CHAPITRE 84

OOC : Coucou à tous ! Voici un nouveau chapitre ! Merci à Kuro Sha et Cao dreams in books pour leurs reviews ! Laissez des commentaires si vous en avez envie. Ça fait toujours plaisir de savoir où je peux m'améliorer.

« …Il ne nous reste plus qu'un artefact. »

La Couronne de Solomus…Le Livre d'Epistemus…le Diamant d'Adaptus…la Main de Mortilus…

Le temps s'était arrêté durant quelques jours, afin que chacun puisse se remettre de l'attaque organisée par les habitants du Sanctuaire. Mais à présent, ils devaient dénicher le dernier artefact. Et il n'y avait pas de temps à perdre. Telle fut la raison pour laquelle ils étaient tous rassemblés dans la salle de réunion. Pas seulement les Cybertroniens, mais également les représentants de l'armée américaine, qui étaient venus à la base pour la première fois. Cade, Emily ainsi que d'autres militaires haut-gradés. L'un d'eux s'appelait Fowler, qui avait été un ancien coéquipier de Marie.

- …Où est caché le dernier ? demanda la commandante, le ton sourd.

Sa voix était encore marquée par le choc. C'était léger, mais Père Jean parvenait à le discerner. Il repensa au corps d'Aaron qu'il avait senti sous ses doigts durant l'explosion et Père Jean ne put s'empêcher de sentir de l'empathie à son égard. Après tout, elle avait perdu un camarade, quand bien même elle tentait de ne rien exprimer.

L'ambiance était un peu plus réchauffée que ces derniers jours, mais il y avait encore beaucoup de tension. Quelques jours…cela n'avait pas été suffisant pour qu'ils se relèvent, pour qu'ils récupèrent de leurs blessures. A cette pensée, Père Jean réprima un léger soupir. Il devrait rester encore quelques jours en fauteuil roulant. Lui qui adorait marcher, cet état lui rappelait douloureusement qu'il était davantage diminué à présent. Toutefois, il garda ses sentiments pour lui-même.

Il n'était pas le plus à plaindre. Lui n'avait subi qu'une perte physique et temporaire. Ses amis avaient enduré pire que cela. Arcee, Ratchet, Cliffjumper, Karan, Emily, Cade…

Et Gasket…et Wing…Par réflexe, Père Jean chercha la proximité du Cybertronien. Même si ce dernier ne disait rien, l'humain sentait sa présence à ses côtés. Il sentait sa peur, son angoisse continuelle depuis les bombardements à Crown City, qu'il n'extériorisait pas à l'heure actuelle. Il essaya de lui adresser un signe discret mais malheureusement, l'heure était à la mission. Chacun écoutait Dai Atlas avec attention.

- Le dernier…Comment s'appelle-t-il déjà ? le questionna à nouveau Emily.

- …Le Vaisseau de Primus.

- Le Vaisseau de Primus…

Père Jean devina que Dai Atlas avait croisé les bras autour de sa poitrine, se renfermant davantage.

- Hé bien, Où se trouve-t-il, Dai Atlas ? grogna Star Saber, d'une voix grinçante. Puisque c'est toi qui as caché ces artefacts…

Il y avait une pointe de jalousie dans sa voix.

Un silence tomba. Tous attendaient sa réponse avec impatience.

- …Je l'ignore.

Sa révélation eut l'effet d'une bombe. Tout de suite, un écho de surprise lui répondit. Immédiatement, Bumblebee fut le premier à réagir.

- Comment ? Je croyais que vous aviez caché les cinq !

- J'ai caché les cinq, répliqua d'emblée Dai Atlas, le ton froid. J'avais caché le Vaisseau de Primus dans la Galaxie GN-z11, à un point précis. Mais…

Il marqua une pause.

- …Avant la création du Cercle de la Lumière tel qu'on le connaît aujourd'hui, j'y suis retourné. Je suis retourné là-bas…et le Vaisseau avait disparu.

- Tu es en train de nous dire que tu l'as perdu ? gronda Star Saber. Le Vaisseau de Primus, en plus ?

