Bonjour !

Comment vous portez-vous en ce énième jour de confinement (j'avoue, j'ai perdu le décompte XD). Moi ça va, faut dire qu'on a la chance d'avoir un jardin, donc ça aide quand même à souffler... Donc grosse pensée à toutes les personnes qui se retrouvent coincées dans un petit appartement sans possibilité de sortir prendre l'air sans prendre le risque de se choper une amende... C'est dur mais c'est important de rester chez soi. Suffisamment de personnes n'ont pas le choix, pensons à elles !

Sinon, voici enfin le chapitre tant attendu sur la réaction de Scorpius suite à l'annonce de son père sur la relation qu'il entretient avec Hermione. J'espère qu'il répondra à vos attentes !

Et une fois de plus, je tiens à vous remercier chaleureusement de me lire ! Cette histoire a dépassé les 1400 reviews, c'est incroyable et je n'aurai jamais les mots pour vous dire à quel point ça me touche que vous viviez cette aventure avec moi ! Même si au final, le chapitre précédent ne vous a pas fait réagir tant que ça... (c'est rigolo, au final, c'est rarement les chapitres auxquels je m'attends qui vous font le plus réagir !)

Sur ce, bonne lecture !


RARA

Cecile : Coucou ! Le Dramione n'a jamais été plus stable, c'est clair ! Drago est jaloux, oui... Mais bizarrement, juste de Charlie, ah ah, va savoir pourquoi (nous, on sait, c'est Charlie, quoi :p ). Ravie que tu aies aimé le passage à la Roseraie. C'était important qu'il se détache de ce lien, même si Rosie sera toujours une partie intégrante de sa vie. Il reste en effet le point "Scorpius" à clarifier, mais chaque chose en son temps. Merci beaucoup pour ta review, en tout cas, et j'espère que ce chapitre te plaira. Prends soin de toi !


Merci à Damelith, Kar Ine, Keichi et Mery-Alice Gilbert pour leur relecture, leurs conseils, leurs corrections et leur soutien.

Merci à J.K. Rowling pour toute son œuvre. Sans elle, rien de tout cela n'existerait.


L'Autre

2020 - Scorpius/Rose

Janvier - Scorpius

Scorpius était installé à une table isolée de la bibliothèque, penché sur un gros volume relié de cuir traitant des propriétés magiques des champifleurs.

Son devoir de botanique n'était à rendre que dans deux semaines, mais il avait éprouvé le besoin de se retrouver un peu seul.

Cela faisait quelques temps qu'il ne s'était pas senti aussi morose. D'ailleurs, il culpabilisait un peu de l'être, n'arrivant pas à comprendre pourquoi il se mettait dans un état pareil.

Enfin, pour être honnête, il savait très bien que l'annonce de la relation entre son père et Hermione en était à l'origine, mais il ne s'expliquait pas pourquoi ça le touchait autant.

Hermione était gentille, compréhensive, intelligente, amusante et c'était la mère de sa meilleure amie. Quitte à ce que son père se mette à fréquenter quelqu'un, autant que ce soit une personne qu'il appréciait, non ?

Mais alors pourquoi ne se réjouissait-il pas de cette nouvelle ?

Sa mère n'y aurait rien trouvé à redire, ayant toujours affirmé qu'elle ne voulait que leur bonheur, à son père et à lui…

C'était incompréhensible ! Ce qui le renfermait d'autant plus sur lui-même.

Scorpius se savait à fleur de peau et il n'avait pas envie de prendre le risque de passer ses nerfs sur ses amis.

Raison pour laquelle il avait choisi de s'avancer sur son travail plutôt que de traîner avec Al' et Roussette.

Malheureusement, cet état d'esprit n'était pas le plus propice à la concentration, puisque cela faisait quinze bonnes minutes qu'il relisait la même phrase sans en comprendre le sens.

Las, il referma le livre en soupirant avant de se laisser retomber sur le dossier de sa chaise.

- C'est si chiant que ça ? demanda Albus en s'installant face à lui.

