Bonjour ! Nouveau Lundi, nouveau chapitre. Ca fait beaucoup moins de temps entre deux chapitres ^^
Mais d'abord merci à Alex Carthas et Community7, pour leur review. J'aimerais en recevoir plus souvent tant ça fait du bien.
Pas grand chose à dire de plus. alors place au chapitre :
Doutes et récompenses
Ce n'est que lorsque Harold avala une gorgée de jus de citrouille qu'il se sentit enfin en sécurité. Assis sur l'un des bancs de la salle commune de Beurk, Harold aurait donné tout son argent pour avoir un peu de calme (1). Malheureusement les autres élèves de Poudlard ne cessaient de bavarder, commenter ce qui venait de leur arriver ou juste parlaient de tout et de rien. En cet instant, tout le monde voulait être avec ses amis, tout le monde sauf Harold. Les images de la bataille qui venait d'avoir lieu continuaient de tourbillonner dans sa tête et dans celle de son reflet de l'âme. Maintenant que l'adrénaline était retombée, Harold prenait conscience de tout ce qui s'était passé en quelques heures. Il venait d'exhumer un secret millénaire pouvant détruire le monde, dévasté l'école qui les accueillait depuis 3 ans, il avait découvert que l'une de ses meilleures amies pouvaient soigner une blessure sur un dragon juste avec une petite chanson, ses camarades Beurkiens avaient reflété l'âme de dragons malgré la loi pluri-centenaire qui le leur interdisait, ils avaient affronté le dragon le plus puissant qu'il n'ait jamais vu, il avait frôlé la mort à plusieurs reprise... et son père avait découvert son secret. De toutes les questions qui tourbillonnaient dans sa tête, c'était celle-là qui revenait le plus souvent. Harold ne savait plus vraiment où il en était. La mise à mort pour connivence avec un dragon n'avait plus été pratiqué à Beurk depuis sa naissance, son père irait-il vraiment jusqu'à le tuer ? Selon Drago, le village de Beurk n'avait pas hésité un instant avant de le condamner à mort, et après ce nouveau rappel à l'ordre de la présence et de la dangerosité des dragons, les beurkiens seraient encore plus intolérant envers ceux ayant fait alliance avec les créatures qui leur avaient fait tant de mal. Harold secoua la tête, tentant d'écarter les paroles de Drago de son esprit. La situation était complètement différente, même si le rôle décisif de Krokmou dans la défaite de l'Alpha n'était pas connu, au moins son père avait vu que Krokmou n'était pas dangereux. Harold voulait croire que son père avait accepté son choix, que ses dernières paroles, juste avant que Harold ne reparte à la recherche de Jack, n'était pas de simple recommandation envers un fils qui ne l'avait que trop souvent déçu, mais l'approbation silencieuse de la volonté de son fils. Harold resta longtemps assis dans un coin de la salle, le regard plongé dans son verre de jus de citrouille. De nombreux élèves s'était endormis lorsque le petit viking craqua. Vérifiant rapidement que personne ne faisait attention à lui, il se glissa jusqu'à l'une des portes secondaires de la porte et sortit la baguette Merida.
-Alohomora, murmura-t-il en touchant le verrou d'acier.
C'était la première fois que le petit viking se servait d'une baguette qui n'était pas la sienne. Il dût s'y prendre à plusieurs reprises mais la portes finit par s'ouvrir. Harold se dépêcha de sortir avant de refermer la porte. Le soudain air frai des nuits beurkienne fit frissonner le poufsouffle alors qui commença à marcher dans le village, sans direction précise. Au travers de leur connexion mental, Harold vit que son reflet de l'âme avait parcouru un dixième du trajet entre Poudlard et Beurk. Grâce à sa nouvelle queue, il ne faudrait pas plus d'une journée à Krokmou pour le rejoindre, mais pour l'instant, il valait mieux que son dragon ne soit pas sur l'île. Il avait besoin d'un peu de solitude, mais surtout il était persuadé que son père avait placé des sentinelles tout autour du village, déclencher l'alerte juste après le plus gros affrontement contre les dragons qu'ait connu Beurk depuis 3 générations n'était clairement pas une bonne idée. Un craquement et un échange verbal interrompit soudain le cours de ses pensées. Presque par réflexe, le petit viking se dissimula sous le porche de la forge de Gueulfort, et tendit l'oreille. Les voix n'étaient pas beurkienne, beaucoup trop douce et sophistiquée, il ne fallut pas longtemps à Harold pour les identifier.
-La situation est grave Walter, insista Flitwick, l'école a été complètement ravagé. C'est un miracle qu'aucun de nos élèves n'ai été blessé.
