NDA : Salut ! J'espère que vous allez bien ! Pas la suite de la fanfiction mais un petit OS dans un univers alternatif (coucou le XXIe siècle) que j'avais décidé d'écrire sur un coup de tête... Il fait 15K mots à peu près et est vraiment décalé du manga ! Désolée de ne pas avoir posté récemment, c'est assez compliqué et j'en suis encore désolée ^^ ! Pas corrigé, des fautes qui peuvent traîner (n'hésitez pas à me les signaler), de possibles incohérences, une fin un peu bâclée à mon goût (je n'avais plus trop d'inspiration ^^' et je voulais aussi vous poster quelque chose quand même), je m'en excuse et j'espère qu'il vous plaira !

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- Ah, j'suis trop contente !

- Arrête de piailler, imbécile.

- Mais Kaka, tu sais que je suis super contente de revoir tout le monde ! geignit Thénène en enfilant ses créoles.

- T'es surtout contente de revoir ton mec, rétorqua Seika en chaussant ses bottines.

- Eh, ça fait presque trois semaines qu'on s'est pas vus. Et toi, fais pas genre t'es pas contente de revoir le tien non plus.

- Comme si j'allais dire le contraire.

- Heureusement que Lenalee pense à nous organiser des soirées sérieux.

- Pour une fois, t'as pas tort. Mais bon, c'est une soirée pour fêter son bac et celui de Lavi.

- Ça reste une soirée !

Les deux sœurs finissaient de se préparer pour la petite soirée de leur chère amie chinoise. Elles revenaient d'un voyage en Espagne, durant lequel elles ont rendu visite à leur oncle adoré, Kratos, le frère de leur défunte mère. Seika et Thénène, respectivement dix-neuf et dix-sept ans, vivaient ensemble depuis la mort de leur mère quelques années auparavant. Bien entendu, leur oncle était devenu leur responsable légal, afin d'éviter l'envoi en famille d'accueil de ses nièces, envoi qui les aurait encore plus détruites puisqu'elles avaient toujours vécu ensemble; jusqu'à que l'aînée atteigne la majorité légale, même si elle était beaucoup plus mature et responsable que lui déjà.

Il savait pertinemment que ses deux nièces pourraient se débrouiller sans lui, même si ça ne semblait pas évident dès le départ, donc il avait décidé de s'installer en Espagne, dans un petit coin tranquille, et avait invité les filles de sa sœur pendant les grandes vacances, afin qu'ils passent un peu de temps ensemble.

Ses deux nièces, même si on ne le croirait pas, sont bien sœurs : leur mère française, Ambre, avait eu deux différents compagnons, totalement opposés par ailleurs. Sa première relation, qui avait été assez courte, avec un japonais nommé Kazuki avait mené à la naissance de Seika. Même s'ils s'étaient séparés quelques mois après la naissance de la petite, pour maintes raisons, Ambre avait décidé de garder sa fille, ne pouvant se résigner à l'abandonner.

Quelques temps plus tard, elle fit la rencontre d'Aba, un sénégalais, le père de Thénène, et ce fut l'amour fou pendant quelques années. Cependant, le père de la cadette succomba à un cancer. La perte fut douloureuse pour toute la petite famille mais elle s'en était remise du mieux possible.

Donc, elles avaient vécu entre filles durant un certain temps, la mère et les filles heureuses. Mais, comme expliqué plus tôt, Ambre était décédée, cinq ans auparavant, renversée par un chauffard ivre sur Paris alors qu'elle profitait de la journée avec ses filles. Le choc fut plus rude pour les sœurs, qui gardaient chacune des séquelles : elles avaient vécu un début de dépression et s'étaient mutilées régulièrement pendant un certain temps.

Ce qui était ironique, c'était qu'elles se l'étaient caché mutuellement, jusqu'à ce que Seika soulève, accidentellement, la manche de sa cadette alors qu'elles passaient une soirée film avec leur oncle, fraîchement désigné comme responsable légal.

Ce fut la débandade pendant quelques jours entre elles mais rapidement, elles se réconcilièrent et décidèrent de suivre une thérapie ensemble, pour aller mieux. C'était le cas aujourd'hui, elles allaient mieux et tout se passait bien dans leur vie. Seika, à l'université, suivait une licence d'anglais, dans le but de devenir professeur d'anglais, et venait de finir sa première année. Thénène, encore au lycée, entrait en Terminale Scientifique la rentrée prochaine.

Elles vivaient tranquillement avec l'argent de leurs bourses étudiantes ainsi que les envois réguliers d'argent de la part de leur oncle : se sentant tout de même coupable de les laisser seules en France, il avait eu l'idée dans un premier temps de leur envoyer des cadeaux régulièrement mais il ne savait pas quoi leur offrir. Donc, autant leur laisser l'argent pour qu'elles puissent le dépenser comme bon leur semble.

Donc elles vivaient tranquillement dans un petit appartement, avec une pièce de vie qui comprenait une cuisine et une chambre. Elles partageaient la chambre et dormaient dans le même lit, l'ayant fait toute leur vie.

- Tu penses vraiment que cette robe me va bien ? s'enquit alors Seika, sur un ton incertain.

Elle était vêtue d'une robe blanche cintrée sans manches, avec un effet drapé, qui lui arrivait légèrement au-dessus du genou, sublimée par un décolleté qui montrait un peu les contours de sa poitrine.

- Seika, écoute : t'es bonne ! Donc, tout va bien !

- Thénène, sérieusement !

- Oui, sérieusement : Kanda voudra te sauter dessus quand il te verra.

- T'es chiante, pouffa l'aînée en replaçant ses cheveux lisses.

- Mais oui, bien sûr : comme d'habitude ! Mais c'est ce que tu voulais entendre, ricana sa cadette en plaquant ses cheveux avec du gel. Ça va ma tête comme ça ?

- Pourquoi t'as forcé pour que je te fasse des tresses ? Tu sais très bien que ton chéri préfère ta chevelure indomptable.

- Ouais, bah c'est bien parce qu'elle est indomptable que j'ai fait ces tresses : mes cheveux ressemblaient vraiment à rien et on va prendre des photos avec Lenalee pour sa page Insta, faut bien que je reste présentable ! Je pense sérieusement les couper...

- Allen te quittera. Par contre, la prochaine fois, c'est moi qui prends la combi !

La combinaison dont il était question était une combinaison rouge et blanche rayé verticalement, qui marquait la taille, avec un pantalon un peu évasé.

- Dis pas des trucs comme ça ! Pas de souci, je prendrai la robe !

- Oublie pas de prendre des vêtements de rechange : on va peut-être vouloir se changer après les photos.

- C'est une soirée chill comme d'hab ?

- Ouais, et en plus, c'est possible que je ramène Kanda à la maison après...

- D'accord, je prépare ma valise même : je veux pas rester dans le même appart' que vous deux.

- Mais pourquoi ? rit la japonaise en enfilant son long trench blanc.

- Parce que vous risquez de me tuer premièrement et vous aimez trop baiser, s'indigna la jeune africaine en se retournant vers sa sœur après avoir chaussé sa paire de baskets noires. Oh, tu ressembles presque à un ange~, sale démon !

- Ta gueule sale sorcière, prends tes affaires : Lavi est en bas déjà.

- Deux secondes, deux secondes.

Thénène se dépêcha de rassembler ses effets, sans oublier de mettre ses lunettes sur son nez et de récupérer les cadeaux qu'elles avaient acheté en Espagne, cadeaux réunis dans un sac en plastique qu'elle mit dans son sac à dos, et ferma la porte de l'appartement derrière elle, en enfilant son long manteau noir, alors que Seika avait déjà commencé à descendre les escaliers. Elle retrouva son aînée au bas du bâtiment et traversèrent ensemble la cour qui séparait leur habitation de la route principale, la Nationale.

Une fois arrivées sur le trottoir, une voiture noire s'avança vers elles et s'arrêta à leur hauteur.

- Et les bombes de la soirée sont enfin arrivées ! s'exclama Lavi, au volant. Wow, vous avez bien bronzé ma parole !

Il dut se pencher vers la personne assise sur le côté passager pour que les filles puissent apercevoir ses yeux verts pétillants et sa tignasse rousse par la fenêtre ouverte.

- Ouais, je sais ! se vanta la cadette en prenant la pose et en jouant avec ses cheveux.

- Roh, arrête de te la péter, gronda sa sœur en la poussant. Et on appelle ça le soleil d'Espagne Lavi.

La jeune fille perdit l'équilibre et tituba, manquant de tomber au sol.

- Putain, Kaka !

- Vous dites pas bonjour à vos chéris ? s'enquit malicieusement le rouquin.

Comme il l'avait fait remarqué, il y avait deux autres passagers : Allen à l'avant et Kanda à l'arrière.

- Bébé~ ! s'écria Thénène en se penchant vers la voiture tandis que son aînée montait à l'arrière pour embrasser Kanda.

Elle vit son petit-ami, qui rougissait un peu gêné.

- Trois semaines sans se voir et tu me dis pas un mot ? ajouta-t-elle en faisant mine d'être vexée.

- Désolé... mais tu es vraiment jolie que je ne sais pas quoi dire..., bredouilla le blandin en tentant de se rattraper.

- Tu m'as manqué Moyashi~ !

- Toi aussi Titi.

- Sinon, douceur de Dakar, ça ne te dérangerait pas de monter ? lui demanda Lavi. Parce que je suis en warning depuis un moment et j'aimerais bien qu'on aille vite chez Lenalee.

- Avec un si doux compliment, comment refuser ?

- Lavi, évite de flatter son ego s'il te plaît : sa tête va vraiment finir par gonfler, soupira Seika. Titi, dépêche-toi de monter sinon on part sans toi.

- Ah, j'arrive, j'arrive mais pourquoi c'est pas Kanda devant ? Normalement, ce sont les plus vieux qui se mettent à l'avant.

- Ta gueule, je voulais être derrière, ça te pose problème ? rétorqua le susnommé, agacé par la cadette.

- T'as l'impression que je rouspète pour le plaisir là ?

- Comme d'hab, baka Gaki.

- En France, on parle français, connard, siffla la jeune fille en s'installant à côté de sa sœur.

- Oh, Titi, c'est bon ! souffla celle-ci.

- Ce n'est pas grave Thénène, une prochaine fois, déclara Allen en se tournant à demi vers elle pour lui faire face.

Il vit sa moue boudeuse mais surtout dégoûtée et sa main qui montrait discrètement Seika et Kanda, ce dernier ayant passé son bras autour de la taille de la japonaise et posé sa main sur la cuisse de la jeune femme blottie contre lui. Le blandin rit doucement : ça aurait pu être eux justement.

- Bon, Thénène, t'as mis ta ceinture ? s'enquit le conducteur en s'engageant sur la route.

- Non, ça fait quoi ?

- T'es majeure ?

- J'ai dix-sept dans deux mois, répondit-elle calmement.

- Donc tu mets ta ceinture : je viens d'avoir mon permis, je veux pas le perdre bêtement à cause de toi !

- Attends, t'avais pas ton permis avant !? réagit immédiatement la japonaise.

- Bah non, ricana-t-il d'un air fier.

- Genre t'étais pas au courant Kaka ?

- Bah non Thénène : personne me l'avait dit !

- Oupsy ! sourit la susnommée en haussant les épaules.