Scorpius ne put se retenir de sourire face à la remarque mais se contenta de répondre d'un haussement d'épaules.

- Merde, poursuivit son ami en chuchotant. Je vais pas pouvoir copier sur toi, alors ?

- Tu sais bien que Neville nous a grillés à chaque fois qu'on a tenté le truc…

- Ouais… Heureusement qu'il a rien dit à mes parents, sinon ça leur aurait donné une autre raison de se disputer.

- Ça va pas mieux entre eux ? s'enquit Scorpius, embêté pour son ami.

- Pas vraiment. Comme je te l'ai dit, ils ont passé les vacances à s'ignorer ou à se prendre la tête, donc bon.

- Ça va finir par s'arranger, non ?

Scorpius n'avait jamais vu ses parents se disputer et ne savait donc pas du tout ce qu'Albus pouvait ressentir dans cette situation, ce qui l'ennuyait assez car il ne savait pas quoi lui dire pour l'aider.

- Parfois, je me dis qu'ils feraient mieux de divorcer. A quoi bon rester ensemble si on s'aime plus ?

- Je sais pas, répondit Scorpius, impuissant. Tu sais bien que mes parents ont toujours été un peu… pas comme ceux des autres. J'ai quand même l'impression que les adultes aiment se compliquer la vie.

Et la mienne…

- Comment ça ? rebondit Albus.

- Comment ça quoi ?

- Tu viens de dire "Et la mienne".

- Ah ouais ?!

Mince ! Il ne pensait pas l'avoir formulé à voix haute.

- Bah oui, sinon je ne l'aurais pas remarqué…, répliqua Albus, moqueur.

Scorpius inspira pour se donner du courage et se confia à son meilleur ami :

- Mon père sort avec Hermione.

Après tout, il faudrait bien qu'il finisse par en parler. De plus, Albus étant de sa famille à elle, il serait forcément au courant à un moment ou à un autre, donc autant que ça vienne de lui.

- Hermione… MA TANTE ?! s'exclama l'adolescent, récoltant au passage un regard noir de la bibliothécaire qui passait justement par là.

- Elle-même, confirma Scorpius. Il me l'a dit pendant les vacances…

- Merde, alors ! jura Albus, cette fois à voix basse. Ton père et Hermione ?! Mais depuis quand ?

- J'en sais trop rien, avoua Scorpius. Un moment, je suppose, vu qu'il m'en a parlé… Il l'aurait pas fait si c'était pas sérieux entre eux. Enfin, je crois…

- C'est chaud, quand même, commenta Albus. Ton père et la mère de Roussette… Vous allez être un peu comme frère et sœur !

En effet, pensa Scorpius.

Mais bizarrement, il trouvait cette idée plus réconfortante que dérangeante.

- Lui dis rien, à Roussette, par contre, le prévint Scorpius. Je pense qu'elle est pas au courant, sinon elle nous en aurait parlé, et j'ai pas envie qu'elle me prenne la tête avec ça pour le moment. A tous les coups, elle aura une tonne de questions et j'ai aucune réponse à lui donner.

- C'est clair que si elle l'apprend, elle nous lâchera plus avec ça, confirma Albus. Sérieux, quoi, ton père et ma tante ! Ça fera de nous des sortes de cousins, non ?

Cette fois encore, la remarque de son ami fut une réelle prise de conscience pour lui.

Mais bizarrement, cette fois, il trouvait cette idée nettement plus dérangeante.


Février - Rose

Rose rangea les cadeaux qu'elle avait reçus pour son quatorzième anniversaire dans sa malle, un sourire satisfait aux lèvres.

Cette fois encore, elle avait été gâtée par ses proches et elle comptait utiliser le papier à lettres offert par Juliet pour les remercier chaleureusement, comme chaque année depuis qu'elle savait écrire.

Albus se moquait toujours d'elle, l'accusant d'en faire trop, mais elle trouvait ça tout simplement normal : famille ou pas, rien ne les obligeait à lui faire de tels présents et il était naturel qu'elle prenne le temps de les remercier tous.