- Mais…un Vaisseau…ça doit se voir, non ? proposa Karan, le ton hésitant.

Il devina que Dai Atlas avait secoué la tête.

- Ce n'est pas un vaisseau, au sens littéral du terme. Mais un vaisseau, qui est une enveloppe, un support.

- De quoi s'agissait-il ? le questionna Outrigger.

- D'un spark. Le spark le plus pur et le plus brillant que l'univers n'ait jamais porté.

Un spark…Personne ne s'y attendait.

- …Le cœur d'un Cybertronien, n'est-ce pas ? commenta Emily, pour avoir confirmation.

- Tu as transporté un spark ? Il s'agissait d'une relique ? fit Kat.

- La plus précieuse des reliques.

Drift se racla la gorge.

- Le spark se serait éteint ?

- Les autres reliques ont été conservées durant tous ces millénaires, rétorqua Dai Atlas, le ton acide. Pourquoi le Vaisseau de Primus se serait éteint et serait devenu introuvable ?

Night prit la parole.

- Mais attendez…Si j'ai bien compris, les artefacts ne sont dangereux que quand ils sont réunis, n'est-ce pas ?

- C'est exact.

- Mais…si on ne trouve pas le dernier artefact, suggéra-t-elle, on n'a rien à craindre. Car même s'ils obtenaient les autres, ils seraient impuissants sans le dernier.

C'était un bon raisonnement. Malheureusement, Dai Atlas le démentit en une phrase.

- Techniquement, oui. Mais les artefacts sont déjà suffisamment dangereux en eux-mêmes. Après tout, utiliser un seul a causé les tremblements de terre sur Cybertron et sur la Terre.

- Et Arkus a été détruite par un seul aussi, renchérit Bumblebee, le ton sombre.

- Et les cinq réunis ensemble conduiraient sans aucun doute à un cataclysme qui anéantirait une civilisation complète. C'est la raison pour laquelle il nous faut dénicher les cinq.

- Et quand on aura les cinq…demanda Wing, qu'en fera-t-on ?

Cela avait été une question qu'ils s'étaient tous posés, après tout.

Que faire des artefacts…et comment les protéger ?

- …J'avais prévu de les reprendre, décréta Dai Atlas. Probablement les placer autre part. Ailleurs, où personne ne les trouverait.

- Et reproduire la même erreur ? grogna Star Saber.

- C'est mieux que de ne pas agir, rétorqua Emily. Même si…nos ennemis essayeront encore et toujours de les récupérer quoi qu'il arrive.

- D'où la raison pour laquelle on doit tous les tuer. Jusqu'au dernier, fit Star Saber.

Père Jean sentit Wing tressaillir. Il devina le regard froid de Dai Atlas dans la direction de son camarade.

Rung prit la parole à son tour, s'adressant à Star Saber.

- Je crois que les tuer ne résoudra rien.

- Cela résoudra beaucoup de choses !

- Et si d'autres en veulent aux artefacts ? D'autres après eux ? Parce que c'est une éventualité. Les tuer ne leur enverra pas le bon message. Ils ne comprendront pas combien les artefacts sont redoutables aux mains d'une personne mal intentionnée.

- Et qui es-tu pour agir de façon aussi moralisatrice ? siffla son interlocuteur. Tu n'es pas un fervent croyant de Primus comme nous le sommes ! Ton avis ne vaut rien !

Star Saber renifla, dédaigneux. Rung le toisa tristement.

- …Cela te rend heureux, Star Saber ? D'éliminer tous ceux que tu considères comme hérétiques ? Vraiment ?

Père Jean ne put décrire ce qu'il s'ensuivit. Il devina juste que Wing s'était placé devant lui.

L'instant d'après, Star Saber fut maîtrisé par Dai Atlas et Ultra Magnus. Il entendit le leader du Cercle de la Lumière monter le ton, avant de repousser violemment Star Saber. Probablement loin de Rung.

- Son avis vaut tout, Star Saber ! Sans lui, on ne serait pas ici. Et si tu n'es pas d'accord, tu peux dégager !

