Bonsoir à tous! désolée pour la publication à cette heure tardive, mais j'avais encore des choses à rectifier et je n'ai pas trop eu le temps cette semaine. Bonne lecture à vous!


Chapitre 46 – Un blanc pur, soyeux… et élastique.


Abuto soupira. Son nouveau « Patron » était vraiment exigeant. Il jeta un œil à son bras où se trouvait un premier fardeau.

La princesse Soyo, en kimono aux couleurs et motifs précieux, le fixait du regard, attendant la suite des événements.

Puis il jeta un œil à ses pieds.

Il avait mis sa chaussure gauche sur les fesses de Shige Shige, ou Sho-chan, pour les intimes, qui lui n'était vêtu que d'un simple slip kangourou blanc. Et malgré la situation plus qu'embarrassante et incongrue, cet homme affichait une expression fière et rayonnante, comme on pourrait s'y attendre d'un vrai leader.

Abuto éprouva une vague de respect et d'admiration face à cet homme qui maintenait autant de prestance et de royauté, malgré son simple appareil.

Mais décidément, cette première mission n'avait pas été de tout repos.

Il avait dû s'introduire dans l'un des endroits les mieux gardés sur Terre, afin d'y enlever les dirigeants de ce monde.

On lui avait couru après, tiré dessus, et des types en tenue noire lui avaient même balancé des projectiles métalliques étoilés. Et lui, de son côté, avait jeté par les fenêtres les gens lui faisant face, ou les avait projetés à l'autre bout de la court centrale du complexe. Il avait fait un sacré ménage, vidant presque le bâtiment en entier de ses occupants.

Ensuite, une fois atteint les appartements du Shogun et de sa sœur, il avait dû montrer patte blanche. Là, encore, il avait fallu ruser. Mais heureusement, son nouveau boss lui avait dit quoi faire, face à la fière princesse Soyo.

Elle s'était dressée entre lui et son grand frère, prouvant sa forte volonté de protéger le seul membre restant de sa famille.

Abuto avait alors soupiré, avant de dire :

- C'est ton amie du Purikura (1)qui m'envoie.

Il s'était trouvé totalement idiot à prononcer ces mots, même s'il ne savait pas ce qu'était un Purikura. Rien que le nom avait l'air gnan-gnan et ridicule.

Mais étonnamment, ces mots confiés par son employeur avaient eu leur effet.

-C'est elle qui vous envoie ? Vraiment ? Avait demandé la princesse, baissant sa garde.

-Elle me fait aussi vous dire qu'elle a « hâte de lécher des aisselles de vieux avec vous »…

Abuto était mortifié. Comment avait-elle osé lui demander de dire ça ? Rien qu'à l'idée de devoir dire ces mots, Abuto avait déjà eut une expression de dégoût inimaginable. Non seulement il ne savait pas à quoi correspondaient ces messages codés, mais en plus ces derniers tournaient le messager non pas en clown, mais en l'intégralité de la troupe de cirque (2). Il se sentait vraiment tourné en ridicule, malgré l'effet efficace qu'avait eues ces phrases mystérieuses.

La princesse lui faisait à présent confiance, et son grand frère, vêtu uniquement d'un slip blanc, semblait lui aussi ne plus se méfier.

-Vous pouvez donc nous dire pourquoi vous êtes là ? Demanda alors Soyo.

-J'ai pas trop le temps d'expliquer, jeune fille. Mais je dois vous sortir d'ici le plus rapidement possible, quitte à vous traîner par l'élastique de vos slips, répondit le Yato.

A ces mots le Shogun cligna des yeux nerveusement. Car si il y avait bien quelqu'un en slip en ce moment même, c'était bien lui. Après tout, Abuto était arrivé alors que la princesse buvait son thé, et que son grand frère était en train de dormir dans un futon placé au milieu de la pièce. Il faisait chaud, et le Shogun avait délaissé son royal habit pour une tenue plus… Légère. Et à présent, Sho-chan avait soudainement froid.

Il faut dire qu'être fixé par un parfait étranger comme si vous étiez une bête curieuse n'aidait pas. Il eut un frisson.

-Je vois… Il doit y avoir en effet une bonne raison pour que vous ayiez dû affronter notre garde rapprochée en un si court laps de temps, observa la jeune terrienne.

