Histoire : Une Touche de Couleur dans le Gris
Livre 1 : Nuancer le noir.
Date : 5 Février 2020
Bêta : MiaKoTo
Fandom: D Gray Man
Avertissement : Non, je ne possède pas D Gray Man et je ne fais aucun profit avec cette histoire.
Résumé : Après s'être réveillée au XIXème siècle, Ennaël prend le nom d'Eve, devint la dame de compagnie de Tricia Kamelott et prend la décision de faire son propre avis sur le personag ... personnes de ce nouveau monde malgré sa connaissance du manga. Elle prend peu à peu conscience de la différence sociale des femmes à cette époque et commence à avoir peur pour l'avenir surtout quand débarque petit à petit Road, les jumeaux, Allen, Tyki, Le comte, Lulubell et Skin Bolic.
En essayant de fuir le Comte, Eve rencontre Victor Hugo qui lui passe un tas d'information sur la guerre sainte avant de mourir. Eve se découvre un étrange talent pour les instruments de musique et se demande avec horreur si elle ne serait pas le 14ème. Cela n'aide pas que le comte ait découvert ses talents et semble s'intéresser de plus en plus à elle.
Elle se dispute ensuite avec Tyki qui manque de la tuer avec ses pouvoirs Noah, commence une correspondance avec Conan Doyles et re-manque de mourir de la Tuberculose. Et puis parce que jamais deux sans trois, elle re-re-manque encore de mourir en tombant dans un lac glacé après avoir fêté Noël avec les Noahs. Ouais, pas son année. Mais la prochaine sera meilleur !
Kof...
Et au dernier chapitre : Eve à une belle conversation à coeur ouvert avec Tyki sur ses pouvoirs eeeet découvre qu'elle sait faire de la magie elle même.
Les gars, j'ai jamais été autant en rush de ma vie X) je suis tellement en retard sur mon boulot que ce n'est même plus drôle... Même en travaillant 14h par jours j'arrive pas à rattraper X'( Heureusement j'avais de l'avance pour ce chapitre, par contre celui de UAPV pourrait bien être le premier en six ans de publication en retard...
Bonne lecture !
Après avoir rassuré Tricia, Road, Tyki et globalement toute la petite famille que "J'avais seulement vu une araignée dans mon lit, ça m'a surpris, c'est tout, je suis très désolée de vous avoir dérangé pour rien... oui Tricia, je t'assure, tout va bien maintenant." les joues rouges de honte et la voix peut-être un peu trop aigu de découvrir que j'avais des pouvoirs magiques, je m'étais laissée tomber sur mon lit, tout à coup épuisée. J'avais à peine posé la tête sur l'oreiller, prête à passer une bonne partie de la nuit en plein débat avec moi-même sur ce qu'il venait de se passer que je tombais directement endormie. La prochaine chose que je savais, on était déjà le lendemain matin et Tricia me secouait l'épaule avec une mine inquiète.
"Je suis juste un peu fatiguée de toute ces émotions." Je lui dis mais je savais que ça ne la rassurait pas beaucoup. Et moi non plus, en fait. Il faut dire, j'avais été plus malade et plus faible ces derniers mois que les deux dernières années réunies. Pourtant, malgré tous mes efforts pour lui montrer ma bonne santé retrouvée, je ne pouvais m'empêcher de bailler toute la matinée et c'est avec regret que j'allais faire la sieste en même temps qu'elle après le déjeuner. Moi qui voulais profiter de l'après-midi pour penser enfin à ce qui était arrivé la veille… Est-ce que c'était la magie qui m'avait tant fatigué ? D'une part, je ne l'espérais pas, ça mettrait un frein considérable à mes expérimentations mais d'un autre, je ne voyais pas ce que ça pouvait être autrement et c'était un peu terrifiant d'être aussi fatigué sans en connaître la source.
