Enfin, ils rentraient. Gajeel avait un peu de mal à y croire, après tous ces mois, toutes ces années même, tout redevenait normal. Enfin, presque, pensa-t-il en déposant un baiser dans les cheveux de Lucy. Son âme-soeur. Celle-ci remua un peu, se calant davantage contre lui, lui soutirant un sourire doux. Il n'arrivait pas à se faire à l'idée qu'il avait une compagne, une compagne qui l'acceptait, et qui l'aimait tel qu'il était. Il avait hâte de l'installer chez lui, et de commencer cette nouvelle vie. Ils avaient longuement parlé la veille, dans leur tente, et en était venus à la même conclusion. Ils allaient demander à Wendy de venir habiter avec elle. L'un comme l'autre ne supportait pas de savoir qu'elle habitait seule. Bien sûr, elle était à Fairy Hills, entourée d'autres femmes de la guilde, mais ce n'était pas comme vivre dans un foyer, avec une famille.
Le trajet en train passa rapidement car tout le monde, ou presque, dormait. Entre ceux qui étaient blessés, et ceux qui étaient épuisés, les compartiments requis par Fairy Tail étaient bien calmes. Dans le premier, on pouvait trouver Laxus et les Raijinshuu. On avait mis un plâtre autour du bras de Bickslow, et Evergreen souffrait encore de maux de tête douloureux. Ils n'attendaient qu'une chose, rentrer pour que Porlyusica puisse les soigner. Ils ne voulaient pas en demander trop à Wendy, qui avait utilisé quasiment tous ses pouvoirs durant les deux derniers jours. Laxus, lui, ne souffrait que de blessures superficielles, et n'avait donc pas laissé la petite se fatiguer sur lui.
Dans le deuxième compartiment se reposaient Erza, Natsu, Gray, Juvia et Happy. Ou plutôt, Happy et Erza se reposaient, Gray tentait au maximum de s'éloigner de Juvia, et Natsu était au sol, assommé par Erza pour qu'il se tienne tranquille.
Enfin, le troisième compartiment était occupé par Lucy, Wendy, Gajeel et leurs deux Exceeds. Wendy était allongé sur une banquette, Lily et Carla dormant autour d'elle. Gajeel avait un bras autour de Lucy, qui dormait contre son épaule. Il pouvait sentir son amour et sa confiance en lui à travers leur lien, et cela le bouleversait à chaque fois. Il ne comprenait pas encore trop bien comment le lien fonctionnait ; parfois il sentait les émotions de Lucy clairement, parfois il ne la sentait pas du tout. Mais peu lui importait, il savait qu'elle était là, au fond de son coeur. Il tenait sur ses genoux le manuscrit le Lucy, qu'elle lui avait donné avant de s'endormir. C'était le marché, après tout : il lui construisait des étagères pour ses livres, elle lui faisait lire son roman. Elle lui avait cependant indiqué qu'il manquait les derniers chapitres, que Levy n'avait pas encore lus.
Il ouvrit le roman et commença la lecture, remerciant silencieusement Wendy de l'avoir soumis au sort de Troia. Lorsqu'il leva les yeux, la nuit était tombée, et il avait fini les chapitres. Lucy était réveillée, et le fixait intensément. Elle attendait ses critiques, réalisa-t-il. Il ne savait pas quoi lui dire. La romance, c'était pas son truc, mais la partie aventure était bien décrite, et captivante. Il voulait savoir la suite. Lorsqu'il avait lu les scènes de cul, il avait ressenti le besoin d'ouvrir la fenêtre pour faire entrer l'air frais. Bon sang, elle avait le don pour les décrire sans tomber dans la vulgarité, et elle lui avait même donné deux ou trois idées pour plus tard. Il croisa à nouveau son regard anxieux, et lui donna donc son avis honnête. Elle lui sourit, et l'embrassa brièvement. Cette fois ci, elle n'avait pas oublié que Wendy était avec eux.
Il était presque 21 heures lorsqu'ils arrivèrent à Magnolia, mais tous décidèrent de passer à la guilde faire leur rapport au Master, et le rassurer sur leur état. Ils restèrent presque deux heures à la guilde, pendant lesquelles Lucy eut une discussion sérieuse avec Levy, qui se termina par un câlin et un « Je le savais » excité de la part de Levy, Master prit un Gajeel gêné dans les bras, les larmes aux yeux, et Mira s'imagina des enfants blonds aux yeux rouges foncés.