Elle redescendit ensuite dans la salle commune de Serpentard pour retrouver sa cousine, échangeant un regard noir avec Cara-Lean au passage.

Depuis qu'elle avait provoqué sa rupture avec Howard, une sorte de guerre ouverte était déclarée entre elles. Et jusqu'à présent, Rose avait l'avantage sur son ancienne amie.

Il fallait dire qu'avec le soutien de ses cousins, renforcé par les farces et attrapes de son oncle, Cara-Lean n'avait aucune chance de faire le poids. Ce qui ne l'empêchait pas de se défendre avec ardeur - comme pouvaient en attester les cheveux jaunis de la jeune fille.

- Ça y est ? T'as tout rangé ? lui demanda Lily, une fois qu'elle l'eut rejointe sur le canapé de velours vert où elle était installée avec Luan Urquhart.

- Dans ma malle, oui, confirma-t-elle. Et j'y ai bien apposé la protection que Tonton George nous a apprise pour éviter que les sales curieuses puissent fouiner.

- Tu crois que Cara-Lean oserait fouiller dans tes affaires ? l'interrogea Luan.

- La couleur de mes cheveux prouve qu'elle l'a déjà fait, répondit Rose en grimaçant. Ça m'apprendra à manquer de prudence…

- Tonton ne t'as pas envoyé de quoi leur rendre leur couleur naturelle ? s'enquit Lily.

- D'après sa lettre, il a plus de produit en stock, mais il a promis de m'en envoyer dès qu'il en aura préparé.

- C'est pas si mal, en attendant…, hasarda Luan.

Mais Cara-Lean passa près d'elles en imitant le piaillement d'un poussin au même moment, ce qui limita l'effet du compliment clairement exagéré de sa camarade.

- On sort d'ici ? proposa Rose en se relevant. Ça sent vraiment mauvais dans le coin…

Elle faisait allusion à la boule puante qu'elle avait placée dans l'armoire de Cara-Lean, parfumant ainsi toutes ses affaires d'une odeur tenace de veracrasse.

Luan et Lily ricanèrent en lui emboîtant le pas, puis elles franchirent le passage libéré par le tableau qui gardait l'entrée des quartiers des Serpentard.

De toute façon, il était bientôt l'heure d'aller en cours.

.

Rose était assise dans la Grande Salle, attendant que Scorpius, Albus et Juliet reviennent de leur cours de divination, quand Jake vint s'asseoir à côté d'elle.

- T'as perdu tes ombres ? lui demanda-t-il, en refermant le livre qui était déposé devant elle.

- Hey ! protesta-t-elle. C'est malin, j'ai perdu ma page, à présent !

- Tu sais tout comme moi que c'est la troisième fois que tu relis ce truc, répliqua-t-il en souriant.

Rose soupira, blasée.

- Et toi, alors ? Où est James ?

- Neville l'a retenu à la fin du cours, répondit-il dans un haussement d'épaules.

- Qu'est-ce qu'il a encore fait ?

- Rien, je crois que c'est pour un truc de Préfets.

- Et t'as pas d'autres gens que moi à embêter ? l'accusa-t-elle, légèrement agacée par son attitude nonchalante.

- A vrai dire, j'aurais un service à te demander, avoua-t-il, avec un petit sourire au coin des lèvres.

Venant de lui, Rose s'attendait au pire.

- Il paraît que George t'a envoyé pas mal de trucs sympas, pour ton anniversaire…

- En effet…, confirma-t-elle, prudente. Va falloir être plus précis.

- J'aurais besoin de ta boîte à prouts, lâcha-t-il sérieusement.

- Ma boîte à prouts ?!

- Tu sais très bien de quoi je parle ! Tu l'as utilisée hier sur ta copine, ici même.

- Alors de un : Cara-Lean n'est pas ma copine, protesta Rose en levant son index dans un geste menaçant. Et de deux : ça s'appelle un Flattulateur, pas une boîte à prouts.