- Connasse va.

- DJ ? Un peu de musique pour égayer notre trajet ?

- Mais bien entendu chauffeur ! approuva la cadette en tendant son téléphone vers l'avant.

Puisque Lavi conduisait, Allen s'en empara, connecta le téléphone par Bluetooth à la radio de la voiture et le rendit à la jeune fille qui s'empressa de faire défiler sa playlist afin de trouver une chanson. Elle commença à chanter les paroles et Lavi la suivit dans son délire. Les autres passagers bougeaient légèrement la tête sur le rythme de la chanson.

Les deux personnes qui s'amusaient vraiment sur la chanson avaient énormément de points de commun : leur caractère sulfureux et quasiment les mêmes goûts musicaux. C'est pour cela qu'ils s'entendaient si bien. Lavi, habilement, tira son téléphone de sa poche arrière, le déverrouilla et ouvrit Snapchat avant de le déposer horizontalement sur le tableau de bord.

- Lavi, tu fous quoi !? Les deux mains sur le volant ! s'écria Seika, assise au milieu, en le voyant faire.

- T'en fais pas Sei : ça fait presque un an que je fais ça ! Et avec ta sœur en plus : elle est toujours en vie donc tout s'est toujours bien passé !

- Pourquoi ça m'étonne même pas que Gaki ait suivi l'autre con en fait ? lança Kanda, à la droite de Seika, derrière Allen, sur un ton désinvolte.

- Faut vraiment pas vous laisser seuls tous les deux : Dieu seul sait ce qui peut de passer entre vous ! renchérit la japonaise.

- Ça, tu l'as dit ! marmonna Allen.

- Mais faites-nous confiance... À moi au moins ! geignit Thénène. J'ai un minimum de bon sens !

- Bah en dix-sept ans, j'ai toujours pas vu ce bon sens !

- Seika, t'as menti fort là.

- Bref, tout se passera bien parce que c'est Allen qui va lancer la vidéo : donc, je garderai les deux mains sur le volant ! les coupa Lavi.

- Mais, qu'est-ce que vous voulez faire en fait ? s'enquit ce dernier.

- Play-backs ! répondirent les deux amis simultanément.

- Vous êtes intenables mon dieu : à chaque fois que vous êtes en voiture, vous faites ça ! fit remarquer le jeune japonais.

- En vrai, ça peut être pas mal !

- Bébé, tu vas pas t'y mettre !?

- J'ai juste envie d'essayer, répondit tranquillement Seika.

- Donc la copine de Yuu Kanda nous fait l'honneur de s'inviter dans mon snap : j'me sens flatté !

- Lavi, si tu pouvais arrêter de parler pour rien dire, je pense sincèrement que tu serais en couple aujourd'hui.

- Eh mais tu dis ça mais j'ai failli devenir ton beau-frère !

- Ouais non : t'as raté ta chance à jamais, le calma rapidement Thénène. Tu restes mon frère dans mon cœur pour toujours, c'est bon.

- Heureusement que tu t'es fait friendzone et frère-zone. Merci de t'occuper de ma sœur Allen : elle est intenable, force à toi !

- Intenable, c'est bien le mot !

- Kaka, Moyashi, je vous entends !

- En France, on parle français... Moyashi, c'est en quelle langue, Baka Gaki ?

- Quelqu'un dans cette voiture t'a interpellé ? demanda Thénène en jetant un regard noir au petit-ami de sa sœur. Non : donc ton intervention était totalement inutile, cordialement. Remets-toi en question.

- J'ai tellement envie de t'faire du mal, sale peste.

- Essaie juste de la toucher idiot de Japonais et c'est moi qui te ferai mal, gronda le blandin.

- Eh, on avait dit pas les origines !

- Hâte de me battre une nouvelle fois avec toi, salopard d'Anglais.

- Calmez-vous, bande d'imbéciles ! dit la japonaise d'une voix forte, faisant baisser la tension qui commençait à monter.

- Breeeeef, Kaka, choisis la chanson ! imposa la cadette en tendant son téléphone vers son aînée.

Cette dernière fit défiler la playlist de sa sœur, cherchant activement une chanson qu'elle connaissait.

- Trouvée ! s'exclama-t-elle en cliquant sur le titre.

Les premières notes se firent entendre et Thénène reconnut immédiatement la chanson.

- Ne rentre pas chez toi ce soir, ma puce reste avec moi ce soir, reste avec moi car il est tard, ne rentre pas chez toi ce soir..., chantèrent les deux sœurs.

- Quel tombeur ce Slaï, soupira Lavi avant de se caler sur les paroles et le rythme.

Allen lança la vidéo au début de la chanson et fit en sorte de filmer les trois artistes en herbe. Thénène se rapprocha un peu de sa sœur pour qu'elle soit bien dans le cadre de la vidéo.

- Je pressens ton envie de bouger, acceptes-tu cette danse ?

Allen écoutait calmement la chanson, qu'il avait déjà entendu un millier de fois grâce à, ou plutôt, à cause de Thénène qui adorait cette chanson. À chaque fois que le temps limite de la vidéo était atteint, Allen enregistrait la vidéo et en relançait une nouvelle : il était déjà monté avec Lavi et Thénène et avait pris cette habitude.

- Je m'éveille sous ta sensualité, donne-moi une chan~ce, c'est plus que je ne peux endurer : allons, viens dan~se... NE RENTRE PAS CHEZ TOI CE SOIR, MA PUCE RESTE AVEC MOI CE SOIR, RESTE AVEC MOI CAR IL EST TARD, NE RENTRE PAS CHEZ TOI CE SOIR !

Au début, ils étaient assez calmes mais le refrain était revenu et ils s'étaient complètement déchaînés. L'Anglais regardait ses amis et sa petite-amie chanter grâce au téléphone disposé sous ses yeux et ce qui le faisait vraiment rire, c'étaient les airs sérieux et concentrés que tous abordaient : ils étaient vraiment dans la chanson.

- Tes courbes qui ne cessent de me frôler, me mettre en tran~se... Sois ma captive, sois ma dulcinée, qu'est-ce que t'en pen~ses ? Je me plierai à tes volontés : donne-moi une chan~ce !

Quand la chanson prit fin, les deux sœurs éclatèrent de rire et Thénène mit une autre chanson au hasard, le temps d'en trouver une autre.

- Alors Seika, tes impressions sur ce premier play-back en voiture ?

- En vrai Lavi, c'est sympa !

- Tu vas pas t'y mettre !?

- Un problème Kanda ? lui demanda Seika en haussant un sourcil.

- Tch.

- Brefons, Thénène, passe-moi ton téléphone : je choisis la prochaine chanson ! décida Lavi.

- Tu peux pas me donner le nom et je la mets tout simplement ? suggéra la cadette, en se demandant s'il était idiot.

- Allez, donne !

Elle souffla en lui tendant son téléphone et, par chance, il s'immobilisa à un feu rouge. Il fit rapidement défiler la playlist de son amie avant de trouver la chanson qu'il avait en tête.

- Ouais la cité, là...ouais, ah, commença le roux.

Thénène sauta presque sur place et rejoignit Lavi, sans perdre une minute.

- Salade, tomate et sans oignons huh, mets de la sauce sur les frites, bâtard, j'ai mis l'élastique sur le pognon, voilà, y'avait trop de billets de dix, oui... Dites-moi le prix de la Merco dis, Dieu merci j'connais plus la crise non : j'te paye en quoi ? Billets de banque ou billets du crime ? BILLETS ! Billets oranges ou billets verts ? Hein ? Tu veux la blanche ou bien la verte ? Quoi ?

Kanda grommelait dans son coin alors que Seika rigolait en voyant sa sœur toute excitée et essayait de chanter le peu de paroles qu'elle connaissait.

- Ramène mon fusil : ils reviendront jamais... SHOOT BALLE DANS LA TÊTE ! SHOOT SHOOT BALLE DANS LA TÊTE !

Lavi et Thénène faisaient quelques mouvements de tête et d'épaules sur le rythme de la chanson.

- Shoot : balle dans la tête... T'es parti en premier mais c'est moi le meilleur ! FONCE, TE CASSES PAS LA TÊTE : MÊME OÙ J'HABITE, LE GUETTEUR DEVIENT DEALEUR !

La chanson se termina rapidement et Thénène fut la seule à s'applaudir pendant que Lavi klaxonnait. Seika le calma rapidement et Allen rit face à cette ambiance qui lui semblait plus qu'habituelle. Il était content qu'ils se retrouvent tous ensemble mais surtout de voir qu'ils n'avaient pas changé.

Il espérait vraiment que leur groupe reste le même malgré les différents chemins qu'ils empruntaient tous : Thénène et lui entraient en Terminale Scientifique, Lavi et Lenalee allaient en école de droit, Seika allait entamer sa deuxième année de licence et Kanda sa deuxième année de STAPS. Il se demandait bien comment ça allait se passer entre eux mais se rappela qu'il aurait tout le temps d'y repenser, après avoir profité de la soirée et de ses amis.

Alors qu'il divaguait, il se rendit compte qu'ils étaient arrivés à destination après que Lavi se soit garé et que ce dernier soit sorti de la voiture.

- Allen, tu dors ? le taquina Thénène en ouvrant la portière pour le blandin.

- Toujours aussi drôle Thénène.

- Allez, sors vite !

Alors qu'il s'apprêtait à le faire, il s'arrêta dans son élan et se rassit, en regardant la jeune fille.

- Et pourquoi donc ?

- Allez, Allen, sors !

- Et si je n'ai pas envie ? dit-il, sur un ton provocateur.

- Ah, bah, t'auras pas de câlins et pas de bisous alors : tant pis pour toi, déclara placidement Thénène en s'éloignant de la voiture.

Le jeune homme sortit presque immédiatement de la voiture et se mit à la hauteur de sa petite-amie.

- Euh attends, ça fait presque trois semaines qu'on s'est pas vus hein.

- Je suis la première à le savoir, t'en fais pas !

- Allen, tu te fais vraiment mener par le bout du nez, ricana Seika, mauvaise.

- Je fermerai les yeux sur ce que tu viens de dire Seika...Même si je sais que c'est assez véridique.

- Kaka, occupe-toi de tes fesses, tu veux ?

- Bref, embrassez-vous et faites vous un câlin qu'on en parle plus : j'ai pas du tout envie de vous voir vous tourner autour pendant toute la soirée.

- Comme si on avait besoin de toi pour savoir quoi faire, pouffa Thénène en se rapprochant d'Allen.

Elle passa ses bras autour de la nuque du blandin qui l'enlaça par la taille. Il la surplombait de peu, de quelques petits centimètres. Il déposa ses lèvres contre celles de sa petite-amie et l'embrassa tendrement. Il la sentit sourire alors qu'il la rapprochait davantage de lui.

- Moyashi~, minauda la jeune fille quand ils se séparèrent.

- Tu m'as vraiment manquée, chuchota-t-il doucement de sorte à ce qu'elle soit la seule à l'entendre.

La cadette sourit de toutes ses dents et lui donna un rapide baiser avant de prendre sa main et s'avancer vers la maison de son amie. Le reste du groupe avait déjà sonné à la porte d'entrée du pavillon de Lenalee et attendait qu'elle leur ouvre la porte. Elle arriva rapidement, enjouée.