Un second problème, c'était ce que j'étais censé faire avec. Évidemment, aussitôt que je serais d'aplomb, je voulais à nouveau réessayer ! La possibilité de faire de la magie, aussi simple soit elle, était grisante. Mais vu comme un simple sort (si c'était bien ça) m'avait fatigué, cela était inquiétant… Devais-je le dire à quelqu'un ? Celui qui pourrait le mieux m'aider serait sûrement le Comte voir peut-être Road, mais je n'avais aucune idée de ce qu'ils pourraient en penser. Serait-il surpris que je pusse faire de la magie ? Demanderaient-ils comment j'avais bien pu la découvrir ? Ou en colère ? La magie était si mal décrite dans D-Gray Man… on savait que quelques personnes pouvaient la pratiquer comme les Crow avec leurs sceaux ou alors les Chan avec leurs esprits gardiens comme Fon et Atuda et surtout Cross Marian à qui j'avais librement emprunté la formule magique. Mais c'était à peu près tout. Je supposais également que les Noah pouvaient en faire ou tout du moins le comte, n'y avait-il pas eut une histoire avec les Crânes étant créé par magie ? Déjà avant d'atterrir dans ce monde je n'avais pas lu les premiers tomes de DGM depuis des années alors maintenant, après avoir vécu avec les personnages, tout se brouillait dans mon esprit. J'avais eu beau prendre des notes les plus détaillés possible sur le manga (dans un mix de français, anglais, japonais et Espagnol avec une touche d'expressions directement venu d'internet et le plus de références personnelles possible, même moi j'avais du mal à comprendre tout ça) les premières semaines de mon arrivé, les parcourir à nouveau frénétiquement sur le sol de la chambre ne m'avait pas vraiment aidé sur ce point-là. Surtout que Tyki avait choisi ce moment pour passer à travers la porte de ma chambre.
"Tyki !" Je criais en sursautant refermant précipitamment mon carnet et infiniment heureuse d'avoir repositionné la latte recouvrant ma cachette secrète avec, entre autres, les notes de Victor Hugo.
"Quoi ?! Tu connais mes pouvoirs maintenant." Répondit-il en haussant les épaules.
"Le fait que je connaisse tes pouvoirs ne t'empêche pas d'avoir la décence commune de toquer avant d'entrer dans la chambre de quelqu'un." Je répondis mon ton dur cachant la panique qu'il avait créé en s'incrustant alors que je regardais mon carnet du manga.
"Ho ? Tu me caches des choses, Eve ?" Il sourit et avant même que je ne puisse cligner des yeux, il était déjà derrière moi, mon carnet dans les mains, le feuilletant avec un air curieux.
C'était totalement de la triche.
"Tyki !" Je grognais à nouveau et sautais debout, essayant d'attraper le livre sans grand espoir. Maudit sois le jour où j'étais tombée dans ce lac, il abusait totalement depuis ! Dès que Tricia, Sheryl et le Comte n'étaient pas là il en profitait aussitôt pour l'afficher le plus possible, marchant sur l'air pour attraper un livre en hauteur sans l'échelle ou les utilisant pour passer de sa chambre à celle de Road sans utiliser le couloir… Sachant que moi je devais utiliser l'échelle ou le couloir, c'était la chose la plus frustrante du monde ! Bon, d'accord, c'était de la jalousie pur et simple mais… urgh! En vengeance, je sautais le plus haut possible pour attraper le carnet mais je passais littéralement à travers lui et trébuchait de l'autre côté.
"Je ne comprends rien, tu as marqué ça en quel langue ?" Demanda-t-il perplexe. Il ne prenant même la peine d'esquiver ce bâtard !
"C'est le but ! Pour que certaines personnes ne lisent pas ce que je ne veux évidemment pas qu'elles lisent !" Je grognais avant de faire une autre tentative sans trop d'espoir sauf que, miracle ! Je pu le toucher cette fois. Évidemment, je ne m'y attendais tellement pas que je frappais dedans plutôt que de l'attraper et le carnet s'envola avec une belle courbe... par la fenêtre ouverte.
"C'est un journal intime ?" Demanda Tyki alors que je regardais la fenêtre avec désespoir.
"Quoi ?" Je demandais, mon cerveau se remettant en route. "Ah, euh, oui, en quelque sorte." Je répondis.
"Je pensais que c'était un dessin ou une nouvelle partition." S'excusa Tyki avec un air réellement contrit. "Je ne savais pas que tu en tenais un, ce n'est pas ton style et je ne t'ai jamais vu écrire dedans et…ouais, désolé." Grimaça-t-il. "Pour ça et pour être rentré sans frapper, ce n'était vraiment pas très gentlemen… surtout avec ce qui est arrivé la première fois que je t'ai rencontré au manoir."
