking était de tout évidence frustré, et Merida n'avait aucun mal à deviner pourquoi. Voir son fils chevaucher un dragon, lui désobéir et finalement le laisser au milieu d'un affrontement avec des dragons avait déjà dû fortement contrarier cet homme à la musculature si imposante, tout comme il était évident qu'il aurait déjà rejoint le feu de cheminette s'il l'avait voulu, mais il était resté, juste pour protéger Raiponce et Merida et s'assurer qu'elles arrivent bien jusqu'en lieu sûr. Ils arrivèrent finalement à proximité du feu de cheminette, Merida s'appuya contre l'une des catapultes et reprit enfin forme humaine. Avec sa transformation, les blessures qu'elle avait reçues avaient rétrécies et étaient maintenant dissimulées sous son uniforme de Poudlard, mais elles n'étaient pas moins douloureuses pour autant.

-Vous allez bien ? Demanda un Viking avec un énorme casque à corne.

-Ça va aller Mastok, répondit Stoik, où est ce qu'on en est ?

-On a eu beaucoup de chance que quelqu'un utilise ce sort de glace, ça a obligé la ruche à retourner aider l'alpha et ça nous a permis de nous regrouper et d'évacuer les blessés. Je crois que le dernier d'entre eux viens de passer le passage pour Beurk.

-Ça n'était pas l'un des nôtres qui a lancé ce sort de glace ? Demanda Stoïk sans dissimuler sa surprise.

-Aucun beurkien n'aurait été capable de faire une chose pareille. Il aurait fallu au moins une dizaine de sorciers spécialistes des sorts élémentaires pour faire quelque chose comme ça.

-D'accord, dit Stoik sans chercher plus loin, et pour le matériel ? On est prêt pour la prochaine vague ?

-Toutes les catapultes sont chargées et les baguettes magiques encore intactes ont été distribuées entre nos meilleurs chasseurs. On se tient près, et Gueulfort a donné l'instruction de ne tirer que sur son ordre, afin d'éviter une riposte des dragons et d'avoir le maximum de temps pour se préparer.

-Et bien changements de plan, dit Stoik. Feu à volonté, avec tout l'arsenal dont nous disposons.

-Feu à volonté ?! Répéta Mastok. Mais enfin chef…

-On ne peut malheureusement pas se permettre de se retenir. Ce n'est pas une ruche draconique comme celle que nous avons l'habitude de combattre ! Elle ne fuira pas si on lui oppose suffisamment de résistance ! Elle est sous le contrôle d'un alpha qui est lui-même sous le contrôle d'un homme qui nous hait plus que tout au monde ! Nous ne pouvons pas fuir comme ça parce que si nous le faisons, il nous pourchassera jusqu'à Beurk. Nous devons frapper un grand coup parce qu'ici nos familles ne sont pas encore en danger. Et tant que l'alpha est gêné par cette glace nous avons encore…

Merida ne sut jamais ce dont ils disposaient mais maintenant ils n'en disposaient plus. Un craquement sonore ainsi qu'un rugissement de triomphe retentit dans leurs dos, et ils se retournèrent juste à temps pour voir la glace qui entourait l'alpha volé en éclat.

-Feu à volonté. Maintenant ! Trancha Stoik avec un regard noir. Fais passer le mot. Ordre direct de ma part.

Le dénommé Mastok partit en courant, en hurlant à tous les vikings qu'il croisait d'ouvrir le feu. L'un des vikings abaissa un levier, et la catapulte sur laquelle s'était appuyée Merida se détendit soudainement, projetant la pierre en direction de la ruche draconique, et faisant tomber la pauvre gryffondor qui avait fait l'erreur de s'appuyer sur elle.

-Merde ! Jura la jeune fille en donnant un coup de pied dans la machine de guerre que les beurkiens rechargeaient déjà. On a tout raté ! On était parties pour vérifier qu'Harold et Jack n'avait pas fait la connerie d'aller vers les dragons, et si besoin les ramener par la peau du cou. Et résultat on a découvert que ces deux abrutis sont effectivement allés directement se jeter dans le pire merdier possible. Et on ne peut rien y faire !

Raiponce ne dit rien, visiblement consciente que la colère de Merida s'adressait avant tout à elle-même. Les beurkiens, tous engagés dans leur attaque contre la ruche, ne se préoccupaient plus d'eux. L'armée des dragons avait perdu beaucoup de ses membres mais les survivants restaient beaucoup trop nombreux pour imaginer une quelconque victoire. Merida en vint à détester ce sentiment de calme depuis qu'elle avait rejoint la sécurité des lignes Beurkiennes, cela la faisait se sentir comme une lâche. Son impuissance, loin de la consoler rendait la chose encore plus insupportable.

-Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Dit la jolie blonde.

Merida ne répondit pas. Elle ne savait pas quoi répondre. Elle n'osait même pas regarder la serdaigle de peur d'y voir son inévitable détresse. Elles ne pouvaient plus rien faire à par espérer que les garçons. S'il n'y avait pas eu Raiponce, la gryffondor se serait peut-être même laissé emporter à retourner affronter l'armée de dragons, car un combat mortel était mille fois moins douloureux que cette attente alors que ses amis risquaient leurs vies. Mais tout le courage dont elle pourrait faire preuve ne valait rien car sans sortilège anti-dragon, elle était aussi inoffensive qu'un mouton face à ces créatures. Même Harold ne maîtrisait pas ces sorts, alors aucun adolescent ne pourrait…

-Astrid ! S'écria la jeune rousse.

