Voici deux nouveaux petits chapitres pour aujourd'hui. Prenez soin de vous et protégez-vous bien contre les méchants virus!


Chapitre 18. Normalité

Sous les néons blafards de Ste-Mangouste, la femme la contemplait en se mordillant la lèvre, comme si elle pesait ses mots avec soin. Elle ajusta ses lunettes sur son nez, replaça une mèche de cheveux gris derrière son oreille et prit la parole, d'une voix désespérément posée. Hermione aurait eu envie de la secouer.

- Tout est normal, Miss Granger. J'ai pris vos signes vitaux il y a un mois, je viens de les revérifier. Vous êtes relativement en bonne santé. Et je dis relativement, parce que vous faites une anémie légère et que votre pression est trop élevée en ce moment, ce qui n'a rien d'étonnant vu votre agitation.

Hermione se tritura les mains.

- Vous ne comprenez pas, dit-elle.

Sa voix grimpa dans les aigus, mais elle n'y prêta aucune attention. Elle avait laissé son orgueil et ses faux-semblants à l'entrée du bureau.

- J'ai vraiment eu deux crises de suite. Je vous le jure, l'une à minuit et l'autre à trois heures du matin. J'ai vraiment eu besoin de deux doses. Ce n'est pas normal.

La médicomage soupira.

- Je vous crois, Miss Granger. Et malheureusement, oui, c'est normal.

Hermione s'emporta.

- Mais pourquoi? Pourquoi deux crises? Pourquoi maintenant? Une seule par semaine, ce n'est pas déjà assez?

Sa voix se cassa.

La médicomage secoua la tête.

- Miss Granger, nous avons observé que l'effet du maléfice dont vous êtes atteinte varie grandement selon l'état émotionnel du patient.

Elle marqua une pause.

- Qu'est-ce que ça veut dire? la pressa Hermione.

- Vous n'êtes pas la seule à avoir souffert de crises répétées. Plusieurs patients les ont expérimentées lors de chocs émotionnels intenses.

- Alors, qu'est-ce que nous pouvons faire?

- Absolument rien.

Ces deux mots tombèrent comme une condamnation.

- C'est pourquoi j'insiste sur le fait que vous avez besoin de repos. Vous devez vous alimenter correctement. Vous devez éviter le stress. Et surtout, vous avez besoin du soutien des gens autour de vous. Vous comprenez?

- Oui, répondit Hermione, d'une voix blanche.

Hier, elle était allée chercher du soutien et du calme auprès d'un moldu inconnu, qui avait disposé de sa bouche comme bon lui semblait.

Sa vue se brouilla de larmes brûlantes. Elle serra les dents, mais la médicomage ne pouvait pas ignorer qu'elle pleurait.

- La plupart des patients composent très bien avec le maléfice malgré ses désagréments indiscutables. Vous pouvez y arriver vous aussi, Miss Granger.

Hermione savait que ces paroles se voulaient rassurantes, mais elles ne firent que renforcer son sentiment d'être inadéquate.

- Je vous répète que vous pouvez consulter le psychomage si vous en ressentez le besoin. La plupart des patients touchés par le maléfice l'ont fait.

- Non.

Hermione essuya ses joues mouillées et se leva.

L'entretien était terminé.