La menace était suffisamment évidente dans sa voix. Et Père Jean devina la surprise chez les autres membres du Cercle de la Lumière.

Apparemment, Dai Atlas n'avait pas pour habitude de lever la voix. Star Saber grogna, mais après quelques secondes insoutenables, il n'en répondit rien et le silence retomba.

Emily poussa un soupir à son tour. Elle se racla la gorge, sa voix redevenant confiante et déterminée. Telle qu'elle avait été lors de leur première rencontre.

- Je vous fais confiance pour les retrouver. Si jamais vous devez vous en aller pour retrouver cet objet manquant, les humains se défendront autant qu'ils peuvent. Si vous tenez parole et que vous promettiez de revenir.

La réponse de Dai Atlas fut plus rapide qu'ils ne l'avaient prévu…et pas moins inattendue.

- …On reviendra. Nous sommes impliqués, de toute façon. Nous ne vous laisserons pas tomber.

Pour la première fois depuis le début de la réunion, Père Jean sentit Wing se détendre considérablement. Il lui adressa un léger sourire que l'humain s'empressa de lui rendre.

Alors même que le Cercle de la Lumière était neutre, Dai Atlas promettait aux humains de revenir les protéger.

C'était plus que ce que les humains ne pouvaient en demander.


« Vous souhaitez un coup de main, Père Jean ?»

Sur son fauteuil roulant, Père Jean avait un peu du mal à nettoyer le châssis de Glacius. Wing était prévenant et avait probablement dû le sentir. Père Jean posa son éponge mouillée sur ses genoux, avant de pivoter lentement son fauteuil roulant dans sa direction. Il était déjà entré dans l'infirmerie et s'était probablement déjà baissé pour l'assister.

- …C'est gentil, le gratifia Père Jean. Marie est déjà partie rechercher de l'eau et du savon pour m'aider.

- Oh…j'avais pensé…

- Merci d'avoir proposé, le rassura le prêtre d'un ton doux.

Père Jean se retourna vers le Cybertronien, toujours comateux.

Certains jours, quand il passait lui rendre visite, il croyait parfois l'entendre bouger. Une fois, il était sûr de l'avoir entendu tousser.

Mais chaque jour se ressemblait. Glacius ne se réveillait pas.

- …Je suis désolé, déclara tristement Wing.

- Il va revenir, le reprit le prêtre. Je suis sûr qu'il va se réveiller.

Ce n'était qu'une question, après tout…Père Jean reprit l'éponge, la serrant dans sa main comme un besoin de contact.

Il sentit un sourire sur le visage de Wing.

- …Vous avez tenu votre promesse. Vous avez pris soin de lui…comme vous le lui avez promis. Tous les jours. Vous ne vous arrêtez jamais.

- C'est ce que les amis font.

- Les amis et la famille.

Un court silence tomba. Père Jean ferma les yeux, pensif.

- Je n'ai pas totalement tenu ma promesse…J'ai promis de leur donner un toit. A Glacius et à Swelter. De les aider à s'occuper des chatons qu'ils avaient recueillis. A l'heure actuelle, Glacius est ici, je m'inquiète pour lui, pour son état…mais je m'inquiète aussi pour son compagnon.

Wing mit un temps avant de répondre.

- …Vous aimeriez qu'il nous rejoigne ?

- Je sais qu'ils font partie du Sanctuaire. Qu'ils ont participé à ces crimes. Ils ont commis de graves erreurs…Mais Glacius et Swelter étaient des esclaves. Ils n'avaient pas totalement le choix. Et je sais qu'il y a du bon en eux. Je le sens.

- …Je ne pourrais pas vous juger, Père Jean.

Il réprima un soupir presqu'inaudible.

- …Jamais je ne vous jugerai…encore moins pour vouloir aider un autre. Pour souhaiter qu'ils nous écoutent.

Père Jean rapprocha doucement son fauteuil roulant de Wing, pour pouvoir tendre le bras et toucher sa cheville métallique.

- …Vous souhaitez l'aider aussi. Vous souhaitez qu'elle vous écoute.

