Salut !

J'espère que tout le monde va bien, chez vous, chez vos proches. Si vous devez sortir, j'espère que vous faites attention ++ et que sinon, vous restez bien en sécurité chez vous. J'ai longtemps minimisé l'impact de ce coronavirus mais aujourd'hui, on cesse de se voiler la face et on fait attention (sans pour autant dévaliser les rayons de PQ, hein) !

A part ça, j'ai attaqué l'écriture du chapitre final... ça me fait un peu bizarre parce que j'ai hâte d'en finir et en même temps, je n'ai pas du tout la tête à ça en ce moment, mais bon, ça ne m'inquiète pas plus que ça car l'histoire en tant que telle est finie, le dernier est "juste" pour donner des nouvelles de tout le monde :) ).

Bref, sur ce, je ne m'éternise pas plus, j'espère que ce chapitre vous inspirera un peu plus que le précédent, ah ah.

Bonne lecture !


RARA :

Aventure : Ravie que tu aies aimé ce petit chapitre plus transitoire. Certaines scènes peuvent sembler anecdotiques mais ça me sert vraiment de lien avec la suite. Je déteste toujours autant écrire le Quidditch, donc ravie que ce passage t'ai plu quand même, mdr.

Cecile : Coucou ! Scorpius avait dit, qu'il envisageait le Quidditch, fallait bien lui laisser sa chance ;) Rose grandit oui, comme eux tous, au final... Ca va devenir un peu plus facile pour moi d'écrire de leur point de vue ! (enfin, ça l'est déjà vu que c'est écrit, mdr). Bref, sinon, bah... Merci pour ta review et j'espère que la suite te plaira tout autant.


Merci à Damelith, Kar Ine, Keichi et Mery-Alice Gilbert pour leur relecture, leurs conseils, leurs corrections et leur soutien.

Merci à J.K. Rowling pour toute son œuvre. Sans elle, rien de tout cela n'existerait.


L'Autre

2019 - Drago/Hermione

Novembre - Drago

Drago ressortit du Portoport de Londres, où il venait tout juste d'accompagner ses parents qui étaient partis pour Bali, comme ils le lui avaient annoncé, et transplana pour la Roseraie où il avait prévu de retrouver Daphné.

Il ouvrit le portail qui en fermait l'entrée d'un coup de baguette et remonta les allées bordées de roses en direction du bâtiment où Daphné et Millicent vivaient depuis de nombreuses années.

Il remarqua quelques ajustements dans l'organisation des plantes, notamment l'apparition d'espèces qu'il pensait ne pas connaître, et se demanda si le fait que la plantation continue d'évoluer sans Astoria était une bonne chose ou pas…

Elle n'aurait sans doute pas aimé que celle-ci soit laissée à l'abandon après elle, mais c'était perturbant de voir que même ici, la vie suivait son cours. Et en même temps, c'était dans l'ordre naturel des choses.

Il passa ensuite devant le rosier d'Astoria, celui qui avait été mêlé à ses cendres, et s'y arrêta brièvement pour sentir l'une des fleurs. Son regard s'attarda ensuite sur leurs pétales et il y reconnut le bleu de ses yeux.

Il soupira légèrement, le cœur serré par l'émotion, puis son attention fut attirée par un mouvement sur sa gauche et il constata que Daphné venait de le rejoindre.

- Ça fait longtemps que tu es là ? lui demanda-t-elle.

- Non, je viens juste d'arriver… Ce rosier est vraiment magnifique.

- Il l'est, oui, approuva Daphné. Je crois qu'elle prend soin de lui, d'où elle est…

- Ça ne m'étonnerait pas d'elle, confirma Drago.

- Par contre, il commence à pleuvoir… on rentre ? l'invita-t-elle.

- C'est ce que je m'apprêtais à faire, oui, dit-il en lui emboîtant le pas.