-Comment ? Où ça ? Demanda Raiponce.

-Mais non. Il faut qu'on trouve Astrid. Elle connaît des sortilèges anti-dragon. Avec elle on peut sûrement aider Harold et Jack. Avec ma forme d'ours et ses sortilèges, on pourra rejoindre le château et… faire quelque chose.

-Mais elle n'ait sûrement plus là. Elle a probablement passé le portail depuis longtemps.

Merida secoua la tête. Elle connaissait suffisamment la viking pour savoir qu'elle ne se serait jamais enfuie dans une telle situation. C'était une beurkienne, autant qu'Harold ou que tous les vikings qui continuait à se battre, alors elle devait être là quelque part. Elle devait être là car elle était sa seule chance de venir en aide à Harold. Mobilisant de nouveau sa bête intérieure, la jeune fille se mit à la recherche de l'odeur de la viking. C'était une tâche encore plus difficile que de retrouver Harold car la trace olfactive de la jeune fille était encore plus proche de celle de tous les Beurkiens qui s'affairait autour d'elle. La différence était que Merida avait vécu depuis presque 3 ans dans la même chambre que l'impétueuse blonde. Elle connaissait toutes les subtilités de l'odeur de sa voisine de chambre, depuis l'odeur métallique de sa ceinture préférée jusqu'à celle de son shampoing aux lilas. Il lui fallut quand même de longues minutes pour sentir la trace de la viking.

-Viens vite. Dit Merida à Raiponce en lui prenant la main. Je l'ai senti et je sais où elle est.

La serdaigle n'opposa aucune résistance pendant que la jeune rousse la traînait le long des catapultes Beurkiennes. Merida courait en ligne droite, ignorant la douleur de sa jambe, ne s'arrêtant que pour éviter des beurkiens repositionnant une baliste et un viking chargeant vers une horde de petits dragons en hurlant "Leeerrrroyyyy !".

-Vite Punzie, insista la gryffondor. Il faut qu'on retrouve Astrid. Il faut qu'on…

Merida ne sut pas si ce fut l'instinct animal ou l'intuition humaine qui la poussa à lever la tête. Elle leva juste les yeux au moment précis où un dragon décolla du bosquet situé derrière la dernière des catapultes. C'était un reptile aux ailes effilées et aux écailles bleutées qui portait une viking sur son dos. Astrid. La princesse d'Ecosse voulu crier quelque chose, n'importe quoi qui aurait pu arrêter la beurkienne et la convaincre de l'emmener avec elle. Mais il n'y avait rien à dire et elle n'en avait pas le temps. Sans ralentir et sans se douter de la présence de sa camarade, la viking et sa monture s'élevèrent dans le ciel, laissant Merida, impuissante, sur le sol.

XxXxXxXxXxXxXxX

Aucun dragon n'est plus rapide qu'une furie nocturne. Avec la reconstitution de sa queue, Krokmou était plus rapide que jamais, et c'est l'unique chose qui les avait maintenus en vie lorsque le petit poufsouffle et son reflet de l'âme foncèrent en direction de l'alpha. L'essaim draconique tourbillonnait autour de son roi, sans laisser la moindre ouverture. Rien qu'Harold n'avait prévu, même contrôlé par un humain, les dragons conservaient les mêmes méthodes de défense instinctive.

-Krokmou, luminolocalisation ! Demanda Harold. Trouve les foudroyants !

Les dragons, comme la majorité des créatures volantes, utilisent le vent pour rester dans les airs. Les ailes leurs permettent d'orienter leur vol, comme un navire naviguerait sur les bourrasques. En ligne droite, certains dragons, comme l'ecravasse, sont même plus rapide qu'une furie nocturne. Cependant s'il y a une chose que les dragons réalisent difficilement, c'est un changement de direction en cours de vol. Malgré la rapidité de leurs réflexes, la majorité des dragons ont du mal à esquiver une attaque lorsqu'ils volent. C'est aussi pour ça que les dragons ont du mal à ne voler que sur de petite distance et préfère marcher que voler lorsqu'il poursuivra une proie au sol (3). Aussi lorsque les dragons effectuent un vol de protection d'un alpha, Il conserve une distance de sécurité avec leur maître pour avoir le temps de réagir, mais surtout effectue un circuit circulaire régulier autour de l'alpha par rapport au corps de ce dernier qui devient alors leur point de référence spatial. Un réflexe millénaire qui présente un énorme point faible.

-Ici Krokmou, dit Harold en indiquant mentalement la position du passage. C'est l'Œil !

Les centaines de dragons agissait en fait comme une tornade de griffes et d'écailles, et comme dans toute tornade, il y avait un œil du cyclone. Un espace situé au sommet de la formation draconique où les dragons ne passait pas. Un espace au-delà duquel les dragons n'osaient pénétrer ou utiliser leur souffle de peur de toucher leur souverain. Un espace où seul une créature volante particulièrement agile et téméraire pouvait espérer pénétrer. A moins que l'on ne l'en empêche.

-Vas-y mon grand ! Demanda Harold. Il faut d'abord qu'on se débarrasse des foudroyants !