- Ah, bah vous êtes enfin là !

- Lenaleeeeeee ! s'exclama Thénène en lui sautant dessus, lâchant par la même occasion Allen qui grogna légèrement.

- Toi aussi tu m'as manquée Thénène ! rit la chinoise en serrant sa meilleure amie dans ses bras.

- Ah et moi on m'oublie ? chouina Seika en faisant mine d'être vexée. Je pensais que c'était moi ta best.

- Meuh non ! Câlin ! Et je vous adore toutes les deux sérieusement !

Elle serra la japonaise dans ses bras avant de saluer les garçons. Ils entrèrent tous et se dirigèrent vers le jardin derrière la maison, en passant par le salon où Thénène lança son sac sur le canapé. Le jardin n'était pas immense mais tout de même assez grand pour accueillir une vingtaine voire une trentaine de personnes pour une soirée.

Ils étaient six et cela leur convenait parfaitement. Lenalee laissa la baie vitrée du salon ouverte, puisqu'elle ne pouvait pas déplacer ses enceintes.

- Vous m'avez manqué ! s'exclama la jeune fille pendant que ses amis faisaient comme chez eux.

Effectivement, ils avaient pris leur marque dans cette maison depuis plusieurs mois déjà : Lavi et Thénène s'occupaient des enceintes et de la musique pendant que Seika se blottissait contre Kanda, tous deux installés dans le canapé de jardin. En face de ce canapé, se trouvait une petite table basse entourée de fauteuils.

- Toi aussi Lenalee~ !

- Par contre, j'aimerais qu'on se pose trente secondes, réclama Seika sur un ton sérieux.

- Pourquoi ? demanda la chinoise, perplexe.

- Mais, ta robe Lenalee ! s'écria la cadette en posant son téléphone près de la télévision, branché à l'enceinte.

La musique était lancée en fond, pendant qu'ils se réunissaient tous dans le jardin. En sortant, Thénène attrapa le bras de son amie et la fit tourner sur elle-même, faisait virevolter sa robe.

- Mais qu'est-ce qu'elle a ma robe ? rit la principale concernée.

- Maintenant que les filles le disent, je me rends compte que j'avais pas fait attention à ta tenue Lena !

- Parce que t'es un idiot Lavi, c'est tout.

- Pas besoin d'être méchante hein !

- Lenalee, le but de cette robe, c'est rendre jaloux l'autre enfant de sa maman là !? demanda Seika.

- C'est aussi simple que ça à deviner ?

- Ah bah vu comment t'es bonne dedans, crois-moi qu'il va vomir de jalousie ton vieux mec là ! dit Thénène en s'asseyant sur les genoux d'Allen.

- Tu serais pas en train d'exagérer ? souffla son amie, amusée.

- Si j'avais été lesbienne, je t'aurais épouser. Tu préfères quand c'est dit comme ça ?

- Je préfère que tu ne dises rien du tout, intervint alors Allen.

- Allen, le prends pas mal mais regarde comme elle est belle !

- C'est elle la reine de la soirée pour le coup ! souligna la japonaise.

- Arrêtez de me flatter, sérieusement : c'est gênant !

- Petite robe noire, centrée, un peu évasée, couleur que tu portes rarement, commença Thénène.

- Ni trop courte ni trop longue, juste parfaite pour mettre tes jambes en valeur.

- Un petit dos nu tout mignon...

- Avec un joli, très joli décolleté qui met bien tes seins en valeur... Vraiment Lenalee, tu veux que quelqu'un te mange ce soir ou bien ? rit Seika, devant la rougeur de son amie.

- Si personne ne se dévoue, je veux bien m'en charger ! se proposa énergiquement Thénène avant d'exploser de rire.

- Continue comme ça et tu vas avoir des problèmes avec ton amoureux toi, la mit en garde son amie.

- Ça va, c'est toi Lenalee !

- Encore heureux ! marmonna Allen, un peu vexé.

- Bébé, boude pas !

La cadette déposa un bisou sur le front de son copain puis se blottit tendrement contre lui.

- La chance que vous avez les filles...

- Tu sais à quel point on a galéré pour les avoir ces deux-là, dit calmement Seika.

- Ouais mais ça se passe bien dans vos couples alors qu'avec Maxime, y'a toujours quelque chose qui va pas...

La chinoise souffla et s'assit dans un fauteuil, avec un air dépité. Tout de suite, les deux sœurs se levèrent et entourèrent leur amie pendant que les deux copains, d'un coup abandonnés, soufflèrent.

- Les gars, vous savez très bien que c'est les potes avant les mecs avec elles, commenta tranquillement Lavi en s'empiffrant de bonbons qu'il avait trouvé dans la cuisine.

- Et la famille avant les potes, on sait très bien : merci, rétorquèrent les interpellés.

- Lenalee, la seule chose qui va pas dans ton couple, c'est ton mec hein, déclara Thénène. Et je te l'ai répété je ne sais combien de fois.

- Dis toi que pour une fois, je suis d'accord avec Thénène : ça veut dire qu'elle a vraiment raison pour le coup, renchérit l'aînée en replaçant les mèches tombantes du carré de son amie derrière ses oreilles. Il te mérite pas, franchement pas du tout.

- Je sais plus quoi faire avec lui...

- Le quitter ? suggéra le roux en se rapprochant de son groupe d'amis préféré.

- Pour une fois qu'il dit quelque chose d'intelligent.

- Je prends ça pour un compliment venant de ta part Seika.

- Ouais mais vous savez comment je suis quand je suis vraiment attachée à quelqu'un...

- Écoute, on y réfléchira une autre fois à tête plus reposée, d'accord ? Mais honnêtement, je veux que tu arrêtes cette relation ou au moins que tu fasses une pause parce que t'es pas heureuse dans ce couple, de ce que je vois en tout cas.

- Toujours du même avis que Titi.

- Et donc, on en reparle une prochaine fois et je nous invite à nous amuser ! Allez, on va se bouger un peu et passer du bon temps ensemble ! s'exclama la cadette en secouant son amie. Et puis, je suis là : ça devrait illuminer ta soirée ?

- Thénène, ta gueule, la coupa Seika. Sinon, oui comme on est là, profite de nous et pense pas à l'autre enfant à sa maman !

- Faut écouter les demi-sœurs très demi ! insista le borgne en venant frotter le haut du crâne de Lenalee.

- Lavi, t'es en train de la décoiffer !

- Ah mais pas grave, même décoiffée : elle ressemble à un ange.

- Thénène, tu me fais plus de compliments à moi qu'à ton mec, tu devrais pas te remettre en question ?

- Non, mais c'est toi Lenalee : je t'aime, c'est tout ! répliqua la jeune fille avec un grand sourire. T'étais là avant lui et fais pas genre c'est pas réciproque.

- Bordel, Thénène, t'es chiante.

- Fais pas genre tu penses pas la même chose Seika avec ton mec.

- Allen, j'ai vraiment de la peine pour toi...

- Merci Seika, mais ne t'en fais pas : je me suis déjà fait une raison depuis longtemps.

- Arrêtez~, geignit la cadette.

- Heureusement qu'elle est fidèle, j'ai envie de dire, souffla la chinoise sur un ton mesquin. Parce qu'avec Lavi, on peut se poser des questions hein...

- Vous essayez de faire mon procès ou bien ?

- Pourquoi j'entends mon prénom sorti hors contexte ?

- Non mais faut se le dire Lavi, on a plus l'impression que c'est toi le mec de Thénène.

- Pour une fois que j'suis d'accord, intervint subitement Kanda qui était jusque-là silencieux.

- Vous forcez tous, Seika toi la première tu sais que je suis son meilleur ami et qu'elle m'a friendzone et frère-zone en plus !

- Arrêtez de remettre mon couple en question : vous nous avez jamais vu seul à seul, sauf Lavi, donc vous pouvez pas savoir ! Et puis toi Seika, on parle du fait qu'on vous voit presque jamais parler avec Kanda ? lança Thénène pour détourner la conversation.

- Eh oh, on parle de ton couple pas le mien !

- Ouais bah on a peut-être des défauts mais le tien n'est pas parfait non plus !

- Ah mais j'en suis totalement consciente !

- Non mais en vrai, Thénène, ce sont des échos de ce que les gens disent au lycée, dit Lenalee pour essayer de calmer son amie qui semblait assez remontée.

- Mais j'écoute pas les rageux, vous le savez très bien : moi je les laisse parler, je sais très bien ce qu'il se passe entre Allen et moi. Ils ont pas besoin de savoir eux.

- Honnêtement, si on avait écouté les gens jusqu'au bout, on ne serait clairement plus ensemble, ajouta Allen. Ça a failli être le cas.

- C'est ce qui s'était passé au début, oui, et ça a assez mal tourné, leur rappela la cadette. Mais vous savez comme je suis chiante, surtout quand je veux quelque chose.

- Ah ça pour être chiante et bornée, je confirme totalement.

- Merci grande sœur, ça me touche.

- Sinon, Lavi ne sera plus au lycée non plus donc ils devraient arrêter de commérer.

- Bébé, j'adore ta naïveté mais les gens trouvent toujours un moyen de commérer, t'en fais pas pour eux. Et tu sais que Lavi est un parasite donc il viendra presque tous les jours devant le lycée alors qu'il sera en droit, la logique.

- Tu me connais si bien douceur de Dakar...

- Ouais, c'est normal Poil de Carotte : t'es pas si difficile que ça à cerner, se moqua la jeune fille.

- Lenalee, courage : tu vas encore devoir supporter cet idiot dans ta fac de droit.

- Seika, si j'ai pu entrer dans cette fac de droit, c'est qu'il y en a là-dessous ! s'écria malicieusement le roux en se tapotant la tempe.

- Bah depuis qu'on se connait, j'ai jamais vu ce qu'il y avait en-dessous, répliqua l'aînée en le regardant comme un alien. Pour moi, tu resteras un imbécile heureux.

- Je prends ça pour un compliment, écoute : on entend pas les rageux !

Seika attrapa un coussin qui encadrait Lenalee dans son fauteuil et le lança sur le borgne qui l'esquiva à la dernière seconde alors qu'il jubilait.

- T'as bien failli me rendre aveugle hein !

- C'était le but : le prochain, je t'ai.

- Ah, je vous adore sérieusement ! rit Lenalee, avec un grand sourire.

- Et elle se met enfin à sourire, je vais finir par tomber amoureuse ! la taquina Thénène en attrapant ses joues.

- Lenalee, je t'apprécie énormément mais arrête de sourire s'il te plaît, demanda Allen qui s'était levé.

Il se déplaça rapidement vers les filles et attrapa sa petite-amie par la taille, la tirant vers lui par la même occasion. Thénène lâcha la chinoise et rit de l'attitude du blandin.

- Bon, sinon, je propose qu'on prenne des photos pendant qu'on est encore fraîches ! suggéra la japonaise en tapotant les cuisses de son amie. Parce que si tu nous as demandé de nous mettre bien, c'est clairement pas pour passer la soirée à discuter.

- Ah, ça c'est sûr ! confirma Lenalee en se mettant debout, avec une motivation nouvelle. Allen, on va te piquer Thénène pendant quelques instants, si ça te dérange pas !

- Pour une bonne heure, tu veux dire ? soupira le jeune homme en relâchant la cadette.

- Je te la laisserai pour le reste de la soirée !