Cette fois, ce fut moi qui grimaçais. Ça avait été un peu étrange et surtout très gênant pour nous deux lorsqu'il s'était trompé de chambre et m'avait vu nu. "Allons donc Lord Mikk, les mauvaises langues diraient que vous le faites exprès." Je ris nerveusement, utilisant l'habile tactique de l'esquive par la blague.
Heureusement, il me suivit sur ce coup-là. "Voyons Lady Campbell, je ne les laisserais pas dire." Et ajouta un clin d'œil exagéré avant de jeter un coup d'œil vers la fenêtre. "Je vais aller le chercher avant que quelqu'un d'autre le trouve, promis je ne le lis plus !" Assura-t-il en passant à travers la fenêtre et je le remerciais, soulagé. Il me le ramena aussitôt comme promis et je le rangeais dans sa cachette une fois qu'il était parti pensent nerveusement au jour où tout cela serait découvert. Les notes de Victor Hugo n'étaient pas cryptées autrement que par son écriture bouclée et les nombreuses références à des documents non disponibles et évidemment, je savais que c'était déjà dangereux avant mais avec Tyki qui utilisaient maintenant ses pouvoirs à tout bout de champs…
A moins qu'ils n'étaient déjà au courant de la cachette ? Ce n'était qu'une latte, pas des plus imaginatifs…
…
Naaaaaaan.
Refusant de penser à l'énorme problème qu'était la possibilité que les Noah savaient que je savais qu'ils savaient que… bref, je décidais de penser à mon plus urgent problème : la magie. Donc, encore une fois, que faire ? C'était bien beau de cacher mes soudains pouvoirs et de n'en parler à personne mais autant si j'avais été dans Harry Potter, je ne me serais pas inquiété autant ici… Peut-être que c'était comme Atuda ? Et plus je les utilisais, plus ça gaspille ma force de vie ? Ou alors au contraire, peut être que si je ne les utilisais pas ils deviendraient incontrôlables ? Je n'en avais aucune idée et franchement ça faisait un peu peur.
Mais bon, c'était peut-être aussi l'anxiété qui me reprenait.
Quoi qu'il en soit, il fallut trois jours de plus avant que je me sente assez d'aplomb et surtout seule, Tyki étant en ville avec Sheryl, pour essayer à nouveau la magie. Ayant fait une sieste juste avant, j'étais au max de ma forme et j'espérais que si ça me fatiguait beaucoup, je pourrais tout de même survivre au dîner et dormir directement après. Sauf que, quoi tester ? Le feu, à nouveau ? Même si je savais que c'était dangereux, je ne pouvais m'empêcher d'être un peu excité à l'idée de faire de la magie et j'avais envie de quelque chose de différent. Laissant mes yeux naviguer sur les meubles de la bibliothèque, je repérai bientôt une fenêtre ouverte. Ça devrait rentrer dans les paramètres de la formule, non ? Quoi que, je ne savais pas vraiment ce que ça voulait dire...
M'approchant de la fenêtre, je la regardais sans trop savoir quoi faire. Je levais la main ? Je fermais les yeux ? Fallait-il que je fasse une danse de magical Girl ? Choisissent d'essayer de reproduire fidèlement ce que j'avais fait quelques jours plus tôt, je tendais les doigts en direction de la fenêtre.
"Abata, ura, mazarakato...on !" Je murmurais et… ouais, rien ne se passa. La fenêtre ne grinça même pas, s'en était déprimant…
Peut-être que ça ne marchait pas sur les fenêtres ? Allumer un feu, ce n'était pas trop compliqué, il suffisait de trois éléments, un comburant, un combustible et de l'énergie. Sachant qu'il y avait déjà un comburant (l'air de la pièce) et des combustible (les bûches dans la cheminée) la magie n'avait apporté que de l'énergie, une étincelle en soit. Alors que pour ouvrir une fenêtre, il fallait non seulement l'énergie mais aussi un moyen de l'utiliser dans le but précis de tourner la poignée. Un peu plus difficile à visualiser… je ne savais pas comment fonctionnait cette magie là, mais au moins ça paraissait à peu près logique. C'est toujours plus compliqué de sortir de l'énergie raffinée que de l'énergie brute… Peut-être… Oh, fichtre, j'essayais de faire de la théorie sur la magie…
Soupirant, un mal de tête commençant déjà à poindre, je me remettais en position mais cette fois près de la cheminée. Peut-être serait-il plus utile, même si moins intéressant, d'essayer déjà de reproduire ce que j'avais fait plutôt que de créer à nouveau quelque chose de nouveau ?
