Bonjour à vous !

Me voici de retour avec un nouveau chapitre de cette histoire. J'espère qu'il vous plaira !

Pas trop de blabla aujourd'hui, j'ai rien de spécial à vous raconter vu que je ne suis pas sortie de chez moi depuis... je ne sais même plus quand, mdr.

Bisous à vous et bon courage en ces temps particuliers !


RARA :

Cecile : Coucou ! Pauvre Howard, ça reste un gosse influençable, ah ah, mais bon, il a brisé le coeur de notre Rose, donc c'est pas cool ! Ravie que tu aies aimé l'échange entre Rose et sa mère :) Pour la réaction de Scorpius, on en saura plus prochainement, promis ;)
Merci beaucoup pour ta review, en tout cas, et gros bisous !

Abigaelle : Tout d'abord, je t'assure que je n'oublie pas les Assistantes maternelles, c'est le job de ma mère. Disons que c'est ce que j'englobe dans les travailleurs sociaux... Je bosse dans une école où on forme des éducateurs spécialisés, je sais aussi qu'ils sont souvent oubliés dans tous les hommages qu'on peut rendre actuellement... Ceux qui bossent en pouponnière, en maison d'accueil, en centre ouvert... Toutes ces personnes dont on a besoin sans s'en rendre compte si on est pas concerné :/ Mais donc, je te rassure que je pense aussi à vous ! Raison pour laquelle je suis à la maison avec ma fille plutôt que de la mettre en garderie (mon mari travaillant en maison de retraite et moi dans l'enseignement, on avait droit à une dérogation ;) ). Bref, je suis quand même désolée si tu t'es sentie oubliée, je sais ce que c'est donc voilà ! Courage dans ces moments difficiles
Sinon, pour en revenir au chapitre ou à l'histoire, plutôt, je suis contente que tu aies aimé cette histoire jusqu'à présent et j'espère que ce sera toujours le cas dans cette dernière ligne droite. Merci pour tes reviews :-)

A. : Je suis contente que tu aimes cette histoire et les visions de l'amour que je propose à travers elle ! Les amours sont multiples et je trouve important de le montrer sans juger. Peut-être que comme ça, certaines personnes assumeront mieux ce qu'elles ressentent... je sais pas, mais j'ai envie de "normaliser" tout ça. Par exemple, l'asexualité est encore super méconnue et ça peut être lourd à vivre pour qui pense avoir un problème, alors que ça ne se contrôle absolument pas. Bref, merci beaucoup pour ta review

Fleur d'Ange : Bah alors, t'étais pas connectée ? :p Je suis contente que tu aies aimé ces derniers chapitres en tout cas. Tout ce petit monde grandit, c'est vrai... Mais faut bien ! Tiens, je viens de percuter que ta review au chapitre précédent était "normale", j'aurais dû répondre aux précédentes avec, mdr... quel boulet ! Merci pour celles-ci en tout cas et gros bisous !


Merci à Damelith, Kar Ine, Keichi et Mery-Alice Gilbert pour leur relecture, leurs conseils, leurs corrections et leur soutien.

Merci à J.K. Rowling pour toute son œuvre. Sans elle, rien de tout cela n'existerait.


L'Autre

2020 - Drago/Hermione

Janvier - Drago

Drago regarda le Poudlard Express quitter la gare de King's Cross, le cœur légèrement serré par l'appréhension.

Scorpius avait beau lui affirmer qu'il allait bien, il savait pertinemment que son attitude avait changé depuis qu'il lui avait parlé d'Hermione et lui.

Il n'y avait rien de concret qui lui aurait permis d'entamer une discussion franche et ouverte sur leur relation, mais une sorte de malaise constant, suffisamment présent pour l'alerter mais trop flou pour pouvoir réellement confronter son fils sur ce sujet.

Surtout qu'il savait très bien que le brusquer le braquerait plus qu'autre chose. Scorpius avait toujours eu besoin de temps pour analyser ses pensées avant de pouvoir les partager avec autrui et il n'y avait aucune raison pour que cette fois fasse exception.

