Point de vue de Roxane :
Nathan et Laureen n'étaient pas allés en cours pendant deux jours. Il était mieux pour eux de se retrouver calmement avec leur père. Ils devaient rentrer dans les prochaines heures et je me sentais égoïste d'attendre avec impatience mon petit ami, alors qu'il vivait une période compliquée.
Je m'inquiétais également pour mon amie. Laureen se débattait déjà avec des sentiments compliqués vis-à-vis de James et les nouvelles qu'elle venait d'apprendre n'allaient pas l'aider.
Nous attendions calmement dans la salle des Maraudeurs. J'avais prévenu Lisa et Alex, avec l'accord des jumeaux.
Rose et Scorpius étaient aussi avec nous. Ce dernier avait raconté toute l'histoire à son meilleur ami et Albus tentait de le soutenir du mieux qu'il pouvait.
« -Et toi, Scorpius ? Demanda Alex.
-Honnêtement, je ne sais pas trop quoi en penser. Ma mère et mes grands-parents sont tout remués, et un peu tristes d'apprendre le décès de Daphné, mais je ne la connaissais pas… Je suis juste perturbé parce que la vision que j'avais de ma famille change totalement.
-Laureen et Nathan sont des gens géniaux ! Assura Lisa. Il faut juste leur laisser le temps de se remettre de leurs émotions et tu verras tu auras deux cousins adorables.
-Adorables… La reprit Alex, je n'irai pas jusque-là, enfin Nathan est la personne la plus gentille de ce monde, mais Laureen a bien d'autres qualités avant d'être adorable.
-J'ai cru comprendre, sourit Scorpius. Je vais laisser le temps et j'irai vers eux… C'est un peu bizarre mais, je crois que le sentiment qui prédomine, c'est la joie d'avoir des cousins. Ça va peut-être rendre ma famille un peu moins austère. »
Je souris en imaginant Nathan face à l'imposant Drago Malefoy, il serait capable de lui sourire sans se poser de question et sans avoir peur de la froideur de cet homme.
« -Tu m'étonnes ! S'exclama Rose. Avec Laureen et Nathan, ça sera pas la même chose les repas de famille.
-J'imagine déjà le concours de soupe à la grimace entre ton père et Laureen qui reviendra énervée après avoir croisé James, pas vrai frérot. »
James, qui n'avait pas décroché un mot de l'après-midi, se leva, surpris d'être interpellé.
« -Euh, laissez Laureen, se remettre, elle sera sûrement heureuse d'avoir une famille… »
Albus, Scorpius, Rose et Alex le regardèrent étonné. Il était aussi stressé que moi pour Nathan… L'inquiétude de la réaction de Laureen l'empêchait de maîtriser ses émotions comme il le faisait habituellement.
« -Ils ont dû arriver, déclara Lisa pour que l'attention de ses amis se reporte sur elle. Nous pourrions y aller. »
Chacun se leva et Scorpius sortit en premier :
« -Je pense que ce n'est pas une bonne idée que j'aille les voir maintenant, ça sera juste une tension de plus. Nathan et Laureen voudront être avec leurs amis. J'aurais bien vite l'occasion de leur parler. »
J'acquiesçai en laissant Scorpius s'en aller. Albus le suivit et Rose se dirigea silencieusement vers la salle commune.
Nous restions tous les quatre, les quatre meilleurs amis depuis notre rentrée à Poudlard, sauf que nous n'étions plus quatre. Depuis la rentrée en sixième année, nous étions six. Les cinq premières années à Poudlard n'avaient plus de valeur après ces moments passés avec les Wilson, nous étions un groupe de six. Tous amis (ou presque parce que Laureen et James avaient toujours eu une relation compliquée), nous savions que, quelque soient les épreuves de la vie, nous allions le rester. Alors ce fut tout naturel pour nous d'aller ensemble vers le bureau de la directrice.
Minerva McGonagall nous attendait patiemment.