Abuto remercia n'importe qui, peu importe, d'avoir été face à une personne censée et si réfléchie. Il avait déjà eu son lot de rencontres absurdes, et se retrouver face à des terriens et des Yato soit impulsifs, soit menaçants avait déjà éprouvé sa patience.

Non seulement son nouveau boss l'avait chargé de ramener des gens, il fallait en plus que ce soit les deux têtes souveraines de ce pays. Et puis qu'est-ce que c'était que ce nom ? « Kemono » ? Comme le monstre blanc ?

Il se demandait quel âge mental pouvait avoir la jeune Yato pour avoir pris le nom d'un conte pour enfants de Rakuyo.

Ce n'était pas sans lui rappeler son patron originel. Le rouquin avait vraiment un sale caractère. Pire qu'un mioche surexcité parce qu'il aurait mangé trop de bonbons tard le soir.

Il soupira. Au moins il semblait que son patron actuel savait ce qu'il se passait, et avait plus d'informations que la mèche folle. Mais il se méfiait tout de même.

Il avait reconnu l'homme à ses côtés presque immédiatement. Il en avait vu beaucoup de photos après tout.

Lorsqu'ils avaient décidé de cette alliance avec ces rebelles complotistes sous les ordres de cet affreux borgne, leur travail de préparation avait également consisté à identifier les principales menaces sur Terre. Et il doit dire qu'il avait été surpris.

Sasaki Isaburo, Matsudaira Katakuriko, Hattori Zenzou, Imai Nobume, Isao Kondo, Hijikata Toshiro, Okita Sougo…

Autant de noms parmi les officiels de cette planète. A n'en pas douter, le pays des Samourai était redoutable. Et dès qu'il était entré dans la pièce, même s'il ne l'avait pas montré, il avait été perturbé de trouver dans un tel lieu le troisième homme fort de la force de police spéciale du Bakufu.

-Si c'est bien Kagura qui vous envoie, il faudra que je la remercie chaleureusement, dit la princesse.

Kagura ? C'était pas le nom de la sœur de l'Amiral ? Alors elle connaissait la princesse ? Décidément, c'était du beau monde qui se côtoyait. Déjà que le rouquin avait rencontré Hosen… Les enfants d'Umibouzu savaient vraiment s'entourer…

Mais dommage pour la princesse, ce n'était pas son amie qui l'envoyait ici. Mais il n'eut pas le temps de rectifier son interlocutrice.

Au loin, provenant d'une des baies vitrées entre ouverte, parvint alors le bruit d'une détonation, suivie d'un raffut monstrueux, comme si quelque chose de lourd tombait en cascade dans les rues.

-Ah, décidément, le planning va être serré, reprit Abuto.

-Si nous courons réellement un danger, je vous fais confiance pour nous tirer de ce mauvais pas, dit alors le Shogun avec un regard déterminé.

Le vieux Yato ne perdit pas de temps. Il rangea son ombrelle dans un support en cuir au bas de son dos.

Des cris résonnaient encore dans les couloirs inférieurs du château, des renforts arrivant pour maîtriser l'intrus. Et visiblement, la police accourait également, au son de sirènes se rapprochant à l'extérieur du bâtiment.

D'un geste souple, il prit Soyo dans son bras, tel un fagot de bois. Mais la jeune fille n'était pas plus surprise que ça. Elle semblait même apprécier la balade et commença à palper les muscles du bras qui la tenait comme s'il s'agissait de fruits à choisir au rayon frais.

Pus il y eut un silence.

Puis le Yato dévisagea le Shogun en slip.

-Désolé, j'ai qu'un bras.

Sho-chan se sentit un brin triste et délaissé, ses yeux brillants avec un éclat tremblant, et de la morve commença à lui couler du nez. Visiblement, il se retenait de pleurer comme un gamin qui se serait fait mal mais tentait d'être brave, et Abuto voyant son visage misérable, céda.

-Mais je suppose que vous pouvez monter sur mon dos, soupira le vétéran Yato.

Qu'est-ce qu'on lui faisait pas faire… C'était à en mourir de honte. Il pria pour que personne ne puisse voir cette situation plus qu'embarrassante.