- Ça va aller, le rassura Lincoln à ses côtés, faisant écho à ses réflexions. Tu sais comment il est…

- Je sais, oui, confirma Drago, mais ça n'en est pas moins horripilant. Je vois bien que ça le turlupine et j'aimerais pouvoir l'aider à y voir plus clair, mais à part me grommeler des "T'inquiète, 'Pa, ça va", je n'ai rien pu tirer de lui !

- Il finira bien par t'en parler, si ça le gêne vraiment, le rassura son ami.

- Sans doute, mais quand ? Il ne reviendra plus avant Pâques, à présent, et je le vois mal me parler de ça dans une lettre…

- De toute façon, c'est fait maintenant, donc ça sert à rien de te prendre la tête ! Tu devrais plutôt aller retrouver la jolie brune qui te dévore des yeux depuis que nous sommes arrivés…

Le regard de Drago croisa celui d'Hermione, qui se trouvait un peu plus loin sur le quai en compagnie de son fils, de Ginny Potter, d'Hannah et d'une femme qu'il n'avait jamais rencontrée mais savait être Moldue, et un léger sourire étira ses lèvres.

Les enfants étant repartis à Poudlard, ils pourraient enfin se retrouver seuls tous les deux. Le fait que Scorpius sache pour eux ne leur avait pas spécialement permis de se voir plus. En effet, vu la réaction plus que mitigée de son fils face à cette annonce, Drago avait préféré faire profil bas plutôt que de prendre le risque d'aggraver la situation.

Lincoln s'éclipsa ensuite pour retourner à la boutique de Quidditch et les compagnies féminines d'Hermione partirent également, les laissant seuls - entourés par d'autres parents traînards - sur la voie 9 ¾.

- Salut, dit-elle après s'être rapprochée de lui.

- Salut, répondit-il en se retenant de l'embrasser.

L'envie était bien là, mais le lieu n'était pas propice à des démonstrations publiques d'affection. Même si de plus en plus de personnes étaient au courant pour eux deux, ils n'étaient pas encore prêts à s'afficher de la sorte.

- Tu as passé de bonnes fêtes ? lui demanda-t-il, plus par politesse que par réel intérêt.

Après tout, il savait qu'elle les passait toujours en compagnie d'une meute de Weasley tous plus insupportables les uns que les autres. Qu'elle s'entende si bien avec son ex était une bonne chose pour leurs enfants, mais ça lui semblait malgré tout surréaliste. Surtout vu la famille en question.

- Plus tranquilles que celles de l'an passé, oui. Et toi ?

- Meilleures que l'an passé également, précisa-t-il.

Ce qui dans les faits n'était pas vraiment difficile, vu que l'année précédente, le décès d'Astoria avait été encore bien trop récent pour qu'il puisse avoir la moindre envie de profiter des festivités.

Cette pensée lui rappela tout le chemin qu'il avait parcouru depuis et il fut assez dérouté de réaliser à quel point côtoyer Hermione l'avait aidé à gérer son deuil et à avancer sans sa meilleure amie.

- On va boire un verre quelque part ? lui proposa-t-il.

- Tu suggères quoi ?

- Un coin tranquille pas très loin… Ne nous renvoies pas en France comme tu l'as déjà fait !

Il la vit rougir légèrement à ce rappel et ne put empêcher un rictus moqueur d'étirer ses traits face à sa réaction.

Qu'elle soit toujours si réceptive à ses allusions lui faisait toujours particulièrement plaisir.

- On peut aller chez moi, si tu veux, dit-elle.

- Hum… Je ne pourrai pas m'éterniser, je dois voir Hannah à 15 heures pour finaliser sa commande avant de partir en Pologne…

- Je t'ai juste proposé de boire un verre, Drago, rien de plus, lui fit-elle remarquer, les yeux pétillant de malice.

- Tu sais très bien de quelle façon ce genre de choses se termine toujours entre nous…, répliqua-t-il, taquin.

- Nous n'avons plus vingt ans ! rit-elle avant de le prendre par le bras pour l'entraîner vers la zone de transplanage.

Ils réapparurent quelques instants plus tard dans son salon et l'attention de Drago fut aussitôt attirée par une nuisette qui traînait sur le canapé.

Même si ses enfants avaient passé la deuxième semaine de vacances chez leur père, ce genre de négligence ne lui ressemblait pas.

