Chapitre 52 : Ron déteste le bal de Noël
Le jour de la première tâche arriva sans que Harry le voie venir – lui et Drago avaient été trop bien occupés à tenter de se transformer l'un l'autre en fauteuils – et c'était des dragons. Une lettre de Sirius lui suggéra de se concentrer sur ses points forts et signala qu'il avait remonté la piste Bertha Jorkins – une sorcière du Ministère qui avait été tuée en Albanie. Harry était plus que jamais déterminé à réussir la première tâche, ou au moins à ne pas mourir, quand Sirius confirma qu'il allait faire quelque chose pour le numéro 12.
Je ne pourrai peut-être pas être là, je dois rester en mouvement, mais on verra. Je ne peux pas donner de détails dans une lettre.
Harry eut une vision persistante de lui-même se réfugiant au numéro 12 sans attendre les vacances pour échapper aux dragons, mais sans sorcier adulte à ses côtés il était à peu près sûr qu'il allait à nouveau être victime d'un sort, et une voix sarcastique résonnait dans sa tête.
Il affronta le dragon, et survécut, et c'était chouette. Les choses étaient revenues à la normale avec Ron, et cela semblait signifier automatiquement que les choses étaient revenues à la normale avec Drago – Drago ne venait plus lui parler, et des yeux pâles ne lançaient plus un regard en coin vers un couloir discret où ils pourraient s'affronter en duel.
Harry fut surpris de constater que ça lui manquait, mais Ron lui avait manqué davantage.
Harry fut très désagréablement surpris quand il réalisa que le bal de Noël signifiait qu'il était censé rester à Poudlard pour les vacances – les premières vacances de Noël où il avait envie d'aller autre part, pensa-t-il avec rancœur. Il écrivit à Sirius qui lui assura que cela pouvait être organisé pour les vacances de Pâques, si ses devoirs de Champion le lui permettaient.
C'était naze d'être un Champion.
Et puis, le lendemain de l'annonce du bal de Noël, Drago approcha Hermione alors qu'ils sortaient de la classe de Potions et s'inclina poliment.
- Mademoiselle Granger. Puis-je te dire un mot ?
Hermione le regarda bizarrement, mais hocha la tête.
- En privé ?
- Comme si on allait te laisser emmener Hermione quelque part pour lui jeter un sort, dit Ron d'une voix hargneuse.
Drago eut un maigre sourire.
- Très bien. Hermione Granger, me ferais-tu l'extrême honneur de m'accompagner au bal de Noël ?
Harry s'étrangla. Ron aussi.
Hermione dit :
- Tu sais que tu vas devoir me toucher pour aller au bal avec moi, n'est-ce pas ?
- Oui, dit Drago on ne peut plus calmement. J'en ai bien conscience.
- Tu ne m'aimes pas, hein ? demanda-t-elle avec horreur.
Drago plissa légèrement les yeux.
- Tu es une ravissante jeune fille, et n'importe qui aurait de la chance d'aller au bal avec toi.
Tous ceux qui connaissaient Drago savaient qu'il mentait, mais ce fut à ce point que Ron s'en mêla.
- Tout le monde sait que tu n'inviterais jamais Hermione ! Et puis elle y va avec moi, hein Hermione ?
- Merci, Drago, dit Hermione d'une voix glaciale. Je serai ravie d'aller au bal avec toi, puisque tu as eu l'élégance de demander.
Pour dire les choses très poliment, Ron n'était pas content. Drago, en revanche, semblait plutôt fier de lui en voyant les titres de journaux qui firent suite à son invitation.
Au bout d'un certain nombre d'objections de Ron, Hermione dit :
- Honnêtement. Il est beaucoup mieux cette année, et Harry est ami avec lui. Je suis sûre que nous trouverons de quoi discuter. Il doit être assez doué en métamorphose, s'il a réussi à devenir un animagus, et je songeais à travailler à ma propre transformation.
- Tu es ami avec Malefoy ? demanda Ron à Harry. Je croyais que tu faisais juste semblant pour m'énerver, comme tu faisais la gueule.
- Euh, dit Harry avec éloquence.
À quel point Ron décida que la seule façon de s'en sortir était de se jeter la tête la première dans le lac, et Harry dut agir très vite pour l'en empêcher.
- Et comment progresse la deuxième tâche ? demanda Rogue pendant la première semaine des vacances de Noël.
Harry essaya de prendre un air innocent.
- Je vois, dit Rogue d'une voix mordante.
- Hé, vous n'avez pas le droit de m'aider-
- Non, en effet. Cependant, il ne m'est pas interdit de rendre votre vie très malheureuse jusqu'à ce que vous progressiez. La vie est pleine de petites surprises, n'est-ce pas ?