-Dites-moi quelque chose que je ne sais pas déjà, Filius. Répondit Yensid. Je trouve au contraire que la situation a tourné à notre avantage. Le château se préparait à fermer ses portes, une partie des biens matériels à pu être sauvé, et comme vous le faisiez remarquer la sécurité des élèves à parfaitement été assuré. Même le malade mental responsable de la mort de Mufasa a été arrêté. Ce qui souffrira le plus sera la réputation de sécurité de l'école, nous serons sans doute forcés d'accueillir des Aurors à partir de l'année prochaine.
Harold retint instinctivement son souffle. En temps normal c'était plutôt Jack qui se cachait des profs pour réaliser des visites nocturnes, mais le petit viking avait appris très tôt à se dissimuler pour échapper à des dragons, alors il était sûr qu'ils ne le verraient pas. Les deux hommes passèrent devant lui, sans soupçonner sa présence, tout en continuant leur conversation.
-L'année prochaine ? Répéta le directeur de Serdaigle. Vous pensez vraiment que les parents d'élèves nous confirons leurs enfants après un tel désastre ? Et quand bien même ils accepteraient, le château est en ruine. Il ne sera jamais réparé à temps.
-Je ne m'inquiète pas pour ça, temporisa le directeur. Poudlard est beaucoup plus qu'un simple château. Je ne peux pas croire que les fondateurs, qui aurait créé ce château pour abriter un dragon, n'ai pas prévu un scénario comparable. Sans compter que le ministère sait ce qu'il nous doit. Depuis la défaite de vous savez qui, ce château à su prouver qu'il était indispensable. Certains parents chercheront peut-être une alternative, mais la majorité resterons fidèle à Poudlard. Et je sais déjà comment les convaincre…
Malgré l'acuité de son ouïe, Harold fut incapable de saisir le reste des paroles de Yensid. Le petit poufsouffle attendit quelques minutes que les enseignants s'éloignent suffisamment avant de sortir de sa cachette pour reprendre sa marche. Les inquiétudes du professeur de sortilège étaient légitimes. Difficile pour une mère d'envoyer son fils ou sa fille dans un établissement qui avait été ravagé par des dragons. Évidemment ce n'était pas le genre de chose qui arrêterai son père, mais tous les parents d'élèves ne s'appelaient pas Stoik la brute. Toutes ses questions continuaient à se bousculer dans sa tête mais le calme nocturne semblait avoir atténué leur importance. Harold avait l'impression que son esprit était fatigué de s'interroger et que tous ses problèmes attendraient bien le lendemain matin. Sans vraiment s'en rendre compte, il avait traversé la moitié du village. Harold était sûr le point de faire demi-tour pour retourner dans la salle commune, les autres élèves devaient s'être calmé, quand son attention fut captée par une lumière qui provenait de la place du village. Intrigué, le petit viking se dirigea vers l'origine de la lumière, se cachant par précautions dans les ombres nocturnes. A mesure qu'il s'approchait, lui parvenait le bruit de conversations. Il finit par arriver sur la place du village, où s'étaient rassemblés tous les habitants du village. Ou plutôt ceux qui avaient survécu, se corrigea Harold. Au centre de la place se dressait une estrade, de tout évidence édifiée par magie et à la hâte. Sur celle-ci se tenait son père, accompagné d'un homme assez âgé qu'Harold ne connaissait pas, ainsi que deux élèves de Poudlard, le préfet en chef de serpentard nommé Pitch envers qui Jack éprouvait de la méfiance depuis leur première année, ainsi qu'une fille à la jolie chevelure blonde qu'Harold se rappelait avoir vu en compagnie de Jack à quelques occasions, mais dont le nom lui était sorti de la tête. Le poufsouffle se glissa le long des murs, restant dans l'ombre, mais entendant parfaitement ce qui disait son père dont la voix forte était parfaitement audible malgré la distance.
-...
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Elsa, balaya une nouvelle fois l'assemblée du regard. Elle savait pourtant que lors d'une cérémonie, il était plus indiqué de ne pas bouger trop les yeux, sous peine de sembler surpris et donc ignorant aux yeux de tous. Mais la cérémonie n'était pas comparable à toute celles qu'elle avait vécu au cours de sa vie. Lorsque le viking était venu la chercher sur son lit de l'infirmerie, elle l'avait suivi sans poser de question, trop heureuse d'avoir une bonne raison de s'éloigner de sa petite sœur. Qu'Anna soit en vie suffisait à la rassurer et à l'assurer qu'elle garderait le contrôle de sa magie. Après ce qui s'était passé, il était hors question qu'elle prenne le moindre risque. Il valait mieux qu'elle reste loin de sa sœur, au moins pour le moment, même si cela l'obligeait à rester sur cette imposante estrade, entourée d'une tribu viking. La chaleur des feux beurkiens l'incommodait terriblement et à cet instant elle aurait simplement souhaité dormir, mais elle était aussi consciente de l'importance d'assister à une telle cérémonie. Elle avait déjà modifié son emploi du temps afin d'assurer sa participation à un événement officiel par le passé. Bien sûr elle aurait préféré en être prévenu longtemps à l'avance et disposer d'autres vêtements que son uniforme de Poudlard, mais après cette soirée d'imprévus et d'incertitude, c'était un soulagement que de retrouver quelque chose qu'elle connaissait et contrôlait. Elle prit donc une profonde et discrète inspiration, et refoula chacune de ses plus contrariété au plus profond de son inconscient. Les vikings achevaient de se rassembler tout autour de l'estrade, terminant rapidement d'enrouler d'épais bandages autour de leurs blessures ou observant religieusement l'immense viking à la barbe rousse qui se tenait à la droite d'Elsa. Lorsque les derniers habitants prirent place, ce dernier s'avança et prit la parole.