- Lenalee, mon amour pour toi reste inconditionnel.

- Titi, arrête d'emmerder le monde et viens !

- J'arrive, j'arrive grande sœur de mon cœur.

- Lavi, sors nous tes talents de photographe, ordonna la japonaise en se déplaçant dans le jardin à la recherche d'un endroit convenable.

Lenalee était rentrée rapidement afin de récupérer son appareil photo. Elle revint avec, toute sourire, et le tendit au roux qui s'en empara vivement.

- Je peux faire un live Insta en même temps ? demanda-t-il en sortant son téléphone.

- Ah, je ne sais pas...

- En vrai, Lenalee, c'est une super bonne idée ! s'écria Thénène. L'autre con va regarder !

- C'est certain : il déteste Lavi de toute son âme parce qu'il est ultra jaloux de vous deux ! renchérit Seika, ayant compris ce que sa sœur avait en tête. Donc, vous allez faire comme d'habitude, genre être aussi proches et tout...

- Et je parie un sceau de KFC qu'il va t'envoyer des messages et essayer de t'appeler !

- Thénène, j'oublie pas le pari ! dit Lavi, souriant.

- Vous êtes sûrs ?

- Mais oui ! s'exclamèrent les sœurs.

- Lavi, attends deux minutes avant de lancer ton live, imposa l'aînée avant de s'adresser à sa cadette. Titi, va chercher le maquillage et une brosse à cheveux !

- J'y marche, j'y cours, j'y vole !

Et Thénène rentra dans la maison pour récupérer ce que sa sœur lui avait demandé. Elle réapparut assez vite et déposa le tout sur la table basse. Les filles commencèrent à s'occuper de leur meilleure amie et Lavi se dirigea vers ses garçons préférés qui ne pipaient mot.

- Toujours aussi proches les mecs ? railla le jeune homme en se laissant tomber dans le canapé, près de Kanda.

- Toujours aussi drôle, lapin de mes deux.

- C'est pas sympa Yuu !

- Appelle-moi encore une fois par mon prénom et j'te castre.

- J'ai envie d'avoir une descendance moi donc on va éviter hein !

- Je ne pense pas que ce soit une si bonne idée que ça, pouffa Allen.

- Ouais bon, soyez sympa : je vous tiens compagnie !

- Lavi, tu peux les laisser : ils savent se débrouiller, lança Seika qui écoutait d'une oreille.

- Pas sympa pour ton mec ça.

- Évite de commenter à tout bout de champ aussi sinon j'te castre.

- Vous êtes vraiment faits pour être ensemble, ricana Thénène.

Elle évita un coup de la part de sa sœur en explosant de rire et se mit à danser et chantonner au rythme de la musique.

- DDD, pourquoi tu t'es tressée aujourd'hui ? l'interpella Lavi, curieux.

DDD pour Douceur de Dakar, la cadette se tourna vers son meilleur ami en entendant son surnom et lui répondit tranquillement.

- Parce que mes cheveux, c'est la catastrophe là : j'ai tellement envie de me les couper, PDC.

PDC pour Poil de Carotte.

- Coupe-toi les cheveux et t'es célibataire moi j'te dis ! intervint Seika.

- Arrête de dire ça Seika : c'est pas sympa !

- Et on n'a pas l'avis du deuxième principal intéressé ! fit remarquer Lenalee en lançant un regard rapide au blandin.

- Bah... personnellement je préfère tes cheveux comme ils sont actuellement, dit Allen en s'adressant à sa petite-amie.

- Oui je sais ! Mais le choix sera vite fait...

- En vrai, je pense que le résultat peut vraiment nous surprendre si elle se coupe les cheveux, déclara pensivement Lenalee pomponnée par Seika. Donc, c'est vraiment comme tu le sens Titi.

- Je suis bien d'accord avec Lenalee, appuya cette dernière. Mais pour l'instant, regardez-moi cette beauté fatale !

Elle leur dévoila la chinoise, maquillée et les cheveux remis en place.

- Lenalee, ce rouge à lèvres te va vraiment bien, tu devrais le mettre plus souvent !

- Du même avis que PDC. Tu es magnifique à souhait, princesse de mes rêves. Une douceur.

- Vous me gênez avec tous vos compliments...

- Ah lala, bon, venez les filles : on peut commencer ! s'exclama Lavi en s'approchant des filles.

Elles se réunirent et Lavi se fit une joie de les prendre en photo d'une main et de lancer son live Instagram de l'autre. Ses très nombreux abonnés étant à l'affût, ils furent beaucoup, dont le fameux Maxime, à regarder le direct tout en commentant la scène qu'il essayait tant bien que mal de filmer. Un peu débordé, il demanda de l'aide à Allen, qui le rejoignit et se chargea de tenir le téléphone. Le rouquin changeait d'angle et donnait des directives aux filles qui tentaient de les suivre tant bien que mal. Les abonnés de Lavi réagissaient aux différentes poses que les filles enchaînaient et complimentaient particulièrement Lenalee et Seika.

Après avoir pris une bonne centaine de clichés, Lavi récupéra son téléphone en remerciant le blandin et vit tous les compliments adressés aux deux jeunes femmes.

- Eh ben dis donc, Seika, Lenalee, vous avez des fans ce soir ! Lenalee, ma douce Lenalee, approche deux secondes.

Elle apparut dans le champ de la caméra, souriante. Ils commencèrent à se taquiner, comme ils en avaient l'habitude. Thénène s'attela donc à les prendre en photo, les trouvant adorables, et ils se prirent rapidement au jeu. Dès qu'ils eurent finis leur séance photo, Lenalee se plaça aux côtés de Seika et la prit dans ses bras, dans un élan de joie.

- Première étape, terminée ! chuchota la japonaise à son amie.

- Deuxième étape, se rendre inaccessible ! ajouta la cadette, avec un sourire mesquin.

- Vous êtes mauvaises !

- Non, il va juste se rendre compte de ce qu'il va perdre ! rétorquèrent les sœurs.

- Je vous laisse regarder les photos les filles, dit le borgne en leur tendant l'appareil photo après avoir regardé celles que Thénène venait de prendre. Et vous, mes abonnés, à une prochaine fois !

- C'est fou comme il fait trop la star, soupira Seika, dépitée.

- On est tous des stars ! Il faut avoir l'étoffe d'une star dans la vie !

Les filles décidèrent de l'ignorer et s'assirent dans le salon. Lenalee sortit son ordinateur qu'elle avait rangé sous la table basse et transféra les données de l'appareil photo sur son ordinateur. Elle fit défiler toutes les images qui ont été prises et commença à faire le tri avec les deux sœurs. Rapidement, Seika les abandonna et retourna dans le jardin, auprès de son petit-ami qui n'avait pas bougé d'un poil. Elle se blottit presque instinctivement contre lui et il la serra contre lui en retour.

- Yuu, tu m'as manquée, susurra-t-elle à son oreille.

Il déposa tout simplement un bisou sur son front en guise de réponse et la jeune femme passa un bras autour de sa taille. Elle aurait bien aimé l'entendre dire qu'elle lui avait manqué également. Il n'était vraiment pas ni le plus démonstratif ni le plus éloquent des petits-amis mais il faisait beaucoup d'efforts quand cela la concernait. Donc elle avait appris à comprendre ses petits gestes, ses petites démonstrations d'affection. Cependant, quand il y avait vraiment un gros problème ou qu'ils avaient une discussion sérieuse, il essayait de parler de façon à ce qu'il soit le plus clair possible.

- T'as fait quoi ces deux dernières semaines ? s'enquit doucement Seika, qui voulait entendre la voix de son chéri.

Ils ne s'appelaient pas souvent, et quand c'était le cas, ils ne restaient pas longtemps au téléphone. Au début de leur relation, elle avait pensé qu'ils avaient un gros problème de communication mais elle s'était rendue compte que ce problème de communication disparaissait presque quand ils se voyaient, puisqu'il arrivait à lui faire comprendre ce qu'il voulait lui dire par des gestes plus simplement que par des mots. Bien entendu, depuis qu'il connaissait Seika et surtout depuis qu'ils étaient ensemble, Kanda faisait beaucoup plus d'efforts de communication orale, même si ce n'était pas forcément évident.

- Rien de spécial, à part aller à la salle et le travail.

Kanda avait réussi à se faire embaucher dans un garage pour un mois, garage qui n'était pas très éloigné de chez lui avec des horaires convenables. Cependant, le responsable partait en vacances avec sa famille pour les trois semaines qui arrivaient, donc le contrat qu'avait signé Kanda avait pris fin aujourd'hui même.

- Tu veux qu'on fasse quoi tous les deux ? s'informa Seika en se souvenant que son petit-ami était désormais au chômage.

- Comme tu voudras.

Elle releva un peu la tête et déposa un bisou sur la mâchoire du japonais. Elle attrapa ensuite son visage et l'obligea à la regarder, avant de l'embrasser passionnément. Le jeune homme posa sa main libre sur sa joue tout en approfondissant le baiser, arrachant un petit gémissement à l'aînée. La chaleur commençait à monter mais ils entendirent quelqu'un se racler la gorge quand la main de Kanda se mit à descendre d'un étage et Seika se souvint de la présence d'Allen. Quel rabat-joie.

- T'es pudique maintenant ? railla la jeune femme en jetant un coup d'œil au blandin qui rougissait de gêne.

- Seika, j'ai beaucoup trop d'estime envers toi pour assister à... ce genre de scènes...

- Bah bouge, abruti de mes deux ! C'est pas parce que t'es frustré que tu dois gâcher le plaisir des autres, rugit Kanda, excédé.

- Bébé, on continuera après, c'est pas grave.

- Continuez maintenant, ne vous gênez pas, je vais dans le salon comme j'aurais dû le faire plus tôt, rit nerveusement le garçon en s'éclipsant. Désolé !

- Y'a pas quelque chose que t'as vraiment envie de faire ? insista Seika en regardant le brun, après le départ d'Allen.

- Tant que je suis avec toi, je peux tout supporter, je pense. Sauf ta sœur.

Elle piqua un fard, touchée par les mots qu'il avait prononcés et par le regard intense qu'il lui offrait.

- Vraiment, tu veux quoi Yuu ? Dis-moi ! En ce moment même, tu veux faire quoi ?

- Terminer ce qu'on a commencé.

Clairement, il lui disait qu'il voulait lui faire l'amour. Seika eut encore plus chaud que tout à l'heure.

Loin de là l'idée de devenir voyeuriste mais Allen ne les avait pas vu au début, perdu dans ses pensées. Ce fut le gémissement de Seika qui le ramena sur Terre et le fit remarquer ce qu'il se passait à côté de lui. Autant dire que les deux japonais se retenaient de se sauter l'un sur l'autre, et la soirée venait de débuter. Dans la salon, il vit Lavi qui tournait en rond à côté du bar en téléphonant et Lenalee et Thénène, assises en face de l'ordinateur.

- Que fait Lavi ? s'enquit-il en s'asseyant à côté des filles.

- Il commande les pizzas, lui dit Thénène enjouée. J'ai faim !

- Maintenant que tu fais la remarque, moi aussi.

- Que font Seika et Kanda ? s'interrogea la chinoise.

- Hmm... ils étaient légèrement... occupés quand je suis parti...

- Incroyable, ils peuvent pas se retenir !