- J'ai cherché son signal. Il est introuvable…

Il sentit l'impuissance dans le ton de Wing. Père Jean entendit un mouvement et il comprit que Wing s'était redressé.

- Elle est ma fille…je sais que ce sera difficile…on s'est perdus de vue. On ne s'est pas reparlés depuis des siècles, des millénaires…répondit Wing, le ton mélancolique. Cela faisait…si longtemps. Et en plus, je l'avais oubliée.

- Ce n'était pas votre faute.

- J'étais son parent…si j'avais pu faire quelque chose…j'aurais pu la chercher davantage. Ne pas abandonner…

Père Jean n'était pas d'accord.

- Vous avez fait de votre mieux, Wing. Vous ne pouvez pas vous en vouloir autant. Vous êtes revenue pour elle.

- …Vous l'avez rencontrée, hein ? Quand…vous êtes venu au Sanctuaire.

A ce moment-là, Père Jean ignorait qu'il s'agissait de sa fille. S'il avait su…il aurait également essayé davantage de communiquer avec elle. D'en apprendre sur elle.

- …Comment était Heavenlight ? Enfin…Glowstrike.

Père Jean ne l'avait pas oubliée. Leur échange.

Le prêtre sentit un léger pincement au cœur. Même s'il devait être honnête, il fallait qu'il ménage Wing et trouve les bons mots. Il ne souhaitait pas qu'il se sente coupable plus qu'il ne l'était déjà.

- …Tout ce que je peux dire…c'était qu'elle était malheureuse.

- Malheureuse…

- Elle cherchait à le cacher. Elle cherchait sûrement quelque chose…quelque chose qui lui permettait de trouver le bonheur. C'est de cette façon que je l'ai perçue.

- …Vous avez le droit.

Wing prit une inspiration.

- Vous avez le droit de lui en vouloir pour avoir blessé Marie. Pour vous avoir blessé. Je sais que…vous aviez vécu l'enfer, au Sanctuaire. Et vous auriez raison. Même si elle est ma fille...je ne peux pas prétendre qu'elle n'a causé aucune douleur.

Lui en vouloir…

Père Jean ne pouvait pas le nier. Il repensa à la peur qu'il avait ressenti lorsque Marie et lui avaient été séparés. Quand il avait été emprisonné dans cette cage jusqu'à ce que Glacius le libère.

Il avait cru ne jamais la revoir.

- …Je peux peut-être lui en vouloir. Mais j'ai appris à ne pas juger.

Il fallait que Wing garde espoir. Qu'il se raccroche à quelque chose.

- J'ai essayé de lui parler. J'ai essayé de lui faire comprendre qu'elle n'avait pas à être aussi cruelle mais...je doute qu'un humain puisse lui faire entendre raison.

- Vous avez réussi à faire entendre raison à Glacius. Même en étant un humain.

- Je sais. Mais ce n'est pas la même chose. J'aimerais en faire plus pour vous aider. Mais...je crois que c'est à vous de lui parler. Quelqu'un qu'elle a aimé. Même si elle ne m'a pas écoutée parce que je ne valais rien pour elle, elle vous écoutera sûrement, en souvenir de vos instants passés ensemble.

- Vous en avez déjà fait beaucoup pour moi, Père Jean. Ne vous en voulez pas. Et puis...à l'heure actuelle...ce qui importe est de trouver le dernier artefact. Et pour moi...trouver un moyen de la contacter avant de lui parler.

Père Jean baissa la tête. Il se sentait impuissant de ne pas pouvoir en faire plus. Mais peut-être était-ce la meilleure chose à faire. Laisser le père parler à sa fille.

- …Je veux essayer. Au moins essayer.

Il sentit Wing poser un doigt métallique sur son épaule.

- …Même si cela me brise le spark...je sais que Dai Atlas voudra qu'elle soit punie. Et elle le sera sûrement. Mais…je ne veux pas qu'elle soit condamnée à mort. Je ne veux pas abandonner. Je l'ai abandonnée une fois. Je ne veux pas recommencer. Et si…lui parler, pour qu'elle m'écoute… permettrait au moins d'amoindrir sa peine, je suis prêt à essayer.