La princesse sous le bras, heureuse de partir à l'aventure, et le Shogun, la tête de l'État, dans son dos, ses bras autour du cou du guerrier et les jambes autour de sa taille avec un morceau de tissu blanc comme seule limite entre les deux corps. Et sans mauvais jeu de mot, le corps du Shogun était très chaud. Et transpirant. C'était très inconfortable.

Abuto tenta de se ressaisir mentalement. S'il s'arrêtait à l'humiliation présente, ils ne décolleraient jamais de ces lieux.

-Accrochez-vous bien, je décline toute responsabilité en cas de perte d'effets personnels, dit Abuto.

«Et j'espère surtout que ce slip restera bien… Bien à sa place » Pensa-t-il.

Il commença alors à courir vers une des terrasses du château donnant sur l'arrière du bâtiment, et juste eut le temps de sauter dans le vide avant qu'une série d'explosions ne retentisse.

Le souffle qui s'en suivit les poussa sur le côté, faisant rater à Abuto le rebord d'un immeuble qu'il avait prévu de rejoindre.

Ils commencèrent alors à tomber dans le vide, la princesse hurlant à pleins poumons, et Abuto cherchant du regard n'importe quelle excroissance capable de les soutenir. Mais comment faire, alors que son seul bras était déjà occupé ? Il avait aussi son second passager dans le dos, qui lui interdisait un quelconque atterrissage en arrière. Hors de question de retourner d'où il venait, au son des explosions qui retentissaient.

Si Abuto ne faisait rien, Yato ou non, ils allaient s'écraser une dizaine de mètres plus bas dans la rue. Et son cerveau fonctionnait de façon accélérée sous le rush d'adrénaline. Si la jeune fille s'accrochait à lui comme elle le pouvait, il aurait peut être le temps de sortir son ombrelle et de la déployer pour freiner leur chute. Mais une chose était sûre, il ne pourrait pas garantir la sécurité de ses deux compagnons d'infortune.

Ils sentirent soudainement leur chute ralentir, de façon inexpliquée.

Et le Shogun serra très fort ses bras et ses jambes autour du cou et du torse d'Abuto, manquant de l'étouffer.

-Mais ! Ça va pas ?! Hurla le vétéran en train d'être étranglé.

Autant leur chute était arrêtée, autant il risquait de mourir d'asphyxie d'un moment à l'autre. Mais ce n'est pas comme s'il pouvait dégager le malpropre qui s'agrippait à lui sans aucun ménagement. C'était une de ses cibles à sauver, après tout.

-Je ne vais pas…. Tenir longtemps… Parvint alors à dire Sho-chan.

Au son de sa voix, il semblait en proie à un effort surhumain, mais Abuto ne pouvait pas savoir pourquoi, étant donné que l'homme en question se trouvait dans son dos. Il lui semblait qu'ils ne devaient leur salut face à une mort certaine une trentaine de mètres plus bas qu'à la force et à la volonté de cet homme.

Le vieux Yato commença alors à effectuer un mouvement de balancier afin de se projeter sur le toit d'un immeuble voisin. Ils y atterrirent lourdement, mais le corps puissant du Yato permit d'absorber la majorité de l'impact, ses jambes fléchissant sous le poids arrêté brusquement. Il sentit le passager qui se trouvait dans son dos glisser pour chuter mollement derrière eux.

-Bravo terrien, vos capacités insoupçonnables nous ont définitivement sauvés, dit alors Abuto en se retournant vers son interlocuteur, la princesse encore sous le bras.

Son expression de gratitude se transforma en expression de compassion et de peine.

Allongé sur le sol, le Shogun pleurait silencieusement malgré un visage encore très sérieux et impérial, et se tenait l'entrejambe, l'arrière de son slip distendu et en partie déchiré.

Il n'y avait pas à douter de ce qui s'était passé. Ce type avait sacrifié tout moyen de se reproduire en freinant leur chute avec l'aide de son slip élastique, broyant au passage ses bijoux de famille. Du moins c'est ce que Abuto pensa. Il compatit avec un faible sourire, imaginant la douleur que seul un congénère du sexe masculin pouvait comprendre dans son entièreté.