Ils passèrent rapidement par l'atelier - où Daphné échangea quelques mots avec Beth, la botaniste - puis ils montèrent dans l'appartement.

Daphné lui proposa de l'accompagner dans la cuisine pendant qu'elle leur préparait un peu de thé et Drago ne se fit pas prier.

- Millicent n'est pas là ? demanda-t-il par courtoisie.

- Elle est à Ste-Mangouste avec Hector, il avait des rappels de vaccins à faire, ils ne devraient plus tarder.

- Ok. Et sinon, ça va ?

- Plutôt bien, oui. Je ne sais pas si tu l'as remarqué, mais Beth a réussi à créer une nouvelle variété de roses. Rien d'aussi perfectionné que ce que Rosie pouvait faire, évidemment, mais ça permet de varier notre offre et c'est bon pour les affaires.

- Les roses jaune et bleu qu'on voit pas loin de l'aile ouest, c'est ça ?

- Elles-mêmes. Elle les appelle des Serdouffle, à cause des Maisons de Poudlard, pouffa Daphné. C'est pas ce qu'il y a de plus vendeur, d'après moi, mais ça a l'air de plaire !

Drago leva les yeux au ciel en entendant le nom mais s'abstint de tout commentaire. Après tout, ça ne le regardait pas.

- Note qu'au final, c'est pas une mauvaise idée, de nommer des roses selon les différentes Maisons. La plupart de nos clients sont passés par Poudlard et je pense que ça peut être un argument selon les circonstances. Un mariage entre un ex-Poufsouffle et un ex-Serdaigle ? Bougez pas, on a ce qu'il vous faut !

- Tu crois vraiment que les gens choisissent leur déco en fonction de leurs anciennes Maisons ? souligna Drago, perplexe.

- Tu serais étonné du nombre de fois où j'ai pu voir ce thème depuis que j'ai repris la Roseraie ! répondit-elle avant de lui proposer de passer dans le salon.

Ils s'installèrent l'un en face de l'autre puis Daphné leur servit une tasse du thé qu'elle venait de préparer.

- Et toi, alors, comment ça va ? s'enquit-elle.

- Plutôt bien, dit-il après avoir bu une gorgée de son breuvage. Les affaires marchent bien, Scorp' a l'air en pleine forme, que demander de plus ?

- Et avec Hermione… ?

Forcément. Il avait essayé d'éluder cet aspect de sa vie, mais c'était évident que Daphné lui poserait la question.

- Ça va bien aussi. Sa fille a déjà compris qu'il se passait un truc entre nous. Elle a promis de ne rien dire à Scorp', mais je commence à envisager de le faire quand même…

- Vraiment ?! s'étonna Daphné. C'est sérieux à ce point, entre vous ?

- Tu trouves ça précipité ?

- Non, pas du tout. D'après ce que Rosie m'a dit, vous vous tournez autour depuis des années et je sais qu'elle voudrait que tu sois heureux. C'est juste que tu as tendance à mettre la tête au fond du chaudron, donc je ne pensais pas que tu assumerais les choses si rapidement…

- Ça m'est plus ou moins tombé dessus, dirons-nous, avoua Drago. Je sais qu'Astoria était persuadée qu'il se passait un truc plus… profond entre nous depuis bien longtemps, mais rien de ce qu'il se passe avec elle est prémédité, dans les faits. Ça ne l'a jamais été.

- Je sais, oui, et je suis heureuse pour toi, ne t'en fais pas.

- Par contre, je ne sais pas trop comment aborder ça avec Scorpius, se confessa Drago. Il est très ami avec la fille d'Hermione, donc j'ai peur que ça lui fasse bizarre…

- Explique-lui les choses simplement et sincèrement et il comprendra. Ce gamin n'est pas compliqué, il suffit de lui parler franchement et de lui laisser le temps d'assimiler les choses.