- Si tu veux, dit Jake. Tu me la prêteras ou pas ?

- Ça dépend, tu comptes faire quoi, avec ?

- Cet idiot de Khan Do a lâché une caisse, l'autre jour, en cours et il a fait croire à tout le monde que c'était moi. Depuis, les Serdaigle m'appellent le Gazo-maître…

En entendant ça, Rose ne put s'empêcher d'éclater de rire, faisant se renfrogner l'autre adolescent.

- Ah ça va, hein ! rouspéta-t-il, faisant redoubler l'hilarité de la jeune fille. Alors, tu me la prêteras ou pas ?

- D'accord, accepta Rose une fois calmée. Mais à la condition que tu me laisses t'appeler Gazo-maître sans rien dire !

Jake hésita quelques instants puis grogna en guise d'assentiment, juste avant que Scorpius, Albus et Juliet les rejoignent.

.

Rose et Juliet étaient assises dans un coin de la cour intérieure du château, occupées à disputer une partie de Bavboules.

- Tu dirais quoi si je te disais que je comptais rejoindre le club de Bavboules ? demanda Juliet, après avoir joué un coup particulièrement précis.

- Je te demanderais pourquoi tu as attendu aussi longtemps, répondit Rose. Tu es la joueuse la plus douée de ma connaissance ! T'as vu ce que tu viens de faire, là ?!

Son amie rougit légèrement sous le compliment.

- Bah, tu sais, c'est pas si difficile, suffit juste de viser…

- C'est ça, la taquina Rose. Pour une Serdaigle, tu es rudement modeste !

- Parce que l'arrogance n'appartient pas à ma Maison, mais à la tienne ! riposta-t-elle en riant.

Rose pouffa légèrement sous la remarque mais ne lui en tint absolument pas rigueur. Elle savait pertinemment qu'il n'y avait rien de méchant derrière celle-ci.

- Par contre, poursuivit Rose après s'être mise à genoux pour mieux lancer sa bille, pourquoi cette envie soudaine… ?

Son amie restant silencieuse, elle leva les yeux vers elle pour la regarder et fut surprise de constater que tout son visage était à présent rouge pivoine.

- Qu'est-ce que tu mijotes ?! l'interrogea-t-elle en se remettant dans une position plus confortable.

- Rien du tout…, bafouilla Juliet en détournant le regard.

- Juliet Cunégonde Maury ! Je te connais par cœur ! Dis-moi tout de suite ce que tu me caches !

- Je n'aurais jamais dû t'avouer mon deuxième prénom..., grommela son amie.

- N'essaie pas de changer de sujet ! riposta Rose. Allez, balance !

- Très bien…, céda Juliet. Roméo me l'a demandé.

- Roméo… Nott ?

- Lui-même…

- Tu as craqué pour Roméo Nott ?!

- Oui… et je sais ce que tu vas me dire, donc tu peux en rester là.

- Non mais attends, enchaîna Rose en riant. Tu es en train de me dire que toi, Juliet, tu es à fond sur Roméo ?!

- ÇA VA ! JE SAIS ! répéta la jeune fille. Mais les trois quarts des élèves ici ne feront pas le lien, sauf s'ils ont de la famille moldue, donc y a pas de quoi en faire toute une histoire…

- Roméo et Juliet, pouffa Rose, malgré elle. J'adore l'idée ! Mais tu sais que ça se finit pas super bien entre eux, non ?

- Ah ! Je savais que j'aurais pas dû t'en parler ! râla Juliet en rassemblant ses Bavboules avant de se relever pour partir.

- Attends ! l'appela Rose. Je suis désolée, je ne voulais pas te faire de la peine, s'excusa-t-elle. Nott est un type sympa, surtout depuis qu'il ne traîne plus avec l'autre scroutt de Parkinson, je trouve ça cool que vous soyez ensemble !

- Je n'ai jamais dit qu'on était ensemble, précisa Juliet en se tournant vers elle. Mais s'il m'a demandé de le rejoindre, tu crois que… Enfin, je sais pas…

- Il serait idiot de ne pas s'intéresser à toi, en tout cas, la rassura Rose. Tu es une fille super !

