Et on continue avec le thème "Fleur". C'est le premier texte que j'ai écrit pour ce recueil, l'idée a poppé immédiatement en voyant le thème.
Bonne lecture !
Petite fleur
"Mais enfin ! Pouvez-vous m'expliquer ce que vous avez encore fait ?" Tonna la voix de Severus dans son dos.
Se sentant fautive comme une élève qu'elle n'était plus, Nymphadora sursauta en se retournant. Elle avait pris une ravissante teinte cerise, ce dont son ancien professeur ne semblait pas se préoccuper en la toisait d'un regard qui aurait fait pâlir le plus récalcitrant des septièmes années.
"Alors ? J'attends !
- Je… Je m'ennuyais et je voulais m'entrainer un peu. C'est tout.
- Et pour vous entrainer, vous métamorphosez des bouquets de fleurs ? Vous me voyez rassuré quant à la défense du ministère contre le Seigneur des ténèbres.
- En fait… Non, laissez tomber.
- C'est donc cela la prochaine stratégie du bureau des Aurors ? Au diable les sorts offensifs et jetons des fleurs sur les Mangemorts. Notez, cela en fera peut-être éternuer quelques-uns, mais je ne prédis pas un grand avenir à cette façon de faire la guerre."
Avant que Tonks n'ait eu le temps de trouver une réplique, il s'était assis, ou plutôt laissé tomber sur le fauteuil qui lui faisait face. C'était suffisamment inhabituel pour qu'elle le note. En le regardant plus attentivement, elle remarqua que les cernes sous ses yeux semblaient plus sombres encore que d'habitude et il semblait particulièrement épuisé.
"Même si je suis certaine que ça ne vous intéresse pas, il s'agissait effectivement d'un entrainement. Je dois pouvoir lancer le même sort plusieurs fois d'affilée en combat sans m'épuiser alors… Que ce soit des Stupéfix ou des bouquets de fleurs, l'effet est le même, alors autant que ce soit joli." Severus grogna à ces mots mais ne tenta pas de la contredire. "Et puis, c'est vous qui êtes en retard. Vous m'avez demandée d'être ponctuelle et je vous ai attendu plus d'une heure.
- Des évènements inattendus m'ont retardés. Je vous ai demandé de venir au Square car j'ai une information importante à vous donner et je ne fais pas confiance à votre clébard de cousin.
- Il s'appelle Sirius, mais passons. De quoi s'agit-il ?
- Une attaque se prépare sur le Chemin de Traverse. Un commerçant va être attaqué, mais je n'ai pas réussi à l'identifier. Soyez prêts la semaine prochaine, c'est une opération importante.
- C'est entendu, je transmettrai à qui de droit. Mais… Professeur ?
- Cessez de m'appeler par ce titre, j'ai un prénom et vous le savez, vous n'êtes plus mon élève.
- Sirius est quelqu'un de confiance. Je sais que vous ne vous entendez pas, mais s'il s'agit de l'Ordre, il saura passer outre ses vieilles rancunes et faire ce qu'il faut. Vous n'êtes pas obligé de me demander à chaque fois de venir.
- Passer outre ses vieilles rancunes ? Il est trop idiot pour se souvenir de quoi que ce soit. Et c'est moi qui ait des rancunes contre lui, n'inversons pas les rôles, voulez-vous ?" Grinça-t-il en se relevant prudemment.
En le regardant quitter le salon, Tonks remarqua qu'il boitait légèrement mais qu'il faisait son possible pour le camoufler. Il s'en alla sans un regard en arrière, la laissant seule dans la pénombre du Square Grimmaurd, entourée d'immenses bouquets d'orchidées, de tulipes, de roses, de chrysanthèmes, et autres fleurs exotiques qu'elle aurait été bien en peine de nommer.
Elle tourna alors la tête vers le fauteuil qu'il venait d'occuper, et une large flaque de sang la fit sursauter. Son ancien professeur devait être très sérieusement blessé pour en avoir perdu une telle quantité en si peu de temps, mais il n'en avait rien laissé paraitre. Comme toujours, soupira-t-elle.
En quittant le square, Severus avait d'abord décidé de retourner à Poudlard afin de soigner ses blessures avant de se raviser. Il avait plus important à faire, et c'était à l'Impasse du Tisseur qu'il devait se rendre. Transplanant à quelques rues de la maison de ses parents, il termina le chemin à pied pour repérer d'éventuels poursuivants. N'ayant rien noté de spécial, il entra et se précipita droit vers la grande bibliothèque qu'il avait aménagée dans son salon après la mort de ses parents. Là, il fouilla rageusement dans ses livres, jetant au sol ceux qui ne l'intéressaient pas, sentant le sentiment d'urgence enfler dans sa poitrine. Si quelqu'un avait regardé par la fenêtre, il aurait cru voir un fou ou un possédé.
Il feuilletait à peine les ouvrages avant de passer au suivant, lorsque finalement il sembla trouver ce qu'il cherchait. Sans égard pour ces livres qu'il chérissait habituellement, il déchira une page et la fourra dans sa poche avant de ressortir en trombe. Il transplana à nouveau et réapparut dans la petite ville calme de Godric's Hollow. D'un pas plus déterminé qu'il ne s'en sentait la force, il remonta la longue allée du cimetière en tentant de déchiffrer les noms. Il savait à peu près où elle se trouvait, mais dut chercher quelques secondes avant de trouver l'imposante plaque de marbre blanc qui luisait doucement sous le clair de lune.
Il sortit alors le bout de papier chiffonné et agita sa baguette en marmonnant le sort qui y était inscrit. Une douce lueur émergea de son l'extrémité et forma une volute jusqu'à la tombe. Une fleur venait de se matérialiser à côté du nom de la défunte.
Un lys, unique, était apparu.