Car il existe une exception à la difficulté de changement de direction des dragons. Certains dragons disposent en effet d'une deuxième paire d'aile qui leur sert à modifier leur trajectoire en cours de vol, et sont ainsi capable de changer de direction sans le moindre effort. A ce jour, seul deux espèces de dragons sont connu pour en être capable : les foudroyants et les furies nocturnes. Krokmou cracha une série d'ondes lumineuses qui ricochèrent contre la masse de dragons en mouvement, avant de revenir droit vers l'expéditeur. Harold s'était préparé mais il ne put retenir un cri de douleur quand la vague d'information le frappa de plein fouet. Entièrement concentré sur son vol, son reflet de l'âme ne pouvait pas consacrer une partie de son esprit à l'aider à trier les multitudes de formes draconiques qui envahissait maintenant l'esprit d'Harold, menaçant de l'engloutir. Le petit viking ne dut qu'à ses réflexes et à son incroyable connaissances des dragons de ne pas être noyé dans le flot d'image qu'il devait traiter. Chaque forme draconique qui identifiait était aussitôt remplacé par deux nouvelles qu'il devait à leur tour nommer. C'était un travail sans fin, comme vouloir compter le nombre de mouton d'un troupeau en perpétuel mouvement, mais Harold continuait, avec la rigueur que lui insufflait Krokmou au travers de leur connexion mentale. Harold ne perdait pas de temps à tenir des comptes mais il avait l'impression que cela faisait des milliers de dragons qu'il identifiait, parfois des espèces communes que Beurk abritait mais aussi des espèces rares que le poufsouffle n'avait jamais vu autre part que dans des livres, mais pas le moindre foudroyant, jusqu'à ce que...

-Là ! S'écria Harold en indiquant mentalement un point que la multitude de reptile volant empêchait de voir clairement. Krokmou a toi ! Triple tir Centré !

Krokmou ne se fit pas prier. Effectuant un tonneau pour limiter le mouvement de recul, le furie nocturne tira trois boule de plasma qui explosèrent en touchant le groupe de dragon. Dans un cri sifflant de colère et de douleur, quatre dragons chutèrent vers le sol, le corps fumant et les ailes tentant inutilement de se rétablir, avant de s'écraser violemment contre le sol. Et parmi les trois, les quadruples ailes d'un foudroyant.

-On en a eu un ! Dit Harold, plus pour se convaincre lui-même que pour avertir Krokmou qui avait parfaitement assisté à la scène. Au suivant !

Ce fut comme un signal pour la ruche. Une vingtaine de dragons se détachèrent du groupe et se ruèrent en direction du dragon qui les avait agressés. Krokmou remonta en chandelle, ses poursuivants à moins d'une dizaine de mètres derrière lui.

-Refait une identification Krokmou ! Cria Harold. Il faut qu'on vérifie s'il y a encore des foudroyants !

Krokmou acquiesça. Arrivé à proximité de la foule de dragon, il ouvrit à nouveau sa gueule et inonda la ruche draconique de ses ultraviolets. Harold fut replongé dans le flot d'informations, et recommença à identifier les multiples dragons qui servaient de bouclier pour leur alpha. Dans le même temps, Krokmou effectuait une nouvelle manœuvre aérien audacieuse pour échapper à ses poursuivants. En temps normal, les dragons n'auraient eut aucune chance de le rattraper, mais la fatigue ne cessait de s'accumuler dans les ailes de Krokmou et cela suffisait pour combler leur différence de vitesse.

-Il y en a encore deux... non trois. Dit le petit viking, alors que Krokmou était de nouveau monté en chandelle jusqu'aux limites de la barrière runique. Juste trois petits foudroyants et on pourra s'en prendre à l'alpha.

Cette simple constatation suffit à saper le moral d'Harold. Tant que les foudroyants seraient présent, attaquer l'alpha serait voué à l'échec, et avec ces dragons à leurs trousses, la situation en était même désespérée. Il avait beau retourner la situation dans tous les sens, il ne voyait aucune solution. Leur seule chance était de faire face, pour se débarrasser des dragons qui les poursuivaient, avant de faire demi-tour pour tenter de nouveau de s'attaquer aux foudroyants. La fatigue qu'il sentait en Krokmou lui laissait peu d'espoir sur la réussite d'un tel plan, mais c'était la seule chose qu'ils pouvaient faire.

-Harold ! Dégage de ma ligne de tir !

Harold n'eut pas le temps de réagir, mais Krokmou avait bien compris le message. Il effectua un tonneau évitant de justesse une série d'épine qui fauchèrent le groupe de dragon qui les poursuivaient. Deux dragons s'écroulèrent, des épines plantées dans le cuir de leurs ailes. Une nouvelle série d'épines traversa le ciel nocturne, forçant le reste des dragons à se disperser. En un instant, Harold fut débarrassé de ses assaillants. Il n'eut pas besoin de s'interroger sur identité de son sauveur, car l'odorat de Krokmou la lui révéla.

- Astrid ?! S'écria le jeune homme. Mais enfin qu'est-ce que...

- Pas le temps pour les questions. Répondit Astrid. On est venu te filer un coup de main. Je m'occupe des dragons et toi de l'alpha.

-Sauf que vos dragons ne pourront rien faire, dit Harold avec raison, l'alpha est capable de les contrôler, Krokmou est le seul qui...