Puis, blasé, le Yato mis un pied sur la zone manquant de tissu aux fesses du Shogun pour en cacher la vision à la princesse, qui elle était à présent en train de regarder son palais en proie aux flammes.

A priori, le personnel avait eu le temps de fuir les lieux grâce à la panique qu'avait semée Abuto dans les dernières minutes. Mais le brasier en question était vraiment impressionnant.

Il soupira lourdement.

-J'suis vraiment pas fait pour le baby-sitting.

Puis il déposa la princesse aux côtés de son frère. La jeune fille se demanda ce qui n'allait pas, mais Sho-chan se contenta de lâcher un « je vais bien » entre deux respirations peinées.

Abuto fouilla alors dans la poche de son pantalon, et en tira une petite radio dont il déplia la longue antenne.

-Patron ? Dit-il dans la radio.

oOoOoOoOoOoOo

Kagura courut vers le brasier. Le palais du Shogun était en feu, et il semblait que tous les occupants, servants, gardes, officiels et personnel général étaient sortis à temps. Elle entendait Sadaharu aboyer vivement derrière elle, mais il y avait plus urgent. Il fallait qu'elle sache ce qu'il était advenu de son amie. Et vite.

Tous les humains et Amantos du palais, à présent devant la bâtisse et en partie sur le trottoir, semblaient à la fois paniqués et soulagés de ne pas être au milieu des flammes. Les gardes et des policiers entouraient déjà les lieux, empêchant des curieux de s'en approcher.

Et il n'y avait aucun signe des deux têtes régnantes parmi toute cette cohue.

Commençant à s'approcher de la foule, elle vit les gardes et les policiers venir vers elle pour la stopper dans sa progression. Oh… Ils ne savaient pas à qui ils avaient à faire.

Il y avait peu de choses qui pouvaient stopper un Yato énervé, inquiet ou déchaîné dans sa progression, une fois lancé.

-Laissez-moi passer ! Hurla-t-elle.

Elle parvint à projeter au sol certains des gardes, mais des renforts arrivaient de toute part pour l'empêcher de s'engouffrer dans le complexe à présent en proie aux flammes. Mais ils avaient beau la retenir comme ils pouvaient en s'y mettant à plusieurs, et ses bras endoloris diminuant sa force actuelle, qu'elle n'aurait reculé pour rien au monde.

Jusqu'à ce qu'une voiture de police venue d'une rue perpendiculaire à l'avenue menant au château ne fasse irruption, et ne s'arrête près de la foule grossissante.

En sortirent le gorille, l'espion, l'otaku poisseux et le rouquin à la coupe afro délirante.

Le reste du Shinsengumi avait emprunté des voies alentours pour les rejoindre aussi vite qu'ils avaient pu, et arrivaient à présent face à une scène digne d'un film catastrophe.

-Lâchez-là ! Ordonna alors Kondo. Elle est avec nous !

Les policiers s'exécutèrent immédiatement, suivis quelques secondes plus tard des gardes, qui voyant que la jeune fille ne résistait plus autant, relâchèrent aussi leur prise.

-Kagura-chan ça va ?! S'écria Shinpachi, visiblement autant inquiet que la jeune fille qu'il appelait.

La jeune Yato tourna alors vers lui un regard à la fois crispé et angoissé.

-Pattsuan… Soyo… Je sais pas si elle a pu… Commença alors à dire Kagura.

Afurou s'était lui approché des gardes, et de son cahier, avait demandé « qu'est-ce qui s'est passé ? ».

Les interpellés avaient alors commencé à s'expliquer, gagnant l'attention de Kagura et de tous les nouveaux arrivants.

-Un type bizarre est entré et a commencé à tous nous battre, littéralement en nous éjectant par les fenêtres, commença un des gardes. Je pense qu'il était là pour attenter à la vie du Shogun et de sa jeune sœur, ou peut-être les enlever…

-Je pense plutôt à la seconde hypothèse, reprit un autre garde. Les servants l'ont vu se diriger tout droit vers les appartements du Shogun, et ce type ne se serait pas donné tout ce mal s'il savait que le bâtiment allait exploser… Ce qu'il semblait savoir, vu comment il nous as tous sortis de là sans ménagement…

Kondo et Afurou écoutaient avec consternation cette explication, tandis que Kagura semblait à présent se calmer. Elle ne savait pas trop qui était cet individu, ni ses réelles motivations, mais la seconde hypothèse semblait en effet la plus probable. On entrait pas dans un bâtiment pour en tuer les occupants si on savait qu'une bombe allait exploser de toute façon. Et c'était probablement parce que cette personne était au courant de cette menace imminente qu'elle avait agi.