Drago n'eut cependant pas plus le temps de s'attarder sur la question car Hermione se blottit dans ses bras, le visage levé vers lui, attendant clairement qu'il l'embrasse.

Ce qu'il s'empressa de faire.

Ils se séparèrent quelques instants plus tard et Drago se retint de sourire de satisfaction en entendant Hermione soupirer d'aise.

- Tu veux boire un café ? lui demanda-t-elle ensuite en se dirigeant vers sa cuisine.

- Tu n'aurais pas du thé, plutôt ? Celui au clou de girofle que Lovegood t'a envoyé…

- Je croyais que tu l'avais trouvé relativement insipide, le taquina Hermione.

- Tu as dû mal comprendre, nia-t-il, sachant pertinemment qu'elle ne serait pas dupe.

Fait qui fut confirmé par le regard moqueur qu'elle lui renvoya avant d'ouvrir le placard situé au-dessus de l'évier d'où elle sortit un paquet en papier kraft.

- Tu as pu parler avec Scorpius avant son départ ? s'enquit-elle au moment où elle disposait une bouilloire sur le feu.

Il lui avait envoyé une lettre, quelques jours auparavant, pour la prévenir qu'il avait abordé le sujet de leur relation avec Scorpius, dans l'éventualité où elle se serait retrouvée face à son fils sur la voie 9 ¾. Mais là aussi, l'adolescent s'était montré distant alors que d'habitude, il allait toujours la saluer.

- Toujours la même réponse : "T'inquiète, 'Pa, ça va"...

Il vit Hermione pincer ses lèvres, comme pour se retenir de faire un commentaire, mais il se doutait que ses pensées devaient être relativement semblables aux siennes.

Soudain, un Patronus en forme de tortue apparut dans la pièce et la voix déformée d'Hannah en sortit. Elle demandait à Drago s'il ne pouvait pas la retrouver plus tôt, un imprévu avec son père s'étant incrusté dans son planning de la journée.

Drago soupira avant d'envoyer son glouton lui confirmer qu'il allait bientôt la rejoindre.

- Désolé de devoir te laisser avec ta bouilloire, s'excusa-t-il. Mais puisque je la vois plus tôt, on se retrouve un peu après avant que je ne parte ? Mon Portoloin n'est qu'à 20 heures...

- C'est moi qui suis désolée, répondit Hermione, mais j'ai déjà des projets pour la fin de journée.

- Ah oui ? releva-t-il, intrigué.

Certes, il l'avait prévenue qu'il devrait partir en Pologne pour affaires, mais il avait cru qu'elle libérerait du temps pour eux avant son départ.

- Oui, Charlie retourne en Roumanie demain, donc on va profiter de sa dernière soirée ici pour se voir.

Charlie.

Le dragonnier.

Merde, il l'avait oublié, celui-là !

Ses pensées dérivèrent aussitôt vers la nuisette qui traînait sur le canapé et il eut l'impression que son sang se glaçait dans ses veines.

- … non ?

- Hmm…, commenta-t-il, n'ayant aucune idée de ce qu'elle venait de lui dire.

- Drago, tu m'écoutes ?!

- Je… hein… quoi ?

- Je te proposais de passer demain, à la place.

- Je ne rentre de Pologne qu'après-demain, lui rappela-t-il platement.

Hermione dut percevoir que son ton avait changé car elle le dévisagea en fronçant les sourcils.

- Il y a un souci ?

- Non, non, tout va bien, mentit-il.

Alors que dans les faits, il ne pensait qu'à une chose : Hermione dans les bras de ce maudit rouquin.

- On ne dirait pas…, insista-t-elle.

Que pouvait-il répondre ? Que l'idée qu'elle passe la soirée avec un autre que lui alors qu'ils venaient d'être séparés pendant deux semaines le faisait royalement chier ? D'autant plus quand la personne avec qui elle comptait rester était l'un de ses ex…

Impossible, elle le penserait jaloux et se moquerait de lui.

Or, Drago n'était pas jaloux. Il ne l'avait jamais été et ce n'était pas aujourd'hui que ça allait changer.