Harry fronça les sourcils.
- Le poison au contact va mettre 48 heures à agir. Fabriquez votre propre antidote ou avancez sur votre énigme, Monsieur Potter.
Harry le haïssait.
- Vous n'avez pas le droit de tuer les élèves.
- Oh, ça ne va pas vous tuer, dit Rogue d'un ton presque joyeux.
Beurk.
La veille du bal de Noël, Harry se força à faire équipe avec Ron, Fred et George, qui coincèrent Drago dans un coin avant le dîner.
- Bon. Ron regarda Drago d'un air menaçant. C'est peut-être une horrible blague pour toi, mais tu vas te tenir correctement demain et traiter Hermione avec respect. Ou ta vie va devenir un enfer.
Drago, devant leur nombre supérieur, se tortilla d'un air mal à l'aise, cherchant une issue, se transforma en chat, et fila sans la moindre honte.
- Salut, Harry, dit Drago quand Hermione fut partie danser avec Viktor Krum. Drago la suivait du regard dans la foule avec ses yeux pâles. Harry, qui avait été abandonné par Parvati, le regarda d'un air incertain.
- Euh. Salut, Drago.
- Tu t'amuses bien ?
- Sûr. Et toi ?
- Étonnamment, oui. Elle peut être très élégante, tu ne trouves pas ?
Harry regarda Drago, qui était toujours en train d'observer Hermione et Krum.
- Non, dit Harry d'une voix ferme.
- Pardon ?
- Non. Tu ne – non.
- Je ne suis pas sûr de comprendre ce que tu veux dire.
- Tu n'es pas censé avoir une sorte d'objection morale au fait de sortir avec Hermione ? demanda Harry désespéré.
- Seulement si j'étais sérieux, dit Drago d'une voix nonchalante. Je peux bien m'amuser un petit peu… Et Weasley fait une tête particulièrement distrayante.
- Non.
- Ne fais pas cette tête, Harry. Tu vas rester coincé comme ça.
Harry attrapa le bras de Drago, et Drago se dégagea.
- Arrête, on va nous regarder, murmura Drago. Ne sois pas ridicule, je ne vais pas lui faire de mal.
Harry émit un grognement sourd.
- Je vais continuer à écouter patiemment pendant qu'elle m'explique les afflictions de elfes de maison et raconte comment les Moldus ont visité la Lune. La seule personne qui soit en danger est moi-même qui risque de mourir d'ennui.
Puisque ça au moins semblait indiquer que Drago était bien Drago et pas quelqu'un qui utiliserait du Polynectar pour quelque raison, Harry s'éloigna, restant juste assez près pour garder un œil sur le couple pendant la soirée. Hermione passa pas mal de temps à danser avec d'autres personnes – tant mieux pour elle, au fond – mais Harry passa le reste de la soirée avec Ron à se lamenter sur la vie, l'univers et le reste.
- Je pense qu'il a mis quelque chose dans l'eau pour que tout le monde l'aime bien, dit Ron à propos de Drago.
Harry hocha la tête, morose.
- C'est la seule explication.
- T'inquiète pas, Harry, dit Ron avec sérieux. Je vous sauverai tous les deux.
- Merci, Ron. T'es un vrai pote.
Ils se réfugièrent dans la roseraie, où ils épièrent une conversation intéressante (de mauvais augure) entre Rogue et Karkaroff.
À la fin des vacances de Noël, Harry avait été empoisonné de cinq façons différentes, avait préparé 23 différents antidotes possibles, et compris peu à peu que l'œuf parlait un langage magique, plus précisément (après un antidote qui l'avait fait devenir bleu) la langue aquatique. Il était également très reconnaissant à Cédric pour son indice, qui avait peut-être bien sauvé sa dignité, si pas sa vie.
Harry aurait vraiment préféré ne pas avoir cette motivation.
Après la fin des vacances de Noël, les journaux semblèrent se repaître d'un combat fictif entre Harry et Drago au sujet d'Hermione, incluant un certain nombre de citations techniquement authentiques mais totalement tirées de leur contexte par Drago en personne.
- Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ? siffla Harry à Drago pendant le cours de Soins aux Créatures Magiques.
- Je m'adapte, c'est tout, murmura Drago. Pour information, l'autre option était de révéler que Hagrid est un demi-géant. Je te suggère de donner à Mlle Skeeter une interview avant qu'elle en arrive à ça. Je ne sais pas pourquoi, mais elle ne t'aime pas.
- Je ne peux pas dire que je l'aime beaucoup non plus.
- Comme dit mon père, nous ne sommes pas autorisés à tuer les journalistes, donc nous devons vivre avec eux.
