Chapitre 51 : Conversations entre sortilèges

Drago et Harry se firent tous les deux expulser de la bibliothèque après s'être hurlé dessus pour savoir à qui c'était le tour d'emprunter le volume le plus récent de 500 contre-sorts à travers les âges.

- Pourquoi tu ne fais pas ça avec Crabbe et Goyle ? demanda Harry, après qu'il fut devenu évident pour tous les deux que leur habitude de s'affronter en duel à chaque occasion était devenue une tradition et pas simplement quelque chose qu'ils faisaient quand ils étaient en colère. Ils devenaient assez doués pour repérer les moments où certains couloirs n'étaient occupés ni par d'autres élèves ni par des professeurs qui risqueraient de prendre un sort perdu.

- Tu as les meilleurs réflexes de l'école. Ils sont lents.

- Est-ce que tu viens de me faire un compliment, Malefoy ?

- Tu es toujours nul au Quidditch. Ne prends pas la grosse tête.

- Je ne pense pas que ça aille ensemble.

- Tu attrapes le Vif d'Or en t'évanouissant, en tombant de ton balai, en te cassant le bras ou en l'attrapant avec les dents. Ce n'est pas ma faute si tes bons goûts en matière de balai et un degré de chance anormal dissimulent ton manque de véritables capacités.

Harry lui lança le sort de désarmement le plus puissant qu'il pouvait, puisqu'il avait repris son souffle ; Drago réagit en se transformant en chat et en filant dans la pénombre derrière une statue.

- Tu es blanc, fit remarquer Harry, avant de lancer à Drago un sort de chatouillis alors qu'il bondissait d'une cachette à l'autre.


- Pourquoi est-ce que tu fais ça, en vrai ? demanda Harry à Drago en lui tendant une dose de potion de guérison pour les bleus qui se formaient – ils avaient fait l'erreur de parler pendant leur dernier duel et ça avait dégénéré en corps à corps avec coups de poings et tirage de cheveux que Harry n'avouerait pas jusqu'à son dernier souffle. Harry pouvait reconnaître qu'aucun d'entre eux ne pouvait garder son sang-froid quand ils commençaient à parler de leurs familles.

- Oh. J'ai réalisé au printemps dernier que je ne veux pas que tu meures.

- … donc tu m'aides à apprendre le duel ?

- Seulement en effet secondaire. Je vais te convertir.

- Tu veux que je devienne un Mangemort. Moi.

- Regarde les choses de mon point de vue.

- Mon point de vue est qu'il a assassiné mes parents et que je peux encore entendre ma mère le supplier dans mes rêves.

Drago resta silencieux quelques instants, puis haussa les épaules.

- Tu n'as jamais vraiment connu tes parents, en fait. Ils sont une – une idée, pour toi. Mais tu me connais moi et le professeur Rogue.

Drago le regarda d'un air étrange.

- Tu penses que je n'ai pas remarqué combien de temps il passe à t'enseigner ?

- C'est juste les Potions, marmonna Harry. Il me déteste.

- Mais tu ne le détestes pas. Tu te prosternes pratiquement à ses pieds.

Drago leva le menton et regarda Harry dans les yeux.

- Je ne vais pas insister. Il n'y a pas d'urgence.

Harry songea avec regret à quelques années auparavant, quand la conception de Drago d'un plan maléfique était de s'arranger pour que Harry se retrouve en retenue et perde des points. Quelle période bienheureuse et innocente cela avait été.


- Si tu es tellement intéressé par la magie noire et les maléfices, pourquoi tu n'essaie jamais de me lancer un – un endoloris ou je sais pas quoi ?

- As-tu envie que je le fasse ?

- Non. Je veux juste savoir pourquoi.

- Mm. Ce n'est pas mon style.

- … je pense que tu as raison, mais je ne pensais pas que tu pensais ça.

- Si je le disais à mon père il le qualifierait d'horrible faiblesse, mais j'ai décidé que c'est une force de savoir comment je veux aborder les choses. Le pouvoir consiste à être capable de faire ce qu'on veut, et si ce que je veux c'est faire les choses sans me salir les mains, pourquoi pas ?

Drago semblait trouver ça très important. Harry essaya de réfléchir à comment traiter cette déclaration.

- … tu pourrais être guérisseur ou un truc de ce genre et n'attaquer personne.

- Ne sois pas stupide.