- Il peut se montrer tellement sensible, par moment… Il me fait beaucoup penser à sa mère. J'ai toujours cru qu'il finirait à Poufsouffle, d'ailleurs. Astoria m'avait confié, un jour, que le Choixpeau avait failli l'y envoyer et ça ne m'a pas surpris. Je n'ai jamais pris le temps de lui demander ce qui l'avait convaincu de la répartir à Serpentard, parce qu'en définitive, elle tenait clairement plus des blaireaux que des serpents !

- Moi je sais, répliqua Daphné en souriant.

- Ah oui ?!

- Oui. C'est de ma faute, en fait. Enfin, Rosie était aussi très ambitieuse - il n'y a qu'à voir tout ce qu'elle a accompli pour la Roseraie durant le temps qu'elle y a travaillé - mais j'ai été celle qui a fait pencher la balance. Elle avait besoin que je sois à proximité pour se sentir réellement en sécurité… du moins, jusqu'à ce qu'elle apprenne à vraiment te connaître. C'est pour ça qu'il l'a envoyée à Serpentard, pour qu'on soit ensemble. Enfin, c'est ce qu'elle m'a raconté à l'époque.

Drago prit quelques secondes pour réfléchir à ce que Daphné venait de lui apprendre et réalisa assez rapidement que tout prenait sens. Il savait qu'elle avait quelques traits de caractère particulièrement appréciés chez Serpentard, tels que son ambition, sa noblesse et sa fichue manie de réussir à obtenir ce qu'elle voulait. Mais elle avait aussi été très fusionnelle avec sa sœur et qu'elle ne veuille pas être séparée d'elle durant sa scolarité n'avait rien d'étonnant. Tout cela combiné la menait inévitablement vers leur Maison.

Il aurait dû le deviner tout seul.

Le retour de Millicent et Hector mit fin à ses réflexions. Le petit garçon, à présent âgé de six ans, vint le saluer avant de demander l'autorisation d'aller jouer dans sa chambre.

Millicent, quant à elle, le salua de loin - mais non sans chaleur - avant de s'asseoir à côté de son épouse pour lui raconter comment s'était passé leur rendez-vous chez le médicomage.

Daphné attira ensuite à eux une tasse supplémentaire et servit un peu de thé à Millicent qui la remercia en l'embrassant tendrement sur les lèvres.

Drago observa la scène en silence et se demanda si Hermione et lui semblaient aussi intimes et confiants lorsqu'ils étaient tous les deux, puis chassa bien vite cette pensée de son esprit.

Pour l'instant, ils ne se montraient devant personne, donc la question ne se posait pas.

Ils étaient bien allés déjeuner chez les Londubat, courant septembre, mais ils avaient pris soin de s'afficher comme de simples amis, même si Drago savait pertinemment qu'Hannah était au courant pour eux.

Oserait-il, un jour, se comporter de la sorte avec elle ? S'ils avaient commencé à parler un peu plus d'eux, depuis qu'il lui avait offert le bracelet de pierres de feu, ils ne se projetaient jamais vis-à-vis de leurs familles respectives ni de leurs amis. Seuls leurs enfants les intéressaient, mais au final, les choses seraient sans doute bien plus complexes que ce qu'ils imaginaient.

Comment Drago annoncerait-il la nouvelle à ses parents ? Lucius et Narcissa avaient bien évolué quant à leurs représentations sur la suprématie des Sang-Pur, depuis la fin de la guerre, mais de là à accepter sans rechigner que leur fils unique refasse sa vie avec une personne telle qu'Hermione Granger, il y avait un monde…

Devrait-il en parler aux parents d'Astoria, aussi ? Avait-il des comptes à leur rendre sur la façon dont il menait sa vie depuis que leur fille n'était plus ? Sans doute pas, mais Scorpius restait leur petit-fils et ce qui impacterait sa vie les intéresserait forcément…

- Au fait ! s'exclama Millicent, coupant court à ses pensées potentiellement angoissantes. On a reçu un message de tes parents, ils demandent s'ils peuvent prendre Hector avec eux ce weekend pour aller en Irlande…

- Tout le weekend ?! releva Daphné.