- …J'aimerais en faire de même pour Swelter.

Swelter n'était peut-être pas son enfant, mais Père Jean souhaitait aussi tout essayer pour le faire sortir de cet enfer.

Pour qu'au moins, lui et Glacius soient réunis, quelle que soit l'issue de ce conflit. Encore en ce moment, Père Jean écoutait la respiration lente de Glacius.

Approuverait-il ? Oui, sans aucun doute. Glacius approuverait.

- …Wing.

- Oui ?

- Je pense…que vous avez raison. A trois, on sera sans doute plus performants ensemble. J'aimerais bien que vous me prêtiez main forte.

Il devina un sourire illuminer le visage de Wing.

- Volontiers, Père Jean. J'en serai ravi.

Père Jean sourit en retour. Alors que Wing se rapprochait, le Cybertronien ajouta.

- Et…je parlerai à Dai Atlas. A Ultra Magnus. Pour vous, pour Swelter, pour Glacius.

Son ton devint plus déterminé.

- Je ferai tout pour que leur peine soit amoindrie.

- Wing…

- Si vous estimez ne pas avoir tenu votre promesse, je ferai tout pour que vous la respectiez. En totalité.

L'humain hocha la tête, acceptant l'aide volontiers.

Wing n'avait pas besoin de raison pour l'aider.

- Glacius serait sûrement heureux de vous entendre.


« …Je veux rester » entendit-elle Night protester.

Drift secoua la tête. Le regard à la fois sévère et tendre, Karan observa le samouraï orange poser sa main sur l'épaule de sa fille dans une étreinte douce, l'invitant à le regarder.

- …Je sais que tu le souhaites.

- Je veux rester avec toi, insista Night.

- Ma place est ici. Les Cités de Cristal ont besoin de toi, Night.

Il marqua une pause.

- …Fracture a besoin de toi. Et…tu ne vas pas abandonner Kat non plus, n'est-ce pas ?

- Hm, répondit Night, dans une moue contrariée.

De loin, assises dans le sable à l'extérieur de la base, les deux jumelles observèrent la scène. Si elle avait pu, Karan aurait souri face à la réaction de Night.

Elle ne pouvait pas lui en vouloir. D'une certaine façon, elle comprenait ce qu'elle ressentait. Son père voulait qu'elle retourne aux Cités de Cristal sans lui, qui resterait en arrière pour assister les Autobots et le Cercle de la Lumière à récupérer le dernier artefact.

- On fêtera la cérémonie à mon retour, lui assura le samouraï orange.

- …Promis ? demanda Night. Avec Jetstorm, Slipstream, Divebomb et Airazor ?

- Avec Jetstorm, Slipstream, Divebomb et Airazor. Avec tout le monde.

- C'est une promesse?

- ...C'est un serment.

Quand Karan observa Night et Drift échanger une étreinte affectueuse, Karan pensa amèrement combien ses parents lui manquaient.

Combien c'était difficile de se débrouiller seule, sans eux. Même depuis son arrivée aux Cités de Cristal.

Elle ne l'avait pas oublié. Ces soirées à visionner des films avec son père et sa mère…c'était ce qui lui manquait le plus.

- …Maman aimerait bien que tu rentres, lui souffla Kat.

Karan se retourna vers elle, étonnée. Kat reporta son attention sur elle.

- …Tu pourrais revenir avec moi. Aux Cités de Cristal…ou sur Cybertron, si tu le souhaites, proposa sa sœur.

- …Sur Cybertron ?

- Je ne vais pas te forcer à quoi que ce soit. C'est ton choix.

Kat mit un temps avant de poursuivre.

- Je dois avouer que je serais plus rassurée si tu revenais avec Night et moi, admit Kat.

Le ton un peu malicieux, Karan la mit à l'épreuve.

- Allons. Et qu'as-tu à me proposer pour que j'accepte ?

- Ce que tu veux, reprit Kat sur le même ton.

- Précise, chère sœur.

Kat pouffa.

- On pourrait…faire du shopping aux Cités de Cristal.

- Tu détestes le shopping.