-Merci de vous être tous rassemblés. Vous savez tous pourquoi nous retrouvons ici ce soir. Cette nuit fut un terrible événement mais également un dramatique rappel de la raison même de notre île. Les dragons existent, et c'est nous, moldu autant que sorcier, homme autant que femme, tous vikings qui pouvons les arrêter. Car aussi difficile qu'ait pu être les heures que nous venons de traverser, je veux que vous sachiez qu'elles n'ont pas été vaine. Les centaines d'enfants de l'école de sorcellerie (2) sont tous sains et saufs, et c'est grâce à nous. Cependant, cette nuit nous ne célébrerons rien. Cette nuit nous nous rappelons. Nous nous rappelons de nos frères et sœurs, de nos femmes et de nos époux, de nos aïeuls et de nos enfants, de chacun des nôtres qui ont donné leur vie. Puisse-t-il se reposer à la table d'Odin jusqu'à ce que nous allions les rejoindre. Nous nous souvenons de Halvar de Flake. Nous nous souvenons de Sven le Terribl'. Nous nous souvenons de Urob le Sage…
Alors que le viking nommait chacun de ceux qui avaient perdu la vie, la foule des beurkiens gardaient un air grave, pas un seul ne pleurait.
Elsa resta immobile. Elle admirait presque la retenue dont faisaient preuve les Beurkiens. Plusieurs de leurs proches venaient de mourir, et cela ne semblait pas les attrister, tout juste les contrarier. En repensant à sa perte de contrôle lors de la disparition d'Anna, la princesse en vint à envier ce détachement de leurs sauveurs.
-Nous nous souvenons de Snorre le propre. Acheva Stoik. Merci à eux et merci à vous. Et maintenant je dois vous demander encore un peu d'attention pour notre ministre Kelliwic'h (3) qui souhaite vous dire quelques mots.
Un petit sorcier, vêtu d'un costume impeccablement ajusté sortit de derrière Stoik, sortit sa baguette, et la posa sur sa gorge.
-Sonorus. Dit-il, décuplant magiquement le volume de sa voix. Merci monsieur Horrib'Haddock pour ces paroles des plus touchantes. Le ministère et moi-même compatissons à toutes ces tragiques disparitions. Je me devais de venir pour remercier ceux qui ont agi avec autant de bravoure et d'abnégation. Une nouvelle fois c'est le peuple de Beurk, qui aura été le rempart entre le monde des sorciers et la terreur des dragons. C'est grâce à des hommes comme vous que tous les sorciers de Grande-Bretagne se sentent en sécurité. Mon gouvernement sera heureux de payer l'élimination de chacun des dragons au double de votre prix habituel. Ainsi que le disait si justement votre chef, c'est une ère nouvelle. Ces dragons constituent un danger sans précédent, et c'est l'union qui nous donnera la force de résister. Vous aurez tout le soutien dont vous aurez besoin, et ensemble nous achèverons d'éliminer cette menace.
Le ministre acheva sa plaidoirie par un hochement de tête auquel de nombreux vikings répondirent. Elsa devait admettre que le discours du ministre était beaucoup plus entraînant que celui du chef de Beurk, plus concret, moins personnel.
-Merci encore. Et merci aux jeunes sorciers qui ont apporté leur aide par leur action décisive. Malgré leur jeunesse, ils ont su agir comme de véritables héros. Alors je tiens à les remercier, mais surtout à les récompenser. En commençant par celle dont la magie élémentaire a rivalisé avec le plus puissant dragon, Elsa, future reine du royaume d'Arendel.