- Oui, du vendredi soir au lundi matin, apparemment… pourquoi ?

- Parce que ça voudrait dire qu'on aurait aussi tout un weekend à nous, précisa-t-elle avec un air coquin, ce qui fit sourire Drago.

- Je suppose que ça veut dire que tu es d'accord, rit Millicent. Faudra penser à leur répondre rapidement, alors !

- Compte sur moi !

- En parlant de tes parents, intervint Drago, comment vont-ils ?

- Bien mieux depuis qu'ils sont partis en vacances, répondit Daphné. Je suis soulagée de les voir ainsi, d'ailleurs. Ils ont eu leur lot de pertes, les pauvres, et j'ai bien cru qu'ils ne se remettraient jamais du décès de Rosie…

- C'est compréhensible, commenta Millicent. S'il devait arriver quelque chose à Hector…

Elle frissonna à cette idée et Drago ne pouvait qu'être d'accord avec elle.

Il n'imaginait pas pire drame dans la vie que la perte de son enfant.

- Je sais, dit Daphné en posant une main tendre sur celle de son épouse. Moi non plus, je ne préfère pas l'imaginer… Je suis quand même contente de voir qu'ils vont un peu mieux.

- Tu leur remettras mon bonjour ? demanda Drago avant de finir sa tasse.

- Bien sûr, confirma-t-elle. Tu t'en vas déjà ?

- Je dois aller déjeuner avec quelqu'un ce midi, je ne voudrais pas arriver en retard, précisa-t-il en se relevant. Merci pour le thé, c'était sympa de vous voir !

- Quand tu veux, répondit Millicent avant de le raccompagner jusqu'à la porte.

Drago traversa la Roseraie d'un pas vif et, une fois le portail franchi, transplana jusqu'à l'appartement d'Hermione.

Une fois sur place, il l'entendit chantonner dans la cuisine et alla la rejoindre.

Elle lui tournait le dos, occupée à cuisiner, et Drago s'approcha d'elle pour l'enlacer tendrement et déposer un baiser au creux de son épaule.

- Voilà une charmante façon de me saluer, remarqua-t-elle en se retournant pour l'embrasser.

- Une charmante façon pour une charmante dame, commenta-t-il après lui avoir rendu son baiser. Comment vas-tu ?

- Mieux, depuis que tu es là. Et toi ? Tes parents sont bien partis ?

- Oui, à dix heures, comme prévu. Je suis passé à la Roseraie, après.

- Oh ! Daphné et Millicent vont bien ?

- Plutôt, oui, et apparemment, Angela et Barney aussi.

- Tant mieux. Tu as faim ?

- Hum…, ça dépend de quoi tu parles, plaisanta Drago.

- Je parlais de choses qui s'avalent ! répliqua Hermione.

- Mais moi aussi, ma chère, précisa-t-il en riant.

Hermione lui donna une petite tape sur le bras avant d'éteindre le feu de sa gazinière puis poussa doucement Drago contre la table de la cuisine avant de s'agenouiller devant lui.

- Je peux savoir ce que tu fais ? demanda-t-il, le souffle rendu court par l'excitation.

- Eh bien, tu m'as dit fournir l'entrée, non ? répondit-elle en le regardant droit dans les yeux avant de déboutonner son pantalon.

La réplique que Drago s'apprêtait à lancer mourut dans sa gorge lorsqu'Hermione prit son sexe tendu entre ses lèvres.

Par Merlin, cette sorcière aurait raison de lui.


Novembre - Hermione

Hermione aurait été incapable de dire depuis combien de temps sa langue dansait sur la verge de Drago lorsqu'il lui demanda d'arrêter le délicieux traitement qu'elle était en train de lui infliger.