-On sais, l'interrompit Astrid, et on a trouvé la solution. Ou plutôt Varek a trouvé la solution. Ce contrôle mental, comme beaucoup de chose chez les dragons est basé sur la vue. Enchaina celui-ci. Donc j'ai théorisé que si nous cachions les yeux de nos dragons, nous pourrions les protéger du contrôle mental. De tout évidence ça marche. Pour s'orienter, il suffit au dragon...

-... d'utiliser les yeux de son dragonnier. Compléta Harold. C'est brillant ! Avec ça on va pouvoir contre-attaquer. Et j'ai un plan.

-Alors dépêcha toi, le pressa Astrid, on n'a pas beaucoup de temps.

-Il faut d'abord qu'on se débarrasse des foudroyants, dit Harold, et une fois que ce sera fait, Krokmou et moi on pourra s'approcher de Drago et le mettre hors d'état de nuire. Il faut juste les...

-Ça y est je les ai trouvés, le coupa Astrid, il y en a trois, pas vraie ?

Harold voulu répondre mais la surprise mêlée d'incrédulité transforma ce qu'il voulait dire en incontrôlable bégaiement. Il était stupéfait de la rapidité avec la camarade était parvenu à trouver les foudroyants alors que lui devait recourir aux capacités de Krokmou. Rien ne semblait hors de portée pour la jolie blonde, et Harold commençait à douter qu'il y ait une limite à ce qu'elle pouvait faire.

-Ok, dit Astrid, interprétant la surprise d'Harold comme une confirmation. Je vais te débarrasser des foudroyants

-Je vais aussi m'en occuper d'un. Ajouta Harold. Comme ça...

-Non au contraire, répondit Astrid, il faut que Krokmou garde son magnésium pour quand vous serez passés. Le mieux que tu puisses faire pour l'instant c'est te tenir prêt à partir pendant que Tempête et moi on s'occupe de ce qui pourrait se mettre sur ta route.

Le regard d'Astrid a cet instant aurait suffi à mettre au pas une armée entière de vikings, et Harold su instantanément qu'il ne fallait pas la contrarier.

-Ok, on peut y aller. Dit-elle.

La dragon Vipère, avec ses yeux bandés descendit en piquée vers la ruche draconique, seule la furie nocturne resta en arrière, avec son dragonnier inquiet sur le dos.

XxXxXxXxXxXxXxX

La dernière série d'épine se planta dans le flan du foudroyant qui hurla de douleur avant de chuter vers le sol ou gisait déjà 3 de ses congénères, et Harold recommença à respirer. Les manœuvres aériennes d'Astrid avaient été horriblement risqué, mais aussi extrêmement impressionnante et incroyablement efficace (4). Maintenant tout reposait sur lui et sur Krokmou.

-On y va !

Son dragon plongea dans le centre de la tornade de griffe et d'écailles. Un Gronk plus stupide que la moyenne tenta de modifier sa trajectoire pour l'intercepter, il heurta lourdement un de ses congénères, alors que le furie nocturne esquivait chaque obstacle. Le dragonnier et sa monture pénétrèrent au cœur de la ruche, Krokmou ouvrit ses ailes, s'immobilisa dans le ciel, juste devant la gueule de l'Iceburg et cracha une sphère de plasma. Le projectile toucha le dragon alpha juste sous sa bouche et explosa en un concentré de flammes violettes. L'Alpha poussa un rugissement de colère avant de s'immobiliser. Ses yeux à la profondeur de l'océan fixaient l'impertinent furie nocturne en vol stationnaire devant lui. S'il avait été seul, Harold aurait probablement fui, autant que Krokmou qui ne serait jamais allé se confronter à un Iceburg. Mais ils n'étaient pas seul, et ils avaient une mission à remplir. Sur le dos de l'Alpha, se tenait celui qui le contrôlait. L'arrêt de l'Iceburg avait surpris Drago Poingsanglant alors qu'il hurlait ses ordres en dragonnais à son armée de dragons, et il en comprit rapidement la cause lorsque Krokmou tira une autre boule de feu au même endroit que la première.

-Encore toi. Siffla l'homme au bras métallique. Je ne pensais pas que tu oserais encore insister après avoir survécu par miracle à nos deux dernières rencontres. Je te croyais intelligent mais tu es aussi stupide que ton père, encore plus si tu penses pouvoir accomplir quelque chose avec ton petit dragon. Face à moi et à mon Alpha, vous valez moins qu'une paire de sardines.

Harold ne prit même pas la peine de répondre. Déjà car cela n'aurait servi à rien, mais aussi car le cracmole avait parfaitement raison. Leurs chances étaient en effet très faibles, mais parvenir jusqu'au cœur de la ruche de l'Alpha était déjà un miracle, alors pourquoi pas un de plus ?

Krokmou tournoya dans le ciel, enchaînant les tirs de plasma. La tornade draconique, si efficace pour protéger l'Alpha des agressions extérieures, était devenu sa faiblesse car Krokmou savait exactement où il devait tirer, et sa cible n'avait aucune chance d'esquiver. Les projectiles ignescents explosèrent contre les écailles du roi des dragons mais n'endommagèrent pratiquement pas la cuirasse immaculée de celui-ci. Malgré son statut de créature sous-marine, l'Iceburg semblait incroyablement résistant aux flammes.

- Ça suffit ! S'impatienta Drago. Rétablie ton emprise ! Plis le à mes ordres !