- Je n'en suis pas fan…mais tu adores. Et même sans shopping, on pourrait toujours…passer du temps à la Cité souterraine. Faire des auto-tamponneuses, boire des cubes…

- Rentrer tard, poursuivit Karan. Et dépasser le couvre-feu.

- Rentrer tard et dépasser le couvre-feu, répéta Kat.

Karan fut presque touchée.

Kat…avait réellement envie qu'elle revienne avec elle.

Karan avait toujours pensé que, maintenant qu'elle savait se débrouiller par elle-même, elle n'avait plus besoin de sa sœur.

Elle était soulagée que ce ne soit pas le cas…et c'était vrai que c'était tentant. Rentrer, reprendre sa vie, loin de ce conflit…

Après tout, au départ, elle ne faisait pas partie de la mission. Cela n'avait pas été sa place.

Karan baissa la tête. Au final, elle attira Kat dans ses bras, la serrant contre elle. Sa sœur s'empressa de la lui rendre.

Avant…elle n'aurait sûrement pas hésité à rentrer avec elle.

- …J'ai été avec eux. Depuis le début, déclara Karan. Je pense que je dois rester jusqu'à la fin.

- …C'est ton choix.

Kat ne chercha pas à protester. Et quelque part, cela soulagea sa jumelle.

Après une étreinte plus longue que d'habitude, Kat se détacha doucement d'elle pour la contempler.

- Mais…s'il te plait, fais attention à toi.

- …Je ferai attention, petite sœur. Juste…attends-moi, d'accord ?

Kat acquiesça.

- Toujours…grande sœur.

Ces mots…

C'était ce dont elle avait eu besoin…Des mots d'encouragement. Ne pas entendre que cette mission n'était pas faite pour elle.

Cela avait été le cas, au départ. Mais Karan s'était engagée. Elle s'y était engagée aux côtés d'Outrigger, des membres du Cercle de la Lumière, des Autobots…

Il n'était pas question qu'elle les abandonne.

- …Karan, lui souffla doucement sa sœur, lui pointant quelque chose du doigt.

Karan se retourna.

Ce fut à ce moment-là qu'elle le vit.

A nouveau. Cette tâche rouge au loin.

Ce Minicon à huit pattes, avec des optiques jaunes, qui la toisait avec gêne et honte.

Ainsi qu'une autre émotion que Karan discerna.

…La culpabilité.

Il ne s'approchait pas d'elle. Il attendait à ce que ce soit elle qui vienne vers lui en premier. Et à sa vue, la Cyclope orange et noire ne sut pas comment réagir, quoi ressentir.

Etait-elle en colère ? Oui. Etait-elle soulagée ? Oui. C'était…des émotions très contradictoires, très paradoxales.

Tout ce qu'elle savait, c'était que sa trahison avait engendré une haine à son égard, qui avait disparu.

Sa haine…ainsi que son amour. L'amour, ou le plus qui s'y rapprochait, envers Chop Shop.

Ce n'était pas un béguin, selon Kat.

- …Karan, fit Kat.

- …Quoi ?

- Tu es complètement libre de tes choix. Si tu ne veux plus jamais lui parler, le revoir…tu en es totalement libre.

Si Karan avait pu, elle aurait froncé les sourcils.

Elle connaissait sa sœur mieux que personne.

- …Mais ?

- Je crois que…tu aurais tort de ne pas le laisser s'expliquer. Une fois pour toutes. Tu devrais l'écouter, au moins avant de prendre une décision.

Karan se recroquevilla.

C'était ce que sa sœur lui conseillait ?

Mais…A quoi cela servait, maintenant ? Pourtant, Kat semblait être sûre de ce qu'elle disait.

- …On ne ressortira jamais ensemble. Ce n'est plus Chop Shop.

- Ce n'est plus Chop Shop, approuva discrètement Outrigger qui arrivait derrière elles, s'arrêtant pour regarder le Minicon au loin.

Il ferma les optiques, pensif.

- …Mais tu n'en sais rien. Et dans tous les cas, vous pourriez toujours repartir de zéro. Avec sa véritable identité. Son identité en tant que Minicon.