« -Ils seront là d'une minute à l'autre, nous accueillit-elle. Je ne vous propose pas de vous assoir, je suppose que vous ne resterez pas dans mon bureau. »
J'acquiesçai au nom de mes camarades. James était toujours aussi mal en point. Je ne l'avais jamais vu inquiet à ce point. Si Laureen ne s'était pas confiée à Lisa et moi quelques mois auparavant, j'aurais sûrement deviné la nature complexe des sentiments de mon cousin envers ma meilleure amie à ce moment-là.
La cheminée s'anima de flammes vertes et Nathan et Laureen apparurent.
Il semblait en meilleur état qu'au moment de leur départ. Laureen était droite, elle n'avait plus l'air aussi touchée que deux jours auparavant. Les quelques jours auprès de son père lui avaient fait du bien.
A ses côtés, Nathan me regardait. Sa posture se voulait rassurante. Un léger sourire s'exprimait sur son visage dur et ses yeux rencontraient les miens avec une lueur complice que j'aimais tant.
Sans un mot, les jumeaux nous invitèrent à sortir.
« -Comment ça va ? Demanda enfin Lisa qui ne pouvait plus attendre.
-Ça va, répondit simplement Laureen.
-C'est un peu perturbant, rajouta Nathan, certes. Mais nous aimons toujours autant nos parents, et Maman avait fait le meilleur choix pour nous, il nous faut simplement accepter et le prendre du bon côté. »
En disant cela, il s'était rapproché discrètement de moi. Il posa délicatement ses mains dans mon dos pour m'attirer à lui et m'embrasser. J'étais la plus heureuse de le savoir à nouveau auprès de moi.
« -Tu m'as manqué, me chuchota-t-il. »
Immédiatement, je rougis, sous le regard attendri de mon copain, mais aussi de Lisa et Alex qui partageaient notre bonheur. Même Laureen esquissa un sourire, le premier aussi franc depuis son retour. Je sentis que ce sourire fit du bien à James, même s'il ne lui était pas dédié. Mon cousin se détendit et osa enfin ouvrir la bouche.
« -Nous pourrions nous retrouver dans la salle des Maraudeurs avant d'aller dîner, qu'en pensez-vous ?
-C'est une bonne idée, on pourra souffler un peu ! Approuva Nathan, en prenant ma main pour nous diriger vers la salle.»
Laureen acquiesça. Ce geste termina de détendre mon cousin qui arborait presque un sourire à son tour. J'étais impressionnée du changement d'humeur de mon cousin. Laureen faisait, malgré elle, des miracles avec lui.
Lisa et Alex suivaient en lançant des sujets de discussion ordinaires. Nous étions heureux d'être à nouveau tous les six, quelques soient les circonstances.
Le trajet n'était pas très long
« -J'avais complètement oublié que j'avais laissé toutes mes affaires ici, s'exclama Laureen en découvrant son sac, son registre et ses parchemins éparpillés autour d'une table.
-On n'a rien touché ! La rassurai-je. »
Elle me remercia du regard et rangea ses affaires.
Je sentis Nathan me tirer par la main. Il s'éloigna de nos quatre amis et se dirigea vers la cour intérieur.
J'étais si heureuse de me retrouver seule avec lui. Il me prit dans ses bras et m'assit sur ses genoux. Je me plongeai dans ses yeux avec plaisir. Ils étaient si beaux. Nathan resserra son étreinte et me plaça face à lui.
Avant de parler, il avait besoin de me retrouver. Je mis mes mains autour de sou visage et je l'embrassai. C'était un baiser délicat, comme nous aimions tant les faire, mais il plaça une main derrière ma tête pour approfondir. Je me sentais fondre dans ses bras. Je n'avais passé que deux jours loin de lui mais j'avais l'impression de vivre d'intenses retrouvailles. Je me rapprochais de lui comme je pouvais. Je croisai mes jambes autour de lui et passai une main dans ses cheveux. Je me sentais tellement bien, avec lui. Je ne voulais plus le lâcher et, plus je l'embrassai, plus il m'attirait.
Il délaissa mes lèvres pour parsemer de baisers mon cou et mes épaules, je frissonnai à chaque fois que je sentais ses lèvres contre ma peau, jusqu'à laisser échapper des soupirs de plaisir.