Son amie lui fit un sourire reconnaissant avant de l'aider à ramasser ses Bavboules, puis elles retournèrent, bras dessus-dessous, à l'intérieur du château.

.

Mars

Rose attendait Albus pour se rendre à la volière afin d'envoyer la carte d'anniversaire qu'elle avait préparée pour son père.

Dire qu'il fêtait ses quarante ans… Ça lui semblait tellement vieux ! Enfin, peut-être pas si vieux, comparé à quelqu'un comme McGonagall, mais quand même.

Comment serait-elle, elle, à cet âge ? Et que ferait-elle de sa vie ? Le restaurant de son père était reconnu dans le monde sorcier, le service d'aide créé par sa mère avait largement fait ses preuves… Donc même si on leur retirait leurs actes de bravoure durant la Seconde Guerre des sorciers, ses parents avaient réussi à laisser leur trace dans le monde magique.

Arriverait-elle à en faire de même, sachant qu'elle n'avait toujours aucune idée de carrière pour plus tard ?

- Toi, tu as ta tête de celle qui pense trop ! déclara Albus en la rejoignant.

- N'importe quoi, nia-t-elle, en revenant au présent.

- Bien sûr que si ! Tu as le nez froncé et tu louches à moitié…

- Oh ça va ! le coupa-t-elle, agacée d'avoir été si facilement percée à jour. On y va ? Tu sais qu'Onyx n'aime pas voler sous la pluie, elle risque de rechigner à y aller.

- Onyx est ma chouette, répliqua son cousin. Je sais très bien comment m'y prendre avec elle !

Rose lui retourna une moue sceptique, se souvenant très bien que le mois passé, Albus était revenu la main en sang lorsqu'il avait essayé d'envoyer Onyx porter un message sous la neige.

Ils arrivèrent à la volière quelques minutes plus tard et Albus sortit du Miamhibou d'une poche de sa cape pour tenter d'amadouer son volatile, ce qui sembla fonctionner vu qu'Onyx les laissa attacher les enveloppes à sa patte sans rouspéter.

- Tu vois ? se pavana Albus, une fois sa chouette envolée, je t'avais bien dit que je savais m'y prendre avec elle !

- Ça va, ça va, capitula Rose, je retire ce que j'ai dit ! Au fait, y a un souci avec Scorp' ?

- Non, pourquoi ? lui répondit-il.

- Je sais pas, j'ai l'impression qu'il m'évite, depuis quelques temps…

- On était encore ensemble tous les trois ce matin, Roussette, tu délires !

- J'ai pas dit que je le voyais plus, mais que… Oh et puis laisse tomber ! Même s'il se passait un truc, tu me le dirais pas ! Quand il est question de Scorpius, je passe toujours après, de toute façon.

Albus ne chercha même pas à nier, se contentant d'un haussement d'épaules indifférent en réponse.

Albus et Rose retournèrent ensuite vers le château, puis se séparèrent dans le hall principal, chacun retournant vers sa salle commune.

Rose rejoignit Lily et Luan, occupées à feuilleter un magazine quelconque, et s'assit à leurs côtés.

- Ça y est, les lettres sont parties ? demanda Lily.

- Ouais, confirma Rose. J'ai glissé la tienne dans mon enveloppe pour pas qu'Onyx râle d'avoir trop de courrier à porter.

- La chouette de mon frère a vraiment un sale caractère ! approuva-t-elle. Je suis bien contente d'avoir pris un chat, à la place…

- J'aurais trop aimé avoir un chat, intervint Luan, mais mon père a insisté pour que je prenne un hibou, prétendant que ceux de Poudlard n'étaient pas fiables… C'est trop nul !

- Comment vont tes parents, d'ailleurs ? l'interrogea Rose. Ça se passe bien avec Seamus ?