- Thénène, ça fait un moment qu'ils ne se sont pas vus non plus hein.

- Je le sais très bien, Lenalee chou.

- Les photos sont vraiment belles, s'étonna alors le blandin en se rapprochant de l'écran.

- T'as vu ça !? J'ai vraiment du talent ! intervint alors Lavi qui avait fini de commander.

- Et moi aussi : regarde comme nos deux meilleurs amis sont mignons comme ça ! Eh PDC, ça arrive dans combien de temps ?

- On m'a dit une vingtaine de minutes voire une demi-heure, DDD.

- Tant mieux, je commence à crever la dalle, disait Seika en entrant dans le salon, main dans la main avec Kanda.

- Bande de petits coquins, les taquina la cadette en lançant un petit clin d'œil.

- On n'a rien fait.

- Mais oui et moi j'suis la première Dame de France !

- Et dans tous les cas, Baka Gaki, ça te regarde pas, renchérit le japonais.

- La discrétion, vous connaissez ?

- Oh, Titi, tais-toi. Et on fait quoi en attendant les pizzas ?

- Personnellement, je vais me changer, dit Thénène en se relevant et en se saisissant de son sac à dos. Et après, on leur donne leurs cadeaux Kaka ?

- Ah, tu les as pris ? J'avais complètement oublié perso : je m'en étais souvenue dans la voiture.

- Oui, je les ai pris juste avant de sortir ! Ouais non, autant les donner maintenant et je me changerai après : ça revient au même.

Joignant l'acte à la parole, elle sortit le sachet contenant les cadeaux et commença la distribution avec Seika. Lavi s'était vu offrir une belle montre noire et Lenalee une paire de chaussures ainsi qu'une robe rouge. Kanda et Allen reçurent également une paire de chaussures, en plus de leur autre cadeau, et Lavi s'emporta.

- Pourquoi je suis le seul à pas avoir eu de chaussures !?

- T'as déjà trop de paires !

- Et ta montre a quand même coûté cher hein ! ajouta Seika.

- En gros, te plains pas quoi ! riait Thénène en sortant son deuxième cadeau pour Allen.

Elle avait eu l'idée des bijoux assortis et Seika l'avait un peu suivie. La japonaise avait donc acheté deux chaînes en argent, une qu'elle offrit à son petit-ami et l'autre qu'elle garda pour elle. Elle n'avait pas cherché à faire compliqué comme sa sœur, surtout qu'elle n'avait pas su sur le coup ce qui ferait plaisir à son petit-ami. La métisse, quant à elle, avait fait fabriquer un bracelet en argent identique au sien et y avait fait graver le prénom du maudit dessus. Le bracelet qu'elle portait était un bracelet que son père lui avait offert à sa naissance, avec son prénom gravé dessus. Elle ne l'avait jamais quitté depuis. Seika également avait reçu un bracelet de la part d'Aba, mais ne le portait pas, préférant le garder chez elle.

Le blandin avait tiqué lorsque Thénène sortit le bracelet de sa boîte et allait lui faire une remarque en pensant qu'il s'agissait du sien quand il vit qu'il y était gravé son prénom. L'information mit du temps à remonter à son cerveau puis il regarda la jeune fille qui souriait, contente de l'effet produit.

- La gauche, demanda-t-elle gentiment.

Un peu tremblant, il s'exécuta, tendant son bras gauche devant lui, et elle lui passa le bracelet au poignet doucement. Il était vraiment touché par le cadeau puisqu'elle connaissait l'importance du nom qu'il portait aujourd'hui ainsi que le problème que représentait son bras gauche, lui ayant expliqué son histoire. Allen lui avait expliqué qu'il avait été adopté par Mana Walker, qui l'avait ainsi nommé quand il était beaucoup plus jeune et que son père adoptif l'avait réellement aimé comme un fils. Toutefois, il était mort dans un accident de la route impliquant un poids lourd et sa voiture qu'il conduisait, dans laquelle se trouvait Allen ce soir-là. Mana était mort sur le coup suite à la collision alors que le blandin, nettement plus chanceux, avait eu de nombreuses coupures sur le visage, lui laissant notamment cette énorme balafre qui traversait son visage, et sur son bras gauche, lui laissant de nombreuses cicatrices plus ou moins profondes.

Le choc fut énorme et il prit beaucoup de temps pour s'en remettre : aujourd'hui encore, il était bouleversé lorsqu'il partageait ce tragique événement avec d'autres. Ce qui l'avait étonné, lorsqu'il avait difficilement expliqué la raison de ses cicatrices à Thénène, c'était qu'elle avait pleuré à la fin de son récit et qu'il s'était retrouvé à la consoler après.

- Allen, ça te plaît ?

La voix de la cadette le tira de ses pensées et le ramena à la réalité. Il regarda la jeune fille qui s'était assise à côté de lui, la main sur son poignet, le regard inquiet de l'expression du blandin.

- Ne me regarde pas avec ces yeux-là : ça me plaît énormément, merci beaucoup ! Je... je repensais... à plein de choses...

Elle comprit immédiatement ce dont il parlait et passa son bras autour de ses épaules, le rapprochant d'elle et l'obligeant à poser sa tête sur son épaule.

- Maintenant, on est assortis ! souffla-t-elle doucement en l'embrassant sur le front.

Il devina qu'elle faisait allusion à ses cicatrices à elle et eut un sourire peiné, connaissant également son histoire à elle. Il se dit qu'il avait vraiment de la chance de l'avoir et se blottit encore plus contre elle, une main autour de sa taille, la laissant le câliner.

- Bébé Moyashi est en manque d'amour apparemment !

- Tu es partie presque trois semaines hein...

- Désolée !

Elle commençait à lui caresser tranquillement les cheveux quand on toqua à la porte.

- Tiens, ça fait déjà trente minutes !? C'est sûrement les pizzas ! s'excita le rouquin.

- J'y vais ! se proposa Seika.

Elle avait déjà ouvert la porte avant même que Kanda ne puisse objecter et tomba nez à nez avec le livreur. Le jeune homme qui portait six cartons rougit brutalement en voyant la japonaise souriante apparaître devant lui, la trouvant très jolie. Il jeta un coup d'œil au décolleté de la jeune femme, le faisant davantage s'empourprer.

- B-Bonsoir Mademoiselle !

- Ah, j'ai oublié l'argent ! soupira Seika. Je reviens !

- Ah... ça peut attendre vous savez ! Dites, il serait possible... d'avoir votre numéro de téléphone ?

En entendant la voix masculine malgré le fait qu'il soit complètement à l'opposé de la porte d'entrée, Kanda gronda et rejoignit sa petite-amie.

- Et pourquoi faire son numéro de téléphone ? dit-il en apparaissant derrière la japonaise.

Il en profita pour remettre en place une bretelle de la robe de Seika qui tombait et de réajuster son décolleté. Voir Kanda arriver ainsi derrière la jeune femme et se comporter ainsi avec elle calma immédiatement le livreur qui comprit qu'elle lui était totalement inaccessible. Le regard plus que sombre qu'il reçut par la suite lui apporta confirmation et il se demanda comment rattraper sa bêtise.

- E-Euh, p-p-pour vous informer d-des offres que nous faisons pour nos clients l-les plus fidèles, bégaya tant bien que mal le jeune homme.

- Bébé, prends les pizzas et rentre : je m'occupe de payer. Et pour les offres, mon numéro de téléphone fera l'affaire j'imagine et je l'espère ?

Seika, qui rougissait déjà, s'empourpra davantage mais s'exécuta rapidement, parce qu'elle sentait bien qu'il était agacé voir énervé dans sa voix et il ne fallait pas le contrarier : elle prit les pizzas et rentra à l'intérieur sous les regards moqueurs de ses amis. Pourquoi elle rougissait ? Il ne l'appelait que très rarement "bébé" et elle avait bien compris qu'il montrait au livreur qu'elle était déjà prise.

- O-O-Oui, t-totalement : j-je prends en note !

Il enregistrait le numéro du japonais pendant que celui-ci sortait de l'argent de son porte-monnaie afin de payer.

- J'veux plus jamais te voir dans ce quartier ! siffla-t-il en claquant la porte au nez du livreur.

Une fois la porte fermée, Lavi, Lenalee, Allen et Thénène éclatèrent de rire alors que Seika s'était assise dans un coin du canapé, silencieuse et écarlate.

- Et pour les offres, mon numéro de téléphone fera l'affaire j'imagine et je l'espère ? imita le borgne.

Les fous rires reprirent de plus belle jusqu'à ce qu'ils soient à bout de souffle.

- Kanda, quelle crise de jalousie ! ricana Thénène, en pleurs. Tu l'as appelée "bébé", tu voulais mettre le paquet, c'est ça ?

- Oï, t'as vu comment elle est habillée aussi !?

- T'as un problème avec ma robe !? tiqua la concernée, en dardant son petit-ami d'un regard noir.

Quel était le problème ? Trop courte ? Trop décolleté ? Elle ne lui allait pas ? S'il avait un reproche à propos de sa tenue, il aurait pu le faire bien plus tôt ! Seika risquait de s'énerver à la moindre remarque désobligeante.

- Le seul problème, c'est que t'es trop belle dedans.

- Hein ? Quoi, attends ?

- Un compliment masqué !? Eh bah dis donc, on progresse Bakanda !

- Ta gueule, Baka Gaki ! Il avait pas à la mater, c'est tout.

- Mais ce qui est beau est fait pour être regardé, non ?

- Sale morveuse, t'as toujours pas compris qu'il y avait que moi qui avait le droit de la mater !? s'emporta le japonais en lançant un coussin sur la cadette.

- Je pense qu'on atteint des records niveau expression de la part de Kanda ce soir ! se moqua Thénène en esquivant le projectile qui lui était destiné, si bien qu'elle poussa son bien-aimé.

- J'en ai bien l'impression également ! ricana Lavi, à terre.

- Gaki, j'ai envie de t'buter !

Il retirait sa chaussure, prêt à la lancer sur la jeune fille, quand Seika lui sauta dessus et déposa sa tête contre son torse, en entourant la taille du Japonais de ses bras.

- Merci, marmonna-t-elle de sorte à ce qu'il soit le seul à l'entendre.

Il remit sa chaussure, sans oublier d'envoyer un de ses fameux regards noirs à Thénène qui y répondit en levant son majeur, et posa sa main sur la tête de la jeune femme. Il sentait son visage prendre quelques légères couleurs et espérait vivement que personne ne le remarque.

- Attendez, je rêve ou ce gorille sans cœur et sans âme est en train de rougir !? s'écria la cadette, choquée.

- Yuu, tu rougis ? renchérit Seika, étonnée.

- Gaki, tu mérites que je t'enterre vivante toi ! gronda le brun, prêt à lui sauter dessus.

Il avait oublié que Thénène remarquait les petits détails comme ça, et qu'elle aimait particulièrement dévoiler ses faiblesses à lui. Il ne la supportait vraiment pas. Il voulait la corriger mais Seika regardait ses joues rosies, les yeux doux, et il se dit qu'elle était vraiment adorable.

- Yuu, t'es mignon comme ça !

Il grommela tout en détournant le regard, pendant que Seika se moquait gentiment de lui. Qu'est-ce qu'il pouvait supporter pour elle...