Il prit un temps.

- …Vous pourriez essayer de devenir amis.

- Ce serait le scénario trop optimiste, soupira Karan.

- …Tu peux être optimiste, parfois.

A son tour, Night les rejoignit. Kat se retourna vers elle et Night l'attrapa par la taille avant de l'embrasser doucement sur le casque, la serrant contre elle.

- Je t'ai manquée, chérie ?

- …Tu sais que c'est le cas.

Un silence tomba sur le groupe. Night émit un sourire amer, pivotant en direction de Karan.

Le Minicon n'avait toujours pas bougé.

- …J'ai cru que je ne pardonnerais jamais à Fracture quand j'ai appris son passé de chasseur de primes, avoua-t-elle doucement.

Karan se raidit légèrement.

Elle ne s'y attendait pas…Elle ne s'attendait pas à ce que Night mentionne son passé, de façon aussi abrupte.

- Pour moi, il était un meurtrier. Et il n'était pas possible que je sois sa fille. Que je sois comme lui.

Night reprit une inspiration, avant de poursuivre, l'air un peu moins tendu. Sérieusement, elle s'adressa à Karan.

- Papa dit que tout le monde a droit à une seconde chance. Et ce tout ce que Fracture attendait était qu'on la lui offre. Peut-être que Chop Shop…enfin…la dernière partie restante de Chop Shop, attend la même chose. Une seconde chance.

Karan baissa la tête.

- …Et s'il ne la mérite pas ? la questionna-t-elle, dubitative.

Night se contenta de lui sourire.

- A toi de voir s'il la mérite ou non. Mais il y a droit. Et à mon avis, si « Chop Shop » reste proche de la base, c'est pour voir une personne en particulier.

Une personne…

- …Je pense que les moments que vous avez pensé ensemble comptaient pour lui, approuva Kat.

- …Et comment le savoir ?

- Il y a toujours un signe.

Le Minicon demeura immobile, ne cherchant pas à faire le moindre geste.

Puis, lorsque Karan porta son regard sur lui, ses optiques jaunes croisèrent son globe.

Aucun d'eux ne bougea. Karan sentit simplement la colère monter avant de disparaître.

Un signe…

Et lequel ?

Puis, de façon inattendue, le Minicon effectua un geste.

Un simple geste, sans chercher à s'approcher d'elle, à lui forcer à le pardonner. Car Karan savait qu'elle ne pardonnerait pas.

Du moins, elle n'oublierait pas. Mais ce geste fut suffisant pour recoller quelques morceaux de son spark.

En un seul geste, avec un seul objet, il avait appuyé les dires de Kat.

En montrant quelque chose…l'objet qu'elle lui avait offert lors de leur escapade à la Tour Eiffel de Paris.

La Tour Eiffel miniature…le cadeau qu'il avait accepté de sa part.

Il l'avait gardée…il ne l'avait pas jetée.

Karan hésita.

Elle sentit Kat la pousser doucement en avant, comme si elle l'encourageait.

Karan effectua un pas. Puis un autre.

Puis, elle s'arrêta. Elle attendit que Kat l'étreigne par-derrière, posant sa tête sur son épaule.

- …Fais attention à toi.

- Rentre bien…Kat.

- Je t'aime, Karan.

A nouveau, la chaleur embauma son être.

- …Je t'aime aussi, Kat.

Karan lui prit la main avant de se retourner. Le pont-spatial était apparu.

Puis, après un dernier geste de la main, Kat et Night entrèrent dans le pont-spatial, main dans la main.

Karan aurait souri. Ce n'était pas un adieu. Kat et elle se retrouvèrent. Elle le savait. Et elle savait que Night prendrait soin d'elle, comme elle le méritait. Elle croisa le regard de Drift et les deux sentirent une faible complicité les lier à l'idée de les voir partir.

Puis, une fois que le pont-spatial disparut, Karan se retourna pour s'avancer lentement vers Chop Shop.

Non…Pas Chop Shop. Righty.

Karan posa la main sur son châssis. Oui. Righty. Elle devait se faire à cette idée, maintenant.