Vers 23 heures, Gajeel ôta Lucy des griffes de ses amies, avides de renseignements sur leur relation, et lui proposa de rentrer chez lui. Chez eux. Elle hocha la tête, le rouge lui montant aux joues, et il ne put s'empêcher de rire un peu. Elle lui frappa le bras en représailles, et quitta la guilde en saluant leurs amis. Il la rattrapa en courant et glissa sa main dans la sienne. Ils marchèrent quelques minutes, jusqu'à ce que Gajeel brise le silence. « J'suis content que t'ai accepté, Bunny ». Elle sourit, hocha la tête, et déposa un baiser sur sa joue. « Je n'aurais pas pu dire non à l'homme que j'aime ». Comme toujours lorsqu'elle prononçait ses mots, le coeur de Gajeel s'emballa un peu. « Et puis, il me semble que tu m'as fait une promesse, le jour ou on s'est liés… ». Gajeel fronça les sourcils pendant que Lucy s'éloignait. Une promesse? Puis il se souvint.
« Dès que tu seras à moi, j'te mordrais, Bunny. Si fort que t'en garderas la trace toute ta vie, pour que tout le monde sache que t'es à moi et à personne d'autre »
Un sourire étira ses lèvres, et il se dépêcha de la rejoindre, l'attrapa dans le dos et derrière les genoux et la souleva. Il courut jusqu'à chez lui, sous le rire de Lucy, et, la portant en mariée, passa l'encadrement de la porte.
Gajeel écoutait couler l'eau de la douche nerveusement. C'était stupide, mais il avait le trac. Il savait qu'il lui donnerait du plaisir, mais cela ne l'empêchait pas d'imaginer le pire. Comme par exemple, son incapacité à bander. C'était probablement ridicule, il le savait, mais c'était leur première fois, et il ne voulait pas tout gâcher. Il voulait lui prouver qu'elle avait eu raison de le choisir. Ils étaient si détendus, vingt minutes auparavant alors qu'ils pénétraient dans la maison. Il avait du mal à comprendre comment il en était arriver à douter de leur alchimie.
Il se passa la main dans les cheveux en soupirant et se mit en caleçon avant de s'installer dans le lit. Il entendait Lucy fredonner un air, et il se sentit stupide. Ils se connaissaient. Ils s'aimaient. Il n'y avait pas de raison d'être nerveux. Il attrapa un livre pour se distraire le temps qu'elle le rejoigne mais eut du mal à se concentrer, sachant que sa compagne était nue dans la pièce d'à côté. Il leva la tête lorsqu'il entendit un bruit, et lâcha son livre de surprise. Lucy était dans l'encadrement de la porte, et elle ne portait qu'une serviette. Une toute petite serviette. Il sentit sa gorge s'assécher et eut du mal à déglutir.
Lucy avança dans sa direction, les nerfs à vif, et il leva la main vers elle pour la faire venir. Aussitôt, elle s'avança pour l'attraper et sentit son coeur se calmer. Ils étaient fait l'un pour l'autre, se rappela-t-elle. Alors elle passa une jambe au dessus des siennes et s'assit sur lui, ne laissant que son caleçon les séparer. Il inspira brusquement et elle se sentit reprendre confiance. A partir de maintenant, il était à elle. Pour toujours. Elle se pencha pour l'embrasser et, immédiatement, sentit les grandes mains de Gajeel lui enserrer la taille. Elle prit son temps avec ses lèvres, jouant avec lui, le marquant du bout des dents. Mais lorsqu'elle sortit sa langue, il l'envahit dans un grognement, resserrant ses bras autour d'elle. Elle se retrouva collée à lui, son érection appuyant contre la partie la plus intime de son corps, et elle frissonna.