- Bon, après cette adorable scène de notre couple japonais, c'est l'heure de manger les enfants ! s'exclama Lenalee.

Elle était vraiment attendrie par la paire japonaise puisqu'elle savait pertinemment que Kanda ne parlait pas beaucoup. Son intervention leur rappela la faim qu'ils ressentaient et ils se répartirent tous dans les deux canapés et se remplirent allègrement le ventre, tout en discutant de leurs vacances et des sorties qu'ils prévoyaient.

- Notre road-trip à Paris, c'est bien dans trois semaines ?

- Oui Lavi ! affirma la chinoise en allant chercher des verres et des boissons.

- C'est quand même pas pratique que tu retournes en Angleterre la semaine pro, Al !

- Faut bien qu'il revoie sa famille quand même, sale bouffon va ! s'indigna Thénène, à la remarque de son ami.

- Ce serait une bonne idée oui, rit le blandin un peu embarrassé. Ça faisait pas mal de temps que mon oncle insistait pour le voyage, je ne pouvais pas lui dire non pour le coup.

- Il est vraiment gentil de te payer le billet aller-retour en tout cas ! pensa Seika.

- C'est le frère de ton père, c'est ça ?

- Oui Seika et oui Lenalee.

- Il est au courant des agissements de ton responsable légal ici, en France ? demanda sa bien-aimée, curieuse.

La famille adoptive d'Allen, composée de son oncle Neah Walker, résidait en Angleterre depuis toujours. Mana s'était installé en France quelques années auparavant après avoir adopté le blandin. Ainsi de l'autre côté de la Manche, mais revenant régulièrement voir sa famille, son père adoptif s'était lié d'amitié avec un homme assez particulier, Marian Cross, qui était l'actuel responsable légal d'Allen. Le problème était qu'il n'était jamais en France : il était constamment en voyage à l'étranger depuis quelques temps pour gérer son entreprise et donc Allen vivait seul dans un petit appartement. Et même, avant qu'il ne fasse le tour du monde, il ne revenait que très rarement dans son appartement, laissant le blandin seul. Par chance et Allen se rendait bien compte qu'il avait un peu de chance dans sa vie, sa voisine, une dame un peu âgée, l'avait bien aidé et s'était occupé de lui à de nombreuses reprises.

Bientôt majeur et très bien entouré par ses amis, il réussissait à se débrouiller si bien que la vieille dame était désormais fière de lui.

- Honnêtement, je ne sais pas mais je pense qu'il est tout de même au courant, d'une certaine manière : il m'avait proposé plusieurs fois de revenir vivre en Angleterre ou même que lui vienne s'installer en France pour qu'il s'occupe de moi...

- Pourquoi il ne l'a pas fait plus tôt !? s'étonna la chinoise, intriguée.

- Hmm, comment dire qu'il ne l'a vraiment su que l'année dernière ? Je ne lui avais jamais réellement dit, sans mentir... donc, maintenant qu'il voit que je suis assez mature pour me gérer seul, il a abandonné l'idée de me rapatrier ou de s'installer avec moi... Il n'empêche qu'il est quand même inquiet et qu'il m'appelle souvent pour prendre de mes nouvelles et insiste pour m'envoyer de l'argent...

- J'aurais bien voulu rencontrer ton oncle moi ! dit pensivement Thénène en se servant un verre de jus. Il a l'air d'être au top ! Et il te fait assez confiance pour te laisser en France hein ! En vrai, oublie ce que j'ai dit sur la rencontre avec ton oncle !

- Moi aussi ! acquiescèrent Lavi et Lenalee, du même avis que la cadette à propos de Neah.

- D'ailleurs, en parlant d'oncle, le nôtre vient à Paris dans trois semaines, après notre road-trip ! se souvint Seika en lâchant une petite grimace.

- Il va nous étouffer...

- Il vous aime énormément les filles, c'est normal !

- Oui mais, Lenalee, il a dit qu'il voulait, je cite : "rencontrer les amis de mes nièces et les deux idiots qui osent les embrasser et sortir avec elles", souffla la cadette.

- Il a pas simplement dit "idiots" hein...

Les deux concernés comprirent que Kratos y avait ajouté des noms fleuris et soupirèrent. Ils savaient déjà que Kratos était assez protecteur mais ils ne savaient pas réellement à quoi s'attendre. Ils ne l'avaient pas vraiment rencontré puisqu'il était partie l'année de la majorité de Seika, quand elle était en Terminale et que sa sœur venait d'entrer au lycée. Avant de quitter définitivement le pays, il était resté un bon mois dans un autre appartement, le temps de s'assurer que les filles arrivaient vraiment à s'en sortir seules et si elles n'avaient aucun problème. Leur lycée était à une vingtaine de minutes à pied donc elles ne prenaient pas forcément les transports en commun.

Kratos fut en quelque sorte contraint de partir, dans le but d'aider un ami avec sa compagnie en Espagne. Il en était à présent le vice-président et travaillait énormément, trouvant néanmoins le temps d'appeler ses nièces et de leur envoyer des messages.

- En vrai, je pense que vos oncles se ressemblent et qu'ils pourraient bien s'entendre, songea alors Lavi.

- Pour une fois que t'as l'air un peu sérieux, c'est pour débiter des conneries pareilles ! le tailla Seika, dépitée.

- Honnêtement, quelle est la probabilité qu'ils se rencontrent ? La date des voyages ne coïncide même pas ! rit Allen.

- Lavi, évite d'ouvrir ta bouche bêtement pour nous porter l'œil ici : si Allen et moi avons nos deux oncles sur le dos, on sera absolument pas libres de nos mouvements en fait !

- Calmez-vous hein : j'étais pas à cent pour cent sérieux hein !

- De toute façon, ils finiront par se rencontrer un jour non ? Si nos deux benjamins se marient, ils se verront forcément ! fit remarquer Lenalee, amusée.

- Ouais bah j'espère qu'ils se rencontreront au mariage moi aussi !

- Ah Seika, ça te dérange plus qu'Allen devienne possiblement ton beau-frère ? s'enquit Thénène.

- Ça a l'air de bien rouler entre vous pour l'instant et c'est une personne de valeur, vraiment très peu de chances qu'il te fasse une crasse : malheureusement, je peux pas le désapprouver !

- Ah, ça me fait plaisir que tu penses ça de moi... bégaya le blandin, embarrassé par les mots de la japonaise.

- Essayez juste de tenir jusqu'au mariage ! déclara cette dernière en haussant les épaules.

- Parce que tu penses que je vais le lâcher ?

- Honnêtement, avec toi, on peut se méfier Thénène !

- Mais non Lenalee chou, je suis très certaine de mon choix cette fois-ci et je regrette rien !

- Pour en revenir à notre prochaine sortie, vous avez déjà réservé les hôtels ? les coupa Lavi.

La perspective de leur prochain projet le laissait tout excité : même s'ils vivaient en banlieue parisienne, ils n'avaient pas forcément eu l'occasion de visiter Paris. Ils avaient donc décidé de prendre cinq journées complètes pour visiter cette belle ville ensemble. Au début, Kanda s'était montré sévère quant à son refus puisqu'il y aurait Lavi et Allen, qui l'agaçaient, mais surtout Thénène qui lui tapait réellement sur le système. Si elle n'avait pas été la sœur de sa petite-amie, il l'aurait déjà sûrement envoyé à l'hôpital, et pas qu'une fois, insupportable comme elle l'était. Combien de fois s'était-il retenu de la pousser dans les escaliers du lycée ? Il se demandait bien comment Seika avait fait pour survivre avec cette peste jusque-là.

Seika avait réussi à le convaincre de venir. Sans lui, le plan tombait à l'eau : les autres, sauf Allen, avaient été catégoriques, il fallait que Kanda vienne. Ils étaient un groupe à six : des petites sorties sans tout le monde, de temps en temps, ne faisait pas de mal mais pour un plan pareil, il leur fallait tout le monde ! Donc il avait été décidé qu'ils iraient visiter au retour du blandin, qui partait une dizaine de jours. Une fois que Kanda eut finalement accepté, et difficilement, ils commencèrent à préparer un itinéraire et eurent une idée d'autant plus brillante : prendre des hôtels sur Paris au lieu de revenir à chaque fois en banlieue, ça leur faisait économiser du temps et de l'énergie. Bien sûr, ils avaient tous mis une certaine somme pour régler les différents hôtels : tout le monde investissait.

- Pas encore : on regardait encore avec les filles et on en a trouvé plusieurs qui avaient l'air bien, on arrive pas à choisir. Donc tant que vous êtes là, je vous montre ! lui répondit Lenalee en cherchant son téléphone qu'elle avait laissé traîner quelque part.

Elle le trouva, sur le canapé, et s'en empara. Quand elle le déverrouilla, elle fut surprise par la quantité de messages et d'appels manqués qu'elle avait.

- Oh merde...

- Ah, à la tête que tu tires, c'est Maxime qui t'a harcelé ? devina Seika en s'essuyant les mains avec des mouchoirs.

- Deuxième étape, terminée ! Troisième étape : patienter ! s'exclama Thénène, mauvaise.

- Patienter ? Mais patienter de quoi ? Regardez les messages qu'il m'a envoyée : il menace de me quitter les filles ! Je suis censée réagir comment ?

- Déjà, respire hein ! Et je précise que j'ai gagné le pari !

- Ensuite, passe-moi le téléphone ! exigea la japonaise, intriguée. Et Thénène, on s'en fout de ton pari.

Une fois l'appareil électronique en main, Seika fit défiler les nombreux messages sous ses yeux avant de taper frénétiquement sur l'écran et rendre le téléphone à son amie.

- Qu'est-ce que t'as fait Seika ? demanda Lenalee, absolument pas rassurée par l'air calme de son amie.

- J'ai dit que tu le quittais avant qu'il te quitte parce que t'en avais marre qu'il te traite comme une merde.

- Oh, putain : j'avais eu la même idée ! geignit Thénène, dégoûtée que son aînée l'ait devancée.

- M-Mais, vous êtes folles, vous vous rendez compte de ce qui se passe ou pas !? explosa violemment la chinoise, furieuse.

Pour les garçons, c'était une première de voir Lenalee s'énerver contre les deux sœurs. Ils étaient bouche bée, ne sachant que faire. Ils n'étaient pas au courant de toute la vie amoureuse de leur amie non plus mais ils avaient bien compris que ça n'allait pas fort dans sa relation. Ils savaient à quel point Lenalee était une fille gentille, attentionnée et droite donc ils comprirent que le problème venait très certainement de l'autre côté.

- Ce qui se passe Lenalee, c'est que tu vas ouvrir les yeux ! répliqua aussitôt Seika, haussant également la voix. Il te prend pour de la merde, se fout de ta gueule et je dois rester là sans rien dire !? Il prend même plus soin de toi et te délaisse comme un trophée et moi, je dois rien dire c'est ça !?

- Seika, t'abuses !

- Non Lenalee, Seika n'abuse pas : combien de fois on t'a fait la remarque ? dit Thénène, qui semblait plus posée que sa sœur. Honnêtement, Lenalee, pourquoi tu restes accrochée à lui ? T'as peur de quoi ? On fait pas ça pour te faire chier hein, on tient à toi : c'est pour ça qu'on insiste pour que tu le quittes. On voit très bien que t'es pas heureuse : on peut pas te laisser comme ça.