La jeune fille sentit un frisson la traverser. Ça, ce n'était pas prévu. Lorsque ce viking était venu la chercher à l'infirmerie, elle n'avait pas réfléchi aux raisons de ce choix. Elle n'y avait même pensé, et maintenant la surprise et l'incertitude mettaient en pièce le calme qu'elle avait si difficilement récupéré. Elle sentit ses jambes l'abandonner en comprenant que son secret n'en était plus un. Comment avait-elle pu être naïve au point de penser que personne ne ferait le lien entre elle et la marée de glace qui avait ravagé le champ de bataille ? Elle avait été négligente et elle en payait maintenant le prix. Si ses pouvoirs avaient été dévoilés, combien de temps ses autres secrets pouvaient ils rester cacher ?
-Allons jeune fille, chuchota le ministre sans dissimuler son impatience. Approchez-vous un peu.
Elsa avança mécaniquement vers l'homme avec le sentiment de gravir les marches d'un échafaud.
-Allons ma petite, dit Kelliwic'h, inutile d'être aussi tendu. Si vous êtes ici, ce n'est que pour que nous puissions tous te remercier de ce que tu as fait lors de l'attaque de ces dragons. Ce sortilège que tu as lancé a été déterminant dans notre victoire dans la bataille et a même blessé ce dragon géant au point de disperser sa horde. Je connais bien ta famille et je suis sûr qu'ils seront très fiers en apprenant ce que tu as fait. Ton jeune âge m'empêche de te remettre une récompense, mais je déclare que dès que tu atteindras ta majorité, tu seras gratifié de l'ordre de Merlin, seconde classe. Et si tu souhaites un jour carrière dans la politique, tu peux être sûr que le ministère ne t'oubliera pas. Alors merci encore pour ce que tu as fait.
-Si vous permettez monsieur le ministre, intervint Stoïk, je souhaiterais ajouter quelques mots. Sur Beurk, il est coutume que nos enfants reçoivent un second nom lorsqu'ils terrassent leur premier dragon. Un qualificatif qui les définira pour le reste de leur vie, et cette jeune fille mérite amplement cet honneur. Alors moi, Stoik Horrib'Haddock, la Brute, je remercie Elsa d'Arendel. La Reine des neiges.
-Vive la Reine des neiges ! Crièrent plusieurs viking du public, bientôt repris par d'autres.
Elsa recula aussi rapidement que le protocole lui permettait, son cœur battant la chamade. La chaleur des torches était devenue étouffante et sa tête commençait à lui faire mal. Les paroles du ministre et du chef de Beurk étaient déjà flou dans sa mémoire et seul résonnait son nouveau titre que continuait de scander la foule.
-Et maintenant ! Cria le ministre de sa voix amplifiée pour interrompre les cris des vikings. Je souhaite remercier le jeune homme qui a su rendre la justice en capturant l'infâme individu qui est à l'origine de l'attaque de la ruche. Ce renégat est en ce moment même escorté en direction de la prison d'Azkaban, et c'est grâce à lui, Pitch Black.
Le jeune homme s'avança, un sourire confiant aux lèvres.
-Merci monsieur le ministre, dit-il, c'est un grand plaisir de recevoir les éloges d'un sorcier tel que vous.
-Et vous les méritez mon garçon. Répondit le politicien. Vous avez agi de façon héroïque. Malgré votre jeunesse, vous avez su faire preuve de courage et d'abnégation. Vous êtes un modèle pour tous les sorciers de Grande-Bretagne, et j'aurais aimé avoir plus de personnes tel que vous à mes côtés. Je vous décerne dès cette instant l'ordre de Merlin seconde classe.
-C'est un honneur, le remercia l'héritier des Blacks, j'admire ce que vous avez su réaliser au cours de votre mandat, et je tiens à vous dire que vous êtes une véritable source d'inspiration pour moi.
-Votre spontanéité et votre engagement font plaisir à voir, apprécia le ministre. C'est avec plaisir que je vous invite à rejoindre le ministère. Ensemble je suis sûr que…
Les éloges du ministre, qui aurait sans doute pu continuer un certain temps, furent brutalement interrompu par un claquement de talon des chaussures ferrées de Stoïk. Un simple regard suffit pour que tous, et particulièrement l'impudent homme d'État, comprennent la penser du chef de Beurk. Une cérémonie de deuil n'était pas un entretien d'embauche.
-Mais nous verrons cela plus tard. Conclut brièvement le politicien. J'entends bien votre tristesse. Beurk a toujours été un exemple des valeurs sociales, aussi je vais à présent vous laisser vous recueillir. Soyez assuré de notre soutien, un suivi psychologique sera bien sûr offert à tous ceux qui en feront la demande. Je dois partir à présent, mais mon ministre de l'intérieur et mon ministre des créatures magiques seront présent sur votre île dès demain pour organiser la suite des événements.
Il serra cordialement la main du chef de Beurk, adressa un sourire discret à Pitch et transplana. Visiblement satisfait de ce départ, Stoïk fit un geste de main, et les viking commencèrent à se disperser. Pitch regardait tout autour de lui, comme s'il tenait à se rappeler de cette endroit, Elsa resta immobile, incertaine sur la conduite à adopter.