Il essaya de se raisonner, de se dire qu'il n'y avait plus rien entre elle et l'Autre - elle lui avait quand même dit partager ses sentiments - et qu'il faisait preuve d'un peu trop d'imagination, mais cette nuisette perdue, seule, sur ce fichu canapé se rappela, une fois de plus, à son souvenir et son agacement s'intensifia.

Ce n'était pas le genre d'Hermione de laisser traîner ses affaires ainsi.

- Mais elle t'a dit être en train de tomber amoureuse de toi, lui rappela sa petite voix intérieure.

- Cependant, vous n'avez jamais parlé d'exclusivité…, lui fit-elle remarquer en même temps, comme pour le rendre fou.

- Drago ? l'interpella Hermione en déposant une main sur son bras pour attirer son attention.

Son regard croisa le sien et il put y lire de l'inquiétude, ce qui l'énerva d'autant plus.

Elle n'avait aucune raison d'être inquiète, contrairement à lui !

Il n'avait touché aucune autre femme depuis qu'ils avaient couché ensemble, près de deux ans auparavant, en Roumanie. L'aggravation de la maladie d'Astoria suivie de son décès avaient d'abord relayé au second plan toute envie charnelle, puis il avait fini par retrouver ses bras à elle, lui ôtant tout désir de partager d'autres draps.

Par contre, ils n'en avaient jamais clairement parlé et rien ne lui garantissait qu'elle ne s'était pas octroyé d'autres plaisirs durant tout ce temps.

Quel idiot il était d'avoir pensé qu'elle l'aurait attendu !

- Tu sais quoi ?! finit-il par lâcher, amer. Passe ta soirée comme tu en as envie et je ferai moi aussi ce que j'ai envie de mon côté. Sur ce, je dois y aller, Hannah m'attend.

Sur ces derniers mots, il transplana hors de l'appartement d'Hermione, sans lui laisser la moindre occasion de confirmer ce qu'il craignait et ainsi, de lui faire plus de mal qu'il n'en avait déjà.


Janvier - Hermione

Hermione regarda l'espace laissé vide suite au transplanage de Drago, totalement perdue.

Mais que venait-il de se passer, au juste ?!

Ils étaient là, en train de discuter tranquillement, quand l'humeur de Drago avait radicalement changé. Elle n'avait même pas eu le temps de tenter de comprendre ce qu'il se passait qu'il était parti, la laissant totalement pantoise.

Elle tenta de se remémorer avec précision les mots qu'elle avait prononcés quand un doute s'immisça dans son esprit : Charlie.

Était-il possible que la perspective qu'elle passe sa soirée avec lui l'ait touché à ce point ?!

Pourtant, il n'avait absolument rien à craindre de ce côté-là ! Les choses étaient limpides, entre Charlie et elle, depuis que Ron avait appris leur passé commun. Ils étaient simplement amis, rien de plus. Et encore, elle le voyait tellement peu souvent qu'elle se demandait parfois si elle pouvait vraiment le qualifier ainsi...

Qu'est-ce qui avait bien pu lui faire croire qu'il y avait encore quelque chose de plus entre eux ?!

Peut-être était-elle simplement en train de se monter la tête, en fait, et qu'il n'y avait pas vraiment de malaise entre Drago et elle…

Mais il était parti sans même l'embrasser, ce qui ne lui ressemblait pas.

Hermione fut tentée de le laisser se calmer tout seul - après tout, elle n'avait rien fait de mal - quand son regard se posa sur le calendrier que Hugo lui avait bricolé pour Noël.

Ils étaient le 3 janvier.

Comment avait-elle pu oublier une information pareille ?!

La date était pourtant entourée d'un gros cercle rouge, puisque c'était celle du départ des enfants pour Poudlard…

Pas étonnant que Drago soit particulièrement sensible à cette période de l'année, elle se souvenait d'ailleurs très bien de l'état dans lequel elle l'avait trouvé l'an passé lorsque Hannah l'avait appelée à la rescousse.

Hermione retourna dans sa cuisine pour éteindre le feu sous la bouilloire qui s'était mise à siffler et transplana aussitôt vers le Chemin de Traverse pour tenter d'intercepter Drago au Chaudron Baveur.

Lorsqu'elle pénétra dans le bar, Cooper lui confirma qu'il était encore occupé avec Hannah, dans le bureau de cette dernière. Hermione commanda donc un thé en s'installant au comptoir en attendant qu'ils aient fini de faire affaire.