- Si je peux me permettre, Lenalee, je pense que les filles ont raison... Déjà avant le bac, t'étais pas comme d'habitude, je veux dire : tu souriais moins, t'étais dans la lune... Ça se voyait que ça allait pas dans ton couple en fait, intervint alors Lavi.

- Pour te dire, même l'autre abruti de lapin a remarqué que ça allait pas, souffla Kanda.

La chinoise, installée dans un des canapés, avait le visage fermé et la tête baissée. Ses amis lisaient bien sa souffrance et ne savaient pas réellement quoi faire à part la conseiller, la soutenir et lui forcer légèrement la main. Ils savaient qu'elle ne voulait pas accepter ce qu'était devenue sa relation avec Maxime en ce moment mais ils ne pouvaient pas la laisser se voiler la face.

- Je... j'espérais vraiment... que ça redevienne comme avant...

Seika était déjà à ses côtés et la serrait contre elle, tout en lui demandant de ne pas se mettre à pleurer, alors que Thénène se levait pour les rejoindre. À l'instant même, la sonnette retentit et tout le monde afficha une expression surprise. Qui cela pouvait être ? Debout, la cadette se dirigea vers la porte, ayant un mauvais pressentiment. Elle l'ouvrit, lâcha un petit "Ah !" et la referma aussitôt, riant nerveusement.

- Je crois qu'on a un invité-surprise..., dit la cadette en se tournant vers ses amis, l'air un peu stressé.

- Me dis pas que c'est Maxime !? s'exclama le roux, abasourdi.

- Et il a pas l'air d'être content de s'être déplacé jusqu'ici...

En réponse à ces paroles, Maxime se mit à frapper violemment à la porte, les faisant sursauter.

- Je vais lui apprendre à frapper aux portes à cet enfant, gronda l'aînée en quittant le canapé.

Lenalee la suivit et Thénène rouvrit la porte, en grand cette fois-ci. Les deux sœurs encadraient leur amie, telles deux gardes du corps, bien habillées mais deux gardes du corps.

- Les gars, on devrait pas les suivre non ? s'inquiéta Allen.

- Ça va pas de frapper aux portes des gens comme ça !? Et tard le soir en plus !? l'agressa d'emblée la japonaise, agacée.

Elle ne le supportait vraiment plus : qui était-il pour délaisser Lenalee ? Qui était-il pour briser le cœur de sa Lenalee ? Il allait réellement regretter d'avoir fait le déplacement puisqu'il ne récupérerait pas son amie et s'en irait très certainement blessé. Des excités comme lui la mettaient en rogne, elle avait tellement envie de le calmer et de lui faire comprendre sa double erreur : il oubliait constamment que Lenalee les avait eux, ses meilleurs amis, et qu'ils étaient prêts à le passer à tabac s'il le fallait. Regardant sa cadette du coin de l'œil, elle vit qu'elle était également prête à en découdre.

- Oh, t'es qui pour me hurler dessus toi !? vociféra férocement le jeune homme face à elle. Je viens juste parler avec ma meuf et je me fais agresser comme ça !?

- Elle t'a quitté y'a quelques minutes, reviens à la réalité mon vieux et rectifie ta phrase : tu viens parler à ton ex, rétorqua venimeusement Thénène.

- Toi, tu fais l'insolente mais je t'ai pas parlé non plus donc tu vas me faire le plaisir de te taire. Et toi Lenalee, tu viens avec moi, décida le brun en attrapant la chinoise par le bras et en la tirant vers l'extérieur.

La cadette tira également son amie par le bras et rivalisa avec Maxime, l'obligeant à lâcher son ex. La métisse s'avança, se plaçant devant Lenalee.

- De une, elle ira nulle part avec toi : on passe une soirée entre potes ! Et de deux, parle-moi autrement sinon ça va pas le faire, genre je suis un chien moi pour que tu me parles comme ça !? Rappelle-moi qui t'es en fait ! tempêta la jeune fille en le poussant un peu.

- Et moi je suis un bouffon pour me faire quitter par message !? Et pour que des pouffiasses comme toi et ta sœur m'empêchent de discuter avec Lenalee !? répliqua Maxime, poussant Thénène en retour.

Il mit plus de forces qu'elle, si bien qu'elle se heurta contre l'encadrement de la porte et lâcha une plainte de douleur. Seika vit rouge, même noir : déjà qu'il les insultait de pouffiasses, il se permettait de blesser sa sœur ? Il voulait mourir ?

- Mais t'es vraiment qu'un chien toi ! s'écria-t-elle en lançant son poing dans le visage de Maxime.

Il ne l'avait pas vu venir celui-là et se le prit de plein fouet. Il tituba, reculant de quelques pas, et tenta de se reprendre alors que la douleur progressait rapidement sur son visage. Bordel, il ne savait pas qu'elle frappait aussi fort : il saignait du nez.

- Et toi t'es vraiment qu'une pute !

Il se rapprocha pour frapper Seika, qui esquiva son coup au dernier moment et se baissa par la suite. Alors qu'il la suivait du regard, il ne vit pas le poing massif de Kanda se rapprocher de son visage mais sentit la douleur le gagner une nouvelle fois, encore plus intense, avant de perdre connaissance.

- T'es qui pour traiter ma meuf de pute ? grondait le japonais en l'attrapant par le col alors qu'il était déjà à terre.

Les garçons étaient restés dans le salon pendant que les filles ouvraient la porte. Ils avaient évidemment entendu Seika élever le ton et ce fut la surenchère. Ils ne réagirent que lorsqu'ils entendirent Thénène pousser une plainte de douleur et se dirent qu'ils étaient vraiment cons. Ils savaient que les filles pouvaient gérer ce genre de situations mais ils ne pouvaient pas deviner que ça dégénérerait ainsi. Kanda fut le plus réactif et se plaça derrière Seika, qui sentit sa présence. Il vit qu'elle l'avait bien amoché et fut fier d'elle, prêt à terminer le travail. Sa petite-amie se baissa et il envoya le brun au tapis, énervé par ses dernières paroles.

Seika, une pute ?

Il méritait de se faire décapiter.

- Je le fume ?

- Yuu, va.

- Non ! s'interposa Lenalee qui était jusque-là silencieuse.

Elle avait été impressionnée par la colère de Maxime et celle de ses amies, et n'avait pas pu réagir lorsque que Thénène fut bousculée. Tout s'était enchaîné trop vite, et elle ne se rendit compte de ce qui se passait uniquement lorsque Maxime s'évanouit, après s'être reçu un coup de la part de Kanda.

- Mais putain, vous jouez à quoi !? Vous étiez obligés d'en arriver là !? s'énerva la chinoise en se rapprochant du corps inerte de Maxime.

Un silence pesant s'imposa sur le groupe et Lenalee se massa les tempes, dépassée.

- Kanda, amène-le dans le salon s'il te plaît, ordonna-t-elle calmement.

Lenalee s'énervait rarement, ce pourquoi Kanda s'exécutait sans un mot et souleva le corps inerte de Maxime avant de pénétrer la maison. Allen était venu en aide à sa petite-amie et l'avait obligée à s'asseoir sur un des canapés, alors qu'elle lui assurait qu'elle se sentait bien et qu'elle n'avait rien de grave. Le japonais déposa le brun sur l'autre canapé et son amie commença à s'occuper de lui, en nettoyant le sang et en posant de la glace pour empêcher les bleus de se développer trop rapidement. Lavi était calme, montrant qu'il était sérieux, quelque chose d'assez inhabituel pour lui. Seika, un peu à l'écart, avait le visage fermé et jouait nerveusement avec ses mains. Son amoureux la remarqua et la prit dans ses bras, comprenant qu'elle regrettait ce qui venait d'arriver. Sentant qu'elle tremblait un peu, il la serra davantage contre elle.

- Merci..., susurra-t-elle en le laissant la dorloter.

Thénène, qui s'était allongée, se releva presque immédiatement en poussant une plainte de douleur puis essaya de toucher son dos.

- Allen, j'ai un truc dans le dos ? lui demanda-t-elle en se tournant.

- Euh, il y a du sang sur ta combinaison... Je pense que ça s'est ouvert.

- Bon bah, de toute façon, je devais me changer !

- Je vais t'aider avec ta blessure, se proposa le blandin en attrapant son sac et lui tendant la main.

- Mais oui, seulement avec la blessure, railla Lavi.

- Quelqu'un t'a interpellé dans cette pièce ?

- Mais~ ! Je ne te pensais pas aussi méchant Al !

- J'ai bien déteint sur lui ! ricana Thénène en acceptant la main du garçon.

Ils se dirigèrent vers la salle de bains et Lavi se trouva "seul", Lenalee s'occupant de Maxime et Kanda consolant Seika. Pourquoi était-il le seul célibataire du groupe ? Bon, il enchaînait les conquêtes mais, voir ses amis dans un couple qui durait lui donnait envie d'expérimenter la chose.

- Vous pensez vraiment qu'il va juste l'aider ? lança-t-il sournoisement, après s'être promis d'avoir une relation stable.

- Ils feront rien dans la salle de bains, c'est sûr, marmonna Seika, la tête lovée contre le torse du japonais.

- Comment tu peux en être certaine ?

- Parce que je connais ma sœur, sale bouffon. Et tu sais très bien qu'ils sont pas comme ça.

- Roh, ça va : je me posais juste la question.

- Bah tu te poses des questions bizarres quand même : tu te demandes si tes meilleurs amis vont coucher ensemble dans la salle de bains, qui plus est salle de bains dans la maison de ton autre meilleure amie ? Arrête de déranger le monde : tu seras bien mignon.

- Pas besoin de me tacler comme ça... Et puis, je me demande bien ce que vous avez fait avec Kanda tout à l'heure.

- Ça te regarde déjà ? Et tu comprends du cul quand on te dit qu'on a rien fait ? répondit alors le japonais, agacé par le rouquin.

- Lavi, qu'est-ce que t'as encore pour te faire victimiser de la sorte ? s'enquit Thénène qui revenait, changée.

Elle portait un jean et t-shirt simple noir un peu large, comme elle les aimait. Allen la suivit de près et entourait sa taille de son bras.

- Il se posait des questions sur vos ébats et nos ébats, lui dit sa sœur.

- J'ai même pas les mots pour l'insulter, souffla la cadette en dévisageant le borgne.

- Lavi, tu n'es vraiment qu'un idiot, soupira Allen.

- Oh mais ça va, arrêtez de me victimiser !

- C'est toi qui a cherché en fait, rétorqua Seika. Mais bref, Thénène, ça va ton dos ?

- Oui, c'est un peu ouvert, ça va et j'ai un bleu.

- Je vais te chercher du froid d'ailleurs.

- C'est bon Allen : je suis pas handicapée hein ! fit remarquer la jeune fille, d'un ton moqueur. J'ai pas perdu l'usage de mes jambes.

- Je vais quand même t'en chercher, insista le susnommé.

Il s'en alla un court instant et revint avec la poche de glace. Alors qu'ils débattaient sur l'utilité de la poche de glace, Thénène ne voulant pas l'utiliser, Maxime se réveilla un peu difficilement.

- Ça va Maxime ? s'enquit Lenalee en ignorant la flopée de jurons du brun.

