Chapitre 56 : La chambre de Harry
Le quatrième jour, Sirius et Harry désinfestèrent la chambre que Harry avait choisie, Sirius répara la vitre brisée et transforma les vieux rideaux de velours en rouge profond bordé d'or, pour que Harry se sente chez lui.
Plus tard, seul dans sa chambre, Harry posa très prudemment quelques livres sur les étagères vides, et y ajouta quelques photos de ses parents et de Ron et Hermione.
Puis, après quelques minutes à les regarder en se sentant bizarre, Harry alla chercher quelques fourchettes et couteaux à la cuisine, et les métamorphosa en cadres avec la baguette volée de Drago. Il lui fallut quelques essais, mais il réussit à obtenir des cadres en argent d'un aspect pas trop mauvais, et un mur qui montrait vraiment que Harry avait été là, et qu'il existait.
Pendant 36 heures Harry attendit de voir débarquer un hibou lui annonçant sa condamnation, mais pour quelque raison aucun n'arriva. C'était vraiment mieux que de passer les vacances chez les Dursley.
Remus conservait sa neutralité prudente envers la question de nettoyer la maison de sa saleté, de Kreattur, et des portraits maléfiques, et passait le plus clair de son temps assis à la table de la salle à manger, à boire du thé et lire le journal. Sirius était plus actif, mais parfois il cassait quelque chose et Harry s'immobilisait et le regardait.
- Ça ne te dérange pas ? demanda subitement Sirius un jour, après avoir arraché un portrait hurlant du mur où il était accroché.
- Quoi ne me dérange pas ?
- Le – cette maison. Elle est imprégnée d'obscurité. Tu ne le sens pas ?
Harry réfléchit un instant.
- Un peu. Je crois que je pensais que c'était normal. C'est une sorte de murmure, non ? Ça ne demande pas beaucoup de concentration pour l'ignorer. Comme… euh. Comme un Détraqueur ou je sais pas quoi.
Sirius regarda le portrait arraché en fronçant les sourcils.
- … je suppose que c'est pire pour toi, reconnut Harry. Désolé.
- Non, dit Sirius. Ça aide. De créer de nouveaux souvenirs, des souvenirs qui n'ont pas été – drainés. Ça aide. C'est juste que parfois j'ai besoin de casser des choses.
- D'accord, dit Harry d'un ton aimable. Je propose qu'on aille trouver les pires objets qu'il y a ici et qu'on les réduise en miettes.
Et ils firent cela.
Harry et Sirius ouvrirent la porte de la bibliothèque et jetèrent un coup d'œil à l'intérieur. C'était encore sale, car Chaton n'avait pas encore réussi à enfoncer des portes, et sombre, et il y avait des armoires avec des choses.
- Non, dit Harry d'un ton abrupt. J'ai jamais vraiment aimé les livres, de toute façon.
- Ils sont farcis de maléfices, reconnut Sirius.
- On devrait aller embêter Remus.
Ils ne firent pas davantage de progrès avec la bibliothèque pendant cette quinzaine.
- Harry, dit Remus, qu'est-ce que toi et Sirius avez prévu aujourd'hui ?
- On s'attaque au labo de Potions. On s'est dit que si on réglait le problème des trucs qui font tic-tac et des ingrédients fermentés qui risquent d'exploser, je pourrai faire le reste moi-même et m'installer.
- C'est… Remus hésita. Fais attention à lui, s'il te plaît.
- Pardon ?
- Il oublie en quelle année nous sommes, parfois. Et tu ressembles tellement à James. Je ne veux pas qu'il oublie que tu n'es pas un sorcier adulte qu'il a connu toute sa vie et qui peut tout affronter. Il est censé prendre soin de toi.
Harry songea que c'était une déclaration adorablement naïve vis-à-vis des adultes qu'il côtoyait en général, mais il aimait bien Remus et était trop poli pour faire ce commentaire.
- Il a dit que ça l'aide à créer de nouveaux souvenirs, offrit-il.
- … bien. C'est bien.
- Ne t'inquiète pas, dit fermement Harry. Je fais toujours attention.
Remus lui lança un regard assez condescendant et Adulte, mais comme Remus était d'entre eux trois le seul qui était tout le temps adulte, Harry lui pardonna. Après tout, Remus était bien là pour veiller sur eux alors qu'il aurait pu les signaler à Dumbledore ou à toute personne qui ne pensait pas que passer ses journées à combattre des meubles hantés était une occupation rigolote.
Les deux semaines passèrent bien trop vite. Harry piqua une malle pour mettre au pied de son lit dans la chambre voisine, et ne réussit pas du tout à finir de s'occuper de toutes les substances bizarres qu'il y avait dans le labo de Potions du deuxième étage.
