Chapitre 62 : Molly a de bonnes intentions

Note de la traductrice :

Ce chapitre comporte des passages extraits des livres mais, comme vous vous en doutez, je n'ai pas accès à la traduction vu que toutes les bibliothèques sont fermées. Les passages en italique sont donc ma propre traduction des livres, et je mettrai les originaux quand j'aurai accès au texte.

Pour la même raison, je ne sais pas qui tutoie/vouvoie qui, je l'ai fait au feeling, si je me suis trompée, merci de me l'indiquer dans les reviews (ou par MP).


En échange de leur très gentil manque total d'informations, Harry revint à une méthode qu'il n'avait pas utilisée depuis environ cinq ans. Il avait été, à une époque, dangereux pour lui d'être meilleur que Dudley à l'école, donc Harry était très doué pour passer pour un idiot. Le Square Grimmaurd ? Londres ? L'Ordre du Phénix ? Arabella Figg sur la courte liste des personnes à qui Dumbledore faisait confiance ? Harry n'a jamais entendu parler de ça. Harry est un champignon, il vit dans le noir et se nourrit…

Bon. Cela apportait assez d'humour à la situation pour supporter d'être en présence du vrai Maugrey, tout en notant mentalement d'apprendre le sortilège de Désillusion dès que possible.

- Désolé, dit Harry à Ron et Hermione (et Greg qui les regardait en silence) après leur avoir crié dessus. Cette maison me rend toujours de mauvais humeur, si je ne fais pas attention.

- Ah bon ? demanda Ron. Je croyais que tu adorais cet endroit. J'ai été vraiment surpris quand tout le monde disait que tu ne connaissais pas, mais Hermione m'a empêché de dire quoi que ce soit.

- Essaie des boucliers d'Occlumancie, suggéra Harry.

- Oh, dit Hermione d'un air surpris. Je n'avais pas réalisé. Ça vient d'où ?

- Un objet maléfique quelque part, dit Harry en haussant les épaules. Ce n'est pas si mal à condition de ne pas être Sirius, ça s'attaque à la même chose qu'Azkaban, je parie que Hagrid détesterait cet endroit aussi.

- Mais Harry, dit Hermione avec inquiétude, Sirius est obligé de rester ici maintenant. Le Ministère est en train de parcourir tout le pays pour le retrouver, parce que Fudge est furieux contre Dumbledore.

À quel point Fred et George les interrompirent, et Harry se retrouva avec un autre souci dans le coin de la tête.


- J'ai dit tais-TOI ! rugit l'homme, et avec un effort stupéfiant lui et Lupin réussirent à refermer les rideaux.

Les hurlements de la vieille femme se turent, laissant place à un silence retentissant. Haletant légèrement et repoussant ses longs cheveux sombres hors de son visage, Sirius, le parrain de Harry, se tourna pour lui faire face.

- Bonjour, Harry, dit-il d'une voix lugubre. Je vois que tu as rencontré ma mère.

- Elle est de très bonne humeur, dit Harry.

- Elle a appliqué un maléfice de Glu Perpétuelle à l'arrière de son portrait.

- Je parie qu'elle serait de meilleure humeur si tu demandais à un enfant de se tenir en silence devant elle pendant qu'elle récite son arbre généalogique, proposa Harry.

Sirius le regarda d'un air méditatif, puis ébouriffa ses cheveux.

- Je ne sais pas la moitié de ce que tu fais, hein.

Harry lui sourit.

- Je suis content que quelqu'un garde le moral, commenta Sirius, et Harry ajouta un gros point d'exclamation à sa note mentale sur le moral de Sirius.

Sa cuisine avait été totalement envahie par Mme Weasley. Harry, qui était assez fatigué, se dit que ça convenait très bien. La cuisine semblait pleine de vie. Peut-être que Harry pourrait inviter tous les Weasley à venir habiter avec lui et Sirius de façon permanente. C'était – c'était un très beau rêve. Harry allait revenir à ce rêve.


Harry sentit quelque chose frotter ses genoux et sursauta, mais ce n'était que Pattenrond, le chat roux de Hermione aux jambes arquées, qui tourna autour des jambes de Harry en ronronnant, avant de sauter sur les genoux de Sirius et de se rouler en boule. Sirius le gratouilla derrière les oreilles par réflexe avant de se tourner, le visage toujours abattu, vers Harry.

- Tu as passé un bon été jusque là ?

Harry se força à sourire pour son parrain.

- Ben, je m'ennuyais pas mal.

Sirius eut un rire amer.

- C'est assez ennuyeux ici aussi.

- Comment ça ?

- Parce que le Ministère de la Magie est toujours à mes trousses, et maintenant Voldemort sait que je suis un Animagus, Queudver lui aura dit, donc mon déguisement ne sert plus à rien. Je ne peux pas faire grand-chose pour l'Ordre du Phénix… enfin selon Dumbledore.