"Abata, ura, mazarakato...on !" Je soufflais à nouveau et… encore rien. Nada. Le néant. Ça en devenait vexant ! Voir même, je commençais à me demander si c'était vraiment arrivé. Qu'est-ce que j'avais bien pu faire de spécial pour que cela fonctionne la dernière fois ? Me laissant tomber sur le canapé avec un air boudeur j'attrapais un petit carnet de ma ceinture et commençait à marquer tout ce qui me passait par la tête concernant le problème du jour. Gribouillant des schémas avec un soupir frustré, je finis par me lever à nouveau pour attraper un paquet d'allumette que Tyki avait glissé derrière le cadre au-dessus de la cheminé avec des cigarettes. En attrapant une, je commençais à la fixer intensément avant de prononcer à nouveau les mots. Encore une fois, pas grand-chose… ou plutôt si, cette fois j'avais cru sentir le bout de mes doigts picoter. Un peu sceptique, je recommençais une nouvelle fois et… oui ! J'avais distinctement senti quelque chose dans ma main. Me concentrant sur le sentiment, je recommençais une troisième fois et, enfin, l'allumette s'enflamma !
Soufflant précipitamment dessus, n'étant toujours pas très à l'aise avec le feu, je jetais la cigarette usagée dans la cheminé avant de me tourner une nouvelle fois résolument vers la fenêtre. Me mettant à quelque pas, je commençais à inspirer et expirer lentement, essayant de me concentrer sur la sensation de… d'énergie (?) entre mes doigts et lorsque je sentis presque que je l'avais, je dis à nouveau les mots : "Abata, Ura, masarakato… On!"
CRACK
Sursautant, j'ouvrais les yeux pour voir avec horreur la vitre voler en éclat au dehors avec un grand bruit suraigu.
Gémissant comme un cochon égorgé, je ne restais pas figée plus de trois secondes avant d'attraper mon carnet abandonné sur la table et de décamper en dehors de la bibliothèque comme si les chiens de l'enfer couraient après moi.
C'était un peu idiot en rétrospective. Si j'étais allée lui dire, Sheryl aurait à peine battue un sourcil avant de marmonner sur sa fille trop excitée et de remplir la facture. Avant même l'heure du dîner, les bouts de verres auraient disparu et la fenêtre auraient été changé. Personne ne l'aurait su. Mais à ce moment-là, mon cerveau logique était parti sentir les pâquerettes et mon corps avait à peine entendu le "Ho, merde, j'ai fait une connerie" avant de prendre la poudre d'escampette.
Ce qui fait qu'il était terriblement difficile de ne pas me jeter sous la table à manger lorsque Tyki avait demandé pourquoi une des fenêtres de la bibliothèque était cassé ce soir-là.
"Il fait encore froid, ça pourrait abîmer les livres." Dit-il et je le regardais presque avec incrédulité. Vraiment, c'était la première chose auquel tu pensais ? pas qui a défoncé la grande fenêtre ? Mais étrangement, personne ne posa la question. Je n'étais pas sûr que Tricia avait entendu Tyki, en grande discussion qu'elle était avec Road, mais le Comte et Sheryl l'avaient certainement fait. Pourquoi ne disaient-ils rien ? Est-ce qu'ils savaient déjà que c'était moi ? Je pensais nerveusement. Pourtant, s'ils le savaient, ils n'en dirent pas un mot, la discussion partant plutôt sur un autre sujet connexe sans trop de fanfare.