Il revint vers mes lèvres. Je sentais ses mains brulantes contre mon coup et son souffle chaud, teinté d'envie, qui me faisait défaillir. Il m'embrassa avec intensité, une intensité que je ne lui connaissais pas mais qui me faisait fondre, dans ses bras. Sa langue titillait mes lèvres, quémandant un accès plus affirmé. Je cédai, je ne désirais qu'une seule chose, continuer à l'embrasser, à ressentir cette passion.
Je compris vite que mon corps réclamait plus, que je voulais plus, mais ce n'était pas le moment, et Nathan le savait aussi.
Ainsi, quand l'air vient à nous manquer, je m'éloignai légèrement de lui. J'avais les jours rosies par la passion et je devais me concentrer pour lutter contre l'attirance que faisait naître en moi la pointe de désir dans son regard.
« -Tu es magnifique ! Souffla-t-il. »
Je rougis, touchée mais également un peu excité par le ton sensuel qu'il utilisait en disant cela.
« -Merci, répondis-je. Tu m'as manqué, je n'ai cessé de penser à toi, de me demander comment tu allais… »
Il m'adressa un grand sourire. Comment voulait-il que je me contienne ? Il remit en place une mèche derrière mon oreille.
« -Ça allait tu sais, c'est étrange comme sensation, mais ça ne change pas qui on est… On a juste toutes les informations qu'on cherchait sans le savoir…
-J'imagine, ça doit quand même être bizarre de se découvrir une famille, supposai-je en lui adressant un sourire compatissant.
-Certes, mais je ressens d'abord une extrême fierté, pour ce qu'a fait ma mère… Ou ce qu'elle a voulu faire… Enfin, elle a été une mère géniale, humble et attentionnée et ça restera toujours ma Maman avant d'être une sorte de résistante, mais je suis quand même fier d'être son fils. »
J'acquiesçai, je comprenais tout à fait ce sentiment. J'étais dans cette situation depuis ma naissance. J'admirais ce qu'avaient fait mes parents, tout en les voyant d'abord comme Papa et Maman.
« -Tu dois comprendre ça… Sourit-il. »
Je ne répondis rien. J'acquiesçai simplement en posant délicatement mes lèvres sur les siennes. Il était si touchant à m'inclure ainsi dans ses préoccupations.
« -Et puis, je crois que je suis heureux d'avoir une famille. Je ne les connais pas, donc ça me fait un peu peur, mais j'ai envie de croire que nous allons bien nous entendre. J'ai envie de les connaître, je sais que ce sont des Serpentard et qu'ils étaient proches de beaucoup de Mangemorts, mais c'était un autre temps, et aucun d'eux n'a directement combattu. Nous avons déjà perdu dix-sept ans de nos vies à ne pas les connaître alors je n'ai pas envie d'en perdre plus… Et Laureen pense comme moi, elle est un peu frustrée aussi, et a peur de ne pas être acceptée, mais elle veut en avoir le cœur net. Nous voudrions les rencontrer quand ce sera possible, pour apprendre à les connaître. »
Ce fut à mon tour de sourire. Nathan était un éternel positif, nous étions des éternelles positifs. Dans chaque situation, il parvenait à prendre le bon côté à s'en satisfaire et à s'en réjouir. Ce trait de caractère était si prononcé chez lui qu'il m'était impossible d'être triste avec lui. Et chacun de ses sourires qui remontaient le moral me faisait tomber encore plus amoureuse de lui.
« -Je ne connais pas très bien les Malefoy, et encore moins les grands-parents de Scorpius, mais lui avait l'air content d'avoir des cousins. C'est quelqu'un de bien, on l'a souvent eu à la maison à cause d'Albus.
-C'est ce que tout le monde me dit… Mais je n'ai jamais eu l'occasion de le constater par moi-même.
-De toutes façons, le rassurai-je, tout le monde t'adore ! »
J'avais dit ça comme une évidence, mais j'avais un peu de mal à cacher la jalousie que je pouvais avoir avec un copain qui était littéralement ami avec tous les gens qu'il croisait.
« -Je perçois de la jalousie, s'amusa-t-il, me faisant rougir. Tu es tellement mignonne quand tu essayes de ne pas être énervée. »
Il se pencha vers moi et m'embrassa à nouveau. Ses lèvres étaient délicieuses. Il s'éloigna et plongea ses yeux dans les miens avec sérieux.