Une demi-heure plus tard, elle entendit la porte du bureau s'ouvrir et son attention se porta aussitôt vers les personnes qui en sortirent. Son regard croisa celui de Drago et elle constata qu'il semblait vraiment surpris de la trouver ici.

- Salut Hannah, dit-elle après s'être levée pour s'approcher d'eux. Je peux t'emprunter ton bureau ?

- Euh… oui…, accepta-t-elle, légèrement hésitante. Mais tu as juste besoin du bureau, hein ? Parce que je dois retrouver mon père au Boursouflet, il a insisté pour qu'on mange ensemble ce midi. Apparemment, c'est capital...

- Juste un endroit isolé, oui, précisa Hermione.

- Alors restez-y tant que vous voulez ! confirma son amie avant de se diriger vers la sortie menant au Chemin de Traverse.

- Merci ! lui cria Hermione. Et remets mon bonjour à ton père !

Là-dessus, elle se saisit de la main de Drago, qui n'avait pas prononcé le moindre mot durant leur échange, et l'attira dans la pièce qui se trouvait derrière le comptoir.

Une fois seuls tous les deux, elle le dévisagea en silence, ne sachant pas trop par quoi commencer. Et si elle s'était trompée et qu'il n'y avait aucun malaise entre eux ?

Mais vu sa posture fermée, c'était peu probable.

- Je suis vraiment désolée, Drago, déclara-t-elle finalement en s'approchant de lui pour capter son regard.

Il se contenta de la fixer en silence, les bras croisés sur sa poitrine.

- Je… Je n'avais pas fait attention à la date, en fait…, bafouilla-t-elle, déstabilisée par sa froideur. Enfin si, je savais qu'on était le 3, avec le départ du Poudlard Express, mais… je ne sais pas… vu que tu m'as dit partir en Pologne ce soir, j'ai cru que...

- Ah parce que ça va être de ma faute, maintenant ?! la coupa-t-il, clairement énervé. Ça y est, je vais à l'étranger et direct, tu profites de l'occasion pour faire joujou avec l'autre dresseur de dragons ?!

Ainsi, elle n'était pas totalement à côté de la plaque. C'était bien le fait qu'elle ait prévu de voir Charlie ce soir qui posait problème.

- Tu sais que tu n'as rien à craindre de lui, n'est-ce pas ? demanda prudemment Hermione.

- Et pourquoi pas ? On ne s'est jamais rien promis…

- Mais enfin, Drago ! s'exclama-t-elle, surprise. Je ne sais pas pour quel genre de femme tu me prends, mais… mais je suis amoureuse de toi !

Son cœur battait la chamade. Même s'ils parlaient de plus en plus de ce qu'ils ressentaient l'un pour l'autre, ils étaient rarement aussi explicites.

- Et alors ? releva-t-il platement. J'aimais sincèrement Astoria et ça ne m'a jamais empêché d'aller voir ailleurs.

Il se détourna d'elle en passant une main dans ses cheveux d'un geste nerveux et Hermione décida de passer outre le stress qu'elle ressentait pour se rapprocher de lui.

Ils ne pouvaient pas se disputer. Pas aujourd'hui. Pas pour ça.

- Drago…, l'interpella-t-elle doucement en l'enlaçant, sa joue posée tout contre son dos. Je suis amoureuse de toi, tu entends ? Je t'aime... Je t'aime sincèrement et de la seule façon que je connaisse : exclusivement.

Elle le sentit se détendre légèrement entre ses bras.

- Il n'y a donc plus rien entre lui et toi ? demanda-t-il, lui tournant toujours le dos.

- Bien sûr que non ! Je n'ai… je n'ai été intime avec personne d'autre que toi depuis que tu m'as embrassée, ici même, peu après la première rentrée des enfants, il y a plus de deux ans.

- Même quand tu as appris qu'Astoria était malade ? l'interrogea-t-il en la regardant enfin.

- Même à ce moment-là, oui, confirma-t-elle. Et pourtant, à l'époque, j'étais déterminée à ne plus te revoir… Je te l'ai dit, Drago, je t'aime et j'ai envie de voir ce que nous deux pourrait réellement donner. Il est temps, tu ne penses pas ?