Elle ne savait pas qui elle devrait remercier pour cela, mais rien que le fait d'imaginer Soyo en dehors du bâtiment lui donnait du baume au cœur.

Soupçons qui furent confirmés par Yamazaki, qui ayant rapidement fait le tour du bâtiment, revenait à présent en courant, le souffle court.

-C…. Commandant ! S'écria-t-il de sa voix nasillarde. Vous devez voir ça !

L'espion avait un poing serré en l'air comme pour montrer ce qu'il avait trouvé. Une étoffe blanche dépassait de ses phalanges.

Il s'arrêta brusquement devant son supérieur et ses collègues, puis se pencha en avant, poings serrés sur ses genoux à présent pliés pour reprendre son souffle, avant de reprendre la parole.

Il leva la tête, et tendit à Kondo ce qu'il avait trouvé.

Le gorille s'en saisit, et l'observa un instant, détaillant les fibres composant le tressage du tissu.

Puis, il tira dessus plusieurs fois de ses deux mains, avant d'en renifler l'odeur.

-Pas de doute… C'est un morceau du slip élastique blanc du Shogun ! Dit-il avec certitude, un regard intense braqué sur le lointain.

Son public afficha une expression de dégoût, avant de rapidement revenir à l'essentiel. Cela les perturbait énormément que le Commandant puisse identifier un sous vêtement appartenant au Shogun, et encore plus le fait qu'il l'avait reniflé sans ménagement, alors qu'il s'agissait de ce type de vêtement… Erk…

Yamazaki pensa en son fort intérieur que les compétences de stalker de son chef se montraient pour une fois utiles, mais regrettait également que sa main ait été en contact sans précaution avec ce type d'objet…

Shinpachi ne dit rien, mais son regard fermé et sévère, contenu derrière les verres de ses lunettes, parlait pour lui. A moins que ce ne soit le porte Shinpachi qui faisait un regard bizarre derrière Shinpachi ? La limite entre le vrai Shinpachi et les 98 % de déchets dont il était également composé s'estompait de plus en plus…

Afurou, lui, se contenta de dessiner le Capitaine Picard en train de reposer son visage dans sa main, par pur abattement et frustration face à la bêtise extrême ayant lieu sous ses yeux. Et Jean Luc n'aurait vraiment pas renié cette réaction dans de telles circonstances. (3)

Mais ce fut Kagura qui rétablit le sérieux dans cette situation grotesque.

-Où t'as trouvé ça, Shinpachi 2 ? Demanda-t-elle.

Une veine apparut sur le front du vrai Shinpachi (ou sou support), tandis que Yamazaki, enfin de nouveau maître de sa respiration, reprit :

-A l'arrière du bâtiment, à l'extérieur du mur d'enceinte.

Puis, se tournant vers Kondo, l'espion continua :

-Je pense que le Shogun et sa sœur ont été enlevés, Commandant.

Kondo sembla juger de la probabilité de l'hypothèse fournie par son espion, puis dit :

-En effet, je pense que c'est le scénario le plus probable. Mais on ignore encore qui les as enlevés, et quel but les commanditaires peuvent avoir….

Kagura l'interrompit alors.

-Si ce que Jimmy dit est vrai, alors le Shogun et Soyo sont en sécurité, non ?

Kondo sembla hésiter, réfléchissant à quoi dire (pour une fois), pour éviter d'inquiéter plus que nécessaire la jeune fille.

-Mmhh… Je pense qu'ils sont en effet sains et saufs pour l'instant… Dit-il tout en se passant la main sur le menton.

La jeune Yorozuya sembla enfin relâcher toute son inquiétude, ou du moins la majeure partie, puis fixa ses mains, dont la peau avait été grandement malmenée ces dernières minutes.

« Au fait, où est le Vice-Commandant ? » Écrivit Saito.