L'Iceburg poussa un autre cri de colère, plus terrible encore que le précédent, lorsqu'elles explosèrent contre son col. Le rugissement de l'Alpha fit trembler le sol et resonna jusqu'au tréfonds de l'esprit des reflets de l'âme. Toutes leurs pensées semblaient comme écrasé par la puissance de l'Alpha et Harold pouvait sentir la volonté de Krokmou faiblir face à la puissance du cri du roi des dragons. Incapable de se concentrer sur son vol, le furie perdit rapidement de l'altitude. Dans un ultime instant de réflexion, Harold plaqua ses mains sur les oreilles du furie nocturne et lui intima de fermer les yeux, espérant limiter l'emprise de l'Iceburg de la même manière qu'Astrid. La pression s'atténua juste suffisamment pour éviter que Krokmou ne perde le contrôle de ses ailes, mais la perte de ses sens par le furie nocturne fut un véritable choc qui manqua de le faire s'écraser contre la ruche draconique.

-Désolé Krokmou, mais tu vas devoir me faire confiance ! Cria Harold par ses lèvres et par son esprit. Nous devons combattre ensemble ! Laisse-moi prendre le relais !

Le petit viking n'avait plus tenté de prendre le contrôle du corps de son ami depuis le dernier hiver, son échec était encore bien présent dans son esprit, mais la situation était différente. Astrid lui avait prouvé que les reflets de l'âme pouvaient combattre en harmonie, et surtout Krokmou le soutenait maintenant. L'esprit d'Harold se fondit dans le corps de son reflet de l'âme, retrouvant cette étrange sensation de contrôler un corps qui n'était pas le siens. Harold ouvrit ses ailes et Krokmou resserra sa prise sur sa selle. Partageant leurs sens et leurs corps, les deux reflets de l'âme parvinrent à stabiliser leur vol malgré leur cri de domination de l'Alpha. Ce n'était plus une prise de contrôle comme la dernière fois, Krokmou était pleinement volontaire et conseillait son reflet de l'âme au travers de leur connexion. En quelques coups d'aile, ils remontèrent dans le ciel et tirèrent une boule de plasma en direction du cracmole. Les flammes violettes heurtèrent ce dernier de plein fouet mais n'eut pas d'autre effet que de décupler sa colère.

-Détruit les ! Ordonna Drago depuis la tête de l'Alpha. Congèles ces avortons !

L'Alpha ouvrit sa gueule et cracha un épais rayon de glace en direction des deux reflets de l'âme. Le furie nocturne et son dragonnier plongèrent, évitant le trait de glace qui toucha un hachetou qui constituait la tornade draconique. Harold parvint à se rétablir et enchaina par une nouvelle série de tir de plasma. Son contrôle sur le corps du dragon était encore très imparfait, là où Krokmou était droit et précis, les tirs d'Harold étaient beaucoup plus maladroit. L'Alpha n'en fut même pas ralenti, il cracha à nouveau, sans se soucier des dragons qu'il risquait toucher. Le petit viking ne réagit qu'au dernier moment, n'échappant à l'attaque de l'Iceburg, qu'au tout dernier moment. Cette esquive ne découragea pas le roi des dragons qui enchaina plusieurs souffles glaciaux successif, chacun plus rapide et plus dangereux que le précédent. Harold ne pensait même plus à tenter de s'en prendre à leur ennemi, pour l'instant seul comptait leurs esquives et leur survie qu'elles permettaient. Ils esquivèrent un tir, et encore un, et encore et encore… jusqu'à ce que ça ne suffise plus. Ce n'était pas une erreur, plus une inévitable coïncidence. La queue de Krokmou fut prise dans le souffle glacial durant une fraction de seconde mais ce fut suffisant pour tout faire basculer. Ses ailerons se bloquèrent, incapable d'assurer la stabilité de leur vol, les deux amis chutèrent à nouveau mais cette fois ils ne se rétablirent pas. Le furie nocturne toucha le sol en premier, parvenant miraculeusement à protéger ses ailes. L'impact éjecta Harold de sa selle et il roula sur quelques mètres. Il releva la tête au moment précis où Krokmou fut frapper par un nouveau souffle de glace, le plaquant au sol par une masse glacé. Le furie nocturne tenta de se dégager mais il était irrémédiablement prisonnier.

-Bien joué ma marionnette, Apprécia Drago depuis son belvédère, je commence à apprécier ce dragon, je suis sûr qu'il ferait une merveilleuse monture. Qu'en penses-tu, fils de Stoïk ? Es-tu seulement conscient que tu n'as pas été capable d'exploiter ton dragon à son paroxysme ? Un furie nocturne ne devrait avoir aucun mal à échapper au souffle d'un Iceburg mais tu n'as pas réussi à comprendre tout son potentiel. Tu ignores encore trop de chose sur ton reflet de l'âme. Contrairement à toi, je vais utiliser chacun de ces dragons aux maximums de leurs capacités, et enfin prouver ma puissance.

- Je ne connais pas tous des dragons, reconnu Harold, se retenant de gémir de douleur, mais je sais que Krokmou est mon ami. Vous ne savez qu'asservir les dragons, mais je suis sûr qu'aucun d'entre ne vous obéira après ça… Maintenant Krokmou !

Le furie nocturne, qui avait profité du répit de la conversation, tira son ultime sphère de plasma. Le projectile passa à moins d'un mètre de Drago et toucha une nouvelle fois l'Alpha sans lui infliger de dommage apparent.