-Il vaut mieux que vous alliez vous reposer, leur conseilla le père d'Harold. Dès demain, nous ramènerons les élèves à Poudlard et vous pourrez prendre le train. Permettez que je vous invite chez moi, j'ai une chambre d'ami et vous pouvez prendre mon lit, je dormirais sur le canapé. C'est le moindre des remerciements après ce que vous avez fait.
Elsa accepta volontiers, consciente que la maison du chef de Beurk sera beaucoup plus tranquille que de rejoindre le reste des élèves. Mais surtout elle ne se sentait toujours pas prêtes pour parler à Anna. Pitch refusa poliment, arguant qu'il s'agissait du dernier soir de sa dernière année à Poudlard et qu'il préférait la passer avec ses camarades. Accompagné par le viking qui avait guidé Elsa jusqu'à la place, il reparti vers la grande salle du village. Elsa suivi le chef de Beurk à travers les petites rues du village jusqu'à son domicile, construit sur une petite butte dominant le village. L'édifice était imposant, avec des fondations en pierre et une structure en bois brute peinte. Comparé au château où elle avait grandi, le bâtiment était affreusement rustique mais il semblait solide et accueillant. L'intérieur était des plus simple, bien qu'assez peu ordonné. Stoïk l'amena jusqu'à une chambre avec un lit deux fois plus grand que celui que la princesse possédait à Arendel. Il lui indiqua quelques informations de base, comme où se trouvaient les toilettes et qu'il ne fallait pas ouvrir la porte lorsqu'un dragon y toquait, avant de se retirer. Elsa se laissa tomber sur le lit et s'endormit sans même prendre le temps de se glisser sous la couverture.
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Jack serra les dents, tentant d'ignorer la douleur lancinante qui habitait sa jambe. Il ne se souvenait pas s'être blessé, ou du monde pas dans ces proportions, au cours de la soirée. Il se souvenait parfaitement de sa course poursuite, mais tout le reste était flou. Peut être pris dans le tourbillon d'adrénaline n'avait-il rien remarqué ? Ou peut-être avait-il été blessé lorsqu'il était inconscient ? Assis sur le lit de fortune, dans ce que le viking qui l'avait emmené, appelait une infirmerie, Jack ne pouvait s'empêcher de tourner et de retourner les événements des dernières heures dans sa tête sans parvenir à y trouver un sens. Les matchs de quidditch de l'après-midi lui paraissaient avoir eu lieu il y a une éternité, et pourtant tout le reste avait des allures de rêve. Il aurait même été plus logique que tout cela n'ait été qu'un rêve, et pourtant sur le coup, Jack avait tout accepté tellement naturellement. C'était bien l'une des caractéristiques d'un rêve, non ? Pourtant maintenant le rêve se poursuivait, ils étaient sur l'île centenaire des chasseurs de dragons, entourés de camarades et de vikings inconscients ou blessé, et sa jambe lui faisait toujours un mal de chien. Son principal réconfort n'était qu'aucun des élèves de Poudlard n'était mort pendant la soirée. Certains étaient blessé mais le viking qui lui avait posé son bandage lui avait assuré que personne parmi les résidents de Poudlard n'était mort. Même s'il était évident qu'il n'en avait pas été de même pour les vikings, Jack préférait se réjouir de la survie de ses amis. Retrouver Vaneloppe, en parfaite santé, dans l'hôpital de Beurk, était sans aucun doute le meilleur moment de sa soirée. Elle et Anna n'avait pas été blessé physiquement mais si Vaneloppe ne semblait pas particulièrement perturbé, Anna paraissait très affectée de cette expérience. La petite gryffondor tremblait de tout son corps et serait un énorme livre dans ses bras à s'en faire blanchir les jointures. Jack était beaucoup plus inquiète pour elle que pour sa sœur qui était déjà habitué aux créatures magiques démesuré avec les yétis que Père avait apprivoisés, alors qu'Anna, qui était avant tout une princesse, n'avait vécu qu'entre les murs d'un palais entouré d'animaux amicaux. Il n'y avait aucun doute qu'un tel déferlement de reptiles meurtriers avait dû profondément affecter la petite rousse (4). Jack aurait voulu la réconforter mais les deux petites gryffondors fut rapidement conduite hors de l'hôpital lorsque le médecin viking eut établi qu'elle n'avait pas de blessure. Jack regrettait que madame Pomfresh ne soit pas présent. L'intraitable infirmière de Poudlard était réputée pour prendre toujours toutes les précautions, et pour garder les élèves en observation beaucoup plus longtemps que nécessaire. Mais avec un hôpital rempli de vikings atteint de brûlure et d'entailles dus à des