A peine fut-elle relevée qu'il s'empara de ses lèvres tout en l'allongeant sur la table. Tandis qu'il embrassait son cou, ses mains détachèrent la ceinture de son pantalon, qui termina rapidement sur le sol.

Hermione gémissait sous ses caresses, tant buccales que manuelles, et un soupir de pur plaisir lui échappa lorsqu'il glissa un doigt en elle.

C'était si bon et il la connaissait si bien… Par Merlin, ce sorcier aurait raison d'elle !

Alors que ses lèvres quittaient les siennes pour descendre le long de sa gorge, un cri dégoûté mit radicalement fin au moment qu'ils étaient en train de vivre.

- BORDEL DE MERDE, HERMIONE ! cria Harry. Tu pourrais pas penser à verrouiller tes accès quand tu fais ce genre de trucs ?!

Hermione n'avait jamais enfilé un pantalon aussi rapidement qu'à ce moment précis.

- Harry ?! Mais qu'est-ce que tu fous là ?! demanda-t-elle, rouge comme une pivoine, tandis que Drago, lui, semblait prendre tout son temps pour se rhabiller.

- Sérieux, je mettrai plus jamais les pieds dans ta fichue cuisine ! s'exclama-t-il en détournant le regard. On peut pas aller parler dans le salon, plutôt ?

- On l'a fait aussi dans le salon, tu sais, Potter…, intervint Drago, moqueur.

- Rah n'en rajoute pas, toi ! gronda Hermione à ses côtés avant de suivre Harry dans l'autre pièce.

- Je crois que je vais demander à ce qu'on me lance un sort d'amnésie, marmonnait Harry en se frottant les yeux par-dessous ses lunettes.

- Je suis tellement, tellement désolée…, s'excusa Hermione en le rejoignant dans le salon.

- Sympa pour moi ! cria Drago depuis la cuisine, la faisant rougir d'autant plus.

L'enflure ! Il lui paierait le fait d'avoir aggravé la situation comme ça !

- Raaah… Malefoy et toi, quoi ! grogna Harry. MALEFOY ET TOI !

- Oh ça va, hein ! le modéra Hermione. Je t'ai dit que je le voyais, tu croyais qu'on se contentait de jouer à la crapette, ou quoi ?!

- Je ne suis pas si naïf, Hermione ! Mais de là à le voir de mes propres yeux…

- Remets-toi, Potter, lâcha Drago en pénétrant dans la pièce. Si tu te contentes du missionnaire avec ta femme, c'est pas notre problème.

- Drago ! soupira Hermione, à la fois gênée et blasée par toute cette situation.

- Ne t'inquiète pas, ma douce, je vais vous laisser, répondit-il à voix basse avant de l'embrasser sur la tempe. On se voit ce soir ?

- Tu ne restes pas manger ? lui demanda-t-elle, perdue.

- Je crois que Potter nous ferait une syncope si on enchaînait sur le plat principal, commenta-t-il, un sourire moqueur au coin des lèvres.

Hermione se sentit rougir de plus belle à mesure qu'Harry détournait les yeux, mortifié.

- Tu es décidément trop belle, quand tu rougis, dit-il avant de l'embrasser tendrement sur les lèvres. Potter, au plaisir de te revoir, ajouta-t-il en lui faisant un clin d'œil.

Puis Drago transplana hors de l'appartement d'Hermione, la laissant seule avec Harry.

Un silence gêné s'installa entre les deux meilleurs amis, qui se tenaient à quelques mètres l'un de l'autre sans oser se regarder.

- Je ne sais pas ce qui me perturbe le plus, finit par dire Harry. La position dans laquelle je vous ai trouvés ou la façon dont il s'est comporté avec toi avant de partir…

- Comment ça ?! demanda Hermione, étonnée par sa réflexion.

- Je n'ai jamais vu personne te regarder comme il l'a fait, Hermione…

- Je.. euh… Vraiment ?! bafouilla-t-elle. Mais qu'est-ce que ça avait de si spécial ?