Il y avait quelque chose dans la façon pincée dont Sirius avait prononcé le nom de Dumbledore qui indiqua à Harry que Sirius, lui aussi, n'était pas très satisfait du directeur. Harry ressentit une bouffée d'affection pour son parrain.

À ce point de la discussion, Chaton entra dans la pièce et Molly la repoussa avec un balai.

- En haut, Chaton ! dit-ielle d'une voix ferme. En haut !

- Elle aime les gens, lui dit Sirius d'une voix lasse. Elle vous aime bien.

- Chaton, dit Harry, j'ai vu un mouton de poussière très appétissant sur le pallier du deuxième étage. Tu pourras avoir de la boue de dehors après.

Chaton ressortit en ronronnant, et Sirius se mit à rire.

- La seule chose marrante qui se soit passée ce mois-ci, dit-il. Ça devient grave, quand je passe mon temps à regarder des bulles de savon.

- Chaton est un artefact magique très complexe, dit Harry d'une voix respectueuse. Tu devais dire merci.

Il fit une pause.

- Et je parie que tu aimes bien qu'elle rende le professeur Rogue à moitié fou.

Sirius avait une expression enchantée.

- Il ne supporte même pas d'être dans la même pièce qu'elle. Ça lui donne un tic.


Le dîner se passait bien jusqu'à ce que Molly Weasley commence à se disputer avec Sirius.

- Ce n'est plus un enfant ! dit Sirius avec impatience.

- Ce n'est pas non plus un adulte ! dit Mme Weasley, le rouge lui montant aux joues. Ce n'est pas James, Sirius !

- Je sais parfaitement qui il est, Molly, merci, dit Sirius d'une voix froide.

- Je n'en suis pas sûre ! Parfois, à la manière dont vous parlez de lui, c'est comme si vous pensiez que vous avez retrouvé votre meilleur ami !

- Je ne parle pas de Voldemort, dit brusquement Harry, parce que je vais trouver ce qui se passe que vous me le disiez ou non. C'est ce que j'ai fait à chaque fois avant ça, et c'est ce que je ferai encore. Pourquoi Sirius et le professeur Rogue sont les seuls à remarquer ça ?

Mme Weasley était formidable, mais ça ne lui donnait pas le droit de critiquer la santé d'esprit de Sirius devant Harry. Harry avait eu pas mal de boulots dans sa vie, et prendre soin de Sirius en faisait incontestablement partie. Il croisa le regard de Remus de l'autre côté de la table, et Remus détourna les yeux.

- Vous voyez ? demanda Mme Weasley, s'adressant toujours à Sirius. Vous persistez à l'encourager à prendre des risques-

Harry avait très envie de casser une ou deux assiettes, mais il laissa la dispute continuer sans intervenir.


- Il n'est pas votre fils, dit doucement Sirius.

- C'est comme s'il l'était, s'emporta Mme Weasley. Qui a-t-il d'autre ?

- Moi !

- Oui, dit Mme Weasley, plissant les lèvres. Cependant, ça a été assez difficile de prendre soin de lui quand vous étiez enfermé à Azkaban, n'est-ce pas ?

Sirius commença à se lever de sa chaise.

- Molly, vous n'êtes pas la seule personne à cette table qui tient à Harry, dit Lupin d'une voix sèche. Sirius, rassieds-toi.


- Bien, dit Harry à Ron, après que Fred et George les aient laissés. Jolie chambre, mais il y a eu un malentendu. Je te verrai demain matin.

- Tu ne dors pas ici ?

- J'ai ma propre chambre, non ? dit Harry. Bonne nuit.

Et Harry se glissa hors de la chambre où Molly l'avait envoyé, couvert par sa cape d'invisibilité, et alla toquer à la porte de Sirius.

Sirius aboya doucement, donc Harry entra dans la chambre. Il s'assit sur le lit à côté de Sirius et ébouriffa ses oreilles poilues.

- La vie est un peu plus facile quand on est un chien, hein.

Sirius appuya sa truffe sur la jambe de Harry, et Harry lui frotta le dos.

- Je ne suis pas son fils, dit-il doucement.

Sirius s'immobilisa.

- Ça n'a rien à voir avec elle, en fait. Elle est très bien. M. Weasley aussi. Mais elle crie sur ses fils. Elle ne me crie jamais sur moi.

Harry essaya de mettre des mots sur ce qu'il ressentait l'aura oppressante de la maison n'aidait pas. Il ferma les yeux un instant, visualisant la sensation parfaite d'un vif-d'or devant lui, virevoltant dans l'air. Ça aida un peu.

- Tu es le seul qui m'a demandé comment s'est passé mon été, aujourd'hui. Elle pense qu'elle sait. Tout le monde croit savoir qui je suis.

Sirius couchait les oreilles. Harry décida qu'il était plus prudent d'arrêter de parler avant que Sirius décide de mordre Mme Weasley, et s'installa la tête posée sur lui pour dormir.