- Je crois, oui… Ils m'en parlent pas beaucoup, dans leurs lettres. Mais Lucy est encore petite, je suppose qu'il interviendra plus quand elle grandira.

- Et toi, ça va avec ça ?

- Bah ça me fait surtout bizarre de penser qu'elle mettra jamais les pieds ici, répondit Luan.

- Tu m'étonnes ! approuva Rose. Quand je vois à quel point Hugo est impatient de venir… Je me souviens pas l'avoir été autant, à son âge.

- Tu veux rire ou quoi ?! se moqua Lily. Tu avais enfilé ta robe de sorcière à peine arrivée sur le quai, pour ta première rentrée. Tu n'as jamais été patiente, Rose…

- Oui, bon, peut-être, lui concéda-t-elle. Mais Poudlard, quoi !

- Sinon, reprit Lily en baissant la voix. Il parait que Juliet sort avec Roméo, c'est vrai ?

- Oui, confirma Rose sur le même ton. Mais elle veut pas que ça se sache, elle a peur que Cara-Lean lui fasse le même coup qu'à moi.

- Pff, y a pas de risques ! réagit Luan. Il la connaît depuis toujours, il sait comment elle est et se fera pas avoir comme l'autre benêt de Shield.

Alors qu'elle s'apprêtait à répondre, Rose croisa le regard de Cara-Lean et préféra changer de sujet. Avec elle dans les parages, il valait mieux se montrer prudente.


Mars - Scorpius

Scorpius était allongé dans son lit, regardant sans le voir le tissu de velours rouge qui l'encadrait.

Il entendait ses camarades de chambrée remuer, de l'autre côté, mais n'avait pas envie de sortir de sous sa couette. Du moins, pas pour l'instant.

Pour l'instant, il avait juste envie de rester confortablement installé au chaud. A tous les coups, il pleuvait encore et ils commençaient par leur cours de soins aux créatures magiques. Les conditions météorologiques épouvantables n'avaient jamais empêché Hagrid de donner cours dehors et à chaque fois que ça arrivait, il se disait qu'il aurait mieux fait de prendre l'arithmancie ou l'étude des runes, comme Roussette.

Mais alors, il aurait passé moins de temps en compagnie d'Albus et…

- Malefoy, espèce de vieux yéti ! l'appela Nelson, depuis la partie commune de leur dortoir. Sors donc de ta tanière et va te doucher ou tu vas encore être en retard en cours !

- Oui Papa ! grommela-t-il en réponse avant de s'extirper de son lit.

Son camarade avait raison, il était temps qu'il se bouge.

Il attrapa un de ses uniformes dans son armoire laissée ouverte et se dirigea d'un pas lourd vers leur salle de bain.

Alors qu'il s'apprêtait à y entrer, il vit Albus, tout juste vêtu d'une serviette, en sortir.

- Fais chier, grommela-t-il sans même le saluer. Mes fringues ont pris l'eau et j'avais pas ma baguette pour les sécher.

- Euh… t'as besoin d'aide ? lui demanda Scorpius, fixant malgré lui la nudité partielle de son ami.

- Nan, ça va, je vais juste prendre une autre tenue et m'habiller dans mon lit pour pas squatter la salle de bain plus longtemps. Je t'attends pour descendre ?

- Euh… non, ça va, répondit Scorpius en plaçant sa pile de vêtements devant lui. Tu peux aller manger, j'arrive bientôt, de toute façon…

- Ok, comme tu veux ! conclut Albus avant d'aller s'isoler derrière ses tentures.

Scorpius, quant à lui, pénétra dans la salle d'eau d'un pas incertain. Ce n'était pas la première fois que son entrejambe se manifestait de grand matin, mais cette fois, la sensation était différente de d'habitude.

Les mots que son père lui avait tenus quelques semaines auparavant se rappelèrent à sa mémoire et Scorpius ne fut pas long à faire le lien entre son érection et la vision de son meilleur ami à moitié nu, ce qui ne le troubla pas outre mesure.

