C'est étonnamment facile de glisser dans l'état d'esprit nécessaire pour ordonner de faire empaler un bébé juste au-dessus de sa mère sur le pieu. Pour être franc, ça effraie un peu Laufey.
Mais que peut-il faire d'autre pour obliger son propre peuple à le respecter ? Il lui faut démontrer que personne ne peut le défier sans souffrir un châtiment aussi cruel que mémorable. Il lui faut prouver qu'il est tout sauf une chiffe qui recule devant les mesures exigeantes du pouvoir.
Bien sûr, il essaie de faire preuve d'un peu de restreinte, il ne s'agit pas d'horrifier ses sujets au point de les inciter à l'égorger dans son sommeil pour mettre fin à sa tyrannie. Juste de leur faire passer le goût de la désobéissance. Il épargne ceux qui supplient sa pitié, juste après s'être assuré qu'ils ne sont pas rangés du côté de Vimur ou Jarnvidr ou leur en avoir fait passer l'envie.
Tout de même. C'est enivrant, de voir les autres sursauter quand il s'adresse à eux, de les voir frissonner tandis qu'ils se demandent ce que lui va faire. De les voir paniquer rien qu'en sa présence.
Peut-être qu'en fin de compte, l'exercice du pouvoir, c'est comme de croquer des bonbons : dès qu'on y a goûté, on en veut plus. On veut finir la boîte toute entière.