En entendant la voix de leur amie qui n'avait pas dit un mot depuis qu'ils étaient rentrés, toute la bande se tut, à l'affût de la petite goutte qui ferait déborder le vase, bien que ce fameux vase soit complètement détruit à ce stade. Pendant que le jeune homme marmonnait des brides de phrases, encore un peu secoué, Lenalee désigna à ses amis la porte vitrée qui menait au jardin, leur faisant comprendre qu'ils devaient sortir.

Seika, qui comptait camper dans un coin du salon, fut frustrée d'être sortie de force par Kanda qui la souleva et la lança sur son épaule, ayant compris qu'elle voulait écouter la conversation. Les autres sortirent d'eux-mêmes, sans faire d'histoire. Avant de sortir, Thénène jeta un regard appuyé à Lenalee, lui disant implicitement de les appeler en cas de problème. Elle laissa la porte entrouverte, au cas où et pour satisfaire sa curiosité.

Au départ, elle s'était plantée devant la baie vitrée mais elle eut la flemme et rejoignit le reste du groupe, qui s'était installé dans l'immobilier d'extérieur. Elle remarqua un paquet de bonbons ouvert sur la table et s'en saisit, le vidant au fur et à mesure. Elle alla s'asseoir à côté d'Allen qui avait réussi à récupérer le canapé. Son petit-ami souffla devant son attitude et lui retira les sucreries des mains.

- Mais ?

- Non.

- Pourquoi ? geignit la jeune fille.

- Tu penses que j'ai envie de t'entendre te plaindre d'avoir mal au ventre parce que tu auras trop mal mangé ? rétorqua placidement le blandin.

- S'il te plaît, laisse-moi manger ! Allen !

- Lavi, finis le paquet s'il te plaît.

Il lança adroitement le paquet vers l'interpellé qui n'eut aucun mal à le rattraper, assis non loin d'eux.

- Ah d'accord, donc Lavi a le droit de mal manger mais pas moi ?

- Tu comprends vite, déclara Allen en tapotant la tête de la jeune fille qui le repoussa.

- Totalement ! renchérit le roux en se gavant.

- Lavi, t'es le pire des potes.

- Pardon !?

- Thénène, tu vas t'en plaindre ? lui demanda alors son petit-ami, d'un ton calme et un petit sourire.

- ... Non ?

Il pouffa et passa son bras autour de ses épaules. La cadette se laissa aller et vint se blottir contre Allen.

- Dis Seika, je peux te la kidnapper pour quelques temps ?

La japonaise était installée sur les genoux de son compatriote, de l'autre côté de la table qui trônait devant le canapé.

- Combien ?

- Hmm, trois ou quatre jours, c'est possible ? Je dois préparer ma valise après.

- Ouais, si tu veux, accepta la japonaise. Tu la prends ce soir ?

- Ah, je peux ?

- Ouais, j'ai envie de passer du temps avec Kanda aussi. Et ses affaires sont déjà prêtes.

- Mais en fait, vous savez que je vous entends, et très bien d'ailleurs ? Et j'ai vraiment l'impression qu'on me loue en fait, fit remarquer la cadette, indignée. Donc, tu avais tout prévu, Kaka.

- Bah oui, je te loue pour quelques jours : ça me fera un peu de vacances, pouffa la japonaise.

- Fais pas genre tu m'as pas supporté pendant dix-sept ans non plus.

- Bref, bébé, tu viens à la maison après ?

- Mais c'est ça, ignore-moi aussi, siffla Thénène, un peu vexée.

- Titi, calme-toi, ricana le blandin en déposant un petit bisou dans son cou.

- Allen, je t'aiderai avec tes valises !

- Ouais j'viens, acquiesça Kanda installé à côté sa petite-amie.

- Au passage, Kanda, tu peux faire quelque chose pour l'évier qui fuit ?

- Tu me prends pour qui, Gaki ?

- Pour Yuu Kanda, le mec qui sort avec mon idiote de sœur.

- Roh Titi, laisse-le tranquille, il est pas plombier.

- Mais bien sûr Kaka, par contre quand c'est toi qui a un dégât des eaux, il est le premier à accourir..., railla la cadette avant de commencer à s'exclamer : ah mais c'est vrai, c'est très souvent de sa fau-

Elle fut coupée par son aînée qui lui avait envoyé un coussin en pleine face.

- Thénène, ne termine pas ta phrase, gronda-t-elle, menaçante.

- Bah quoi ? C'est la vérité !

- Elle a pas tort pour le coup, renchérit le japonais.

- Mais, tu te mets de son côté en plus !? J'te rappelle que c'était toi qui étais tout excité il y a moins d'une heure ou pas besoin de te rafraîchir la mémoire ?

- À qui la faute ? J'te rappelle comment t'es habillée aussi ou pas besoin de te rafraîchir la mémoire ?

- Ah, parce que c'est ma faute maintenant si monsieur ne sait pas se contrôler ?

- Sinon, c'est pas le sujet : vous en parlerez quand vous serez seuls hein. Par contre, quand vous faites vos affaires dans le lit, pensez à effacer vos traces par pitié : changez les draps et jetez vos capotes.

- Thénène, t'es chiante.

- Seika, t'as envie de savoir quand je le fais avec Allen ? Non : donc je ne veux pas savoir non plus quand tu couches avec ton mec, cordialement.

- Bref, on fait quoi maintenant ? coupa l'aînée.

- On attend qu'ils finissent peut-être ? intervint Lavi, qui venait de terminer le paquet de bonbons. Ah, j'ai soif !

Le silence revint peu à peu, non pas parce qu'ils étaient gênés mais ils commençaient à se sentir fatigués, ce qui était normal au vu de l'heure tardive. Ils entendirent alors rapidement la porte d'entrée claquer et se rendirent dans le salon. Ils virent leur amie, assise dans le canapé, d'un air un peu triste. Les sœurs s'installèrent à ses côtés et lui firent un gros câlin.

- Alors ? l'interrogea Lavi.

- Bah, on a parlé et je lui ai expliqué ce que je ressentais... Avant que vous me sautiez dessus pour me tuer, comprenez que je veux lui laisser une chance malgré tout... On a décidé de faire une pause, il ne voulait pas qu'on arrête définitivement, donc on va prendre notre temps et réfléchir chacun de notre côté... Enfin, surtout lui, parce que j'ai déjà bien réfléchi à ce que je voulais et ce qui me dérangeait chez lui. Et donc, on verra bien... Je ne voulais pas arrêter sans avoir réessayer...

- Tant que tu es sûre de toi, de tes choix et de tes convictions Lenalee, c'est le plus important, la rassura Thénène.

- Oui, désolées de t'avoir brusquée : on n'avait pas à t'obliger à le quitter aussi, ajouta piteusement Seika.

- Je vous en veux pas, je sais que vous avez fait ça parce que vous vous inquiétez pour moi... Et au moins, on peut dire que les choses ont bougé hein !

- Attends, tu l'as laissé repartir comme ça ? s'étonna Allen. Il peut se débrouiller seul ?

- Son frère est venu le chercher, ne t'inquiète pas !

- J'avais presque oublié que le J&J avait failli l'envoyer à la morgue ! s'exclama la métisse.

JJ pour Japonaise et Japonais : Lavi et Thénène appréciaient ce surnom pour nommer le couple japonais.

- Heureusement que la police ne passait pas par là !

- Lavi, quelle était la probabilité que la police passe devant la maison de Lenalee, à ce moment-là ? souffla Allen, dépité.

- Vraiment débile, surenchérit Kanda.

- Oh mais lâchez-moi un peu !

- Bon, sinon Lenalee, on dort chez toi ce soir ! décidèrent les Lacroix.

Allen et Kanda s'étouffèrent surpris : les couples respectifs n'avaient pas prévu de passer du temps ensemble, enfin chacun de leur côté ?

- Hikari, j'suis pas censé venir chez toi ?

- Tu peux bien attendre douze heures encore non ?

- Donc Thénène, tu ne viens pas chez moi ?

- Seika dit dans douze heures mais elle ment : dans moins de vingt-quatre heures !

- Quelle est la différence, honnêtement ? demanda Lavi, perplexe.

- Bah, ça donne moins de faux espoirs !

- Par contre, vous dormez pas seules toutes les trois ici.

- Un problème Kanda ? s'enquit la japonaise en fronçant les sourcils.

- Il veut dire que s'il y a un problème, il est préférable qu'un homme soit présent, les éclaira Allen.

- Donc, vous sous-entendez qu'on ne sait pas se défendre ?

- Hikari, c'est pas ce que j'ai dit. Fais pas comme si t'avais pas compris ce que je voulais dire non plus.

Elle avait tout à fait compris et voulait juste taquiner son chéri, susceptible comme il l'était.

- Par contre les gars, quand il s'agit de protéger vos copines, vous vous entendez parfaitement mais quand il s'agit d'autre chose, c'est limite si vous voulez pas vous assassiner, ricana le borgne en s'installant dans un canapé.

- Abruti, gronda le japonais.

- Tu comprendras que tu te retrouveras dans une relation stable, idiot de Lavi.

- Gneugneugneu.

- Mais t'as quel âge ?

- J'ai eu dix-huit ans Lenalee, je suis majeur et vacciné.

- Bah, en fait, tout le monde reste quoi ? résuma Thénène.

- Ah, Lavi reste ?

- T'as vu comment il vient de se poser dans le canapé Kaka ?

- Bien sûr que je reste ! Dis-le si ma présence te dérange aussi !

- Ta présence me dérange, déclara méchamment Seika.

- Je pensais pas que tu le dirais vraiment...

- Personne ne t'aime PDP, c'est triste...

- Je reste quand même, se résigna le roux, un peu vexé.

- Qui dort avec qui ? demanda le blandin.

- On dort avec Lenalee dans sa chambre et les mecs, vous dormez dans le salon, décida arbitrairement Thénène en haussant les épaules.

- Donc, je dors pas dans le même lit que ma meuf ?

- Non Bakanda et même pas dans la même pièce, tu attendras demain pour satisfaire tes envies.

- Baka Gaki, ça me tente vraiment de venir t'étouffer dans ton sommeil cette nuit.

- Pour devenir sans ami et surtout célibataire ? lança narquoisement la cadette.

Il voulait l'étriper : pourquoi avait-il fallu que Seika ait une soeur aussi casse-pieds ? Et encore, le mot était faible.

- Allez, on se détend... Merci de rester avec moi : vous êtes vraiment les meilleurs !

- Pour la troisième femme de ma vie, c'est normal !

- Qui sont les deux premières ?

- Ma mère et Seika. Je savais pas que tu posais des questions débiles Allen.

- Ah ah, je pleure de rire.

- J'aime ton sarcasme, ricana Thénène.

- Sinon, une partie de Mario Kart sur la Switch ? proposa Lenalee, en mettant en évidence les manettes de la console.

- Je vous fume tous ! déclara la cadette en s'emparant d'une manette.

- Tu vas fumer personne ici : t'as juste fumé la moquette oui ! rétorqua la japonaise en prenant une autre manette.

- On parie ?

- Une semaine de corvées ?

- Adjugé !

- J'aime la compétition ! commenta le rouquin, surexcité.

- Heureusement que Nii-san est fan de consoles : je vais chercher les autres tablettes !

- Kanda, Allen, vous boudez pas ?

- Lavi, tu te sens obligé de commenter à tout va ?