« -Je ne regarde personne d'autre que toi, Roxane ! »
Je rougis à nouveau et fondit sur ses lèvres. J'étais tellement bien, tellement rassurée, tellement heureuse, j'avais la sensation que mon cœur allait exploser de bonheur.
« -Et après ça, je ne vois pas ce qu'il peut y avoir de mieux à vivre. S'amusa-t-il alors que nous reprenions notre respiration. »
Je souris, je serais bien retournée contre ses lèvres si douces, mais nous n'avions pas fini notre conversation.
« -Scorpius nous a dit qu'il voulait apprendre à vous connaître. Il ne sait juste pas trop comment s'y prendre.
-Il a peur de Laureen ? S'inquiéta-t-il. C'est souvent cette image qu'elle renvoie.
-Ah non ! M'exclamai-je. Je te rappelle qu'il sort avec Rose depuis plus d'un an, alors les forts caractères, il les connait. »
Nathan rit en acquiesçant. Je l'accompagnai avant d'avoir une idée.
« -On pourrait faire un truc avec Rose et Scorpius, comme ça tu apprendrais à le connaître en petit comité et sans pression. »
Il releva la tête vers moi et son regard parla pour lui. J'avais compris son envie de prendre contact avec toute sa famille le plus vite possible, mais la complexité de cette tâche. Il appréhendait, et c'était tout à fait normal. L'angle d'approche le plus évident était Scorpius. Et je lui permettais de découvrir Scorpius naturellement, c'était tout ce qu'il lui fallait.
« -Tu es la fille la plus géniale que je connaisse ! Déclara-t-il.
-Promis, je ne le répéterai pas à ta sœur. Ris-je. »
Il partagea mon rire avant de renouveler notre séance de baiser, pour mon plus grand bonheur.
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Point de vue de James :
Une semaine après la révélation sur les Wilson-Greengrass, je marchais vers le laboratoire pour mon deuxième cours de potion avec Laureen. J'étais plus heureux que je ne l'avais jamais été depuis la rentrée.
J'avais eu très peur de la réaction de Laureen après cette découverte, mais cette dernière était plutôt soulagée d'avoir découvert la vérité, de savoir qui elle était.
Je n'avais pas vraiment eu l'occasion de discuter avec elle, en dehors de leur soirée de retour où elle avait confié à Alex, Lisa, Roxane et moi qu'elle était rassurée de savoir que. Sa mère avait été quelqu'un de bien.
Chaque jour qui passait, Laureen reprenait goût à la vie, elle n'avait plus la mine aussi triste qu'au début de l'année, et voulait surtout que ses amis arrêtent de s'inquiéter pour elle.
Malheureusement, je percevais encore quelques pointes de tristesse dans son attitude. Cela pouvait être le rappel de la mort de sa mère, la frustration qu'elle leur ait menti ou un sentiment de solitude. Je comprenais très bien ce dernier puisque je le ressentais également. Entre Alex et Lisa, et Roxane et Nathan qui rayonnaient par leur amour et leur joie, nous étions un peu les deux solitaires. Et nous n'avions pas repris nos affrontements, je n'attendais que ses remarques acerbes qui me manquaient tant, mais elles ne venaient pas. Elle n'était toujours pas prête à passer outre mon horrible comportement.
C'étaient ces légers passages de moins bien chez Laureen qui, malgré notre rapprochement des derniers jours et le retour de nos conversations, m'empêchaient de fermer l'œil de la nuit. J'étais prêt à tout pour être pardonné et qu'elle retrouve durablement ce si beau sourire.
Je pénétrai dans la salle discrètement, mais Laureen nota quand même ma présence. Elle était assise sur une table et écrivait sur son parchemin. Elle releva la tête, coinça sa mèche derrière les oreilles avec une intense délicatesse et m'adressa un timide sourire. Il ne dura que quelques millièmes de secondes puisqu'elle se reprit rapidement, se rappelant que nous n'étions plus au point de nous sourire.