griffes de dragon, Jack ne pouvait reprocher à l'infirmière de ne pas conserver sa rigueur habituelle, tout comme il ne pouvait reprocher à Anna d'être choqué et préoccupé. Elsa avait été installée deux lits derrière elle, les jambes ramenées contre sa poitrine et le regard dans le vague. Sa petite sœur avait tenté d'aller lui parler mais sa grande sœur l'avait ignoré, fermant même les yeux pour ne plus voir sa cadette. Anna n'avait pas pu s'énerver et était repartit encore plus désespérés qu'avant. Jack était encore intimidé par ce qu'il avait vu d'Elsa pendant l'attaque. Il avait toujours su qu'Elsa était une sorcière puissante, avec une grande connaissance des sorts de glace, mais ce qu'il avait vu cette nuit était juste au-delà de tout ce qu'il aurait jamais pu imaginer. En tant que membre de la famille Frost, Jack possédait des réserves de magie naturellement supérieur à la moyenne, mais ça… c'était trop incroyable. Ce n'était que maintenant que ce que lui avait dit Elsa pendant cette sortie au pré-au-lard prenait tout son sens. Combien de secrets pouvait encore cacher la jeune fille ? Jack était tiraillé entre l'envie d'aller la réconforter et le respect de la tranquillité dont la princesse d'Arendel semblait avoir grand besoin. Le serpentard était toujours en train d'hésiter quand deux bras délicats s'enroulèrent autour de son torse alors que des cheveux blonds s'étalait sur son lit.
-Oh Jack ! S'exclama une voix claire comme du cristal. Dieu merci tu vas bien !
Jack parvint à se retourner et rendit son câlin à Raiponce. Il ne pensait pas que la serdaigle viendrait le voir jusque dans l'infirmerie. La jeune blonde semblait épuisée, sa peau d'ordinaire si claire était couverte de poussières et d'égratignures, ses yeux étaient rouge de fatigue, ou bien d'avoir trop pleuré, mais c'était surtout ses cheveux qui était le plus surprenant, totalement libre sans le moindre nœuds, ils avait maintenant une longueur qui dépassait les 4 mètres de long. Raiponce avait toujours eut de longs cheveux, même natté, ceux-ci lui arrivait en bas du dos, mais ce n'était que maintenant que Jack prenait conscience à quel point les cheveux de sa meilleure amie étaient long lorsqu'ils n'étaient pas attachés. Sans vraiment y réfléchir, le jeune homme passa délicatement sa main entre les mèches étincelantes. Malgré tout ce qui s'était passé au cours de la soirée, la douceur des crins semblait inaltérable.
-Je suis tellement rassuré de voir que tu vas bien. Dit Raiponce en relâchant son étreinte. Quand Harold nous a dit que Pitch t'avait ramené inconscient, je me suis fait un sang d'encre ! Et puis…
-Attend, l'interrompit Jack, tu dis que c'est Pitch qui m'a ramené ? Pitch Black ?!
-Oui, c'est ce que je viens de te dire, confirma Raiponce, enfin bref quand Harold m'a dit…
Mais Jack n'écoutait déjà plus. Maintenant qu'on le lui disait, il se souvenait vaguement avoir vu Pitch dans le château avant de perdre connaissance, mais que s'était-il passé après ? Avait-il simplement perdu connaissance à cause de sa course poursuite avec le dragon ou s'était-il passé autre chose ? Est-ce que Pitch avait fait autre chose ?
-Jack ? Ça va ?
Le serpentard sortit aussitôt de ses réflexions. Il n'avait jamais parlé à Raiponce ce qui s'était passé avec Pitch en première année, et lui en parler maintenant alors qu'ils avaient tous faillis mourir n'était surement pas une bonne idée. D'autant plus que Pitch venait littéralement de lui sauver la vie.
-Ce n'est rien, répondit immédiatement Jack. Donc tu sais où sont Harold et Merida ?
-Harold va bien, lui expliqua Raiponce, les infirmiers l'ont rapidement examiné, puis il est allé rejoindre les autres. C'est un Beurkien après tout. Par contre Merida est toujours en train de se faire soigner. Les médecins ont dit qu'elle devait beaucoup se reposer mais que ses jours n'étaient pas en danger. Elle a dû se battre sous sa forme d'ours pour me protéger, et les dragons lui ont vraiment fait mal.
-Vous avez affronté des dragons ?! Mais comment ? Je croyais que les Beurkiens les avaient interceptés avant qu'ils n'arrivent jusqu'aux élèves.
Raiponce parut soudain très ennuyée. Elle garda le silence pendant quelques secondes et quand elle reprit la parole, elle n'osa pas le regarder dans les yeux.
-Et bien toi et Harold aviez disparu, alors avec Merida on s'est mis à vous chercher et ensuite…
-Vous vous êtes jetez dans la gueule du loup ? S'écria Jack, s'attirant au passage le regard désapprobateur des vikings des lits voisins. Mais vous étiez complètement inconscientes ?