- Rien, rien… juste quelque chose que j'avais oublié, depuis quelques temps, c'est tout. Enfin bref ! De base, je n'étais pas venu pour te surprendre en plein… jure-moi qu'on en reparlera jamais, en fait !

- Ça ne me tente pas plus que toi, Harry, je te rassure, affirma Hermione, toujours aussi rouge.

- J'ai reçu une lettre du Ministère. Un créneau s'est libéré lors de la séance plénière du Magenmagot de cet après-midi. Si on est au Département de la Justice Magique pour quinze heures, on pourra faire passer notre projet Cracmols et faire renommer le CANeM en Centre de Liaison Entre les Deux Mondes dès aujourd'hui…

- Maintenant ?! s'exclama Hermione, qui sentait la panique l'envahir. Mais on est pas prêts ! Seamus devait encore ajouter les déclarations des Urquhart au dossier et...

- Seamus est actuellement chez eux pour les récupérer, Hermione, la coupa Harry. On peut le faire, j'en suis sûr ! Si on ne saute pas sur l'occasion, on risque de devoir attendre février pour soumettre le dossier et on a déjà assez tardé comme ça, tu ne penses pas ?

- Si, bien sûr, mais…

- Mais rien du tout. Le dossier n'est pas aussi solide que celui que nous avions présenté pour la création du CANeM à l'époque, mais notre réputation et notre sérieux ne sont plus à prouver. Je pense que ce n'est qu'une question de formalité, tu sais ?

- Bien, bien…, céda Hermione. Allons-y, alors. Tu as raison, on a assez pris de retard comme ça pour venir en aide aux familles des Cracmols.

- Euh… Hermione ? l'interpella Harry tandis qu'elle se dirigeait vers sa porte d'entrée pour prendre sa cape.

- Oui ?

- Je crois que tu devrais aller mettre un peu d'ordre dans tes cheveux, avant…

.

Hermione apparut dans le jardin des Potter et se dirigea vers la porte d'entrée pour y manifester sa présence. Harry vint lui ouvrir quelques instants plus tard.

- Tu vois, dit-elle en guise de salut. C'est comme ça qu'il faut faire, si on veut éviter les situations embarrassantes…

- Ah ah, très drôle, je suis mort de rire, répondit-il platement. Qu'est-ce que je peux faire pour toi ?

- Euh… Eh bien, je viens chercher Ginny, on a prévu d'aller boire un verre ce soir, vu qu'Hugo est chez Ron. Elle ne t'a pas prévenu ?

Harry se contenta de hausser les épaules en réponse avant de se décaler pour la laisser passer.

- Ce qui explique pourquoi elle est en train de se pomponner, en fait, dit-il en la précédant dans le salon. Tu veux boire un truc en attendant ? Elle ne devrait plus tarder.

- Non, ça ira, le remercia-t-elle. Si je commence maintenant, va savoir dans quel état je vais finir…

- Pas de transplanage en état d'ivresse, hein !

- Franchement, Harry, c'est à moi que tu dis ça ?!

- Ça va, ça va… Dis, je pensais prendre Hugo le weekend prochain pour aller voir une course de balais. Avec mes enfants qui sont tous à Poudlard, ce genre de sortie me manque.

- Si tu veux, oui ! Je suis sûre qu'il sera ravi de se faire une virée avec toi !

- Teddy devait m'accompagner, mais Victoire vient de revenir de mission et ils ont prévu de passer le weekend ensemble…

- Je comprends. Tu sais si ça s'est bien passé ?

- Apparemment, elle a réussi à lever le sortilège qui protégeait le caveau. Les gobelins sont contents. Bill est fier qu'elle suive ses traces. Rien de bien original, quoi. Victoire arrive toujours au bout de ses missions.

- C'est vrai, confirma Hermione. Et Teddy vit ça comment ?