"D'ailleurs Tricia, je pensais, peut être pourriez-vous venir au manoir le week-end prochain ? La saison sociale se termine et il y a une fête chez le Vicomte de Druitt avec une vente aux enchères des plus intéressante ! Cela serait moins fatiguant de venir chez moi quelques jours plutôt que de partir d'ici, qu'en pensez-vous ?" Sourit le Comte et je remarquais qu'il ne lui demandait même pas si elle voulait aller à cette fête mais plutôt comment elle voulait y aller.
"Oh oui, c'est une merveilleuse idée !" S'enthousiasma la maîtresse de maison. "J'espère être assez en forme pour me joindre à vous mais autrement cela fait longtemps que les enfants ne sont pas sortis du manoir, une fête leur ferait le plus grand bien." Vu la grimace de trois pieds de long que tirait Tyki, tout le monde n'était pas de cet avis… Pour ma part, je me sentais assez à l'abris, n'ayant pas eu besoin de prendre part à un événement social depuis le bal d'anniversaire de Road, plus d'un an et demi auparavant. Mais évidemment, mon cerveau n'avait pas mis à jour mon incroyable nouvelle position dans la dynamique familiale car aussitôt après, Tricia se tourna vers moi, les yeux nettement prédateurs. "Ce sera également l'occasion pour Eve d'utiliser à nouveau ses leçons de danse !"
"Je ne suis pas sûre que cela soit une très bonne idée, ça ne s'est pas si bien passé la dernière fois." Je répondis douteusement alors que Road toussait ce qui ressemblait au mot "désastre" dans son poing. Je pouvais difficilement la contredire et je n'en avais nullement envie de toute façon.
"Rien à voir avec vous, ces demoiselles étaient très mal élevées, je ne doute pas que tout se passera bien cette fois." Sourit le Comte et c'est moi où ça ressemblait nettement à une menace ?!
"Qui plus est, une vente aux enchères est très différente d'un bal, nous serons ensemble tout du long, ne t'inquiète donc pas, Eve." Me rassura Tricia et Sheryl se reteint nettement de dire quelque chose en enfournant de la manière la moins élégante que je ne l'avais jamais vu faire, une grosse cuillère de tarte aux pommes en bouche. La seule qui ne semblait pas impliqué dans la conversation était Lulub… euh, pardon, Lucie Belle, qui mangeait son dessert sans même un regard au reste de la tablée. Dingue, ça faisait des mois que je l'avais rencontré pour la première fois et on avait pourtant pas dû parler plus de cinq fois. Je ne pouvais pas être amie avec tout les Noahs, il faut croire… Quoi que, admettons pour le Comte, est-ce que Sheryl peut compter comme un ami ? Skin n'en est certainement pas un...
"Il suffit de sourire et d'écouter. Papa fera toutes les conversations ennuyantes de toute façon." M'expliqua Road et Tricia sembla déchirée entre réprimander sa fille et essuyer sa bouche pleine de sucre avec des yeux affectueux. Elle choisit la dernière option, évidement. Même moi j'avais du mal à résister à la mignonitude suprême de Road et je savais ce qu'il y avait en dessous !
"Merci pour les petites miséricordes…" Souffla Tyki si bas que je pensais être la seule à l'avoir entendu mais la tape discrète du Comte derrière la tête du Noah du plaisir m'en appris autre chose. Zut, je sous estimais vraiment leurs sens améliorés, je devais faire plus attention...
Quoi qu'il en soit, l'affaire fut décidée et dès le jeudi suivant, Tricia, Road et moi prîmes la calèche pour se rendre au manoir du Comte. J'étais un peu curieuse malgré moi, surtout après les longues heures qu'il nous fallut pour y arriver. Je comprenais pourquoi Tyki et Sheryl partaient plus tard… Soi-disant ils avaient trop de "travail" pour partir le jeudi et nous rejoindrais plutôt le vendredi soir. A tous les coups ils profitaient de l'arche au lieu de se taper un voyage désagréable en calèche… D'ailleurs, Road devait vraiment avoir envie de sauter l'école pour l'endurer avec nous.