Au contraire, il avait l'impression d'avoir retrouvé la pièce manquante d'un puzzle. Tout se mettait enfin en place, y compris la raison pour laquelle la relation entre son père et Hermione le mettait tellement mal à l'aise.

Albus le lui avait dit, d'ailleurs. Si c'était bel et bien sérieux entre eux, ils allaient devenir cousins… Ce qui pourrait poser problème, vu ce qu'il ressentait au moment présent.

Mais pour l'instant, ils n'en étaient pas encore là, et lorsque Scorpius se glissa sous la douche, il n'hésita pas beaucoup avant de se caresser pour assouvir le désir qu'Albus avait éveillé en lui.


Mars - Rose

Rose était assise avec Juliet à une table des Trois Balais, une bièraubeurre déposée devant elles.

- Je maintiens que tu devrais dire à Scorp' que tu es aussi au courant, dit Juliet après avoir bu une gorgée de sa boisson.

Rose s'était décidée à parler de la relation entre sa mère et le père de Scorpius à son amie suite à une lettre envoyée par Hugo le matin-même. Son petit frère lui écrivait que leur mère le lui avait annoncé quelques jours plus tôt et qu'il trouvait ça trop cool, même s'il était un peu déçu d'être le dernier à être au courant.

Sa mère l'avait déjà prévenue que Drago en avait parlé à Scorpius durant les vacances de Noël, mais Rose avait décidé de ne pas aborder le sujet la première. En effet, leurs disputes précédentes sur sa tendance à se mêler de sa vie lui avaient bien fait comprendre que Scorpius ne se confiait que lorsqu'il se sentait prêt à le faire. Le confronter sur la question sans qu'il ne soit prêt risquait de le braquer plus qu'autre chose et Rose ne voulait pas prendre ce risque.

Le fait que son ami vive positivement la romance entre leurs parents était bien trop important pour qu'elle fasse tout capoter à cause de sa curiosité parfois mal placée.

- Je te dis qu'il m'en parlera quand il sera prêt, répondit Rose. S'il ne l'a pas fait jusqu'à présent, alors qu'il est au courant depuis des mois, c'est qu'il a ses raisons de ne pas le faire.

- Tu devrais en parler à Albus, au moins, alors…, insista Juliet. Lui pourra te dire pourquoi Scorpius ne t'en a pas encore…

- Tu veux rire ou quoi ?! la coupa-t-elle un peu trop vivement. Al' est pire que Scorp' ! Il m'enverra péter sans la moindre délicatesse si je vais lui en parler. Je l'entends déjà, avec son petit air supérieur "Combien de fois je vais devoir t'expliquer, Roussette, qu'il faut que tu arrêtes de le harceler à chaque fois que TOI, tu as envie de parler d'un truc ?". Y a pas moyen que je lui donne l'occasion de me remettre à ma place !

- Comme tu veux, conclut Juliet. Après tout, tu les connais mieux que moi… Mais tu ne pourras pas dire que je ne t'avais pas prévenue si ça tourne mal !

Rose se contenta de hausser les épaules avant de vider son verre.

Elle savait que son amie était pleine de bonnes intentions, mais elle connaissait Scorpius et Albus mieux que personne.


Avril - Scorpius

Scorpius était assis sur son lit et regardait Albus, Nelson et Ali jouer à la Bataille explosive sur le sol. Ses camarades lui avaient bien évidemment proposé de se joindre à eux, mais il avait préféré décliner.

Il se sentait un peu bizarre, depuis qu'il avait réalisé qu'il était attiré par son meilleur ami, ne sachant plus très bien comment se comporter envers lui.

Le fait qu'il soit un garçon n'avait aucune importance, il savait depuis longtemps que le genre d'une personne ne voulait absolument rien dire quand il était question d'amour, mais leur lien particulier en avait, lui.

Albus pourrait-il envisager de le voir sous un angle plus romantique, sachant qu'il lui avait dit qu'ils deviendraient comme des cousins, suite à la relation que son père entretenait avec Hermione ? Et même sans ça, le pacte de sang qu'ils avaient passé, Roussette, Al' et lui, lors de leur première année, les avait-il condamnés à n'être que des amis ?