- Il est fier d'elle, c'est certain, mais il a hâte de pouvoir retourner sur le terrain faire ses preuves. Je crois qu'il n'a toujours pas digéré le fait d'avoir raté sa mission en Erythrée, ni d'avoir failli y laisser sa peau…

- Ah la fougue de la jeunesse… On n'était pas comme ça, à leur âge, si ?

- Tu tiens vraiment à te souvenir de ce que tu faisais à vingt ans ? la taquina Harry.

Cette période n'ayant pas été la plus stable dans la vie d'Hermione, elle évitait généralement de se la rappeler.

- Oh ! Salut Hermione ! s'écria Ginny en pénétrant dans le salon. Désolée pour l'attente, je n'avais pas vu qu'il était si tard…

- Pas de souci, j'en ai profité un peu pour prendre des nouvelles. Prête ?

- Totalement, oui !

Hermione salua Harry, constatant en silence que Ginny s'était contentée de l'embrasser sur la joue pour lui dire au revoir.

Cela faisait un moment qu'elle avait l'impression que ses amis vivaient une mauvaise passe et elle ne savait pas du tout comment aborder le sujet avec eux. Leur couple ne la regardait pas, mais ça ne l'empêchait pas de se faire du souci.

Ginny et Hermione transplanèrent jusqu'à la Tête de Sanglier. Hannah devait travailler ce soir et elles ne trouvaient pas sympa pour elle d'aller y boire un verre sans qu'elle puisse passer un moment avec elles. De plus, même si elles adoraient leur amie, elles avaient parfois besoin de se retrouver seules.

A peine furent-elles installées que Ginny lança les hostilités.

- Alors, il parait que Malefoy te fait grimper aux rideaux ?! dit-elle, faisant tousser Hermione sous la surprise.

- Pardon ?!

- Harry m'a raconté qu'il vous avait surpris en plein ébat… sur la table de la cuisine ! Par Merlin, je ne me souviens même pas de la dernière fois qu'on l'a fait ailleurs que dans notre lit…

- Ginny ! souffla Hermione mi-gênée, mi-amusée par la curiosité dont son amie faisait preuve.

Le serveur leur apporta les consommations qu'elles avaient commandées en entrant dans le bar et, une fois celui-ci parti, Ginny reprit de plus belle.

- Oh, laisse-moi rêver un peu Hermione ! Je suis mariée depuis près de vingt ans à mon premier amour. Faire l'amour avec Harry a toujours été plutôt chouette, mais je me demande quand même ce que je pourrais ressentir dans les bras d'un autre…

- Bon, céda Hermione. Mais ça reste entre nous, hein ? Parce que l'un de mes ex est quand même ton frère, donc bon…

Deux, en fait, mais elle n'avait pas besoin de le rappeler vu qu'il n'y avait jamais rien eu de sérieux entre Charlie et elle.

- Comme si j'allais parler de ma vie sexuelle avec Ron !

- Certes… Je n'ai jamais pris autant de plaisir qu'avec Drago. Il y a cette espèce de lien entre nous que nous sommes incapables de définir et ce, depuis la toute première fois…

- Tu parles de quand tu n'étais pas encore avec Ron, c'est ça ?

- Oui… Et depuis. Quand sa femme était encore en vie - par Merlin, cette phrase est horrible ! - et aussi maintenant que ça devient plus sérieux entre nous. Je ne sais pas comment il fait, mais chaque fois… chaque fois quoi !

- Tu as vraiment un orgasme à chaque fois ?! s'étonna Ginny.

- Non… Enfin, c'est délicat à expliquer. Il est très attentif à… à mes réactions, donc il arrive toujours à combler mes envies, que ce soit de simple tendresse, de plaisir pur, ou des deux.