-Ah… C'est vrai ça… Toshi était pas avec toi ? Demanda Kondo.

Et comme si elle venait à peine de s'en souvenir, car son esprit étant trop occupé par l'inquiétude qu'elle ressentait pour Soyo jusqu'à présent, Kagura s'exclama tout haut :

-Toshi !

Aussitôt, la jeune fille des Yorozuya s'extirpa de la foule, suivie peu de temps après par ses quatre complices. Kondo cria à certains de ses hommes qui les avaient enfin rejoints à leur tour de les suivre.

Elle fit le chemin inverse de celui qu'elle avait emprunté quelques minutes plus tôt sans faire plus attention, et le petit groupe s'arrêta au pieds d'un immeuble.

Plaqué contre le béton et transpercé par un sabre, se tenait Oh Teruki. Le terroriste était à présent inconscient et pendait lamentablement par son épaule traversée de part en part par la lame incurvée.

Saito retira prestement le sabre sans aucun ménagement, réveillant brutalement leur suspect qui tomba lourdement au sol.

-Embarquez-moi ça, ordonna alors Kondo à ses hommes.

La petite troupe s'empressa de mettre aux arrêt le mauvais homme, lui passant les menottes sans aucune délicatesse et commençant déjà à l'embarquer vers une des voitures de patrouille arrêtées au pieds du palais.

Les pompiers étaient aussi enfin arrivés et arrosaient avec leurs lances à eau les hautes flammes, s'aidant d'échelles télescopiques pour se tenir plus hauts qu'elles.

En temps normal, Kagura se serait amusée à observer ce curieux ballet d'échelle et de jets d'eau, mais elle avait à présent autre chose à penser.

Elle repéra, là où elle l'y avait laissé, Sadaharu, qui couché au sol, se releva prestement en voyant sa maîtresse arriver, et commença à aboyer sans interruption.

Saito, lui tendit le sabre au Commandant pour qu'il en prenne soin, mais ce dernier grimaça à l'état de l'arme.

Il y avait un impact nettement visible sur la lame de rasoir du sabre, près de la garde, comme si un morceau de métal avait carrément été découpé. Cela avait dû être causé par l'impact avec le mur. Mais une chose était sûre…

-ça ne va pas plaire à Toshi, dit Kondo.

Lui qui prenait soin de ce sabre maudit avec mille et unes précautions, voir cet impact largement visible allait le faire péter un câble.

Mais sortant de son observation détaillée, il se rendit compte que seul Saito était resté à ses côtés, les deux gamins des Yorozuya ayant déjà filé à une dizaine de mètres de là sans les attendre.

-Attends, Kagura-chan ! Appela Shinpachi.

L'adolescent avait du mal à tenir la cadence derrière la course de la jeune Yato. Et à présent cette dernière avait rejoint l'Inugami qui s'était arrêté d'aboyer une fois sa propriétaire à ses côtés.

Et le jeune homme découvrir quelques secondes plus tard toute la raison de cette précipitation et de cette agitation. Au sol aux côtés du géant canidé, était allongé et inconscient, le Vice Commandant Hijikata Toshiro.

-Hijikata-san ! S'écria avec inquiétude le jeune Shimura.

-Inutile de beugler Pattsuan, dit sèchement Kagura. Il est dans les pommes pour de bon, il t'entendra pas.

Aussitôt, le jeune homme à lunettes se tût. Le ton cinglant de la jeune fille l'avait stoppé net dans ses propos.

Elle n'avait pas voulu se montrer aussi dure avec lui, et à vrai dire ce n'était pas envers lui qu'elle voulait diriger sa colère. Elle était plus énervée envers elle-même, car dans sa précipitation et son inquiétude pour son amie, elle n'avait même pas remarqué l'état de son coéquipier de fortune, et pire, n'avait même pas vu qu'il s'était évanoui juste après leur arrivée.

Elle comprenait à présent également ses réticences à remonter sur Sadaharu juste après l'effondrement d'une partie du pont. Il avait dû subir des blessures qu'elle n'avait pas remarquées, et avait dû gérer cela en plus de la situation urgente dans laquelle il se trouvait. Et cet abruti était tellement concentré et impliqué à la tâche qu'il n'avait pas jugé bon de lui dire à elle qu'il était à deux doigts de tomber dans les pommes.