-Je sais… reconnue Raiponce qui se sentait visiblement de plus en plus mal. Mais essais de comprendre, tu avais disparu, et Merida avait senti ton odeur et celle d'Harold en direction du château. Qu'est-ce qu'on pouvait faire d'autre ? Tu aurais fait même chose pour nous.
Jack ouvrit la bouche mais ne trouva rien à répondre, car la jeune blonde avait mille fois raison. Il n'avait absolument pas pensé à prévenir ses amis lorsqu'il était parti à la poursuite de Vaneloppe, pas plus qu'il n'avait prévenu Sandy, ni personne. A l'heure qu'il est, l'aîné de Guardian Gates devait se faire un sang d'encre, heureusement que Vaneloppe avait rejoint les autres, elle pourrait lui expliquer la situation. Jack ne regrettait pas ce qu'il avait fait. Même s'il n'avait finalement pas réussi ce qu'il voulait faire au départ, même si sa vie avait été en danger à plusieurs reprises, il ne regrettait rien car tout ce qu'il avait fait, il l'avait fait pour protéger Vaneloppe. Quelque chose qu'il aurait fait pour chacun des membres de Guardian Gates, et pour chacun de ses amis sans hésiter. Mais cela n'excusait rien.
-Je suis… désolé Raiponce. J'étais tellement concentré sur le besoin de retrouver Vaneloppe que je n'ai pas pensé que vous essayeriez de me suivre.
-Mais bien sûr qu'on essayerait de te suivre. Dit Raiponce en s'asseyant à côté de lui. C'est ce que…
Jack sentit un nouveau vague de douleur lui transpercer la jambe lorsqu'il tenta de se décaler pour laisser de la place à la jeune fille. Il laissa échapper un petit grognement de douleur qui fit s'interrompre brutalement Raiponce.
-Qu'est ce qui se passe ? Demanda la jeune fille. Je t'ai fait mal quelque part ?
-Non ce n'est rien, menti Jack, j'ai juste été un peu surpris par une petite douleur à la jambe. Rien de grave vraiment…
Mais Raiponce ne se laissa pas berner, elle examina sa jambe et découvrit rapidement la profonde entaille malgré la tentative de Jack pour la dissimuler.
-Oh mon dieu, s'écria la jeune fille, mais comment tu t'es fait ça ? Et pourquoi personne n'est encore venu s'occuper de toi ?
-Je suis loin d'être le seul à avoir été blessé par un dragon et sûrement l'un des moins grave, donc je peux bien attendre un peu. Dit Jack en se forçant à sourire. Et puis après ce que j'ai fait, je mérite bien d'avoir un peu mal pour ceux qui sont venu nous sauver alors que moi je me jetais dans la gueule des dragons.
-Ne dit pas ça, répondit Raiponce, tu as fait ça pour aider ta petite sœur, et même si tu aurais dû nous en parler, ce n'est pas une raison pour te laisser sans soin.
-Ce n'est pas si grave, tenta de la rassurer Jack. Je t'assure que ça va aller. Tu peux retourner te reposer, je vais juste attendre qu'un médecin vienne me voir...
Raiponce n'était visiblement pas d'accord, elle réfléchit pendant quelques instants, elle tenta de parler, avant de se raviser. Elle le regarda une dernière fois dans les yeux, comme si elle voulait vérifier quelque chose qu'elle seule pouvait voir, et qui provoqua un incompréhensible frisson dans le dos de Jack.
-Jack, je… viens avec moi… je voudrais te montrer quelque chose.
Un nouveau frisson parcouru le dos de Jack. Son esprit tentait de comprendre comment la conversation avait pu évoluer dans ce sens, sans parvenir à trouver une réponse. Il retourna vers le lit où se trouvait Elsa quelques minutes plus tôt mais cette dernière avait disparu. Sans savoir quoi dire, ni sans vraiment réfléchir, Jack hocha la tête. Raiponce en paru à la fois rassurée et angoissée. Avec une précaution extrême, elle aida son ami à se lever et à avancer. Heureusement le lit de Jack était proche de la sortie de l'hôpital et dans la confusion de la salle, personne ne remarqua qu'ils étaient partis. Jack marchait, serrant bien les dents à chaque fois que sa jambe blessée touchait le sol, et s'appuyait sur l'épaule de Raiponce qui les conduisit jusqu'à la lisière de la forêt toute proche du village. Jack était sur le point de lui faire remarquer qu'ils étaient sur Beurk, et qu'il y avait peut-être des dragons aux alentours, mais Raiponce le fit asseoir sur un tronc d'arbre, invisible depuis le village, mais bien suffisamment proches pour s'y réfugier en cas de problème.