Heureusement, on finit bien par arriver et c'est le comte lui-même qui nous accueilli au manoir. Sans grand étonnement, Tricia était épuisée et aussitôt que le Comte lui montra sa chambre et l'excusa, elle alla faire une sieste. Moi, étrangement, j'avais encore de l'énergie à revendre et le Comte dû le remarquer parce qu'il proposa de me faire visiter le manoir. Road disparut à peu près à ce moment-là, n'ayant pas besoin de tenir la charade de l'enfant de bonne famille sans sa mère et les serviteurs autour, mais l'après-midi fut très agréable, Adam me montrant les choses intéressantes. Il faut croire, lui aussi avait appris à me connaître au cours de tous ces mois, car il ne s'embêta même pas à me montrer les salons luxueux ou la salle de Bal grandiose, non, il passa à peine sur les pièces principales de la maison pour que je puisse me repérer et en vint ensuite directement aux passages secrets et autres pièces cachées. C'était beaucoup plus amusant, c'est sûr, et comme d'habitude, il avait milles histoires et anecdotes à raconter si on prenait la peine de l'écouter. Comme par exemple lorsqu'en se glissant hors d'un passage de serviteurs on tomba directement sur un tableau bien trop connu dans le couloir principal.
"Est-ce que c'est la Joconde ?" Je demandais en le regardant avec des yeux ronds avant de fixer à nouveau mon regard sur la toile pratiquement insignifiante au milieu de toutes les autres. Ho purée, j'étais à peu près sûre que je voyais "la liberté guidant le peuple" de Delacroix au fond du couloir… et là ! C'était complètement "Le radeaux de la méduse" de Géricault ! Je n'osais même pas regarder le reste des œuvres, ayant reconnu déjà la plupart de celles que j'avais vu même si je ne connaissais pas tous les noms. J'avais l'impression de me balader au Louvres même si je notais un très clair manque de peinture religieuse et je me demandais bien à quoi pouvait ressembler le musée, d'ailleurs, sans ses pièces phares.
"C'est cela même." Répondit le Comte en clignant des yeux d'un air perplexe. "Je ne savais pas que vous vous y connaissiez en œuvre d'art."
"Seulement ce que j'ai appris à l'école…" Je marmonnais distraitement en faisant quelques pas dans le couloir, restant pratiquement bouche bée devant un tableau dont je ne connaissais pas le nom mais que j'étais à peu près sûre d'avoir vu dans un musée à New York… au XXIème siècle en tout cas.
"A l'école…" Murmura-t-il, me faisant reprendre mes esprits. "Mais j'y pense, vous dessinez beaucoup n'est-ce pas ? Peignez-vous aussi ?" Demanda-t-il curieusement et c'était toujours avec cette même étincelle d'intérêt dans le regard qui donnait l'impression qu'il s'intéressait réellement à la réponse et qu'il ne demandait pas juste pour faire la conversation.
"J'ai essayé un peu l'aquarelle mais pas encore la peinture à l'huile, c'est dans mes futurs projets." Je répondis nerveusement, ayant la très forte impression d'avoir fait une connerie sans trop savoir laquelle.
"Oh j'aimerais beaucoup voir vos œuvres ! Mais tout d'abord, j'ai moi-même une dernière pièce à vous montrer, je suis sûr que cela va vous aider avec vos projets…" Dit-il et c'est juste à ce moment-là que je remarquais que nous nous étions arrêtés devant une grosse double porte en bois qu'il poussa avec un timing impeccable : La bibliothèque. "J'ai beaucoup de livres de références, je suis sûr que vous trouverez votre bonheur." Dit-il avec un sourire.
"Je n'en doute pas." Je répondis excitée, regardant tout autour de moi avec un sourire sûrement trop grand pour la bienséance. Tyki avait raison, elle était énorme et mes doigts me démangeait de la parcourir de long en large.
A la limite de courir partout entre les rayons avec un rire maniaque, ayant l'impression de retrouver un semblant d'internet, je me retiens de justesse et attachais mes mains ensemble pour me garder immobile. Pas bien longtemps cependant car le Comte entrepris de me faire un exposé particulièrement détaillé du fonctionnement de la bibliothèque et de l'emplacement des livres et sujets. A chaque fois que nous parcourions une nouvelle allée, ses yeux se fixaient sur un livre semble-t-il "exceptionnel" ou "indispensable" et il l'ajoutait à la pile rapidement croissante dans nos bras. A tel point même que nous n'avions pas fait le tiers de la bibliothèque que nous avions dû nous arrêter à une table d'étude pour y déposer nos piles branlantes.