Peut-être aussi que, l'adrénaline aidant, il n'avait lui-même pas remarqué son état. Mais ça elle en doutait fortement.

D'un « OMPFT ! », elle souleva le lourd corps du policier à bras le corps, ses membres endoloris supportant le poids du Vice Commandant, puis elle le hissa sur le dos du grand chien blanc. Pas de bol, il allait encore devoir voyager à dos de Chien-Bus (4) pour cette fois atteindre l'hôpital général d'Edo en destination, s'il avait été possible de l'afficher en temps réel sur le collier rouge du canidé.

-Désolé Patchi, je devrai pas t'engueuler alors que c'est de ma faute, finit par dire Kagura.

Shimura Shinpachi afficha alors un sourire sincère comme il savait les faire, et d'une voix douce, répondit :

-C'est pas grave Kagura-chan, l'important c'est que tout le monde aille bien. Et vu la situation, je suis sûr que ce sera pas la dernière fois qu'on perdra notre calme.

Kagura répondit d'un simple signe de tête, puis enfourchant son destrier canin derrière le passager inconscient qui avait la contenance et l'aspect d'un sac de patates, ordonna à l'animal de se mettre à courir vers la rue suivante.

Kondo, à bout de souffle, rejoint à son tour Shinpachi, qui avait été laissé sur place.

-Ah… Erf… Ils… Sont déjà… Partis ? Parvint à dire le gorille entre deux respirations saccadées.

-Mais ils vont bien, c'est tout ce qui importe, dit le jeune homme.

-Je… Devrai… Aussi aller voir… Si ta grande sœur… Va bien… Ajouta Kondo, non sans que le rose lui monte aux joues.

Exaspéré, Shinpachi lui balança son bokuto (5) à la tronche.


A suivre…


Notes de référence/Compréhension :

(1) Purikura : machine à photo japonaise dans laquelle on peut prendre des photos seul ou en groupe, les éditer, y ajouter des mots ou des décorations, puis les imprimer sous forme de plaquettes d'autocollants. Dans l'épisode de leur rencontre, c'est ce que font Soyo et Kagura, repartant chacune avec une vignette photo adhésive.

(2) meme issu de Ace Attorney, « you are not a clown, you are the entire circus ». Issu de twitter, ce meme parodie les réparties de Miles Edgeworth/Benjamin Hunter face au héros dans les jeux Ace Attorney.

(3) le Capitaine Jean Luc Picard (joué par Patrick Stewart) est un célèbre commandant dans la série Star Trek Next Generation. Il a notamment commandé le Stargazer, l'Enterprise D et l'Enterprise E. C'est un meme connu qui reprends une image de lui en train de facepalm par frustration. Pour en savoir plus tapez « star trek picard facepalm meme » sur google.

(4) référence au Chat bus dans le film du studio d'animation Ghibli, Mon Voisin Totoro.

(5) Bokuto : sabre entièrement sculpté en bois et très épais par rapport à un vrai sabre, qui permet notamment de s'entraîner au maniement du katana. C'est un Bokuto que Shinpachi et Gintoki ont avec eux en quasi permanence, car n'ayant pas de lame, leur port est en quelque sorte toléré par le Bakufu.


Le héros de ce chapitre… ETAIT LE SLIP BLANC DU SHOGUN ! À moins… QUE CE NE SOIT SADAHARU ? Je vous laisse le choix !

Et voilà pour ce chapitre. Je voulais qu'il soit un peu consistant, car je suis malheureusement obligée de faire une pause dans les mises à jour (d'où le retard pour la publication de ce chapitre). J'ai en effet des rapports importants à travailler et je n'aurai plus assez de temps pour faire des mises à jour tous les jeudis.

Je ramène donc les mises à jour à une par mois à partir de maintenant pour que je puisse avoir tout le loisir de me concentrer sur mon travail. C'est important après tout et je ne veux vraiment pas foirer ma dernière année d'études.

La prochaine mise à jour aura donc lieu le jeudi 12 Mars 2020 !

Mais une mise à jour par mois ne veut pas forcément dire un seul chapitre par mois, si vous voyez ce que je veux dire !