-C'était aussi désespéré qu'inutile, asséna Drago en grimpant le long de l'immense défense du gigantesque reptile. Ton dragon aura beau utiliser jusqu'à ses dernières miettes de magnésium, les écailles de l'Iceburg son impénétrable. Rien dans le monde magique ne peux espérer les percer. Quant à moi, tant que je porterais les anneaux de Serdaigle, aucune flamme ne pourra me blesser. Si tu avais été un peu plus réaliste, comme n'importe quel Beurkien, tu aurais fui, mais ton optimisme aura causé ta perte. A toi de jouer ma créature ! Fais un exemple pour tous ceux qui oseront s'opposer à moi !

Harold ne detourna pas les yeux. Il soutint le regard du roi des dragons. Aucun Beurkien n'aurait osé ouvrir son regard, et par la même son esprit, à un dragon capable d'autant de ravages. Krokmou posa délicatement sa nouvelle queue contre la main d'Harold. Au travers de leurs esprit, le poufsouffle perçu l'approbation et le soutiens de son reflet de l'âme. L'immense Alpha et le petit viking restèrent immobile, les yeux dans les yeux, sans la moindre défiance, comme s'il se découvrait pour la toute première fois. Cet instant aurait pu se prolonger pendant longtemps, s'il n'avait pas été brisé.

-Que se passe-t-il ?! S'énerva Drago en frappant de sa lance le sommet du crâne du dragon. Qu'attends-tu pour les détruire ? Je suis ton maître et je t'ordonne d'attaquer !

Le regard de l'Iceburg se tourna lentement vers le haut, comme s'il se souvenait de la présence de l'imposant viking au bras de métal. Il ouvrit la gueule et poussa un rugissement de colère qui perça à nouveau les tympans d'Harold. Le roi des dragons secoua violemment la tête, tel un chien cherchant à se débarrasser d'une puce qui le grattait. Drago parvint à planter sa lance entre deux écailles et s'y agrippa de toutes ses forces pour ne pas tomber.

-Comment oses-tu !? S'écria-t-il. Je t'ordonne d'arrêter ! Je suis ton maître ! Tu dois m'obeir !

-Non, il ne te doit plus rien. Cria Harold depuis le sol. Je n'essayais pas de blesser l'Alpha, pas plus que je cherchais à tirer sur vous. Notre seul objectif à Krokmou et à moi, a été de détruire le collier runique que vous lui avez imposé. Maintenant l'Iceburg est libre.

Malgré la distance, Harold vu clairement les yeux de Drago s'écarquiller de colère et de peur en voyant son précieux dispositif de contrôle qui était tombé sur le sol. Le collier gisait maintenant entre les deux vikings et leurs dragons, un des maillons brisé et brûlé par le plasma du furie nocturne.

-Tu es fou ! Cria Drago, une pointe de terreur dans la voix. Sans moi pour le contrôler, L'Alpha risque de tous nous tuer ! Rien ni personne ne pourra l'arrêter ! Tu n'as aucune idée de la dangerosité d'une telle créature !

-Ce n'est pas parce qu'elle est dangereuse que cela vous autorise à la manipuler, l'emprisonner, la forcer à faire des choses contre sa volonté. Si c'est pas la force et la terreur, alors personne ne mérite de contrôler les dragons !

L'Iceburg secoua la tête encore plus violemment que la première fois, au point que même Drago ne put que lâcher prise. Le corps du viking tomba, heurtant dans sa chute l'une des défenses de son ancien serviteur auquel le viking parvint à se rattraper à l'aide de son bras métallique. Le choc fut de trop pour le membre artificiel qui se brisa. Drago tomba de nouveau et toucha rudement le sol, à une trentaine de pas d'Harold. Malgré le manque de dureté de la pelouse de Poudlard, le choc fut violent et Drago poussa un long cri de douleur. Le cracmole ne resta pas longtemps au sol, malgré toute la douleur visible sur son visage, il s'appuya sur son bras encore valide et parvint à se relever. Krokmou étant toujours piégé, Harold hésita à se lancer à la poursuite du criminel. Drago n'avait pas besoin de plus, il fit volte-face et couru en direction du château, aussi vite que ses blessures le lui permettaient.

-Nous n'en avons pas terminé, fils de Stoik ! Cria-t-il. Un jour ce dragon que tu aimes tant se retournera contre toi et tu comprendras que j'avais raison ! Mais il sera trop tard ! Un jour je rev...

La fin de la phrase de Drago disparu dans le bruit gelé du souffle de l'Alpha. A l'endroit où se tenait Drago, s'élevait une colonne de glace, hérissé de stalagmite. L'Iceburg poussa long rugissement de triomphe, rapidement reprit par chaque dragon de la ruche. Les dragons avaient cessé leurs assauts et se rassemblèrent autour de leur roi victorieux. Malgré le concert de rugissement qui s'élevait tout autour de lui, Harold ne pouvait détacher son regard l'endroit où s'était tenu Drago. Son corps n'était même plus visible entre les éclats glace. Ce n'est que lorsque la ruche cessa ses hurlements que le petit viking regarda autour de lui, et vit que chaque dragon, de la plus petite terreur terrible jusqu'au plus énorme cornebrute, l'observaient fixement. L'Alpha lui-même avait baissé la tête et plantait son regard millénaire dans le sien et dans celui de Krokmou. Harold resta immobile, évitant toute penser qui aurait pu contrarier le roi des dragons. L'Alpha se désintéressa très vite de ce petit humain et se détourna de lui avant de trainer son corps immense jusqu'à la berge et de plonger dans le lac noir. Son immersion souleva d'énormes vagues mais lorsque celles-ci furent retombée, il ne resta plus la moindre trace de l'Alpha à la surface de l'eau. Comme un seul homme, chaque dragon de la ruche prit son envole dans différentes directions, traversant le dôme runique de protection. Certain des dragons parmi les plus petit restèrent coincé et s'écrasèrent contre la barrière de la lumière comme des mouches sur un véhicule moldu, mais le passage successif de dizaines de dragons de multiples espèces finit par surcharger la barrière qui finit par se briser en une pluie de caractère lumineux et il suffit que de quelques minutes pour que le dernier dragon disparaisse.