Après tout, il n'y avait jamais eu la moindre ambiguïté entre Rose et lui, même lorsqu'il l'avait embrassée pour la faire taire... Pourquoi en serait-il autrement pour Albus et lui ?

Mais les choses étaient différentes pour lui… alors pourquoi n'en serait-il pas de même pour Al' ?

Albus avait-il le même rapport à l'homosexualité que lui ? Ils n'en avaient jamais vraiment parlé… Il savait, bien évidemment, que la tante de Scorpius était mariée avec une femme, mais ils n'avaient pas approfondi les choses plus que ça.

Toutes ces questions sans réponse, c'était à devenir fou !

- Ça va ? lui demanda soudain Albus en s'asseyant à côté de lui sur son lit, une main sur son épaule.

- Oui pourquoi ?! répondit-il, légèrement sur la défensive.

Il devait se montrer plus prudent ou Albus finirait par comprendre que quelque chose clochait.

- Je sais pas, juste une impression… Tu sais que tu peux tout me dire, n'est-ce pas ?

- Bien sûr, confirma Scorpius en souriant légèrement.

Mais en lui-même, il se demanda s'il pourrait réellement lui dire un jour qu'il avait une furieuse envie de l'embrasser…

.

Albus, Rose et Scorpius descendirent du Poudlard Express, prêts à retrouver leurs parents pour les vacances de Pâques. Juliet, quant à elle, était restée au château, cette fois.

Le regard de l'adolescent se porta sur la foule répartie sur le quai et croisa finalement celui de son père, qui l'attendait un peu plus loin en compagnie d'Hermione et de Hugo.

C'était la première fois qu'il les voyait tous les deux ensemble, depuis qu'il savait, et il se fit la réflexion que ce n'était pas aussi étrange que ce qu'il aurait pensé.

Il se demanda ensuite s'ils comptaient l'annoncer à Roussette pendant les vacances, ce qui lui faciliterait la vie s'il n'avait plus à faire attention à ce qu'il disait devant elle.

Albus promit de s'arranger pour qu'ils puissent se voir pendant ces deux semaines et les salua pour aller retrouver sa mère qui se trouvait en compagnie d'Hannah et des parents de Jake.

Puis, alors que Rose et Scorpius s'approchaient de leur parent respectif avec leurs bagages, Hugo les rejoignit en courant.

- Enfin vous voilà ! s'exclama-t-il. Ça va être trop cool de passer cette première semaine ensemble, tous les cinq !

Scorpius pila net en réalisant que les propos du garçon impliquaient qu'il était au courant.

Et au regard que Rose posa sur lui, il comprit qu'elle l'était aussi.

Et que par conséquent, elle ne lui avait rien dit.


.


Et voilà pour cette fois !

J'avoue que j'appréhende beaucoup vos réactions face à ce chapitre... Plusieurs reviews m'ont laissé croire que vous étiez nombreux à attendre du Scorose en tant que couple alors que je ne l'ai jamais prévu ^^'

Ca a toujours été Albus.

Reste à savoir si Albus sera intéressé, lui aussi, hé hé.

Et l'autre "révélation" de ce chapitre est évidemment la réaction de Scorpius face au "dramione". Ce n'est pas Hermione qui l'embête, mais le fait que si elle fait partie de sa famille, sa famille à elle deviendra aussi un peu la sienne... Attention, je n'ai pas dit que sa peur était fondée, mais c'est ce qu'il ressent du haut de ses 14 ans ^^
Et surtout, la prise de conscience que Rose était déjà au courant, contrairement à ce qu'il pensait...

Mais je vous rassure, le prochain chapitre sera aussi de leur point de vue adolescent et fera directement suite à celui-ci, donc vous aurez encore plus d'informations sur tout ce qui peut se passer dans la tête de Scorpius :)

J'espère que vous avez aimé, en tout cas, et à tout bientôt pour la suite !