Je ne réagis pas, je préférais me contenter de ce que j'avais déjà. Cette mine heureuse de mon arrivée me réjouissait déjà bien plus que de raison et faisait renaître en moi les prémices de la passion qui nous avais consumés l'année précédente.
« -Que faisais-tu ? Demandai-je en adoptant un ton neutre.
-Rien, éluda-t-elle. Je ne vais pas t'embêter avec ça. »
Je n'avais qu'une envie, c'était qu'elle m'embête avec tout ce qui la tracassait, tout ce qui lui passait par la tête rentrait dans mes préoccupations.
Je la regardai avec mes gros yeux. Elle pouvait m'en vouloir tant qu'elle voulait, mais elle n'enlèverait pas le fait que j'avais appris à la connaître et que je voyais très clairement qu'elle ne me disait pas la vérité.
« - Laureen, on se connait depuis plus d'un an, il s'est passé beaucoup de choses, mais tu ne m'as jamais pris pour un con, et c'est d'ailleurs réciproque, alors te me feras le plaisir de ne pas commencer aujourd'hui. »
J'avais utilisé exactement les mots qu'elle m'avait adressés la semaine dernière. Je ponctuai ma phrase d'un sourire malicieux qui la fit réagir. J'étais tellement heureux de voir ses joues rougir légèrement.
« -Pff, soupira-t-elle. Je ne sais pas si c'est une bonne idée de t'en parler.
-Pourquoi ? M'étonnai-je. »
En réalité, je savais très bien quel était le problème, mais il était bien plus satisfaisant de l'entendre se débrouiller. Cela me permettrait, en plus, de comprendre ce qu'elle pouvait ressentir envers moi.
« -Tu veux que je répète la phrase que tu viens de me dire ! Et que tu me prenais sans gêne…»
Ah, elle s'en sortait bien, il fallait que je réplique.
« -Mais tu as enfin la preuve que je retiens ce que tu me dis. Donc c'est cours de potion ne servent pas à rien ! »
Elle rit légèrement, j'étais tellement fier d'arriver à la faire rire. Mais je ne voulais pas éluder ce qui la préoccupait.
« -Plus sérieusement, Laureen, je suis là juste pour t'écouter. Ce que tu vis en ce moment est assez compliqué pour que je te laisse tranquille… Je veux juste t'aider, ton frère et toi, comme je peux. »
Elle leva la tête pour me regarder. Dans ses yeux, je trouvai cette lueur reconnaissante et je fus remplis de joie par son sourire. Il n'avait pas été aussi franc depuis la rentrée.
Elle haussa les épaules et m'expliqua enfin.
« -Je veux écrire une lettre aux grands-parents de Scorpius… Enfin, à mes grands-parents.
-Oh ! »
Je n'avais pas trouvé d'autre chose à redire. J'étais un peu surpris, mais ça ressemblait bien à Laureen de satisfaire sa curiosité.
« -Ouais, admit-elle. C'est un peu compliqué. Pour l'instant, je n'ai réussi que les premières lignes, à savoir me présenter.
-Ah oui, mais tu as vraiment envie de l'envoyer ? M'enquis-je. »
Elle acquiesça tandis que je prenais une chaise pour m'assoir en face d'elle. Je voulais lui montrer que j'étais là pour elle et que je voulais l'aider dans cette épreuve, mais je ne pouvais aller à côté d'elle parce que je savais très bien que mon corps prenait le pas sur mon cerveau quand elle était trop proche de moi.
« -Oui, se justifia-t-elle. J'ai une famille. Je ne pensais pas en avoir et ça me fait bizarre. Il y a un an, je me serais sûrement tassée au fond d'un trou si j'avais appris cette nouvelle, mais j'ai vu ta famille… J'ai vu ce que c'était une famille. Alors je sais que ce sera forcément différent, mais j'ai envie d'apprendre à connaître mes grands-parents, et, surtout, j'ai envie qu'ils me parlent de Maman. »
J'acquiesçai chacune des raisons qui la poussaient à être devant son parchemin pour écrire sa lettre. Elle avait totalement raison, comme toujours.