- Et… et cette nuisette en soie sur ton canapé, alors ? répondit-il, à sa plus grande surprise. Je ne t'ai jamais vue dedans...

Une nuisette en soie ? Mais de quelle nuisette parlait-il ?! pensa Hermione.

Elle n'en possédait aucune…

Quand soudain, elle comprit ce à quoi il faisait allusion.

- Oooooh ! lâcha-t-elle, sans pouvoir s'empêcher de pouffer. Mais il ne s'agit pas d'une nuisette ! C'est un fond de robe et il est à ma mère… Il est en soie, en effet, et il était abîmé. Il est impossible, pour les Moldus, de réparer ce genre de matière sans que ça ne se voie, alors elle me l'a confié pour que je demande à Molly de le réparer. Je l'ai déposé sur mon canapé pour ne pas oublier de le faire.

- Ah, lâcha simplement Drago, les joues d'un rouge soutenu.

Couleur qui amusa beaucoup Hermione car elle l'avait rarement vu l'arborer de cette façon.

Habituellement, c'était elle qui rougissait pour un rien.

- Avoue que tu te sens idiot, pour le coup, le taquina-t-elle.

- Ah ça va, hein ! marmonna-t-il, clairement vexé.

Hermione se retint de rire et pris son visage en coupe pour capter toute son attention.

- Drago Malefoy, avec ton caractère d'hippogriffe, quand quelque chose de la sorte t'interpelle ou te gêne, parle-moi au lieu de te monter la tête tout seul dans ton coin, ok ? Je sais que nous n'avons jamais trop su comment communiquer, tous les deux, mais il faut vraiment que nous trouvions un moyen d'y remédier, d'accord ? Je ne veux pas que nous nous disputions pour si peu…

- Je suis désolé, s'excusa-t-il enfin. Entre Scorpius qui se renferme, l'anniversaire de Rosie, ces deux semaines loin de toi et le fait que je n'ai jamais connu de relation… traditionnelle, dirons-nous, j'ai un peu perdu les pédales.

- Ça arrive, ne t'en fais pas, le rassura-t-elle. Tu te souviens de la fois où je t'ai accusé de ne pas aimer ma chanson parce qu'elle était moldue ? Tu m'as répondu que ce ne serait pas notre seule bourde. On s'est évités pendant vingt ans, Drago, il va nous falloir un peu de temps pour trouver notre rythme…

- Je te trouve bien philosophe, répliqua-t-il en lui souriant tendrement.

- Disons que la prochaine fois que je ferai une gaffe, tu n'auras pas le droit de t'énerver contre moi, dit-elle, faisant écho aux propos qu'il lui avait déjà tenus par le passé.

- Si on se refile le souafle comme ça à chaque fois, on ne risque pas de se disputer beaucoup, remarqua-t-il.

- Comme je te l'ai dit, il est temps que nous apprenions à communiquer, non ?

- En effet…

Il l'enlaça ensuite, dégagea une boucle de ses cheveux et regarda autour d'eux, une lueur qu'elle connaissait un peu trop bien dans le regard.

- Hum… Tu crois qu'Hannah nous en voudrait beaucoup, si elle apprenait qu'on s'est envoyés en l'air dans son bureau ? lui demanda-t-il, tout en parsemant son cou de petits baisers.

- Ce qu'Hannah ignore ne peut pas nous être reproché, répondit Hermione tout en déboutonnant la chemise de Drago.

Puis elle se saisit de sa baguette pour verrouiller la porte. Cette fois, elle ne prendrait pas le risque d'être interrompue.


Janvier - Drago

Drago laissa sa tête retomber sur l'épaule nue d'Hermione, les jambes de sa partenaire encore enroulées autour de sa taille, le souffle court.

- Je ne pourrai plus jamais regarder ce bureau de la même façon…, avoua-t-il en ricanant légèrement.

- Si Hannah apprend ce qu'on a fait ici, je ne donne pas cher de notre peau, répondit Hermione sur le même ton, avant de relever son visage vers le sien pour l'embrasser tendrement.

Drago lui rendit aussitôt son baiser puis finit par s'éloigner d'elle pour reprendre son souffle.