-Alors… qu'est-ce que tu voulais me montrer ? Demanda Jack sur un ton qu'il voulait désinvolte mais qui dissimulait mal son embarra.
Raiponce ne répondit pas. Elle ramena vers eux sa longue chevelure qui, malgré la poussière dans laquelle elle avait traîné, ne paraissait pas abîmée. Lentement, la jeune fille enroula ses longues mèches dorées autour de la blessure, avec une telle délicatesse que Jack ne sentit quasiment rien. Il voulut poser une autre question mais elle resta bloquée au fond de sa gorge. Raiponce le regarda une dernière fois, avant de commencer doucement à chanter :
-Fleur aux pétales d'or, répand ta magie…
Jack n'avait encore jamais entendu Raiponce chanter, c'était quelque chose qu'il n'aurait jamais pu imaginer. Les résidents de Guardian Gates chantaient parfois, c'était un chœur discordant, rempli de voix imparfaite, mais où chacun avait sa place. Raiponce, elle n'avait besoin de personne, chacune de ses notes était comme une clochette de cristal, et avec la chanson, venait sa magie. Les cheveux commencèrent lentement à s'illuminer, éclairant la petite clairière d'un délicat éclat solaire. Jack se dit que finalement il était peut-être toujours en train de rêver. La longue chevelure de son amie ressemblait maintenant à fleuve de lumière. Jack sentit que les mèches écroulées autour de sa jambe blessée commençait à chauffer, mais il ne s'en inquiétait pas, car cette sensation était sans doute la plus réconfortante qu'il ait jamais sentit. Raiponce chanta pendant de longues minutes, répétant plusieurs fois les mêmes couplets. Jack resta immobile, de peur que le moindre geste ne brise la magie de l'instant.
-Ce destin impur, rend-moi ce qu'il m'a pris…
Puis la voix de Raiponce s'atténua, avant de disparaître, avec la lumière de sa chevelure. Avec la même douceur, Raiponce retira les cheveux qu'elle avait entouré autour de la jambe de son ami, révélant que la plaie avait complètement disparue. Jack bougea sa jambe, mais il ne sentit pas la moindre douleur. D'une manière ou d'une autre, Raiponce venait de le guérir. Raiponce osa enfin lever la tête et le regarder dans les yeux. Jack s'attendait à y voir du soulagement, de la fatigue, n'importe quoi sauf l'inquiétude qu'il y perçu. C'était comme si Raiponce avait peur de lui. Jack essaya de dire quelque chose, n'importe quoi qui pourrait la rassurer, lui dire que jamais elle ne devrait avoir peur de lui. Mais rien ne lui venait à l'esprit, rien à part la magnifique voix de Raiponce. Alors puisqu'il ne savait pas quoi dire, Jack choisit de faire. Lentement, ses lèvres comblèrent le faible espace qui les séparèrent de celles de Raiponce, et il l'embrassa.
Un baiser qui ne dura pas plus d'une seconde. Raiponce s'écarta précipitamment, et se remit sur pied. Jack compris instantanément qu'il venait de faire une énorme erreur. L'inquiétude dans les yeux de Raiponce, loin de disparaître s'était décuplé, mélangé à de l'incompréhension et de la méfiance. Jack en retrouva brutalement l'usage de la parole :
-Je… je suis désolé…
Mais Raiponce ne parut pas l'avoir entendu. Elle recula de quelques pas avant de s'enfuir vers la sortie de la clairière.
-Raiponce, attend ! Cria Jack. Laisse-moi au moins t'expliquer !
Raiponce s'immobilisa mais Jack n'eut pas le temps de prendre la parole.
-Ne parle à personne de mes cheveux… s'il te plait.
Et elle se remit à courir, sa longue et mystérieuse chevelure traînant derrière elle. Jack resta seul dans la clairière. La main tendue et un poids sur le cœur.
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(1) : Ce qui en tous faisait 1 gallion, 7 mornilles et 2 noises.
(2) : Le nombre d'élève de Poudlard est pour moi un mystère, donc j'ai donné ce chiffre un peu au hasard. On peut trouver le chiffre mais j'ai toujours trouvé Poudlard trop grand pour, si peu d'élève. Alors peut-être que ce chiffre changera.
(3) : Le nom des ministres du futur de l'époque de Harry Potter ne sont pas connus, ça m'évite de mentir.
(4) : Je sais que c'est blond fraise… mais c'est toujours trop long.
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Et voilà, retour à un format de chapitre plus court. Ça fait du bien d'écrire autre chose que des combats. Et puis on vient de passer la St Valentin, ça se fête ;) . J'espère que ça vous à plu. Venez reviewer, court ou long (mais long c'est toujours mieux), ça fait toujours super plaisir et ça motive. A très bientôt.