- Tu me fais rêver, là, Hermione…

- Tu ne peux pas comparer nos relations, Gin' ! la reprit-elle. Drago et moi, on en est au tout début, c'est encore tout nouveau, passionnel, tout ça… Harry et toi, c'est plus…

- Commun. Habituel. Planplan, conclut-elle pour elle.

- Ce n'est pas ce que je voulais dire…

- C'est pourtant ce que c'est. Et pas seulement au lit… On a plus de mal à communiquer. J'ai parfois l'impression qu'on est devenus des sortes de colocataires qui couchons ensemble de temps en temps. Surtout depuis que Lily a aussi fait sa rentrée. Tu sais que nous n'avons rien fait depuis son départ alors que, justement, on pourrait le faire partout maintenant qu'on n'a plus d'enfant dans les pattes ?!

- Je… je ne sais pas quoi dire, commenta Hermione.

Ce qui était totalement vrai. Elle voyait bien que ça soulageait Ginny de se confier ainsi mais elle ne pouvait pas s'empêcher de se sentir mal à l'aise. Harry était également son ami et il y avait des choses qu'elle n'avait pas envie de savoir sur lui.

- Enfin bref, soupira Ginny. Je suis désolée de t'embêter avec mes histoires, ça doit pas être facile, pour toi… Je me souviens à quel point je pouvais être gênée pendant votre divorce, à Ron et toi…

- Ne t'inquiète pas, Ginny, je comprends. Je… Je voudrais juste te dire que…

Hermione ne put pas finir sa phrase. Qu'aurait-elle pu dire ? Que si la situation ne lui convenait plus, elle n'avait qu'à y mettre fin ? Mais l'autre personne concernée était aussi l'un de ses amis… c'était donc impossible pour elle de tenir de tels propos !

- Je sais, Hermione, la rassura Ginny. Ne t'en fais pas, je sais. Et merci de m'avoir écoutée, même si tu ne peux pas vraiment réagir…

Hermione lui serra doucement la main en signe de soutien, incapable d'en dire plus.

- Et donc, reprit Ginny. Entre Malefoy et toi, c'est le grand amour ? Quand est-ce que vous allez rendre les choses publiques ?

- Je n'en sais strictement rien… Et pour l'amour, je ne sais pas. Enfin si, sans doute, il m'a dit ce qu'il ressentait pour moi, mais c'est encore les débuts, et avec l'amitié de nos enfants, c'est compliqué…

- Tu es sûre que Rose n'en a pas parlé à Scorpius ?

- Vu la leçon de morale qu'elle m'a faite, j'en doute. Je pense qu'on restera discrets, de toute façon, tant que Drago n'aura pas parlé à Scorpius. C'est primordial, pour l'instant. Le reste peut attendre.

- Donc il ne viendra pas fêter Noël au Terrier avec nous cette année ? la taquina Ginny.

- Par les quatre fondateurs, quelle idée horrible ! s'esclaffa Hermione. Non mais tu imagines le tableau ?!

- Tu ne comptes tout de même pas nous exclure de ta vie pour être avec lui, n'est-ce pas ?

- J'ai plutôt peur que ce soit l'inverse qui se produise, lui avoua-t-elle. Le passif de notre famille avec Drago n'est pas des plus évident…

- Celui de la sienne avec toi non plus, Hermione…

- Je sais, oui, soupira Hermione. Les choses ne seront pas des plus simples de son côté comme du mien.

Elles commandèrent ensuite une autre tournée de jus d'œillet et abordèrent des sujets moins sérieux.


.


Et voilà pour cette fois !

J'avoue m'être beaucoup amusée à écrire la scène avec Harry, ah ah.

Les choses avancent, en tout cas... Doucement mais sûrement.

Ca ne va toujours pas très fort chez les Potter, par contre :/

Enfin bref, j'ai hâte de savoir ce que vous en avez pensé !

Et rdv lundi prochain avec les enfants pour la suite (eh oui, un peu plus de next-gen pour cette dernière ligne droite ;) ).

Des bisous et merci encore de me lire !