« -Papa nous a tellement parlé d'elle quand nous étions à la maison. Il avait enfin tous ses souvenirs. Si nous pouvions parler avec nous grands-parents, nous pourrions avoir plus d'informations. Je veux tout savoir sur Maman, je veux la connaître pour la représenter dignement.
-Je pense qu'elle est fière de ce qui tu montres pour elle. La rassurai-je. »
D'un simple regard, je vis que ma remarque l'avait touchée. Je ne voulais pas en rajouter. Tout ce qui importait en ce moment, c'était que Laureen exprime ce qu'elle voulait dans sa lettre.
« -Tu peux commencer en leur disant que tu as parlé avec Scorpius. Ça leur fera plaisir de savoir que vous vous entendez bien.
-Surtout que je suis une Gryffondor. Renchérit-elle.
-Je ne pense pas que ce soit une bonne idée de leur dire que tu es à Gryffondor.
-Ah bon ? S'étonna-t-elle. Mais s'ils l'apprennent après, ils ne seront pas plus réticents. »
Elle n'avait pas tort, mais elle ne connaissait pas la société anglaise sorcière mieux que moi.
« -Certes, mais si c'est important pour eux, ils demanderont à Scorpius… Et de toutes façons, ils comprendront bien, parce qu'il n'y a que des Gryffondors qui sont capable d'envoyer ce genre de lettres. »
Laureen haussa les épaules, mais ne dit rien. D'un regard simple, elle me remercia.
Elle tenait compte de mon conseil, comme de tous les conseils qui suivaient. Elle n'était pas particulièrement plus avenante que les semaines précédentes, mais notre discussion était fluide et nous ne posions pas de question. Elle ne rechignait pas quand je lui donnais une bonne idée, et ne tentait pas non plus d'avoir raison pour avoir raison.
L'enjeu de cette lettre était trop important pour elle.
Au bout d'une heure, elle avait enfin fini sa lettre.
« -Bon, c'est fait. Il n'y a plus qu'à l'envoyer… »
Le hiboux des Wilson apparut immédiatement devant moi.
« -Il est réactif, lui ! M'amusai-je. »
Laureen rit un peu, puis tendit la lettre à son animal. Elle se leva et emmena l'animal sur la terrasse. Je la suivis.
Quand la lettre s'envola, nous la suivîmes du regard. Puis je sentis Laureen relâcher la tension qui la parcourait depuis quelques jours.
« -Soulagée ? Demandai-je.
-Oui, reconnut-elle. Ça fait du bien. »
Sans réaliser le temps que nous avions passé sur sa lettre, elle se dirigea vers le laboratoire des Maraudeurs.
« -Laureen, il fait déjà nuit, nous devons aller dîner. »
Aussitôt, elle devint toute rouge, regarda sa montre et bafouilla, toute gênée :
« -Oh, mais non, mais c'est ton cours de potion à toi, enfin, je veux dire… »
Elle était plus rouge que jamais, et ça continuait à s'empirer, mais je ne pouvais pas la laisser ainsi.
Sans vraiment comprendre, je pris ses mains dans les miennes et plongea mon regard dans ses yeux grisant.
« -Laureen, ce que nous avons fait aujourd'hui est bien plus important qu'un Acceptable aux ASPICs, il fallait que tu le fasses, et la légèreté avec laquelle tu vas aborder la fin de la semaine vaut clairement une pauvre séance de potion, alors ne te sens pas mal, ça ne te ressemble pas. »
Elle me sourit. Son regard n'avait pas flanché et je me délectais toujours de ses deux yeux si mystérieux.
« -Merci, dit-elle simplement avant de reprendre plus vivement. Mais tu as intérêt à être prêt pour la semaine prochaine, on va bosser deux fois plus. »
Je ris à cette remarque, je la sentais plus libérée, et ça valait toute les potions du monde, je ne voulais plus que rire avec elle… Elle avait eu beaucoup de courage et je voulais simplement la féliciter.
Mais nos discussions n'avaient jamais été aussi sérieuses qu'aujourd'hui, et ces échanges me donnaient le sourire.
En quittant la salle des Maraudeurs, je repensais à cette séance… Tout ce que je voulais, c'était déjà être mercredi prochain pour la séance suivante.