- Dans ces moments-là, je regrette de ne plus avoir autant de vigueur qu'il y a 20 ans, se confia-t-il. Il y a encore tellement de choses que j'aimerais te faire, là, tout de suite…

- De toute façon, le contra Hermione, je pense que si on traîne ici plus longtemps, Cooper finira par nous balancer !

Drago rit à cette idée et se libéra enfin de l'emprise d'Hermione pour se rhabiller.

- Tu veux qu'on aille manger un morceau avant ton départ ? lui proposa-t-elle ensuite.

- C'est gentil, mais je pense que je vais juste acheter un sandwich en passant. Je dois encore passer par mon bureau à Oxford avant de partir. J'ai des dossiers à récupérer pour la Pologne. Hannah m'a fait une commande un peu spéciale et ça va me prendre plus de temps pour la traiter que ce que j'avais initialement prévu…

- Oh, ok, répondit Hermione. Pour ma part, je vais passer par le Terrier avant de rentrer pour donner à Molly le fond de robe de ma mère, mais si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite surtout pas…

- Ne t'inquiète pas pour moi, je vis mieux les choses que je ne l'ai fait l'an passé, la rassura-t-il.

- Très bien, mais n'hésite pas malgré tout. Au cas où.

Ils s'embrassèrent une dernière fois puis quittèrent le bureau pour rejoindre les cheminées avant de partir chacun de leur côté.

Ils n'avaient pas reparlé de Charlie, mais ça n'avait plus d'importance. Hermione lui avait avoué être amoureuse de lui et souhaiter une relation exclusive.

Drago allait devoir laisser ses peurs de côtés pour pouvoir avancer avec elle. La jalousie et la possessivité n'aideraient personne. Elle ne lui avait jamais donné de raisons de douter, au final, il n'avait donc plus qu'à apprendre à lui faire confiance sur ça aussi.

Mais ça le faisait quand même royalement chier de se sentir ainsi vulnérable. Lui n'avait jamais eu l'impression de tromper Astoria, vu qu'il n'avait jamais aimé qu'elle, et elle ayant été asexuelle, il n'avait jamais eu à s'inquiéter d'une incartade de sa part non plus. De toute façon, leur relation était tellement particulière que ça n'aurait eu aucune incidence sur eux.

Avec Hermione, par contre, les choses étaient totalement différentes, ce qui le déstabilisait d'autant plus.

Une fois dans son bureau, il rassembla les documents dont il aurait besoin en Pologne, et s'installa pour finaliser la commande d'Hannah.

Occupé à un calcul, tout en jouant distraitement avec son alliance, comme il avait l'habitude de le faire, son regard se posa sur une photo d'Astoria et lui qui était disposée sur son bureau.

Astoria.

Que penserait-elle de sa relation avec Hermione, si elle était encore là pour le voir ? Que du bien, assurément, vu qu'elle l'avait toujours poussé à aller vers elle…

Elle avait cru en eux bien avant qu'eux-mêmes envisagent quoi que ce soit. C'était tout simplement incroyable, quand il y repensait, et au final, elle avait vu juste.

Elle l'avait toujours su.

Drago se leva de son siège et transplana jusqu'au portail de la Roseraie Greengrass. Il y pénétra sans réfléchir et se dirigea d'un pas vif jusqu'au rosier d'Astoria.

Il savait que Daphné et Millicent étaient en Suisse, chez les parents de cette dernière, et que Beth, la botaniste, ne viendrait jamais le déranger.

Il s'assit sur le banc qui avait été placé à côté de la plante, pour qui voudrait se recueillir à l'endroit où les cendres de Rosie reposaient, et fixa les fleurs en silence.

- Salut, pensa-t-il en s'adressant à celle qui avait partagé sa vie pendant tant d'années. Ne cherche même pas ! Je ne te parlerai pas à voix haute, je me sens déjà assez idiot comme ça… Je suppose que tu ne peux pas t'empêcher de me surveiller, de là où tu es, n'est-ce pas ? J'espère que tu es fière de toi. Tu avais raison, pendant tout ce temps, il y a bien un lien spécial, entre Hermione et moi… J'ai mis du temps à l'accepter, mais je pense que c'était nécessaire. J'avais besoin de toi à mes côtés pour guérir mes blessures, pour grandir et être prêt à avancer. Mais cette fois, je pense qu'il est temps. Mais tu le sais déjà, n'est-ce pas ?