Les rugissements des reptiles et les cris de guerre viking avait laissé place à un silence pesant. Harold et Krokmou restèrent immobile au milieu du parc dévasté par les combats, reprenant leur souffle, réalisant difficilement que les combats s'était enfin achevé. Harold récupéra un pic de glace et passa plusieurs minutes à briser la coque de glace pour libérer son reflet de l'âme.

-On va devoir se séparer Krokmou. Expliqua Harold lorsque le furie se fut dégager de ses entraves de givre. Même si mon père connaît ton existence maintenant, le reste des habitants de Beurk risque de te tuer à la seconde où ils t'apercevront. Tu connais déjà le chemin jusqu'à Beurk, il vaut mieux qu'on se retrouve là-bas. Tu es d'accord ?

Le grognement que poussa Krokmou exprimait très clairement sa réticence à laisser son reflet de l'âme seul là où se déroulait un combat entre une énorme ruche draconique et un peuple de chasseur de dragons quelques minutes plus tôt. Mais les arguments de son ami étaient trop censés pour qu'il les conteste. Avec un petit cri de regret, le dragon ouvrit ses ailes, et décolla dans le ciel nocturne. Harold le suivi du regard jusqu'à ce que le furie disparaisse dans les ombres de la nuit. Machinalement, le petit viking se dirigea vers le feu de cheminette qu'il continuait à brûler. Maintenant que l'adrénaline avait disparu, la fatigue reprenait le dessus, au point que mettre un pied devant l'autre relevait de l'effort. Avec la disparition de la barrière runique, le brasier émeraude était la principale source de lumière (5).

Alors qu'il marchait, Harold contournait les feux qui avait été allumé par les affrontements. Il y avait aussi des éclats de glace y dû au souffle de l'Alpha et des épines de dragons vipère planté dans le sol. Le saule, très populaire auprès des élèves de Poudlard pour les rendez-vous amoureux était maintenant couché par terre. A mi-chemin, le petit poufsouffle passa près du corps d'un Mille Tonnerre. L'énorme dragon aux écailles bleue mer gisait au centre d'un cratère, où il s'était visiblement écrasé. Une de ses ailes portait une profonde entaille, le résultat d'un sort anti-dragon beurkien. Ce dragon avait sans doute été l'une des premières victimes, les Mille Tonnerre étaient des dragons réputés pour la dangerosité de leur cri et devant être abattu avant qu'il ne puisse s'approcher trop près. Celui-là n'avait sans doute pas eu le temps de blesser le moindre Beurkiens, mais il était mort quand même. Alors qu'il continuait de marcher, Harold croisa d'autres corps de dragons. La vue d'autant de cadavres lui donna une violente envie de vomir, au point qu'il préféra terminer son chemin en regardant ses pieds plutôt que de voir d'autres horreurs. Il n'avait jamais compris pourquoi la souffrance provoquait en lui tant de révulsion. Il était un beurkien, il avait vu bien pire, et depuis longtemps, mais il ne s'habituait pas. Il parvint finalement à la ligne retranchée des beurkiens qui commençaient déjà à ranger leur matériel, attacher les dragons qu'ils étaient parvenus à capturer et soigner ceux qui avait été blessé. Lorsqu'il passa la ligne des catapultes, un viking couru à sa rencontre pour l'examiner, mais tout paraissait très lointain à Harold. Il répondit presque par réflexe, restant le plus évasif possible. Ce n'était pas la première fois qu'il avait à mentir à un membre de son village, et la chose lui venait très naturellement. Précautionneusement, le viking le conduisit jusqu'au feu de cheminette et le fit traverser. Harold ne pensait pas qu'il serait à ce point heureux de retrouver l'odeur de la mer de son île natale. Il inspira à fond, savourant le fumet du poisson et des feux de camp. N'y tenant plus, le petit viking se laissa tomber sur le premier support qu'il trouva.

-Mais c'est Harold ! Le reconnu son oncle Mastok. Par Odin, on a cru que tu étais aller te cacher je ne sais où. Content de voir que tu vas bien.

-Laisses le tranquille Mastok, le coupa Geulfort. Et retournes plutôt t'occuper de ranger les pièges mâchoire. Ça va petit gars ? demanda le forgeron en se tournant vers Harold. C'était un sacré bazar là-bas. Tu as dû en voir des trucs pas jolis. Mais ça va aller, c'est terminé maintenant, on a gagné.

-Il… il reste des gens, dit Harold dans un souffle, des élèves de Poudlard qui sont encore dans le château. Il faut aller les chercher.