Gajeel avait voulu prendre son temps, jouer ensemble, mais quand il avait senti le bout de la langue de Bunny contre ses lèvres, ses instincts avaient pris le dessus. Et ils lui criaient de la prendre, la marquer. Il passa une main derrière sa nuque et, sans cesser de l'embrasser, la fit basculer à côté. Il s'installa entre ses jambes et s'allongea sur elle de toute sa longueur. Il pouvait sentir sa peau bourdonner d'excitation sous ses doigts. Les mains de Lucy, précédemment sur ses épaules, glissèrent jusqu'à ses fesses. Elle appuya pour le rapprocher davantage et il grogna dans le baiser. « Tu me tues » chuchota-t-il en posa son front sur son sternum pour reprendre son souffle. Elle eut un petit rire et lui embrassa le front, remontant ses mains le long de son dos, puis sur ses épaules, massant les muscles bandés. Il ferma les yeux et profita pleinement de ce moment de tendresse.
Au bout de quelques minutes, il laissa ses mains glisser le long de ses hanches, sa taille, le haut de ses cuisses, tout en déposant des petits baisers dans son cou. La respiration de Bunny se fit plus courte, mais il continua son chemin jusqu'à passer ses mains dans le pli de ses genoux. Là, il lui écarta les jambes et se frotta contre elle, sans quitter son regard. Elle se mordit la lèvre et il put la voir lutter pour garder les yeux ouverts. Elle tendit les mains vers son caleçon, mais il les attrapa au vol. « Nan, Bunny, laisse-moi m'amuser d'abord » dit-il doucement. Il tourna les paumes de Lucy vers lui et les embrassa l'une après l'autre avant de se baisser pour l'embrasser. Il ne s'attarda pas sur ses lèvres mais alla dévorer la peau de son cou, laissant ses doigts courir sur sa peau. Il leva les yeux vers elle et lui fit un sourire en coin tout en défaisant le noeud de sa serviette. Enfin, elle était nue, sous lui.
Elle n'était pas nerveuse, plus maintenant. Elle n'avait qu'à sentir son érection, voir son regard enflammé pour savoir qu'il n'était pas déçu, bien au contraire. Et elle ne pouvait pas dire qu'elle était déçue non plus. Il était délicieux, et son attention était complètement sur elle. Elle inspira brutalement et arqua le dos en sentant ses mains encercler ses seins, ses pouces frôlant ses tétons, et il prit ça comme une invitation, en aspirant un dans sa bouche. Lucy sentit son bassin se soulever et se frotter contre lui, et elle se mordit la lèvre de plaisir, maintenant le visage du Slayer contre elle de ses bras. Au bout de quelques minutes, il s'occupa du sein délaissé, si bien qu'elle ne se rendit pas compte qu'une de ses mains avait atteint son entrejambe. Il glissa un doigt en elle qui la fit sursauter, et elle eut son premier orgasme, les nerfs à vif. « Putain » grogna-t-il. Il descendit le long de son corps et, sans lui laisser le temps d'atterrir, gouta sa chair. Les doigts de Lucy s'enfoncèrent dans ses cheveux et le maintinrent en place. Même si, apparemment, il n'avait aucune intention de partir. Lorsqu'elle fut au bord de son second orgasme, il s'arrêta brusquement. Elle gémit de frustration et tenta de le tirer vers elle mais il se redressa, et retira son caleçon. « Je veux être en toi lorsque celui-là arrivera » prévint-il. Elle le dévisagea, impressionnée, et eut envie de le caresser, mais il ne lui laissa pas le temps et s'enfonça en elle jusqu'à la garde.
« Gajeel! » Gémit Lucy, son dos décollant du lit. Il savait qu'il était un peu plus imposant que la plupart, mais il l'avait suffisamment préparée, et elle l'entourait parfaitement. Il sentait ses parois frémir du besoin de jouir, mais il ne bougea pas. Il se contenta de se baisser et de lui donner un baiser langoureux, laissant sur ses lèvres son propre goût. Elle resserra ses parois, espérant le faire bouger, mais il lui mordit la lèvre en punition. Lorsqu'il sentit qu'elle n'était plus au bord du précipice, il se mit à bouger lentement en elle, savourant chaque contact, chaque caresse de sa peau. Lucy bougeait et gémissait en rythme, lui embrassait la peau du cou, titillait ses piercings aux tétons de la langue, le rendant fou. Il ne voyait qu'elle, ne sentait qu'elle, n'entendait qu'elle. Il était à sa merci, esclave de ses sens. Il continua ses coups de reins fermes, mais n'accéléra pas la cadence. Lorsqu'il la sentit se refermer autour de lui, il l'embrassa une fois, deux fois, trois fois, avant de poser ses lèvres dans le creux de son cou. Il huma son parfum avec un bourdonnement de contentement, lécha la peau du bout de langue et mordit jusqu'au sang.