"Je doute déjà de pouvoir lire tout ça ce week-end, arrêtons-nous là pour l'instant." Je lui proposais avec un rire amusé.
"C'est si dommage, les livres restent là à prendre la poussière et personne n'en profite plus." Se désola le Comte avant de se redresser tout à coup. "Oh je sais, au lieu de lire ce week end, feuilletez-les et vous n'aurez qu'à emprunter ceux qui vous intéressent."
"Oh, je ne veux pas…" Je commençais mais il me coupait aussitôt en ajoutant trois nouveaux livres dans mes bras.
"Oui c'est parfait, faisons comme cela ! Ils ne sont pas perdus chez Sheryl et de toute façon je passe bien assez de temps là-bas, je n'aurais qu'à les récupérer à un de mes séjours et… ho, ce livre aussi est particulièrement bien écrit, l'auteur a un point de vue très intéressant sur la vie de Baldir III" Et il était parti dans une nouvelle anecdote, un autre livre ajouté à la pile en passant. Impossible de m'en plaindre cependant, ses histoires étaient toujours captivantes et avant même que je m'en rende compte, c'était l'heure du dîner.
C'était assez étrange de manger seulement avec Tricia, Road et le Comte, je ne pense pas avoir jamais mangé avec le Comte sans Sheryl parlant de politique à côté. C'était chouette, tout compte fait, le comte était on ne peut plus heureux de parler chiffon, ayant un débat endiablé avec Tricia sur les chapeaux hauts de formes alors que je regardais le tout, mi-fasciné, mi-incrédule. Mais il faut avouer, j'avais un peu de mal à ne pas me balancer sur ma chaise, ayant hâte de retourner à la bibliothèque. Heureusement, Tricia était encore fatiguée du voyage et alla directement se coucher après le repas. Je n'avais aucune idée d'où étaient allés Road et le Comte mais j'étais trop occupée à me précipiter à la bibliothèque pour m'en soucier.
N'ayant pas eu le temps de tout voir tout à l'heure, je commençais d'abord par explorer le reste, souriant d'une oreille à l'autre lorsque je dénichais un escalier caché menant aux balcons de l'étage. Je souris un peu moins lorsque j'arrivais là-haut pour voir que tout était bien plus poussiéreux et dérangé qu'en bas. Un peu inquiète sur si j'avais le droit d'être là ou non, je marchais précautionneusement vers la table la plus proche, une pile de livre poussiéreux la recouvrant. Un carnet était resté ouvert devant une chaise à moitié écarté, un encrier et une plume depuis longtemps séché à ses côtés. N'arrivant pas à résister à la tentation, je feuilletais quelques pages jaunâtres, me demandant bien pourquoi le Comte aurait laissé tout ça là. On avait vraiment l'impression que personne n'y avait touché depuis des années… Mais pas de chance, impossible de reconnaître la langue et les diagrammes griffonnés ici et là n'aidait pas beaucoup… Ça ressemblait à des maths voir des runes mais je n'en étais même pas sûre. Laissant le carnet avec ennuie, j'attrapais le premier livre devant lui qui avait l'air étonnement manuscrit plutôt qu'imprimé et le retournait pour lire le titre : "Traité sur la magie et ses utilisations pratiques."
…
"AH" J'exprimais toute mon incrédulité, les yeux fixés sur le livre abîmé.
Ça fait beaucoup trop de coïncidences pour qu'il n'y ait pas quelque chose qui sente mauvais là dessous… Mais en même temps… "Hé bien ça va être utile !" J'essayais d'être optimiste, décident de délibérément ignorer le fait de trouver littéralement un manuel de magie juste après avoir découvert que je pouvais faire, en fait, de la magie.
C'était juste de la chance.
Totalement.
Ahah.
…
Eve expérimente avec la magie ! On entre dans le dernier arc de l'histoire :3 le prochain (qui du coup sera peut être en retard, héhé) entame la dernière grosse intrigue... vous pouvez devinez ce qu'il va se passer ? :3
Pensez aux reviews et à la revoyure !