-D'accord, approuva le moldu. Laisse-moi rassembler quelques gars et on va aller chercher tes camarades. Ce sera vite…

-Ce ne sera pas nécessaire, intervint une voix glaciale. Je me suis occupé de tout.

Du feu de cheminette, émergèrent Anna et Vaneloppe qui se tenait la main, le professeur Tatch soutenu par le viking qui avait amené Harold quelques minutes plus tôt, et un jeune homme filiforme, reconnaissable entre tous, sa baguette à la main.

-Il ne devrait plus rester personne dans le château, enchaîna Pitch avec un sourire confiant. Tout le reste des élèves doit déjà être sûr Beurk.

-Non ! Dit Harold, d'avoir encore la force d'élever la voix. Il manque Jack. Kr… Je suis sûr de l'avoir vu dans le château.

-Calme toi, minus. Répondit le serpentard en agitant sa baguette. Ce ne sont pas les seules personnes que j'ai ramenées.

Dès qu'il eut fini sa phrase, deux corps sortirent du feu de cheminette, flottant dans les airs sous l'influence d'un sortilège. Un petit flasque et l'autre beaucoup plus imposant qui se débattait. Un aux cheveux immaculés et l'autre aux longs cheveux emmêlés. Jack Frost et Drago Poingsanglant.

-Jack ! S'écria Harold, en allant examiner le corps inconscient de son ami. Est ce qu'il est… ?

-Il va bien. Le rassura Pitch. Il est juste un peu sonné. Il ne devrait pas tarder à se réveiller. Tu peux t'occuper de lui si tu veux. Pendant ce temps je me chargerais du fou dangereux.

-Fou dangereux ?! Rugit l'intéressé, espèce de sale gosse ! Je suis celui qui…

-Silencio. Le coupa Pitch d'un coup de baguette. Tu t'expliqueras devant le Magemagot.

-Merci d'avoir sauvé tout le monde. Dit Harold, avant de se tourner vers Drago. Mais comment tu as réussi à le capturer ? Comment peut-il être encore en vie ? Je l'ai vu disparaitre, touché par le souffle de l'Alpha, personne n'aurait pu survivre à ça.

-C'est juste que tu as mal regardé. Si tu n'as pas une vue d'ensemble tu ne vois pas tout et tu ne peux pas comprendre.

Harold ouvrit la bouche et la referma sans avoir trouvé quelque chose à répondre. L'héritier des Blacks, lui adressa un sourire sarcastique et se dirigea vers le centre du village, son prisonnier flottant impuissant derrière lui.

-Qu'est-ce qu'il a voulu dire ? Demanda Harold à Vaneloppe. Qu'est ce qui s'est passé en fait ?

-Je ne sais pas, avoua la petite fille. Lorsque le gros dragon est parti, on est resté caché avec monsieur Thatch pendant un moment et puis celui là est arrivé, avec Jack et le méchant sous l'emprise d'un sort. Il a réveillé monsieur Thatch et il nous a tous amené vers le feu de cheminette.

Harold tourna à nouveau son attention vers le serpentard mais celui-ci avait déjà disparu. Dans d'autre circonstance, il aurait peut-être insisté, mais à cet instant, il n'avait pas d'autres envie que de s'asseoir quelque part et de se désaltérer.

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(1) : Cette magie est également en place sur l'entrée du quai 9 ¾ à King Cross, le système d'ouverture qui était manuelle à l'origine, un portier activait les runes d'intangibilité, a été remplacé par un système automatique. Il n'y a eu à ce jour que quelques incidents que des désenvoûteurs d'élites ont rapidement réglés, donc inutile de râler contre le manque de fiabilité d'un tel système. (1.1)

(1.1) Cette anecdote est une invention de ma part mais j'avais envie d'en parler.

(2) : Je ne pense pas l'avoir dit mais Milo Thatch est un ancien poufsouffle, bien que la méprise d'Anna soit compréhensible.

(3) : Et cela explique cette scène du film 4 où le Magyar à Pointe poursuit Harry en s'accrochant à un toit.

(4) Je n'ai pas eut le courage d'écrire la partie Astrid, surtout qu'elle en avait déjà une, qu'il y avait déjà beaucoup de combat aérien, et que le chapitre était déjà très long.

(5) : Je ne sais pas s'il y a un temps limite pour un feu de cheminette, dans les livres originaux, le temps ne semble d'être que de quelques secondes, sauf pour les messages, mais il n'y a pas d'indication précise. L'évolution de la magie à permis de considérablement étendre le temps d'action du feu de cheminette qui peut maintenant durer jusqu'à l'extinction du feu.

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Et voilà, bravo si vous avez lu jusqu'au bout. Je ne sais pas si c'est le chapitre le plus long que j'ai écrit. Peut être. J'ai le nez dedans depuis tellement longtemps que j'ai beaucoup de mal à le juger. Je suis conscient que ce n'est certainement pas mon meilleur, mais j'espère qu'il vous a plus quand même. Dites moi ce que vous en avez pensé, de ce que vous imaginer pour la suite...

Je ne le répéterais jamais assez, reviewer ! C'est le seul moyen pour moi de savoir ce que vous en pensez, et le silence après une publicatin c'est toujours très dure. Cette fois, je jure de répondre. l'autre chose c'est que le chapitre suivant est presque près, donc normalement il ne devrait pas tarder (et il devrait être plus court surtout).

Merci encore à tous !