Lucy sentit qu'elle était au bord de l'orgasme et voulut s'efforcer à tenir plus longtemps, mais lorsque les dents de Gajeel s'enfoncèrent dans son cou, le mélange de douleur et de plaisir la fit jouir. L'orgasme le plus intense de sa vie la foudroya sur place, la laissa complètement vidée. Elle n'arrivait même pas à ouvrir les yeux. Elle avait tout juste conscience du fait qu'il avait joui avec elle. Gajeel se retira et elle le sentit se laisser tomber à côté d'elle, avant qu'il ne l'attire tout contre lui, léchant la plaie délicatement, caressant ses cheveux. Elle n'avait jamais été aussi contente de sa vie, apaisée. C'était comme rentrer à la maison. Son âme était complète. « Je t'aime Lucy » murmura-t-il en lui embrassant le front. Elle ouvrit les yeux pour le regarder et fut surprise de voir son visage dénué de tout froncement de sourcil, de toute expression sérieuse. Il semblait tout aussi content qu'elle, et ça ne le rendait que plus beau. Elle déposa un baiser au niveau de son coeur et passa un bras autour de sa taille. « Moi aussi je t'aime Gajeel ».
A peine un an après les évènements qui les avaient liés pour toujours, Lucy mit au monde une petite fille, qu'ils appelèrent Layla, en hommage à la mère de celle-ci. Comme elle l'avait deviné, Gajeel devint un père fantastique. Il la berçait tous les soirs contre son coeur, torse nu, et, lorsqu'elle s'endormait enfin, restait quelques minutes au dessus de son berceau simplement pour l'admirer. Puis il allait rejoindre sa compagne dans leur lit et la prenait dans ses bras. C'était rare ces jours-ci de le voir avec les sourcils froncés. Au contraire, il souriait presque tout le temps, n'ayant pas peur d'afficher son bonheur aux yeux de tous.
Lucy était tout aussi heureuse que lui. Elle avait un homme merveilleux à ses côtés. Un homme qui ne marchandait pas pour qu'elle se lève la nuit lorsque leur fille se réveillait en criant et, au contraire, faisait de son mieux pour la calmer avant qu'elle ne réveille tout le monde. Un homme qui lui disait tous les jours qu'il l'aimait, qu'elle était belle, qu'il n'imaginait pas un instant sa vie sans elle. Elle avait finit son livre pendant sa grossesse et, Gajeel, sans le lui dire, en avait déposé une copie à une maison d'édition, qui l'avait appelée même pas une semaine plus tard avec une offre de publication.
Wendy devenait une belle jeune fille. Elle avait immédiatement accepté leur offre de venir vivre avec eux, et semblait rayonner de bonheur. Elle aussi avait trouvé sa place dans la famille qu'ils formaient. Elle aimait les séances d'entrainement avec Gajeel, qu'il avait pris soin de maintenir même après la naissance de Layla, ne voulant pas qu'elle se sente laissée pour compte ; elle aimait les après midi shopping avec Lucy, qui s'occupait d'elle comme si elle était sa soeur et lui offrait tout ce dont elle avait besoin ; elle aimait prendre soin de Layla, qu'elle considérait comme une petite soeur, et qui semblait l'aimer tout autant. Elle aimait rentrer le soir et entendre la joie dans sa maison. Jamais jusqu'alors elle n'avait connu ça.
Tout n'était pas parfait bien sûr, il arrivait que Gajeel et Lucy se dispute, et Wendy entrait tout juste dans l'adolescence. Carla était parfois difficile à vivre, et Lily ne s'entendait pas toujours avec elle. Mais ils étaient avant tout une famille, une famille dont Gajeel avait rêvé toute sa vie, et qu'une petite mage blonde lui avait offert en même temps qu'elle lui avait offert son coeur.
Et voila, j'espère que ça vous aura tout de même plu.
Il y a du bon dans le confinement finalement, j'ai enfin eu le temps de me replonger dans l'histoire.
J'ai même fait de la peinture et commencé le yoga, comme quoi!
A bientôt,
Mionarchy