Drago sourit légèrement, retira son alliance et l'observa quelques instants, le cœur lourd. Etait-il vraiment prêt à faire ça ? Il sentait que oui, au plus profond de lui-même, mais ça ne rendait pas l'acte plus facile à réaliser pour autant.

Mais il savait que Rosie aurait voulu qu'il le fasse, le moment venu.

Drago se releva, son alliance serrée au creux de sa main, et s'agenouilla devant le rosier pour creuser la terre avant d'y placer le symbole de son union avec Astoria.

Il reboucha le trou avant de se relever et inspira profondément, les yeux rivés sur les fleurs dont la couleur lui rappellerait toujours les yeux de sa défunte épouse.

- Je t'aimerai toujours, ma Rosie, n'en doute jamais.

Sur cette dernière pensée, il fit demi-tour pour quitter la Roseraie et transplana jusqu'à la volière du Manoir.

Il envoya un message à son fournisseur en Pologne pour lui demander de décaler leur rendez-vous de quelques jours - au final, il n'avait aucune commande urgente à traiter - et rentra chez lui, dans le petit salon, pour utiliser le réseau des cheminées afin de demander à Hermione l'autorisation de lui rendre visite.

Il aurait pu transplaner directement chez elle, mais vu qu'elle devait recevoir de la visite, il ne voulait pas s'imposer.

- Drago ?!s'exclama-t-elle en découvrant son visage dans son âtre, clairement surprise.

- Salut…, répondit-il, légèrement gêné malgré lui. Je suis désolé de te déranger, mais… je peux passer ?

- Tu ne me déranges pas, répliqua-t-elle. Et viens, oui !

Il se retira de la cheminée pour pouvoir l'utiliser pleinement et ressortit dans le salon d'Hermione quelques instants plus tard.

Il regarda autour de lui, à la recherche du dragonnier - il ne savait pas à partir de quelle heure ils avaient prévu de se voir - et constata qu'Hermione semblait être encore seule.

- Il ne viendra pas, confirma-t-elle en le regardant.

- Ah ? releva-t-il, simplement.

- Non. Je l'ai vu au Terrier et au final, il passera la soirée avec ses parents.

- Il ne fallait pas annuler à cause de…, commença Drago.

- Ce n'est pas le cas, le coupa-t-elle en souriant.

Cependant, Drago était soulagé qu'elle ne le voie pas. Autant le fait qu'elle fréquente encore son ex-mari l'indifférait totalement, autant ce Weasley-là était bien mieux en Roumanie qu'ici…

Hermione s'assit sur son canapé et lui fit signe de la rejoindre, ce qu'il fit sans hésiter.

- Mais et toi ? s'enquit-elle ensuite. Tu n'es pas sur le départ pour la Pologne ?

- J'ai repoussé, lui annonça-t-il. J'étais dans mon bureau, en train de calculer le montant de la T.V.A. de la commande d'Hannah, quand j'ai vu une photo d'Astoria et… et j'ai pensé à toi, à nous.

- Vraiment ?

Drago prit la main d'Hermione, capta son regard, et le reporta ensuite sur ses doigts libres de tout anneau. Au petit "oh" qu'elle poussa, il comprit qu'elle avait remarqué qu'il ne portait plus son alliance.

- Je t'aime, Hermione, dit-il en plongeant à nouveau ses yeux dans les siens. Et je suis prêt à le faire à ta façon : exclusivement.


.


Et voilà pour cette fois !

Pour qui avait peur que la réaction mitigée de Scorp' joue sur leur relation, vous pouvez voir qu'il n'en est rien, hé hé.

Voilà qui ancre encore plus le Dramione, en tout cas. Cette fois, le "je t'aime" est bel et bien sorti ! Il ne devait pas tout à fait sortir comme ça non plus mais bon, ils savent mieux que moi ce qui est bon pour eux, non ?

On retrouvera les enfants pour les deux prochains chapitres, en tout cas, et j'espère qu'ils vous plairont !

Merci encore de me lire et plein de bisous et de courage pour vous