Chapitre 63 : Greg aide
Mme Weasley semblait penser qu'on pouvait distraire les enfants de leurs manigances en leur donnant des corvées à faire, mais Harry décida qu'il était un peu en colère contre elle et s'esquiva aussitôt avec Fred et George pour tester les recettes de bonbons magiques sur lesquelles ils avaient travaillé, discutant avec entrain de sa nouvelle recette de bonbon au citron pour remonter le moral.
- Nous proposons tes bonbons au département de pédiatrie de Sainte-Mangouste, lui dit George en lui passant une chose rose à tester, que Harry observa d'un air méfiant. Pare qu'on a toujours détesté boire des potions quand on était petits. Qui n'aime pas les bonbons ? Mais c'est un peu laborieux, donc on s'est dit qu'on allait plutôt essayer quelque chose à destination des parents.
- Comment est la production ?
- Pour l'instant on arrive à suivre la demande, comme on n'est pas dans l'Ordre, mais ça va être délicat quand on sera de retour à l'école, reconnut Fred. Et c'est là que tu interviens, collègue.
Ce qui fut comment Harry découvrit que Fred et George étaient beaucoup plus efficaces que leur mère à le tenir assez occupé pour éviter de penser à Voldemort.
- Alors, demanda Harry au professeur Maugrey, si deux élèves passaient leur temps à se battre, est-ce que vous les auriez envoyés dans la Forêt Interdite pour ramasser des araignées jusqu'à ce qu'ils décident de changer de comportement ?
- Ouais.
- Oh. Il vous a vraiment bien imité.
- Il m'a demandé mon avis, Potter.
Harry décida de mettre fin à cette conversation le plus vite possible.
Le numéro 12 commençait à avoir vraiment bonne allure, même si apparemment la conception de Harry d'une bonne allure différait sensiblement de celle de Mme Weasley, puisqu'elle continuait à trouver des choses à nettoyer pour ses troupes. Harry se réinstalla tranquillement dans sa chambre après avoir éclairci ce petit malentendu avec Mme Weasley. La façon dont ses yeux s'embuèrent quand elle vit les photos sur le mur était très alarmante, et le câlin était… eh bien. Un câlin.
Elle lui tricota à toute vitesse un couvre-lit en laine rouge et Harry dut se cacher dans son placard pendant une heure, laissant l'espace confiné apaiser la part de lui qui avait envie de fondre en larmes. C'était comme être de retour dans son placard, tout poussiéreux et avec une vague odeur de citron. Il nota mentalement de ne jamais faire la poussière.
- Kreattur, dit Harry à voix basse, après avoir enfin trouvé un moment où il n'était pas entouré de monde. Il savait comment il se sentirait s'il avait été seul pendant quatorze ans et se voyait soudain envahi de gens. Il se sentait lui-même un peu comme ça, et il n'avait été seul chez les Dursley que pendant un mois.
- Kreattur a reçu l'ordre d'être poli, l'informa Kreattur. Donc il ne peut pas vous dire combien vous êtes horrible, à avoir apporté des choses magiques affreuses dans la maison de son Maître.
- J'habite ici moi aussi, dit Harry d'une voix ferme.
- Kreattur veut savoir comment vous avez vaincu le Seigneur des Ténèbres.
- Eh bien, je ne te le dirai pas à moins que tu arrêtes d'appeler Hermione une – une insulte. Même pas en marmonnant.
- Le filleul du maître, dit Kreattur en parlant dans le vide, a des amis horribles, comme le maître.
Harry soupira.
- Je vais t'aider à sauver quelques objets du grand ménage et à les cacher dans le grenier, offrit Harry. Des objets propres, hein. Pas couverts d'œufs de doxys ou de quoi que ce soit qui risque d'éclore.
Et soudain les affaires étaient lancées. Même si Harry n'était pas entièrement sûr que ce contrat soit une bonne idée. Cependant, il avait pris l'habitude de mettre Hermione à l'abri d'injures sectaires, et il n'allait pas s'arrêter en si bon chemin. Harry donna à Kreattur des ordres discrets de s'occuper du labo de Potions à l'étage, qu'il avait gardé verrouillé parce qu'il pouvait imaginer très nettement deux choses : que Mme Weasley le trouve, et que Fred et George le trouvent.
Harry était presque assez occupé pour oublier sa convocation en justice, mais heureusement il habitait une maison maudite qui gardait les choses désagréables bien ancrées dans l'esprit dès qu'on prenait le risque de baisser sa garde (ce qui se produisait généralement avant de dormir, allongé dans l'obscurité). Harry rappelait fermement et fréquemment à Sirius de bloquer son esprit, mais très discrètement, car il ne voulait pas que quiconque pense que son parrain était vraiment fou et avait prévu de l'emmener quelque part. Harry avait des soupçons au sujet de Mme Weasley, qui pensait déjà que Sirius ne parrainait pas correctement. Sirius se plaignit qu'il était nul pour bloquer son esprit, et ils tombèrent d'accord pour briser de la vieille vaisselle très laide quand Sirius devenait trop frustré.
Malgré ses efforts, Harry ne parvint pas à coincer le professeur Rogue, ni Greg, avant sa convocation au Ministère. Greg semblait être tout le temps en train d'errer dans la maison, silencieux, revenant sur ses pas et tournant en rond, ne s'arrêtant que pour répondre à des ordres directs.
Harry avait eu envie de parler au professeur Dumbledore après le jugement, mais il n'en eut pas l'occasion.
Il finit par écrire une nouvelle ligne dans son journal de rêves, qui était devenu une sorte de journal de 'notes à propos de sa cicatrice', écrites dans un code qu'il espérait suffisant.
Une fois, pas longtemps, le déjeuner après la convocation. Parlais à Ron, Hermione.
Ce n'était pas qu'il pensait qu'il y avait un rythme particulier – il était juste préoccupé par le professeur Rogue, et prendre des notes l'aidait à penser que peut-être plus tard le professeur Rogue ne penserait pas qu'il n'était bon à rien.
Il n'y eut qu'une autre chose vraiment intéressante cet été, mais c'était quelque chose.
- Je l'ai trouvé, dit Greg à Harry d'un air ravi. Viens voir.
- Trouvé quoi ? demanda Harry en le suivant dans les escaliers.
- Le truc maudit, dit Greg. Je l'ai laissé dans ma chambre parce que je ne voulais pas que quelqu'un le pique.
- Quel truc maudit ? Il y en a des tas.
- Celui que tu cherchais, lui expliqua Greg.
Greg lui montra un collier élégant – un médaillon.
- J'ai dû me bagarrer avec cet elfe de maison pour l'avoir, ajouta Greg. Mais je ne l'ai pas tué.
- … merci, dit Harry d'une voix nerveuse, regardant le médaillon avec méfiance. Se rappelant ce qui s'était passé la dernière fois qu'il avait touché un objet ensorcelé dans cette maison.
- Comment tu l'as trouvé ?
- J'ai trouvé la partie de la maison où j'étais le plus triste. Ça a pris un moment.
Harry observa le médaillon pendant une minute.
- … on devrait parler à Sirius. Il saura peut-être ce que c'est. Peut-être qu'il voudra le garder.
Sirius ne voulait pas le garder.
Ce qui s'ensuivit ne put être qualifié que de parodie de destruction. Sirius essaya de pulvériser le médaillon, ce qui brisa son marteau. Il essaya de le fondre, ce qui fit fondre la chaîne et donna au feu une horrible couleur noire. Il essaye de le frapper avec des sorts, ce qui mit le feu au sol et déclencha l'arrivée de Molly, même si Sirius réussit à lui cacher le médaillon.
Au final, Harry rangea le médaillon dans une boîte doublée de soie d'araignée et de boutons de chardon, ce qui diminuait au moins un peu son aura maléfique.
Kreattur, qui avait passé les heures précédentes à observer leurs efforts, lui prit la boîte des mains.
- Kreattur le garde.
- Ça ne peut pas être bon pour toi, Kreattur, lui dit Harry d'une voix ferme.
- C'est le devoir de Kreattur. Kreattur le garde.
- Tu le gardes en sécurité ?
- Kreattur le garde.
Sirius entraîna Greg et Harry dans la cuisine pour du chocolat, une conversation, et une discussion enflammée sur pourquoi la maison de Sirius était si bizarre.
Note de l'auteur :
La partie qui m'amuse le plus dans ce chapitre, et j'espère que ça vous amusera aussi, est que c'est une conséquence logique du fait que Dumbledore ne partage pas ses informations avec ses disciples.
